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Matthieu 23

    • 1 Chapitre 23. Discours contre les scribes et les pharisiens

      1 à 12 Jésus met ses auditeurs en garde contre les pharisiens.

      Comparer Marc 12.38-40,Luc 20.45-47.

      - Alors indique le moment o√Ļ la lutte est termin√©e, o√Ļ J√©sus a r√©duit ses adversaires au silence. (Matthieu 22.46) Il prononce sur eux le discours qui suit et dans lequel il formule leur condamnation.

      Ce discours s'adresse d'abord aux foules et aux disciples, (versets 1-12) que Jésus veut prémunir contre l'esprit des principaux du peuple, puis il prend directement à partie ces derniers, dont il démasque et censure les vices dans une suite d'apostrophes foudroyantes. (verset 13 et suivants)

      Matthieu seul nous a conservé ce discours, Marc et Luc n'en ont que quelques fragments, qu'ils placent en d'autres occasions comme la critique moderne prête à Matthieu (plus qu'il n'est juste) le procédé de réunir en discours suivis diverses paroles de Jésus, elle n'a pas manqué de lui attribuer la composition de ce discours.

      Mais "il est tout à fait dans la situation qu'à ce moment Jésus exprime toute sa pensée sur ses adversaires." (De Wette.)

      "Tout ce discours est d'un seul jet, et si plein de vie et d'unité qu'on ne saurait douter qu'il n'ait été prononcé ainsi, bien que peut-être il renferme quelques éléments empruntés à d'autres discours de Jésus." (Meyer)

      2 La chaire de Mo√Įse d√©signe l'activit√© et l'autorit√© que Mo√Įse avait exerc√©es comme l√©gislateur et conducteur du peuple. (Exode 18.13) Ils se sont assis dans cette chaire comme successeurs du grand serviteur de Dieu. Les rabbins emploient la m√™me expression pour dire qu'un ma√ģtre a succ√©d√© √† un autre dans son enseignement. Ces termes n'impliquent donc pas l'id√©e d'une usurpation.

      Sur les pharisiens, voir Matthieu 3.7, note.

      Comme les hommes de ce parti avaient manifesté jusqu'ici une hostilité croissante envers le Sauveur, comme ils avaient résisté à ses avertissements et arrêté le projet de se saisir de lui, (Matthieu 21.45,46) il renonce à tout ménagement à leur égard et rompt ouvertement avec eux.

      Les scribes, en tout semblables aux pharisiens, avaient pris la même position. Leur nom signifie proprement écrivains, et désigne, par extension, des hommes lettrés, des savants en général. (1Corinthiens 1.20) Ce sont là les sopherim de l'Ancien Testament, c'est-à-dire les hommes des livres.

      Dans les √©vangiles, ils sont appel√©s scribes, ou l√©gistes, ou docteurs de la loi, parce que le principal objet de leurs √©tudes √©tait la loi de Mo√Įse en elle-m√™me et dans ses applications diverses √† la vie du peuple. Et comme cette loi √©tait √† la fois loi religieuse et loi civile, les scribes √©taient en m√™me temps th√©ologiens et jurisconsultes. Ils sont souvent nomm√©s avec les pharisiens, parce que la plupart d'entre eux appartenaient √† cette secte, (Matthieu 5.20,12.38) ou avec les principaux sacrificateurs, dont ils √©taient les conseillers dans les applications de la loi et dans les cas de conscience Matthieu 2.4¬†; 20.18¬†; 21.15, ou enfin avec les anciens leurs coll√®gues au sanh√©drin ou conseil sup√©rieur de la nation. (Matthieu 16.21¬†; 26.3¬†; 27.41)

      Les scribes prennent toujours une part tr√®s active dans l'opposition contre J√©sus. Ils l'√©pient, (Luc 6.7¬†; 11.53,54) ils bl√Ęment sa conduite, (Matthieu 9.3¬†; Luc 5.30) ils cherchent √† le surprendre par des questions insidieuses. (Matthieu 22.35) On comprend donc qu'ils aient aussi leur large part dans les justes et s√©v√®res censures qui remplissent ces discours.

      3 Le texte reçu porte : "qu'ils vous disent de garder ;" ce dernier mot n'est pas authentique.

      - La plupart des interprètes font des restrictions diverses à cette recommandation de Jésus, attendu que les scribes et les pharisiens pouvaient enseigner des choses fausses que, dans ce cas, les disciples ne devaient ni garder, ni faire.

