TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

1 Jean 3

    • 1 Chapitre 3.

      Sin. porte¬†: "Nous a t√©moign√©, c'est pourquoi le monde ne vous conna√ģt pas."

      B porte : vous la première fois, nous la seconde.

      - Voyez ! Il faut considérer fréquemment la beauté, la douceur, la gloire d'un tel titre, la grandeur d'un tel privilège.

      Et pour concevoir quelque chose de l'amour que le Père nous a témoigné (grec nous a donné), en nous appelant de ce nom, il faut nous demander :

      Qui éprouve cet amour ? le Dieu saint et juste.

      Qui en est l'objet ? des pécheurs, "enfants de colère." (Ephésiens 2.3 ; Romains 5.8)

      Qui nous a assur√© cette gr√Ęce¬†? J√©sus, en nous aimant jusqu'√† la mort de la croix, et en nous r√©g√©n√©rant par l'Esprit, de sorte que nous sommes "n√©s de Dieu", (1Jean 2.29¬†; Jean 1.12,13) et que notre titre d'enfants de Dieu exprime une r√©alit√© intime et profonde.

      - C'est cette réalité qu'affirment les mots : et nous le sommes qui se lisent dans Sin, B. A, C, après ceux-ci : que nous soyons appelés enfants de Dieu. Cette leçon est admise par tous les critiques. Nous n'avons pas seulement le titre, mais la qualité qu'il énonce. (Romains 8.16) Au reste, la même pensée se retrouve à verset 2.

      - Jean a été conduit à parler de ce grand privilège des enfants de Dieu par la parole du verset qui précède : (1Jean 2.29) "il est né de Dieu," et il déduit plus loin la conséquence pratique de ce privilège, savoir la régénération et l'entière sanctification de ceux que Dieu a ainsi aimés et qui sont destinés à lui devenir semblables et à le voir tel qu'il est. (verset 2 et versets 3-10)

      Par l√†, l'ap√ītre rentre dans son sujet¬†: la communion avec Dieu, au moyen de la saintet√© et de l'amour. (1Jean 1.3-10¬†; 2.1-17)

      Que le monde (1Jean 2.15,16, note) ne nous connaisse point, cela est naturel puisqu'il n'a point connu Dieu, (Jean 17.26) il ne saurait donc conna√ģtre ceux qui, n√©s de lui, portent son image et sont anim√©s de son Esprit.

      Et cette profonde opposition entre le monde et Dieu (1Jean 2.15-17 ; Jean 14.17 ; 15.18-21) doit leur faire sentir plus encore la grandeur de l'amour dont leur Père céleste les a aimés.

      2 L'intime f√©licit√© d'√™tre enfants de Dieu, n'est pas un bien qui nous soit promis dans un lointain ind√©termin√©¬†: nous le sommes maintenant, par la foi en J√©sus et par la r√©g√©n√©ration du cŇďur¬†; (Jean 1.12,13¬†; Romains 8.15,16) et cependant nous sommes, non seulement ignor√©s, m√©connus du monde, (verset 1) mais environn√©s de t√©n√®bres, soumis √† bien des mis√®res¬†; notre glorieuse destination n'a pas encore √©t√© manifest√©e¬†; (Romains 8.24,25¬†; 1Corinthiens 2.9) nous avons de plus grandes choses √† attendre.

      Le texte reçu porte : Mais nous savons...Cette particule manque dans Sin., B. A C.

      On peut traduire : quand il sera manifesté, (1Jean 2.28) et alors il s'agit de Jésus-Christ, que nous verrons tel qu'il est, ou bien : "quand cela sera manifesté," c'est-à-dire ce que nous serons et alors, Celui que nous verrons tel qu'il est, c'est Dieu, le Père qui nous a aimés comme ses enfants. (verset 1)

      Même si, à cause de la proposition qui précède, on traduit : quand cela aura été manifesté les mots : nous le verrons tel qu'il est et nous lui serons semblables, peuvent se rapporter à Christ. La mention du retour de Christ (1Jean 2.28) rend cette explication probable.

