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Zacharie 10

    • 1

      Demandez à l'Eternel. L'Eternel promet, mais l'homme doit s'approprier la promesse et la lui présenter à son tour sous forme de prière.

      De la pluie. Cette image de la b√©n√©diction divine se rattache √† celle par laquelle se terminait le tableau pr√©c√©dent (le froment et le mo√Ľt, 9.17).

      Au printemps. Litt√©ralement : Au temps de la pluie de l'arri√®re-saison, c'est-√†-dire de la saison qui pr√©c√®de imm√©diatement la moisson (d√®s avril ; J√©r√©mie 5.24 ; Jo√ęl 2.23).

      C'est l'Eternel qui fait... : non pas en ce moment, mais toujours.

      De l'herbe. Comparez Psaumes 104.14.

      2

      Les théraphim : les idoles domestiques que l'on consultait comme des divinités protectrices. Voir Ezéchiel 21.26 ; Osée 3.4, notes. Les Hébreux les avaient apportées avec eux de Mésopotamie (Genèse 31.19). On prétend que, comme il n'en est plus parlé après la captivité, nous avons ici un indice de la composition de cette prophétie à une époque plus ancienne. Mais le sens de la prophétie est précisément l'inutilité complète dont a été pour le peuple, dans les temps précédents, l'adoration des théraphim : Leurs promesses ne vous ont servi de rien et n'ont point empêché les catastrophes qui vous ont frappés.

      Les devins : ceux que le peuple consultait autrefois au temps de son idol√Ętrie et qui promettaient faussement la d√©livrance. Ce sont l√† les consolations frivoles dont parle la phrase suivante.

      C'est pourquoi ils ont d√Ľ partir : les fils d'Isra√ęl qui, par un effet de leur confiance aux faux dieux, ont d√Ľ s'√©loigner (litt√©ralement d√©camper), pour s'en aller en exil. Il est difficile de voir quel sens auraient ces mots ont d√Ľ partir, prononc√©s longtemps avant la captivit√© d'Ephra√Įm ou de Juda.

      Comme des brebis. Isra√ęl coupable, s√©par√© de son Dieu qui s'√©tait retir√© de lui, a √©t√© comme un troupeau sans berger, qui erre en d√©tresse.

      3

      Mais le temps du ch√Ętiment est pass√©. C'est sur les oppresseurs que le jugement tombera.

      Les bergers et les boucs d√©signent ici les puissances pa√Įennes sous le joug desquelles est tomb√© Isra√ęl, apr√®s qu'il a perdu son vrai conducteur. Pour l'expression les boucs, comparez Esa√Įe 14.9, o√Ļ ce terme d√©signe les grands de la terre.

      Je ch√Ętierai : litt√©ralement, je visiterai contre.

      Car l'Eternel visite. Le mot visite est pris ici dans un sens favorable, ce que le proph√®te fait sentir en retranchant la pr√©position contre. Comparez dans le Nouveau Testament Luc 1.68, etc. L'Eternel visite les ennemis par le ch√Ętiment, parce qu'il a visit√© son peuple dans son amour.

      La maison de Juda. C'est par cette tribu que la délivrance commence.

      Son cheval d'honneur : l'instrument principal de sa victoire.

      4

      De lui : de Juda. Juda, longtemps asservi, sera mis √† la t√™te des nations. Cette position privil√©gi√©e est d√©crite par plusieurs images : la pierre angulaire, fondement de l'√©difice ; le pieu central, qui sert de point d'appui √† la tente toute enti√®re ; l'arc, d'o√Ļ partent les traits infaillibles que d√©coche J√©hova.

      De lui viendront tous les chefs : les conducteurs futurs des nations ; litt√©ralement oppresseurs, comme 9.8 ; seulement auparavant l'oppresseur √©tait un chef √©tranger, r√©gnant sur Isra√ęl, maintenant c'est l'inverse.

      5

      Pi√©tinant dans la boue. On a vu dans cette boue, comme dans les pierres de fronde, l'image des ennemis foul√©s aux pieds. Nous pensons plut√īt que c'est ici l'image d'une d√©marche fi√®re qu'aucun obstacle n'arr√™te. Ces guerriers sont des fantassins qui attaquent hardiment la cavalerie ennemie dont parle la fin du verset. La cavalerie formait la principale force des arm√©es √©trang√®res, √† cette √©poque (Daniel 11.40).

      6

      Je sauverai la maison de Joseph. Apr√®s que l'Eternel aura remport√© la victoire par Juda, il d√©livrera aussi Ephra√Įm.

      Comme si je ne les avais pas rejet√©s. On ne comprend pas comment le proph√®te e√Ľt parl√©, de la sorte, si le peuple n'avait pas encore √©t√© rejet√©.

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      Je sifflerai. C'est le signal du retour pour le peuple des dix tribus (comparez Esa√Įe 5.26 ; 7.18).

