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Le livre des Juges couvre la période qui va de l’installation d’Israël dans le Pays promis, sous la direction de Josué, aux années qui précèdent l’instauration de la royauté sous Samuel. Les dates proposées par les spécialistes pour cette période sont soit 1380 à 1050 soit 1220 à 1050 avant Jésus-Christ.
Une première partie introductive (1.1 à 2.5) décrit la conquête incomplète de Canaan par Israël. Cette section ne semble pas suivre l’ordre chronologique : certains événements, en effet, paraissent dater d’avant la mort de Josué (1.10-15 ; Jos 13.13-14) alors que d’autres semblent lui être postérieurs (1.1 ; 2.8). Elle a pour but de souligner que la conquête mal achevée allait être un piège pour Israël, tenté de s’allier aux habitants du pays et à leurs dieux (2.1-5).
La deuxième partie (2.6 à 16.31) forme le corps du livre. Elle est introduite par une section qui montre le sens religieux d’Israël à cette période de son histoire (2.6 à 3.6). Celle-ci révèle à la fois l’infidélité persistante du peuple et la fidélité de l’Eternel à son alliance. A plusieurs reprises, on retrouve le même enchaînement, annoncé par Moïse et conforme aux sanctions de l’alliance (Dt 28 et 29) : attrait d’Israël pour les faux dieux de Canaan, abandon de l’Eternel, servitude, appel à l’aide au vrai Dieu et libération grâce à son intervention.
A chaque reprise, l’action libératrice de l’Eternel s’opère par l’intermédiaire d’un « juge », terme qui recouvre des fonctions très diverses et qui a été traduit par « chef » dans le texte (2.16,18,19). Certains de ces chefs seulement ont rendu la justice (4.4-5). Tous, dans le livre, ont été des chefs militaires, mais Samuel, qui sera « juge » (1 S 7.15), n’a pas exercé de telles responsabilités. La plupart d’entre eux ont dirigé soit une ou plusieurs tribus soit le peuple tout entier, mais Samson a agi de façon solitaire, combattant contre les Philistins pour des motifs personnels. Cette variété de fonctions et de vocations correspond bien à la situation du peuple. Au cours de cette période troublée, Dieu suscite, selon les difficultés du moment, des hommes aux origines et aux capacités très diverses. Le livre mentionne douze chefs. Les chroniques qui rapportent leurs faits et gestes sont de longueur très inégale. On distingue ainsi six « grands » chefs — Otniel, Ehoud, Débora, Gédéon, Jephté et Samson — et six « petits » : Chamgar, Tola, Yaïr, Ibtsân, Elôn et Abdôn.
La dernière partie du livre forme un appendice qui comprend deux récits très différents : le sanctuaire de Mika (ch.17 et 18) et le crime des habitants de Guibea (ch.19 à 21). Ces récits révèlent la déchéance morale et spirituelle du peuple de Dieu et, par leur refrain, soulignent l’importance de l’institution de la royauté en Israël : « En ce temps-là, il n’y avait pas de roi en Israël. Chacun faisait ce qu’il jugeait bon » (17.6 ; 18.1 ; 19.1 ; 21.25).
Chefs animés par l’Esprit (3.10 ; 6.34 ; 11.29 ; 13.25 ; 14.6,9 ; 15.14), les « Juges » annoncent le temps où Dieu régnera en toute justice (Es 1.26-27) par le Messie-Roi sur qui l’Esprit reposera (Es 11.1-2).
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