1 Corinthiens 2

    • 1 Chapitre 2.

      1 à 5 La prédication de Paul à Corinthe prouve la vérité de ce qu'il vient d'enseigner.

      "Je n'ai eu recours ni à la sublimité (littér. élévation, hauteur) de la parole, ni à ce que les hommes estiment comme sagesse." (1Corinthiens 1.17)

      Il a négligé les formes de la science pour proclamer simplement un fait, un fait divin, (verset 2) et c'est ce qu'il appelle ici le témoignage de Dieu, c'est-à-dire, de ce que Dieu a fait en Jésus-Christ pour sauver le monde. (Une variante porte "le mystère de Dieu," mais elle est trop peu autorisée pour être admise.)

      2 Grec : "Jésus-Christ, et celui-là crucifié," par opposition à un JésusChrist revêtu de la gloire du monde. Paul a cherché la puissance de sa prédication dans ce qui était aux Juifs un scandale, aux Grecs une folie, la croix de Christ. (1Corinthiens 1.23,24)

      La mort expiatoire du Sauveur est la source de laquelle doit d√©couler toute v√©rit√© et toute sagesse¬†; une pr√©dication qui n'envisage pas la croix comme le centre d'o√Ļ tout d√©rive, n'est pas apostolique. Ce qui n'emp√™che pas qu'il ne faille exposer √† l'Eglise toutes les doctrines qui sont les cons√©quences de cette v√©rit√© fondamentale.

      Les discours et les lettres des ap√ītres prouvent assez combien cette premi√®re v√©rit√© est f√©conde en sagesse pratique, applicable √† tous les besoins de l'√Ęme, √† tous les rapports des hommes, soit entre eux, soit avec Dieu¬†; mais aussi ils prouvent que tous leurs enseignements d√©coulaient de cette source et y ramenaient sans cesse¬†; leurs exhortations morales elles-m√™mes n'ont pas d'autre sanction. (Voy. en particulier 1Corinthiens 5.7¬†; 6.20¬†; 7.23¬†; 8.11¬†; 2Corinthiens 5.14,15¬†; Eph√©siens 4.32¬†; Philippiens 2.1-8¬†; 1Pierre 1.18,19¬†; 2.18-25)

      3 Ces deux mots crainte et tremblement expriment souvent, dans les lettres de Paul, une profonde et religieuse vénération. (2Corinthiens 7.15 ; Philippiens 2.12 ; Ephésiens 6.5)

      Quant √† la faiblesse dont il parle ici, on a voulu y voir soit des √©preuves int√©rieures, soit des infirmit√©s corporelles¬†; (Galates 4.13,14¬†; 2Corinthiens 12.7) c'est surtout le sentiment accablant de la saintet√© et de la grandeur de sa t√Ęche, qui, dans une ville o√Ļ il s'attendait √† tant de r√©sistance, semble avoir intimid√© Paul √† son arriv√©e √† Corinthe. (Comparer 2Corinthiens 10.1,10¬†; Actes 18.9,10)

      Son action y avait form√© un contraste bien frappant avec la bruyante hardiesse des sophistes et des chefs d'√©cole dans les grandes villes de la Gr√®ce et m√™me avec la haute √©loquence d'un Apollos. Mais ce qui √©tait pour l'ap√ītre un opprobre aux yeux du monde, Dieu en tira sa gloire et la confirmation de son Evangile, en accomplissant de si grandes choses par un si faible instrument.

      4 Des discours persuasifs, c'est-à-dire composés et prononcés selon les méthodes captieuses des rhéteurs. Paul a dit déjà (1Corinthiens 1.17) qu'il répudiait cette sagesse. Le texte reçu porte ici sagesse humaine, épithète empruntée à verset 13.

