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Matthieu 9

    • 1 Chapitre 9.

      1 à 8 Guérison d'un paralytique

      Comparer Marc 2.1-12,Luc 5.17-26.

      - Sa ville, Caperna√ľm, o√Ļ il s'√©tait √©tabli. (Matthieu 4.13¬†; Marc 2.1)

      Marc et Luc assignent une autre place au trait qui va suivre, et le rapportent avec plus de détails. (Voir les notes.)

      2 Avant tout, la foi du paralytique, mais aussi la foi de ceux qui le lui apportaient et qui montraient ainsi que déjà cette foi était "opérante par la charité." C'était là la préparation nécessaire à la guérison et au pardon.

      D'abord des paroles pleines de compassion et d'encouragement : Prends courage, mon enfant. (Comparer Matthieu 9.22,Marc 10.49) Puis, un bienfait infiniment plus grand pour le malade que la guérison qu'il venait demander : Tes péchés sont pardonnés (grec remis). Le texte reçu porte : "te sont pardonnés," ce qui s'entend de soi-même.

      Mais ce qu'il faut remarquer c'est le verbe au pr√©sent, selon le vrai texte, qui montre le pardon accord√© actuellement par J√©sus-Christ et sans condition aucune. Pour que ce pardon absolu fut moralement possible et vrai, il fallait que J√©sus vit dans cet homme la repentance aussi bien que la foi. Cependant celte parole de Gr√Ęce, adress√©e √† un malade qui venait chercher la gu√©rison, surprend au premier abord. On a conclu de l√† que le malade avait lui-m√™me caus√© son mal par ses p√©ch√©s, ou que J√©sus s'accommodait √† l'id√©e juive de son temps que toute souffrance est le ch√Ętiment de p√©ch√©s personnels. (Voir le contraire dans Jean 9.2,3)

      Il est possible que ce paralytique se f√Ľt attir√© sa maladie par ses √©garements, mais rien dans le r√©cit ne l'indique. Seulement il est certain, selon l'Ecriture, que tout mal dans le monde √©mane du p√©ch√©, (Romains 5.12) et J√©sus, en accordant d'abord le pardon, gu√©rit la cause, le p√©ch√©, avant d'√īter l'effet, la maladie.

      3 D'après les autres synoptiques, il n'y avait pas là uniquement, comme adversaires, les scribes, mais aussi des pharisiens (voir sur les premiers Matthieu 23.2, note, et sur les derniers Matthieu 3.7, note), venus ensemble de divers lieux pour épier Jésus, (Luc 5.17)

      C'est donc ici proprement que commence dans le récit de Matthieu cette opposition hostile qui ira toujours croissant jusqu'au dénouement.

      - Comment ces adversaires pouvaient-ils voir, dans le pardon prononcé par Jésus, un blasphème ? Il leur paraissait que Jésus usurpait un attribut divin.

      Dans Marc et Luc les contradicteurs compl√®tent ainsi leur pens√©e¬†: "Qui peut pardonner les p√©ch√©s, sinon Dieu seul¬†?" Et dans l'ignorance o√Ļ ils √©taient de la personne de J√©sus, ils avaient raison. Quand plus tard le Ma√ģtre autorise ses disciples √† pardonner les p√©ch√©s, il leur d√©l√®gue un pouvoir qu'il exerce, lui, directement, et ils ne pourront, eux, qu'annoncer le pardon au nom de Dieu et du Sauveur. (Matthieu 16.19¬†; 18.18¬†; Jean 20.23¬†; notes.)

      4 B et quelques versions ont¬†: "connaissant leurs pens√©es." L'id√©e est la m√™me. J√©sus est le seul homme qui ait jamais eu le pouvoir de conna√ģtre ou de voir les pens√©es des autres. Ce n'√©tait pas seulement l'effet d'une p√©n√©tration naturelle de son esprit, mais un pouvoir divin semblable √† celui par lequel il faisait des miracles. (Jean 2.24,25)

      Grec : Pourquoi vous, pensez-vous...Vous, tandis que ce pauvre paralytique et ses amis viennent à moi pleins de confiance.

      C'√©taient l√† pr√©cis√©ment les mauvaises choses que les adversaires avaient dans leurs cŇďurs, des pens√©es d'incr√©dulit√© et d'inimiti√© qui leur faisaient voir un blasph√®me dans la plus √©mouvante manifestation de la mis√©ricorde de Dieu. C'√©taient donc eux-m√™mes qui blasph√©maient.

      7 Lévitique 5.5 doit motiver (car) le verset 4, et cette dernière question, Jésus la tire des pensées mêmes des adversaires.

