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Matthieu 19

    • 1 Chapitre 19.

      1 à 15 Du mariage et du divorce.

      Comparer Marc 10.1-12.

      - L'√©vang√©liste marque le moment solennel o√Ļ J√©sus quitte d√©finitivement la Galil√©e et se rend en Jud√©e, √† J√©rusalem, o√Ļ il accomplira son Ňďuvre, la r√©demption du monde. On se rendait de Galil√©e en Jud√©e, soit en traversant la Samarie, soit en prenant la rive orientale du Jourdain, par la P√©r√©e.

      C'est cette dernière route qu'indiquent ces mots (grec) : par delà le Jourdain. (Comparer Marc 10.1)

      Luc (Luc 9.51 ; 17.11) trace plus en détail l'itinéraire suivi par Jésus ; cet évangéliste raconte le long voyage, à travers la Galilée méridionale et la Pérée, qui remplit les derniers mois de la vie du Sauveur. (Comparer Jean 10.40)

      2 L√†, en P√©r√©√©, o√Ļ il s'arr√™ta et o√Ļ il revint apr√®s une premi√®re visite √† J√©rusalem au mois de d√©cembre. (Jean 10.22-40¬†; Luc 10.38-42)

      Plusieurs y crurent en lui. (Jean 10.42) Ainsi Jésus remplit jusqu'à la fin sa mission de Sauveur.

      3 Jésus avait déjà résolu cette question dans le sermon sur la montagne. (Matthieu 5.31,32, voir les notes.)

      Des pharisiens (voir sur ce parti Matthieu 3.7, note) la lui posent ici pour le tenter. Ce qui en faisait une question captieuse, c'est qu'elle √©tait alors vivement d√©battue entre deux √©coles juives, celle de Hillel et celle de Schama√Į, le premier tr√®s rel√Ęch√©, le second plus s√©v√®re sur le divorce.

      En outre, l'exemple donné par Hérode Antipas, qui régnait sur la Pérée, et la fin de Jean-Baptiste qui l'avait repris, (Matthieu 14.1 et suivants) rendaient assez dangereuse une solution rigoureuse de la question, tandis qu'une solution plus libre aurait mis Jésus en contradiction avec le précurseur.

      - Pour quelque sujet (ou cause) que ce soit, c'est-à-dire pour tout sujet de plainte que le mari aurait contre sa femme. Telle était la fausse opinion de Hillel, qu'il croyait fondée sur Deutéronome 24.1.

      Et c'est surtout dans ce mot que se trouve la tentation, le piège tendu à Jésus par ses adversaires.

      4 Grec¬†: Les fit m√Ęle et femelle, traduction litt√©rale de l'h√©breu. (Gen√®se 1.27)
      5 Le sujet de ce verbe est Dieu selon le contexte, bien que dans Genèse 2.24 ces paroles soient prononcées par Adam ou doivent être considérées comme une réflexion de l'auteur du récit (Bible annotée). Dans l'un et l'autre cas, elles sont bien l'expression de la volonté de Dieu.

      L'id√©e compl√®te et vraie du mariage suppose avant tout que les deux sont "un cŇďur et une √Ęme¬†;" tout ce qui tient √† la chair, au sens restreint, n'est que le lien inf√©rieur de cette union¬†; mais comme le mot chair, dans l'Ecriture, embrasse tout l'homme, son √™tre entier, cette id√©e est bien exprim√©e par cette parole¬†: une seule chair. Telle est l'intimit√© absolue et indissoluble du mariage, que Dieu a eue en vue d√®s l'origine de la cr√©ation de l'homme, et que J√©sus confirme de son autorit√©. (verset 6)

      - En outre, cette déclaration est une condamnation de la polygamie, qui détruit de fond en comble la vraie notion du mariage.

      6 Il faut remarquer ce contraste¬†: Dieu, l'homme. Le divorce, pour toute autre cause que celle qui est indiqu√©e au verset 9, d√©truit l'Ňďuvre et l'intention de Dieu, pour y substituer l'arbitraire de l'homme.
      7 Les pharisiens pensent avoir pour eux l'autorit√© de Mo√Įse. (Deut√©ronome 24.1)

      Mais ils exag√®rent la port√©e de la disposition l√©gale qu'ils invoquent, car Mo√Įse n'a pas command√© ni voulu faciliter le divorce¬†; le but de la formalit√© qu'il prescrit √©tait au contraire d'y mettre une entrave.

      Jésus rectifie l'expression des pharisiens en disant permis. (v. 8.)

