Abdias 1

    • 1

      1 à 9 Ruine d'Edom.

      Vision : voir Esa√Įe 1.1 et Amos 1.1, notes.

      Sur la personne d'Abdias (en hébreu Obadia : serviteur de l'Eternel), voir l'introduction.

      Ainsi a dit le Seigneur, l'Eternel, √† Edom. A proprement parler, le message de l'Eternel √† Edom ne commence qu'au verset 2¬†; le verset 1 est une esp√®ce d'introduction indiquant √† l'avance le moyen par lequel l'Eternel le ch√Ętiera. Tout le passage versets 1 √† 8 est presque textuellement reproduit dans J√©r√©mie 49.7 et suivants (voir l'introduction).

      Nous avons reçu... On peut mettre ces mots dans la bouche du prophète et des Israélites, en traduisant : Nous avons entendu. Mais peut-être vaut-il mieux appliquer le nous aux nations qui sont appelées à combattre contre Edom et qui répondent à l'appel divin, en disant : Levons-nous !

      Un h√©raut a √©t√© envoy√© : mani√®re figur√©e d'exprimer le mouvement qui pousse les nations √† se coaliser contre Edom. Cette impulsion n'est pas d'inspiration humaine¬†; elle proc√®de de la volont√© de l'Eternel, √† laquelle ces peuples ob√©issent sans le savoir¬†; comparez Esa√Įe 13.2 et suivants, o√Ļ l'Eternel envoie de la m√™me mani√®re les M√®des contre Babylone.

      2

      Je t'ai rendu petit... La destruction d'Edom est tellement certaine et irrévocable que Dieu en parle comme d'un fait déjà accompli.

      Petit... méprisé. Pour les adorateurs de la force, comme le sont les hommes charnels, le mépris est la conséquence fatale de la perte de la puissance. Ce mépris sera la rétribution de l'orgueil actuel d'Edom (verset 3).

      3

      Edom met sa confiance dans sa forte position au milieu des rochers (versets 3 et 4), puis dans ses alliés (verset 7), enfin dans ses sages et ses hommes de guerre (versets 8 et 9) mais il s'abuse ; tous ces appuis lui feront défaut l'un après l'autre.

      Toi qui habites, dans des creux de rochers... Le pays d'Edom est un plateau coup√© par une longue vall√©e allant du nord au sud, de la mer Morte √† la mer Rouge. Les deux cha√ģnes de montagnes qui bordent la vall√©e √† l'est et √† l'ouest, sont compos√©es de masses de granit, de porphyre et de gr√®s aux couleurs vari√©es. La cha√ģne occidentale ne pr√©sente que des parois presque perpendiculaires, avec de profonds ravins. Celle de l'est est d'un abord moins abrupt, mais de nature √† offrir encore √† une arm√©e de s√©rieuses difficult√©s. Les villes fortes sont naturellement situ√©es aux endroits les plus inaccessibles.

      La capitale P√©tra, en h√©breu S√©la : rocher, se trouvait situ√©e dans un ravin lat√©ral (le Wady-Mousa actuel), long de 1500 m√®tres, resserr√© √† l'ouest et √† l'est entre des parois de gr√®s hautes de soixante √† 70 m√®tres et ferm√© au nord et au sud par des collines escarp√©es et travers√©es uniquement par quelques d√©fil√©s √©troits. Les habitations et les monuments publics √©taient creus√©s dans les parois de rocher, et, cela parfois jusqu'√† une tr√®s grande hauteur. Cette coutume para√ģt remonter √† l'antiquit√© la plus recul√©e, car les anciens habitants du pays, qui avaient pr√©c√©d√© les Edomites eux-m√™mes, s'appelaient Horites, c'est-√†-dire habitants des cavernes. Voici comment Keith (Les Proph√©ties, pages 272-273) d√©crit cette ville :
      La face des rochers est taillée avec toute la symétrie et toute la régularité de l'art ; on y voit des colonnes, des lignes de corridors, des escaliers pratiqués dans le roc et un nombre immense de grottes de toutes dimensions, servant d'habitations ou de lieux de sépulture. Il y en a une de soixante pieds de long et d'une largeur proportionnée. On voit des enfoncements de trente pieds de haut avec des autels, des pyramides, des colonnes et des obélisques... Des chambres innombrables sont creusées dans le roc. L'entrée en est embellie par ce que l'architecture peut présenter de plus riche, de plus varié et de plus fantastique.