      Il ne faut pas entendre avant tout par cette d√©monstration d'Esprit et de puissance certains dons miraculeux de l'Esprit de Dieu, mais bien plut√īt son action sur les √Ęmes par le moyen de la Parole. Une humiliante conviction de p√©ch√©, (Jean 16.8) la consolation et la paix du pardon, la force n√©cessaire pour √™tre affranchi de l'esclavage de la corruption et du monde, l'intelligence toute nouvelle de v√©rit√©s divines dont on n'avait pas m√™me l'id√©e¬†: telle est la vraie d√©monstration de l'Evangile que produit l'Esprit de Dieu et que l'ap√ītre oppose √† des discours rendus persuasifs par les artifices d'une √©loquence humaine. (2Corinthiens 4.7¬†; 1Thessaloniciens 1.5)

      Toutefois, comme saint Paul nous fait conna√ģtre lui-m√™me que, pr√©cis√©ment √† Corinthe, il lui fut donn√© d'agir par les manifestations de l'Esprit que l'on a coutume d'appeler extraordinaires, (1Corinthiens 14.18¬†; 2Corinthiens 12.12) il ne faut pas les exclure absolument de la d√©monstration dont il parle ici.

      5 Plus il y avait eu de simplicit√© dans sa parole, d√©nu√©e de tous les artifices persuasifs de la sagesse, plus ses moyens, en g√©n√©ral, avaient √©t√© faibles aux yeux des hommes, (verset 3) plus aussi les immenses r√©sultats de sa pr√©dication √©taient √©videmment une Ňďuvre de la puissance de Dieu, exerc√©e par son Esprit, et qui r√©side d√©j√† dans la croix. (1Corinthiens 1.18) Et ce n'avait pas √©t√© une circonstance d√©termin√©e par la nature de ses dons¬†; mais telle avait √©t√© son intention (afin que).

      Quand, au contraire, on a recours √† des moyens humains de persuasion, il est bien difficile de discerner ce qui, dans les r√©sultats, est un effet passager de la sagesse humaine, et ce qui est l'Ňďuvre, seule permanente, de l'Esprit de Dieu.

      6 6 à 16 L'Evangile, dans sa simplicité, est pourtant la plus haute sagesse.

      L'ap√ītre, apr√®s avoir oppos√© le simple Evangile √† la sagesse des hommes, (1Corinthiens 1.17-31¬†; 2.1-5) montre maintenant que le contenu de sa pr√©dication, compris dans sa vivante profondeur, est pourtant une sagesse.

      Ostervald, avec sa n√©gligence ordinaire des particules et des articles, en traduisant ici "la sagesse," met l'ap√ītre en contradiction avec lui-m√™me, puisqu'il d√©clare si souvent qu'il ne pr√™che pas la sagesse.

      Paul a bien soin de distinguer celle qu'il prêche de celle dont il a parlé précédemment ; c'est une sagesse, sans doute, mais une sagesse, non de ce siècle, etc. Il lui importe de ne pas laisser planer un malentendu sur son enseignement, comme si l'Evangile était incompatible avec la vraie sagesse, placée si haut déjà dans les livres de l'Ancien Testament.

      Mais cette sagesse, quelle est-elle ? Calvin, et avec lui plusieurs interprètes, répondent que c'est simplement l'Evangile, tel que Paul le prêchait partout, et les parfaits auxquels il propose cette sagesse seraient les hommes intègres, d'un jugement sain et droit, qui reçoivent cet Evangile. Ces vues ne sont pas admissibles. (Voy. versets 13-15 ; comparez 1Corinthiens 3.1)

      Ce mot¬†: les parfaits ne suppose pas la perfection morale dans toute la rigueur de l'acception, sans doute¬†; mais bien, selon son sens √©tymologique en grec, ce qui a grandi, comme un homme fait, ce qui a m√Ľri, comme un fruit, ou encore, ce qui a atteint son but.

      Dans son sens moral, appliqu√© au d√©veloppement de l'√Ęme, ce mot d√©signe l'homme qui a, en soi, le principe de la perfection, et d√©j√†, jusqu'√† un certain degr√©, la maturit√©, la stature de l'homme fait. (Comparer 1Corinthiens 3.1¬†; 14.20, o√Ļ ce mot est oppos√© √† l'√©tat d'enfance¬†; Eph√©siens 4.13¬†; Philippiens 3.15)

      Or, √† ceux qui ont atteint cette maturit√©, √† ceux qu'il peut appeler des hommes spirituels, parce qu'ils ne sont plus ni "charnels," ni des "enfants en Christ," (1Corinthiens 3.1) l'ap√ītre dit qu'il propose l'Evangile, non plus comme "une folie" (ils ne le consid√®rent plus ainsi), mais comme une sagesse.

