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1 Corinthiens 6

    • 1 Chapitre 6.

      1 à 8 Point de procès !

      La derni√®re pens√©e chapitre pr√©c√®dent, concernant le devoir de l'Eglise de juger ses propres membres, et non ceux du dehors, la distinction tranch√©e que Paul √©tablit ainsi entre les uns et les autres, distinction qu'il rend ici encore plus profonde en appelant les uns des injustes, tandis qu'il nomme les autres des saints, (1Corinthiens 1.2, note) tout cela le conduit naturellement √† reprendre, avec une grande √©nergie d'expressions, l'usage coupable o√Ļ √©taient, √† ce qu'il para√ģt, les chr√©tiens de Corinthe de porter leurs diff√©rends devant des juges pa√Įens.

      Au lieu de cela, l'ap√ītre ordonne aux membres de l'Eglise qui auraient entre eux quelque difficult√© √† aplanir, de prendre parmi leurs fr√®res des arbitres, et de souffrir plut√īt une injustice que de se livrer √† un proc√®s toujours scandaleux, et pour les croyants, et pour les infid√®les. (verset 7) Ce reproche retombait en m√™me temps sur toute l'Eglise, dont la discipline rel√Ęch√©e tol√©rait de tels d√©sordres chez ses membres

      2 Grec : "Etes-vous indignes des moindres jugements ?" c'est-à-dire, de les prononcer entre vos frères. Au jugement du dernier jour, lorsque Christ aura parfaitement affranchi ses rachetés du péché et de la mort, il les rendra participants de son autorité et de tous ses privilèges.

      Un avec lui, ils prendront part au jugement qu'il prononcera sur l'erreur et le p√©ch√©, avec d'autant plus de connaissance de cause qu'ils en avaient √©prouv√© eux-m√™mes toute la puissance¬†; mais aussi la puissance de la gr√Ęce, que le monde aura rejet√©e.

      Voir sur cette doctrine les passages suivants : Matthieu 19.28 ; Luc 16.9 ; Daniel 7.18,22,27 ; Apocalypse 2.26,27 ; 20.4.

      Or, comme tous les caract√®res essentiels du chr√©tien dans l'√©tat futur de perfection doivent avoir leur racine en lui d√®s cette vie, l'ap√ītre tire de l√† la conclusion qu'ils sont dignes d'exercer des jugements moindres, la fonction d'arbitres entre leurs fr√®res pour des choses de si peu de valeur.

      - C'est à tort qu'on a voulu entendre par ce jugement des saints simplement l'humiliation et la condamnation que leur conduite ferait, par contraste, éprouver au monde ; (comme Matthieu 12.41,42 ; Hébreux 11.7) car cette pensée n'aurait plus aucun rapport avec le jugement qu'ils sont appelés à exercer entre leurs frères, lorsque ceux-ci ont ensemble des différends.

      - Le principe ici pos√© par l'ap√ītre est d'une application universelle¬†: les chr√©tiens ne devraient avoir recours, dans le cas o√Ļ leurs int√©r√™ts se trouvent en conflit, qu'√† un arbitrage fraternel. Bien que, par l'influence g√©n√©rale du christianisme sur la soci√©t√©, le pouvoir judiciaire soit devenu bien diff√©rent de ce qu'il √©tait chez les pa√Įens, il appartient cependant tout entier au domaine de la loi, et non de l'Evangile.

      Les plus humbles chrétiens, (verset 4) éclairés par l'Esprit de Dieu, trouveront dans leur conscience les règles de l'équité mieux que le juge qui prononce d'après un code.

      3 Les anges tombés. (2Pierre 2.4)

      Voir la note pr√©c√©dente. C'est la m√™me pens√©e, mais qui fournit √† l'ap√ītre un argument plus fort encore.

      4 Grec¬†: "Les m√©pris√©s." Paul pousse ainsi sa pens√©e jusqu'√† l'extr√™me pour la rendre plus p√©n√©trante¬†: "Prenez pour juges ceux qui sont m√©pris√©s dans l'Eglise," plut√īt que des pa√Įens qui leur sont bien inf√©rieurs encore.

      D'autres proposent de traduire cette phrase par une question, ce que le grec permet : "Quand vous avez des jugements pour les affaires de cette vie, prenez-vous pour juges ceux qui sont méprisés dans l'Eglise ?"