      On comprend par là les expressions d'Abdias : creux de rochers, demeures élevées, aires d'aigle, placées comme entre les étoiles.

      La traduction : creux de rochers, nous a paru préférable à celle que nous avions adoptée Jérémie 49.16gorges du rocher.

      4

      Cette situation en apparence inaccessible ne mettra pas Edom à l'abri de l'invasion ennemie et du pillage complet dont l'Eternel le menace.

      A cette heure, en effet, toutes ces demeures dans le creux des rochers, jadis si habitées, sont absolument désertes. Les vautours, les chats-huants, les scorpions y abondent ; l'homme a disparu. Dieu a fait descendre l'orgueilleux Edom de son nid d'aigle.

      5

      Si des voleurs..., des vendangeurs... Ce passage a √©t√© interpr√©t√© de deux mani√®res. D'apr√®s les uns, le proph√®te comparerait simplement les ennemis d'Edom √† des voleurs ou √† des vendangeurs qui ne laissent rien apr√®s eux. C'est l√† probablement le sens dans le passage de J√©r√©mie o√Ļ il reproduit cette menace d'Abdias. D'apr√®s les autres, le proph√®te oppose, au contraire, l'action des envahisseurs √† celle des voleurs et des vendangeurs. Les plus pillards d'entre les voleurs ne peuvent jamais tout emporter¬†; les vendangeurs, malgr√© tous leurs soins, laissent toujours quelque chose en arri√®re¬†; mais, en Edom, il ne restera quoi que ce soit. Ce second sens est plus naturel chez Abdias, √† cause de la forme n√©gative des interrogations : Si ce n'√©taient que des voleurs des vendangeurs, ils n'auraient pourtant pas ainsi tout emport√©¬†! Le proph√®te voit en esprit ce d√©sastre d'une nature tout √† fait exceptionnelle. De l√† ses exclamations et ses questions.

      6

      Ses trésors cachés. Quoique habitant un pays en général peu favorisé de la nature, Edom s'était extraordinairement enrichi par sa position géographique ; il servait de station commerciale entre la Syrie, d'une part, et l'Arabie et l'Egypte, de l'autre. Au reste, la partie orientale du pays était fertile.

      7

      Edom sera trahi d'abord par ses alliés, puis par ses amis, enfin par ses protégés. Les premiers lui refuseront leur secours ; les seconds le paieront de belles paroles ; les derniers se joindront perfidement à ses ennemis.

      T'ont chassé jusqu'à la frontière. Il s'agit sans doute des ambassadeurs d'Edom envoyés pour demander un prompt secours à ses alliés, et que ceux-ci renvoient honteusement en les faisant reconduire à la frontière. Plusieurs rapportent ces mots : t'ont chassé..., à Edom lui-même, qui, fuyant chez ses voisins, se voit refuser un asile.

      Ont voulu t'égarer et ont réussi. Ils t'ont donné le change sur leurs véritables dispositions.

      Ceux qui mangeaient ton pain. Ce sont les tribus voisines qui vivaient sous sa protection et profitaient de ses gains. Faisant alliance avec l'ennemi, elles lui facilitent perfidement l'envahissement du pays. Comparez Psaumes 41.10.

      Il n'y a point en lui d'intelligence. Dans son aveugle confiance en lui-même, Edom ne s'est point douté de toutes ces perfidies et a négligé les précautions les plus élémentaires ; il était comme frappé de vertige.

      8

      8 et 9 Le troisième appui, les sages, c'est-à-dire les conseillers du roi, ne sauront plus rien proposer pour le sauver.

      9

      Les guerriers, perdant la tête, se laisseront massacrer.

      Th√©man : l'un des districts du pays d'Edom. Comparez Amos 1.12 et Gen√®se 36.11-15. Ce district √©tait renomm√© pour le grand nombre et la perspicacit√© de ses sages. Comparez J√©r√©mie 49.7 et Job 2.11, o√Ļ le plus sage des amis de Job, Eliphaz, est pr√©sent√© comme venant de Th√©man.

      10

      10 à 17 Le prophète expose la raison pour laquelle l'Eternel frappera Edom : c'est sa conduite à l'égard de son frère Juda.

      Au sujet des faits dont il est ici question, comparez l'introduction et Jo√ęl 3.19.

