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1 Pierre 3

    • 1 Chapitre 3.

      1 à 7 Conduite des femmes chrétiennes envers lerus maris. Devoirs des maris.

      Pierre montre par ce mot qu'il poursuit l'exhortation commenc√©e 1Pierre 2.18, et qu'il veut s'adresser aux divers √©tats de la vie sociale, comme le fait l'ap√ītre Paul dans Eph√©siens 5.22 et suivants¬†; Eph√©siens 6.1 et suivants

      2 Gagner √† l'√Čvangile leurs maris qui lui sont encore √©trangers, voil√† le saint motif que l'ap√ītre donne aux femmes chr√©tiennes pour les porter √† la soumission (1Pierre 2.13) et √† une conduite pure.

      En effet, une vie sanctifi√©e par l'√Čvangile sera toujours le plus puissant t√©moignage pour la conversion des incr√©dules, m√™me sans parole. (verset 1)

      Jeu de mots amen√© par la mention pr√©c√©dente de la Parole de Dieu. L'ap√ītre veut dire que la parole de la femme ne saurait avoir l'efficace de la Parole de Dieu, que la femme doit pr√™cher par sa conduite plut√īt que par des paroles. Si son mari est encore oppos√© √† l'√©vangile, c'est en effet la seule pr√©dication capable de le convertir.

      Des exhortations directes √† la conversion, surtout si la conduite de la femme n'est pas en pleine harmonie avec ses paroles, seront le plus s√Ľr moyen de l'√©loigner toujours davantage. Du reste, on comprendrait mal ce conseil, d'une profonde sagesse chr√©tienne, si l'on en concluait qu'un s√©rieux t√©moignage rendu √† la v√©rit√©, en parole, soit interdit √† la femme, lorsque Dieu lui en fournit l'occasion.

      Pierre veut dire simplement que la conduite agira m√™me plus s√Ľrement sans le secours de la parole.

      - Grec : En ayant considéré votre pure conduite dans la crainte. La crainte dont Pierre parle ici est le respect de la femme pour son mari.

      D'autres y voient, comme dans 1Pierre 1.17 et 1Pierre 2.18, la crainte de Dieu, principe supérieur de la pureté de sa conduite.

      4 Ainsi, la parure ne doit pas √™tre (gr) celle du dehors, (verset 3) d√©crite par l'ap√ītre, mais celle de (gr) l'homme cach√© du cŇďur (le cŇďur, si√®ge des affections, des dispositions morales). Ce terme est √† peu pr√®s synonyme de "l'homme int√©rieur¬†;" (Romains 7.22¬†; 2Corinthiens 4.16) mais Pierre choisit √† dessein un mot qui exprime le contraire du d√©sir de para√ģtre, la modestie qui se cache et s'efface volontiers.

      En quoi consistera la parure de cet homme cach√© du cŇďur¬†? En un esprit doux et paisible. Mais comme cette douceur, cette paix sont des fruits de l'Esprit de Dieu, qu'ils sont par cons√©quent permanents, imp√©rissables, et forment le contraste le plus absolu avec la parure ext√©rieure, qui est la vanit√© et le n√©ant m√™me, l'ap√ītre les caract√©rise par ce mot frappant¬†: La parure incorruptible (ou, comme d'autres traduisent¬†: l'incorruptibilit√©) d'un esprit doux et paisible.

      Cette parure-là, qui est d'un grand prix devant Dieu, ne peut jamais ni se corrompre ni périr. Entre ces deux sortes de parures, quelle est la femme chrétienne qui puisse hésiter ?

      6 Exemples de cet "esprit doux et paisible" (verset 4) qui est la parure de la femme.

      - C'est dans Genèse 18.12, que Sara appelle Abraham : Mon seigneur.

