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1 Corinthiens 15

    • 1 Chapitre 15.

      1 à 11 Les témoins de la résurrection de Jésus-Christ.

      2 Paul, tout rempli du grand sujet qu'il va traiter, recommence pour ainsi dire de nouveau √† faire conna√ģtre aux Corinthiens l'Evangile qu'il leur a annonc√©, et par lequel seul ils peuvent √™tre sauv√©s. Il leur rend le t√©moignage qu'ils l'ont re√ßu, qu'ils s'y sont tenus fermes jusqu'ici, mais d√©j√† il jette un regard inquiet et triste sur l'erreur qu'il va attaquer relativement √† la r√©surrection.

      De là, cette restriction conditionnelle : si vous le retenez... non seulement tel, mais (Grec :) "selon la parole par laquelle je vous l'ai annonce." Paul oppose la certitude et le contenu de cette parole divine aux objections des adversaires, qui, tout en retenant l'Evangile, le faussaient. De là, pour eux, le danger d'avoir cru en vain. (Comparer verset 14)

      3 Voir, sur ces expressions, 1Corinthiens 11.23, et surtout 1Corinthiens 7.40.
      4 Voilà donc l'Evangile que Paul avait transmis aux Corinthiens. Ce n'est pas un système religieux, c'est un fait, le fait de la rédemption du monde par la mort et la résurrection du Sauveur. Si ce fait est nié, que reste-t-il ?

      - Rien n'est plus frappant, relativement √† l'autorit√© divine des Ecritures, que le soin avec lequel J√©sus-Christ et ses ap√ītres en appellent sans cesse √† cette autorit√©, m√™me lorsqu'il s'agit d'un fait dont ils sont eux-m√™mes les t√©moins, comme ici la mort et la r√©surrection du Sauveur. (Voir leurs citations de l'Ecriture sur ce fait, entre autres¬†: Matthieu 12.40¬†; 26.31¬†; Luc 22.37¬†; 24.25,27,44-47¬†; Jean 19.36,37¬†; Actes 2.25-28,34-35¬†; 3.22¬†; 4.25 et suivants, 1Pierre 1.10-11 comparer 1Pierre 2.24,25)

      5 Cette apparition du Seigneur à Céphas, ou Pierre, est mentionnée Luc 24.34.

      Quant aux douze ap√ītres, ils l'ont vu tr√®s souvent apr√®s sa r√©surrection. (Jean 20.19 et suivants¬†; Luc 24.36 et suivants¬†; Actes 1.3) Ils n'√©taient plus que onze¬†; mais cette d√©nomination les douze √©tait devenue si habituelle, qu'elle resta m√™me apr√®s la chute de Judas.

      6 Cette apparition √† plus de cinq cents fr√®res √† la fois n'est pas rapport√©e par les √©vang√©listes, elle eut lieu sans doute en Galil√©e, (Matthieu 28.10,16,17) o√Ļ le Sauveur avait plus de disciples que partout ailleurs.

      Ces témoins vivaient encore au temps de Paul, il en appelle à eux, malgré la certitude divine de son propre témoignage. (verset 3) Il n'est aucun fait de l'histoire plus inébranlablement confirmé que celui de la résurrection de JésusChrist.

      7 Encore un fait dont Paul a seul conservé le souvenir. (verset 3)

      1Corinthiens 15.5¬†; Luc 24.36 et suivants¬†; Jean 20.19 et suivants¬†; verset 25. Paul revient ici √† tous les ap√ītres pour rappeler les nombreuses communications qu'ils eurent avec le Seigneur pendant les quarante jours de son s√©jour parmi eux.

      9 Voilà le motif de cette expression énergique de mépris contre luimême. (verset 8)

      Le terrible souvenir d'avoir pers√©cut√© Christ dans les siens, accompagna Paul durant toute sa vie comme une cause d'humiliation et de tristesse¬†; (Eph√©siens 3.8¬†; 1Timoth√©e 1.13) mais aussi ce souvenir m√™me, joint au sentiment de la mis√©ricorde immense dont il avait √©t√© l'objet, devint en lui un motif toutpuissant de consacrer ses forces et sa vie, jusqu'√† son dernier soupir, √† l'avancement de la sainte cause qu'il avait eu le malheur de m√©conna√ģtre. C'est ainsi que la gr√Ęce de Dieu transforme en bien m√™me l'erreur et le p√©ch√©. (verset 10)

      10 Par ces mots travaill√© plus qu'eux tous, faut-il entendre plus que tous ensemble, ou plus que chacun d'eux¬†? Les opinions des ex√©g√®tes sont divis√©es sur cette question. Quoi qu'il en soit, Paul se h√Ęte d'expliquer sa pens√©e en attribuant √† la gr√Ęce ses travaux et ses succ√®s, mais √† la gr√Ęce qui est avec lui, ce qui exprime l'action de Dieu et de l'homme dans leur pleine harmonie. Plusieurs manuscrits lisent en effet¬†: "la gr√Ęce de Dieu avec moi."

      - L'humilité chrétienne a un caractère absolument différent de ce qui porte ce nom, ou le nom de modestie dans la morale du monde. Le chrétien, profondément convaincu qu'il n'est rien en lui-même, rien qu'un pécheur digne de condamnation, et que tout ce qu'il possède, il le doit uniquement à la miséricorde divine, peut, néanmoins, sans blesser aucunement cette humilité, sans que, pour ainsi dire, cela le regarde, avouer hautement tout ce que Dieu a accompli en lui et par lui.

      C'est ce que fait Paul ici et ailleurs, (Romains 15.18 et suivants, par exemple) mais toujours en attribuant tout le bien de sa vie √† la gr√Ęce de son Dieu, pour le glorifier, et s'accusant de tout le mal qu'il avait fait avant sa conversion. L'homme du monde, au contraire, r√©duit √† sa propre valeur morale dans le bien comme dans le mal, a int√©r√™t √† voiler l'un et l'autre¬†; le mal, parce qu'il en serait accabl√© sans rem√®de devant Dieu et devant les hommes¬†; le bien, parce que le bon ton lui commande de ne pas se glorifier lui-m√™me, et que la modestie est une gloire de meilleur aloi.