      - Combien moins devez-vous prendre des infidèles !

      6 Ces mots¬†: je le dis √† votre honte, peuvent se rapporter √† ce qui pr√©c√®de ou √† ce qui suit¬†: Quoi¬†! dans une Eglise comme la v√ītre, qui se glorifie de ses dons et de ses membres distingu√©s, pas un n'est assez sage pour servir d'arbitre¬†! et vous allez en jugement contre des fr√®res, et cela devant les infid√®les¬†!
      8 Tout procès entre des chrétiens est en soi, et sans la circonstance aggravante de le plaider devant des infidèles, un défaut. (Grec : un "manque" de sagesse, de charité, de vie chrétienne.)

      Le devoir prescrit par J√©sus (Matthieu 5.39 et suivants) est de souffrir plut√īt un tort, une perte. Et au lieu de cela, c'est vous qui les causez, qui les causez √† vos fr√®res¬†! O honte¬†! (verset 5) Bien plus, il y a l√† un danger de perdition. (verset 9)

      9 9 à 11 Ce qui exclut du royaume de Dieu et comment on y est admis.
      10 Ne soyez point dans l'erreur, s√©duits par des mensonges, tels que¬†: Dieu est trop bon pour punir¬†; la gr√Ęce couvrira ces p√©ch√©s, quand m√™me nous y pers√©v√©rerions¬†!

      Ceux qui commettent le péché contre nature. Les efféminés sont ceux qui se prêtaient à ce péché.

      L'ap√ītre nomme sp√©cialement les vices qui √©taient les plus r√©pandus dans les grandes villes, ce qui ne veut point dire qu'il en suppos√Ęt l'existence dans l'Eglise de Corinthe. Quoi qu'il en soit, la pens√©e bien claire de l'ap√ītre est que la persistance dans l'un ou l'autre de ces vices exclut infailliblement du royaume de Dieu ou plut√īt est une preuve qu'on n'y a d√®s maintenant aucune part.

      11 Vous √©tiez cela, dit l'ap√ītre litt√©ralement¬†: puis, par m√©nagement pour ses lecteurs, et ne voulant pas supposer que tous eussent v√©cu dans ces vices grossiers, il ajoute¬†: quelques-uns de vous. Mais cette pr√©caution de sa charit√© n'en dit pas moins clairement qu'aucun n'en √©tait enti√®rement pur avant sa conversion.

      Le mot lav√©s exprime la purification int√©rieure, dont l'eau du bapt√™me avait √©t√© le signe lors de leur conversion et de leur admission dans l'Eglise¬†; sanctifi√©s indique la continuation de cette Ňďuvre par l'Esprit de Dieu, et la cons√©cration du cŇďur et de la vie √† Dieu¬†; justifi√©s d√©signe cet acte de la gr√Ęce divine qui s'accomplit objectivement par le sacrifice de J√©sus-Christ, et subjectivement dans le p√©cheur au moment o√Ļ il croit d'une foi vivante au Sauveur.

      Dans ces paroles qui rappellent l'√©tat naturel du p√©cheur et toute l'Ňďuvre de son salut, se trouvent les plus puissants motifs d'humilit√©, d'une part, et d'autre part, de pers√©v√©rance¬†: lav√©s, comment retourneriez-vous √† vos souillures¬†? sanctifi√©s, vous allez poursuivre, dans tous les replis de votre cŇďur, jusqu'aux derniers restes de votre corruption naturelle¬†; justifi√©s, ne trembleriez-vous pas d'attirer sur votre conscience de nouvelles condamnations¬†?

      - Les mots¬†: au nom du Seigneur J√©sus et par l'Esprit de notre Dieu, s'appliquent √©galement √† ces trois phases du salut en l'homme¬†: J√©sus (dont le nom indique tout l'√™tre, toute l'Ňďuvre) est le seul M√©diateur des gr√Ęces de Dieu, depuis la premi√®re √† la derni√®re¬†; et le SaintEsprit rend seul vivant et r√©el en nous tout ce que Christ a fait pour nous sauver¬†; il nous unit √† J√©sus, et ainsi nous rev√™t de sa justice et de sa vie divine.