      Paul (Romains 8.17,29 ; 1Corinthiens 15.49 ; Philippiens 3.21) enseigne de même que nous serons transformés à la ressemblance de Christ. Il faut remarquer du reste que dans maint passage, (1Jean 2.3-6,8,20,28,29) on ne saurait dire si Jean parlé du Père ou du Fils, tellement les deux sont unis dans sa pensée. Ce sera la gloire et la félicité des enfants de Dieu de voir tel qu'il est, face à face, dans la plus intime et la plus parfaite communion, Celui qu'ils ne voient ici-bas que des yeux de la foi, comme dans un miroir, obscurément (Jean 17.24 ; 1Corinthiens 13.12 ; 2Corinthiens 5.7 ; Apocalypse 22.3,4 ; comparez Matthieu 5.8)

      Mais √† cela l'ap√ītre ajoute une pens√©e admirable de v√©rit√© et de profondeur¬†: c'est que la contemplation imm√©diate de Dieu nous rendra semblables √† lui. "Semblables √† lui, parce que nous le verrons tel qu'il est¬†;" c'est le principe m√™me de notre transformation, non pas le fait seulement duquel nous pouvons conclure que cette transformation aura lieu.

      Par cette contemplation et cette communion, notre être tout entier se pénétrera si bien de la nature divine, que nous serons par degrés transformés à sa ressemblance, (comparez 2Corinthiens 3.18) sans jamais cesser d'être distincts de lui, dans une vivante personnalité.

      "Dieu est la vie, ainsi nous vivrons ; Dieu est amour, donc nous aimerons ; Dieu est juste, nous serons remplis de justice ; Dieu est éternellement bienheureux, nous jouirons d'un bonheur pareil." Luther.

      3 La joie d'√™tre enfant de Dieu et h√©ritier de sa gloire pourrait demeurer st√©rile pour la vie chr√©tienne¬†; l'ap√ītre a soin de rappeler qu'un chr√©tien, avec cette esp√©rance de voir Dieu, ne saurait rester asservi au p√©ch√©.

      Ce qu'il espère, c'est d'arriver à la ressemblance avec Dieu ? qui est incompatible avec toute souillure du péché. (2Corinthiens 7.1 ; 2Pierre 3.13,14)

      "Commençons dès maintenant à former les traits de cette ressemblance qui nous est promise, si nous voulons la porter dans le ciel." Quesnel.

      L'expression : se purifier, est empruntée aux usages du culte israélite ; (Jean 11.55) le chrétien s'approche du vrai sanctuaire et participe au sacrifice seul efficace. (Jean 17.17,.)

      4 Grec : Quiconque fait le péché, fait aussi la transgression, et le péché est la transgression.

      Celui qui fait le p√©ch√© a beau se rattacher √† l'Eglise et se pr√©tendre enfant de Dieu¬†: il y a incompatibilit√© absolue entre la communion de Dieu et le p√©ch√©¬†; (Matthieu 7.23) car Dieu, loin de laisser √† l'homme le jugement arbitraire de ce qui lui d√©pla√ģt ou lui est agr√©able, a manifest√© sa sainte volont√© par la loi.

      Comment donc, en transgressant volontairement cette loi, en foulant aux pieds cette volonté, espérer être en communion avec Dieu, être enfant de Dieu ? C'est au contraire se mettre en pleine révolte contre lui.

      Le Nouveau Testament tout entier suppose ou proclame la valeur permanente de la loi, comme expression de la sainte volonté de Dieu.

      5 Nouveau motif de ne point p√©cher¬†: le but de toute l'Ňďuvre de la r√©demption, aussi bien que la parfaite saintet√© dont le R√©dempteur a donn√© l'exemple, (verset 3) nous pressent d'avancer dans la sanctification.

      - La pensée du Sauveur occupe tellement l'esprit de Jean, qu'il parle de lui sans le nommer. (Lui, celui-là : 1Jean 2.6 ; 3.3,7,16)

      - L'expression : a été manifesté, s'applique à la première apparition de Jésus sur la terre, à toute sa vie ici bas. (verset 8) Jean emploie le même terme pour désigner sa seconde venue. (verset 2)

      - Les péchés est la leçon de B. A, admise par les éditeurs modernes. Sin., C, majuscules portent, avec le texte reçu : nos péchés.

      J√©sus a √īt√© les p√©ch√©s en les portant, en les expiant sur la croix. (Jean 1.29, 2e note.) Mais il les √īte aussi du cŇďur et de la vie de ceux qui s'approprient son sacrifice. (verset 6¬†; comparez 1Pierre 2.24)

      6 Ces affirmations absolues, de même que celles de versets 8,9, paraissent être en contradiction directe avec 1Jean 1.8,9, non moins qu'avec le reste des Ecritures et toute l'expérience des chrétiens les plus avancés.