      11 Grec : "Ainsi nous prêchons, et ainsi vous avez cru," c'est-à-dire, comme il l'a exposé, (versets 1-4) et comme prêchent tous les témoins qu'il a énumérés jusqu'à verset 8.
      12 12 à 34 S'il n'y a point de résurrection des morts, qu'en résulte-t-il ?

      Voilà donc, exprimée en termes très clairs, la grossière et funeste erreur contre laquelle Paul dirige tout cet admirable chapitre.

      Il y avait √† Corinthe, et cela dans l'Eglise (entre vous), des docteurs de mensonge qui niaient la r√©surrection des morts. Observons d'abord que cette erreur n'√©tait point universelle¬†: quelques-uns¬†; et ensuite, que ces docteurs ne niaient pas tous la r√©surrection de J√©sus-Christ, puisque l'ap√ītre part de ce fait pour prouver la r√©surrection en g√©n√©ral.

      Deux questions se posent ici, sur lesquelles on a fait maintes hypothèses :

      1¬į qui √©taient ces quelques-uns¬†? On a suppos√© en eux d'anciens saduc√©ens, ou des √©picuriens convertis, ou des chr√©tiens juda√Įsants, autant d'id√©es tr√®s improbables. C'√©taient plut√īt des pa√Įens convertis, imbus encore de certains principes philosophiques incompatibles avec l'id√©e de la r√©surrection, comme on en voit un exemple Actes 17.32. On a fait √©galement diverses suppositions pour d√©terminer auquel des quatre partis qui divisaient l'Eglise de Corinthe (Introduction et 1Corinthiens 1.11,12), pouvaient appartenir ceux qui niaient la r√©surrection. Mais il n'est pas possible d'arriver √† un r√©sultat certain.

      2¬į La seconde question, plus importante pour l'intelligence de ce chapitre, est celle-ci¬†: en quel sens ces faux docteurs niaient-ils la r√©surrection des morts¬†? Admettaient-ils, comme d'autres h√©r√©tiques, (2Timoth√©e 2.18) une r√©surrection purement spirituelle d√©j√† accomplie dans ce monde, et qui perm√ģt d'esp√©rer une vie √† venir, mais pour l'esprit seulement, sans le corps¬†? Ou bien, leur n√©gation emportait-elle l'an√©antissement de l'homme dans la mort, un pur mat√©rialisme, dont, toutefois, ils ne se rendaient pas clairement compte¬†?

      La r√©futation de l'ap√ītre semble admettre cette derni√®re opinion. (Voir surtout versets 18,19,32, et cette s√©v√®re r√©pr√©hension, versets 33,34) Quoi qu'il en soit, l'erreur qu'il combat emportait √† ses yeux l'an√©antissement de l'esp√©rance chr√©tienne et de la vie √©ternelle. (versets 14-18)

      13 De ce principe général : la résurrection des morts est impossible, résulte nécessairement cette conséquence de fait que Jésus, homme, n'a pu ressusciter.

      Mais il y a deux manières d'entendre ce raisonnement, qui divisent les interprètes :

      1¬į Les uns y voient une simple conclusion logique¬†: si le g√©n√©ral est supprim√© (la r√©surrection des morts), le particulier l'est aussi (la r√©surrection de Christ). Car enfin, l'homme J√©sus, une fois mort, √©tait dans la m√™me condition naturelle que tous les autres hommes.

      2¬į A cela, d'autres commentateurs r√©pondent¬†: Non, car J√©sus, comme Fils de Dieu, avait une puissance surnaturelle sur la mort, et il se pourrait qu'il f√Ľt ressuscit√©, sans que les autres morts dussent n√©cessairement sortir du tombeau apr√®s lui. Ainsi l'argumentation de l'ap√ītre serait d√©fectueuse.

      - Dès lors, ces mêmes interprètes voient ici un raisonnement fondé sur la signification dogmatique de la résurrection de Jésus-Christ. Dans le plan divin de la rédemption, Jésus n'est ni mort ni ressuscité pour lui-même, mais pour nous, et dans une solidarité absolue avec notre humanité. Or, ce but suprême serait manqué si les morts ne ressuscitaient point, et, de fait, Christ ne serait pas ressuscité.

      Ainsi Christ, homme, n'est pas ressuscité parce que, en tant que Dieu, il avait une puissance surnaturelle sur la mort, mais parce que Dieu ne pouvait permettre que "son Saint" sentit la corruption, (Actes 2.24-27) et parce que "l'Esprit de sainteté" a vaincu en lui le péché et sa suite naturelle, la mort. (Romains 1.4)

      Nul ne peut comprendre la doctrine de l'Ecriture touchant la résurrection s'il n'a clairement présent à l'esprit le rapport intime et indissoluble qu'il y a entre le péché et la mort, aussi bien qu'entre la justification et la sanctification, d'une part, la résurrection et la glorification du corps, d'autre part.

      15 Les ap√ītres ont √©t√© dans le monde les t√©moins de Dieu.

      L'objet principal de leur témoignage étant la résurrection de JésusChrist, fondement de la résurrection des siens, ils ne seraient pas seulement de faux témoins si cette doctrine n'est pas vraie, mais ils auraient témoigné contre Dieu et contre sa vérité en prenant son nom en vain.

      Il y a donc une triple gradation dans ces cons√©quences que tire l'ap√ītre¬†: la pr√©dication est vaine¬†; donc la foi qui s'appuie sur elle est vaine aussi¬†; enfin, les pr√©dicateurs sont des imposteurs.

      16 L'ap√ītre pose une seconde fois le principe erron√© exprim√© d√©j√† verset 13, afin d'en rendre les cons√©quences d'autant plus claires et impressives.

