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Matthieu 21

    • 1 Chapitre 21. La passion

      Les derniers jours. L'entrée royale à Jérusalem.

      1 à 11 L'entrée de Jésus à Jérusalem.

      Comparer Marc 11.1-11 ; Luc 19.29-44 ; Jean 12.12-19.

      - Bethphagé, "maison des figues," localité inconnue dans l'Ancien Testament. Il n'en reste plus aucune trace et on en ignore même la situation précise.

      On a pens√© que ce nom de Bethphag√© d√©signait, non un village, mais un faubourg de J√©rusalem, entre les murs de la ville et le C√©dron (E. Stapfer, La Palestine, p. 66, 67), ou bien la banlieue tout enti√®re du c√īt√© du mont des Oliviers (F. Godet, Comment. sur Luc 19.29).

      Ces opinions se fondent sur le Talmud, qui mentionne plusieurs fois ce nom. D'autre part, M. F. Bovet (Voyage en Terre Sainte, 7e édition, p. 202) a observé, "à l'extrémité de l'étroit plateau qui se trouve au sommet de la montagne, un petit village qu'il serait assez tenté de prendre pour Bethphagé."

      Il est naturel, d'apr√®s les r√©cits compar√©s des √©vangiles, de le chercher entre B√©thanie et J√©rusalem. Or cette supposition est appuy√©e par Schubert (Voyage en Orient, tome II, p. 569 et 571), qui a trouv√© au m√™me lieu "des maisons entour√©es d'arbres." Il les prit d'abord pour B√©thanie, mais il y reconnut bient√īt la situation de Bethphag√©. Il place cette localit√© sur le col qui s√©pare les deux sommit√©s du mont des Oliviers.

      S'il en est ainsi, on se demande seulement pourquoi Marc et Luc nomment Bethphag√© avant B√©thanie, qui, plus √† l'est, se trouve en premier sur la route. On ne saurait le dire. Ce qui leur importe, c'est de marquer l'approche du mont des Oliviers et de J√©rusalem¬†; et comme ils ne rapportent pas les s√©jours de J√©sus √† B√©thanie, ils sont avant tout pr√©occup√©s de Bethphag√©, o√Ļ les deux disciples vont √™tre envoy√©s pour pr√©parer l'entr√©e √† J√©rusalem.

      - D'apr√®s les r√©cits des trois premiers √©vangiles, il semble que J√©sus, avec le cort√®ge qui l'accompagnait, serait all√© directement de J√©richo (Matthieu 20.29) √† J√©rusalem, tandis que, d'apr√®s la relation de Jean, (Jean 12.1) il s'arr√™ta √† B√©thanie, au moins un jour, et partit de l√† pour faire son entr√©e √† J√©rusalem. (vers. 12 et suivants) En outre, d'apr√®s Jean, le repas qui eut lieu √† B√©thanie et o√Ļ J√©sus fut oint par Marie, eut lieu "six jours avant la P√Ęque," tandis que Matthieu (Matthieu 26.6) et Marc (Marc 14.3) paraissent le placer deux jours avant la f√™te. Jean rectifie sur ce point comme sur d'autres (Jean 3.24) la tradition synoptique.

      verset 1 (b) Alors, petit mot que nos versions ordinaires ont cru pouvoir omettre comme superflu et qui a une grande signification. Plusieurs fois Jésus était entré à Jérusalem, mais en silence et comme perdu parmi la foule ; maintenant, parvenu au terme de son dernier voyage, il ordonne lui-même à ses disciples de lui préparer cette entrée royale par laquelle il prend solennellement possession du royaume qu'il va fonder. (Marc 11.10) Il sait que son heure est venue, que ceux qui ont cru en lui sont prêts à l'acclamer de leurs hosannas ! (vers. 9), et quant à ses adversaires, dont le parti est pris, il n'a plus à ménager leurs préjugés. Moment décisif et tragique dans sa vie.

      3 La bourgade o√Ļ J√©sus envoie ses disciples est sans doute Bethphag√©.

      - La pr√©cision de toutes les indications que J√©sus donne √† ses disciples nous d√©voile la parfaite connaissance qu'il avait de tout ce qu'ils allaient rencontrer en s'acquittant de leur mission. Il sait qu'ils trouveront l'√Ęnesse et l'√Ęnon d√®s leur entr√©e dans la bourgade (aussit√īt)¬†; il sait que leur propri√©taire, qui sans doute le connaissait, les c√©dera sans difficult√©, parce qu'il en a besoin dans ce moment solennel.