      Mais il faut remarquer que le mot p√©cher signifie proprement "manquer le but," et peut s'appliquer, non √† un acte mais √† l'√©tat habituel de l'√Ęme¬†: celui qui p√®che, c'est celui qui a manqu√© sa destination, qui n'est point en communion avec Dieu, qui vit dans le p√©ch√©.

      Qu'est-ce qui "r√®gne" dans l'√Ęme (Romains 6.12,14) et domine dans la vie¬†? Si c'est le p√©ch√©, c'est-√†-dire les actes contraires √† la volont√© de Dieu, √† sa loi, (verset 4) l'homme n'a point vu le Sauveur des yeux de la foi¬†; il ne l'a point connu¬†; (1Jean 2.2-6, note) il est "du diable," dont J√©sus-Christ a d√©truit les Ňďuvres (verset 8)

      P√©cher, dans ce sens ce n'est donc pas commettre involontairement, par faiblesse, par surprise, quelque acte contraire √† la loi de Dieu, car alors les paroles de Jean ne laisseraient √† aucun chr√©tien la moindre esp√©rance de salut sans compter que l'ap√ītre se contredirait luim√™me.

      Pécher c'est vivre dans une révolte habituelle contre la volonté de Dieu, ou du moins transgresser sa loi sciemment, volontairement, et en y trouvant son plaisir. Toutefois, comme la limite entre les deux sens du mot pécher n'est pas tracée d'une manière bien précise dans la pratique de la vie, comme il y a toujours lieu à de funestes illusions, il est probable que Jean s'est, à dessein, exprimé en termes absolus, sans aucune restriction, afin de prévenir toutes les erreurs possibles. (Voir la note qui suit.)

      Le caractère absolu de cette affirmation : il ne pèche point, se trouve du reste tempéré par la désignation du sujet : quiconque demeure en lui. En tant que le pécheur demeure en son Sauveur, il ne pèche plus ; dès qu'il sort de la communion de Christ, il retombe dans le péché. (Comparer verset 9, note.)

      7 Ainsi, point d'illusions : celui-là seul qui fait la justice (grec comme verset 10 et 1Jean 2.29, note), c'est-à-dire qui exerce et pratique dans toute sa plénitude, en pensées et en actions, la volonté de Dieu telle qu'il nous l'a révélée par sa loi, celui là seul est juste, comme le Sauveur lui en a donné l'exemple, et le chrétien ne doit se contenter de rien moins que cela. (verset 3)

      C'est le but, l'idéal qu'il est appelé à poursuivre constamment. (1Jean 2.6)

      - Il ne s'agit point ici de ce qui rend l'homme juste ou le justifie devant Dieu, mais de la justice intérieure, de la sainteté.

      8 Est conduit par lui, animé de son esprit. (Jean 8.44, 1re note.)

      Depuis que le péché est dans le monde. (Genèse 3.1 et suivants ; Jean 8.44, 2e note).

      Le Fils de Dieu et le diable sont en lutte c'est à l'action du diable que Jésus lui-même a attribué l'hostilité des Juifs, (Jean 8.41) la trahison de Judas, (Jean 6.70) les souffrances de sa passion, (Jean 14.30) etc.

      Comment donc appartiendrait-on √† Christ, si l'on fait les Ňďuvres du diable¬†? L'un d√©truit l'autre, il faut choisir, et ne pas chercher √† unir Christ et B√©lial.

      9 Comparer verset 6, note.

      Jean indique ici pourquoi le chrétien régénéré ne peut plus pécher : il est né de Dieu, il y a en lui une vie qui exclut le péché, qui procède d'une tout autre source puisqu'elle a Dieu pour auteur.

      De plus, la même cause qui a opéré en lui cette transformation, cette création nouvelle, y est encore agissante ; Jean la nomme la semence de Dieu ; il entend par là sa Parole et son Esprit, moyens de la régénération. (Comparer 1Pierre 1.23, note.)