      Mais J√©sus n'entre pas dans cette distinction¬†; il suppose qu'ils enseignent la loi de Mo√Įse, dans la chaire duquel ils se sont assis, comme l'indique le mot donc¬†; et toute la pens√©e se reporte sur le contraste que forme la premi√®re partie de ce verset avec la seconde.

      4 Ce verset explique le précédent, et le mot mais (qui doit remplacer le car du texte reçu) fait ressortir la contradiction choquante qu'il y a à dire et ne pas faire.

      - Lier des fardeaux est une expression figurée qui signifie : rassembler en un corps tous les commandements de la loi, avec les innombrables et minutieuses prescriptions cérémonielles que les pharisiens y avaient ajoutées, pour en exiger l'observation.

      Ces fardeaux pesants et difficiles √† porter (ce dernier mot manque dans Sin. et quelques Matthieu 23), l√† o√Ļ ni la gr√Ęce ni l'amour n'aidait √† les porter, les pharisiens les imposaient √† d'autres¬†; mais, bien loin de s'en charger eux-m√™mes, ils ne les remuaient pas m√™me du doigt. Quelle ironie dans ce contraste¬†!

      5 Jésus cite ces détails comme des exemples de leur désir vaniteux et hypocrite d'être vus des hommes.

      Les phylactères, encore en usage chez les Juifs, sont des bandes de parchemin, sur lesquelles sont écrites des paroles de l'Ecriture, telles que Deutéronome 6.6-9 ; 11.18-21.

      Pendant la prière, on les attache au bras gauche ou sur le front, en se fondant sur Exode 13.9 entendu à la lettre. De là vient que les Juifs appellent ces parchemins tephillim, prières.

      Ils attachent aussi a ces objets l'id√©e superstitieuse d'une amulette ou d'un talisman, car phylact√®re signifie pr√©servatif. Ils les √©largissent, dit J√©sus, afin d'√™tre plus s√Ľrs encore d'√™tre vus des hommes.

      - Quant au terme que nous traduisons par franges, il désigne une espèce de houppe que les Juifs portaient au bord de leurs manteaux, d'après Nombres 15.38,39. Ils y attachaient donc aussi une idée religieuse. (Comparer Matthieu 9.20 et voir, pour plus de détails sur ces deux objets, E. Stapfer. La Palestine, p. 382, 383.)

      7 Dans les festins, les synagogues, les places publiques, partout o√Ļ ils peuvent attirer sur eux les regards.

      Rabbi signifie ma√ģtre ou docteur. Si le redoublement de ce titre est authentique, il sert √† marquer une v√©n√©ration d'autant plus profonde, Sin., B, et les versions n'ont qu'une seule fois le mot rabbi. Mais l'omission du second rabbi par les copistes s'explique mieux que son adjonction. (Comparer Marc 14.45, note.)

      8 Vous, mes disciples, grec ne soyez point appelés rabbi, ne l'exigez pas et ne le permettez pas ; cela veut dire : Ne fondez ni école, ni secte et n'aspirez à aucun vain titre à aucune autorité humaine.

      Le texte reçu porte ici : "un seul est votre directeur, le Christ." Mais ces termes sont évidemment empruntés au verset 10 qui ne serait plus qu'une répétition inutile. Nous avons rétabli le vrai texte conformément a l'opinion de tous les meilleurs critiques.

      Bengel, qui est du nombre, pense que le Ma√ģtre dont il s'agit, c'est Dieu le P√®re, en pr√©sence duquel ses enfants sont tous fr√®res. Cette interpr√©tation est tout √† fait en harmonie avec le verset 9.

      9 Le titre de p√®re, pris dans un sens moral spirituel, est plus √©lev√© encore que celui de ma√ģtre et indique une plus grande d√©pendance √† l'√©gard de celui √† qui il est attribu√©.

      La raison de cette défense est admirablement exprimée par ce contraste : votre Père sur la terre, votre Père dans les cieux.

      10 Si Dieu seul est le P√®re de ceux qu'il engendre par son Esprit pour une vie nouvelle, Christ seul est le directeur de ceux qu'il conduit par sa parole et par son exemple dans les voies de cette vie nouvelle. Tous ces titres¬†: ma√ģtre, p√®re, directeur, ne font, appliqu√©s √† des hommes, que d√©rober √† Dieu et √† son Christ la gloire qui leur appartient. C'est par l√† que se fondent les partis et les sectes.