      8 Telle n'√©tait pas l'intention de Dieu. Si Mo√Įse l'a permis, c'√©tait comme un mal n√©cessaire, destin√© √† √©viter de plus grands maux, et uniquement √† cause de cette duret√© de cŇďur qui vous rendait incapables de vous √©lever jusqu'√† la pens√©e divine et de la mettre en pratique.

      - Si l'on demande comment le Dieu immuable a pu sanctionner cette d√©viation de sa propre loi, la r√©ponse se trouve dans le fait de la chute et du p√©ch√© intervenu depuis la cr√©ation de l'homme. Telle est la pens√©e que J√©sus exprime par ce mot √©nergique¬†: la duret√© de votre cŇďur.

      9 Les mots et celui qui épouse une femme répudiée commet adultère sont omis dans Sin., D, et des versions.

      - Voir sur ces paroles Matthieu 5.31,32, note.

      Telle est donc, ici encore, la réponse de Jésus à la question qui lui fut posée : il n'admet qu'une seule cause légitime de divorce, et il interdit d'épouser une femme répudiée. En parlant ainsi, il se place au point de vue de son royaume, et il n'y a aucun doute que ses disciples ne doivent se conformer à ce principe, le seul sur lequel repose le mariage chrétien.

      Aucune Eglise soumise à l'autorité du Sauveur ne saurait en sanctionner un autre. En résulte-t-il que la société civile, en des pays qui portent le nom de chrétiens, ait tort de statuer par sa législation d'autres causes de divorce et d'autoriser des époux séparés à contracter un second mariage ? Faut-il astreindre tous les citoyens d'un pays à la pratique d'un principe chrétien ?

      A cette question, comme √† une foule d'autres analogues, le catholicisme a r√©pondu oui, parce qu'il est la religion de la contrainte, et ne pr√©tend √† rien moins qu'√† dominer la soci√©t√©¬†; le protestantisme r√©pond non, parce qu'il veut avant tout la sinc√©rit√© et la libert√© morale. Que la soci√©t√© civile ait donc √©gard, si elle le veut, √† la duret√© du cŇďur, (verset 8) qu'elle autorise un mal pour √©viter des maux plus grands¬†; mais que les Eglises voient si elles peuvent, sans infid√©lit√©, se pr√™ter, en ce qui les concerne, √† sanctionner des unions nuptiales contraires √† la parole du Sauveur.

      10 Les disciples font à Jésus cette observation, après que les pharisiens se sont éloignés, "dans la maison" (Marc 10.10)

      Eux-mêmes trouvent donc trop dure la condition que Jésus impose à l'homme à l'égard de la femme.

      Il y a proprement en grec la cause, c'est-à-dire la seule cause légitime de divorce. (verset 9) Ils estiment que si l'homme ne peut rompre une union mal assortie, s'il doit supporter tous les défauts et tous les vices de sa femme, sauf celui indiqué par Jésus, (verset 9) il vaut mieux ne pas se marier.

      - Il n'est question que de la condition du mari √† l'√©gard de la femme, parce qu'en Orient et dans l'antiquit√© des droits √©gaux n'√©taient point reconnus √† cette derni√®re. Il en est tout autrement sous l'√Čvangile.

      11 De quelle parole s'agit-il ? Les uns répondent : de celle de Jésus (vers. 9), que les disciples ont trouvée trop dure, parce qu'elle interdit le divorce, sauf dans un cas unique, et parce que, ce cas excepté, elle ne permet pas un second mariage aux époux divorcés. Alors les mots ceux à qui cela est donné, et les paroles du verset 12, expliqueraient ce célibat forcé.

      D'autres entendent par cette parole celle des disciples : (verset 10) "ne pas se marier."

      J√©sus d√©clare alors que tous ne sauraient la comprendre c'est-√†-dire la recevoir, la pratiquer, que tous n'en sont pas capables, (verset 12) que cette continence est un don. Puis, au verset 12, il explique et justifie sa pens√©e (car). A quelque interpr√©tation qu'on s'arr√™te, les paroles qui suivent se rapportent toujours √† un renoncement dont, J√©sus le reconna√ģt, tous ne sont pas capables.

      12 Avant tout, il faut entendre être ou se rendre eunuque, dans un sens figuré et moral, et non dans le sens d'une mutilation corporelle, comme le fit Origène.