      Parce que cette semence demeure en lui, le chr√©tien ne peut p√©cher. Il est n√© de Dieu, il est une nouvelle cr√©ation de son Esprit¬†; le p√©ch√© appara√ģt d√®s lors dans sa vie comme une Ňďuvre "du vieil homme, qui a √©t√© crucifi√© avec Christ afin que le corps du p√©ch√© f√Ľt d√©truit," (Romains 6.6) comme un fait contraire √† sa vraie nature, restaur√©e par le Sauveur et qui n'a que de saints d√©sirs, des affections c√©lestes.

      Sans doute cette affirmation¬†: il ne peut p√©cher, parce qu'il est n√© de Dieu, est une affirmation de la foi, plus qu'une donn√©e de l'exp√©rience. Mais dans la mesure o√Ļ le chr√©tien pers√©v√®re dans cette foi, par laquelle il "se regarde comme mort au p√©ch√© et comme vivant pour Dieu en J√©sus-Christ," (Romains 6.11) et demeure humblement sous l'action de l'Esprit qui le sanctifie, il √©prouve que la domination du p√©ch√© sur son √Ęme est bris√©e, que sa constitution spirituelle elle m√™me est modifi√©e qu'il lui devient moralement impossible de commettre telle faute grossi√®re, de succomber √† telle tentation qui lui √©tait autrefois habituelle, de redevenir l'esclave de tel vice dont le joug a √©t√© bris√© d√©finitivement.

      Et s'il doit encore lutter contre des manifestations plus subtiles du p√©ch√©, contre une sensualit√© raffin√©e, contre l'orgueil et l'√©go√Įsme, - cette lutte se prolonge aussi longtemps qu'il demeure dans ce "corps de mort," - il sait que la semence de Dieu demeure en lui, et qu'elle renferme une puissance infinie de vie qui finira par triompher de tout p√©ch√©.

      L'assurance que ces paroles donnent à l'enfant de Dieu est bien consolante. On peut en conclure aussi que lorsqu'un homme retombe dans le péché et y persévère, cet homme n'était pas né de Dieu.

      10 Grec : "ne fait pas la justice." (Voir verset 7, note.)

      C'est-à-dire "né de Dieu," animé de son Esprit (verset 9)

      Au-dessus de tous les autres commandements est le commandement de l'amour, qui en est l'√Ęme¬†; c'est pourquoi Jean ajoute ici ce signe infaillible pour discerner si nous sommes de Dieu, oui ou non.

      11 11 à 24 Enfants de Dieu, nous devons nous aimer les uns les autres.

      Ce message, (1Jean 1.5) ils l'ont entendu d√®s le commencement, (1Jean 2.7) c'est-√†-dire d√®s le moment o√Ļ ils eurent connaissance de l'Evangile de J√©sus-Christ.

      En effet, ce commandement de s'aimer les uns les autres a √©t√© donn√© par le Sauveur, avant qu'il f√Ľt r√©p√©t√© par ses disciples. (Jean 13.15,34¬†; 15.12)

      - L'ap√ītre, pour confirmer (car) l'id√©e qu'il vient d'√©noncer (verset 10) que "celui qui n'aime pas son fr√®re n'est pas de Dieu," va insister, dans les versets qui suivent, sur ce c√īt√© essentiel de la vie chr√©tienne, non moins √©nergiquement qu'il ne l'a fait (versets 3-10) sur la saintet√©. C'est que toute saintet√©, relativement √† nos fr√®res, est renferm√©e dans l'amour que nous leur portons. (Romains 13.8-10)

      12 Grec¬†: Non comme Ca√Įn √©tait issu du malin et tua son fr√®re. Comparer verset 8, 1e note, et Jean 8.44.

      La seule mention du crime de Ca√Įn (Gen√®se 4.1-16) ne suffit pas √† l'ap√ītre pour faire ressortir par contraste l'amour qu'il recommande¬†; il s'enquiert encore des causes morales de ce crime¬†: pourquoi le tua-t-il¬†?

      Il l'attribue, non √† la jalousie, comme le ferait attendre le r√©cit de la Gen√®se, ni √† la haine, comme semblerait l'exiger le contexte, (Gen√®se 4.13-15) mais √† la valeur diff√©rente des Ňďuvres de Ca√Įn et d'Abel, qui tenait elle-m√™me √† ce que le premier √©tait du malin et accomplissait les Ňďuvres de son p√®re. (Comparer Jean 8.38,41,44)

      Par l√†, l'ap√ītre remonte √† la cause premi√®re des mauvais sentiments de Ca√Įn contre son fr√®re¬†; il rattache aussi son explication aux paroles divines qui furent adress√©es au meurtrier avant son crime, (Gen√®se 4.7) et qui indiquaient clairement pourquoi Dieu mit une si grande diff√©rence entre le sacrifice des deux fr√®res.