      Au fond, pardonner ou guérir sont également impossibles à l'homme et aisés pour le Seigneur car l'un et l'autre exigent la puissance divine. Mais les scribes pensaient : Voilà un paralytique qui vient chercher la guérison, et on lui dit : Tes péchés te sont pardonnés ; cela est bien facile, en même temps que blasphématoire ; mais le guérir ! Or, afin que vous sachiez, est donc la solennelle réponse à cette pensée, et la guérison du paralytique par la parole de Jésus devient ainsi une démonstration sans réplique de l'autorité qu'il a pour pardonner les péchés.

      - Sur l'expression le fils de l'homme, voir Matthieu 8.20, note.

      - Les mots : sur la terre sont là par opposition à dans le ciel. Même sur la terre, avant le jugement éternel, même sous sa forme de serviteur, le fils de l'homme a le pouvoir de pardonner ; car "toute puissance lui est donnée au ciel et sur la terre." (Matthieu 28.18)

      "Cette parole respire l'origine céleste de celui qui la prononce." Bengel.

      8 La profonde impression que la foule reçoit de ce miracle est rendue, dans le texte reçu, par ce mot fut dans l'admiration ou l'étonnement. La variante admise donne à peu prés le même sens mais avec plus d'énergie encore.

      - Aux hommes n'est pas une expression générique pour à un homme (Jésus) ; mais la foule regarde avec raison tous les pouvoirs de Jésus comme conférés, en lui à l'humanité entière.

      9 Marc 2.13-22 et Luc 8.27-39 racontent aussi cette vocation d'un disciple avec les mêmes détails de lieu, de temps, de circonstances, il s'agit évidemment d'un fait identique dans les trois récits.

      Mais tandis que notre √©vang√©liste appelle ce disciple Matthieu, les deux autres le nomment L√©vi. Or il suffit d'observer que le nom de Matthieu se retrouve dans tous les catalogues des ap√ītres, tandis que celui de L√©vi n'y para√ģt jamais, pour √™tre convaincu que le disciple appel√© en cette circonstance √† l'apostolat changea d√®s ce moment son nom de L√©vi en celui de Matthieu, qui signifie don de Dieu. Ainsi Simon prend le nom de Pierre Saul celui de Paul (Voir l'introduction.)

      Bureau des p√©ages Lieu o√Ļ l'on percevait les imp√īts sur les marchandises en transit, etc. Comme ces contributions √©taient pr√©lev√©es pour le compte des Romains, les Juifs qui exer√ßaient ces fonctions de percepteurs √©taient g√©n√©ralement ha√Įs et m√©pris√©s. (Matthieu 5.46, note.) Et c'est parmi ces p√©agers (comparez Matthieu 9.11¬†; 11.19¬†; 18.17) que J√©sus choisit l'un de ses ap√ītres¬†!

      "Voulait-il seulement faire voir combien il se mettait au-dessus des préjugés juifs ? ou désirait-il aussi posséder parmi ses disciples un homme habitué à manier la plume ? Tout cela est possible ; mais il y a quelque chose de si brusque, de si spontané et de si étrange dans cet appel, qu'on ne peut, en tout cas, douter que Jésus ne l'ait adressé par une impulsion directe d'en haut. Ce caractère divin de l'appel ressort aussi de la décision et de la promptitude avec lesquelles il est accepté. Entre Jésus et cet homme, il doit y avoir eu comme un coup de divine sympathie." F. Godet.

      Tout dans l'histoire évangélique est une révélation de la miséricorde de Dieu.

      Il est tr√®s probable que Matthieu connaissait d√©j√† J√©sus, qui habitait cette m√™me ville de Caperna√ľm qu'il avait entendu et re√ßu sa parole, et que cet appel √† le suivre fut une vocation d√©cisive √† l'apostolat. Mais l'autorit√© de cet appel du Ma√ģtre et la prompte ob√©issance du disciple n'en sont pas moins admirables.

      10 Matthieu ne nous dit pas dans quelle maison, il garde là-dessus un silence plein de modestie, mais Luc 5.29 nous apprend que c'était la maison de Matthieu Lévi, dans laquelle celui-ci fit "un grand banquet." Il voulut ainsi, dans le zèle de son premier amour, offrir à tous ces péagers et ces pécheurs qu'il invita, une occasion de voir et d'entendre Celui à qui il venait de consacrer sa vie.

      - Quelques interpr√®tes ont pr√©tendu que, selon Matthieu comme selon Marc, ce repas avait lieu dans la maison de J√©sus, et ils voient une contradiction entre les deux premiers √©vang√©listes et Luc. Mais par quelle raison cette foule de p√©agers aurait-elle tout √† coup envahi la maison de J√©sus¬†? N'est-il pas plus naturel de nous les repr√©senter dans la demeure de leur coll√®gue L√©vi¬†? Qui nous dit m√™me que J√©sus eut une maison √† Caperna√ľm¬†? Le passage Matthieu 4.13, sur lequel on pr√©tend fonder cette opinion, n'implique rien de tel.