      Ton fr√®re Jacob. Le nom de Jacob est employ√© ici plut√īt que ceux d'Isra√ęl et de Juda, pour faire rougir les Edomites, dont le p√®re √©tait Esa√ľ, fr√®re de Jacob.

      La honte : celle de la défaite et de la ruine totale. Comparez Michée 7.10.

      Retranché... de la liste des peuples.

      11

      Ce verset précise l'accusation. La construction n'est pas parfaitement régulière. Abdias commence comme s'il allait énumérer les crimes d'Edom ; puis, passant tout à coup à ceux des peuples étrangers, il se borne à leur associer Edom. Quant au résultat, cela revient au même.

      Tu te tenais en face de lui. Cela signifie : tu prenais vis-à-vis de lui la position d'un ennemi.

      Son armée. Comparez verset 20. On pourrait aussi traduire : ses trésors. D'après 2Chroniques 21.17, les Philistins et les Arabes pillèrent toutes les richesses qui se trouvaient dans la maison du roi (Joram) et emmenèrent ses fils et ses femmes, de sorte qu'il ne lui resta que Joachaz (Achazia), le plus jeune de ses fils.

      Dans ses portes : dans ses villes, en particulier sa capitale.

      Jetaient le sort : pour partager le butin conquis et les prisonniers¬†; voir Jo√ęl 3.3¬†; comparez aussi, √† propos de Ninive, Nahum 3.10. Rien ne force √† admettre que J√©rusalem et tous ses habitants aient √©t√© partag√©s au sort, ce qui supposerait la ruine totale de J√©rusalem, tandis que les versets suivants semblent plut√īt supposer que J√©rusalem subsiste encore.

      Tu étais... Le texte dit brièvement : Toi aussi comme l'un d'eux.

      12

      12 √† 14 Ce que tu as fait √©taient des choses qu'il ne fallait pas faire et qu'il ne faudrait pas refaire, pour ne pas aggraver ton crime, si l'occasion s'en pr√©sentait de nouveau. C'est sous cette forme d'un avertissement que le proph√®te entre dans le d√©tail de tous les m√©faits de ce peuple perfide. Les versions qui rendent les imp√©ratifs par cette p√©riphrase : tu n'aurais pas d√Ľ, ne faussent pas le sens, mais rendent la phrase plus lourde.

      Il y a gradation dans les recommandations :

      1. ne pas se réjouir à la vue des malheurs de Jacob, verset 12
      2. ne pas faire cause commune avec les envahisseurs, verset 13
      3. ne pas aggraver le désastre en massacrant les fugitifs ou en les livrant à l'ennemi, verset 14.

      13

      La porte de mon peuple : la ville o√Ļ demeure mon peuple, J√©rusalem¬†; comparez Mich√©e 1.9.

      14

      C'est ici le reproche le plus grave le massacre des fuyards. C'est une l√Ęchet√© dont la haine la plus noire seule est capable¬†; comparez Amos 1.11.

      Sur la brèche : ils y étaient montés à la suite des ennemis et de là ils épiaient les vaincus qui cherchaient à s'échapper par quelque issue pendant le pillage.

      Ne livre pas... : aux marchands √©trangers, qui les revendront comme esclaves. Comparez Jo√ęl 3.6,19. Les termes nombreux employ√©s pour d√©signer le malheur de Juda : infortune, ruine, d√©tresse, calamit√©, malheur, rendent plus incisif le reproche du proph√®te, et font mieux sentir √† Edom la duret√© et la perfidie de sa conduite.

      15

      Edom n'aurait pas d√Ľ se joindre aux pa√Įens qui ont envahi Juda. Car le jour du ch√Ętiment va fondre sur ceux-ci. Sur le jour de l'Eternel, comparez Jo√ęl 1.15, note, et Jo√ęl 3.2,9-16.

      Il y a √©videmment corr√©lation entre le jour de l'Eternel et le jour du malheur de Juda. Celui-ci est pour Juda un temps de purification, en m√™me temps que de ch√Ętiment. Mais celui-l√† est pour les ennemis de Dieu un jugement final, une compl√®te destruction.

      Comme tu as fait : √† Isra√ęl. En ce jour-l√†, Edom commencera par √™tre d√©truit par les pa√Įens (versets 1 √† 9)¬†; apr√®s cela ceux-ci courront √† leur propre ruine.

      De même que vous avez bu... Edom et les nations ont festoyé ensemble autour du temple, le jour de la prise de Jérusalem, et profané ainsi la montagne de l'Eternel.