      Cette diff√©rence une fois manifest√©e tout le reste suivit naturellement, et Ca√Įn ne put accuser que lui-m√™me de tout ce qui √©tait arriv√©, depuis la premi√®re cause de son p√©ch√© jusqu'au ch√Ętiment qu'il attira sur lui. Dans ces deux fr√®res se distinguent d√©j√† les deux lignes parall√®les de sentiments oppos√©s qui se retrouveront toujours dans le monde¬†: foi et incr√©dulit√©¬†; amour pour Dieu, Ňďuvres qui lui sont agr√©ables, et amour du p√©ch√©, souvent uni √† des Ňďuvres de propre justice¬†; royaume de Dieu et empire du monde¬†; enfants de Dieu et enfants du diable.

      C'est ainsi que Jean généralise immédiatement (verset 13 et suivants) l'exemple qu'il vient de citer.

      13 Cette haine dont ils sont les objets de la part du monde (voir sur le sens de ce mot 1Jean 2.15,16, note) ne doit pas les √©tonner¬†; elle leur montre qu'ils sont de Dieu, puisqu'ils rencontrent la m√™me hostilit√© √† laquelle Abel fut expos√© de la part de Ca√Įn.

      Les paroles et surtout l'exemple de leur divin Ma√ģtre les avertissaient de cette opposition absolue du monde. (Jean 15.18,19)

      15 Jean c'est si absolu dans l'énoncé des vérités qu'il exprime que parce qu'il prend ces vérités à leurs dernières profondeurs.

      Ainsi, aimer, c'est le signe certain qu'on est pass√© de le mort √† la vie, (Jean 5.24) ou plut√īt c'est la vie elle m√™me, car celui qui aime "est n√© de Dieu," (1Jean 4.7) du Dieu qui est amour. (1Jean 4.8)

      Ne pas aimer, ou, ce qui est la m√™me chose, ha√Įr, (versets 13,15) c'est demeurer dans la mort spirituelle et morale. (verset 14)

      Et comme la haine souhaite le mal du prochain, comme elle peut conduire tout homme, aussi bien que Ca√Įn, jusqu'au meurtre, comme Dieu regarde au cŇďur, si√®ge des sentiments, et non seulement √† la main qui en est l'instrument, celui qui hait son fr√®re est r√©ellement, aux yeux de Dieu, un meurtrier.

      Jésus-Christ a exprimé la même vérité sous une autre forme : il voit dans la haine une violation du sixième commandement. (Matthieu 5.21,22)

      16 Celui qui hait peut en venir √† sacrifier √† sa haine la vie du prochain¬†; (verset 15) celui qui aime est rendu capable de sacrifier sa propre vie √† ses fr√®res, car son amour n'est pas autre que celui de J√©sus vivant dans le cŇďur de son disciple.

      Or Jésus (grec) a mis sa vie pour nous. Son dévouement nous a révélé l'amour, un amour inconnu à la terre.

      Jésus lui-même l'a affirmé et a présenté l'amour dont il faisait preuve comme la norme de celui qu'il prescrivait à ses disciples. (Jean 15.12,13)

      Mais l'exemple du Sauveur n'est pas seulement un mod√®le ext√©rieurement propos√© √† l'imitation de ses rachet√©s¬†; par l'Esprit, Christ r√©tablit l'image divine en eux, de sorte que leur obligation est, √† tous √©gards, de lui ressembler, m√™me en ce qui para√ģt le plus impossible √† la nature humaine (1Jean 2.6¬†; 3.3)

      Nous pouvons être appelés à donner nos vies pour nos frères, dans le sens le plus absolu du mot, mais, en tout cas, nous devons dépenser notre vie à leur service, "la leur donner en détail" Vinet.