      M√™me les femmes pa√Įennes √©taient devenues, par leur conversion √† l'Evangile, les enfants de Sara, la vraie post√©rit√© d'Abraham. (Romains 4.11¬†; Galates 4.22 et suivants)

      Elles montrent, en faisant le bien, qu'elles appartiennent √† cette filiation spirituelle¬†; et alors, quoi qu'elles puissent avoir √† souffrir pour leur foi, m√™me de la part de maris infid√®les, (verset 1) elles peuvent ne craindre aucun sujet de frayeur (sens litt√©ral), expression que l'ap√ītre emprunte au livre des Proverbes. (Proverbes 3.25)

      7 Ayez ce même esprit de douceur, de support, d'amour envers vos femmes. (Ephésiens 5.25 et suivants, note)

      Grec¬†: cohabitez ou demeures ensemble c'est-√†-dire comportez-vous, conduisez vous dans la vie domestique, (grec) selon la connaissance, soit la connaissance de l'Evangile, soit, plut√īt, selon la sagesse, l'esprit de tact et de discernement qu'exigent de telles relations, comme le montre le motif indiqu√© dans les paroles qui suivent.

      Grec : comme envers un vase, ou instrument plus faible, le féminin.

      Les uns entendent cette expression du corps, de l'√™tre physique, comme contenant et instrument de l'√Ęme. (Comparer 1Thessaloniciens 4.4) Mais, puisque la femme est distincte de l'homme par ses aptitudes intellectuelles et morales aussi, il vaut mieux voir dans ce terme une d√©signation de l'√™tre entier. (2Corinthiens 4.7¬†; Romains 9.21¬†; 2Timoth√©e 2.20,21)

      Le fort doit, en raison de sa sup√©riorit√© d√©j√†, √™tre mod√©r√© envers le faible¬†; mais √† ce motif l'ap√ītre en ajoute un autre beaucoup plus √©lev√©, plus saint¬†: c'est la pens√©e que la femme, comme le mari est h√©riti√®re de la gr√Ęce de la vie. Cette consid√©ration est applicable √† tous nos rapports avec nos fr√®res, et propre √† sanctifier ces relations. (verset 8)

      Aussi bien les pri√®res particuli√®res que les pri√®res en commun, dans le sein de la famille, sont infailliblement (grec) emp√™ch√©es l√† o√Ļ r√®gnent des passions imp√©rieuses, o√Ļ manque la mod√©ration recommand√©e √† l'√©poux chr√©tien. Ces passions font obstacle √† la pri√®re elle-m√™me et pas seulement √† ses effets. (Comparer Matthieu 5.23,24¬†; 1Timoth√©e 2.8¬†; Jacques 4.3)

      8 8 à 16 Bienveillance envers tous. Une bonne conscience est notre meilleure défense.
      9 Pierre étend à tous les croyants les recommandations qu'il a adressées aux époux. Les devoirs divers de la vie chrétienne, dans nos rapports avec nos frères, se réduisent à une humble et active charité.

      Aimer comme J√©sus-Christ a aim√©, voil√† tout le secret pour rendre ces relations intimes, grandes, saintes. On dirait que l'ap√ītre a emprunt√©, trait pour trait au caract√®re de J√©sus les vertus qu'il prescrit ici au chr√©tien, depuis la compassion pour les plus faibles jusqu'√† l'amour des ennemis. (1Pierre 2.21-23¬†; Romains 12.17¬†; Matthieu 5.44¬†; Luc 6.27,28)

      10 Qui veut pouvoir l'aimer, en jouir dans le vrai sens, ne pas se la rendre amère, y trouver de bons jours, malgré les misères qui en sont inséparables, - qu'il renonce au péché qui y répand son poison.

      La citation de versets 10-12 est empruntée au Psaumes 34.12-17, déjà cité 1Pierre 2.3.

      12 Dans le Psaume (Psaumes 34) il est ajouté : "pour exterminer leur mémoire de la terre."

      L'ap√ītre ne transcrit pas ces redoutables paroles, mais il en a dit assez pour montrer qu'elles sont dans sa pens√©e, comme dans celle du psalmiste.