      Matthieu, péager lui-même, avait donc invité plusieurs de ses amis ayant la même vocation méprisée et, en outre, d'autres personnes dont la réputation n'était pas meilleure, et qui sont spécialement désignées dans les évangiles comme des pécheurs, terme que nos versions ordinaires rendent par Gens de mauvaise vie. Ce mot se trouve souvent uni à celui de péagers parce que ces derniers avaient généralement le même caractère moral. Matthieu 11.19 ; Luc 7.34 ; 15.1.

      12 Les pharisiens (voir sur cette secte Matthieu 3.7, note), dans leur orgueilleuse propre justice, se croyaient en sant√© ou justes¬†; (verset 13) ils n'avaient donc pas besoin d'un m√©decin, de ce Sauveur qui venait gu√©rir les √Ęmes de leurs maladies morales. Mais ceux qui se portent mal, les malades, ces p√©cheurs qui se sentaient tels et qui l'entouraient en ce moment, eux avaient besoin de lui, et c'est pourquoi ils l'√©coutaient avec bonheur leur parler de pardon et de r√©conciliation avec Dieu.

      J√©sus faisait ainsi aux pharisiens une certaine concession, admettant une diff√©rence morale ext√©rieure entre eux et les p√©agers, mais c'√©tait une "concession ironique," comme dit Calvin, car au fond leur orgueil et leur duret√© de cŇďur envers ces pauvres p√©cheurs que J√©sus recevait, les rendaient, malgr√© leurs lumi√®res, plus coupables qu'eux devant Dieu. (Comparer Matthieu 9.13¬†; Luc 7.36 et suivants¬†; Luc 15.1 et suivants)

      13 Il y a une sévère désapprobation dans ces mots : allez et apprenez ! Pour d'autres, Jésus aurait dit : "Venez et apprenez de moi." (Matthieu 11.28,29)

      Osée 6.6, d'après les Septante, conformes à l'hébreu, qui porte : "Je prends plaisir à la miséricorde, non au sacrifice."

      Cette belle parole de l'écriture se retrouve citée en Matthieu 12.7. Quel en est le sens ?

      Selon la plupart des interprètes, Jésus l'applique aux pharisiens qui, sans miséricorde pour les péagers et les pécheurs, mettaient toute leur confiance pour leur salut dans les sacrifices qu'ils offraient et dans les dehors cérémonials de la religion ; précisément l'inverse de ce que Dieu veut.

      Selon d'autres, Jésus s'appliquerait à lui-même cette déclarations et justifierait ainsi par une parole divine la miséricorde dont il usait envers les pécheurs. Ces deux interprétations sont loin de s'exclure mutuellement. Si quelque chose au monde avait du apprendre aux pharisiens que la miséricorde est plus agréable à Dieu que le sacrifice, n'est-ce pas la tendre compassion du Sauveur ?

      La particule car qui motive les paroles suivantes ne se rapporte pas à la citation qui précède, mais à ces mots : "allez, apprenez," car pour moi je suis venu ...

      - Les justes et les p√©cheurs sont les gens en sant√© et les malades (vers. 13), et cette nouvelle comparaison des pharisiens avec les p√©agers renferme la m√™me ironie. J√©sus, sans exclure ces propres justes de son royaume, ne pouvait pas les y appeler, tant qu'ils persistaient dans leur orgueil. Car bien que le mot du texte re√ßu¬†: appeler √† la repentance, ne soit pas authentique ici (il l'est dans Luc) il est s√Ľr que le sentiment douloureux du p√©ch√© est la porte de ce royaume c√©leste auquel J√©sus appelait.

      14 Dans le récit de Luc, (Luc 5.33 et suivants) l'entretien avec les pharisiens continue ici et ce sont eux, semble-t-il, qui adressent à Jésus cette question. Selon Marc, (Marc 2.18 et suivants, notes) ce seraient les pharisiens et les disciples de Jean réunis.

      Quoi qu'il en soit, ces derniers y eurent part, et Matthieu les nomme seuls, parce que c'est √† eux, sans doute, que la r√©ponse de J√©sus importait le plus. Les disciples de Jean n'avaient pas tous suivi les conseils de leur ma√ģtre, qui les exhortait √† s'attacher √† J√©sus. Ceux qui ne l'avaient pas fait s'astreignaient aux prescriptions rigoureuses de la pi√©t√© des pharisiens, qu'ils pratiquaient sans doute avec plus de sinc√©rit√© que ces derniers. Ils menaient, √† l'exemple de leur ma√ģtre, une vie de repentance et d'aust√©rit√© dans laquelle le je√Ľne tenait une grande place. Leur question montre qu'ils √©taient scandalis√©s de la libert√© que J√©sus laissait √† ses disciples √† cet √©gard.

