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Actes 3

    • 1 Premier d√©veloppement de l'Eglise √† J√©rusalem.

      Chapitre 3.

      1 à 10 Guérison d'un impotent.

      2 Apr√®s avoir racont√© la Pentec√īte, ses premiers effets et l'√©tat de l'Eglise naissante, Luc consigne ici le r√©cit d'une gu√©rison importante en elle-m√™me et sur tout √† cause du second discours de Pierre, dont elle fut l'occasion.

      - Ensemble, voir Actes 2.47, 2e note.

      Nous trouverons plusieurs fois dans la suite Pierre associé avec Jean. Partout c'est Pierre qui prend la parole et agit. Jean le seconde de sa présence, observe, contemple et amasse ce trésor d'expériences intimes qu'il déposera dans ses écrits.

      - La neuvi√®me heure, trois heures apr√®s midi, √©tait celle de la pri√®re et de l'oblation du soir √† laquelle les deux ap√ītres voulaient assister. (Actes 10.3¬†; comparez Actes 2.46)

      Grec¬†: "Un homme...√©tait port√©, au moment o√Ļ les deux ap√ītres montaient." Puisque cet homme devait √™tre port√©, il n'√©tait pas seulement boiteux, mais impotent, paralys√©, et cela (grec) d√®s le sein de sa m√®re¬†; il n'avait dont jamais pu marcher, et, en outre, il √©tait indigent et r√©duit √† demander l'aum√īne.

      Les disciples ne passeront pas indifférents devant cette infortune.

      - La porte du temple appel√©e la Belle n'est pas connue d'ailleurs sous ce nom. Jos√®phe (Guerre des Juifs, V, 5 3), qui parle de neuf portes, en d√©crit une dixi√®me comme plus magnifique que toutes les autres, compos√©e d'airain de Corinthe, mais √† laquelle il donne le nom de porte de Nicanor. Elle s'ouvrait sur le c√īt√© oriental du parvis ext√©rieur, au dessus de la vall√©e du C√©dron.

      5 Sans répondre directement à la demande du malheureux, les deux disciples le considèrent avec compassion. Pierre, pour réveiller son attention, entrer en rapport avec lui et s'assurer qu'il v avait en lui quelque réceptivité, lui dit : Regarde-nous.

      Ce n'√©taient pas seulement les regards, c'√©taient les √Ęmes qui devaient ainsi se rencontrer avant qu'une puissance divine p√Ľt passer de l'une √† l'autre par la parole. L'indigent malade regarde attentivement ces √©trangers qui lui t√©moignent tant d'int√©r√™t, mais sans s'√©lever encore plus haut que l'espoir d'une aum√īne.

      Nous trouverons plus loin une scène semblable. (Actes 14.8-10)

      6 On peut donc n'avoir ni argent ni or et posséder d'autres richesses infiniment plus précieuses et qui sont impérissables.

      - Au nom de signifie en l'autorité, par la puissance, car le nom exprime toutes les propriétés d'un être (Matthieu 6.9 ; 28.19, notes.)

      Pierre donne volontiers au Seigneur ce nom de Jésus le Nazaréen, (Actes 2.22) que le peuple lui appliquait avec une nuance de mépris, qui avait été inscrit sur la croix et qui contrastait ainsi d'une manière frappante avec la puissance divine que ce même nom allait manifester par la guérison de l'impotent.

      Le texte reçu porte : "Lève-toi et marche." Les mots soulignés manquent dans Sin., B, D.

      Leur introduction dans le texte peut avoir été provoquée par le : il le leva du verset 7, et par des formules analogues, Luc 5.23 et ailleurs.

      10 Luc décrit très vivement cette scène.

      L'action de Pierre qui lève le malade en le prenant par la main, la prompte obéissance du malade, ou, suivant d'autres, la soudaine conscience qu'il a d'être guéri, et qui se manifeste dans le fait qu'il se met debout en sautant, sa vive reconnaissance qui s'exprime par des louanges, enfin l'étonnement du peuple, témoin du miracle, tout donne à cette guérison quelque chose de dramatique et porte le caractère de la vérité historique.

      11 11 à 26 Discours de Pierre.