      On voit par ce chapitre, comme par l'Evangile tout entier, que Jésus-Christ, dans sa mort et dans sa résurrection, est absolument identifié avec les croyants. (verset 17, note.)

      Et c'est pour avoir ignor√© cette profonde v√©rit√© qu'on a pu accuser ici l'ap√ītre d'avoir fait un faux raisonnement, et, ce qui est bien pire, que d'autres se sont imagin√© qu'ils pouvaient nier la r√©surrection de J√©sus-Christ ou la d√©clarer indiff√©rente, sans ruiner de fond en comble le christianisme m√™me.

      17 Voilà une quatrième conséquence de l'erreur qu'il combat ; il en indique (verset 18) une cinquième, non moins terrible ; et enfin, (verset 19) une sixième qui les résume toutes.

      - Etre dans ses p√©ch√©s, (comparez Jean 8.21) c'est non seulement n'en avoir point le pardon, √™tre condamn√© par la justice de Dieu, mais √™tre livr√© √† toutes les cons√©quences du p√©ch√© non vaincu, √† l'esclavage de la corruption, √† la mort temporelle et √©ternelle. Preuve que, dans la pens√©e de l'ap√ītre, ce n'est que la r√©surrection de J√©sus-Christ qui a consomm√© toute son Ňďuvre de r√©demption¬†; de l√† aussi la cons√©quence de verset 18.

      18 Perdus, parce qu'ils restent dans leurs p√©ch√©s (verset 17) et dans la mort. Paul ne conna√ģt pas ou n'admet pas l'id√©e pa√Įenne d'une immortalit√© sans r√©demption et sans r√©surrection. Ce faux spiritualisme est aussi contraire √† une vraie philosophie l'Evangile.

      - Quelle douloureuse émotion devait produire cette conséquence chez ceux qui pleuraient leurs morts endormis en Christ, c'est-à-dire, en fondant leurs espérances sur sa résurrection !

      19 Derni√®re cons√©quence que l'ap√ītre tire de la triste supposition qu'il combat et qui compl√®te la pens√©e de verset 18.

      On pourrait objecter que, m√™me pour cette vie, le chr√©tien est plus heureux que l'homme du monde. Sans aucun doute une heure de la paix de Dieu vaut mieux que toutes les jouissances que le monde peut offrir. Mais il ne faut pas oublier que nulle communion v√©ritable avec Dieu n'existerait si l'erreur que combat l'ap√ītre √©tait vraie.

      Jouet d'une vaine illusion, se nourrissant d'un mensonge, le chr√©tien n'aurait r√©ellement en partage ici-bas que ses renoncements et ses combats, et, dans l'avenir, une d√©ception pour toute esp√©rance. Ou plut√īt il n'y aurait jamais eu de chr√©tiens sur la terre, et ainsi la supposition de l'ap√ītre devient un argument irr√©futable pour toute sa d√©monstration.

      22 Avec un sentiment √©vident de soulagement et de triomphe, et par ces mots¬†: mais maintenant, (verset 20) l'ap√ītre oppose √† la triste n√©gation dont il a d√©duit les cons√©quences l'affirmation du grand fait sur lequel il va fonder la r√©surrection des croyants. (versets 20-28)

      Christ est les prémices de la résurrection et de la vie, (Apocalypse 1.5) comme ces premiers fruits de la saison, consacrés à Dieu dans le temple, étaient les gages certains de la récolte.

      L'Ecriture enseigne fréquemment la vérité profonde d'une humanité une et solidaire, dont chaque membre, malgré son individualité, "ne vit pas pour lui même."

      Ainsi, comme du péché d'Adam est venue la mort pour sa race, (Romains 5.12) de même le second Adam, le représentant de l'humanité nouvelle, n'est pas mort et ressuscité pour lui seul, mais de lui émanent la justice et la vie. (Voir le développement de ce contraste dans Romains 5.12-21)

      - Paul consid√®re ici cette doctrine uniquement par son c√īt√© objectif¬†; c'est pourquoi il dit¬†: "tous seront rendus vivants par Christ," sans faire de distinction entre "une r√©surrection de vie" et une "r√©surrection de jugement." (Jean 5.29) Il est bien √©vident, d'apr√®s la nature m√™me des choses, que Christ n'est la justice et la vie que pour ceux en qui cette justice et cette vie s'accomplissent r√©ellement par leur union avec lui. (verset 23)

      23 Ceux qui sont à Christ seront rendus vivants à sa venue.

      Ici encore l'ap√ītre ne parle que de ceux-l√†, parce que, pour eux seuls, la doctrine de la r√©surrection qu'il enseigne sera une d√©livrance, la r√©demption parfaite.

      Le rang ou l'ordre de ces solennels √©v√©nements, qui s'accompliront au retour de Christ, n'est pas un ordre chronologique, distingu√© par des intervalles dans le temps¬†; mais plut√īt un ordre de dignit√©, partant de Christ, les pr√©mices, l'auteur du royaume et du salut, et aboutissant √† Dieu le P√®re, source √©ternelle √† qui toute gloire doit √™tre rendue. (verset 28)

      24 La fin sera celle du monde actuel de l'économie présente, par le jugement définitif qui suivra la résurrection et qui séparera du royaume toute puissance ennemie. (verset 25 ; comparez Matthieu 13.30,41,49 ; 25.32)

      - Le royaume que Christ remet au Dieu et P√®re, c'est l'Eglise des rachet√©s, dont il a √©t√© le M√©diateur, le Fondateur, par son incarnation, son sacrifice, sa r√©surrection, en un mot par toute son Ňďuvre. C'est la domination divine confi√©e au Sauveur pour reconqu√©rir l'empire sur le p√©ch√© et la puissance des t√©n√®bres, (Matthieu 11.27¬†; 28.18¬†; Jean 13.3¬†; 17.2) et que le Fils rend √† Dieu son P√®re, comme fruit de sa victoire. D√®s que le p√©ch√© et la r√©volte sont d√©truits, son Ňďuvre, comme M√©diateur, est achev√©e, et Dieu est tout en tous.