      Pour eux, en effet, chez qui "la parole de la croix" a vaincu la fausse et orgueilleuse sagesse qui leur faisait voir dans l'Evangile une folie¬†; pour ces hommes d√©j√† m√Ľris par une exp√©rience personnelle de la vie chr√©tienne, i1 est possible, non seulement de proposer la v√©rit√© sous d'autres formes, mais de d√©rouler √† leurs yeux les doctrines les plus profondes de la r√©v√©lation, de leur en faire saisir l'encha√ģnement. (H√©breux 5.12-14¬†; 6.1)

      Au nombre des v√©rit√©s que l'ap√ītre appelle "le lait des enfants" sont la repentance, la foi en J√©sus-Christ, etc. Parmi les doctrines dont l'√©tude doit occuper les m√©ditations des chr√©tiens plus m√Ľrs, on peut nommer¬†: l'encha√ģnement harmonique des institutions de l'Anc. et du Nouveau Testament pour le salut de l'humanit√©¬†; les perspectives du r√®gne de J√©sus-Christ dans son accomplissement futur¬†; la glorification graduelle de Dieu comme P√®re, Fils et Saint-Esprit dans les r√©v√©lations divines¬†; la souverainet√© de la gr√Ęce de Dieu, manifest√©e librement en ceux qu'elle appelle et sanctifie pour le salut, sans d√©truire leur libert√© ni leur responsabilit√©.

      Ce sont ces doctrines, en effet, qui font le plus vivement sentir la n√©cessit√© et aussi la divine beaut√© de la r√©v√©lation. Du reste, ces doctrines de la sagesse chr√©tienne ne renferment rien qui ne se trouv√Ęt en germe dans les premiers √©l√©ments de la foi¬†; les ap√ītres ne connaissent point de v√©rit√©s secr√®tes r√©serv√©es √† des initi√©s seulement¬†; il ne s'agit donc ici que de la v√©rit√©, saisie avec plus ou moins de profondeur et d'ensemble. Dans les versets suivants, versets 7-12, l'ap√ītre explique d'ailleurs lui-m√™me ce qu'il entend par la sagesse.

      Cette sagesse n'est ni de ce si√®cle (a√Į√īn, l'√©conomie pr√©sente), qui ne peut pas m√™me la reconna√ģtre comme telle, ni des principaux de ce si√®cle (Grec¬†: "archontes"), par o√Ļ il faut entendre, soit les grands, les puissants, les gouvernants de ce si√®cle, comme le prouve verset 8¬†; soit ceux qui dominent par la sagesse, la science, l'√©loquence, etc.

      - Ces mots qui vont √™tre an√©antis (Grec¬†: "√©tant an√©antis, abolis, rendus inutiles") sont employ√©s par l'ap√ītre au pr√©sent, parce qu'il voit ce jugement de Dieu sur les grandeurs de ce si√®cle d√©j√† exerc√©, soit par l'Evangile qui "abolit la sagesse des sages," soit par l'action constante du temps sur ce monde qui "passe avec sa convoitise." (Comparer 1Corinthiens 1.28)

      7 La sagesse de Dieu est celle que Dieu possède et qu'il révèle seul à l'homme. Paul l'annonçait en un mystère, c'est-à-dire comme la manifestation d'un mystère qui, jusqu'à l'Evangile, avait été une sagesse cachée.