      Les trois premiers √©vangiles sont en parfait accord, except√© sur un seul d√©tail. Tandis que Matthieu mentionne, √† c√īt√© de l'√Ęnon, l'√Ęnesse, sa m√®re, Marc et Luc, aussi bien que Jean, ne parlent que de l'√Ęnon. C'est que cet √Ęnon sur lequel J√©sus devait monter importait seul au r√©cit. Matthieu est ici plus complet. La critique rationaliste a tort de pr√©tendre qu'il ajoute ce d√©tail pour se conformer √† la proph√©tie qu'il va citer (vers. 4), et qu'il aurait mal comprise.

      5 Cette prophétie, le Sauveur lui-même voulut l'accomplir d'une manière littérale ; aussi Jean (Jean 12.15) en marque-t-il également la réalisation dans son récit.

      Matthieu la cite librement d'apr√®s les Septante et en combinant deux passages des proph√®tes. Les premiers mots¬†: Dites √† la fille de Sion, sont emprunt√©s √† Esa√Įe 62.11. La fille de Sion est un h√©bra√Įsme d√©signant J√©rusalem tout entier. La proph√©tie elle-m√™me est tir√©e de Zacharie, (Zacharie 9.9) o√Ļ on lit dans l'h√©breu "Tressaille de joie, fille de Sion, pousse des acclamations, fille de J√©rusalem¬†! Voici ton Roi vient √† toi, juste et victorieux (ou Sauveur), lui pauvre, et mont√© sur un √Ęne et sur un √Ęnon, fils d'une √Ęnesse."

      Voici maintenant la citation de Matthieu litt√©ralement traduite d'apr√®s le vrai texte¬†: "Voici, ton Roi vient √† toi, doux et mont√© sur un √Ęne, et sur un poulain, fils de celle qui est sous le joug," ou d'une b√™te de somme. Il est √©vident que, soit dans l'h√©breu, soit dans la citation de Matthieu, le mot¬†: et sur un poulain signifie¬†: c'est-√†-dire sur un poulain, et l'√©vang√©liste, comme le proph√®te, n'attribue √† J√©sus qu'une seule et m√™me monture. Cette remarque est n√©cessaire pour pr√©venir un √©trange malentendu attribu√© √† Matthieu par une certaine critique dans l'interpr√©tation du verset 7. (Voir la note.)

      La pens√©e du proph√®te et celle de l'√©vang√©liste, en nous d√©crivant l'humble monture du Sauveur au moment de son entr√©e royale √† J√©rusalem, est clairement indiqu√©e par leurs expressions¬†: ils y voient le signe de la douceur et de l'esprit pacifique, de la pauvret√© et de l'abaissement du Messie, au moment m√™me o√Ļ il aurait pu aspirer √† la puissance et √† la gloire.

      7 Voici la traduction litt√©rale de ce verset 7¬†: "Ils amen√®rent l'√Ęnesse et l'√Ęnon et ils plac√®rent sur eux leurs v√™tements et il s'assit sur eux." Le bon sens aussi bien que la grammaire veut que ce dernier sur eux se rapporte aux v√™tements (√† ceux qui √©taient sur l'√Ęnon) et nullement aux deux animaux, interpr√©tation qui attribuerait √† Matthieu, comme se sont h√Ęt√©s de le faire plusieurs critiques, la pens√©e grotesque et impossible que J√©sus aurait mont√© les deux b√™tes √† la fois, ou l'une et l'autre tour √† tour.

      Le verset 5 prouve assez du reste que telle n'était pas la pensée de l'évangéliste. Il faut remarquer encore que le vrai texte porte : il (Jésus) s'assit dessus, tandis que la fausse variante du texte reçu dit : ils (les disciples) l'assirent dessus.

      8 Ces démonstrations se pratiquaient dans l'antiquité pour rendre à un roi des honneurs extraordinaires. (2Rois 9.13)
      9 Ces vives acclamations qui s'adressaient au fils de David, c'est-à-dire au Roi-Messie, avaient dans l'esprit de la foule qui les faisait entendre un sens éminemment religieux et prophétique, en ce qu'elles étaient empruntées au Psaumes 118.25,26

      Ce magnifique psaume qui se chantait à la fête des tabernacles, était devenu en général un cantique de réjouissance pour toutes les occasions solennelles et heureuses.

      Le mot¬†: Hosanna (H√©br. hoschia na) signifie¬†: sauve, je te prie. Les mots¬†: dans les lieux tr√®s hauts faisaient monter ce vŇďu, cette pri√®re jusqu'au tr√īne de Dieu (Luc 2.14) jusqu'au plus hauts cieux (Eph√©siens 4.10) d'o√Ļ descendait celui qui vient au nom du Seigneur.

      11 Toute la ville fut mise en émoi par cet immense cortège et par les acclamations qu'il faisait entendre.

      La question : Qui est celui-ci ? venait de ceux des habitants de Jérusalem qui ne connaissaient point encore Jésus ; et la réponse qui suit était donnée par les foules qui lui faisaient cortège en lui rendant hommage. Comme la plupart de ceux qui composaient ces foules venaient de la Galilée, ce n'était pas sans un certain orgueil national qu'ils annonçaient, comme originaire de leur province, le grand prophète, prédit par les Ecritures et manifesté comme tel par toute sa vie.