      Les nations boiront. Après avoir vidé la coupe de la débauche, elles boiront celle de la colère de Dieu (comparez Habakuk 2.16 ; Lamentations 4.21 ; Jérémie 25.15-16,27-28), et cela jusqu'à en être anéanties.

      Elles seront comme n'ayant pas √©t√©. Il y aura sans doute des individus qui ne p√©riront pas, les r√©chapp√©s dont parle Jo√ęl 2.32¬†; mais les nations, comme telles, comme puissances hostiles √† Dieu, n'existeront plus.

      17

      Tandis que les nations pa√Įennes dispara√ģtront, la maison de Jacob demeurera en Sion et rentrera en possession des territoires qui lui avaient √©t√© destin√©s et qu'avaient occup√©s les nations ennemies maintenant d√©truites.

      Des r√©chapp√©s : proprement un r√©chappement, un groupe de sauv√©s, comprenant non seulement ceux de la maison de Jacob, mais aussi, comme le montre le passage Jo√ęl 2.32, les sauv√©s d'entre les nations. Pour les uns et les autres, r√©unis en une seule communaut√©, Sion sera un sanctuaire¬†; ce qui revient √† dire que J√©rusalem deviendra le centre religieux du monde, le lieu saint par excellence, vers lequel se porteront tous les peuples (comparez Mich√©e 4.1).

      La maison de Jacob, d'après le verset suivant, désigne ici le royaume de Juda, seul représentant authentique du vrai peuple de Dieu.

      Ses possessions¬†; quelques-uns traduisent : leurs possessions, en rapportant ce leurs aux nations pa√Įennes. Le proph√®te exprime l'id√©e d'une prise de possession de la terre de Canaan dans sa plus grande extension par le peuple de Juda.

      18

      18 à 21 La promesse finale : le triomphe définitif du règne de l'Eternel par le moyen du peuple de Dieu.

      Ce triomphe consistera d'abord dans l'ach√®vement de la ruine d'Edom, d√©j√† pill√© par les rois envahissants (versets 1 √† 9) et frapp√© avec les autres pa√Įens par le jugement de l'Eternel (versets 15 et 16). Son pays tombera aux mains des Isra√©lites.

      La maison de Jacob, opposée, comme elle l'est ici, à la maison de Joseph, ne peut désigner que le royaume de Juda. Celui-ci porte le nom du père de toute la race, Jacob, parce qu'il en est le vrai représentant. Mais les dix tribus (Joseph) lui sont associées pour montrer qu'elles ne sont pourtant pas exclues du salut final.

      19

      Ce qui suit repose sur la division naturelle du territoire de Juda en trois parties : le Midi : Négueb; la plaine : Séphéla, à l'ouest, vers la Méditerranée, et la montagne, le plateau central. Comparez Josué chapitre 15.

      Tandis que les Israélites du midi s'empareront de l'Idumée jusqu'à la mer rouge, ceux de la plaine feront la conquête du pays des Philistins jusqu'à la Méditerranée. Comparez Josué 15.33.

      Les habitants de la montagne ou du nord de Juda √©tendront en m√™me temps leur domination sur les magnifiques territoires d'Ephra√Įm et de la Samarie, qui s'√©taient d√©tach√©s d'eux et m√™me souvent constitu√©s leurs ennemis pendant l'existence du royaume des dix tribus. Comparez Amos 9.11-12¬†; Os√©e 1.11¬†; J√©r√©mie 31.5-6¬†; Esa√Įe 11.13¬†; Zacharie 10.6.

      Benjamin, rest√© attach√© √† Juda, prendra aussi part √† cette conqu√™te des territoires voisins. Tr√®s resserr√© entre Juda et Ephra√Įm, il passera le Jourdain et s'emparera des plateaux de Galaad.

      20

      Les captifs de cette arm√©e : cette arm√©e emmen√©e prisonni√®re, dont il a √©t√© parl√© au verset 11 et qui revient apr√®s son exil, avec tous ces autres captifs de Juda emmen√©s avec elle, dont il est fait si souvent mention dans les proph√®tes subs√©quents (Jo√ęl 3.2,6-7¬†; Amos 1.6,9) Mais o√Ļ √©tablir ces nouveaux venus dans la Terre Sainte, d√©j√† trop petite pour sa population triomphante¬†? Le proph√®te leur trouve une place. Ils s'√©tabliront dans les parties septentrionales, en s'emparant du territoire m√©ridional des Ph√©niciens.

