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2 Corinthiens 6

    • 1 Chapitre 6.

      1 à 13 Esprit, dévouement, fidélité du ministère apostolique.

      Grec¬†: "Collaborateurs, nous vous exhortons aussi." L'ap√ītre ne dit pas de qui il est le collaborateur.

      Les uns suppl√©ent de Dieu¬†; (2Corinthiens 5.21) d'autres, de Christ¬†; (2Corinthiens 5.20) d'autres encore, des Corinthiens, d'autres enfin de ses compagnons d'Ňďuvre dans l'apostolat.

      La liaison la plus naturelle, c'est que Paul est collaborateur de Christ, parce qu'il est son ambassadeur.

      - Encore tout p√©n√©tr√© de la grande pens√©e du minist√®re √©vang√©lique qu'il a expos√©e au long (2Corinthiens 2.14 √† 2Corinthiens 5.21), l'ap√ītre applique cette pens√©e imm√©diatement √† ses rapports pastoraux avec les Corinthiens. Et en vertu de son message aupr√®s d'eux, (2Corinthiens 5.20) il les exhorte, les prie, non seulement d'√™tre r√©concili√©s avec Dieu, mais de ne pas abuser, par l√©g√®ret√© ou par une s√©curit√© charnelle, de la gr√Ęce de cette r√©conciliation, que l'on peut avoir re√ßue en vain.

      Toujours la responsabilité de l'homme, la crainte et le tremblement du pécheur sauvé, joints à la plus consolante assurance du salut, et à la paix du chrétien. (2Corinthiens 5.3, note.)

      2 Esa√Įe 49.8, cit√© selon les Septante et conforme √† l'h√©breu qui dit¬†: "au temps agr√©able."

      Nous n'avons que ce temps, que ce jour, aujourd'hui ; demain, ce peut être trop tard ! (Hébreux 4.7)

      3 Grec¬†: "Ne donnant aucun achoppement en rien, ou √† personne," ce qui peut s'entendre, non seulement de l'ap√ītre et de ses compagnons d'Ňďuvre, mais s'appliquer aussi √† ses lecteurs. Le but de cette sainte vigilance est qu'aucune tache ne rejaillisse sur le minist√®re (service) dont Paul est rev√™tu.
      10 Tous ces versets (versets 4-10) ne forment qu'une seule phrase, d√©pendant tout enti√®re de ces mots¬†: nous nous rendons recommandables¬†; et les moyens par lesquels l'ap√ītre le fait sont indiqu√©s par ces particules successives¬†: en, par, comme. Dans cette √©num√©ration de ses titres de gloire, l'ap√ītre commence par les peines et les souffrances du dehors, dans lesquelles s'exerce la patience du chr√©tien.

      - Les veilles et les je√Ľnes (verset 5) servent de transition √† l'indication des vertus qui ornent le minist√®re de Paul. Ces veilles lui √©taient impos√©es par ses travaux, soit spirituels, soit manuels, car il pourvoyait par ces derniers √† sa subsistance. (Actes 18.3¬†; 20.34)

      Par les je√Ľnes, on peut entendre ceux qu'il s'imposait volontairement, ou mieux encore, les privations dont il avait parfois √† souffrir. (Philippiens 4.12)

      - Parmi les vertus int√©rieures qui suivent, (verset 6) la connaissance signifie ici cette vue claire et pratique des hommes et des choses, qu'il appliquait √† sa vie morale et √† toute son Ňďuvre. Si l'ap√ītre place l'Esprit-Saint dans cet ordre, c'est pour montrer que tous les autres dons en d√©coulent comme de leur source, et que l'ensemble de ces gr√Ęces forme une vie, une vie spirituelle, dont l'√Ęme est une charit√© sans hypocrisie. (verset 6)

      La parole de vérité (verset 7) désigne la prédication de Paul et ce qui la caractérise, toute son action par la parole.

      La puissance de Dieu, c'est cette force divine qui se manifestait, soit par la parole même, soit par des miracles.

      Par les armes de la justice, de la droite et de la gauche, l'ap√ītre entend les armes offensives et d√©fensives (glaive et bouclier¬†; comparez Eph√©siens 6.11 et suivants) au moyen desquelles le chr√©tien combat pour la sainte cause de la justice.