      Il y a un autre règne universel de Dieu, la création, que Dieu a tirée du néant et conservée par la Parole éternelle ; (Jean 1.3 ; Hébreux 1.2) ce n'est pas ce royaume-là qui doit lui être remis, car il ne s'en est jamais départi.

      25 Psaumes 110.1. Tel est le terme du règne du Médiateur.

      Tous les êtres créés à l'image de Dieu devaient ne former qu'un royaume sous la domination de son amour. Le péché et tous les maux qui en sont la suite, ont rendu nécessaire le règne de Christ sur la terre, et ce règne dure jusqu'à ce que le Fils de Dieu n'ait plus d'adversaires à soumettre.

      26 Ou plus littéralement : "comme dernier ennemi, la mort est détruite."

      - La puissance du péché et de Satan a été vaincue par la rédemption, et cette victoire s'accomplit sans cesse en chaque fidèle ; mais la mort, virtuellement détruite par la résurrection de Christ, exerce pourtant encore ses ravages sans distinction du croyant et de l'infidèle ; c'est pourquoi elle sera le dernier ennemi à soumettre par la résurrection finale, et par la manifestation complète de la vie de Christ dans les siens.

      - Ceux qui niaient la r√©surrection de J√©sus-Christ ne pouvaient donc pas admettre que tous les ennemis seraient vaincus par lui, ni que son Ňďuvre de r√©demption f√Ľt parfaite, puisque la mort aurait conserv√© sa victoire et ses victimes.

      27 Psaumes 8.7. Voir sur cette citation Hébreux 1.2 et suivants, notes.

      Celui qui lui a assujetti toutes choses ne peut être que Dieu. Cette remarque sert à préparer l'idée de la subordination du Christ au Père. (verset 28)

      28 Nous retrouvons évidemment ici encore la même pensée qu'à verset 24. Christ remet le royaume à Dieu son Père, et c'est en ce sens qu'il lui est assujetti, c'est-à-dire dans sa dignité de Messie ou de Médiateur. Jusque-là Dieu règne par lui, dès lors il règne immédiatement.

      Comme Parole √©ternelle (Logos), Christ reste, apr√®s son dernier triomphe sur le mal, comme avant son incarnation, dans un rapport d'inalt√©rable unit√© avec Dieu. Le changement de relation qui est ici indiqu√© aura lieu lorsque son Ňďuvre de r√©demption sera achev√©e.

      Tant que le péché ou la mort règnent encore sur ses rachetés, leur combat continue sous la conduite de Christ, leur Chef, leur Roi ; mais quand tout péché aura été détruit en eux, quand leur corps même aura été rendu conforme à son corps glorieux, alors ils lui seront semblables, (1Jean 3.2) étant parvenus à l'état d'homme parfait. (Ephésiens 4.13) Alors ils n'auront plus besoin de la médiation de l'Homme-Dieu, parce qu'ils seront participants de la nature divine, (2Pierre 1.4) et que Dieu sera toutes choses en tous.

      "Ce que l'ap√ītre a voulu exprimer ici, c'est cette id√©e sublime¬†: que le terme de l'histoire et le but de l'existence de l'humanit√© est la formation d'une soci√©t√© d'√™tres intelligents et libres, amen√©s par Christ √† une parfaite communion avec Dieu et rendus par l√† capables d'exercer, comme J√©sus lui-m√™me ici-bas, une activit√© inalt√©rablement sainte et bienfaisante. Cette intuition √©carte d'un c√īt√© le panth√©isme qui refuse toute existence propre et toute activit√© libre √† la cr√©ature, - le en tous (en chacun d'eux) s'y oppose, - et de l'autre le d√©isme, qui attribue √† l'homme une activit√© dans le bien isol√©ment de Dieu, ce qu'exclut le toutes choses en de saint Paul." Godet.

      Ce passage (versets 24-28) a été invoqué dans les temps modernes, et non sans raison, pour appuyer la doctrine d'un rétablissement universel, du salut final de tous les hommes, car si le but de l'humanité est un état de choses dans lequel Dieu soit tout en tous, il est difficile de concevoir que, ce but une fois atteint, il subsiste une classe d'êtres séparés de Dieu. Ils constitueraient à perpétuité l'empire du Prince des ténèbres, dont Paul (versets 24-26) annonce la destruction.

      Toutefois, il faut reconna√ģtre que dans ce chapitre, l'ap√ītre ne traite pas directement ce sujet de l'avenir des incr√©dules. Il parle seulement de ceux "qui se sont endormis en Christ," (verset 18) et il √©tablit, par la r√©surrection du Sauveur, qu'ils ne resteront point la proie de la mort, mais en seront d√©livr√©s tout entiers, corps et √Ęme, par la pl√©nitude de la vie. Cela lui suffisait pour r√©pondre victorieusement aux n√©gations qu'il savait √™tre r√©pandues dans l'Eglise de Corinthe.

      29 Apr√®s la digression de versets 20-28 sur le fait de la r√©surrection de J√©sus-Christ et ses suites jusqu'au dernier triomphe, l'ap√ītre revient √† son argumentation interrompue √† verset 19. Il reprend la supposition que les morts ne ressuscitent point, pour en d√©velopper les cons√©quences d√©sastreuses et r√©duire √† l'absurde cette supposition, d'abord aux versets 14-19, puis ici, versets 29-32.

      Ce verset verset 29, certainement tr√®s clair pour les premiers lecteurs de l'√©p√ģtre, parce qu'il suppose un usage du bapt√™me qui leur √©tait connu, est pour nous d'une interpr√©tation tout √† fait incertaine, l'usage auquel il fait allusion n'√©tant pas mentionn√© ailleurs. On est donc r√©duit √† des suppositions.

