TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

1 Rois 8

    • 1

      1 à 13 Transfert de l'arche.

      Les Anciens d'Isra√ęl : les pr√©sidents et les notables de chaque commune¬†; les chefs des tribus : les princes de chaque tribu, comprenant les princes des familles, litt√©ralement : les princes des p√®res, c'est-√†-dire les chefs des branches principales de chaque tribu (Deut√©ronome 5.23).

      Pour faire monter de la cité de David... Il s'agissait d'installer dans le nouveau temple l'arche qui avait été provisoirement déposée par David dans un tabernacle établi près de sa propre demeure en Sion (2Samuel 6.12). L'expression de faire monter confirme ce que nous avons dit de la situation de la cité de David relativement à l'emplacement du temple ; elle s'expliquerait difficilement si le palais de David avait été situé sur la colline occidentale, plus élevée que celle de Morija (voir figure).

      2

      Tous les hommes d'Isra√ęl : ceux qui viennent d'√™tre d√©sign√©s comme membres du cort√®ge officiel, et tous ceux du peuple qui s'y associ√®rent spontan√©ment.

      Au mois d'Ethanim. On ignore le sens de ce mot. Il peut signifier permanents et, dans ce sens, il d√©signerait l'√©poque de l'ann√©e o√Ļ les torrents dess√©ch√©s durant l'√©t√© recommencent √† couler d'une mani√®re suivie, avec la saison des pluies. On l'a fait d√©river aussi du verbe nathan, qui signifie donner, et dans ce sens il d√©signerait la saison des dons de Dieu, le mois des fruits.

      Qui est le septième mois : notre mois d'octobre, correspondant au mois appelé Tischri après l'exil. Comme le temple fut achevé au huitième mois (6.38), ceci ne put se passer que l'année qui suivit l'achèvement des travaux.

      Lors de la fête : celle des Tabernacles, dont chacun savait qu'elle se célébrait dans ce mois, du 15 au 24. C'était, comme nous l'avons déjà dit (6.38), dans la première année après l'achèvement de la construction du temple, et non, comme plusieurs l'ont pensé, treize ans plus tard, après celle des palais. On a opposé 9.4 à cette manière de voir : mais voir à ce passage.

      3

      Les sacrificateurs transport√®rent. En g√©n√©ral c'√©taient les L√©vites qui √©taient charg√©s du transport de l'arche (comparez Nombres 3.31¬†; 4.15)¬†; mais dans certaines occasions solennelles, comme Josu√© 3.6¬†; 6.6, et dans la circonstance pr√©sente o√Ļ il s'agissait de p√©n√©trer dans le Lieu tr√®s saint, cet office revenait aux sacrificateurs.

      4

      La Tente d'assignation : le Tabernacle mosa√Įque, jusqu'ici dress√© √† Gabaon (3.4,15¬†; 2Chroniques 1.4). La tente provisoire, √©rig√©e par David sur Sion (2Samuel 6.17) pour abriter l'arche, ne porte jamais le nom de Tente d'assignation. Le Tabernacle, avec les ustensiles qui s'y trouvaient encore (chandelier d'or, table des pains de proposition, etc.), fut transport√© dans le temple et conserv√© comme une relique sacr√©e, peut-√™tre dans les chambres situ√©es au-dessus du Lieu tr√®s saint. Les sacrificateurs portaient l'arche, tandis que les L√©vites portaient le Tabernacle et les ustensiles.

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      Lorsque la procession fut arrivée près du temple, l'arche fut déposée d'abord dans le parvis, devant le portique, et de nombreux sacrifices furent offerts.

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      6 et 7 Pour la place de l'arche sous les ailes des chérubins, voir 6.27 ; et pour l'arche elle-même et sa signification, Exode 25.10, note.

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      L'arche, avec les barres servant à la porter, était placée dans le Lieu très saint de telle sorte que les barres, tournées vers les murs latéraux, allaient du nord au sud, et que leurs extrémités, qui dépassaient l'arche, pouvaient être vues depuis le Lieu saint. Cette observation a sans doute pour but de montrer que l'on se conforma à la prescription de la loi qui ordonnait de laisser les barres dans les anneaux de l'arche (Exode 25.15) ; ce qu'on aurait pu ne pas faire, puisque l'arche occupait maintenant sa place définitive et ne devait plus être transportée.