      L'honneur et l'ignominie, la bonne et la mauvaise r√©putation (verset 8) peuvent √™tre √©galement utiles ou nuisibles pour le chr√©tien, selon ses dispositions. Si, honor√©, il emploie cette influence pour pr√©parer les cŇďurs √† recevoir l'Evangile¬†; si, charg√© du m√©pris des incr√©dules, il en prend occasion de s'humilier lui-m√™me et se console par la pens√©e que c'est un trait de ressemblance avec son Sauveur, toutes ces choses tourneront √† son bien.

      Ainsi les enfants de Dieu sont au milieu du monde une √©nigme, une perp√©tuelle contradiction pour ceux qui ne les comprennent pas et qui sont √©trangers √† leurs exp√©riences¬†: (versets 9,10) s√©ducteurs qui, aux yeux de la sagesse et de la politique des hommes, r√©pandent des principes faux et dangereux, et pourtant seuls p√©n√©tr√©s de la sainte v√©rit√© de Dieu¬†; inconnus (aussi m√©connus), parce que l'homme naturel ne comprend rien aux choses qui sont de l'Esprit de Dieu, et pourtant connus de Dieu, devant qui leur cŇďur et leur vie sont √† nu¬†; connus de leurs fr√®res avec qui ils vivent dans une intime communion d'esprit.

      Leurs dangers les exposent sans cesse à la mort, leurs souffrances et leurs renoncements sont une mort graduelle, - et pourtant une puissance de vie toujours nouvelle se manifeste en eux et par eux. (2Corinthiens 1.9,10 ; 4.10,11)

      En tout cela ils reconnaissent qu'ils sont ch√Ęti√©s par le Seigneur pour leur sanctification, mais toujours son amour les rel√®ve et leur rend la vie. Au milieu de toutes ces tristesses du dedans et du dehors, une source intime de joie leur reste toujours ouverte dans la communion avec leur Dieu-Sauveur. Plus ils se sentent pauvres en eux-m√™mes et priv√©s des biens que le monde ambitionne, plus ils sont capables de r√©pandre autour d'eux les richesses spirituelles de Christ. Ils n'ont rien qui leur soit propre, et ils savent que toutes choses sont √† eux, parce qu'ils sont les h√©ritiers de Celui √† qui tout appartient. (verset 10¬†; comparez 1Corinthiens 3.1-23)

      La vie chrétienne est tout entière, comme la croix de Jésus-Christ, une folie pleine de la sagesse de Dieu, un opprobre qui cache la gloire éternelle !

      13 Apr√®s l'effusion de cŇďur qui pr√©c√®de, Paul est √©mu¬†;ses yeux, on le sent, se remplissent de larmes, (comparez 2Corinthiens 2.4) et un cri de tristesse, √† la fois, et d'ardent amour s'√©chappe de son √Ęme¬†: "O vous que j'aime avec la tendresse d'un p√®re¬†! (verset 13) vous le voyez, je vous ai ouvert tout mon cŇďur¬†; (verset 11) vous n'√™tes point √† l'√©troit dans ce cŇďur, vous y occupez une large place¬†; mais vous¬†!, parce que je vous ai paru s√©v√®re, parce qu'on vous a inspir√© des pr√©jug√©s, vous √™tes r√©tr√©cis dans vos entrailles (trad. litt√©r.), votre cŇďur se ferme et n'a plus ni confiance, ni amour¬†! (verset 12) Je vous en conjure comme mes enfants bien-aim√©s, rendez-moi amour pour amour, √©largissez votre cŇďur et envers moi, et envers la v√©rit√©, et envers le Sauveur que je vous ai annonc√©¬†!"

      De toutes mani√®res, c'est l'Esprit de Dieu qui met le cŇďur au large.

      14 14 à 18 Ne vous unissez pas avec les infidèles.

      Grec : "Ne devenez pas conjoints sous un joug étranger (ou un autre joug) avec les infidèles" (ou incrédules). L'image est prise de l'usage d'atteler sous un même joug des bêtes de somme de différentes espèces (ce que la loi défendait, Lévitique 19.19 ; Deutéronome 22.10).

      Il y a en m√™me temps dans cette image l'id√©e d'une infid√©lit√© et d'un assujettissement. C'est ce qui arrive spirituellement, lorsque des fid√®les s'allient avec des incr√©dules pour une Ňďuvre de Dieu qui exige un m√™me esprit, la m√™me foi, le m√™me amour.