      Ainsi fut atteint l'un des buts de cette entr√©e triomphale de J√©sus √† J√©rusalem. Il y fut acclam√© en pr√©sence de cette population qui n'avait fait aucune attention √† sa parole et √† ses Ňďuvres. Mais, en m√™me temps, les caract√®res de cette entr√©e royale √©taient propres √† d√©truire les fausses esp√©rances messianiques de son peuple. Et ce ne fut qu'apr√®s sa r√©surrection et son retour dans la gloire, que ses disciples eux-m√™mes comprirent toute la spiritualit√© et la grandeur divines de son √©ternelle royaut√©.

      12 Dans le lieu sacré (hieron), comprenant le temple et toutes ses dépendances, tandis que le temple proprement dit (naos) désignait le sanctuaire et le lieu très saint.

      - Les mots : de Dieu manquent dans Sin., B et les versions égyptiennes ; mais il parait que Matthieu les a ajoutés avec intention pour relever le caractère sacré du lieu qu'il nous montre profané par un trafic illicite.

      Comparer Marc 11.11 note.

      - Cette sc√®ne se passe dans le parvis ext√©rieur du temple, appel√© le parvis des Gentils, parce que les pa√Įens eux-m√™mes y avaient acc√®s. L√† s'√©taient √©tablis ceux qui vendaient des victimes, de l'encens, de l'huile, du vin et tout ce qui √©tait n√©cessaire aux sacrifices.

      Les changeurs opéraient l'échange des monnaies étrangères contre celle du pays, en particulier contre les didrachmes avec lesquelles il fallait payer le tribut du temple. Le bruit qui se faisait dans cette enceinte, les fraudes qui s'y commettaient, profanaient le saint lieu et troublaient là dévotion des fidèles.

      Jésus, faisant usage de son autorité messianique, (Malachie 3.1,2) purifie donc la maison de Dieu et donne en même temps à son action une signification symbolique profonde. (1Corinthiens 3.16,17 ; Ephésiens 2.21)

      Il n'est point nécessaire de voir un miracle dans l'obéissance de cette foule qui se laisse expulser ainsi par l'autorité de Jésus. L'impression que produit sur elle sa majesté divine perçant au travers de son humilité, fait que chacun cède devant lui, (comparez Jean 18.6) mais Jésus ne fait usage de sa puissance que pour purifier le temple ; après cet acte d'autorité, il revient à son humble ministère de dévouement et d'amour.

      13 On lit dans Esa√Įe 56.7 "Ma maison sera appel√©e une maison de pri√®re pour tous les peuples¬†;" et dans J√©r√©mie 7.11 "Est-ce √† vos yeux une caverne de brigands, cette maison qui est appel√©e de mon nom¬†?"

      Jésus combine librement ces deux paroles des prophètes et en fait un reproche sévère à l'adresse de ces trafiquants du temple, auxquels il ne craint pas d'appliquer l'épithète employée par Jérémie.

      Quant √† la citation d'Esa√Įe, elle est d'autant plus frappante que ce sont tous les peuples (les Septante traduisent¬†: toutes les nations), ainsi les Pa√Įens eux-m√™mes, qui doivent regarder le lieu sacr√© comme une maison de pri√®re, au lieu de le profaner.

      - Le fait que raconte ici Matthieu, de concert avec Marc et Luc et qu'ils placent √† la fin du minist√®re de J√©sus, doit-il √™tre identifi√© avec celui que rapporte Jean, (Jean 2.14 et suivants) ou doit-il en √™tre distingu√©¬†? En d'autres termes, J√©sus a-t-il deux fois purifi√© le temple o√Ļ est-ce l√† une seule et m√™me action plac√©e par les √©vang√©listes √† deux √©poques si distantes l'une de l'autre¬†? C'est l√† une question sur laquelle les opinions des interpr√®tes ont toujours diff√©r√©, depuis les temps des P√®res jusqu'√† nos jours.

      Malgré les apparences contraires, il est assez certain qu'on ne peut identifier ces deux récits. Comment, en effet, attribuer aux évangélistes une erreur chronologique si énorme sur un fait si facile à constater ?

      En outre, les paroles de Jésus, qui, dans l'une et l'autre de ces occasions, sont le point saillant du récit, sont absolument différentes, ce qui accuse deux événements distincts.