      Ce que l'ap√ītre appelle un myst√®re, n'est jamais une chose que l'homme ne puisse absolument pas p√©n√©trer¬†; c'est plut√īt une v√©rit√© qu'il ignore √† cause de l'incr√©dulit√© et de l'aveuglement que produit le p√©ch√©, mais que Dieu r√©v√®le √† la foi. (vers. 9. Comparer 1Corinthiens 4.1¬†; 15.51¬†; Eph√©siens 3.3,4,9¬†; Colossiens 2.2¬†; 4.3) De l√†¬†; ce mot cach√©, qui est une explication de l'ap√ītre. (Comparer Romains 16.25¬†; Colossiens 1.26)

      Cette sagesse a été manifestée dans la rédemption du monde par Jésus-Christ ; car c'est là le mystère qui était caché, et qui, révélé, est devenu la sagesse et la lumière du monde. Il était même prédéterminé avant les siècles, dans le conseil éternel de Dieu, pour la gloire de ses enfants ; c'est-à-dire que la révélation de ce mystère devait éclairer, régénérer les croyants, et les rendre participants de la gloire céleste que Dieu leur destine.

      Quelle id√©e sublime et profonde l'ap√ītre avait de la r√©demption¬†! Quelle pr√©cieuse lumi√®re ces paroles jettent sur la cr√©ation et sur la chute de l'homme¬†! Avant l'origine du mal le rem√®de √©tait pr√©par√©. En m√™me temps, l'ap√ītre veut faire sentir par l√† combien cette sagesse divine est imp√©rissable, puisqu'elle est √©ternelle comme Dieu.

      8 Quoique tout ce qu'il y avait alors sur la terre de lumi√®re et de sagesse f√Ľt r√©uni dans les princes des Juifs et des pa√Įens (verset 6, note) qui prirent une part active √† la mort de Christ, ils ne connurent point la sagesse divine manifest√©e en lui.

      Cette ignorance, sans doute, diminue leur crime ; mais comme c'était une ignorance volontaire et coupable, leur péché demeure. (Comparer Luc 23.34, note.)

      - Comment, en effet, sans cette ignorance relative, auraient-ils pu crucifier le Seigneur de gloire, Celui à qui toute gloire appartient ?

      9 Ces paroles ne se trouvent textuellement dans aucun passage de l'Anc. Test.

      Depuis les Pères de l'Eglise jusqu'à nos jours, divers interprètes ont cru y voir une citation d'un écrit apocryphe aujourd'hui perdu (l'Apocalypse d'Elie). Mais jamais Paul ne cite avec ces mots : il est écrit, autre chose que l'Ecriture sainte.

      Ici il a tr√®s probablement en vue Esa√Įe 64.4 (ou 3), qu'il cite de m√©moire, en y m√™lant une expression emprunt√©e √† Esa√Įe 65.17 o√Ļ il est dit litt√©r. "(les choses pass√©es) ne monteront plus au cŇďur."

      Quoi qu'il en soit, il veut √©tablir et g√©n√©raliser par ces belles paroles le fait exprim√© √† verset 8. Jamais le g√©nie de l'homme, abandonn√© √† lui-m√™me, n'a connu ce myst√®re de la sagesse divine. Cela est r√©serv√© √† ceux qui aiment Dieu. Ici, pour conna√ģtre, il faut aimer. (Voy. le 3e des Discours de Vinet, l'Evangile compris par le cŇďur.)

      11 L'Esprit de Dieu étant Dieu lui-même, est l'unité vivante de l'essence divine. (Comparer Jean 14.17, note.)

      Il sonde les profondeurs de Dieu, non pas en passant, comme notre esprit, de l'ignorance √† la connaissance, mais en tant que, par lui, Dieu a conscience de lui-m√™me, de sa pens√©e √©ternelle. L'Esprit sonde les profondeurs de Dieu, comme Dieu sonde le cŇďur de l'homme. (Psaumes 139.1¬†; Romains 8.27¬†; Apocalypse 2.23)

      Dès lors, l'Esprit seul révèle aux croyants ces choses profondes de Dieu, non pas seulement par une manifestation extérieure, telle qu'elle a eu lieu en Jésus-Christ, ou telle que nous la possédons dans la Parole écrite, mais en rendant vivante en nous cette première révélation, en nous introduisant dans la communion de Dieu, en faisant vivre Dieu en nous.