      Et elles ont √©t√© l√† jusqu'√† ce jour. Observation ajout√©e peut-√™tre pour attester que c'√©tait bien encore l√† l'arche antique du temps de Mo√Įse. Cette phrase doit avoir √©t√© litt√©ralement transcrite d'une source plus ancienne, car √† l'√©poque de la r√©daction d√©finitive du livre, le temple n'existait plus.

      9

      D'apr√®s Exode 25.16, la destination de l'arche √©tait de renfermer et de conserver les tables de la loi, et l'auteur veut affirmer ici que cette destination n'avait point √©t√© modifi√©e dans le cours des si√®cles. La donn√©e H√©breux 9.4, d'apr√®s laquelle l'urne renfermant la manne et la verge d'Aaron aurait aussi √©t√© renferm√©e dans l'arche, repose, non sur le texte de l'Ancien Testament qui dit seulement que ces objets furent plac√©s devant l'arche ou √† c√īt√© d'elle (Exode 16.34¬†; Nombres 17.10), mais sur une tradition juive qui avait pris ces expressions dans le sens de dans l'arche.

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      Quand les sacrificateurs sortirent : après avoir déposé l'arche dans le Lieu très saint. Ils se préparaient sans doute à rentrer dans le temple pour offrir le parfum, et ils en furent empêchés par la nuée qui, du Lieu très saint, avait rempli le Lieu saint.

      La nu√©e, non une nu√©e quelconque, mais la nu√©e connue, celle par laquelle l'Eternel avait conduit son peuple au d√©sert et qui s'√©tait fix√©e sur le Tabernacle lors de son inauguration (Exode 40.34). C'√©tait ici la prise de possession par l'Eternel de ce temple qui allait devenir sa demeure et o√Ļ il se manifesterait d√©sormais. Le temple fut consacr√© par l'Eternel exactement comme l'avait √©t√© le Tabernacle.

      12

      A cette vue Salomon célèbre le Dieu qui s'enveloppe d'obscurité (Exode 19.9 ; Lévitique 16.2 ; Psaumes 97.2) parce que nul ne pourrait le voir tel qu'il est et vivre.

      13

      Il s'adresse ensuite √† Dieu lui-m√™me pour le remercier de ce qu'il consent √† venir habiter la maison qu'il lui a b√Ętie.

      A jamais¬†! C'est ici une demeure plus durable que la simple tente, fragile et mobile, o√Ļ Dieu avait habit√© pr√©c√©demment.

      14

      14 à 21 Discours du roi.

      Le roi, en pronon√ßant les paroles pr√©c√©dentes, avait le visage tourn√© vers le temple¬†; il se tourne maintenant du c√īt√© du peuple qui se tenait dans le parvis.

      Se tenait debout : dans une tenue calme et respectueuse ; Salomon, pour la prière suivante (depuis le verset 23), se mit à genoux (verset 54).

      15

      15 à 21 Ce discours est un hommage à l'Eternel qui a fidèlement accompli la promesse faite à David (2Samuel 7.1-17). Il sert en même temps à rappeler au peuple toutes les dispensations divines qui l'ont amené, lui Salomon, à construire ce temple.

      22

      Se plaça devant l'autel. On voit, par 2Chroniques 6.13, que Salomon avait fait dresser devant l'autel des holocaustes une estrade sur laquelle il se mit à genoux pour prononcer la prière suivante.

      Et, √©tendant les mains vers le ciel : vers le vrai temple divin dont celui de J√©rusalem n'√©tait que l'image (Esa√Įe 1.15, note, et 1Timoth√©e 2.8).

      23

      23 √† 26 Ces versets, qui se rattachent intimement au discours versets 15 √† 21, sont l'introduction √† la pri√®re proprement dite. Apr√®s avoir c√©l√©br√© la fid√©lit√© de Dieu qui accomplit en ce jour la premi√®re partie de la promesse faite √† David : qu'un fils, sorti de lui, lui b√Ętirait une maison dans laquelle il viendrait habiter au milieu de son peuple (23 et 24), le roi r√©clame sur ce fondement l'accomplissement √† venir de la seconde partie de la m√™me promesse, le maintien sur le tr√īne d'Isra√ęl de cette famille de David √† laquelle Dieu a li√© la conservation de son peuple, sous condition de fid√©lit√© de la part de ses rois, les successeurs de David (25 et 26).