      Enfin, si l'on consid√®re que le r√©cit de Marc avec les d√©tails pr√©cis qu'il renferme doit remonter √† un t√©moin oculaire (Pierre), on est forc√© d'admettre que cet √©v√©nement eut bien lieu √† l'entr√©e de la semaine sainte. Et d'autre part, si le quatri√®me √©vangile a pour auteur l'ap√ītre Jean, il ne peut faire erreur en pla√ßant une expulsion des vendeurs au commencement du minist√®re de J√©sus. (Voir les Comment. de M. Godet sur Luc 19.45,46 et sur Jean 2.22)

      14 Matthieu a seul conservé la mention de ces guérisons et du dialogue qui suit avec les principaux sacrificateurs. (Voir toutefois Jean 2.23)
      16 Les merveilles que Jésus avait faites (ce mot ne se trouve qu'ici dans le Nouveau Testament, il signifie des choses dignes d'étonnement ou d'admiration) étaient la purification du temple et les guérisons racontées au verset 4.

      Cela d√©j√† e√Ľt suffi pour indigner les sacrificateurs et les scribes. Mais ce qui les irrite surtout ce sont les cris de ces enfants, √©chos joyeux des acclamations au milieu desquelles J√©sus avait fait son entr√©e √† J√©rusalem.

      La question de ces adversaires : Entends-tu ce qu'ils disent ? est à la fois un reproche et un appel à l'humilité de Jésus. Peux-tu souffrir ces adulations qui profanent le temple ?

      Psaumes 8.3, cit√© litt√©ralement d'apr√®s les Septante qui diff√®rent peu de l'h√©breu. Avec un sentiment po√©tique et vraiment religieux, le psalmiste voit dans ces premiers signes d'intelligence et d'amour que donnent les petits enfants, une louange de Dieu. A plus forte raison J√©sus pouvait-il en voir une tr√®s touchante dans les hosannas de ces enfants plus √Ęg√©s qui l'entouraient dans le temple. Ceux-ci adressaient leurs hommages au Messie¬†; mais comme ce Messie se savait Fils et repr√©sentant de Dieu, il n'h√©site pas √† admettre que ces hommages glorifient Dieu m√™me. (Jean 5.23¬†; 13.31¬†; 14.13)

      La suite de la parole des Psaumes que Jésus cite est : "à cause de tes adversaires, pour réduire au silence l'ennemi et le vindicatif." Jésus supprime ces mots par ménagement pour ses interlocuteurs, mais ils connaissaient assez les Ecritures pour achever d'eux-mêmes la citation.

      17 Probablement dans la famille de Lazare, que Jésus avait visitée en se rendant à Jérusalem. C'est ici que parait pour la première fois dans notre évangile ce nom de Béthanie, devenu si célèbre par la résurrection de Lazare.

      C'était une bourgade située à quinze stades ou trois quarts de lieue au sud-est de Jérusalem, (Jean 11.18) sur le penchant oriental du mont des Oliviers. (Marc 11.1 ; Luc 19.29) Aujourd'hui on trouve à la place occupée jadis par Béthanie un pauvre village habité par des Arabes et des chrétiens et nommé El Aziriyeh (de El Azir, Lazare.) Voir F. Bovet, Voyage en Terre Sainte, 7e édit., p. 203, et Ph. Bridel, La Palestine illustrée, II

      18 Le figuier maudit

      18 √† 22 Le figuier maudit, symbole des destin√©es d'Isra√ęl.

      Dans ce qui précède, Matthieu, selon son habitude de grouper les faits, sans égard à la chronologie, raconte de suite l'entrée de Jésus à Jérusalem et la purification du temple, puis ajoute l'histoire du figuier maudit.

      Marc, dont le récit est plus exact, place l'histoire de ce figuier avant la purification du temple, celle-ci n'ayant eu lieu que le lendemain de l'entrée triomphale.

      19 On sait que le figuier produit ses fruits avant ses feuilles. J√©sus, quoique ce fut alors le printemps, voyant cet arbre couvert de feuilles, pouvait donc s'attendre √† y trouver de ces figues pr√©coces que les Orientaux nomment boccores, bien que la maturit√© r√©guli√®re n'e√Ľt lieu qu'au mois de juin.

      C'est ce qui explique l'observation de Marc, (Marc 11.13) que "ce n'était pas la saison des figues." (Voir la note.) De plus ce figuier était seul de son espèce (grec un seul) sur le bord de la route.

      - Quant à la manière d'agir du Sauveur en cette occasion, il est évident que son intention n'était pas de prononcer une malédiction sur un objet animé et partant irresponsable, mais de reprocher à son peuple, par une action symbolique, la stérilité de sa vie morale. Cet acte a donc la même signification que la parabole du figuier stérile. (Luc 13.6 et suivants)

      Apr√®s avoir donn√© cet avertissement par un symbole, J√©sus va le r√©p√©ter dans des discours qui en seront le s√©rieux commentaire. (v. Matthieu 21.28-44¬†; 22.1-14) C'est ainsi que, dans son ardent amour des √Ęmes, il s'efforce, durant les derniers moments qui lui restent, de r√©veiller au sein de son peuple les consciences qui pouvaient l'√™tre encore.