      - Ce rapport ineffable de l'essence divine, Dieu se contemplant par l'unit√© du Saint-Esprit, trouve une faible image dans l'homme, et l'ap√ītre ne craint point d'y avoir recours. L'homme aussi peut se contempler, se sonder, se conna√ģtre¬†; et la conscience qu'il a de lui-m√™me forme le lien d'unit√© entre le sujet et l'objet, entre le connaissant et le connu.

      Mais toute cette activité intérieure est cachée à d'autres, jusqu'à ce que l'esprit de l'homme se communique à eux. Ainsi toute communication directe et vivante de Dieu à l'homme a lieu par le Saint-Esprit, depuis les premiers commencements de la vie intérieure jusqu'à sa perfection. C'est là, selon la pensée générale de Paul, la source de la sagesse qu'il annonce. (versets 12,13)

      12 On pouvait attendre ici, d'apr√®s les versets pr√©c√©dents, cette simple conclusion¬†: "Or, nous avons re√ßu cet Esprit, donc nous connaissons les choses profondes de Dieu" Au lieu de cela, l'ap√ītre met encore cet Esprit qui vient de Dieu en opposition avec l'esprit du monde, c'est-√†-dire l'esprit de la sagesse mondaine, afin de confondre l'erreur des Corinthiens qui s'imaginaient que cette sagesse divine, don de l'Esprit de Dieu, devait leur √™tre pr√©sent√©e sous les formes brillantes de la sagesse et de l'√©loquence de ce monde.

      Mais que sont ces formes pour celui √† qui ces choses profondes sont donn√©es de Dieu, et qui les conna√ģt imm√©diatement par une vivante exp√©rience¬†?

      13 Le verbe que nous traduisons ici par approprier signifie littéralement juger avec, c'est-à-dire comparer ensemble, pour en déduire un rapport juste et vrai.

      Quels sont les deux termes de la comparaison ? Selon l'interprétation ordinaire (que nous avons retenue dans la traduction), c'est, d'une part, les hommes spirituels, les parfaits de verset 6, ceux en qui l'Esprit de Dieu agit avec puissance ; et, d'autre part, les choses spirituelles, c'est-àdire les vérités et les faits divins que nous a révélés l'Esprit de Dieu.

      Or, nous approprions, par un juste discernement, les dernières aux premiers, et cela encore, non avec les formes, avec l'éloquence qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec les paroles qu'enseigne l'Esprit de Dieu, et qui seules sont l'expression adéquate de ces vérités.

      - Mais on peut entendre aussi les deux fois le mot spirituel comme s'appliquant aux choses, et non aux hommes¬†; et alors l'ap√ītre veut dire simplement qu'il approprie des paroles et des formes spirituelles aux saintes v√©rit√©s r√©v√©l√©es par l'Esprit de Dieu. Ce sens a, non moins que le premier, une haute importance trop m√©connue.

      14 L'homme naturel.

      C'est ainsi que Luther traduit une expression qui n'a pas d'√©quivalent exact dans notre langue. Litt.¬†: "l'homme psychique" (du grec psych√©, √Ęme), "l'homme animal" (du latin anima, √Ęme), comme traduisent nos versions ordinaires, l'homme qui n'a que la vie de l'√Ęme.

      Selon la psychologie de l'Ecriture, il faut distinguer dans l'homme "l'esprit, l'√Ęme et le corps." Le corps est la mati√®re organis√©e, l'instrument de l'√Ęme et de l'esprit¬†; l'√Ęme (psych√©) est ce souffle de la vie naturelle ou terrestre que l'homme poss√®de en commun avec tous les √™tres vivants de la cr√©ation, et l'esprit cette partie de son √™tre qui le met en relation avec Dieu.

      "En mettant en parall√®le le corps, l'√Ęme et l'esprit, comme les trois objets constants de la sanctification chr√©tienne, (1Thessaloniciens 5.23) Paul montre qu'√† ses yeux ce sont l√† les trois √©l√©ments essentiels de la personne humaine compl√®te. Seulement, avant la venue de l'Esprit divin, l'esprit dans l'homme est plut√īt une aspiration, ou, comme dit de Wette, une r√©ceptivit√©, qu'une puissance et une vie. C'est une virtualit√© que l'Esprit divin changera en une force r√©elle et en un nouveau principe de vie quand il viendra √† s'en emparer." Godet.