      L'une consiste √† croire que les chr√©tiens se faisaient administrer le bapt√™me pour des morts (parents ou amis), qui n'avaient pas pu le recevoir de leur vivant, ou √† leur place¬†; mais outre que cet usage, adopt√© plus tard dans certaines sectes, probablement d'apr√®s ce passage m√™me, ne pouvait gu√®re exister au temps des ap√ītres, peut-on admettre que Paul e√Ľt approuv√© une telle superstition et argument√© d'une erreur pour √©tablir une v√©rit√©¬†? D'ailleurs, l'emploi de l'article d√©fini¬†: les morts, montre qu'il avait en vue, non certains cas accidentels, mais la g√©n√©ralit√© des morts.

      D'autres estiment qu'il fait allusion à l'usage d'administrer le baptême sur les morts, c'est-à-dire sur les tombeaux des chrétiens, spécialement des martyrs, ce qui n'est pas plus admissible, bien que le sens grammatical permette cette version.

      Enfin, M. Godet et quelques interprètes pensent qu'il ne s'agit pas ici du baptême d'eau, mais d'un baptême de sang, c'est-à-dire de chrétiens qui subissaient le martyre, et qui étaient ainsi introduits dans l'Eglise glorifiée.

      Passant sur les nombreuses interpr√©tations qui ont √©t√© propos√©es encore, nous nous arr√™tons √† celle qui nous para√ģt la plus probable.

      Le baptême, outre sa signification intérieure, était, au dehors, le moyen de l'introduction dans l'Eglise. On sait que, dès les temps les plus anciens, on le demandait fréquemment aux approches de la mort seulement, soit dans une maladie dangereuse, soit dans les persécutions, (verset 32) surtout avec l'idée de ne plus pécher après l'avoir reçu. Celui qui recevait le baptême en de telles circonstances était baptisé, non pour les vivants, mais pour les morts, c'est-à-dire était introduit dans l'Eglise déjà glorifiée, et non plus dans celle qui combattait sur la terre.

      Mais s'il n'y a point de r√©surrection des morts, ce besoin du cŇďur, cette vive esp√©rance n'√©tait qu'une d√©ception de plus¬†; √† quoi bon ce bapt√™me qui trompe¬†? Que feront-ils¬†? Qu'ont-ils √† attendre¬†? Ce raisonnement est d√©j√† tout entier dans le verset 18 et se reproduit sous une autre forme dans versets 30-32. On peut ponctuer ainsi¬†: "Que feront ceux qui sont baptis√©s pour les morts¬†? Si absolument les morts ne ressuscitent point, pourquoi aussi sont-ils baptis√©s pour les morts (variante pr√©f√©rable¬†: pour eux)¬†?"

      31 Ces exemples, tir√©s de la vie de l'ap√ītre, s'unissent intimement √† verset 29, dans le sens que nous lui avons donn√©. Lui aussi re√ßoit chaque jour un bapt√™me de souffrances, de dangers, de renoncements, (Matthieu 20.22¬†; Luc 12.50) qui constitue pour lui une mort de chaque jour (non seulement le danger de mort, mais une mort int√©rieure, progressive, la mort en d√©tail)¬†; √† quoi bon tout cela, sans l'esp√©rance d'une r√©surrection glorieuse¬†? Une telle vie serait le comble de la folie.

      Mais o√Ļ est la conscience chr√©tienne que ne r√©volte une telle pens√©e¬†? Pour l'ap√ītre, c'est son sujet de gloire et par cons√©quent d'esp√©rance. Aussi en appelle-t-il solennellement √† la conscience des Corinthiens, qui tous pouvaient comprendre un tel sujet de gloire et de joie √©ternelle.

      32 On exposait les criminels (et plus tard les martyrs chrétiens) aux combats du cirque contre des bêtes féroces, jusqu'à ce qu'ils en fussent dévorés pour l'amusement du peuple. C'est à cet usage barbare que Paul compare les dangers et les mauvais traitements qu'il avait subis à Ephèse de la part des méchants ; on ignore à quelle époque et dans quelles circonstances, car l'émeute soulevée contre lui (Actes 19.23 et suivants) n'avait pas encore eu lieu. Peut-être faut-il voir une mention de ces souffrances dans Romains 16.4.

      Quoi qu'il en soit, il n'est pas probable que Paul entende ce combat contre les bêtes dans son sens littéral : sa qualité de citoyen romain le protégeait contre cette ignominie, et il y a toute apparence que les chrétiens n'y furent pas exposés avant la persécution plus générale qui eut lieu sous Néron.

      - Selon l'homme signifie dans des vues humaines, sans espérances plus élevées que celles des hommes terrestres.

      Ces mots¬†: Si les morts ne ressuscitent pas, peuvent se joindre √† la phrase qui pr√©c√®de ou √† celle qui suit. L'ap√ītre, en exprimant ce principe charnel du mat√©rialisme dans des termes emprunt√©s √† Esa√Įe, (Esa√Įe 22.13) ne voulait pas dire qu'il y e√Ľt dans l'Eglise de Corinthe des hommes qui tinssent ce langage, mais bien que la n√©gation de la r√©surrection y conduisait logiquement.

      Quiconque abandonne l'esp√©rance d'une enti√®re d√©livrance du p√©ch√© par la glorification de tout l'homme, doit n√©cessairement chercher icibas la plus grande mesure possible de jouissances. Pourquoi s'imposerait-il des renoncements¬†? Aussi, est-ce dans les temps d'incr√©dulit√© que l'on voit rena√ģtre sous toutes ses formes la doctrine de la "r√©habilitation de la chair."

      33 Cette derni√®re sentence est, selon saint J√©r√īme, un vers emprunt√© au po√®te grec M√©nandre, et qui √©tait devenu un proverbe populaire. Il para√ģt que la n√©gation de la r√©surrection √©tait propag√©e par de faux docteurs, √©trangers √† l'Eglise de Corinthe, et dont Paul voulait que celle-ci √©vit√Ęt la soci√©t√©.
      34 Grec : "Devenez sobres justement," comme vous le devez ; exhortation qui suppose déjà un certain degré d'enivrement par les séductions de l'erreur et d'une fausse liberté.

