1 Rois 10

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      1 à 13 La reine de Séba.

      Ce fut sans doute √† la suite des exp√©ditions de la flotte √† Ophir, port de mer situ√© dans le voisinage de son pays, que cette reine entendit parler de la sagesse de Salomon, ainsi que du nom du Dieu qu'il adorait. Cette visite n'est pas la seule de ce genre que Salomon. ait re√ßue (4.34¬†; 10.24¬†; 2Chroniques 9.23-24). L'historien sacr√© a racont√© celle-ci comme la plus m√©morable. Rien, en effet, ne t√©moigne davantage de la splendeur unique de ce r√®gne, que ce long et difficile voyage entrepris, par une femme, non dans un but politique, mais simplement pour voir et pour entendre le roi dont la renomm√©e √©tait parvenue jusqu'√† elle. Le souvenir de cet √©v√©nement s'est conserv√© √† travers les si√®cles, m√™me hors des limites de la Palestine, comme le prouvent les l√©gendes que deux peuples de l'antiquit√© ont brod√©es sur ce voyage, √† savoir les Arabes et les Abyssins. J√©sus lui-m√™me a cit√© comme exemple √† ses auditeurs cet √©pisode de l'histoire du r√®gne de Salomon (Matthieu 12.42). Dans les Psaumes et dans les proph√®tes, la visite de la reine de S√©ba est le type des hommages que tous les pa√Įens rendront un jour au Roi supr√™me d'Isra√ęl, au Messie. Comparez Psaumes 72.8-14 et Esa√Įe 60.6.

      La reine de S√©ba. S√©ba (ou Sch√©ba), nom d'une province de l'Arabie Heureuse, au bord de la mer Rouge, probablement l'Y√©men. De l√† le nom de reine du Midi que lui donne J√©sus. Cette contr√©e √©tait tr√®s riche en or, en aromates et en pierres pr√©cieuses, dont elle faisait un commerce √©tendu (J√©r√©mie 6.20¬†; Esa√Įe 60.6¬†; Psaumes 72.10). La tradition arabe donne √† cette reine le nom de Balkis. Les Abyssins la font venir de S√©ba en Abyssinie (Esa√Įe 43.3)¬†; mais l'orthographe des deux noms est diff√©rente en h√©breu.

      Ainsi que du nom de l'Eternel, littéralement : selon le nom de l'Eternel. A la renommée de Salomon était étroitement liée la gloire du nom de l'Eternel ; car la puissance et la sagesse extraordinaires de ce roi étaient envisagées comme un effet de la faveur particulière de son Dieu.

      Par des énigmes. Les Orientaux, et surtout les Arabes, ont une singulière prédilection pour les énigmes, les questions épineuses et les jeux de l'esprit (Juges 14.12 ; Ezéchiel 17.2). Josèphe raconte que Salomon et Hiram se proposaient l'un à l'autre des énigmes, sorte de paris dont le vaincu payait le prix. En raison des mots précédents : ainsi que du nom de l'Eternel, on ne doit pas exclure les questions relatives à la religion.

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      Avec une très grande suite. Comme il convenait à la souveraine d'un des pays les plus riches et les plus favorisés du globe.

      Tout ce qu'elle avait dans le cŇďur, c'est-√†-dire, d'apr√®s ce qui pr√©c√®de, toutes les √©nigmes et questions difficiles qu'elle avait r√©solu de lui proposer.

      4

      Toute la sagesse de Salomon : telle qu'elle se manifestait, non seulement dans ses discours et la solution des énigmes, mais aussi dans la magnificence de son palais et l'organisation de sa cour, comme l'indiquent les termes qui suivent. La sagesse dont il s'agit est celle que Salomon lui-même a décrite Proverbes 3.14-18, et qui s'étend à tous les domaines de la vie. Cette cour si somptueuse et si bien ordonnée devait offrir plus d'un sujet d'étonnement à une reine, dans l'entourage de laquelle régnait sans doute encore une simplicité antique.

