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1 Timothée 2

    • 1 Chapitre 2.

      1 à 8 L'intercession pour tous les hommes.

      Paul ne voulait pas seulement donner des conseils à Timothée sur son attitude à l'égard des fausses doctrines ; il avait diverses recommandations à lui faire concernant la vie intérieure de l'Eglise elle-même.

      Il passe à ce sujet par un donc qui n'introduit pas précisément une conclusion logique de ce qui précède, mais qui rattache le nouveau sujet qu'il aborde à ce qu'il a dit (1Timothée 1.3 suivants) de la raison pour laquelle il a laissé son disciple à Ephèse.

      Il commence par des instructions relatives aux assemblées.

      Les pri√®res doivent y tenir la principale place. Ce sont elles que l'ap√ītre recommande en premier lieu.

      - Il d√©signe ces pri√®res √† faire par des noms divers qui r√©pondent √† tous les besoins, selon les circonstances. (Comparer Philippiens 4.6) Aux pri√®res ordinaires, aux supplications qui sont des demandes positives et plus instantes aupr√®s de Dieu dans les temps mauvais, l'ap√ītre veut qu'on ajoute des intercessions, non seulement pour des fr√®res en la foi, mais pour tous les hommes.

      Les chr√©tiens doivent √™tre anim√©s de cette charit√© qui ne conna√ģt pas de limites, de cette sympathie pour tous les maux, √† qui rien d'humain ne reste √©tranger. Et si une Eglise plaide ainsi devant Dieu la cause de tous, lui demandant le salut de tous, (1Timoth√©e 2.4) elle doit aussi, sensible aux b√©n√©dictions que d'autres re√ßoivent, adresser √† Dieu au nom de tous des actions de gr√Ęces.

      "Il veut unir tous les hommes, non seulement par la pri√®re, mais par des actions de gr√Ęces. Celui, en effet, qui peut b√©nir Dieu de tout le bien qui arrive au prochain, doit l'aimer et l'envisager comme un ami." Chrysostome.

      On comprendra mieux l'importance de ces pr√©ceptes, si l'on se repr√©sente l'√©tat du monde d'alors. La connaissance d'un seul Dieu, qui aime tous les hommes, qui les appelle tous au salut (1Timoth√©e 2.3 et 1Timoth√©e 2.5)¬†; le sentiment d'une mis√®re commune qui ne pouvait trouver de rem√®de que dans la gr√Ęce d'un Sauveur mort pour les p√©ch√©s du monde entier¬†: (1Jean 2.2) c'√©taient l√† des v√©rit√©s parfaitement ignor√©es, en dehors du christianisme.

      M√™me les Juifs, dans leur √©troit particularisme, n'avaient pas su les trouver dans les Ecritures de l'Ancien Testament, o√Ļ elles sont pourtant clairement √©nonc√©es¬†; et les faux docteurs juda√Įsants, qui cherchaient √† propager leurs erreurs dans les Eglises d'Asie, ne pouvaient qu'obscurcir encore ces grandes et pr√©cieuses v√©rit√©s. L'Eglise devait les mettre en √©vidence, et cela par des actes solennels de son culte, par ses pri√®res, plus impressives que tous les enseignements.

      Mais qui ne voit combien ces recommandations sont n√©cessaires pour tous les temps, en pr√©sence de l'√©go√Įsme du cŇďur humain, si port√© √† les oublier¬†? Elles sont inspir√©es par un esprit missionnaire qui se manifestera avec puissance dans toutes les Eglises o√Ļ elles seront fid√®lement mises en pratique.

      2 On ne saurait prier "pour tous les hommes" sans le faire spécialement pour ceux qui les gouvernent, et desquels dépend dans une si grande mesure le bonheur ou le malheur de tous.