      27

      Ici commence la pri√®re de cons√©cration proprement dite. Salomon se propose de demander √† Dieu d'agr√©er le culte qui lui sera rendu et d'exaucer toutes les pri√®res qui lui seront pr√©sent√©es dans ce temple. Mais avant cela il sent le besoin de c√©l√©brer la condescendance de Dieu qui consent √† se d√©partir en quelque sorte de son essence infinie pour accepter d'habiter et de se manifester dans cette demeure qu'il lui a pr√©par√©e. Il est s√©ant qu'au moment o√Ļ Dieu s'abaisse vers l'homme en se liant √† un lieu d√©termin√©, l'homme proclame son √©l√©vation au-dessus de toute limite locale¬†; comparez Deut√©ronome 10.14¬†; Esa√Įe 66.1-2¬†; Jean 4.25.

      Les cieux des cieux... De telles paroles montrent combien le monoth√©isme juif est loin de l'id√©e pa√Įenne qui lie la pr√©sence de la divinit√© √† l'image qui la repr√©sentait et au sanctuaire o√Ļ l'idole est renferm√©e.

      28

      28 et 29 : Tu ne saurais être renfermé dans cette demeure (verset 27) ; mais que tes yeux du moins soient constamment ouverts sur elle afin d'exaucer la demande que je te fais aujourd'hui d'écouter toutes les prières qui te seront désormais adressées en ce lieu. Le verset 28 se rapporte à la prière qui y est faite en ce jour. Le verset 29 et les suivants s'appliquent à toutes les prières qui seront faites à l'avenir dans ce sanctuaire dont Dieu a fait lui-même le lieu de sa révélation (là sera mon nom) ; 2Samuel 7.13.

      30

      Vers le lieu de ta demeure : le lieu de ta v√©ritable demeure. Le ciel est le symbole visible de la demeure inaccessible o√Ļ Dieu habite¬†; comparez 1Timoth√©e 6.16¬†; Jean 17.4.

      Tu entendras et tu pardonneras. A la demande d'exaucement est jointe celle du pardon, qui est la condition préalable de l'exaucement. Ce besoin de pardon respire dans cette prière du commencement à la fin.

      31

      31 √† 50 Apr√®s la demande g√©n√©rale d'exaucement, Salomon √©num√®re une s√©rie de circonstances particuli√®res o√Ļ les fid√®les viendront r√©clamer l'intervention de Dieu. Ces circonstances, au nombre de sept, se succ√®dent dans un ordre parfaitement naturel : d'abord les pri√®res des Isra√©lites dans le temple (31 √† 40)¬†; puis celles des √©trangers dans le m√™me temple (41 √† 43)¬†; enfin les pri√®res adress√©es par les Isra√©lites en pays √©trangers, avec les regards tourn√©s vers ce temple (44 √† 50). Le nombre sept est choisi comme nombre sacr√© r√©sumant la totalit√© des cas o√Ļ le peuple aura recours √† l'Eternel.

      31 et 32 Premier cas : celui d'un serment juridique d√©f√©r√© √† un pr√©venu dans des circonstances comme celles indiqu√©es Exode 22.7-10 (cas d'adult√®re), L√©vitique 6.2 (vol, d√©p√īt). Il appartient √† Dieu de maintenir la saintet√© du serment en faisant reconna√ģtre le parjure, si le pr√©venu a pr√™t√© un faux serment, ou en mettant au jour son innocence, s'il n'est pas coupable.

      32

      Ecoute des cieux. L'homme prie dans cette maison ; Dieu agit des cieux.

      33

      33 et 34 Second cas : celui d'une d√©faite d'Isra√ęl et de prisonniers emmen√©s en captivit√©. Ce ch√Ętiment √©tant une mesure disciplinaire (L√©vitique 26.17¬†; Deut√©ronome 28.25), d√®s qu'il a atteint son but, rien n'emp√™che plus l'Eternel d'accorder la demande du pardon et de d√©livrer.

      35

      35 √† 40 Troisi√®me et quatri√®me cas : s√©cheresse et calamit√©s publiques envisag√©es comme des ch√Ętiments divins.

