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Jean 10.30

II faut d'abord saisir le rapport de cette grande déclaration avec ce qui précède, car c'est par elle que Jésus explique et complète sa pensée.

Il venait de s'attribuer le pouvoir divin de donner aux siens la vie éternelle et de les garder en sa main. (verset 28)

Puis, s'élevant plus haut encore, il avait fondé leur assurance sur le fait qu'ils ne pouvaient être soustraits à la main, c'est-à-dire à la toute puissance de son Père. (verset 29)

Sont-ce là deux choses différentes ? Non, car tout ce que le Père fait en faveur de ses enfants, il le fait par le Fils qui est leur Sauveur.

Bien plus, ces deux puissances n'en sont qu'une, en vertu de l'unité d'essence entre le Père et le Fils : Moi et le Père nous sommes un.

Il faut remarquer que cette unité est exprimée en grec par un pronom neutre, qui la rend encore plus absolue et exclusive : Moi et le Père nous sommes une même chose. (Comparer Jean 17.10,11,21)

Ainsi donc les deux Etres et les deux actions révélées aux verset 28 et 29 apparaissent maintenant dans leur complète harmonie. C'est précisément ainsi que le Sauveur expliquait et justifiait son pouvoir de rendre la vie aux morts. (Jean 5.25,26)

- On a prétendu ne voir ici entre le Père et le Fils qu'une unité de volonté ou d'activité : nous voulons une même chose, nous travaillons à une même œuvre. (1Corinthiens 3.9) "Si Jésus n'avait voulu dire que cela, répond M. Godet, pourquoi ne pas déterminer plus clairement cette notion de collaboration, pourquoi surtout donner inutilement et comme à plaisir un scandale aux Juifs en employant une expression qui paraissait dire plus qu'il ne voulait dire en réalité ?"

Augustin remarque avec raison que le mot nous sommes, qui établit une distinction entre le Père et le Fils, réfute le sabellianisme ; et que le mot un ou une même chose réfute l'arianisme.

M. Godet répond à l'objection tirée du fait que l'expression : être un, est appliquée ailleurs à la relation de Jésus avec les fidèles : (Jean 17.22)

"L'union de Jésus et des fidèles n'est point un simple accord de volonté, c'est une union consubstantielle. L'incarnation a fondé entre Jésus et nous un rapport de nature, et ce rapport embrasse désormais notre personnalité tout entière, physique et morale."

Et nous ajouterons : ce rapport fondé par l'incarnation est confirmé et réalisé d'une manière toujours plus effective par notre communion vivante avec le cep dont nous sommes les sarments, (Jean 15.1-8) avec le chef dont nous sommes les membres. (Ephésiens 4.15 ; 16 ; 5.30)


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