      18 Celui qui par la puissance de l'amour peut donner le plus, sa propre vie, (verset 16) ne saurait refuser le moins, ce qu'il poss√®de pour vivre dans le monde (grec la subsistance du monde, comparez sur le sens de ce mot 1Jean 2.16, note)¬†; (verset 17) autrement il aurait en cela m√™me la preuve que son pr√©tendu amour n'est qu'en parole et avec la langue. (verset 18. Comparer Jacques 2.15,16¬†; Deut√©ronome 15.7-11¬†; Esa√Įe 58.10)
      20 Le mot et, au commencement de verset 19, manque dans B. A ; plusieurs éditeurs le retranchent.

      Le texte reçu porte : nous connaissons, le futur se lit dans Sin., B. A, C, etc.

      - Les mots en cela de verset 19, indiquant le signe auquel nous conna√ģtrons que nous sommes de la v√©rit√© (voir sur cette expression Jean 18.37, 3e note), ne sauraient se rapporter qu'√† ce qui pr√©c√®de¬†; (versets 10-18) ce qui prouve que nous sommes "n√©s de Dieu," c'est l'amour.

      L'amour seul nous permet de persuader notre cŇďur (notre conscience) devant Dieu (en nous examinant sous son regard et en nous soumettant √† son jugement) que si notre cŇďur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cŇďur.

      D'autres interpr√®tes traduisent¬†: Nous rassurerons notre cŇďur devant Dieu. Bien que le verbe grec puisse avoir le sens "d'apaiser," (Matthieu 28.14) il est plus naturel de lui laisser ici sa signification habituelle. L'auteur suppose une sorte de dialogue que nous avons avec notre cŇďur (Sin., C portent nos cŇďurs), et dans lequel nous cherchons √† le persuader.

      Ceux qui traduisent, √† verset 19 "nous rassurerons notre cŇďur," prennent la conjonction laquelle s'ouvre le verset 20 dans son sens causal¬†: "parce que, car, si notre cŇďur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cŇďur."

      Mais, dans le texte grec, cette conjonction est r√©p√©t√©e devant les mots¬†: Dieu est plus grand¬†; or il est vraisemblable que l'auteur l'a employ√©e les deux fois dans le m√™me sens, et une reprise du que s'explique mieux qu'une reprise du parce que¬†: "Nous persuaderons notre cŇďur que, - si notre cŇďur nous condamne, - que Dieu est plus grand que notre cŇďur."

      Pour √©viter cette r√©p√©tition de la conjonction, beaucoup d'interpr√®tes, depuis Bengel, ont propos√© de traduire, en distribuant autrement les lettres grecques du commencement de la phrase (dans les manuscrits majuscules les mots ne sont pas s√©par√©s par un intervalle)¬†: en quelque chose que notre cŇďur nous condamne, "nous le persuaderons que Dieu est plus grand," ou "nous le rassurerons, parce que Dieu est plus grand." Cette traduction, qui ne se justifie pas enti√®rement au point de vue de la syntaxe grecque, doit √™tre rejet√©e, parce que la proposition parall√®le de verset 21 porte¬†: "Si notre cŇďur ne nous condamne pas," et n'√©tablit aucune distinction entre les sujets de condamnation.

      - Avec la traduction que nous avons adopt√©e, comment interpr√©terons-nous la pens√©e de Jean¬†? Quelle est son intention en nous invitant √† nous persuader que Dieu est plus grand que notre cŇďur et qu'il sait toutes choses¬†?

      Veut-il aggraver la condamnation prononc√©e par notre cŇďur, et nous inspirer un effroi salutaire en invoquant la plus grande s√©v√©rit√© de ce Dieu qui sonde nos cŇďurs et nos reins et conna√ģt nos fautes cach√©es¬†? (Psaumes 19.13¬†; 90.8)

      Veut-il dire¬†: Si notre cŇďur nous condamne, en nous convainquant que nous n'avons point encore le vrai amour, (versets 18,19) que nous ne sommes point r√©ellement n√©s de Dieu¬†; si notre cŇďur, malgr√© ses illusions et son aveuglement naturel, ne peut pas se rassurer devant Dieu, que sera ce du jugement de Dieu, de ce Dieu plus grand, plus saint, plus Juste que notre cŇďur, et dont les yeux sont trop purs pour voir le mal¬†? (Comparer 1Corinthiens 4.4)

      D'√©minents interpr√®tes, de saint Augustin et Calvin jusqu'√† L√ľcke, de Wette et Neander, ont expliqu√© ainsi la pens√©e de l'ap√ītre. Mais avec cette explication, admise dans nos pr√©c√©dentes √©ditions, il est difficile de comprendre l'encha√ģnement des id√©es.