      L'ordre ext√©rieur, maintenu par les autorit√©s, est un bienfait de Dieu¬†; c'est le seul moyen de mener une vie paisible et tranquille et le chr√©tien doit appr√©cier hautement ce bien. Il doit prier pour ceux qui le dispensent, alors m√™me qu'ils ne lui para√ģtraient que fort peu dignes de son int√©r√™t, ce qui √©tait bien le cas des autorit√©s pa√Įennes du temps de l'ap√ītre. Au reste, il est √©vident que le premier objet de ces pri√®res pour les rois et ceux qui sont en dignit√©, doit √™tre leur conversion √† Dieu (1Timoth√©e 2.4)

      4 Ces prières pour tous sont une chose bonne et agréable à Dieu.

      Cette pens√©e est pour le chr√©tien le motif supr√™me de toutes ses actions. Mais l'ap√ītre ajoute √† cette consid√©ration la raison pour laquelle cela est agr√©able √† Dieu¬†: c'est que, dans sa mis√©ricorde infinie, il veut le salut de tous les hommes, et qu'ainsi il daigne associer √† son amour et √† son Ňďuvre ceux que d√©j√† il a sauv√©s. (Dieu notre Sauveur, 1Timoth√©e 1.1, note.)

      - Cet enseignement si clair et si beau que Dieu veut le salut de tous les hommes, il faut se garder de lui faire violence pour l'accommoder à l'esprit d'aucun système. (Comparer 2.11)

      Dire avec nos réformateurs que Paul a en vue ici tous les peuples, toute les classes (parce qu'il vient de parler des rois), et non les individus, c'est se mettre en opposition avec la recommandation renfermée à 1Timothée 2.1 et briser l'unité de la pensée apostolique.

      Distinguer un conseil universel de Dieu, qui se manifeste par l'appel adress√© √† tous au moyen de l'Evangile, et un conseil particulier, qui nous reste cach√©, c'est une pure contradiction, qui √īte √† ces paroles toute leur v√©rit√© et leur sinc√©rit√©.

      Mais puisque, d'une autre c√īt√©, il est bien √©vident que les hommes ne parviennent pas tous √† la connaissance de la v√©rit√©, ces paroles nous obligent √† reconna√ģtre que la condamnation des impies, comme toute opposition √† la volont√© de Dieu, comme la premi√®re chute de l'homme, renferme pour nous un myst√®re imp√©n√©trable.

      Mais au-dessus de ce myst√®re plane une double v√©rit√©, qui ressort clairement de la pens√©e de notre passage, c'est que, d'une part, ceux qui se perdent ne pourront attribuer leur ruine qu'√† eux-m√™mes, et non √† Dieu¬†; et que, d'autre part, le salut des √©lus de Dieu sera reconnu comme l'Ňďuvre de sa libre gr√Ęce. De toutes mani√®res, √† Dieu sera la gloire, et √† l'homme p√©cheur la confusion.

      5 Dieu unique, Dieu de tous également. (Romains 3.29,30) Cette pensée doit motiver la précédente, comme l'indique le car.

      M√©diateur pour tous. Comment il l'a √©t√©, l'ap√ītre l'enseigne ici m√™me. (1Timoth√©e 2.6¬†; comparez H√©breux 9.14,15) Etablir entre Dieu et les homes d'autres m√©diateurs, soit sur la terre, soit dans le ciel, c'est donner un d√©menti √† cette parole, et renier en partie J√©susChrist et son Ňďuvre.

      Ce mot de M√©diateur ne se trouve, sous la plume de Paul, qu'ici et Galates 3.19,20. Mais l'√©p√ģtre aux H√©breux l'emploie plusieurs fois. (H√©breux 8.6¬†; 9.15¬†; 12.24)

      L'ap√ītre accentue particuli√®rement l'humanit√© de J√©sus-Christ, parce qu'il ne pouvait √™tre m√©diateur qu'en √©tant homme. Il fallait qu'il appartint √† la fois aux deux parties qu'il devait r√©concilier dans sa personne. (H√©breux 2.14¬†; 4.15) Par son humanit√©, il est le second Adam, la souche d'une humanit√© nouvelle, "le Fils de l'homme." (Matthieu 8.20, note.)