      On se demande comment, en pr√©sence de paroles si claires et si pr√©cises, ces signes d'adulation humaine ont pu s'introduire dans l'Eglise chr√©tienne aussi bien que jadis parmi les Juifs. Il faut remarquer pourtant que les titres de ma√ģtre ou docteur ont un sens tout autre, et l√©gitime quand ils n'indiquent qu'une profession, une charge, par exemple le droit d'enseigner dans les √©tablissements d'instruction publique ou dans l'Eglise. (Eph√©siens 4.11)

      12 Grec : "quiconque s'élèvera sera humilié : quiconque s'humiliera sera élevé." Luc 14.11 ; 18.14.

      Par la petitesse √† la grandeur, par l'humiliation √† la gloire, telle est la voie du royaume de Dieu, celle que le Ma√ģtre a suivie, la seule possible pour ses disciples.

      13 13 à 39 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Complainte sur Jérusalem.

      Tel est le premier des sept redoutables malheur à vous ! qui vont suivre.

      Jésus appelle les scribes et les pharisiens hypocrites, parce qu'ils font le contraire de ce qu'ils disent (verset 3) et de ce qu'ils prétendent faire.

      Les reproches qu'il leur adresse se concentrent dans l'hypocrisie, qu'il signale dans toute leur manière d'agir. La particule mais montre le contraste criant entre les dernières paroles de Jésus (versets 8-12) et tout ce qui va suivre.

      - Les pharisiens sont hypocrites en ce qu'ils empêchent les hommes de parvenir au salut, tandis qu'ils ont la prétention de les y conduire. Le royaume des cieux que Jésus annonçait et fondait alors est représenté par l'image d'un palais ou d'un temple que les pharisiens fermaient devant les hommes en les empêchant de croire en Jésus. Ils le faisaient par leur opposition, leur inimitié, et toute leur action contraire à la sienne. (Comparer Luc 11.52)

      - A la suite de ce verset 13, le texte reçu a un verset 14 ainsi conçu : Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous dévorez les maisons des veuves sous prétexte de faire de longues prières ; c'est pourquoi vous subirez un jugement plus rigoureux.

      La plupart des manuscrits o√Ļ se trouvent ces paroles les placent avant le verset 13. Mais, se fondant sur Sin., B, D, et d'autres, sur des versions anciennes et des P√®res, les meilleurs critiques suppriment ce verset 14, emprunt√© par des copistes √† Marc 12.40¬†; Luc 20.47, o√Ļ ces paroles du Sauveur sont authentiques. (Voir les notes.)

      15 Second reproche.

      - M√™me hypocrisie dans leur pros√©lytisme. Celui-ci, dans son z√®le d√©vorant, paraissait n'avoir d'autre but que le salut des √Ęmes, mais n'√©tait destin√© en r√©alit√© qu'√† √©tendre l'influence de leur parti.

      - Parcourir la mer et la terre (grec le sec) est une expression proverbiale qui signifie faire les plus grands efforts. Et quand les pharisiens avaient gagn√© un seul pa√Įen √† leur croyance, ils l'amenaient √† un √©tat moral pire que le leur propre, et que J√©sus d√©signe par cet h√©bra√Įsme √©nergique¬†: fils de la g√©henne, c'est-√†-dire qui appartient √† la g√©henne.

      (Comparer pour l'expression fils de, Matthieu 8.12 ; Jean 17.12, et pour le mot de géhenne Matthieu 5.22)

      Mais en quoi ce pros√©lyte devenait-il pire que les pharisiens eux-m√™mes¬†? Probablement parce qu'il ne faisait qu'ajouter √† son paganisme la mauvaise influence morale de ses nouveaux ma√ģtres et en particulier leur hypocrisie.

      D√©pendant d'eux √† tous √©gards, il s'impr√©gnait de leur esprit et devenait d'autant plus incapable de recevoir la v√©rit√©. On sait par exp√©rience que, en toutes choses, les disciples vont plus loin que les ma√ģtres.

      17 Troisième reproche.

      - Ils ne conduisent pas le peuple au salut, non seulement parce qu'ils ne se soucient pas de son salut, (versets 13,15) mais parce qu'ils ignorent même le chemin qui conduit à ce salut.