      13 L'ap√ītre sait bien que le monde peut, dans un sens, faire du mal et beaucoup de mal, au chr√©tien¬†; il va le dire lui-m√™me¬†; (verset 14) mais il ne voit le mal, dans le vrai sens du mot, que dans le p√©ch√©. (versets 10-12)

      - Pour celui qui est zélé pour le bien (le texte reçu porte : imitateurs du bien), le mal qui peut lui venir du dehors, à cause du nom de Christ, ne saurait que tourner à son bien. (verset 14)

      "Qui est bien avec Dieu n'a rien à craindre des hommes." Quesnel.

      14 voir 1Pierre 4.14 ; Matthieu 5.10.
      15 Esa√Įe 8.12,13, cit√© d'apr√®s les Septante, qui portent¬†: "Ne craignez point sa crainte (du peuple) et ne soyez point troubl√©s¬†; le Seigneur des arm√©es (Zebaoth), lui, sanctifiez-le, et lui sera votre crainte."

      Au lieu des mots¬†: le Seigneur Zebaoth, l'ap√ītre √©crit, selon le texte re√ßu¬†: "le Seigneur Dieu," et selon une variante (Sin., B. A, C¬†:, versions)¬†: "le Seigneur Christ."

      Puis √† ces mots¬†: sanctifiez-le, il ajoute¬†: dans vos cŇďurs. Admirable contraste¬†! Pour ne point les craindre, craignez le Seigneur¬†!

      Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte.

      Mais au lieu de dire seulement¬†: craignez le Seigneur, l'ap√ītre, comme le proph√®te qu'il cite, exprime la m√™me pens√©e par ce mot plus √©nergique encore¬†: sanctifiez-le dans vos cŇďurs, c'est√†-dire redoutez-le, adorez-le comme le saint, et ne l'associez dans votre cŇďur √† aucune pens√©e, √† aucun sentiment mauvais.

      La citation (verset 14) porte dans l'original : ne craignez point leur crainte.

      Leur crainte peut s'entendre de la crainte qu'ils √©prouvent eux-m√™mes ou de la crainte qu'ils inspirent. La premi√®re signification est bien celle du passage dans Esa√Įe, mais la seconde est √©videmment celle que Pierre veut exprimer¬†: "Ne redoutez pas leurs menaces" (Oltramare)¬†; "n'ayez d'eux aucune esp√®ce de crainte." (Stapfer)

      Grec : prêts pour l'apologie (de l'Evangile de votre foi, Philippiens 1.7,17 ; Actes 26.2).

      Le chrétien le plus simple peut et doit être toujours prêt, non pas sans doute à établir la vérité historique des faits évangéliques, ou à réfuter toutes les objections que l'incrédulité peut opposer à sa foi ; mais (grec) prêt pour l'apologie, ou la défense, envers quiconque lui demande raison de son espérance, prêt à dire sur quoi et sur qui elle se fonde, et à montrer les fruits de paix et de joie dont elle est pour lui la source.

      Il suffit pour cela de conna√ģtre le Sauveur par sa Parole, et d'avoir √©prouv√© dans son cŇďur la puissance r√©g√©n√©ratrice de sa gr√Ęce. Et le plus souvent un tel t√©moignage, simple, s√©rieux, fond√© uniquement sur une vivante exp√©rience, rendu, comme le veut l'ap√ītre, avec douceur et modestie, se trouvera √™tre l'apologie la plus vraie, la plus puissante, la plus persuasive de l'√Čvangile.

      - Grec : avec douceur et crainte.

      Ce dernier mot ne désigne pas, comme le pensent Calvin et plusieurs interprètes récents, la crainte de Dieu. La plupart de nos versions le traduisent par respect ; ce serait la déférence envers ceux qui demandent compte de la foi, qu'ils soient des hommes sincères désireux de s'instruire, ou des juges siégeant dans les tribunaux, devant lesquels les premiers chrétiens étaient souvent appelés. (Comparer verset 16)

      Mais le terme grec ne signifie pas proprement respect. Il faut l'entendre de cette crainte qui est de l'humilité, de la modestie, l'absence de toute présomption, de toute fausse confiance. (Philippiens 2.12 ; 2Corinthiens 7.15 ; Ephésiens 6.5)