      Jean nous a montr√© dans l'amour fraternel un signe auquel nous reconna√ģtrons que nous sommes de la v√©rit√© (verset 19) d√©but du verset, qui nous permettra d'acqu√©rir, en consultant notre cŇďur, l'assurance de notre salut¬†; et il viendrait aussit√īt apr√®s d√©truire cette assurance en √©voquant la pens√©e d'un Dieu plus s√©v√®re que notre cŇďur¬†?

      Et comment pourrait-il continuer, √† verset 21, en disant¬†: "Si notre cŇďur ne nous condamne pas, nous avons de l'assurance devant Dieu¬†?" L'absolution que nous donne notre cŇďur ne signifierait rien, si le jugement de Dieu est plus rigoureux que le sien.

      - Le contexte nous oblige ainsi √† reconna√ģtre, avec Luther, Bengel et la plupart des interpr√®tes contemporains, que l'ap√ītre en appelle √† la mis√©ricorde de Dieu, qui est infiniment plus grande que celle des hommes, (2Samuel 24.14) et qui surpasse m√™me les pens√©es de notre cŇďur. (Esa√Įe 55.7-9)

      Ou plus exactement encore, ce que Jean invoque, c'est la toute science de ce Dieu devant lequel nous avons √† nous examiner. Il la d√©signe express√©ment, quand il dit¬†: "Dieu est plus grand que notre cŇďur et il conna√ģt toutes choses."

      Ces derniers mots pr√©cisent la pens√©e de l'auteur¬†; ils montrent en quoi consiste la grandeur de Dieu, qu'il vient de rappeler. (Weiss.) Dieu est plus grand que notre cŇďur en ce qu'il conna√ģt toutes choses.

      Notre regard est born√©¬†: le moment pr√©sent existe seul pour nous. Quand nous venons de commettre une faute, nous ne voyons qu'elle¬†; le remords qu'elle nous cause nous fait douter de notre rel√®vement et de notre salut final, nous oublions les d√©livrances dont nous avons √©t√© l'objet, les gr√Ęces re√ßues.

      Dieu conna√ģt toutes choses, notre vie enti√®re est d√©couverte devant lui. Il sait les origines de notre foi, de notre amour, puisqu'il les a cr√©√©s dans notre cŇďur. Il voit comment nous sortirons des difficult√©s, des tentations dans lesquelles nous nous d√©battons et qui nous d√©sesp√®rent, puisque c'est "en lui, qui nous a aim√©s, que nous sommes plus que vainqueurs." (Romains 8.37)

      En vertu de sa toute science, il nous a attirés à lui, (Jean 6.44) aimés le premier, (1Jean 4.10) "prédestinés à être semblables à l'image de son Fils ;" (Romains 8.29) il nous a élus parce qu'il savait que nous persévérerions jusqu'à la fin.

      Cette pens√©e de la toute science de Dieu est un s√©rieux avertissement pour ceux qui ne sont pas n√©s de Dieu et n'aiment pas "en v√©rit√©¬†;" (verset 18) ils peuvent, en feignant la charit√©, en copiant ses manifestations ext√©rieures, (1Corinthiens 13.2,3) tromper les hommes et se faire illusion √† eux-m√™mes¬†; (Matthieu 7.22) ils ne sauraient √©chapper au jugement de Celui qui conna√ģt toutes choses.

      Mais pour ceux qui poss√®dent r√©ellement en Dieu la vie de l'amour, la certitude que Dieu conna√ģt toutes choses les rassure¬†: quand le souvenir de leurs chutes les accable, quand ils sont assaillis de tentations ou d'√©preuves et que leur foi chancelle, ils peuvent en appeler avec confiance √† Celui qui sait quel est leur amour. (Jean 21.17)

      Ainsi comprise, la pensée de Jean s'accorde avec celle de Paul. Paul fonde l'assurance de notre salut sur la foi en JésusChrist, par laquelle nous sommes justifiés (Romains 5.1 et suivants ; Romains 8.31-39) ; mais il n'a garde d'oublier que cette foi doit être "agissante par la charité." (Galates 5.6) Jean indique cette dernière comme le signe incontestable d'une foi authentique, d'une vie vraiment créée et entretenue par l'Esprit de Dieu. (versets 23,24)