      12 12 à 20 Donc, n'abusez pas de la liberté chrétienne.

      Ces m√™mes paroles reviennent avec un l√©ger changement 1Corinthiens 10.23. Ce principe de libert√© chr√©tienne, vrai en lui-m√™me¬†: toutes choses me sont permises, para√ģt avoir √©t√© la maxime favorite de quelques membres de l'Eglise de Corinthe, peut-√™tre surtout de ceux qui se r√©clamaient du nom de Paul, (1Corinthiens 1.12) et ils en abusaient en l'appliquant √† des pratiques qui √©taient des p√©ch√©s.

      Paul ne nie pas la vérité de cette maxime, il l'adopte au contraire ; mais il fait sentir à ses lecteurs que, comme toute vérité exagérée ou déplacée devient une erreur, cette maxime, ainsi faussée, pouvait autoriser les plus coupables abus.

      Aussi l'ap√ītre, sans la nier, la rectifie dans l'application par deux autres principes qui lui servent de contre-poids¬†: d'abord, il faut que l'usage de la libert√© soit toujours dirig√© par l'amour du prochain, c'est-√†-dire par ce qui lui est avantageux, qui l'√©difie (c'est ce qui se trouve d√©velopp√© 1Corinthiens 8 et suivants)¬†; ensuite, si l'on entend par libert√© simplement l'autorisation de choisir entre le bien et le mal, au lieu d'y voir l'affranchissement du p√©ch√©, elle ne tarde pas √† se transformer en une honteuse servitude.

      Paul, quant √† lui, proteste contre cette d√©plorable cons√©quence. Il dit¬†: "Tu es ma√ģtre de manger et de boire¬†; fort bien, mais prends garde que ce besoin ne devienne une volupt√© qui fasse de toi son esclave. Si tu dis¬†: Il m'est bien permis de mener une vie douce et commode au sein des jouissances, l'ap√ītre te r√©pond¬†: Tu ne le fais d√©j√† plus comme un homme qui en a le pouvoir, mais tu es l'esclave d'une telle vie." Chrysostome.

      13 Prendre des aliments est donc simplement ob√©ir √† un besoin naturel, une chose indiff√©rente en elle-m√™me, et √† laquelle peut s'appliquer la maxime de la libert√© chr√©tienne¬†; elle a si peu de rapport √† la vie morale, que l'ap√ītre ajoute¬†: Dieu d√©truira l'un et l'autre¬†; toutefois, puisque les aliments et les organes qui les re√ßoivent sont destin√©s a p√©rir, que serait-ce, si tu y mettais la jouissance de ton √Ęme¬†! Garde-toi donc de l'abus. (1Corinthiens 7.31)

      Ici Paul, faisant un pas de plus, et abordant un sujet qu'il avait √† cŇďur de traiter avec tout le s√©rieux qu'il m√©rite, montre, par un tout autre exemple, comment la maxime¬†: "Toutes choses me sont permises," comprise et mal appliqu√©e, peut nous faire passer des choses indiff√©rentes √† celles qui sont en opposition directe avec la volont√© de Dieu. (1Thessaloniciens 4.3-5)

      Ce motif : Le corps est pour le Seigneur et le Seigneur pour le corps est expliqué par les versets suivants.

      L'id√©e manich√©enne, que les p√©ch√©s de la chair sont indiff√©rents, attendu qu'ils n'atteignent pas l'esprit, pouvait exister d√©j√† alors, surtout √† Corinthe, ville fameuse dans l'antiquit√© par la corruption de ses mŇďurs. L'ap√ītre r√©fute cette erreur en d√©veloppant cette profonde pens√©e chr√©tienne, que c'est tout l'homme, l'esprit, l'√Ęme et le corps, (1Thessaloniciens 5.23) qui doit √™tre sanctifi√©, rendu √† sa destination par la r√©surrection du corps, (verset 14) et ainsi vivre tout entier dans une √©ternelle communion avec le Seigneur, pour qui il a √©t√© cr√©√©.