      "Quand l'esp√©rance des biens √©ternels et la foi, qui en est le fondement, sont bien vives dans le cŇďur, on est toujours pr√™t d'en parler, d'en instruire, d'en r√©pondre, chacun selon son don et son √©tat." Quesnel. (Comparer 1Pierre 2.9)

      16 Comparer 1Pierre 2.12,20 ; Actes 23.1 ; 24.16 ; 2Corinthiens 1.12 ; 4.2.

      Sans cette bonne conscience et une bonne conduite qui ferme la bouche aux adversaires, il est impossible d'être "prêt pour l'apologie ;" car alors on n'en a pas le courage, et si on l'avait, ce serait la hardiesse de l'hypocrite dont la vie dément les paroles et accuse la foi, au lieu de la justifier.

      Mais le t√©moignage d'une vie saintement chr√©tienne rendra toujours confus les diffamateurs, pr√©cis√©ment en cela m√™me o√Ļ leurs victimes sont calomni√©es, car il se trouve √† la fin, et ils sont forc√©s de le reconna√ģtre, que ce qu'ils condamnaient √©tait conforme √† la volont√© de Dieu.

      La plupart des critiques admettent la leçon de B : Vous êtes calomniés. Les autres majuscules portent : ils vous calomnient comme malfaiteurs.

      17 17 à 22 Utilité des souffrances prouvée par l'exemple de Christ.
      18 Christ a souffert est la leçon de B. majuscules, adoptée par Weiss.

      La leçon de Sin., A, C, versions, porte : est mort.

      Elle para√ģt √™tre une correction amen√©e par les mots¬†: une fois pour les p√©ch√©s. Ici, comme √† 1Pierre 2.21, les souffrances de J√©sus-Christ sont pr√©sent√©es en exemple √† ceux qui souffrent. Ils souffrent injustement¬†: qu'ils regardent √† lui, le Juste qui a souffert pour des injustes.

      Ce qui fait taire tout murmure, ce qui inspire la patience en humiliant, ce qui seul rend capable de souffrir comme Christ, c'est la pensée que ses souffrances ont été expiatoires : Christ a souffert une fois (dans la suprême épreuve de la mort Hébreux 7.27) pour les péchés, c'est-à-dire pour nous tous.

      Celui-l√† seul qui a trouv√© dans ces souffrances de Christ le pardon, la r√©conciliation avec Dieux la paix, la vie, ou, comme s'exprime l'ap√ītre, celui qui a √©t√© ramen√© √† Dieu par le sacrifice de la croix, celui-l√† peut souffrir, mourir avec Christ, car le Sauveur n'est plus seulement pour lui un mod√®le ext√©rieur, mais, demeurant au dedans de lui, il le transforme √† sa ressemblance. (Comparer 1Pierre 2.21, 2e note)

      Voir aussi. (Jean 12.32)

      Afin qu'il vous amen√Ęt, est la le√ßon de B. Les autres majuscules portent¬†: nous amen√Ęt.

      Ces paroles ach√®vent le tableau des souffrances de Christ. Son Ňďuvre est compl√®te dans sa mort et sa r√©surrection. Elles se sont produites dans les deux domaines oppos√©s de la chair et de l'esprit. (Romains 1.3¬†; 1Timoth√©e 3.16)

      Le premier de ces termes désigne l'être matériel, corporel, psychique, qui constituait l'humanité réelle du Fils de Dieu, et en vertu duquel il a pu mourir.

      L'esprit, qui est ici opposé à la chair, n'est pas, comme l'ont entendu les anciens interprètes, l'Esprit de Dieu, la puissance divine qui avait été le principe générateur de Jésus, (Luc 1.35) qui, ensuite, le ressuscita d'entre les morts et le glorifia dans le ciel. Il ne s'agit pas non plus de la nature divine de Jésus, par opposition à sa nature humaine ; mais de l'esprit qui se trouve en tout homme et le rend capable de se développer dans la sainteté, d'être en communion avec Dieu et de saisir la vie éternelle. (1Pierre 3.4 ; 4.6)

      Christ a été vivifié quant à l'esprit, en ce que son esprit, dépouillé de son corps charnel par la mort, a reçu un nouvel organe, un corps spirituel. Et dès lors il peut manifester dans ses rachetés la même puissance de résurrection et de vie qui s'est exercée en lui-même. (1Corinthiens 15.42-45 ; 2Corinthiens 3.17,18 ; 4.10)

      Cette grande pensée était propre à encourager et à fortifier des chrétiens appelés à souffrir et à mourir avec leur Sauveur.