      20 Cette question des disciples, aussi bien que leur √©tonnement montre qu'ils virent dans ce qui arriva au figuier un miracle produit par la parole et la volont√© de leur Ma√ģtre. C'est donc sans aucun fondement qu'une certaine ex√©g√®se suppose que le figuier √©tait d√©j√† presque mort. On ne saurait non plus voir dans ce r√©cit un mythe que la tradition √©vang√©lique aurait tir√© de la parabole du figuier.

      La question des disciples prouve qu'ils s'arrêtèrent bien plus au fait extérieur de ce miracle qu'à sa signification symbolique.

      22 Les disciples ont demand√© comment s'√©tait fait ce miracle. Or J√©sus ne r√©pond jamais √† des questions de pure curiosit√©¬†; et, au fond, il n'y avait point l√† d'explication √† donner¬†; mais comme l'√©tonnement des disciples √©tait √©videmment caus√© par la puissance que J√©sus venait de d√©ployer, c'est √† cette pens√©e qu'il r√©pond en leur d√©clarant avec solennit√© (en v√©rit√©) que par le moyen d'une foi ferme, vivante, exempte de tout doute, ils feraient des Ňďuvres pareilles et m√™me de plus grandes. (Comparer Marc 11.21, note.) Une telle foi produirait en eux la vraie pri√®re, faite avec foi (grec en croyant), √† laquelle rien n'est impossible. (Comparer Matthieu 17.20, note.)

      Toutefois, en faisant de la foi la condition de l'exaucement, Jésus exclut tout arbitraire dans l'emploi de cette puissance extraordinaire. Celui qui prie en croyant, prie "au nom de Jésus" (Jean 14.13) c'est-à-dire en étant dirigé par son Esprit.

      23 Comparer Marc 11.27-33 ; Luc 20.1-8.

      - La grande lutte dans le temple entre Jésus et ses adversaires commence. Le peuple en suit les péripéties avec intérêt. Sa faveur met momentanément Jésus à l'abri des entreprises de ses ennemis. Le but de ceux-ci, dans les questions qu'ils lui posent, est de l'amener à des affirmations qui lui aliéneront la sympathie de la foule et pourront aussi servir de motifs de condamnation.

      - Les principaux sacrificateurs et les anciens faisaient partie du sanhédrin, le conseil souverain, qui avait la plus haute autorité en matière civile et religieuse. Ils viennent à Jésus comme députation officielle.

      Leur double question est très précise : Quelle est ton autorité ? et de qui la tiens-tu ? Nous, semblent-ils dire, nous ne t'avons point donné d'autorité : es-tu donc un envoyé direct de Dieu ?

      - Mais qu'entendent-ils par ces choses que Jésus faisait et qui les offusquent ? Etait-ce son enseignement, dans lequel ils viennent l'interrompre, ou toute son action à Jérusalem depuis son entrée royale dans cette ville, ou enfin et surtout la purification du temple ? (verset 12 et suivants)

      Les interpr√®tes se divisent sur ce point, mais il n'y a pas de doute que ce dernier acte d'autorit√© ne f√Ľt le principal grief des membres du sanh√©drin. Ils esp√©raient que J√©sus d√©clarerait qu'il avait le droit de faire la police dans le temple, parce qu'il s'y trouvait dans la maison de son P√®re, (Luc 2.49) √©tant le Fils de Dieu. Ils savaient quelle r√©pugnance le peuple avait toujours montr√©e √† accepter de J√©sus une affirmation cat√©gorique de sa divinit√©. (Jean 5.18¬†; 8.59¬†; 10.31,39)

      En la lui arrachant à ce moment, ils pensaient ébranler, ruiner peut-être du coup sa popularité.

      24 Grec : Je vous demanderai, moi aussi, un seul mot ou une seule parole.
      25 Cette question de Jésus correspondait exactement à la leur. Elle n'était nullement un faux-fuyant ni une manière de les réduire au silence, mais un trait pénétrant de vérité jeté dans leur conscience.

      Si en effet le bapt√™me de Jean, c'est-√†-dire tout son minist√®re au sein d'Isra√ęl, √©tait de Dieu, alors l'autorit√© de J√©sus ne pouvait √™tre douteuse.

      Car Jean lui avait rendu témoignage par le Saint-Esprit. (Jean 1.19-34) De plus, le baptême de Jean était un baptême de repentance administré à ceux que sa prédication avait convaincus de péché. Si donc les chefs du peuple avaient cru à cette prédication, s'ils s'étaient repentis, ils auraient cru aussi au Sauveur annoncé par Jean.