      - "La pensée inverse : Le Seigneur est pour le corps, présente quelque difficulté. L'explication tirée de Ephésiens 5.29 "Le Seigneur prend soin du corps", n'est pas satisfaisante. La seule interprétation complète de ce mot, la seule aussi qui fasse bien comprendre ce qui suit (savoir que le corps lui-même est membre de Christ), c'est d'admettre ici une allusion à l'incarnation, à la Parole faite chair, (Jean 1.14) revêtue de notre corps. Par ce grand fait seulement, le corps a été sanctifié, est devenu la demeure de Dieu, le temple du Saint-Esprit." (verset 19) Olshausen.

      15 Deux arguments profonds et décisifs pour la pureté du corps, comme condition de la vie chrétienne :

      1¬į le corps ressuscitera, afin que tout notre √™tre soit rendu √† sa destination, qui est la perfection.

      2¬į Nous sommes d√®s maintenant les membres de Christ, par une communion vivante avec lui¬†; mais celui qui commet le p√©ch√© ici d√©fendu brise par l√† ce rapport intime et saint, pour se livrer √† une union qui fait de lui "une seule chair" (verset 16) avec un √™tre dont la vie est enti√®rement livr√©e √† la corruption.

      16 Gen√®se 2.24. Il para√ģt √©trange, au premier abord, que l'ap√ītre applique ici des paroles qui ne concernent que le mariage¬†; mais c'est pr√©cis√©ment par l√† qu'il donne une nouvelle force √† son argument.

      Ce qui, dans le mariage, n'est qu'une suite de l'intime union des √Ęmes, et se trouve sanctifi√© par l'institution divine que rappellent ces paroles de la Gen√®se, devient, dans le cas que combat l'ap√ītre, un rapport tout charnel, qui, au lieu d'√™tre √©lev√© par l'√Ęme, rabaisse l'√Ęme par sa communion avec un √™tre souill√©.

      Les paroles de la Genèse restent alors vraies, mais dans un sens inverse, qui transforme en malédiction la bénédiction mise par Dieu sur le mariage.

      17 Pour compléter le contraste, (verset 16) on aurait attendu : "une même chair avec lui ;" mais comme le Seigneur est Esprit (comparez Romains 1.4, note) tout l'homme devient spirituel par une communion vivante avec lui ; le corps doit arriver par degrés jusqu'à cette spiritualité qui sera sa perfection dans une autre économie. (1Corinthiens 15.44-46 ; Philippiens 3.21)
      18 La première sentence de ce verset, prise en un sens absolu, ne serait pas exacte ; il y a d'autres péchés auxquels le corps participe, l'intempérance dans le manger et le boire, par exemple, et même la colère ; mais aucun ne le souille autant que l'impudicité, et la seconde partie du verset, expliquée par ce qui précède, (versets 16,17) donne la mesure de la première.

      Puis, verset 19 indique, √† l'extr√™me oppos√©, le lien vivant de la communion du chr√©tien avec Dieu. Ainsi la pens√©e de l'ap√ītre monte, grandit, se g√©n√©ralise jusqu'√† verset 20, qui touche √† l'√©ternelle destination du rachet√© de Christ.

      20 Le corps fait partie intégrante de l'être humain.

      Si le Saint-Esprit est en l'homme, son corps lui sert de temple¬†; il participe √† cette gloire aussi bien que son √Ęme¬†; il doit devenir l'instrument sanctifi√© de la volont√© de Dieu, et glorifier Dieu.

      Déjà, par la création, cette destination était assignée à l'homme ; Dieu était son légitime possesseur ; combien plus après que Dieu l'a racheté de la domination du péché, et cela à un précieux prix, le sang de Christ ! (1Pierre 1.19 ; Matthieu 20.28)

      Quels motifs l'ap√ītre produit ainsi contre le p√©ch√©¬†! Quelle morale¬†! De ces sublimes hauteurs, il peut jeter un regard triomphant sur les souillures qu'il a combattues.

      "C'est ainsi que se manifeste d'une mani√®re √©clatante la pr√©cieuse influence du r√©alisme biblique. Un faux spiritualisme enseigne √† m√©priser le corps, √† faire peu de cas de ses souillures¬†; l'Evangile honore le corps comme l'instrument √©ternel de l'√Ęme, destin√© √† √™tre glorifi√© avec elle par le SaintEsprit." 0lshausen.

      - Le texte reçu ajoute aux derniers mots de ce chapitre : "Et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu." Ces paroles ne sont pas authentiques.

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