      Pour faire mieux comprendre sa pensée et la nature toute morale du don qu'il a en vue, Jésus distingue trois cas : ceux qui, dés le sein de leur mère, par suite de leur organisation particulière, sont impropres au mariage, ceux qui ont été rendus tels par les hommes ; dans ces deux premiers cas le don de continence est entendu en un sens corporel et n'a aucune valeur religieuse, ceux enfin qui ont pris cette résolution volontairement à cause du royaume des cieux, non pour le mériter, mais pour s'y employer tout entiers et sans empêchements terrestres.

      Ainsi Jésus, en répondant aux disciples, constate un fait, mais n'exige point ce sacrifice, pas plus que Paul dans ses conseils. (1Corinthiens 7.26 et suivants) Il n'y a donc, dans ces paroles, rien qui soit défavorable au mariage chrétien, ni qui attribue au célibat une sainteté particulière, bien moins encore un argument en faveur du célibat forcé de toute une classe d'hommes. Que celui qui est capable de comprendre comprenne ! Voilà la vérité et la liberté. (Comparer 1Corinthiens 9.5)

      13 Comparer Marc 10.13-16 ; Luc 18.15-17.

      - Marc et Luc disent simplement¬†: afin qu'il les touch√Ęt, sans doute par l'imposition des mains. (verset 15) En ajoutant¬†: et qu'il pri√Ęt (pour eux), Matthieu rend plus compl√®tement le vŇďu de ces pieux parents. Imposer les mains √©tait, de la part de J√©sus, le moyen symbolique de communiquer les gr√Ęces demand√©es par la pri√®re. (Comparer Actes 6.6¬†; 13.3)

      Reprirent ceux qui pr√©sentaient les enfants, craignant qu'ils n'importunassent inutilement leur Ma√ģtre. Profonde m√©connaissance des tr√©sors de compassion et d'amour qui √©taient en lui, et qu'il √©tait toujours pr√™t √† r√©pandre sur tous¬†!

      15 Pourquoi Jésus dit-il, dans les trois synoptiques : à de tels est le royaume des cieux, et non à eux (aux petits enfants) ? Ce n'est certainement pas pour en exclure ces derniers, ce qui serait une contradiction dans les termes ; mais il veut généraliser sa pensée, l'appliquer aux adultes et leur indiquer les dispositions des petits enfants comme étant celles qu'ils doivent revêtir pour pouvoir entrer dans son royaume. (Matthieu 18.3,4, note ; Marc 10.15, note.)

      - Ces paroles du Sauveur n'ont aucun rapport direct avec le bapt√™me des petits enfants, et l'on ne peut les invoquer pour le justifier¬†; mais comment nier qu'elles ne lui soient favorables¬†? Qui dira o√Ļ est la diff√©rence entre la gr√Ęce du bapt√™me et celle que J√©sus conf√®re √† ces petits enfants en leur imposant les mains¬†? Mais ce qui est plus important, c'est de bien consid√©rer comment J√©sus se montre l'ami des petits et des faibles, le Sauveur de notre pauvre humanit√© tout enti√®re, du berceau √† la tombe.

      16 16 à 26 La question du jeune homme riche.

      Comparer Marc 10.17-27,Luc 18.18-27.

      - Ce quelqu'un √©tait un jeune homme riche (versets 20,22) qui, selon Luc, (Luc 18.18) √©tait magistrat ou chef peut-√™tre pr√©sident de la synagogue. Il √©tait sinc√®rement pr√©occup√© de la question la plus grave que puisse se poser une √Ęme s√©rieuse, celle de la vie √©ternelle.

      Il avait en outre réfléchi sur le bien et s'était efforcé de le pratiquer, sans être encore assuré d'avoir fait assez pour obtenir la vie éternelle. Il s'informe donc de quelque bien extraordinaire qu'il pourrait faire, et, aveuglé par sa propre justice (vers. 20), il s'imagine que par là il parviendra au but. Dès les premiers mots, la réponse de Jésus, admirable de sagesse, est propre à lui ouvrir les yeux.

      - Le texte re√ßu lui fait dire¬†: Bon Ma√ģtre, √©pith√®te non authentique dans Matthieu. (Voir la note suivante.)

      17 Le texte reçu porte ici, avec Marc et Luc : "Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon sinon un seul, Dieu." (Voir Marc 10.18, note.)

      La leçon que nous y substituons se fonde sur Sin. B, D, versions, Pères. Tous les critiques l'adoptent. Le texte reçu est une correction destinée à rendre ce passage conforme à Marc et à Luc.