      38

      La plaie de son cŇďur. On entend ordinairement par l√† le ch√Ętiment dont Dieu afflige le cŇďur du p√©cheur. Il faut entendre dans ce cas le mot conna√ģtre dans le sens de comprendre : s'ils comprennent le coup qui les frappe comme un coup destin√© √† briser la duret√© de leurs cŇďurs. Ce sens nous para√ģt peu naturel, et comme le mot n√©ga d√©signe souvent la l√®pre nous pensons qu'on peut l'appliquer ici √† la maladie du p√©ch√© qui a attir√© ce ch√Ętiment.

      39

      Toi qui connais le cŇďur... Tu vois la repentance qui s'est empar√©e du cŇďur du coupable.

      40

      Afin qu'ils te craignent : Deutéronome 4.10 ; Psaumes 130.4.

      41

      41 √† 43 Cinqui√®me cas : celui d'√©trangers, de pa√Įens qui, apprenant les merveilles accomplies par l'Eternel, √©prouvent le besoin de lui rendre hommage (2Rois 5.1 et suivants¬†; Actes 8.27). Cette supposition est d'autant plus l√©gitime que la loi admettait les √©trangers √† pr√©senter des sacrifices √† l'Eternel (Nombres 15.14).

      A cause de ton nom : parce qu'il aura entendu parler des manifestations éclatantes de la puissance de Jéhova ; exemple : la reine de Séba (10.1).

      43

      Salomon exprime le vŇďu que la connaissance du vrai Dieu rayonne de ce sanctuaire sur tous les peuples de la terre. Ce passage respire le plus large universalisme.

      44

      44 et 45 Sixi√®me cas : celui d'une exp√©dition guerri√®re qui entra√ģne le peuple loin de J√©rusalem et du temple¬†; de l√† les mots : les regards tourn√©s vers la ville... (Daniel 6.10¬†; Psaumes 28.2). Le cas ici mentionn√© est oppos√© √† celui du verset 33. L√† c'√©tait une invasion de l'ennemi¬†; ici c'est une exp√©dition d'Isra√ęl hors du pays.

      45

      Fais-leur droit ! Cette expression suppose que la guerre entreprise est légitime (Deutéronome 10.18).

      46

      Point d'homme qui ne pèche : affirmation destinée à atténuer les fautes du peuple.

      47

      Nous avons péché... Les Israélites au temps de l'exil se sont approprié ces expressions, comme étant la confession la plus vraie qu'ils pussent présenter à Dieu (Daniel 9.5 ; Psaumes 106.6). On remarquera que Salomon n'attribue pas aux prières une valeur indépendante des dispositions intérieures de ceux qui les font.

      49

      Fais-leur droit. Le pardon est envisagé ici comme un acte de justice : Tiens la promesse que tu as faite de pardonner au pécheur repentant.

      51

      Fourneau à fondre le fer : voir Deutéronome 4.20 ; Jérémie 11.4.

      52

      52 et 53 Conclusion de la prière. L'élection divine du peuple (verset 53) reste le fondement sur lequel Salomon attend l'exaucement constant de ses prières. Par la répétition de ces mots du début (29) : que tes yeux soient ouverts, la prière revient à son point de départ.

      53

      Tu les as séparés. A l'élection de ce peuple se rattache sa séparation d'avec tous les autres, pour être la portion de l'Eternel et par conséquent l'objet constant de sa miséricorde.

      D√©clar√© par Mo√Įse : voir Exode 19.5-6.

      La fin de la prière est rapportée différemment dans 2Chroniques 6.41-42 ; voir à ce passage.

      54

      54 à 66 Bénédiction de l'assemblée et fête de la dédicace.

      54 √† 61 Cette allocution finale correspond √† celle qui avait pr√©c√©d√© la pri√®re de cons√©cration (14 √† 21). Elle renferme des actions de gr√Ęces (56) et des vŇďux pour l'avenir du peuple (57 √† 61).

      56

      Les bonnes paroles : voir Deutéronome 12.9-10 ; 28.1 et suivants ; Lévitique 26.3 et suivants.

      57

      57 à 61 Les conditions pour que cet état de bénédiction se maintienne : condition de la part de Dieu, versets 57 à 60, et de la part du peuple, verset 61.

      59

      Ces paroles : cette prière de consécration, dont l'exaucement renfermerait celui de toutes les autres ; comparez la prière sacerdotale de Jésus (Jean 17.1-26) par rapport à toutes les prières subséquentes de l'Eglise. A la place de ce discours de Salomon, 2Chroniques 7.1 et suivants raconte une nouvelle manifestation divine par laquelle Dieu consacra spécialement l'autel des holocaustes, de même que l'apparition de la nuée avait consacré le temple ; voir à ce passage.