      Preuve en soit la casuistique qu'ils appliquent à l'acte sacré entre tous, le serment. Prétendre qu'un serment fait par l'or du temple était plus sacré, plus obligatoire qu'un serment fait par le temple même, parait une doctrine bien absurde et insensée.

      Mais les pharisiens avaient leurs raisons. L'or du temple, c'étaient les ornements ou les vases sacrés, ou même les pièces d'or déposées en offrande dans le trésor : or, enseigner que ces richesses étaient plus sacrées que le temple même, c'était le moyen de les augmenter. Ici donc, la cupidité s'unissait à l'hypocrisie. Jésus réfute ce mensonge (verset 17) par la pensée que cet or n'était sanctifié que par le temple, auquel il avait été consacré par la piété des fidèles. (verset 21)

      18 Voir la note précédente. Ici se retrouve la même doctrine par les mêmes motifs. Aussi la réfutation (verset 19) est-elle la même que dans le cas précédent.

      L'autel sanctifie l'offrande parce qu'il était une institution divine et l'image de toutes les grandes et saintes vérités relatives au sacrifice. (Voir Romains 12.1, troisième note.)

      21 Jésus résume par ces mots (verset 20 et 21) les deux cas qui précèdent, et il s'élève jusqu'à Dieu, au nom duquel on a juré, et dont la présence sanctifie et l'autel et le temple, aussi bien que tout serment prêté par l'un ou par l'autre.

      - Il faut remarquer ce changement du temps des verbes : deux fois a juré (aoriste) et deux fois jure (présent). Dans le premier cas, le serment est un fait accompli, mais son obligation subsiste et s'étend de l'autel à ce qui est dessus, du temple à Dieu qui l'habile. Ainsi encore au verset 22.

      22 Voir Matthieu 5.34.

      Ici encore, c'est la présence de Dieu régnant dans le ciel qui donne à ce serment toute sa sainteté.

      - Il faut remarquer, du reste, que dans ce discours J√©sus ne fait que bl√Ęmer la doctrine mensong√®re appliqu√©e par les pharisiens √† ces divers serments, tandis qu'ailleurs (Matthieu 5.34-37) il interdit les serments eux-m√™mes.

      23 Quatrième reproche.

      - D'apr√®s L√©vitique 27.30¬†; Deut√©ronome 14.22, les Isra√©lites devaient donner aux sacrificateurs la d√ģme de tous les produits de la terre.

      Les pharisiens, pour faire des Ňďuvres m√©ritoires, √©tendaient cette d√ģme aux plus petites plantes des jardins qui sont nomm√©es ici. Mais en m√™me temps ils n√©gligeaient (grec) les choses plus pesantes, difficiles √† faire (verset 4) dans la loi¬†: le jugement, mot qu'on ne doit pas traduire par justice, mais qui signifie le devoir de juger selon la justice¬†; la mis√©ricorde envers les malheureux et les coupables¬†; (Mich√©e 6.8) la fid√©lit√© ou la foi¬†: le mot grec a les deux sens, mais le premier est plus naturel ici, puisqu'il s'agit des relations humaines. (Romains 3.3¬†; Galates 5.22) En ceci encore, ils se montraient hypocrites. Comparer Luc 11.42, o√Ļ l'amour de Dieu est ajout√© comme √©tant l'√Ęme et l'accomplissement de tous ces devoirs.

      Les choses qu'il fallait faire √©taient les grands devoirs que J√©sus vient de rappeler¬†; les autres (grec celles-l√†), c'√©tait le paiement exact de la d√ģme. Ainsi les plus grandes obligations de la vie morale ne doivent jamais nous faire perdre de vue les plus insignifiantes en apparence.

      24 Expression proverbiale par laquelle Jésus résume l'instruction qui précède et qui signifie : Vous vous montrez scrupuleux dans les plus petites choses et vous êtes sans conscience pour les grandes. L'image est tirée de l'usage de filtrer les liquides pour les purifier des insectes qui pouvaient y être tombés.

      Ce qui forme ici le contraste, c'est le moucheron et le chameau. Ce dernier n'est pas seulement cité à cause de sa grandeur, mais parce qu'il était réputé impur. (Lévitique 11.4)

      25 Cinquième reproche.

      Le Seigneur assimile les scribes et les pharisiens, dans leur conduite envers Dieu, à ces hommes qui tiennent au brillant de leur vaisselle, tandis qu'ils la remplissent du fruit de la rapine et usent de son contenu avec intempérance.