      22 Jean pr√©sente √† ses bien-aim√©s, avec une tendre affection, le cas oppos√© √† celui qu'il vient d'indiquer. (verset 20) Il suppose que leur cŇďur, examine devant Dieu ne les accuse pas de manquer de charit√© il leur d√©clare qu'ils ont alors une grande assurance (grec) envers Dieu, et il ajoute cette consolante pens√©e que l'assurance (grec la libert√© de tout dire) avec laquelle ils s'adressent √† Dieu dans la pri√®re, comme des enfants √† leur P√®re, n'est pas une vaine illusion et ne reste pas st√©rile mais leur obtient de son amour toutes les gr√Ęces nouvelles qu'ils lui demandent¬†; car ils sont avec lui dans un rapport filial de parfaite ob√©issance, qui les rend agr√©ables √† ses yeux. (Comparer Jean 5.19,20,30¬†; 11.42)

      - Dans quel sens profond et vivant Jean entend ce mot garder ses commandements, c'est ce qu'il nous apprend √† versets 23,24, et ainsi il revient au vrai fondement de notre assurance devant Dieu, d'o√Ļ il √©tait parti. (Comparer fin de la note pr√©c√©dente.)

      23 L'√Ęme de toute la vie chr√©tienne, c'est croire et aimer.

      Telle est la volonté souveraine de Dieu envers l'homme, (Jean 6.40) ce que Jean appelle le commandement qu'il nous a donné, ces mots se rapportent probablement au commandement de l'amour fraternel, que Jésus a répété avec insistance à ses disciples dans les entretiens de la chambre haute. (Jean 13.34 ; 15.12,13)

      En un sens, il faut convenir que ni la foi ni l'amour ne se commandent, mais quand on consid√®re que l'objet de la foi c'est le nom du Fils de Dieu, J√©sus-Christ, le Sauveur dont notre √Ęme a un si profond besoin et que Dieu "marqu√© de son sceau," pour que tout homme le reconnaisse et mette en lui sa confiance¬†; que l'incr√©dulit√© √† son √©gard est une r√©volte int√©rieure contre le Saint de l'Eternel et une m√©connaissance aveugle de ce qu'il faut √† un pauvre p√©cheur, (Jean 16.9) on con√ßoit que la foi soit aux yeux de Dieu un acte moral qu'il peut commander, et Jean ne fait gu√®re que r√©p√©ter ici une parole profonde de son Ma√ģtre. (Jean 6.29)

      Quant à l'amour, fruit nécessaire de la foi, l'amour dont l'objet est "Celui qui nous a aimés le premier" et, en lui, nos frères, qui sont nés de lui, un tel amour peut d'autant plus être commandé à l'homme, que l'absence de cet amour n'est en lui qu'une coupable ingratitude ajoutée à tous ses péchés.

      - Ces deux commandements sont placés ici dans leur ordre naturel : ce n'est qu'en croyant véritablement en Jésus-Christ que nous parvenons à nous aimer les uns les autres.

      24 Grec : Et celui qui garde ses commandements demeure en Lui et Lui en lui.

      Jean ne craint pas de multiplier ces pronoms pour exprimer la communion la plus vivante, la plus intime de l'homme avec Dieu. Pour la premi√®re fois dans l'√©p√ģtre, il affirme que Dieu, √† son tour, demeure dans l'homme quand l'homme, en gardant ses commandements, demeure en Dieu.

      L'homme est avec Dieu dans le même rapport que Jésus-Christ avec son Père. (Jean 10.38 ; 14.10 ; 1Jean 4.16 ; 2.3-6, note.)

      A ceci se rapporte, non à ce qui précède, mais à ce qui suit.

      Nous connaissons que nous demeurons en lui, √† quoi¬†? √† l'Esprit qu'il nous a donn√©. Et par l√†, l'ap√ītre d√©clare qu'il n'y a de communion avec Dieu qu'en ce m√™me Esprit, par lequel Dieu fait na√ģtre de nouveau ses enfants, met en eux le sceau de leur adoption, et r√©pand son amour dans leur cŇďur. (1Jean 2.20,27¬†; Romains 8.14-16¬†; 5.5)

Seuls les √Čvangiles sont disponibles en vid√©o pour le moment.
  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.