      15 Les amis de l'√©poux, ou amis de noce (grec les fils de la chambre nuptiale, h√©bra√Įsme), √©taient les jeunes gens qui accompagnaient l'√©poux quand il venait prendre sa fianc√©e pour l'emmener, entour√©e de ses amies, dans sa maison. (Matthieu 25.1 et suivants) Ils figurent les disciples de J√©sus, qui se pr√©sente lui-m√™me comme l'√©poux de l'Eglise.

      Les disciples de Jean durent comprendre cette belle image que leur ma√ģtre avait employ√©e. Jean 3.29. Ces amis ne devaient ni ne pouvaient (vers. 15) √™tre dans le deuil, s'attrister par le je√Ľne, tandis que J√©sus √©tait avec eux.

      En se d√©signant comme l'√©poux J√©sus affirme que, dans sa personne, c'est Dieu lui-m√™me qui visite son peuple, car, dans le langage de l'Ancien Testament, cette comparaison est exclusivement r√©serv√©e aux rapports de J√©hovah et d'Isra√ęl. Apr√®s avoir rappel√© sa supr√™me dignit√©, J√©sus, comme toujours, reporte sa pens√©e sur son abaissement supr√™me. (Matthieu 16.21)

      Quand l'√©poux leur sera √īt√© (grec enlev√© brusquement), alors ils je√Ľneront, au sein de leurs souffrances, de leurs tristesses, non parce que la loi l'ordonne, mais avec une sainte libert√©, afin de se livrer tout entiers √† la pri√®re et √† leurs rudes travaux. (Comparer Matthieu 17.21¬†; Actes 13.2,3,14.23)

      - C'est ici, dans notre évangile, la première fois que Jésus annonce sa mort, dont il eut, dès le commencement de son ministère, la plus claire prévision. (Jean 2.19 ; 3.14 ; comparez Jean 1.29) Quel jour ce fait jette sur toute sa vie !

      16 Cette image explique et prouve la déclaration qui précède. Nul ne s'avise d'appliquer une pièce de drap neuf (grec d'étoffe écrue, non foulée) à un vieil habit déchiré, afin de le raccommoder ; car (Grec :) ce remplissage emporte (une partie) de l'habit, et il se produit une déchirure pire, plus grande qu'auparavant. D'autres traduisent : "(la pièce) emporte sa plénitude (l'espace qu'elle remplit) de l'habit."

      Sens de cette image¬†: La vie nouvelle dont J√©sus est la source ne se concilie pas avec les institutions vieillies de la loi mosa√Įque, je√Ľnes, c√©r√©monies, etc., pour cette vie nouvelle, il faut de nouvelles formes qu'elle saura bien se cr√©er. La servitude l√©gale et la libert√© √©vang√©lique ne sauraient subsister ensemble. Le pr√©tendre n'est pas seulement une vaine tentative, mais c'est chose nuisible¬†: la d√©chirure est pire, le vin et les outres se perdent. (verset 17)

      On a la preuve historique de cette v√©rit√© dans les syst√®mes jud√©o-chr√©tiens des premiers si√®cles, qui tentaient pr√©cis√©ment d'ajouter des lambeaux du christianisme aux traditions l√©gales du mosa√Įsme. La v√©rit√© et la vie nouvelle y p√©rirent √©galement.

      Jésus n'est pas venu pour raccommoder ce qui était vieilli et usé, (Hébreux 8.13) mais pour créer à nouveau un monde religieux et moral. (Comparer Romains 7.6. voir la note suivante.) Luc présente cette parabole sous une forme un peu différente. (Luc 5.36 note.)

      L'interpr√©tation qu'on vient de lire est peut-√™tre la plus simple et la plus naturelle. Les ex√©g√®tes modernes ont trouv√© qu'elle ne serrait pas d'assez pr√®s les termes de la comparaison et ont object√©, "que si l'on rattache tr√®s √©troitement cette parabole au sujet pr√©c√©dent, celui du je√Ľne, J√©sus aurait d√Ľ dire¬†: On n'ajoute pas un morceau de vieux drap (le je√Ľne l√©gal) √† un habit neuf (la nouvelle mani√®re de vivre de mes disciples) tandis qu'il dit pr√©cis√©ment le contraire On ne prend pas du neuf pour compl√©ter le vieux." F. Godet.