      La question de Jésus était embarrassante pour ses adversaires. S'ils voulaient contester l'autorité de Jésus, ils devaient nier que Jean fut un envoyé de Dieu. Mais cette réponse, ils ne pouvaient y avoir recours. (verset 26)

      27 Les membres du sanhédrin se retirent à l'écart et se mettent à raisonner entre eux.

      Ils se débattent entre les deux termes du dilemme que Jésus leur a posé. Ils ne trouvent d'autre issue que d'avouer leur ignorance et leur incompétence à se prononcer sur l'une des plus importantes manifestations religieuses de leur temps.

      La crainte de la foule les retient de se d√©clarer ouvertement contre Jean-Baptiste. La v√©n√©ration dont le peuple entourait la m√©moire du proph√®te √©tait si profonde, qu'une telle attitude leur e√Ľt fait courir les plus grands risques¬†; ils sont forc√©s de se dire¬†: "Tout le peuple nous lapidera." (Luc 20.6)

      Ils se r√©fugient donc dans cette d√©faite¬†: Nous ne savons¬†; aveu humiliant pour eux, les conducteurs spirituels de la nation¬†; car leur devoir sacr√© e√Ľt √©t√© d'examiner la mission de Jean et de la recommander au peuple ou de s'y opposer, selon qu'elle √©tait de Dieu ou des hommes.

      Quelle confusion pour ces hommes et quel jugement de Dieu dans ce refus.

      31 Le manuscrit B et quelques versions intervertissent l'ordre de ces deux fils, en sorte que celui qui se repent et obéit serait le second. La réponse (verset 31) est alors : Le dernier.

      Quelques critiques et exégètes préfèrent cette leçon.

      - Matthieu seul a conservé cette courte mais frappante parabole par laquelle Jésus, après avoir contraint ses adversaires à avouer qu'ils étaient incompétents pour le juger, (verset 27) les oblige à se juger eux-mêmes et à prononcer leur propre condamnation.

      - Il y a dans ces termes choisis : deux enfants, mon enfant, l'expression de la tendresse du père comme aussi du droit qu'il a d'être obéi. C'est par amour qu'il les invite à aller travailler à sa vigne, qui est le royaume de Dieu. (verset 33 et suivants ; Matthieu 20.1 et suivants)

      Le premier, d'abord insensible √† cet amour, refuse nettement, franchement. Mais, bient√īt, p√©n√©tr√© d'une sinc√®re repentance, il y va et ne travaille qu'avec plus d'ardeur.

      L'autre, au contraire, répond sans hésiter : Oui, seigneur (grec, moi, seigneur) ; moi, bien différent de mon frère, j'y vais ; mais malgré cette prompte obéissance des lèvres, malgré ce mot respectueux de seigneur il n'y alla point.

      Quelle psychologie profonde dans ce contraste¬†! Une premi√®re r√©sistance √† la volont√© de Dieu laisse beaucoup plus d'espoir pour le salut d'une √Ęme que cette l√Ęche indiff√©rence, toujours pr√™te √† dire oui, mais qui n'a aucune √©nergie pour ob√©ir. (Apocalypse 3.16) J√©sus, par la question qui termine son r√©cit, tire de la bouche m√™me de ses interlocuteurs la confession de cette v√©rit√©.

      32 Jésus fait brusquement l'application de cette parabole à ses auditeurs.

      Le premier des deux fils représente ces grands pécheurs qui avaient d'abord résisté aux commandements de Dieu, mais qui, à la voix puissante de Jean-Baptiste, (verset 32) s'étaient repentis et convertis.

      Le second fils est l'image de ces pharisiens qui paraissaient accepter toute la loi de Dieu et s'y soumettre, mais qui, par leur formalisme, n'en vivaient pas moins pour le monde et ses convoitises. Même la prédication de Jean-Baptiste ne put vaincre leur endurcissement et leur orgueil. Bien plus, l'exemple de tant de pécheurs repentants resta sans influence sur eux.

      En effet, il faut lire, d'après B et les versets : "Mais vous, ayant vu cela, vous ne vous êtes pas même repentis ensuite." Les mots : dans la voie de la justice, caractérisent a la fois la vie et le ministère de Jean-Baptiste, qui furent tous deux une proclamation de la justice divine. Une telle prédication est dans tous les temps le seul moyen de réveiller les consciences et d'amener les pécheurs à se repentir.