      Sarepta (Zarpath), aujourd'hui Surafend, sur la c√īte de la M√©diterran√©e, entre Tyr et Sidon (1Rois 17.9). C'√©tait aussi un territoire qui avait √©t√© promis √† Isra√ęl et qu'il avait n√©glig√© de conqu√©rir (Josu√© 13.2-6).

      Reste la partie de la population de la capitale que les Edomites avaient emmen√©e captive le jour de la prise de cette ville par les pa√Įens (les r√©chapp√©s de J√©rusalem, verset 11), et qu'ils avaient vendue aux √©trangers. Une grande partie d'entre eux se trouvaient √† S√©pharad. La Bible ne parle nulle part ailleurs de cet endroit. On a voulu y voir soit le Bosphore, soit l'Espagne, soit la ville de Sardes dans l'Asie Mineure, soit celle de Sparte dans le P√©loponn√®se. Ces deux derni√®res explications sont les moins invraisemblables¬†; Sparte, en particulier, pouvait √™tre connue en Orient, tout comme Tharsis (Jonas 1.3), par l'interm√©diaire des Ph√©niciens. Jo√ęl reproche pr√©cis√©ment √† ceux-ci (Jo√ęl 3.6) d'avoir vendu les enfants de Juda et de J√©rusalem aux enfants de Javan (aux Grecs).

      Posséderont les villes du midi. D'après le verset 19, les habitants du midi s'étaient transportés dans le pays des Edomites pour en prendre possession et le repeupler. Leurs propres villes manquaient ainsi d'habitants, et c'est l'ancienne population de Jérusalem revenant de captivité qui remplit ce vide. Son long séjour à l'étranger lui a fait perdre les souvenirs soit de famille, soit de localité.

      21

      A ce rétablissement glorieux succède l'ère bienheureuse du gouvernement suprême de l'Eternel.

      Des lib√©rateurs : des h√©ros semblables √† ceux de l'√©poque des Juges, qui seront suscit√©s de Dieu pour soumettre √† J√©hova la terre pa√Įenne, repr√©sent√©e par la montagne d'Edom.

      Pour juger : pour détruire le mal et faire régner la justice. Ces héros seront les représentants de l'autorité de l'Eternel sur le monde, jadis ennemi de Dieu et de son règne. De Jérusalem l'Eternel règne par ces agents.

      Conclusion

      L'accomplissement de la proph√©tie d'Abdias, en ce qui concerne Edom, a eu lieu d'une mani√®re progressive dans le cours de l'histoire. L'accomplissement le plus prochain, celui qui r√©pond le plus directement au tableau versets 1 √† 9 (la convocation des peuples pa√Įens), est le d√©sastre dont il fut frapp√© par les Chald√©ens, lorsque N√©bucadnetsar, quinze ans apr√®s la destruction de J√©rusalem, fit son exp√©dition contre l'Egypte¬†; voir J√©r√©mie 43.9, note¬†; Ez√©chiel 29.12, note. Une parole de Malachie (Malachie 1.3), peu apr√®s le retour de la captivit√© prouve qu'Edom partagea en plein le sort des Moabites, des Ammonites et des Philistins, sur lesquels N√©bucadnetsar exer√ßa alors le jugement de Dieu. Malachie pr√©dit aussi (1.4) que si Edom cherchait √† reb√Ętir ses ruines, il ne r√©ussirait pas. En effet, apr√®s une tentative de rel√®vement, ce peuple fut battu et conquis par les Maccab√©es, et enfin incorpor√© au peuple juif par la circoncision sous Jean Hyrcan (129 ans avant J-C). Peu avant la destruction de J√©rusalem par les Romains, en l'an 70 de notre √®re, ils firent cause commune avec les z√©lotes et commirent avec ces furieux toute sorte de cruaut√©s. Mais ils p√©rirent bient√īt, soit √† J√©rusalem par l'√©p√©e des Romains, soit en Idum√©e lorsque Simon de Gu√©rasa y fit sa sanglante et d√©sastreuse exp√©dition, racont√©e par Jos√®phe (Guerre des juifs IV.9,7). Le nom du peuple, √©domite est aujourd'hui absolument disparu (comparez verset 18). Ce qui a pu rester de cette nation s'est fondu avec les Arabes.