      62

      62 à 66 La fête proprement dite.

      62 et 63 Conform√©ment au caract√®re de la f√™te, les sacrifices furent pour la plupart des sacrifices d'actions de gr√Ęces, dans lesquels les parties grasses des victimes seules √©taient br√Ľl√©es sur l'autel, tandis que le reste √©tait mang√© dans des banquets (L√©vitique 7.11¬†; Deut√©ronome 12.7). Ainsi s'explique le nombre √©norme des victimes¬†; il ne para√ģtra pas exag√©r√© ou impossible, si l'on songe que la f√™te se prolongea pendant quatorze jours (verset 65) et qu'elle avait attir√© une foule immense.

      64

      Le milieu du parvis : la partie centrale du parvis des sacrificateurs, situ√©e imm√©diatement devant le temple. Comme l'autel des holocaustes n'aurait pas suffi, le roi √©rigea pour ce jour-l√† un certain nombre d'autels suppl√©mentaires. Il y avait trois choses br√Ľl√©es : les victimes consum√©es tout enti√®res (holocaustes), les graisses des autres victimes (sacrifices d'actions de gr√Ęces) et les g√Ęteaux sacr√©s (oblations).

      65

      Hamath, l'extr√©mit√© nord¬†; voir Nombres 34.8¬†; Esa√Įe 10.9, note.

      Torrent d'Egypte, l'extrémité sud ; voir Nombres 34.5, note.

      Pendant sept jours et sept autres jours. Pourquoi ne pas dire quatorze jours ? Parce qu'il y eut ici deux fêtes successives, chacune de sept jours, la fête de la dédicace, du 7 au 14, et celle des Tabernacles, du 14 au 21 du septième mois.

      66

      Le huitième jour : le dernier de la seconde fête, celle des Tabernacles, ainsi le 22 du mois, de sorte que ce fut le 23 que le peuple put rentrer dans ses demeures (2Chroniques 7.10).

      Joyeux. On voit dans ce récit tout le contraire de l'indifférence que quelques critiques actuels attribuent au peuple dans la célébration de cette fête, prétendant n'y voir qu'une fête de cour.

      Notice sur le temple de Salomon.

      L'emplacement du temple, choisi d√©j√† par David (2Chroniques 3.1), fut cette montagne de Morija, sur laquelle, d'apr√®s la tradition, Abraham s'√©tait rendu de B√©ers√©ba pour y offrir son fils en holocauste (Gen√®se 22.2). C'√©tait la colline orientale de J√©rusalem, qui √©tait situ√©e entre le ravin du Tyrop√©on et la vall√©e du C√©dron, et dont les pentes m√©ridionales avaient port√© la citadelle des J√©busiens et re√ßu le palais et la cit√© de David. Plus au nord et au sommet de la colline se trouvait l'aire d'Oman, le J√©busien, que David avait achet√©e, et o√Ļ il avait offert le sacrifice solennel par lequel ce lieu fut, en quelque sorte, consacr√© en vue de sa glorieuse destination (2Samuel 24.17-25¬†; 1Chroniques 22.1).

      C'√©tait l√† la colline de Sion, moins √©lev√©e de trente-huit m√®tres que la colline occidentale √† laquelle la tradition a, par erreur, appliqu√© ce nom. Comme elle √©tait naturellement d'une surface peu √©tendue, Salomon fit des travaux consid√©rables pour cr√©er sur ses d√©clivit√©s les terrasses qui devaient porter ses palais et, √† l'√©tage sup√©rieur, le temple et ses parvis. L'Ecriture ne parle pas de ces travaux de terrassement¬†; mais des √©tudes r√©centes, faites sur le terrain, permettent de s'en rendre compte et de comprendre tout ce qu'il a fallu de travaux pour aplanir la surface du roc et obtenir pour le temple, une assiette convenable. En construisant √† l'ouest et √† l'est des murs de sout√®nement, en abaissant le terrain vers le nord et le relevant vers le sud, on obtint un quadrilat√®re dont les c√īt√©s les plus longs √©taient sans doute ceux de l'ouest et de l'est, et les plus courts ceux du nord et du sud. Le sol du temple se trouvait √† 735 m√®tres au-dessus de la mer. Dans les assises inf√©rieures du Haram actuel (dont les dimensions sont 491 et 462 m√®tres pour les c√īt√©s est et ouest, 281 et 310 m√®tres pour les cot√©s nord et sud), on croit avoir retrouv√© les restes des murailles √©lev√©es par Salomon pour soutenir et agrandir le mont de Sion.

