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Psaumes 73

    • 1

      1 et 2, Introduction.

      Dieu est bon. Avant de parler de la crise par laquelle il a passé, le psalmiste rassure le lecteur, en exposant d'un mot quel en a été pour lui le résultat.

      Ceux qui sont nets de cŇďur, absolument droits devant Dieu (Jean 1.48)¬†; ils constituent seuls en r√©alit√© le v√©ritable Isra√ęl (Psaumes 24.6).

      3

      3 à 6 Trouble du croyant à la vue du bien-être des méchants. Le Psaume 39 développe une donnée analogue.

      J'ai port√© envie, h√©breu : J'ai br√Ľl√©, soit de jalousie, soit d'indignation. Les deux sentiments sont r√©unis ici. Une simple indignation exempte d'envie n'aurait pas √©branl√© la foi du psalmiste.

      4

      Exempts de tourments, littéralement, d'après le texte hébreu actuel : Point de tourments à leur mort. La traduction : jusqu'à leur mort, n'est pas exacte ; d'autre part, si l'on traduit : en leur mort, il semble étrange que l'auteur, décrivant le bonheur des méchants, commence par parler de leur fin paisible. En lisant lamotham (à leur mort) comme deux mots : lamo (pour eux) et tham (intact), on obtient le sens que nous avons admis. Cette leçon a l'avantage de rétablir l'équilibre entre les deux membres du verset, dont le second. sans cela, serait bien court.

      5

      Aucune part aux souffrances. Cette exception, qui semblerait devoir exister en faveur des justes, n'existe au contraire que pour les méchants, à tel point qu'ils semblent élevés au-dessus de la condition humaine.

      6

      Comme un collier. Le psalmiste, confondant intentionnellement les dispositions morales et l'apparence physique, voit l'insolence appara√ģtre dans les plis de leur cou et la brutalit√©, s'√©taler en masses de chair sur leur corps.

      7

      7 à 10 L'orgueil des méchants.

      L'iniquit√© sort... La le√ßon du texte h√©breu actuel : Leurs yeux sortent de graisse, ou, plus vraisemblablement : Leur regard brille du milieu de la graisse, serait une description pittoresque de l'aspect mat√©riel des m√©chants. Notre traduction, qui est celle des Septante et de la version syriaque, exprime une pens√©e analogue √† la d√©claration du Seigneur : Du dedans du cŇďur sortent les mauvaises pens√©es... (Matthieu 15.19). Nous rendons par cŇďur engraiss√© le mot h√©breu qui signifie simplement graisse et qui d√©signe l'absence compl√®te de sensibilit√© morale. Comparez Psaumes 17.10.

      8

      Ils se raillent de chacun, et spécialement des gens qui craignent Dieu.

      9

      Jusqu'aux cieux : pour blasphémer contre tout ce qui est élevé et, de là, planer avec arrogance sur tous les domaines terrestres.

      10

      Leur peuple, h√©breu : son peuple. On a cru √† tort que le mot son se rapporte √† Dieu. Les m√©chants sont repr√©sent√©s comme formant un ensemble, un pouvoir unique, qui subjugue la masse du peuple, en fait son peuple √† lui, et lui fait boire √† la source de ses enseignements. Cette expression : boire √† la source (litt√©ralement : avaler l'eau), dans le sens de : accepter les doctrines, semble avoir √©t√© courante √† l'√©poque o√Ļ existaient les √©coles de scribes. Dans le Talmud, deux rabbins disent, s'adressant √† un troisi√®me : Nous sommes tes disciples, et nous buvons de ton eau.

      11

      11 à 14 Influence des impies sur le peuple et même sur les fidèles.

      Cette strophe développe le dernier verset de la strophe précédente, qui, à son tour, était déjà contenue en germe dans le verset 6.

      Et l'on dit. Il est difficile de déterminer exactement qui parle ici. Au commencement de la strophe, ce sont évidemment les Israélites, séduits par les fausses doctrines, et vers la fin c'est le fidèle, troublé lui aussi dans sa foi ; mais la limite qui sépare les premiers de ce dernier n'est pas marquée nettement, sans doute parce que le même esprit de mécontentement envahit, à des degrés divers, le peuple entier.

      Dieu..., le Très-Haut. Ces gens admettent encore l'existence de Dieu et même sa grandeur infinie, mais ils doutent qu'il veuille s'abaisser à se mettre au courant de tout ce qui se passe sur la terre.

      12

      Tels sont les méchants. La prospérité des impies déclarés fournit aux douteurs la preuve que Dieu laisse aller le monde, sans s'inquiéter de lui.