      Quant à ce qui concerne les Israélites dans la vision d'Abdias, le contraste entre leur sort et celui d'Edom, que nous venons de résumer, rend cette portion de la prophétie d'autant plus frappante. Cependant cet accomplissement, préfiguré par quelques-uns des faits que nous avons rappelés, se rapporte essentiellement à l'établissement final du règne de Dieu sur la terre, comme le font comprendre les derniers mots : Et le règne sera à l'Eternel.

      Mais conform√©ment √† la nature du don proph√©tique, c'est en prenant pour point de d√©part les circonstances locales et temporaires dans lesquelles il vit, qu'Abdias contemple et d√©crit cette grande perspective finale. Il voit l'√©tablissement du royaume de Dieu en Juda et par Juda sous l'image d'une possession de la Terre Sainte et d'une conqu√™te des contr√©es voisines par ce peuple choisi de Dieu. La participation future d'Isra√ęl dispers√© √† l'Ňďuvre du salut du monde se pr√©sente √† son regard sous la forme d'un retour des dispers√©s actuels venant se joindre √† leurs fr√®res pour repeupler le territoire donn√© par Dieu √† son peuple √©lu et en occuper les parties extr√™mes, septentrionale et m√©ridionale. Il est √† remarquer que nulle part Abdias ne parle du r√®gne de Juda sur les autres peuples¬†; c'est uniquement du r√®gne de Jehova, par le moyen de Juda, qu'il se montre pr√©occup√©. La pens√©e religieuse domine compl√®tement chez lui, comme chez tous les proph√®tes, la pens√©e politique.

      C'est dans ce petit √©crit, le plus ancien monument de la litt√©rature proph√©tique, que nous trouvons pour la premi√®re fois ces deux grandes id√©es de la journ√©e de l'Eternel ou du juste jugement qui doit r√©parer toutes les injustices commises dans l'histoire, et d'une communaut√© de r√©chapp√©s, soit d'entre les Juifs, soit d'entre les pa√Įens, se formant √† la suite de leurs jugements successifs et par le moyen de laquelle le r√®gne de Dieu doit se substituer sur la terre √† tous les empires humains.

      Conclusion sur Abdias, Jo√ęl et Amos.

      Ces trois prophètes forment un groupe inséparable, comme l'ont bien compris ceux qui ont formé le recueil des douze petits prophètes. Tous trois ne contemplent et ne mentionnent encore distinctement comme ennemis de la théocratie que les petits peuples voisins ; tous trois donnent parmi eux la place principale à Edom.

      Quant √† l'√©tat moral du peuple, Abdias n'adresse pas de reproches √† Juda et ne le menace d'aucun jugement apr√®s celui qu'il vient de subir et qui donne lieu √† sa proph√©tie. Jo√ęl n'adresse pas non plus de reproches au peuple de Juda, mais √† la suite du jugement qui vient de le frapper, il lui en fait entrevoir un plus redoutable, si le premier ne produit pas ses fruits. Amos va plus loin¬†; non seulement il d√©crit le p√©ch√© du royaume des dix tribus sous les couleurs les plus sombres. Mais il touche aussi en passant (Amos 2.4,5) √† celui de Juda¬†; et il annonce d√©j√† la destruction de tous les deux, et tout sp√©cialement, pour Isra√ęl, la d√©portation au-del√† de Damas. Cette gradation nous para√ģt s'accorder tr√®s naturellement avec la date que nous avons √©t√© conduits √† attribuer √† ces trois proph√®tes.

      La promesse messianique enfin ne prend chez aucun d'entre eux le caract√®re de la venue d'un Messie personnel. Le plus vague des trois sous ce rapport est le plus ancien, Abdias, qui annonce des lib√©rateurs partant de Sion semblables aux anciens Juges. Aux yeux de Jo√ęl, le salut se pr√©sente comme une pluie de l'Esprit qui vient vivifier toute chair. Chez Amos, c'est plut√īt le c√īt√© politique du salut qui domine : la restauration de la royaut√© de David. qui maintenant d√©j√† penche vers sa ruine. On doit dire cependant que l'id√©e d'un repr√©sentant personnel de la famille royale, pr√©sidant √† ce r√©tablissement, est impliqu√©e dans cette restauration d'Amos, quoiqu'elle ne soit pas positivement indiqu√©e. A tous √©gards donc, ce groupe pr√©sente le premier stage de la r√©v√©lation proph√©tique telle que nous la trouvons consign√©e dans le recueil des petits proph√®tes.

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