      A l'origine, c'est-√†-dire avant la chute, l'esprit de l'homme, en communion avec l'Esprit de Dieu, devait, d'une part, conna√ģtre toujours plus parfaitement, et, d'autre part, √©lever les affections de son √Ęme √† la vie et √† l'amour qui viennent de Dieu¬†; (1Corinthiens 15.45) ces affections, toujours pures et spirituelles, auraient, √† leur tour, maintenu le corps dans sa vraie condition, et domin√© sur la chair, comme sur la nature.

      Mais par la chute et le p√©ch√©, cet ordre a √©t√© renvers√©¬†: l'esprit de l'homme, priv√© de l'Esprit de Dieu, a √©t√© obscurci par les passions de l'√Ęme d√©sormais sans guide, et l'√Ęme elle-m√™me est tomb√©e sous la domination de la chair.

      De l√† vient que pour d√©signer l'√©tat moral actuel de l'homme, l'Ecriture se sert tant√īt du mot charnel (c'est le terme le plus fort, d√©signant la domination de la chair, 1Corinthiens 3.1-3), tant√īt du mot psychique. C'est de ce dernier que se sert ici l'ap√ītre par opposition √† spirituel, (1Corinthiens 15.44) qui d√©signe l'√©tat de l'homme r√©g√©n√©r√© par l'Esprit de Dieu. Il faut entendre par ce terme l'homme d√©chu, tel qu'il na√ģt et grandit sous l'empire de ses affections naturelles, abandonn√© √† ses propres forces, priv√© de la lumi√®re et des influences sanctifiantes de l'Esprit de Dieu.

      Or, l'ap√ītre d√©clare que l'homme dans cet √©tat, quelque instruit qu'on le suppose √† l'√©cole de la sagesse humaine, ne re√ßoit point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu (le mot grec signifie √† la fois comprendre et accepter), qu'il ne peut les conna√ģtre (par exp√©rience, seule connaissance vraie), qu'elles lui sont folie, (1Corinthiens 1.23) tout cela par la raison bien simple qu'on ne discerne et ne juge les choses spirituelles qu'√† la lumi√®re de l'Esprit de Dieu. Ce n'est pas assez que le soleil resplendisse, il faut des yeux pour le voir.

      15 L'homme spirituel, celui qui est √©clair√© et r√©g√©n√©r√© par l'Esprit qui sonde toutes choses, (verset 10) ne peut rester dans l'ignorance sur aucun point essentiel de la science du salut¬†; tout ce qui est n√©cessaire √† la d√©livrance et √† la sanctification de son √Ęme lui est d√©voil√© par degr√©s, selon le besoin qu'il en a¬†; car ici conna√ģtre est un acte de la vie, de l'amour, plus encore que de l'intelligence.

      De là aussi le discernement qui lui est donné pour juger des choses contraires. Par la même raison, il ne peut, lui, être jugé ni dans ses principes, ni dans sa vie par aucun homme non éclairé du même Esprit. Seulement, il faut bien remarquer que cet Esprit agit et éclaire par la Parole de Dieu, source et juge suprême de la vérité, et que, par conséquent, ce serait dans un homme le plus dangereux aveuglement que de vouloir suivre ses propres voies, ses propres inspirations, sous prétexte qu'il est spirituel et que nul ne peut juger de lui.

      Il n'y a rien dans la Bible qui justifie ce faux spiritualisme, source de beaucoup d'erreurs, et souvent aliment de l'orgueil.

      16 Ou l'intelligence de Christ, par son Esprit.

      "L'Esprit est l'agent par lequel cette pensée de Dieu est communiquée à l'homme spirituel." Godet.

      Pour que l'homme naturel p√Ľt juger de l'homme spirituel, (verset 15) il faudrait qu'il conna√ģt aussi la pens√©e du Seigneur, et m√™me qu'il p√Ľt avoir la pr√©tention de l'instruire, de lui en remontrer, supposition absurde que l'ap√ītre r√©fute en citant Esa√Įe 40.13.

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