      On a donc propos√© plusieurs autres explications. Nous n'en mentionnerons que deux¬†: M.M. Beyschlag et B. Weiss pensent que J√©sus, r√©pondant aux disciples de Jean (verset 14) veut montrer qu'ils ont raison, √† leur point de vue¬†; que tant qu'ils restent sur le terrain du juda√Įsme ils font bien de conserver fid√®lement les prescriptions l√©gales, que la moindre introduction d'un principe de libert√© dans leur vie religieuse (comme l'exemption du je√Ľne que J√©sus octroie √† ses disciples) ferait voler en √©clats tout leur syst√®me d'observances rituelles. M. Godet (dans la troisi√®me √©dition de son Commentaire sur saint Luc), pense que J√©sus a en vue, non les disciples de Jean-Baptiste, dont il lui importait peu de justifier les pratiques, mais ses propres disciples.

      La question (verset 14) √† laquelle J√©sus r√©pond, peut en effet, se traduire¬†: "Pourquoi tes disciples ne je√Ľnent-ils pas, tandis que nous et les pharisiens nous je√Ľnons." Ils ne je√Ľnent pas, r√©pond J√©sus (verset 15) parce que l'√©poux est avec eux, mais quand l'√©poux leur sera √īt√©, alors ils je√Ľneront. Et c'est ce je√Ľne nouveau auquel ils se livreront alors que J√©sus veut caract√©riser dans la comparaison du verset 16. On ne peut, dit-il, d√©tacher celui-ci de toute cette vie et de cette saintet√© nouvelles auxquelles il appartiendra, pour l'appliquer √† des hommes qui sont encore dans l'√©tat l√©gal. Il faut suspendre la solution de la question du je√Ľne et de toutes les pratiques religieuses jusqu'√† ce qu'un √©tat de choses nouveau puisse √™tre substitu√© tout d'une pi√®ce √† l'√©tat pr√©sent.

      - L'une et l'autre explication sont quelque peu subtiles. Les auditeurs de J√©sus auraient d√Ľ √™tre dou√©s d'une rare p√©n√©tration pour d√©couvrir cette signification sp√©cieuse de l'image qu'il employait. Aussi est-il plus prudent, peut-√™tre, de s'en tenir au sens g√©n√©ral indiqu√© d'abord. Bien des paraboles du Sauveur nous montrent qu'il convient de n'en pas presser les termes ni appliquer les d√©tails. (Parabole de l'√©conome infid√®le, du tr√©sor dans un champ, Lazare √† la porte du riche, etc.)

      17 Aujourd'hui encore, en Orient, on conserve et transporte les liquides, l'eau, l'huile, le vin, dans des outres faites en peau de chèvre. Si ces outres sont vieilles, usées, le vin nouveau qu'on y mettrait les romprait par la force de la fermentation et contenant et contenu seraient perdus.

      Quel est le sens de cette seconde parabole ? Quant au vin nouveau, il ne saurait y avoir doute. Il représente, comme dans la précédente image, l'esprit nouveau, la vie nouvelle que Jésus apportait au monde. Mais les outres, les vieilles, les nouvelles ? Trois interprétations diverses se présentent ici, soutenues par des exégètes également éminents.

      1¬į Les uns voient dans cette parabole, comme dans la pr√©c√©dente, un contraste entre les institutions l√©gales de l'Ancien Testament d√©fendues par les pharisiens, et la v√©rit√© nouvelle apport√©e par J√©sus-Christ. Pour contenir cette vie √©vang√©lique, il faut aussi des institutions nouvelles qui puissent la supporter et la conserver. (Meyer et d'autres.)

      Mais est-il probable que J√©sus ait voulu exprimer exactement la m√™me id√©e par ces deux comparaisons¬†? Toutes les fois qu'il rend sa pens√©e, comme ici, par deux courtes paraboles (le grain de s√©nev√© et le levain, le tr√©sor et la pierre pr√©cieuse, Matthieu 13), il met entre l'une et l'autre une nuance importante qu'il faut saisir. M. Beyschlag, avec le sens sp√©cial qu'il donne √† la premi√®re parabole (voir note pr√©c√©dente) √©chappe √† cette objection. D'apr√®s lui, J√©sus qui a r√©pondu dans la parabole du verset 16 √† cette question¬†: "Pourquoi les disciples de Jean et des pharisiens je√Ľnent-ils¬†?" r√©pond maintenant √† celle-ci¬†: "Pourquoi tes disciples ne je√Ľnent-ils pas¬†?" "Parce qu'ils ne peuvent enfermer l'esprit nouveau du royaume des cieux dans les formes us√©es du juda√Įsme."

      Cette relation établie entre les deux paraboles est ingénieuse ; mais elle suppose admise l'interprétation donnée par M. Beyschlag de la première parabole, et, en voyant dans les vieilles outres l'ancienne économie, elle ne tient pas compte de ce trait distinctif de la seconde parabole, qui substitue à l'unité du vieux vêtement la pluralité des outres.