      Pour ce dernier mot, quelques manuscrits et des versions anciennes pr√©sentent deux variantes¬†: injustice et impuret√©¬†; mais la le√ßon du texte re√ßu est la plus autoris√©e. Ces paroles s√©v√®res du Sauveur peuvent s'entendre dans leur sens propre (de ce qui est dans le plat), et dans un sens spirituel (de ce qui est dans le cŇďur).

      Par l'un comme par l'autre, il condamne l'hypocrisie ajoutée à la corruption. (Comparer Luc 11.39, note.)

      26 L'authenticité des mots et du plat est douteuse ; ils paraissent avoir été copiés du verset 25. Il s'agit avant tout (premièrement) de purifier l'intérieur de ces vases (comparez verset 25. note), et alors l'extérieur sera pur aussi ; sans cela le dehors le plus brillant reste impur.

      Le sens de ces paroles, appliqu√©es au cŇďur de l'homme, est √©vident.

      28 Sixième reproche.

      Les sépulcres, chez les Israélites, étaient ordinairement des grottes naturelles ou taillées dans le roc et dont l'entrée était fermée par une pierre.

      Chaque ann√©e, au mois d'Adar (mars), ces s√©pulcres √©taient blanchis √† la chaux, soit pour leur donner une belle apparence, soit pour que nul ne s'en approch√Ęt par m√©garde √† cause de la souillure l√©gale.

      Cela n'empêchait pas ces sépulcres d'être au dedans pleins d'ossements de morts et d'impureté ; triste mais énergique image de l'hypocrisie et de l'iniquité que Jésus reproche à ses adversaires. (Voir, sur ces sépulcres, F. Bovet, Voyage en Terre sainte, 7e édit. p. 378 et suivants)

      29 Septième reproche.

      Il s'agit des proph√®tes et des justes de l'ancienne alliance, dont les Juifs entretenaient et embellissaient les tombeaux qu'on voit encore autour de J√©rusalem (F. Bovet, Voyage en Terre sainte, 7√© √©dit., p. l67 et suivants¬†; Ph. Bridel, Palestine illustr√©e, I)¬†; et, par cette Ňďuvre pieuse, ils montraient avec ostentation comme du reste ils le disaient express√©ment, (verset 30) qu'ils r√©pudiaient les actes de leurs p√®res, actes qu'ils se seraient bien gard√©s d'accomplir.

      32 Ainsi donc, en nommant vos p√®res ceux qui ont tu√© les proph√®tes, vous reconnaissez que vous √™tes leurs fils¬†; et vous l'√™tes dans un sens beaucoup plus complet que vous ne pensez, non seulement par la descendance, mais par la disposition de vos cŇďurs.

      Et, ni vos démonstrations hypocrites à l'égard des tombeaux sacrés, (verset 29) ni vos protestations peu sincères, (verset 30) ne sauraient vous faire autres que vous n'êtes.

      Il ne vous reste donc qu'à combler la mesure de la culpabilité de vos pères. Comblez-la ! Il y a dans cet impératif, que quelques manuscrits cherchent à corriger par une autre forme du verbe, une sévère ironie.

      (Comparer Matthieu 26.45, note et Luc 11.47,48, note.)

      33 C'est-à-dire, au jugement qui vous condamnera à la géhenne. (Voir, sur ce dernier mot, Matthieu 5.22, note.)

      - Les appellations sévères dont le Seigneur se sert s'étaient rencontrées déjà dans la bouche de Jean-Baptiste. (Matthieu 3.7 ; Luc 3.7)

      Depuis Genèse 3.1, le serpent a toujours été le symbole d'un esprit diabolique. (Apocalypse 20.2) Jésus prouve par ces paroles que la charité n exclut point la vérité, ni la miséricorde la justice.

      34 Les mots c'est pourquoi indiquent le motif de l'envoi des prophètes.

      Ils se rapportent, d'après Weiss, au verset 32 : pour vous donner occasion de combler la mesure de vos pères ; d'après Meyer, au verset 33 : pour que vous n'échappiez pas au jugement, et cette idée serait reprise par le afin que...du verset 35.