      33 Comparer Marc 12.1-12¬†; Luc 20.9-19. L'id√©e de cette parabole et plusieurs d√©tails sont emprunt√©s √† Esa√Įe 5.1 et suivants. On sait combien le Seigneur aimait √† rattacher ses enseignements √† l'Ancien Testament. Mais la similitude est admirablement d√©velopp√©e en vue du but que J√©sus se proposait. Ce but est √©vident¬†: apr√®s avoir reproch√© aux membres du sanh√©drin qui l'√©coutaient (verset 23) leur imp√©nitence, J√©sus va leur faire sentir, par cette tragique histoire, leur culpabilit√©¬†; apr√®s les avoir amen√©s √† prononcer leur propre jugement, (verset 31) il va les juger √† son tour en leur retra√ßant la conduite inique des chefs d'Isra√ęl dans tous les temps. Eux-m√™mes combleront la mesure de ces iniquit√©s par le meurtre de celui qui leur parle. (verset 39)

      Une haie ou cl√īture servait √† prot√©ger la vigne contre toute d√©vastation du dehors. Le pressoir se creusait, chez les Orientaux, dans la vigne m√™me. Il se composait de deux bassins superpos√©s, dont l'un servait √† recevoir les raisins qu'on y jetait pour √™tre foul√©s¬†; l'autre, plac√© en dessous, √©tait destin√© √† recueillir le mo√Ľt qui y coulait. Enfin la tour √©tait un √©difice de garde, b√Ęti au milieu du vignoble et d'o√Ļ l'on pouvait le surveiller tout entier. Il n'est pas n√©cessaire de chercher √† ces traits, qui ornent le r√©cit et donnent √† la parabole un caract√®re si pittoresque, un sens symbolique. Ils servent, d'une fa√ßon g√©n√©rale, √† montrer que le ma√ģtre de la vigne ne lui √©pargne aucun soin.

      Grec¬†:, il la remit √† des agriculteurs et s'expatria. (Voir l'explication de la parabole verset 43, note.) Cela ne veut pas dire que ces agriculteurs auraient √† payer en argent le produit annuel de la vigne¬†; le ma√ģtre avait conclu avec eux un march√© pour la culture de sa vigne¬†; il devait recevoir tout ou partie de ses produits en nature. (verset 34)

      34 Ses fruits, auxquels il a droit, qui lui sont dus, en vertu du contrat. C'est à tort qu'on traduit ordinairement par : "les fruits de la vigne."
      35 Battre, tuer, lapider : gradation dans la méchanceté jusqu'à un supplice cruel.
      37 Le ma√ģtre avait bien le droit de s'attendre √† ce respect, car il leur envoie son "fils unique, son bien-aim√©." (Marc 12.6, note¬†; comparez H√©breux 1.1,2)
      39 Jusqu'ici les vignerons ont maltrait√© et tu√© les serviteurs du ma√ģtre, afin de ne pas lui livrer ses fruits¬†; maintenant qu'ils tiennent l'h√©ritier, ils pensent qu'en le mettant √† mort, rien ne pourra s'opposer √† ce qu'ils prennent possession de son h√©ritage.

      - Les mots : ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent, servent à décrire vivement cette scène tragique, et il est douteux qu'il faille y voir une prédiction du fait que Jésus fut crucifié hors de Jérusalem. (Voir Marc 12.8, note.)

      41 Comparer verset 43. Jésus, par une question directe, force ses adversaires à prononcer sur eux-mêmes la terrible sentence qu'ont méritée les vignerons.

      Le moment n'est pas √©loign√© o√Ļ le peuple entier en fera autant pour son propre compte¬†; (Matthieu 27.25) et l'on sait avec quelle effroyable rigueur cette sentence fut ex√©cut√©e quarante ans plus tard.

      - Dans Marc et Luc, c'est Jésus lui-même qui fait la question et la réponse. Le récit de Matthieu est plus dramatique : la conscience des interlocuteurs de Jésus les force à prononcer la condamnation des vignerons, c'est-à-dire leur propre condamnation.

      C'est encore Matthieu seul qui a conservé ce rapprochement de termes, qui fait ressortir combien la condamnation est à la fois sévère et méritée : Il fera périr misérablement ces misérables. Mais ces mots, dans la bouche des adversaires, prouvent qu'ils ne s'étaient pas encore reconnus dans la personne des vignerons.

      42 Psaumes 118.22, cité d'après les Septante.

      Par ces paroles des Ecritures, si connues de ses auditeurs, et que Jésus s'applique à lui-même, il veut faire sentir aux chefs de la théocratie quel est ce fils de la parabole qui a été rejeté, mis à mort par les vignerons. Eux-mêmes sont les constructeurs insensés et coupables qui ont réprouvé la pierre de l'angle.

      Cette pierre, dans l'image employ√©e par le psalmiste, est celle qui, plac√©e comme fondement √† l'angle d'un b√Ętiment, supporte deux murs et soutient tout l'√©difice. Voil√† ce qu'est J√©sus-Christ dans le temple spirituel qui va s'√©lever √† la gloire de Dieu.