      Ainsi encore l'ap√ītre confirme l'id√©e d'un salut pour tous, accompli en J√©sus-Christ.

      6 Matthieu 20.28. La rançon était le prix que l'on payait pour racheter les esclaves ou les prisonniers de guerre. Celle que Christ a payée, c'est sa propre vie. ( 2.14 ; 1Pierre 1.18,19, etc.)

      - Encore ici l'ap√ītre r√©p√®te que la ran√ßon pay√©e par Christ, selon l'intention de Dieu (1Timoth√©e 2.4) est suffisante pour tous.

      Grec : "Témoignage (réservé) à ses propres temps" Le rachat de l'humanité, par la rançon de Jésus-Christ, ne pouvait être témoigné, prêché qu'en son temps, c'est-à-dire après qu'il eut été accompli selon le plan de Dieu. (1Timothée 6.15 ; 1.3 ; Galates 6.9 ; Actes 17.26 ; Ephésiens 3.5)

      7 Le texte reçu ajoute à ces mots : je dis la vérité, ceux-ci : en Christ, empruntés à Romains 9.1.

      - Cette affirmation solennelle de son apostolat n'était pas nécessaire pour Timothée, mais bien pour les adversaires.

      Pour les instruire dans la foi et dans la v√©rit√©. D'autres pensent que ces mots caract√©risent la fid√©lit√© et la v√©racit√© avec laquelle Paul s'acquitte de son apostolat. Cette interpr√©tation n'est pas admissible. Il s'agit de la foi comme √©l√©ment subjectif de la vie chr√©tienne et de la v√©rit√© r√©v√©l√©e, qui en est l'√©l√©ment objectif. Paul en appelle √† sa vocation comme pr√©dicateur, ap√ītre et docteur (termes accumul√©s √† dessein) des pa√Įens, pour prouver l'universalit√© du salut offert par l'Evangile, (1Timoth√©e 2.3) de m√™me qu'il en appelait nagu√®re (1Timoth√©e 1.12-16) √† sa conversion pour √©tablir la gratuit√© de la mis√©ricorde de Dieu envers les plus grands p√©cheurs.

      Ce genre d'argumentation a beaucoup de force ; car dans toute l'histoire de son règne, c'est par des faits que Dieu manifeste ses desseins et sa volonté.

      8 Les hommes seuls, par opposition aux femmes, (1Timothée 2.9) selon la signification du mot grec. Il s'agit ici des assemblées publiques. (1Timothée 2.12)

      - Par ces mots l'ap√ītre revient √† sa recommandation de 1Timoth√©e 2.1.

      Dans toutes les assembl√©es, et partout o√Ļ ils se trouvent, puisque Dieu est partout pr√©sent pour les entendre.

      - Ces paroles prouvent aussi que dans l'Eglise apostolique tous les hommes, tous ceux qui avaient le don de la prière, étaient admis à offrir à Dieu les requêtes de l'assemblée. On ne connaissait point encore l'office exclusif du prêtre ou du pasteur.

      Elever les mains en priant, comme pour recevoir de Dieu ce qu'on lui demande, était un usage israélite. (Psaumes 28.2 ; 44.21 ; Psaumes 141.2)

      Ces paroles semblent indiquer que les premiers chr√©tiens avaient la m√™me coutume. Mais, ce qui est plus important, ces mains doivent √™tre pures (Grec¬†: "saintes") et le cŇďur libre de passions. La pri√®re est parfaitement incompatible avec les mauvais sentiments du cŇďur, et avec les divisions au sein d'un troupeau.

      "C'est la charité qui écoute la prière, c'est elle qui la doit former." Quesnel.

      9 9 à 15 Tenue des femmes dans l'Eglise.
      10 Selon les mŇďurs orientales, c'√©tait d√©j√† une grande libert√© pour les femmes que de para√ģtre dans des assembl√©es publiques.