      La relation établie par Weiss est plus naturelle. La pensée reste au fond la même : et elle domine toute cette dernière partie du discours : Puisqu'ils se montrent les vrais fils de ceux qui ont tué les prophètes ; (verset 31) puisqu'ils vont combler la mesure de l'iniquité de leurs pères ; (verset 32) puisqu'ils ne pourront fuir le jugement de la géhenne (v.33), le Seigneur va leur envoyer ses serviteurs qu'ils maltraiteront, afin que retombe sur eux tout le sang juste répandu sur la terre.

      Redoutable révélation de la justice divine ! Il est bien évident qu'en envoyant aux pécheurs des messagers de paix, l'intention du Seigneur est de les sauver, non de les condamner ; mais si son Evangile n'est pas pour eux "une odeur de vie pour la vie, il devient une odeur de mort pour la mort.." (2Corinthiens 2.16)

      - Ceux que J√©sus appelle des proph√®tes, des sages, des scribes, (comparez Matthieu 13.52) ce sont toutes les diverses classes de ses serviteurs qu'il enverra dans son r√®gne pour continuer son Ňďuvre¬†; (Eph√©siens 4.11) Il se sert de termes emprunt√©s √† l'Ancien Testament pour √™tre mieux compris de ses auditeurs et surtout pour leur faire sentir que ce seront l√† les vrais proph√®tes, les vrais sages, les vrais scribes, par opposition √† tous ceux qui, alors, pr√©tendaient √† ces titres.

      - Parmi les supplices que la haine des hommes infligera à ses envoyés, Jésus désigne celui-ci : vous les crucifierez, qui a paru étonnant à quelques interprètes, parce que c'était là un genre de mort usité chez les Romains et non chez les Juifs, et ces mêmes interprètes en ont conclu que Jésus pensait à sa propre mort.

      Mais les Juifs pouvaient faire infliger ce supplice par les Romains, comme ils le firent pour J√©sus. La tradition rapporte que l'ap√ītre Pierre mourut sur une croix¬†; Eus√®be (H. E. 3, 32) raconte qu'un fr√®re de J√©sus, Sim√©on, fut crucifi√©¬†; et combien d'autres disciples l'ont √©t√© dans l'empire romain¬†!

      - Selon notre √©vangile, c'est le Seigneur J√©sus lui-m√™me qui s'attribue l'envoi de ses serviteurs, et cela par ces mots solennels¬†: voici, je vous envoie...Rien de plus clair et de plus vrai que cette pens√©e. D'apr√®s Luc, (Luc 11.49) ces paroles semblent √™tre une citation¬†: "la sagesse de Dieu dit," et de l√† chez les commentateurs force hypoth√®ses sur le livre d'o√Ļ cette citation peut √™tre tir√©e. (Voir la note sur ce passage.)

      35 Le sang juste ou sang innocent, c'est-√†-dire le ch√Ętiment qu'ont m√©rite ces crimes. (Comparer Matthieu 27.25)

      Le sang d'Abel est mentionné comme le premier qui ait été répandu sur la terre dans la lutte de l'injustice contre la vérité.

      - Zacharie était un prophète dont le meurtre nous est raconté dans le second livre des Chroniques. (2Chroniques 24.20-22) Il fut en effet lapidé "dans les parvis de la maison de l'Eternel," ce qui ajoutait encore à l'horreur du crime. Il mourut en disant : "Que l'Eternel voie et recherche !" Jésus parait faire allusion à ces paroles.

      - Il est difficile de dire pourquoi ce Zacharie est ici nommé fils de Barachie ; car, d'après le livre des Chroniques que nous venons de citer, son père s'appelait Jehojada. On a eu recours à diverses suppositions pour expliquer cette inexactitude. Ainsi, on a pensé que le père de Zacharie pouvait avoir eu deux noms, ce qui était assez fréquent chez les Juifs, ou que Jésus parle d'un autre Zacharie. Mais il s'agit bien du prophète dont la mort est racontée à la fin du second livre des Chroniques. Celui-ci, dans le canon des Juifs, était le dernier des livres de l'Ancien Testament.

      Le meurtre de Zacharie terminait ainsi la série des meurtres racontés dans les saints livres, comme celui d'Abel l'ouvrait. Il est probable que la fausse indication de fils de Barachie a été introduite dans notre évangile par une confusion facile à faire entre ce prophète et le prophète Zacharie dont nous possédons le livre et dont le père s'appelait effectivement Barachie. (Zacharie 1.1)

      Luc 11.51 ne nomme pas le père de Zacharie. Dans notre passage même, ce nom est omis par le Sin.