      2¬į Se fondant sur ce d√©tail, d'autres ex√©g√®tes ont vu dans notre seconde image, non plus les institutions de l'ancienne et de la nouvelle Alliance avec leur esprit diff√©rent, mais les repr√©sentants respectifs de l'une et de l'autre. J√©sus prend pour ses disciples, non les pharisiens, les pr√™tres, les scribes, incapables de recevoir la vie nouvelle, qui, comme un vin g√©n√©reux, aurait fait √©clater toutes leurs conceptions religieuses et n'aurait pu se d√©velopper en eux. Il choisit des hommes nouveaux, Matthieu le p√©ager et les autres disciples. Telles seraient les outres neuves qu'il oppose aux vieilles outres.

      Cette interprétation, exposée avec talent par M. Godet dans son Commentaire sur saint Luc Luc 5.37,38, est très admissible, car les paroles de Jésus projettent leur lumière sur les sujets qu'il traite et tout à l'entour. Mais on peut reprocher à cette explication de la parabole de n'être pas directement donne par l'ensemble du discours.

      3¬į On a donc cherch√© et trouv√©, croyons-nous, le vrai point de comparaison entre les disciples m√™mes de J√©sus, "encore infirmes et tendres," comme dit Calvin, "et la discipline plus √©troite et s√©v√®re qu'ils n'eussent pu encore porter."

      "Ils ne peuvent s'attrister et je√Ľner, avait dit le Ma√ģtre, tant que l'√©poux est avec eux." C'est un temps de pr√©paration et d'attente pendant lequel, √©tant encore dans leur vieille nature d'hommes p√©cheurs, ils ne sauraient ni pratiquer la loi avec ses exigences infinies ni contenir la vie de l'esprit dans sa pl√©nitude. Ils en seraient bris√©s, comme Paul nous apprend que la seule d√©couverte de la spiritualit√© de la loi le tua. (Romains 7.9,10)

      "Mais les jours viendront" o√Ļ, renouvel√©s en tout leur √™tre par l'Esprit de Dieu, ils recevront la pl√©nitude de la vie nouvelle et verront accomplie dans leur vie toute "la justice de la loi." (Romains 8.2-4) Cette application de la seconde parabole √† l'homme int√©rieur, soutenue par Calvin, N√©ander (qui explique aussi la premi√®re de la m√™me mani√®re) et d'autres, √©tait une le√ßon s√©rieuse pour les disciples de Jean, une r√©ponse directe √† leur question au sujet de ces je√Ľnes l√©gaux qui n'√©taient que le rapi√©√ßage d'un vieil habit, et qui les rendaient incapables de recevoir la vie nouvelle. Et cet enseignement profond est d'une application universelle √† l'√©ducation religieuse et √† l'exp√©rience chr√©tienne. Il montre enfin combien le Seigneur avait d√®s lors la conscience claire de l'Ňďuvre absolument nouvelle qu'il venait accomplir¬†: il sait qu'il est, non un r√©formateur seulement, mais le cr√©ateur d'un monde nouveau.

      18 18 à 26 Guérison d'une femme malade. Résurrection d'une jeune fille.

      Comparer Marc 5.22-43,Luc 8.40-56.

      - Ces mots : Comme il leur disait ces choses, un chef étant entré, et (verset 19) Jésus s'étant levé (de table) montrent que, d'après notre évangéliste, cet homme s'approcha de Jésus immédiatement après le discours précédent, et encore dans la maison de Matthieu. (verset 10)

      Marc et Luc assignent à cette histoire une tout autre place et pour le temps et pour le lieu. (Voir Marc 5.21, note.)

      B et quelques majuscules ont : s'étant approché au lieu de étant entré.

      - Ce chef √©tait, selon Marc 5.22 (et suivants) et Luc 8.41 (et suiv), qui racontent avec plus de d√©tails, pr√©sident de la synagogue de Caperna√ľm c'est-√†-dire qu'il √©tait charg√© de surveiller et de diriger le culte. Il s'appelait Ja√Įrus et la jeune fille √Ęg√©e de douze ans pour laquelle il implore le secours du Seigneur √©tait son unique enfant. D'ordinaire les hommes de cette classe n'√©taient pas prostern√©s aux pieds de J√©sus¬†; mais ici, l'√©preuve avait d√©j√† produit son fruit.

      - La parole de Ja√Įrus¬†: Ma fille est morte (grec a fini) il y a un instant diff√®re dans le r√©cit de Marc, o√Ļ il dit¬†: "est √† l'extr√©mit√©" et de Luc, o√Ļ il s'exprime ainsi¬†: elle "se meurt." Il l'avait donc quitt√©e encore vivante¬†; et en effet, selon ces deux derniers √©vangiles, Ja√Įrus n'apprend la mort de son enfant que lorsque J√©sus s'√©tait mis en chemin avec lui pour se rendre dans sa maison. Peut-√™tre supposait-il que l'enfant qu'il avait laiss√©e √† l'extr√©mit√©, √©tait morte maintenant, ou bien Matthieu raconte, selon son habitude, seulement les faits de la mort et de la r√©surrection, en omettant les circonstances secondaires.