      5

      Et la mont√©e par laquelle il montait. On traduit souvent : et les holocaustes qu'il offrait. La reine aurait assist√© √† l'une des c√©r√©monies religieuses qui se faisaient avec une grande solennit√©, peut-√™tre aux sacrifices du matin et du soir (Exode 29.38¬†; L√©vitique 6.8). Cependant on ne s'explique pas tr√®s bien comment la contemplation des sacrifices aurait provoqu√© l'admiration de la reine de S√©ba. Le mot √īla, qui signifie ordinairement holocauste, est pris aussi dans le sens de mont√©e, escalier (Ez√©chiel 40.6), et l'on peut traduire ces mots comme nous l'avons fait¬†; comparez 2Chroniques 9.4. L'escalier en question, mentionn√© aussi 2Rois 16.18, aurait √©t√© un ouvrage d'art particuli√®rement remarquable.

      Elle fut toute hors d'elle, littéralement : il n'y eut plus de souffle en elle !

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      Heureux sont tes gens... La soif de sagesse qui caractérise la reine du Midi se révèle dans cette exclamation. C'est là la différence que fait remarquer Jésus entre elle et les Juifs ses contemporains, qui ont devant eux Celui en qui sont renfermés tous les trésors de la sagesse et de la science (Luc 11.31 ; Colossiens 2.3).

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      B√©ni soit l'Eternel. Cet hommage n'autorise pas √† penser qu'elle se soit convertie √† la religion d'Isra√ęl. (Comparez les expressions analogues d'Hiram,5.7, note.)

      10

      Les présents que la reine offrit à Salomon étaient des produits de son pays.

      Cent vingt talents d'or : voir 9.14

      Des aromates. L'Arabie produisait un baume célèbre. Josèphe prétend que la Judée doit à la reine de Séba un arbre à baume qui s'est dès lors multiplié dans le pays.

      11

      11 et 12 A l'occasion des riches pr√©sents de la reine de S√©ba, l'auteur rappelle en passant d'autres articles de luxe, inconnus auparavant en Palestine, qui arriv√®rent √† J√©rusalem, du temps de Salomon, par la flotte d'Ophir, notamment le bois de sandal. Ce bois, provenant de l'Inde, √©tait employ√© dans l'√©b√©nisterie orientale ou br√Ľl√© comme encens, √† cause de l'odeur aromatique qu'il d√©gage.

      12

      Balustrades. Le mot que nous rendons ainsi signifie proprement appuis, et pourrait être traduit aussi par : sièges, divans. Dans le passage correspondant 2Chroniques 9.11, le mot est différent ; il signifie : escaliers.

      Harpes et luths... Comparez Ecclésiaste 2.8.

      14

      14 à 22 Les richesses et le luxe de Salomon, illustrés par quelques faits et quelques exemples.

      14 et 15 Ces versets nous donnent une idée des ressources financières de Salomon. Il y en avait de deux sortes :

      1. Les recettes r√©guli√®res, per√ßues en argent, et qui, calcul√©es en moyenne pour une ann√©e, montaient √† 666 talents d'or, √† peu pr√®s 28 tonnes. Elles provenaient sans doute des revenus des domaines royaux (1Chroniques 27.26-31)¬†; du produit des exp√©ditions maritimes (9.28¬†; 10.22)¬†; des pr√©sents des √©trangers (10.24-25), car, d'apr√®s 10.24, ces pr√©sents √©taient des revenus annuels¬†; des imp√īts lev√©s dans le pays (12.4).
      2. Les recettes irrégulières, c'est-à-dire les contributions payées en nature et non en argent ; les taxes imposées aux marchands (les colporteurs parcourant le pays pour faire le commerce de détail) ; les droits de transit payés par les commerçants (les trafiquants en gros et les conducteurs de caravanes qui traversaient le territoire israélite ; les redevances des rois d'Arabie (des scheiks habitant le désert d'Arabie, soumis par David, Jérémie 25.24).