      Cette destin√©e glorieuse, qui fait contraste avec sa r√©jection par les hommes, est l'Ňďuvre et la volont√© expresse de l'Eternel et restera l'objet de l'admiration des si√®cles. (Comparer Esa√Įe 28.16,Actes 4.11¬†; Romains 9.33¬†; 1Pierre 2.6)

      43 Application directe du verset 41 et de la parabole tout entière.

      Ces mots¬†: je vous dis, vous sera √īt√©, d√©signent nettement les adversaires que J√©sus avait devant lui comme √©tant les vignerons de la parabole et les constructeurs qui ont rejet√© la pierre de l'angle. Et telle est la raison de la sentence qu'il prononce (c'est pourquoi).

      Pour en bien comprendre la signification, il faut jeter un regard sur l'ensemble de la parabole. Le ma√ģtre de maison qui planta une vigne et y donna tous ses soins, c'est Dieu qui, dans sa grande mis√©ricorde, fonda sur cette terre plong√©e dans les t√©n√®bres par suite du p√©ch√©, un royaume de v√©rit√©, de justice et de paix. Il le confia √† son peuple d'Isra√ęl, en particulier aux chefs de la th√©ocratie juive. Il avait le droit d'en attendre et d'en exiger les fruits, fruits de la vie religieuse et morale¬†: reconnaissance, amour, ob√©issance, saintet√©.

      Les serviteurs qu'il envoya à diverses reprises pour recueillir ces fruits sont ses saints prophètes, qui, hélas ! furent de tout temps rejetés par le grand nombre, persécutés, mis à mort. (Matthieu 5.12 ; 23.31-37 ; Hébreux 11.35-38)

      Quant au fils que le ma√ģtre de maison envoya ensuite dans son immense amour, (Jean 3.16) l'Evangile tout entier nous dit qui il est, et nous l'entendons, dans cette parabole m√™me, pr√©dire sa r√©jection et sa mort. Les chefs de la th√©ocratie de son temps eurent, malgr√© leur incr√©dulit√©, le pressentiment qu'il √©tait l'h√©ritier et qu'en le mettant √† mort ils resteraient les ma√ģtres et les possesseurs du royaume. Mais eux-m√™mes, en pronon√ßant sur les vignerons ce double jugement, que la vigne leur serait √īt√©e et qu'ils p√©riraient mis√©rablement, proclam√®rent leur propre condamnation.

      Et c'est cette sentence que J√©sus confirme par ces mots¬†: le royaume de Dieu vous sera √īt√©, vous en serez exclus, et il sera donn√©, par pure gr√Ęce, √† une nation, peuple de Dieu choisi du sein de tous les peuples, qui en produit les fruits. J√©sus ne dit pas¬†: produira, selon nos versions. Il parle au pr√©sent, parce que d√©j√† il voit sous ses yeux les premiers fruits de ce nouveau royaume. On sait comment cette proph√©tie fut accomplie par la destruction de J√©rusalem et la ruine de la th√©ocratie juive, et par l'√©tablissement du royaume de Dieu parmi les nations pa√Įennes. La parabole des vignerons, comme tant d'autres d√©clarations, montre que tout l'avenir de son r√®gne √©tait devant les yeux du Sauveur.

      44 Grec¬†:, le r√©duira en poussi√®re, le dispersera comme de la poussi√®re, ou plus litt√©ralement encore, le criblera, vannera. Isra√ęl sera ch√Ęti√© non seulement en ce que le royaume lui sera enlev√©, mais en ce que lui-m√™me sera d√©truit. Ce verset exprime le c√īt√© positif et terrible du ch√Ętiment, dont le verset 43 indique le c√īt√© n√©gatif.

      L'image employée est présentée sous deux faces différentes.

      D'abord la pierre est consid√©r√©e comme gisant sur le sol, et l'incr√©dulit√© aveugle vient s'y briser. (Esa√Įe 8.14,15) C'est le Sauveur dans son √©tat d'humiliation.

      Ensuite, cette même pierre est considérée comme tombant sur les rebelles et les réduisant en poussière, c'est le Sauveur dans sa gloire exerçant le jugement. (Daniel 2.34)

      - Mais ces paroles, qui se retrouvent littéralement dans Luc à la suite de la même parabole, ne paraissent pas à leur place dans Matthieu. La parabole semble en effet terminée avec verset 43.

      Aussi Griesbach, Lachmann, Tregelles, Westcot et Hort révoquent-ils en doute le verset 44, tandis que Tischendorf le supprime tout à fait. Il est vrai que ces critiques se fondent sur D seulement et sur les indications de quelques Pères, en particulier d'Origène. D'autres trouvent ces autorités insuffisantes. B. Weiss déclare le verset 44 certainement authentique ; s'il avait été pris dans Luc, on l'aurait introduit après le verset 42.

      46 Ainsi, l'annonce des plus redoutables jugements de Dieu, clairement comprise par ceux qui l'entendent, vient se heurter à leur endurcissement et ne fait qu'exciter leur haine et leurs desseins meurtriers. Ce triste résultat des discours qui précèdent inspira à Jésus la parabole du Matthieu 22.1 et suivants
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