      20 Grec¬†: Dans lequel (esprit, verset 18) √©tant all√©, il pr√™cha...O√Ļ et quand¬†?

      De ces deux questions dépend le sens de ce passage, qui est assurément l'un des plus difficiles du Nouveau Testament.

      Luther pensait que la pr√©dication de Christ dont il est ici question eut lieu par les ap√ītres, sur la terre, aux hommes consid√©r√©s comme √©tant dans une prison, c'est-√†-dire dans les liens de la chair et du p√©ch√©¬†; qu'elle consista, selon les paroles d'Esa√Įe, (Esa√Įe 61.1) √† "annoncer aux captifs la libert√©, aux prisonniers l'ouverture de leur prison."

      Calvin prend le mot que nous rendons par prison dans le sens qu'il peut avoir aussi de "lieu o√Ļ l'on veille," ou "d'action de veiller¬†;" l'ap√ītre voudrait dire simplement que les √Ęmes des saints de l'ancienne Alliance √©taient dans l'attente du salut promis et que Christ alla, apr√®s sa mort, en esprit, leur annoncer l'ach√®vement de son Ňďuvre r√©demptrice.

      Dans ces deux interprétations, on ne parvient pas à établir une relation acceptable entre verset 19 et verset 20. De leur rapport, il ressort avec évidence que les esprits en prison (verset 19) sont ceux qui furent autrefois rebelles, lorsque, aux jours de Noé, la patience de Dieu attendait ; en d'autres termes, ce sont les hommes contemporains du déluge.

      Quelques interprètes (Baur, Immer, Spitta) y voient les anges, les "fils de Dieu," dont la chute est racontée Genèse 6.1 et suivants ; comparez 2Pierre 2.4. Mais leur chute se produisit antérieurement à la résolution prise par Dieu de détruire l'humanité, et non lorsque la patience de Dieu attendait. Du reste, il n'est dit nulle part que le déluge ait atteint ces "fils de Dieu."

      - Si donc la pr√©dication dont il est question a √©t√© adress√©e aux hommes de la g√©n√©ration de No√©, deux suppositions sont seules possibles¬†: elle a √©t√© faite √† ces hommes quand ils vivaient sur la terre, par l'esprit du Christ pr√©existant¬†; ou bien ils l'ont ou√Įe apr√®s que le ch√Ętiment du d√©luge les eut r√©duits √† l'√©tat d'esprits en prison, et que Christ, apr√®s sa mort, alla leur pr√™cher dans la prison o√Ļ ils √©taient d√©tenus.

      1¬į La premi√®re interpr√©tation pr√©sent√©e d√©j√† par Augustin, √©tablie avec force par Th. de B√®ze et, parmi les th√©ologiens modernes, par Hofmann, Schweizer, J. Bovon (Th√©ologie biblique du N. T., II, p. 464 et suiv), √©tait donn√©e dans les pr√©c√©dentes √©ditions de ce commentaire comme la solution la plus vraisemblable. L'activit√© qu'elle attribue √† l'Esprit de Christ, avant son incarnation, est conforme √† l'id√©e exprim√©e 1Pierre 1.11, que l'Esprit de Christ √©tait dans les proph√®tes. Il √©tait de m√™me en No√©, qui est appel√© (2Pierre 2.5) "pr√©dicateur de la justice."

      L'ap√ītre rappelle ici cette pr√©dication de No√©, qui fut en r√©alit√© l'Ňďuvre de Christ parlant par la bouche du patriarche. S'il d√©signe ceux qui l'entendirent comme "des esprits en prison," c'est qu'ils le sont devenus par suite de leur d√©sob√©issance, ils √©taient encore des hommes vivants sur la terre, quand Christ "√©tait all√©," du ciel, sa demeure, et leur "avait pr√™ch√©" Mais pourquoi l'ap√ītre, apr√®s avoir mentionn√© la mort et la r√©surrection de J√©sus-Christ, remonte-t-il √† ce fait lointain de sa pr√©dication aux contemporains de No√©¬†?