      Le texte reçu porte : Le boiteux qui avait été guéri, au lieu du pronom il, correction qui devait donner au récit plus de clarté.

      Il s'attachait à eux (grec les retenait), ne pouvant se séparer de ses bienfaiteurs.

      Quelques interprètes ont pensé qu'il voulait rester avec eux comme disciple de Jésus. Il le devint probablement, mais cette idée n'est pas fondée dans le texte.

      - Quant au portique de Salomon, o√Ļ le peuple accourut pour voir encore le malade gu√©ri, comparez Jean 10.23, note.

      12 Grec¬†: r√©pondit au peuple, comme si l'√©tonnement de ce peuple et son empressement aupr√®s des ap√ītres avaient signifi√©¬†: Expliquez-nous ce miracle. Pierre saisit avec joie cette nouvelle occasion d'annoncer le Sauveur et d'exhorter ses auditeurs √† la repentance.

      Pourquoi vous étonnez-vous de ceci ? (Meyer) ou : au sujet de cet homme ? (Rilliet, Wendt, Holtzmann.)

      Avant tout, les disciples s'efforcent de détourner d'eux-mêmes l'attention du peuple et la gloire de ce miracle que leur propre puissance n'aurait pu effectuer ni leur piété mériter : (Jean 9.31) tout l'honneur en revient à Dieu. C'est là la vraie humilité, bien propre à ramener le peuple d'une vaine curiosité à la foi.

      13 Les noms des patriarches que Pierre associe à celui de Dieu devaient rendre plus solennel son discours.

      Une variante de Sin., A, C, D, admise par Tischendorf, renferme trois fois le nom de Dieu : "Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob."

      C'est, d'apr√®s Exode 3.15 le nom complet du Dieu de l'alliance. "Le Dieu de nos p√®res" est, dans la pens√©e de l'ap√ītre, non le Dieu des patriarches seulement, mais celui de tous les anc√™tres de ses auditeurs. Ce Dieu a glorifi√© J√©sus, son Serviteur, il l'a glorifi√© par sa r√©surrection, par son √©l√©vation √† sa droite, et, dans ce moment, par le fait que son nom a suffi pour gu√©rir un malheureux paralytique d√®s sa naissance. (versets 4,16)

      Mais contraste criant, Celui que Dieu a ainsi glorifi√©, vous, vous l'avez livr√©, reni√©, et cela (grec) √† la face de Pilate, qui, moins injuste que vous, avait d√©cid√© (grec jug√©, prononc√© son jugement) de le rel√Ęcher comme innocent. (Voir entre autres passages Luc 23.14-16¬†; Jean 18.38,39¬†; 19.12)

      Quant à cette accusation directe que Pierre porte contre ses auditeurs, voir Actes 2.23, note.

      - Le mot que nous traduisons par serviteur (et qui se retrouve Actes 3.26¬†; Actes 4.27,30) signifie aussi enfant, et on l'a souvent rendu par fils, Fils de Dieu¬†; mais comme on sait que c'est l√† le terme par lequel les Septante d√©signent constamment le serviteur de l'Eternel, (Esa√Įe 42.1¬†; 52.13, etc.) il n'y a pas le moindre doute que ce soit dans ce sens qu'il doive √™tre entendu ici.

      Ce serviteur qui s'est montré tel dans toute sa vie est ainsi devenu le Sauveur, selon la belle signification du nom de Jésus.

      14 Mais vous (par opposition à Dieu qui l'a glorifié), vous avez renié le Saint et le Juste, le seul saint, le seul juste, vous lui avez préféré un meurtrier ! (Matthieu 27.21 ; Luc 23.18 ; Jean 18.40)

      - Avec quelle sainte hardiesse Pierre peut prononcer ce mot reni√©, tellement il est assur√© que Dieu lui a pardonn√© son propre reniement, dont il porte dans son cŇďur le douloureux souvenir I Et quelle n'est pas la certitude historique de tous ces faits relatifs √† la mort de J√©sus, que l'ap√ītre peut proclamer ainsi devant tout J√©rusalem qui les connaissait¬†!

      15 Grec : vous avez tué le Prince de la vie ! Crime et folie, car Dieu l'a ressuscité, de quoi nous sommes témoins. (Actes 2.32) Simplicité et grandeur caractérisent ce témoignage.