      Je les rassemblerai : de l'exil.

      Nombreux autant qu'ils l'ont √©t√©. Le temps de la gloire appara√ģt donc en ce moment comme un temps compl√®tement pass√©. Comment un proph√®te aurait-il parl√© ainsi au temps o√Ļ le royaume des dix tribus subsistait encore¬†? A quelque √©poque, sans doute, que l'on place cette proph√©tie sur le peuple des dix tribus il n'est pas facile d'en montrer l'accomplissement. Car une grande partie de ce peuple para√ģt s'√™tre fondue avec les populations pa√Įennes au milieu desquelles il avait √©t√© d√©port√©. Nous avons d√©j√† trait√© de cette difficult√© √† la fin d'Os√©e et montr√© que cette promesse avait re√ßu un commencement d'accomplissement soit dans le r√©tablissement de la population galil√©enne, soit dans le retour d'un certain nombre d'Isra√©lites avec les membres de la tribu de Juda, qui revinrent en Jud√©e et reb√Ętirent J√©rusalem et le temple. Mais les termes du proph√®te paraissent avoir une port√©e plus g√©n√©rale et plus lointaine encore, quoiqu'il ne soit pas possible d'expliquer comment les restes des dix tribus pourront encore jouer un jour le r√īle qui leur est promis. Cette proph√©tie relative √† Ephra√Įm rentre dans la promesse de saint Paul : Tout Isra√ęl sera sauv√©. Romains 11.26.

      9

      On traduit parfois : Quand je les s√®merai... ; mais la relation avec la promesse suivante, ils se souviendront de moi, montre qu'il s'agit de la m√™me dispersion que celle qui √©tait suppos√©e d√©j√† au verset 8. Le sens est donc, comme nous l'avons rendu dans la traduction : Quand je les aurai sem√©s, c'est-√†-dire dispers√©s. Plusieurs interpr√®tes ont pris ce mot sem√©s dans un sens favorable, soit pour dire que le peuple se multipliera comme les Isra√©lites se multipli√®rent en Egypte, soit pour dire qu'ils seront une semence de salut parmi les peuples. Mais les paroles suivantes : ils se souviendront de moi, supposent qu'il s'agit d'un √©tat ant√©rieur d'√©loignement de Dieu et de ch√Ętiment. Comparez L√©vitique chapitre 26.

      Ils vivront : d'une nouvelle vie spirituelle.

      10

      De la terre d'Egypte..., d'Assyrie. Ce passage est l'un de ceux sur lesquels appuient le plus ceux qui placent la composition de cette proph√©tie avant la destruction du royaume des dix tribus. En effet, les proph√®tes de ce temps mentionnent souvent ces deux contr√©es comme celles d'o√Ļ l'Eternel retirera son peuple (Os√©e 11.11 ; Esa√Įe 27.13). Sans doute, l'Egypte ne peut √™tre nomm√©e dans ces passages que comme type permanent de la maison de servitude (Os√©e 9.3) ; et sous ce rapport, son nom peut figurer √† toutes les √©poques de la proph√©tie pour d√©signer un √©tat de captivit√©. Mais il n'en est pas ainsi de l'Assyrie ; c'√©tait vers la fin du royaume des dix tribus le grand pays √† citer comme terre de d√©portation, tandis qu 'apr√®s le temps de l'exil, c'est plut√īt de la Babylonie qu'un proph√®te semblait devoir parler. Cependant m√™me √† l'√©poque de Zacharie, on pouvait fort bien citer encore l'Assyrie comme terre d'exil, puisque la grande majorit√© du peuple des dix tribus, (c'est de lui surtout qu'il est question dans notre passage), n'√©tait point revenue de la captivit√© assyrienne, tandis que l'√©dit de Cyrus avait de fait mis fin √† l'exil babylonien.

      Galaad... Liban. Ces deux localit√©s sont choisies comme repr√©sentant les deux contr√©es appartenant aux dix tribus, situ√©es des deux c√īt√©s du Jourdain.

      Mer de d√©tresse. Cette expression nous reporte au moment de la sortie d'Egypte, lorsque Isra√ęl, enferm√© entre l'arm√©e de Pharaon et la mer Rouge, se croyait d√©j√† perdu (Exode 14.10).

      Il frappera les flots. Isra√ęl est repr√©sent√© comme frappant lui-m√™me les flots du grand fleuve, le Nil (le fleuve), c'est-√†-dire qu'il renversera sans peine tous les obstacles qui pourraient s'opposer √† son r√©tablissement final. Ces obstacles sont figur√©s par les deux puissances qui l'avaient opprim√© dans le pass√© : l'Egypte et l'Assyrie. L'ancienne Egypte et l'ancienne Assyrie, en vertu de ce qu'elles ont √©t√© dans le pass√©, servent √† d√©signer la puissance dont Dieu affranchira son peuple √† l'√©poque de la d√©livrance d√©crite par le proph√®te.

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