      Voici comment les d√©fenseurs de cette explication √©tablissent l'encha√ģnement des id√©es¬†: Pierre craint que les chr√©tiens auxquels il s'adresse ne se laissent √©branler par les pers√©cutions, il les exhorte √† demeurer fermes. (versets 14,15) A l'appui de son exhortation, il leur rappelle d'abord l'exemple de Christ qui a souffert pour nous, (verset 18) puis il √©voque le souvenir de l'activit√© du R√©dempteur aux temps de No√© afin de montrer que, si Christ ne devient pas pour les auditeurs de son Evangile la pierre angulaire de leur foi, il est pour eux un rocher de scandale. (1Pierre 2.7,8) Il cherche √† r√©veiller le sentiment de leur responsabilit√© et √† leur inspirer une crainte salutaire en mentionnant le ch√Ętiment terrible qui atteignit les rebelles aux jours de No√©. Leur position est la m√™me, car la fin de toutes choses est proche. (1Pierre 4.7,17) Le bapt√™me est pour la g√©n√©ration contemporaine ce que l'eau du d√©luge √©tait pour les hommes du temps de No√©¬†: instrument de salut pour ceux qui croient, de jugement pour les incr√©dules. Les id√©es se suivent ainsi d'une mani√®re tr√®s claire.

      Si séduisante que soit cette interprétation, elle se heurte à une difficulté capitale, qui détermine la plupart des exégètes à la rejeter : à verset 19 Pierre dit : "C'est dans l'esprit dans lequel il a été vivifié (verset 18) que Christ alla prêcher ;" à prendre les mots dans leur suite naturelle, la prédication est attribuée au Christ ressuscité, non au Christ préexistant.

      De plus, cette pr√©dication est adress√©e aux esprits en prison, et non, comme on le suppose, √† des esprits maintenant en prison et qui ne l'√©taient pas quand ils entendirent la pr√©dication. Pierre l'aurait dit, s'il en avait √©t√© ainsi¬†; car "il aime √† pr√©ciser l'accessoire." (J. Monnier) Il aurait d√Ľ, en tout cas, avec l'id√©e qu'on lui pr√™te, √©crire¬†: "dans cet esprit il √©tait all√© autrefois pr√™cher," et non¬†: √©tant all√©, il pr√™cha aux esprits en prison, qui furent autrefois rebelles.

      2¬į La pr√©dication de Christ a eu lieu apr√®s sa mort, et, selon l'interpr√©tation la plus probable, apr√®s sa r√©surrection¬†; elle √©tait adress√©e aux esprits des rebelles contemporains de No√©, d√©tenus dans la prison¬†; (Apocalypse 20.7) c'est l√† que Christ en esprit est all√© et leur a pr√™ch√©, non pour leur annoncer la condamnation d√©finitive (pr√™cher n'a jamais ce sens dans le Nouveau Testament), mais pour leur offrir le salut.

      Leur position exceptionnelle justifiait une telle offre, car ils n'avaient pu, comme les descendants de No√© et d'Abraham, saisir par la foi la promesse de Dieu, (comparez H√©breux 11.13 et suiv) puisque, de leur temps, Dieu n'avait pas encore √©tabli son alliance de gr√Ęce avec les hommes. (Gen√®se 9.8 et suiv)

      Cette idée d'une activité du Ressuscité, qui se serait étendue à l'empire des trépassés, n'est pas sans analogie dans le Nouveau Testament. Le sens de Ephésiens 4.9 est incertain (voir la note) ; mais Philippiens 2.10 montre incontestablement que le règne de Christ doit s'établir au séjour des morts.

      Des apocryphes fort anciens parlent de la prédication aux morts. (Evangile de Pierre 41 ; évangile de Nicodème 18-26)

      Enfin la pens√©e que cette interpr√©tation attribue √† l'ap√ītre n'est pas sans lien avec le contexte.