      Les gigantesques substructions, qui ont √©t√© mises au jour, expliquent la masse √©norme d'ouvriers employ√©s aux travaux du temple. Cet emplacement existe encore aujourd'hui¬†; les Arabes lui donnent le nom d'Haram-esch-Scherif (le noble sanctuaire). Au centre de cette vaste enceinte, sur une plate-forme haute de trois m√®tres, s'√©l√®ve la mosqu√©e d'Omar, appel√©e le D√īme du rocher (Kubbet-√®s-Sachra). Trois temples, celui de Salomon, celui de Zorobabel et celui d'H√©rode, se sont succ√©d√© sur cette plate-forme avant qu'elle f√Ľt occup√©e par la mosqu√©e mahom√©tane.

      Le palais de Salomon fut construit au sud du temple et de ses parvis, dont il √©tait s√©par√© par un mur destin√© √† isoler l'enceinte sacr√©e. De m√™me que le grand parvis, le parvis ext√©rieur, environnait l'habitation divine avec ses d√©pendances (1Rois 7.12), ainsi une autre grande cour, adjacente √† la premi√®re, environnait le palais, l'habitation royale avec toutes ses d√©pendances (1Rois 7.9). On a pr√©tendu r√©cemment (Renan, Stade) que le temple de Salomon n'√©tait qu'une chapelle royale, semblable aux chapelles des ch√Ęteaux du moyen √Ęge. Pour soutenir cette th√®se, il faut nier,contrairement √† l'histoire, le r√īle du Tabernacle comme sanctuaire national d√®s la sortie d'Egypte. Bien loin de devenir, avec l'√©tablissement de la royaut√©, un √©difice de cour, le sanctuaire de la nation isra√©lite prit, sous la forme du temple, une port√©e plus haute en devenant, comme le roi Salomon en exprimait l'esp√©rance, une maison de pri√®res pour tous les peuples (8.41-43). Et c'est bien ce qu'on put voir au temps de J√©sus, o√Ļ, de tous les peuples pa√Įens, on venait adorer √† J√©rusalem (Jean 12.20¬†; Actes 8.27, etc.).

      L'enceinte sacr√©e pr√©sentait trois terrasses situ√©es √† des niveaux diff√©rents¬†; la plus vaste et la plus basse √©tait celle du grand parvis ou parvis ext√©rieur¬†; la seconde, renferm√©e dans la premi√®re et plus √©lev√©e, √©tait celle du parvis int√©rieur ou des sacrificateurs¬†; la troisi√®me, situ√©e √† l'extr√©mit√© occidentale de la seconde et y comprise, √©tait celle sur laquelle √©tait assis l'√©difice m√™me du temple, qui dominait tout l'ensemble. Dans les repr√©sentations que l'on donne de ces trois enceintes et des portes par lesquelles on y entrait, il nous para√ģt que l'on a tort de faire entrer en ligne de compte la description du sanctuaire d'Ez√©chiel (chapitres 40 √† 44). On oublie que cette description est tellement id√©ale que le proph√®te transporte son nouveau temple bien loin de la colline de Sion, dans la vall√©e de Sichem, et que par ce seul fait toutes les mesures se trouvent transform√©es (voir Bible annot√©e, les Proph√®tes). Nous savons seulement par 2Chroniques 4.9 que Salomon fit couvrir d'airain les portes du grand parvis ou parvis d'Isra√ęl¬†; par 1Chroniques 26.14-18 que le grand parvis avait quatre portes, situ√©es aux quatre points cardinaux, et par 2Rois 15.35 et 2Chroniques 27.3 que Joram construisit ou reb√Ętit la porte sup√©rieure de la maison de l'Eternel, terme qui d√©signe sans doute la porte principale du parvis int√©rieur. Au fond du parvis int√©rieur, √† l'ouest, sur la terrasse la plus √©lev√©e, se pr√©sentait le temple, √©difice aux proportions modestes, assez pareilles √† celles d'une √©glise de village. Il faut se souvenir qu'en g√©n√©ral, chez les anciens, les temples n'√©taient pas destin√©s √† recevoir l'assembl√©e des fid√®les¬†; c'√©tait uniquement la demeure destin√©e √† contenir l'image de la divinit√© ador√©e. Cependant le temple de J√©rusalem surpassait par ses dimensions, comme par sa splendeur, tous les sanctuaires analogues d'Egypte et de Ph√©nicie. Salomon l'avait dit : La maison que je vais b√Ętir sera grande, car notre Dieu est plus grand que tous les dieux (2Chroniques 2.5).