      En général, les communications des chrétiens avec le monde, pleines de bienveillance et de charité, sans doute, doivent se borner au nécessaire, et avoir toujours pour but de répandre la connaissance de la vérité, la bonne odeur de l'Evangile de Christ.

      Hors de là, le sel perd sa saveur, l'esprit du monde triomphe de l'esprit de la vie chrétienne.

      - L'ap√ītre passe √† ce sujet (versets 14-18) sans transition, frapp√© sans doute du contraste criant qui existe entre la vie chr√©tienne qu'il vient de retracer, et la mondanit√©, telle qu'elle r√®gne en tout temps, en tous lieux, hors de la communion avec Dieu. D'ailleurs, on voit par 1Corinthiens 10 que les chr√©tiens de Corinthe √©taient expos√©s √† des dangers de ce genre par l'abus qu'ils faisaient de la libert√© chr√©tienne.

      15 Bélial signifie en hébreu : ce qui ne vaut rien, ce qui est méchant ; les enfants de Bélial sont les hommes méchants, mauvais. (Deutéronome 13.13 ; 1Samuel 25.25) De là, ce mot était employé chez les Juifs pour désigner le diable : c'était un nom propre de Satan.

      Ainsi l'ap√ītre met d'un c√īt√© la justice, la lumi√®re, Christ, le fid√®le, c'est-√†-dire tout ce qui constitue la vie chr√©tienne¬†; de l'autre, l'iniquit√©, les t√©n√®bres, B√©lial, l'infid√®le¬†; ce sont l√† tous les √©l√©ments d'un paganisme plong√© dans le mal.

      Quelle participation, quelle communion, quel accord y aurait-il entre ces contraires absolus ? Ainsi se trouve abondamment motivée l'exhortation de verset 14.

      Cela veut-il dire que tout dans le chrétien soit digne d'une telle appréciation, et que tout soit absolument du démon dans l'homme inconverti ? Non. Sans doute, il y a entre l'homme régénéré et celui qui ne l'est pas la même différence qu'entre la lumière et les ténèbres, la justice et l'iniquité ; car l'un est éclairé d'une lumière divine, l'autre encore dans son ignorance ; l'un possède la justice de son Sauveur, qui produit peu à peu en lui la sainteté, l'autre est encore dans son péché.

      Mais, dans son sentiment intime, le chr√©tien ne peut pas oublier, d'une part, qu'il a √©t√© autrefois t√©n√®bres et qu'il est devenu lumi√®re au Seigneur par pure gr√Ęce (Eph√©siens 5.8¬†; comparez 2Corinthiens 2.8)¬†; ni, d'autre part, que l'homme le plus √©loign√© de Dieu peut, au moyen de cette m√™me gr√Ęce, √™tre "rapproch√© par le sang de la croix." De l√† vient que, m√™me en √©vitant avec soin toute participation aux Ňďuvres infructueuses des t√©n√®bres, le chr√©tien sinc√®re est retenu, √† l'√©gard des inconvertis, dans l'humilit√© et dans la charit√© "qui esp√®re tout."

      16 Introduire une idole dans le temple de Dieu était regardé comme une abomination. Or, le chrétien est ce temple : oh ! s'il avait la même horreur des idoles !

      - Une variante très autorisée porte : Nous sommes le temple, au lieu de vous êtes.

      Lévitique 26.12 ; comparez 1Corinthiens 3.17. L'Eglise est le temple spirituel dans lequel se réalise la promesse de la présence de Dieu.

      17 Esa√Įe 52.11 librement cit√© d'apr√®s les Septante, toujours √† l'appui de l'exhortation de verset 14.

      Les derniers mots¬†: et je vous recevrai, ne se trouvent pas dans le texte h√©breu d'Esa√Įe, mais c'est ainsi que l'ap√ītre rend cette id√©e des Septante¬†: (Esa√Įe 52.12) "C'est le Dieu d'Isra√ęl qui vous rassemble".

      18 Ces derni√®res paroles, qui, dans la pens√©e de l'ap√ītre, doivent faire suite √† celles-ci¬†: je vous recevrai, (verset 17) ne se trouvent point sous cette forme dans l'Ancien Testament.

      Elles ne sont probablement que des r√©miniscences de d√©clarations telles que 2Samuel 7.14¬†; J√©r√©mie 31.9¬†; Esa√Įe 43.6. Elles n'en renferment pas moins une pr√©cieuse promesse de Dieu, selon "l'esprit d'adoption." (Romains 8.15)

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