      - J√©sus veut dire¬†: Pourquoi cette question sur ce qui est bon¬†? Elle est superflue, car tu n'ignores pas qu'un seul est le bon, l'√™tre absolument parfait¬†; c'est Dieu. Regarde √† Dieu, et tu conna√ģtras le bien qui est sa volont√©. Quant √† ce que tu dois faire pour entrer dans la vie √©ternelle, les commandements de la loi te l'enseignent, tu n'as qu'√† les garder.

      J√©sus savait bien que son interlocuteur ne pourrait jamais par lui-m√™me garder ces commandements qu'il vient de lui faire envisager comme l'expression de la volont√© sainte de Dieu. Mais c'√©tait la seule r√©ponse possible √† sa question¬†; s'il s'appliquait s√©rieusement √† accomplir cette volont√© divine dans son cŇďur et dans sa vie, il devait se convaincre bient√īt qu'il en √©tait incapable¬†; (Romains 3.20¬†; 7.7-13) et, passant par la repentance, il devait chercher la vie √©ternelle dans une autre voie.

      "Jésus renvoie à la loi ceux qui sont dans la sécurité, et il console par l'Evangile ceux qui sont contrits." Bengel.

      18 Le jeune homme connaissait parfaitement les commandements du d√©calogue, mais il s'attendait √† ce que J√©sus lui indiqu√Ęt quelque Ňďuvre nouvelle, extraordinaire, √† faire pour obtenir la vie √©ternelle. De l√† sa question.

      L'expérience nous apprend que l'homme a toujours plus de penchant pour les préceptes d'une sainteté fantastique que pour la simple pratique de la loi divine.

      19 Jésus cite quelques commandements comme exemple de tous les autres, et il les prend dans la seconde table de la loi, peut-être parce qu'il était plus facile à son interlocuteur de se rendre compte s'il les avait observés ou non. (Exode 20.12 et suivants)

      Mais il y ajoute le grand commandement de l'amour, qui est l'√Ęme de tous les autres (L√©vitique 19.18) et sans lequel tous les autres sont constamment viol√©s dans le cŇďur.

      20 Le jeune homme riche était sincère en disant qu'il avait gardé toutes ces choses (le texte reçu ajoute : dès ma jeunesse, d'après Marc et Luc) ; car Marc fait observer que Jésus l'aima.

      Mais dans son ignorance de la spiritualité et de la sainteté de la loi, il l'interprétait d'une manière toute littérale et extérieure. Dans ce sens, il pouvait avoir raison, et sa parole prouve qu'il s'était sérieusement appliqué à mener une vie morale. Et pourtant il lui reste un vague sentiment qu'il lui manque encore quelque chose, ce qui était déjà impliqué dans sa première question. (verset 16)

      21 Le mot grec que nous rendons par être parfait signifie littéralement être parvenu au but, c'est-à-dire ici à la vie éternelle. (verset 16)

      Pour cela, J√©sus qui a p√©n√©tr√© la plaie morale de cet homme, d√©couvert son idole, les grands biens qu'il poss√©dait, (verset 22) le met en demeure d'en faire le sacrifice sans condition¬†: il apprendra ainsi √† se conna√ģtre. Il ne faut voir dans les paroles de J√©sus ni l'intention d'√©prouver seulement le jeune homme riche, car le sacrifice lui est r√©ellement demand√©¬†; ni l'√©nonc√© d'un principe g√©n√©ral d'apr√®s lequel tous les chr√©tiens devraient n√©cessairement se d√©pouiller de tous leurs biens, ni un "conseil √©vang√©lique de perfection," selon l'id√©e catholique.

      C'est un ordre que J√©sus adresse √† ce riche en l'appelant √† le suivre, et par lequel il enseigne √† tous ses disciples qu'ils doivent vivre dans un renoncement du cŇďur qui leur permette de tout sacrifier quand Dieu le demandera.

      J√©sus ajoute d'ailleurs √† cet ordre rigoureux une invitation qui, bien comprise et accept√©e, lui aurait tout rendu facile et compens√© au centuple son sacrifice¬†: viens et suis-moi. Et il lui fait entrevoir un tr√©sor dans le ciel, qui embrasse toutes les richesses de la vie √©ternelle, (comparez Matthieu 5.12¬†; 6.20) non comme r√©compense de son sacrifice, qui, sans amour, ne lui aurait servi de rien, (1Corinthiens 13.3) mais comme le bonheur supr√™me pour son cŇďur r√©g√©n√©r√©.