      Afin d'humilier des hommes enfl√©s de leur propre sagesse, l'ap√ītre prononce cette √©nergique accusation d'ignorance de Dieu (Grec¬†:), qui n'a rien d'exag√©r√©¬†; car en ceux qui poss√®dent l'Evangile toute erreur volontaire de doctrine et de morale obscurcit la v√©rit√© divine tout enti√®re et trouble leur communion avec Dieu.

      35 35 à 49 Comment ressusciteront les morts ?

      L'ap√ītre, apr√®s avoir prouv√© qu'il y a une r√©surrection des morts, en vient au comment de cette doctrine et traduit par sa question une objection que l'on faisait sans doute √† Corinthe contre la doctrine de la r√©surrection.

      Les faux docteurs en niaient la possibilité, parce qu'ils se représentaient le corps ressuscité comme étant de même nature matérielle que le corps terrestre ; et c'est là, aujourd'hui encore, à l'égard de cette doctrine, la cause d'ignorance la plus fréquente, ou le prétexte d'incrédulité le plus répandu.

      Aussi Paul, appelant à son secours diverses analogies de la nature, enseigne-t-il que la résurrection est une complète glorification du corps. (versets 36-44)

      37 Comment ressusciterait un corps entièrement dissous par la corruption ? Voilà l'objection. (verset 35)

      L'ap√ītre y r√©pond par l'exemple analogue du grain de semence, que J√©sus-Christ avait employ√© avant lui. (Jean 12.24, note.)

      Voici quel est ici le point principal de la comparaison : le grain jeté en terre et la plante qui en sort sont bien identiques, et ils sont pourtant si complètement divers, que tout ce qu'il y a de visible dans le grain semé périt. Ainsi, même dans la nature, la mort conduit à la vie, et la destruction de tout ce qu'il y a de visible dans un être n'est pas une raison de douter qu'un corps nouveau ne puisse émaner de l'ancien.

      L'application de l'image au corps humain se fait d'elle-m√™me. Un germe de nature psychique (verset 46, note) se rev√™tira du corps glorifi√©. Toutefois, il ne s'agit point uniquement d'un proc√©d√© naturel¬†: la r√©surrection est un acte direct de la toutepuissance divine, un fruit de la gr√Ęce en J√©sus-Christ.

      38 Le laboureur n'a pas sem√© le corps qui na√ģtra du grain¬†; (verset 37) c'est Dieu qui se donne, c'est-√†-dire qui le cr√©e, comme il l'a voulu, d√©termin√© d'avance au jour de la cr√©ation, et c'est toujours un corps de m√™me nature que la semence.

      Pourquoi ne recevrions-nous pas de même un corps approprié à notre état futur ? pourquoi nous laisserions-nous arrêter par l'idée du corps matériel qui se dissout ? pourquoi douterions-nous de la puissance de Dieu, visible dans la création ?

      41 Cette seconde image élève la pensée au-dessus de notre horizon borné. Nous sommes trop tentés d'envisager avec une sorte de mépris ce qu'il y a en nous de corporel, parce que nous n'y voyons qu'une masse grossière de chair et de sang.

      Mais il n'en sera pas toujours ainsi. La diversit√© infinie des corps dans la nature devrait suffire √† nous en avertir. C'est l√† ce que veut dire l'ap√ītre¬†: "Voyez combien le corps de l'homme est d√©j√† plus noble plus admirablement organis√© que celui des b√™tes, et quelle diversit√© il y a entre ces derni√®res¬†! Elevez-vous plus haut encore¬†: ce ne sont l√† que des corps terrestres¬†: mais contemplez ces corps c√©lestes, si √©th√©r√©s, si lumineux¬†! L√† aussi se retrouve la diversit√©¬†; vous pouvez concevoir des corps plus immat√©riels encore¬†: d'o√Ļ vient donc cet aveuglement qui vous fait juger du corps glorifi√© par ce corps d'argile¬†?"

      - Les corps terrestres (verset 40) sont ceux des hommes et des animaux ; mais qu'est-ce que les corps célestes ?

      Plusieurs interpr√®tes entendent par l√† les corps des anges. Sans doute, cette id√©e conviendrait tr√®s bien, en tant qu'exemple, √† l'argumentation de Paul. Mais comme lui-m√™me parle aussit√īt apr√®s du soleil, de la lune, des √©toiles, n'est-il pas plus probable que c'est l√† ce qu'il entend par corps c√©lestes¬†?

      44 Dans ces versets versets 42-44,1'ap√ītre applique √† la fois les deux comparaisons qui pr√©c√©dent¬†; celle du grain se retrouve dans les termes¬†: il est sem√©, et celle de la diversit√© des corps, dans tous ces glorieux contrastes entre notre corps actuel et celui dont nous serons rev√™tus apr√®s le triomphe final de Christ.

      - Afin de peindre plus vivement √† nos regards les sc√®nes de cette derni√®re victoire sur la mort, l'ap√ītre parle au pr√©sent "Le corps est sem√©¬†; il ressuscite," ainsi, √† cinq reprises successives.

      - Sur ces mots : corps animal (qu'il faudrait pouvoir traduire par corps psychique) et corps spirituel, voir la note suivante, et l'opposition de ces deux mêmes épithètes, 1Corinthiens 2.14,15, note.