      21 Dans les trois synoptiques, l'histoire touchante de cette guérison trouve place comme épisode, dans le récit de la résurrection de la jeune fille. Ici encore Matthieu résume, tandis que Marc et Luc peignent la scène avec des détails nouveaux qui lui donnent un caractère assez différent. (Voir Marc 5.30, note.) Cette pauvre femme, depuis si longtemps malade, s'approche de Jésus "par derrière," en se cachant, parce que sa maladie la rendait souillée selon la loi, (Lévitique 15.19 et suivants) ce qui ajoutait encore à son affliction.

      Elle para√ģt avoir eu une confiance illimit√©e, m√™me un peu superstitieuse, en la puissance de J√©sus. C'est ce qui ressort de sa pens√©e que le contact seul du bord (ou de la frange) de son v√™tement (Luc 8.44, note) pourrait la gu√©rir. Sa foi obscure, mais sinc√®re, la conduit pourtant √† son but. (verset 22) Seulement J√©sus insiste pour la faire parler, l'√©clairer (voir Marc et Luc, notes), la convaincre que ce n'√©tait pas l'attouchement d'un v√™tement qui l'avait gu√©rie, mais la parole puissante et mis√©ricordieuse du Sauveur r√©pondant √† sa foi.

      22 Jésus, voyant cette pauvre femme intimidée, "tremblante" (Luc), "effrayée" (Marc), lui adresse d'abord de touchantes paroles d'encouragement, (comparez verset 2) puis il attribue sa délivrance à sa foi, pour bien lui faire comprendre que ce n'est pas le vêtement touché qui, par une action magique, a opéré la guérison.

      Bien plus, cette grande parole¬†: ta foi t'a sauv√©e (ici se trouve le parfait, exprimant l'action d√©j√† accomplie et permanente dans ses r√©sultats), va plus loin que la gu√©rison du corps. Cette d√©livrance et la tendre charit√© de J√©sus form√®rent entre lui et cette femme un lien qui eut pour effet le salut de son √Ęme.

      23 On sait que chez les peuples de l'antiquité, dès que quelqu'un avait expiré on appelait des joueurs de divers instruments et des femmes qu'on nommait des "pleureuses," afin de faire entendre des airs lugubres et de grandes lamentations sur le mort.

      - La foule que Jésus trouve là, se composait de tous ces gens et des amis et voisins accourus pour faire leurs condoléances.

      24 Jésus fait retirer tout ce monde il veut agir dans le calme et le silence. De sa parole, comprise trop littéralement, des exégètes très sérieux (Olshausen, Néander et d'autres) ont conclu que la jeune fille n'était réellement pas morte mais endormie d'un sommeil léthargique.

      Les √©vang√©listes ont √©videmment une conviction oppos√©e¬†; (voir Luc 8.53 note) une autre parole semblable du Sauveur, Jean 11.11,14 d√©signait aussi une mort r√©elle. L√† o√Ļ est J√©sus, la mort n'est plus la mort, mais un sommeil toujours suivi du r√©veil, le repos apr√®s les fatigues de la vie.

      Fin du verset : Ce qui montre combien ils étaient convaincus que la jeune fille était réellement morte.

      25 Grec : elle fut relevée, ou réveillée, ou ressuscitée.

      Le verbe a ces trois acceptation dans le Nouveau Testament.

      - Selon Matthieu, qui abrège, ce miracle se serait accompli sans parole. C'est la main du Sauveur prenant la main de la jeune fille qui aurait rendu la vie à celle-ci. Mais voir Marc et Luc.

      27 27 à 38 Guérison de deux aveugles et d'un muet démoniaque. Activité compatissante de Jésus.

      Ce nom de fils de David d√©signait le Messie dans le langage du peuple, qui croyait aux proph√©ties de l'Ancien Testament annon√ßant l√† naissance de ce lib√©rateur dans la famille du grand roi d'Isra√ęl. (Matthieu 15.22 et ailleurs.) Ces aveugles, ayant sans doute eu connaissance de J√©sus et de ses Ňďuvres, l'invoquent comme le Sauveur promis √† leur peuple. J√©sus ne se donne jamais ce nom, mais il l'approuve. (Matthieu 22.42)

      28 Dans la maison o√Ļ demeurait J√©sus. Il veut leur parler et les gu√©rir en particulier afin de ne pas attirer l'attention. (verset 30)

      C'est pourquoi il ne répond pas à leurs cris de détresse tant qu'il est en chemin, mais quand, malgré cet accueil peu encourageant, ils l'ont suivi jusque dans la maison alors il leur accorde la guérison.