      Les ap√ītres avaient donc raison de d√©sirer qu'elles √©vitassent dans leur mise tout ce qui aurait pu pr√™ter √† la calomnie de la part des adversaires de la foi, (1Pierre 3.3-5) et qu'en g√©n√©ral leur vie f√Ľt orn√©e, non des objets de luxe, aliments de la vanit√©, mais de bonnes Ňďuvres, servant √† l'√©dification.

      Il serait peu conforme √† l'Evangile, qui est la loi de la libert√©, de vouloir astreindre les femmes chr√©tiennes √† observer √† la lettre ces pr√©ceptes qui peuvent varier selon les temps, les mŇďurs et les positions¬†; mais tr√®s certainement l'esprit de ces recommandations est universellement viol√© en nos temps Il est tout simplement scandaleux de voir une femme faisant profession de pi√©t√©, qui cherche √† attirer sur elle les regards par son luxe et qui se montre esclave de la mode.

      12 Voir 1Corinthiens 14.34, note.
      13 L'ap√ītre montre la destination de la femme dans ce que la Gen√®se (Gen√®se 2) nous raconte de sa cr√©ation. Comme aide et compagne de l'homme, elle devait, d√®s l'origine et selon l'intention du Cr√©ateur, √™tre dans la d√©pendance de son mari. Le m√™me argument se retrouve ailleurs sous la plume de Paul. (1Corinthiens 11.8)
      14 Dans l'histoire de la chute, (Gen√®se 3) plus encore que dans celle de la Cr√©ation appara√ģt cette nature de la femme, plus faible, plus mobile, plus facilement √©branl√©e, qui justifie sa d√©pendance. (Comparer 2Corinthiens 11.3)
      15 L'ap√ītre ne permet pas √† la femme d'enseigner dans l'Eglise, ni d'y d√©ployer aucune activit√© publique. (1Timoth√©e 2.11,12)

      En revanche, il lui assigne sa vraie place, soit dans le cercle de la famille, soit dans la vie chrétienne.

      Etre mère, élever ses enfants pour le ciel, leur donner l'exemple de la foi, de la charité, de la sainteté, de la modestie, voilà sa destination. Par là, elle est affranchie de la malédiction prononcée sur elle après la chute ; (Genèse 3.1) ses douleurs, ses humiliations, ses renoncements deviennent pour elle des bénédictions, et elle sera sauvée quoiqu'elle soit le premier auteur du péché. (1Timothée 2.14)

      Telle est l'explication la plus habituelle de cette parole obscure : "La femme sera sauvée par l'enfantement."

      D'autres commentateurs pensent qu'il s'agit ici spécialement d'Eve. (1Timothée 2.13,14) dont la postérité écrasera la tête du serpent. (Genèse 3.15)

      "La femme produira le salut pour l'homme, tout en le recueillant pour ellemême par l'enfantement de la semence qui lui fut promise." Monod.

      Ce qu'il dit d'Eve, le type de la femme, l'ap√ītre l'√©tend √† tout son sexe. Cette transition est marqu√©e dans l'original par le passage subit du singulier au pluriel¬†: "Elle (la femme) sera sauv√©e par l'enfantement, pourvu qu'elles (les femmes) pers√©v√®rent dans la foi."

      - Quoi qu'il en soit, il est √©vident que l'ap√ītre ne voit pas la cause du salut de la femme dans sa vocation de m√®re, puisqu'il lui montre, comme √† tout p√©cheur, le chemin du salut dans la foi, la charit√©, la saintet√© et qu'il lui demande de pers√©v√©rer dans ces vertus en y joignant la modestie.

      Il a recommandé celle-ci à propos du vêtement ; (1Timothée 2.9) il la mentionne de nouveau, parce qu'elle doit imprimer son caractère à tout l'être moral de la femme, à sa piété, à son activité chrétienne.

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