      22 S'il s'en va tout triste, c'est qu'il a découvert qu'il manquait de volonté et de force pour faire le sacrifice d'une idole. Il a eu à choisir entre cette idole et Jésus entre ses biens et la vie éternelle, et son choix est fait, malgré sa meilleure conviction. De là sa tristesse. Deviendra-t-elle une "tristesse à salut ?" Nous l'ignorons !
      24 Cette dernière image élève la difficulté jusqu'à une impossibilité. Mais il faut considérer le verset 26.

      Quelques minuscules portent c√Ęble au lieu de chameau.

      Cette leçon est sans autorité, et elle efface l'exagération intentionnelle du contraste. Il en est de même de l'hypothèse, sans fondement d'ailleurs, qui fait du trou de l'aiguille la désignation d'une petite porte. (Comparer Matthieu 23.24)

      25 Les disciples font certainement cette objection avec un retour inquiet sur eux mêmes. Quelle est leur pensée ?

      Selon les uns (Meyer), ce serait un raisonnement à fortiori : Si tel est le danger pour les riches, qui ont tant de moyens de faire le bien, qu'en sera-t-il des pauvres ?

      Selon d'autres (Weiss), les disciples ne penseraient qu'aux riches et se demanderaient : lequel d'entre eux peut être sauvé ?

      Selon d'autres encore (de Wette), les disciples se disent que tous les hommes ont plus ou moins dans le cŇďur l'amour des richesses, qui donc √©chappera au danger¬†?

      Il faut laisser à la question son sens indéterminé et général : si telles sont les conditions du salut, si le salut est chose si difficile, qui donc y aura part ?

      26 Le regard de J√©sus qui s'arr√™te sur les disciples devait, en les rassurant, pr√©parer leur √Ęme √† recevoir cette grande parole.

      Etre sauv√© (verset 25) est une chose impossible aux hommes, elle est au-dessus de leurs forces. Mais, en le d√©clarant solennellement, J√©sus en appelle en m√™me temps √† la toute-puissance de Dieu et de sa gr√Ęce pour d√©prendre du monde, convertir, sanctifier le cŇďur des riches eux m√™mes.

      Aucune classe d'hommes n'est exclue. Mais l'exemple du jeune homme riche (verset 22) et la déclaration de Jésus (versets 23,24) n'en subsistent pas moins comme un avertissement pour ceux qui "possèdent de grands biens."

      27 19 :27 à 20 :16 La récompense à venir.

      Comp Marc 10.28-31,Luc 18.28-30.

      - Grec : qu'en sera-t-il donc pour nous ? Ce qui ne signifie pas : "Que nous reste-t-il à faire ?" ou "qu'aurons-nous encore à endurer ?" comme l'ont pensé quelques exégètes, mais bien : "Quelle récompense en aurons-nous ?" et en particulier, "serons-nous sauvés ?" (versets 25,26)

      Pierre, préoccupé de l'exemple du jeune riche, fait, non sans quelque complaisance, un retour sur lui-même et ses condisciples.

      et répondant (voir sur l'emploi de ce verbe, Matthieu 11.25, note) à cet exemple, y opposant le leur, il dit : Nous, nous avons fait tout autrement, nous avons tout quitté ; quelle en sera la suite ? Malgré ce qu'il y avait encore d'humain et de charnel dans cette préoccupation d'une récompense, Jésus promet celle-ci magnifique (v. 28, 29) ; seulement il y ajoute un mais significatif qui introduit une restriction propre à les exciter à une sainte vigilance, (verset 30) puis il relève l'erreur de son disciple par une parabole. (Matthieu 20.1 et suivants)

      28 Telle est la r√©compense sp√©cialement promise aux ap√ītres, puis il en est une autre, assur√©e √† tous ceux qui auront fait de grands sacrifices pour le nom de J√©sus. (verset 29)

      Tout cela sera accompli, non durant le temps actuel des travaux et des combats, mais au renouvellement, √† la renaissance (grec paling√©n√©sie), c'est-√†-dire lors du renouvellement des cieux et de la terre (Romains 8.19 et suivants, 2Pierre 3.13¬†; Apocalypse 21.1), qui co√Įncidera avec le retour de Christ si√©geant sur le tr√īne de sa gloire pour exercer le jugement universel. (Matthieu 16.27,25.31)

      D'autres entendent par renaissance la résurrection du dernier jour, mais il est probable que Matthieu prend ce mot dans un sens plus général. Quoi qu'il en soit, Jésus ouvre devant les yeux de ses disciples cette glorieuse perspective qu'ils partageront sa gloire, régneront avec lui, (Romains 8.17 ; 2Timothée 2.12) prendront part au jugement, (comparez 1Corinthiens 6.2) car ils lui seront faits semblables, ils partageront tous ses privilèges.