      Enfin l'Evangile des H√©breux, au t√©moignage de J√©r√īme, portait l'indication exacte de¬†: fils de Jehojada.

      36 Tout cela (grec toutes ces choses, c'est-√†-dire tout ce sang r√©pandu et le terrible ch√Ętiment qui s'ensuivra) viendra avec une irr√©sistible certitude sur cette g√©n√©ration, qui sera t√©moin et victime de la ruine de J√©rusalem.

      C'est ainsi que très souvent dans la vie des peuples, en vertu de leur solidarité morale, on voit telle génération souffrir sous les jugements de Dieu pour les crimes des générations qui l'ont précédée. (Romains 2.3-5 ; 1Thessaloniciens 2.15,16)

      37 Emouvante parole, cri de douleur qui s'√©chappe de l'√Ęme de J√©sus en prenant cong√© de ce peuple qu'il aimait et qui l'a rejet√©¬†!

      Apr√®s avoir fait entendre aux chefs du peuple de s√©v√®res v√©rit√©s, le Sauveur s'adresse √† J√©rusalem, √† cette ville coupable qu'il visitait pour la derni√®re fois et qui, dans quelques jours, allait le mettre √† mort. Mais sous ce nom de la capitale de la th√©ocratie, il comprend certainement le peuple tout entier, pour autant qu'il a rejet√© ses offres de gr√Ęce et qu'il portera la responsabilit√© du crime qui va √™tre commis √† J√©rusalem.

      De là ces verbes au présent : qui tues les prophètes, qui lapides ceux qui te sont envoyés. Ce qui cause la poignante douleur de Jésus, c'est le contraste entre son tendre amour, qu'il représente par une image si touchante, et l'ingratitude de son peuple.

      Ce contraste est rendu encore par les termes qui suivent : combien de fois ai-je voulu et vous n'avez pas voulu.

      - Le pluriel, vous n'avez pas voulu, s'adresse évidemment aux habitants de Jérusalem.

      - Les mots : combien de fois prouvent que Jésus avait fréquemment séjourné dans cette ville, et que les évangélistes synoptiques ne l'ignoraient pas, bien qu'ils ne racontent pas ces séjours. (Comparer le témoignage de Pierre dans Actes 10.39).

      38 Votre maison ne signifie pas seulement le temple, comme l'ont pensé Calvin et d'autres, mais Jérusalem, capitale de toute la théocratie.

      Cette demeure, favoris√©e par l'offre de tant de gr√Ęces de Dieu et par la pr√©sence du Sauveur, sera laiss√©e d√©serte, vide, d√©vast√©e, d√©sol√©e, comme toute ville, toute maison, toute √Ęme d'o√Ļ Dieu s'est retir√©.

      Lachmann, Westcott et Hort, suivant B, et quelques autres témoignages, omettent le mot déserte.

      39 Par cette expression solennelle et douloureuse, le Messie sauveur prend cong√© de son peuple, jusqu'au moment de son second av√®nement, o√Ļ il sera re√ßu avec joie par cette acclamation qui a retenti autour de lui lors de son entr√©e √† J√©rusalem (Matthieu 21.9¬†; Psaumes 118.26) et qui retentira de nouveau lorsque le peuple d'Isra√ęl converti saluera le Sauveur revenant dans la gloire. (Romains 11.25 et suivants)

      Tel est le sens de ces paroles qui se présente le plus naturellement à l'esprit.

      D'autres interpr√®tes (Calvin, Meyer) consid√®rent ces paroles comme adress√©es exclusivement √† la ville de J√©rusalem qui devait √™tre d√©truite, ce qui ne laissait gu√®re lieu √† la repentance et √† la conversion de ses habitants. J√©sus affirmerait simplement que m√™me ses ennemis le reconna√ģtront comme Messie quand il viendra dans sa gloire, mais avec terreur en pr√©sence du jugement supr√™me.

      Cette interprétation est inadmissible, car l'acclamation : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, ne peut être qu'un cri d'adoration et d'amour dans la bouche de ceux qui ont cru. Et d'ailleurs combien des habitants de Jérusalem furent convertis au Seigneur, déjà dans les quarante années de la patience de Dieu qui leur furent laissées encore, et devinrent ainsi les prémices de leur peuple !

      - Ces grandes pensées, par lesquelles Jésus prend un solennel congé de Jérusalem et de son peuple, préparent la prophétie qui va suivre. (Chap. 24.)

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