      15

      Les gouverneurs du pays sont les intendants des provinces énumérés 4.7-19.

      16

      16 et 17 Les boucliers de parade. Ils √©taient sans doute de bois et rev√™tus de plaques d'or¬†; il y en avait de deux sortes, comme dans l'antiquit√© en g√©n√©ral : les grands, quadrilat√®res vo√Ľt√©s sur les bords, couvrant tout le corps¬†; les petits, √† forme ovale. Ces boucliers, au nombre de 300, √©taient port√©s par les gardes dans certaines solennit√©s (14.28)¬†; √† l'ordinaire, ils d√©coraient la maison de la For√™t du Liban (7.2). On peut calculer qu'ils avaient absorb√© une masse d'or √©quivalente √† 2240 kg. Le sicle d'or pesait environ 16,5 grammes¬†; la mine 50 sicles, soit 825 g, tandis que le talent d'or repr√©sentait un poids de 3000 sicles ou de 49,5 kg d'or.

      18

      18 √† 20 Le tr√īne d'ivoire : sans doute en bois recouvert de plaques d'ivoire, avec des incrustations d'or. Le haut du dossier √©tait arrondi en forme d'arc. Outre les deux lions plac√©s pr√®s des accoudoirs, il y avait douze lions, deux sur chacune des six marches, l'un √† droite et l'autre √† gauche. Ces lions, embl√®mes de la puissance royale, √©taient sans doute de grandeur naturelle. Ce meuble colossal se trouvait dans la salle du tr√īne.

      20

      Rien de pareil n'avait été fait. Les monuments assyriens ne présentent aucun meuble comparable à celui-là en richesse et en beauté.

      21

      Les vases et la vaisselle d'or. La mention de la maison de la Forêt du Liban parait prouver que des fêtes royales se célébraient dans cet édifice.

      22

      Une flotte de Tharsis, ce qui ne signifie pas : se rendant en Espagne, mais d√©signe des vaisseaux de long cours, comme ceux avec lesquels les Ph√©niciens faisaient le voyage d'Espagne. Comparez 22.49 et Esa√Įe 2.16, note. Toutes les marchandises indiqu√©es sont des produits de l'Inde.

      Tous les trois ans. Voir Genèse 10.29, note. Peut-être les ouvriers de Salomon travaillaient-ils pendant un an dans les mines. Voir à 9.28.

      23

      23 et 24 comparez 4.29-34.

      25

      Chacun apportait... Il s'agit des rois du voisinage déjà soumis par David et de tous ceux qu'attirait la considération inspirée par la grandeur de Salomon.

      26

      Comparez 4.26.

      27

      Rendit l'argent... Pour l'or, voir verset 21.

      Le bois de c√®dre : voir Esa√Įe 2.13, note. D'apr√®s Jos√®phe, il s'agirait de c√®dres que Salomon fit planter en Palestine, o√Ļ ils seraient devenus aussi communs que les sycomores. Il s'agit √©videmment du bois de c√®dre import√© de la Ph√©nicie.

      29

      Six cents sicles d'argent. Environ 8,7 kg d'argent (le sicle d'argent étant pris à 14,5 g).

      Tous les rois des H√©thiens. Les H√©thiens ici mentionn√©s sont une tribu consid√©rable de Canan√©ens rest√©s ind√©pendants, qui habitait entre l'Asie Mineure et l'Euphrate, et de l'existence de laquelle on a retrouv√© r√©cemment de nombreuses traces (Gen√®se 10.15). Outre le trafic int√©rieur, il y avait donc un commerce de transit par l'interm√©diaire de marchands isra√©lites, entre l'Egypte et les rois de ces peuples septentrionaux. Au reste, ces relations avec l'Egypte √©taient √©videmment contraires √† l'esprit et √† la lettre de la loi Deut√©ronome 17.16, et ne pouvaient procurer √† Isra√ęl une b√©n√©diction durable, comme la suite ne tardera pas √† le prouver.

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