      13

      C'est en pure perte... C'est bien ici le psalmiste, ou le vrai croyant, qui parle avec amertume de l'inutilité de ses efforts ; mais il le fait dans l'esprit mercenaire du mauvais serviteur de la parabole des talents (Matthieu 25.24).

      15

      15 à 18 La réaction de la foi.

      Si j'avais dit... Les r√©flexions qui pr√©c√®dent √©taient n√©es pour ainsi dire spontan√©ment dans le cŇďur du psalmiste, et comme √† son insu. Maintenant sa conscience s'√©veille, sa volont√© intervient. Quel accueil fera-t-il √† de telles pens√©es¬†? L'id√©e qu'il pourrait en venir √† les formuler publiquement lui fait horreur.

      La race de tes fils : l'ensemble de ceux qui attachent du prix √† la relation paternelle dans laquelle Dieu s'est plac√© vis-√†-vis du v√©ritable Isra√ęl. C'est au peuple dans son ensemble qu'appartient, sous l'ancienne alliance la pr√©rogative d'envisager Dieu comme p√®re¬†; l'individu ne peut la poss√©der que pour autant qu'il se rattache √† la race. Le doute, s'il l'accueillait, le d√©tacherait de cette tige.

      16

      Quand je réfléchis. Il cherche à résoudre la difficulté par ses propres réflexions.

      17

      Dans les sanctuaires. Le psalmiste s'est rendu au temple, pour y méditer dans la prière. Alors une lumière supérieure a été jetée sur l'énigme, jusqu'ici insoluble.

      18

      Sur un terrain glissant. Leur prosp√©rit√© m√™me, l'absence d'obstacles, d'√©preuves. de ch√Ętiments, constitue pour eux un terrain sur lequel ils glissent, sans que rien les retienne, jusqu'√† une ruine soudaine. (Voir le sermon de Bersier intitul√© : Le trouble d'Asaph.)

      19

      19 à 22 A la vue de cette ruine, le psalmiste effrayé s'étonne d'avoir été si longtemps sans intelligence.

      20

      Quand tu t'√©veilles. Le r√©veil de Dieu est la manifestation soudaine de sa col√®re, apr√®s un long support, durant lequel il semblait dormir (Psaumes 7.7¬†; 35.23, etc.). Toute cette prosp√©rit√© impie, qui s'√©talait comme ne devant jamais avoir de fin, dispara√ģt, ainsi qu'un mauvais r√™ve que l'homme chasse en un instant de son souvenir.

      21

      Je sentais un aiguillon, de mécontentement et de jalousie.

      22

      J'étais comme les bêtes : dont l'horizon est borné à ce qu'elles voient et sentent au moment même.

      23

      Je suis toujours avec toi. Le psalmiste est étonné d'avoir pu un instant se croire malheureux, quand il avait le privilège d'être avec Dieu.

      Tu m'as saisi..., me conduiras..., me prendras : admirable programme du salut, de son point de d√©part √† son point d'arriv√©e. Le psalmiste se confie maintenant pleinement en la force, en la sagesse et en la gr√Ęce divines.

      24

      Tu me prendras : m√™me terme que celui qui. est employ√© Gen√®se 5.27 √† propos d'Enoch et Psaumes 49.16 √† propos de la sortie du Sch√©ol. Il n'y a ici aucune √©quivoque possible. C'est bien de la gloire divine dans l'au-del√† qu'il est question. Le croyant s'empare, par la seule puissance de sa foi, de cette certitude que Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants (Luc 20.38), que la carri√®re d'un homme qui marche avec lui ne peut aboutir qu'√† la gloire et que le s√©jour de cette gloire est le ciel, o√Ļ Dieu habite lui-m√™me (verset 25).

      25

      Au ciel..., sur la terre. Cette gloire céleste, en quoi consistera-t-elle, sinon en ceci que, dans la vie à venir, Dieu se communiquera plus complètement au croyant qu'il ne le fait ici bas ? Mais elle a pour condition que, sur la terre déjà, le fidèle ait fait de Dieu l'objet de tous ses désirs. Luther a exprimé cette pensée en ces termes : Pourvu que je te possède, je ne demande rien au ciel, ni à la terre.

      26

      Ma chair et mon cŇďur... La glorieuse assurance qui vient d'√™tre exprim√©e n'√©blouit pas le psalmiste au point de lui faire oublier la r√©alit√© prochaine : la d√©faillance momentan√©e de l'√™tre humain tout entier, corps et esprit. Mais il sait qu'au sein m√™me de cette ruine apparente, il lui reste un appui (un rocher) et un bien (un partage) indestructibles, en la personne m√™me de Dieu.

      27

      27 et 28 Résumé et conclusion du psaume.

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