      29 Partout et toujours c'est la foi qui ouvre le cŇďur de l'homme √† l'action divine. (Matthieu 8.13)
      30 C'est-à-dire qu'ils recouvrèrent la vue par la puissance créatrice de cette parole. (verset 29)

      Voir sur le but de ces d√©fenses, Matthieu 8.4. Cette fois, J√©sus accentue sa d√©fense, par des raisons qui nous sont inconnues. Le verbe que nous traduisons par parler avec menace exprime un violent mouvement de l'√Ęme¬†; le m√™me terme d√©signe ailleurs une √©motion produite par des causes diff√©rentes. Marc 1.43¬†; Jean 11.33

      31 Désobéissance répréhensible, mais excusable par son motif :

      "Le sentiment d'une telle gr√Ęce ne leur permet pas d'en taire le bienfait." J√©r√īme. (Comparer Marc 1.45)

      - Le récit de ce miracle et du suivant ne se trouve que dans Matthieu.

      33 Voir sur les démoniaques, Matthieu 8.28, note.

      - Il n'est pas dit, dans le cas pr√©sent, si le mutisme de cet homme venait de l'influence d'un d√©mon ou s'il avait cette infirmit√© d√®s sa naissance¬†; mais il est sur que sa gu√©rison co√Įncida avec l'expulsion du d√©mon.

      34 Ces pharisiens ne nient point les miracles de J√©sus¬†; mais, dans leur incr√©dulit√© haineuse, ils pr√©f√®rent les attribuer au diable plut√īt qu'√† Dieu. Voir la m√™me accusation √† l'occasion d'une gu√©rison semblable et la r√©ponse de J√©sus dans Luc 11.14-23.

      Matthieu rapporte ce discours à propos de la guérison d'un démoniaque aveugle et muet, qui fut pour les pharisiens l'occasion de répéter leur propos. (Matthieu 12.22-37)

      35 Jésus parcourt en vrai missionnaire les divers lieux du pays ; il n'attend pas que les hommes viennent à lui, il va à eux.

      - Enseigner, pr√™cher la bonne nouvelle du royaume et gu√©rir le corps et l'√Ęme, telle est son Ňďuvre de Sauveur. (Voir sur le royaume qu'il fondait, Matthieu 3.2, note.)

      - Le texte reçu avec les majuscules plus récents ajoute à ces mots : toute maladie et toute langueur, ceux-ci : "parmi le peuple."

      Par ce résumé de l'activité du Sauveur, répétition textuelle de Matthieu 4.23, l'évangéliste termine le tableau général du ministère de Jésus.

      36 Ce mot que nous traduisons par être ému de compassion, et qui se retrouve souvent dans les évangiles appliqué à Jésus, signifie proprement être ému dans ses entrailles, et exprime cette douloureuse sympathie avec laquelle il partageait les maux et les souffrances de notre pauvre humanité.

      Ici, ce sentiment de tendre charité est excité par la vue de ces foules semblables à des brebis sans berger, lesquelles sont, non pas seulement "dispersées et errantes," selon nos anciennes versions, mais, d'après le vrai texte, fatiguées et gisantes (grec jetées).

      Cet √©tat d'√©puisement et de souffrance est n√©cessairement celui de brebis priv√©es de direction, de protection et de nourriture parce qu'elles n'ont point de berger. Image juste et frappante de l'√©tat d'√Ęmes sans lumi√®re, sans paix, sans Dieu. Quel motif pour l'exhortation qui suit¬†! (verset 38)

      37 C'est pr√©cis√©ment dans le lamentable √©tat moral des hommes de son temps que J√©sus voit les indices d'une grande moisson d'√Ęmes, pr√™te √† √™tre recueillie dans le royaume de Dieu. (Comparer Luc 10.2¬†; Jean 4.35)

      Plus l'homme sent sa mis√®re et en souffre, plus ses besoins profonds le jettent dans les bras du Sauveur. Mais, pour la moisson, il faut des ouvriers pour conduire les √Ęmes √† la source de l√† vie, il faut des serviteurs de Dieu qui la leur montrent avec amour¬†; et alors il y en avait si peu, que le Sauveur demande √† ses disciples de prier pour que le nombre en soit accru. (verset 38)

      38 Grec : afin qu'il lance des ouvriers. Expression énergique dictée par un besoin impérieux. C'est Dieu qui seul suscite forme, envoie de bons ouvriers dans son règne, mais il faut que l'Eglise en prière les lui demande.

      - C'est par cette mention de la profonde mis√®re du peuple et de l'ardent d√©sir de J√©sus qu'un prompt secours lui soit envoy√©, que Matthieu pr√©pare le r√©cit qui va suivre de la premi√®re mission des ap√ītres. (ch. 10.)

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