      Voici comment on peut, en l'admettant, concevoir la suite des idées. Pour encourager chrétiens à souffrir patiemment, Pierre leur dit que les souffrances endurées dans l'innocence ne sont pas inutiles, (versets 16,17) et il le leur prouve par l'exemple de Christ qui, en souffrant, a fait beaucoup de bien puisqu'il a accompli ainsi la rédemption des pécheurs ; (verset 18) celle-ci, envisagée dans toute son ampleur, comprend l'offre du salut à la génération qui périt par le déluge. (versets 19,20)

      Ici, il faut le reconna√ģtre, l'ap√ītre abandonne l'id√©e principale et s'engage dans des d√©tours, dont sa pens√©e est coutumi√®re. S'attachant aux souvenirs qu'il √©voque, il montre dans la d√©livrance de No√© le type du salut offert √† ceux qui croient en J√©sus. Eux aussi ne sont qu'un petit nombre, et comme les habitants de l'arche furent sauv√©s au travers des eaux du d√©luge, ils le sont en passant par l'eau du bapt√™me.

      Cette all√©gorie √©tait propre √† confirmer leur assurance du salut, en d√©pit du peu de succ√®s que rencontrait la pr√©dication de l'√Čvangile, et √† les rendre in√©branlables au milieu de l'opposition du monde.

      21 Il faut recourir à cette périphrase pour rendre d'une manière exacte et complète la pensée du texte grec, qui est extraordinairement concis.

      La proposition commence par un pronom relatif ou neutre, que les uns rapportent à l'eau du déluge, (verset 20) les autres, avec plus de raison, à l'idée "d'avoir été sauvé dans l'arche au travers de l'eau."

      Cela trouve son antitype dans le baptême qui vous sauve vous aussi maintenant. Les mots soulignés se lisent seuls dans l'original.

      Les faits historiques rapport√©s par l'Ancien Testament √©taient rev√™tus, aux yeux des Juifs du si√®cle apostolique, d'un caract√®re proph√©tique¬†; ils constituaient des types ou des mod√®les de ce qui devait appara√ģtre aux temps du Messie. On appelait antitype l'√©v√©nement ou l'institution qui r√©alisait le type pr√©curseur.

      L'ap√ītre voit dans le salut, dont le bapt√™me est le signe et le moyen, l'antitype, l'accomplissement parfait de ce qui √©tait pr√©figur√© dans la d√©livrance de No√© et de sa famille.

      Ce ne fut pas seulement leur vie corporelle que Dieu pr√©serva de la destruction. No√© avait cru la Parole divine qui lui annon√ßait le jugement. "Par la foi" (H√©breux 11.7) il b√Ętit l'arche et "trouva gr√Ęce devant Dieu," tandis que le monde incr√©dule p√©rit. Cet √©v√©nement fut ainsi pour No√© une profonde exp√©rience spirituelle, une sorte de r√©g√©n√©ration. Il ressortit de cette √©preuve avec une vie nouvelle qu'il consacra √† Dieu, comme nous le montre son sacrifice. (Gen√®se 8.20,21)

      Or, il y a de même, dans le baptême, un jugement exercé sur l'homme pécheur qui, s'unissant par la foi avec Jésus Christ meurt avec lui, est enseveli avec lui (baptême par immersion), se relève avec lui, pour vivre d'une vie nouvelle et consacrée à Dieu. (Romains 6.1-11)

      Dans le rachet√© de Christ se r√©p√®te et se r√©alise tout ce qui s'est pass√© dans la personne du Ma√ģtre, "mis √† mort quant √† la chair mais vivifi√© quant √† l'esprit." (verset 18) Par l√†, il est s√©par√© du monde incr√©dule qui p√©rit sous le jugement divin.