      45 Pour bien comprendre ces paroles qui nous ouvrent une vue profonde sur la nature de l'homme et sur les rapports de la cr√©ation et de la r√©demption, il faut se souvenir que, selon l'Ecriture, l'homme est compos√© de l'esprit, de l'√Ęme et du corps dans une indivisible unit√©. (1Thessaloniciens 5.23)

      L'esprit est la facult√© la plus √©lev√©e, celle qui met l'homme en rapport avec Dieu¬†; l'√Ęme (Grec¬†: psych√©) est l'√©l√©ment de la vie, que nous avons en commun avec tous les animaux de l√†, la traduction corps animal, dou√© d'√Ęme (en latin anima, voir 1Corinthiens 2.14, note), avec l'immense diff√©rence toutefois, que chez l'homme cette √Ęme est unie √† un esprit immortel qui la rend intelligente et en fait le si√®ge, non seulement de sensations et d'instincts, mais de sentiments dont nous avons la conscience et la responsabilit√©.

      Le corps enfin est l'organe mat√©riel de l'esprit et de l'√Ęme. Dieu, en cr√©ant l'homme en √Ęme vivante (verset 45, Grec¬†: pour une √Ęme vivante, c'est-√†-dire pour grandir toujours plus dans la vie v√©ritable dont la source lui √©tait ouverte, Gen√®se 2.7-9), voulait que le d√©veloppement graduel de sa cr√©ature se fit par un progr√®s ascendant vers la spiritualit√©.

      L'esprit de l'homme, en communion vivante avec l'esprit de Dieu, aurait p√©n√©tr√© l'√Ęme, et par elle le corps, l'√™tre tout entier. Ainsi, l'esprit aurait domin√© sur toutes les facult√©s de l'homme, comme l'homme devait dominer sur la nature enti√®re, et il serait parvenu √† sa destination glorieuse sans passer par la mort et la r√©surrection.

      Mais, par la chute, toute cette harmonie a √©t√© bris√©e¬†: la communion avec Dieu, source de la vie, fut interrompue¬†; l'esprit, au lieu de r√©gner, tomba sous la domination de l'√Ęme et du corps, c'est-√†-dire des passions et des sens¬†; l'ordre du progr√®s fut interverti¬†; l'homme, destin√© √† √™tre spirituel, devint charnel et terrestre, et le roi de la cr√©ation fut l'esclave du p√©ch√© et de la mort.

      - Tel est le premier homme Adam, auquel l'ap√ītre oppose, dans un puissant contraste, le dernier Adam, (verset 45) J√©sus-Christ. N√© dans notre nature, Christ √©tait sans doute susceptible de souffrir et de mourir¬†; mais ayant, par cette souffrance m√™me, par son ob√©issance et par sa mort, "accompli toute justice," il r√©tablit en sa personne et en sa vie l'harmonie d√©truite¬†; l'esprit qui, en lui, √©tait le temple de l'Esprit de Dieu, p√©n√©tra de sa vie l'√Ęme et le corps¬†; aussi "les liens de la mort ne purent-ils le retenir¬†;" il fut "vivifi√© en esprit," (1Pierre 3.18) il ressuscita "par l'Esprit de saintet√©" (Romains 1.4) avec un corps glorifi√©.

      Il a donc √©t√© fait, pour lui-m√™me et pour les siens en esprit vivifiant, (verset 45) ce que Paul oppose √† l'√Ęme vivante du premier Adam.

      Christ, en demeurant dans ses rachetés, les rend semblables à lui en toutes choses. (1Corinthiens 15.48,49 ; Romains 8.11 ; comparez 1Corinthiens 6.5) Leur corps nouveau, "conforme au corps glorieux du Christ," (Philippiens 3.21) est ici appelé corps spirituel, par opposition au corps animal (ou psychique) d'Adam, (verset 44) parce qu'il sera entièrement pénétré, glorifié par l'Esprit, manifestant au dehors ce que cet esprit est en lui-même, et reflétant l'éternelle sagesse, la sainteté, la beauté morale, l'amour.

      46 Devait venir apr√®s en Adam lui-m√™me, et vient apr√®s dans l'enfant de Dieu r√©g√©n√©r√© et ressuscit√©¬†; d'o√Ļ l'on peut conclure que la glorification future sera infiniment sup√©rieure √† ce qu'√©tait l'innocence primitive d'Adam. (versets 45-47)
      47 Le premier homme, par l'origine terrestre de son corps, est poussière (Grec :) et condamné à retourner en poudre.

      Le second homme (ici le texte reçu ajoute à tort le Seigneur) est du ciel, et communique aux siens sa nature céleste. (versets 48,49)

      49 Ces versets versets 47-49 sont l'application aux chrétiens du grand principe posé au verset 45. Paul revient souvent à cette pensée très profonde d'une solidarité étroite entre le premier homme et sa postérité, d'une part, et entre Christ et ses rachetés, d'autre part. (Voir surtout Romains 5.12-21)

      Adam et Jésus-Christ sont, dans un sens directement opposé, la souche de deux humanités différentes. La seule question pour nous est de savoir à laquelle nous appartenons.

      Quant √† la r√©surrection et √† la glorification du corps, rien n'est plus propre √† nous en donner l'id√©e que d'en montrer le type accompli en J√©sus-Christ. C'est ce que Paul fait, ici et dans toutes ses √©p√ģtres. (Voir, par exemple, Philippiens 3.21)

      50 Ce que je dis, ou ce que je veux dire, ce que je conclus de toute cette instruction destinée à réfuter l'objection (verset 35) qu'on tire de l'idée que nous ressusciterons et entrerons au royaume de Dieu avec ce corps grossier.

      La chair et le sang, c'est l'homme naturel, déchu, pécheur, sujet à la corruption. (Romains 1.3, note.)

      L'entrée au royaume de Dieu ne peut donc nous être ouverte qu'autant que Christ nous a renouvelés à son image, dès ici-bas par son Esprit, et, au dernier jour, par la résurrection ; de là l'incorruptibilité en harmonie avec la vie du ciel.

      52 Paul appelle un mystère telle doctrine ou tel fait caché dans le conseil de Dieu, et dont il a reçu directement la révélation. (1Corinthiens 2.7, note ; comparez Romains 11.25 ; Ephésiens 3.3 et suivants)

      Le mystère dont il s'agit ici concerne ceux qui vivront encore au retour de Christ. Que deviendront-ils, tandis que les morts ressusciteront incorruptibles ?