      Sur la fa√ßade tourn√©e vers l'orient, se trouvait le portique, large de vingt coud√©es comme la maison, compl√®tement ouvert, para√ģt-il, sur le devant. On y montait par un escalier. D'apr√®s 2Chroniques 3.4, il aurait eu une hauteur de cent-vingt coud√©es. Ce chiffre √©norme ferait penser √† une tour colossale qui aurait occup√© le devant de l'√©difice. Mais une pareille construction serait absolument disproportionn√©e avec le reste de l'√©difice¬†; elle n'aurait eu d'ailleurs qu'une base tout √† fait insuffisante, et il est probable que nous avons ici une de ces nombreuses fautes de copiste comme nous en avons tant rencontr√©, et qu'il faut retrancher le nombre 100.

      Plusieurs savants ont cru retrouver dans l'architecture du temple des traces de l'influence √©gyptienne ou ph√©nicienne. Il ne serait pas √©tonnant que, Salomon ayant employ√© des ouvriers √©trangers, ceux-ci eussent fait pr√©valoir leurs go√Ľts et leurs habitudes dans l'ex√©cution de quelques d√©tails. Mais les lignes g√©n√©rales de la construction sont trop fortement empreintes du g√©nie de la religion isra√©lite pour avoir pu √™tre emprunt√©es aux cultes pa√Įens environnants. L'ordonnance g√©n√©rale √©tait celle du Tabernacle dont Mo√Įse avait contempl√© le mod√®le sur le Sina√Į (Exode 25.40). Le plan d√©taill√© du temple √©tait d√Ľ √† David (1Chroniques 28.11 et suivants) qui, lui-m√™me, le rapportait √† l'inspiration de l'Esprit divin (1Chroniques 28.19). Il est bien certain que tout dans ce sanctuaire √©tait exactement appropri√© aux exigences de l'esprit et du monoth√©isme isra√©lites.

      Les mesures du Tabernacle ayant été doublées dans un but architectural, cet agrandissement amena quelques différences secondaires, telles que les dix tables, les dix chandeliers dans le Lieu saint, et les dimensions beaucoup plus considérables des parvis et de l'autel des holocaustes, ainsi que les deux grandes colonnes à l'entrée du portique.

      Ce sanctuaire, r√©sidence permanente de Dieu au milieu de son peuple, lieu ordinaire de sa r√©v√©lation, o√Ļ s'approchaient de lui ceux qui le cherchaient, ne fut pas plus t√īt termin√©, qu'il exer√ßa une influence d√©cisive sur la vie du peuple. On prit l'habitude de venir c√©l√©brer l√† les grandes f√™tes annuelles. Les sanctuaires de Silo, de Guilgal, de Gabaon, furent abandonn√©s. Beaucoup de familles sacerdotales quitt√®rent leurs tribus pour venir s'√©tablir √† J√©rusalem. La colline de Sion devint la montagne sainte, J√©rusalem la vraie capitale th√©ocratique. Il est vrai que, peu apr√®s la mort de Salomon, une partie du peuple se d√©tacha de ce sanctuaire national, qu'il fut plusieurs fois pill√©, par Sisak, roi d'Egypte, par Joas, roi d'Isra√ęl (1Rois 14.28¬†; 2Rois 14.14)¬†; qu'il fut m√™me parfois souill√© par des autels de dieux √©trangers (2Rois 21.4-7, etc.). Aussi l'Eternel ful-il oblig√© de le livrer aux flammes par les mains du roi des Chald√©ens, quatre cent dix-huit ans apr√®s sa construction par Salomon. Mais il sortit de ses cendres, au retour du peuple, apr√®s la captivit√©¬†; et quand, profan√© de nouveau par le formalisme, il tomba tout de bon, il avait d√©j√† √©t√© remplac√© par le sanctuaire non b√Ęti de main d'homme que le Christ avait promis d'√©lever en trois jours (Jean 2.19).

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