      Quant √† ce terme les douze tribus d'Isra√ęl les uns l'entendent dans son sens litt√©ral et historique, les autres lui donnent une signification symbolique, et y voient l'image th√©ocratique de tout le peuple de Dieu. (Apocalypse 21.12,14) Ce dernier sens est le vrai.

      Juger, dans l'√Čcriture, signifie aussi gouverner, r√©gner. Or il ne s'agit point, dans l'√©conomie future, du peuple juif seul.

      - Marc et Luc n'ont pas cette partie du discours, mais seulement la promesse générale qui va suivre. (verset 29) Cependant Luc rapporte des paroles semblables, mais prononcées en une autre occasion. (Luc 22.30)

      29 Il y a diverses modifications du texte reçu à noter. D'abord la suppression des mots ou femme après ou mère, qui sont empruntés aux autres évangiles ; ensuite la place du mot maisons, que le texte reçu intercale après aura quitté ; enfin le terme beaucoup plus, au lieu de cent fois autant. Ce dernier mot se retrouve dans Marc, le premier dans Luc.

      - Apr√®s la promesse faite sp√©cialement aux ap√ītres, J√©sus r√©pond encore √† la question de Pierre en g√©n√©ralisant sa pens√©e (quiconque). Tous ces grands et douloureux sacrifices, que J√©sus pr√©voit pour les siens, n'auront pourtant la valeur morale qu'il leur attribue que s'ils sont accomplis √† cause de son nom, par amour pour lui et pour sa cause. Luc dit¬†: "√† cause du royaume de Dieu¬†;" Marc¬†: "√† cause de moi et √† cause de l'√Čvangile."

      - En quoi consiste la promesse qui leur est faite ? Matthieu répond par deux termes : recevoir beaucoup plus et hériter la vie éternelle. D'excellents exégètes (Meyer, Weiss) entendent par là une seule et même chose, les richesses et les félicités du ciel, (Matthieu 5.12) réservées à ces fidèles et dévoués confesseurs dans les demeures de la paix. Mais cela est exprimé par ce seul mot : la vie éternelle ; pourquoi donc cet autre terme : recevra beaucoup plus, qui semble indiquer une promesse distincte ? Marc et Luc ajoutent : "recevra beaucoup plus en ce temps-ci et dans le siècle à venir la vie éternelle."

      Ces expressions nous expliquent la pensée de Matthieu, car c'est à tort que Meyer prétend que la distinction établie par les autres synoptiques est le fruit d'une réflexion postérieure. Quelle est cette riche compensation promise dans ce temps-ci ?

      Certes, il ne faut pas la matérialiser. Il n'est pas vrai que celui qui a fait le sacrifice douloureux de ses bien aimés en un temps de persécution les retrouve sur la terre ; encore moins Jésus assure-t-il le recouvrement de ses biens à celui qui les a perdus pour l'amour de lui.

      Mais puisqu'il est certain que le bonheur n'est pas dans les choses ext√©rieures, qu'il est en l'homme, il est certain aussi que la paix du cŇďur, la joie du salut √©ternel, la communion avec J√©sus et par lui avec le P√®re c√©leste et avec tous ses enfants sur la terre, sont d'une valeur beaucoup plus grande que tous les biens sacrifi√©s par le disciple de J√©sus-Christ. (Voir Marc 10.30, note.) Quel est le chr√©tien qui se soit repenti d'aucun de ces sacrifices accomplis pour son Sauveur¬†? Le monde, la vie sont transform√©s pour lui¬†; il comprend cette grande parole¬†: Toutes choses sont √† vous. (1Corinthiens 3.21)

      30 Ce mais, avec la sentence qui le suit, est d'une signification profonde, et apporte une redoutable restriction √† la promesse glorieuse faite en r√©ponse √† la question de Pierre. (verset 27) Ce dernier dut comprendre alors ce qu'il y avait encore de terrestre et d'√©go√Įste dans sa question.

      - Par premiers et derniers on peut entendre non seulement le temps de la vocation et du travail, comme dans la parabole qui suit, mais le rang, selon les dispositions du cŇďur.

      On peut être des premiers selon l'estimation des hommes et le dernier selon celle de Dieu. Et plusieurs, beaucoup se trouveront dans ce cas. Confusion pour les uns, consolation pour les autres ! (Comparer Matthieu 20.16, note.)

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