Ecclésiaste Introduction

Le titre du livre, l’Ecclésiaste, signifie « le chef de l’assemblée ». C’est par ce mot, transcrit en français, que l’ancienne version grecque a traduit le nom hébreu Qohéleth que se donne l’auteur du livre. Ce terme, assez énigmatique, pourrait désigner un « Maître » (1.2,12), dont l’activité est décrite en 12.9-12. L’identité de ce Maître n’est pas moins mystérieuse. Plusieurs indices suggèrent qu’il s’agit de Salomon. « Fils de David », il est « roi à Jérusalem » (1.1), il jouit d’une grande sagesse (1.16), et le résumé qu’il donne de sa vie rappelle celle de Salomon (ch.2). Pourtant, le livre ne lui est pas explicitement attribué, contrairement au Cantique des Cantiques et aux Proverbes. Par ailleurs, le roi Salomon n’a eu qu’un seul prédécesseur israélite à Jérusalem (1.16) — David — et la façon dont les autorités sont décrites convient mieux à un sujet qu’à un roi (4.1 ; 5.7-8 ; 8.2-4 ; 10.20).

Certaines omissions sont également frappantes. L’Ecclésiaste n’appelle jamais Dieu de son nom de Suzerain de l’alliance avec Israël : l’Eternel. Il renvoie au Créateur (12.1). Hormis 1.12, il ne mentionne jamais Israël, et la seule référence possible à la Loi est l’appel à observer les « commandements » de Dieu, en 12.13. Il déclare, tel un refrain : « J’ai constaté... J’ai vu... » ; son examen vise ce qui se passe « sous le soleil ». Fidèle à l’alliance dans son esprit, le livre se veut universel dans son message. La sagesse de « Salomon » quitte les frontières d’Israël pour s’adresser à toute créature, mais sa « clé » demeure inchangée : « Révère Dieu » (12.13 ; voir Pr 1.7).

Dès le début, le Maître résume son message : « Vanité des vanités... Tout est vanité », dérisoire, décevant (1.2 ; 12.8). Tout est fragile et passager. La vie de l’homme est marquée par la mort, et même dans sa quête la plus noble, celle de la sagesse, l’être humain ne découvre que son malheur et ses limites (1.16-19 ; 3.11 ; 8.16-17). D’où la réputation de pessimiste de l’Ecclésiaste. D’autres voient en lui un critique, sceptique ou même cynique : il chercherait essentiellement à détruire les fausses sécurités de la Tradition en s’attaquant en particulier à l’idée que le bien est récompensé et le mal puni (7.15 ; 8.14). Selon d’autres encore, la démarche du Maître se ferait en deux temps : ayant démontré l’inutilité de toute sagesse purement terrestre, il inviterait les hommes à trouver le bonheur en Dieu.

Réaliste, l’Ecclésiaste ne cultive pas le pessimisme. N’invite-t-il à « jouir du bonheur », à s’adonner à la joie et à entreprendre (2.24 ; 8.15 ; 9.7-9 ; 9.10 ; 11.1) ? Son message est radical, certes, mais sa critique est tout en nuances, elle penche du côté de la « Tradition » : le bonheur est pour ceux qui révèrent Dieu, le méchant ne réussira pas (8.12-13), il y aura un jugement (12.13). Il est vrai que le livre dénonce l’illusion d’une sagesse purement humaine, mais le Maître porte un regard unique sur la réalité : celui du croyant. Il en assume le « négatif » : il reconnaît qu’à cause de la chute (7.29 ; voir Gn 3), comme le rappellera l’apôtre Paul, la création « a été soumise au pouvoir de la fragilité » — de la vanité, de la mort (Rm 8.20). Elle est devenue ainsi comme opaque à la sagesse humaine. Mais dans sa générosité, Dieu répand sa bonté sur les hommes : le bonheur consiste à tout recevoir de sa main dans l’humilité de la foi (2.24 ; 3.14 ; 5.18 ; etc.).

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