      Paul rapproche de m√™me le bapt√™me d'un autre fait de l'histoire sainte quand il dit¬†: (1Corinthiens 10.1,2) "Nos p√®res ont tous √©t√© sous la nu√©e, ils ont tous pass√© √† travers la mer¬†; ils ont tous √©t√© baptis√©s en Mo√Įse dans la nu√©e et dans la mer." Et ainsi, ils √©chapp√®rent √† la mort, tandis que les Egyptiens p√©rirent par leur aveugle endurcissement.

      Afin que nul ne se glorifie d'avoir re√ßu le bapt√™me et ne se croie sauv√© par une c√©r√©monie tout ext√©rieure, l'ap√ītre indique en deux mots ce que n'est pas et ce qu'est le bapt√™me.

      Il n'est pas l'action de d√©poser la souillure de la chair, c'est √† dire un simple lavage d'eau, comme l'√©taient les ablutions rituelles des pa√Įens et des Juifs, et comme le serait le bapt√™me, si l'on s'arr√™tait √† l'acte mat√©riel, qui n'est qu'un signe.

      Mais il est la demande adressée à Dieu d'une bonne conscience. Le mot, que nous rendons ici par demande, ne se trouve pas ailleurs dans le Nouveau Testament. Il signifie, d'après l'étymologie, interrogation (version de Lausanne), ou examen (Calvin) ; mais on ne saurait y voir la mention des questions posées au catéchumène, car, dans notre contexte, c'est celui qui reçoit le baptême qui fait la demande.

      La plupart de nos versions portent¬†: l'engagement d'une bonne conscience, il s'agirait des r√©solutions prises par celui qui re√ßoit le bapt√™me, des promesses qu'il fait √† Dieu d'un cŇďur sinc√®re, de l'alliance qu'une bonne conscience fait avec Dieu. (Stapfer, d'apr√®s Luther)

      Mais le sens d'engagement, contrat, alliance, est difficile √† prouver. Le mot de l'original ne se trouve, avec cette signification, que dans la langue juridique au temps de Justinien. L'usage que le Nouveau Testament (Matthieu 16.1) et les Septante (Psaumes 137.3) font du verbe de m√™me racine conduit plut√īt au sens de demande, requ√™te.

      Une bonne conscience peut √™tre le sujet qui fait la demande √† Dieu¬†; il faut alors sous entendre comme r√©gime¬†: le salut, ou traduire par un terme plus vague¬†: l'aspiration d'une bonne conscience vers Dieu. (Oltramare.) Mais il nous para√ģt plus indiqu√©, dans notre contexte, de prendre une bonne conscience comme l'objet de la demande adress√©e √† Dieu par celui qui est baptis√©.

      Dans la proposition correspondante, "les souillures de la chair" sont l'objet du "dépouillement ;" de même, la "bonne conscience" est l'objet de la "demande."

      Demander à Dieu une bonne conscience, c'est pour le chrétien implorer le pardon de ses péchés au nom du sacrifice offert par Christ (Hébreux 9.14 ; Hébreux 10.22) et le secours du Saint-Esprit, qui lui permette de conserver une conscience sans reproche dans tout le cours de sa vie et spécialement en vue du témoignage qu'il doit rendre devant ceux qui "lui demandent raison de son espérance." (Comparer verset 16, note.)

      Ainsi l'ap√ītre ram√®ne la pens√©e de ses lecteurs √† ce qui fait la signification profonde et vivante du bapt√™me¬†: la r√©g√©n√©ration par la r√©surrection de J√©sus-Christ. (1Pierre 1.3)

      Mourir avec Christ au monde, au péché, à soi-même, ressusciter avec lui à une vie nouvelle, par la même puissance divine qui l'a ramené d'entre les morts, c'est là le vrai sens du baptême. (Romains 6.3 et suivants, note ; Ephésiens 2.5,6 ; Colossiens 2.12)

      22 Voilà le terme glorieux de ce chemin que Christ a parcouru au travers de la souffrance et de la mort. Rien de plus encourageant pour ceux qui le suivent dans cette même voie.

      En lui, ils sont "déjà ressuscités, déjà assis dans les lieux célestes ;" (comp Ephésiens 1.19-23) car sa toute-puissance au-dessus de toute créature leur est un garant que rien ne saurait leur nuire ni les arracher de sa main.

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