      L'ap√ītre enseigne, ici et ailleurs, (1Thessaloniciens 4.15-17¬†; 2Corinthiens 5.2-4) qu'ils seront chang√©s, transform√©s, rev√™tus de cette incorruptibilit√© qui seule peut h√©riter le royaume de Dieu. (verset 50) Cela aura lieu, non par un lent proc√©d√© de glorification, mais en un instant, par un miracle de la puissance divine tout semblable √† celui de la r√©surrection, et simultan√©ment avec cette derni√®re. (1Thessaloniciens 4.15)

      Le signal de ces grands √©v√©nements sera donn√© par la derni√®re trompette, c'est-√†-dire celle du dernier jour. Dans le langage symbolique de l'Ecriture, le son de la trompette est le signe du combat¬†; (1Corinthiens 14.8¬†; Zacharie 9.14) celle-ci annoncera la victoire finale sur le dernier ennemi. (verset 26) Le bruit de cet instrument √©tait aussi le signal des grandes assembl√©es du peuple de Dieu¬†; ici sera le dernier accomplissement de la proph√©tie d'Esa√Įe, (Esa√Įe 27.13) l'assembl√©e √©ternelle de tous les rachet√©s.

      Quand l'ap√ītre dit nous et para√ģt se comprendre parmi ceux qui vivront au jour de Christ, (comparez 1Thessaloniciens 4.15) il ne faut pas oublier que "le jour et l'heure" avaient √©t√© positivement cach√©s √† l'Eglise, (Matthieu 24.36) afin qu'elle se tint constamment dans un √©tat vigilant d'attente, et que, par cons√©quent, tous les premiers chr√©tiens qui esp√©raient le retour de Christ de leur vivant, √©taient fond√©s √† le faire.

      Nous voyons aussi, par ce fait, que les ap√ītres eux-m√™mes ne connaissaient des desseins de Dieu sur notre avenir que ce qui leur avait √©t√© positivement r√©v√©l√©, et cela doit rendre d'autant plus grande notre confiance en leur t√©moignage.

      53 Il le faut, tant pour les vivants que pour les morts du dernier jour, selon le principe absolu exprimé à verset 50.

      L'incorruptibilité est la condition absolue de l'immortalité.

      L'Ecriture ne conna√ģt pas la notion st√©rile d'une immortalit√© de l'√Ęme ind√©pendante de la r√©surrection et surtout du renouvellement de tout notre √™tre.

      Le mot m√™me d'immortalit√© appliqu√© √† l'homme ne se trouve qu'ici dans tout le Nouveau Testament¬†; (versets 53,54) et dans le seul passage o√Ļ il para√ģt encore, (1Timoth√©e 6.16) il est dit que "Dieu seul poss√®de l'immortalit√©."

      54 Ou "en victoire"

      M. Godet paraphrase : "La mort est absorbée en la vie inaltérable."

      C'est une citation libre de Esa√Įe 25.8, o√Ļ on lit¬†: "Il engloutit la mort pour toujours," ce qui suppose bien la victoire proclam√©e ici par l'ap√ītre.

      55 Citation encore plus libre de Os√©e 13.14. Saisi de la grandeur de son sujet et de la gloire de ses esp√©rances, l'ap√ītre entonne un chant de triomphe (comparez Romains 8.31-39) sur la d√©faite des plus terribles ennemis de Christ et du chr√©tien.

      Il emprunte pour cela √† Os√©e cette apostrophe hardie¬†: "O√Ļ est ton fl√©au, √ī mort¬†? O√Ļ est ta peste, √ī enfer¬†?" Mais l'ap√ītre modifie l'√©lan po√©tique du proph√®te √† un double √©gard.

      D'abord, au terme de ses instructions profondes sur la résurrection, il adresse deux fois son défi à la mort.

      La variante du texte re√ßu, qui lui fait dire¬†: "√ī enfer¬†!" (had√®s, le lieu invisible, faussement rendu dans nos versions par s√©pulcre) n'est qu'une correction selon le passage d'Os√©e. Ensuite, √† ces mots du proph√®te¬†: o√Ļ est ton fl√©au, ta peste¬†? - il substitue ceux-ci¬†: ton aiguillon, ta victoire.

      L'aiguillon est l'arme d'un animal venimeux, d'un scorpion, qui pique et tue. (Comparer le verset suivants, note.)

      57 L'aiguillon de la mort, son arme, ce qui la rend si horrible, ce qui lui imprime au front le caractère d'une malédiction, c'est le péché.

      Sans le péché il n'y a point de mort. Le péché, à son tour, a dans la loi toute sa puissance, car c'est la loi qui condamne le pécheur et le livre à la mort. (Romains 5.20,21 ; 7.7-14)

      L'ap√ītre ins√®re ici ces paroles pour relever encore la grandeur de la victoire de Christ et du chr√©tien par une revue rapide de nos terribles ennemis, et ainsi il pr√©pare l'ardente action de gr√Ęces de son cŇďur p√©n√©tr√© de reconnaissance¬†: Mais gr√Ęces √† Dieu¬†!...

      58 La pressante exhortation par laquelle Paul termine ce riche chapitre, prouve puissamment le rapport intime qu'il y a entre la doctrine de la résurrection et la vie chrétienne tout entière.

      L'Ňďuvre du Seigneur, c'est la propagation et l'accroissement de son r√®gne au dehors et au dedans¬†: sans la vivante esp√©rance de la r√©surrection cette Ňďuvre n'aurait ni terme ni triomphe √† attendre¬†; jamais la puissance du p√©ch√©, de la chair, de la mort ne serait enti√®rement vaincue et d√©truite.

      O√Ļ donc serait notre courage¬†? C'est par la r√©surrection que nous triomphons m√™me en succombant, ainsi que notre Ma√ģtre qui, en mourant, a vaincu la mort¬†!

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