      - Le mot rendu par Prince signifie celui qui conduit à la vie ou celui qui est l'auteur de la vie. (Actes 5.31 ; Hébreux 2.10 ; 12.2) Ici donc l'auteur de la vie, de toute vie. (Jean 1.4 ; 5.26 ; 10.10 ; 11.25 ; 14.6)

      16 L'ap√ītre conclut cette premi√®re partie de son discours en revenant au miracle qui en est l'occasion et dont il indique ici clairement la cause, afin d'en rapporter toute la gloire au Seigneur.

      Cette cause, c'est uniquement le nom de Jésus ressuscité, glorifié (versets 13,15) et invoqué par la foi.

      Mais Pierre n'exprime pas cette pensée d'une manière si simple il accumule les termes, jusqu'à faire une phrase incorrecte, afin d accentuer plus vivement l'idée qu'il n'y a eu dans cette guérison que ces deux facteurs, le nom de Jésus et la foi.

      1¬į Apr√®s ces mots¬†: par la foi en son nom, il voulait dire¬†: cet homme a √©t√© affermi mais c'e√Ľt √©t√© trop attribuer √† la foi et il r√©p√®te son nom¬†: c'est son nom, sa puissance et son amour qui ont tout fait.

      2¬į Mais m√™me cette foi qui a eu un tel effet elle a √©t√© produite par lui, c'est J√©sus qui l'a op√©r√©e en nous ap√ītres.

      Ces deux propositions, qui semblent une répétition l'une de l'autre, ne disent donc pas la même chose ; l'une explique l'origine du miracle, l'autre l'origine de la foi ; l'une montre l'impotent affermi l'autre parfaitement guéri.

      Quelle puissance de conviction n'y a-til pas dans ce fait ! Cet homme guéri, vous le voyez, vous le connaissez, c'est en présence de vous tous que la foi au nom de Jésus lui a donné cette parfaite santé ou, selon la version de PauVevey, cette entière disposition de tous ses membres.

      Notre traduction, et l'explication que nous en donnons, d'accord avec la plupart des commentateurs, se base sur le texte tel qu'il est ponctué dans la plupart des éditions.

      M. Blass a adopté une ponctuation différente, déjà proposée par Lachmann : Et par la foi en son nom, Dieu a raffermi cet homme que vous voyez ! et que vous connaissez. Son nom, et (c'est à dire) la foi produite par lui, a donné à cet homme, etc.

      La pensée reste la même, mais elle est énoncée plus clairement.

      L'ap√ītre affirme¬†:

      1¬į que l'auteur de la gu√©rison, c'est Dieu (ou J√©sus, qu'on peut aussi sous-entendre comme sujet du verbe¬†: a raffermi) op√©rant par la foi en son nom¬†;

      2¬į il reprend, pour 1'expliquer, cette derni√®re expression un peu concise.

      - Au lieu de : la foi qui est produite par lui (Jésus), on pourrait traduire aussi : la foi qui opère par lui, c'est-à-dire par le nom de Jésus.

      17 L'ap√ītre poursuit d'un ton affectueux (fr√®res), voulant persuader ses auditeurs que, malgr√© l'√©normit√© de leur crime, il y a encore lieu pour eux √† la repentance et au salut. (verset 19)

      En effet, en mettant à mort le Saint et le Juste, le Prince de la vie, (versets 14,15) ils ont agi par ignorance, ne le connaissant pas comme tel, non plus que leurs chefs. (Luc 23.34 ; 1Corinthiens 2.8, notes.)

      De plus, tout cela a été conduit par le conseil de la miséricorde de Dieu et annoncé par les prophètes. (verset 18)

      18 Ce mot : tous les prophètes, dans lequel on a trouvé une hyperbole, se justifie cependant, (Luc 24.27,44) car si tous les prophètes n'annoncent pas spécialement les souffrances de Christ, la délivrance messianique objet de toutes les prophéties, a été réalisée par les souffrances et la mort du Sauveur (Actes 3.24 ; Actes 10.43)

      Le grec porte littéralement : Dieu a accompli les choses qu'il avait annoncées son Christ souffrir.

      Nos versions traduisent inexactement : ce qu'il avait annoncé, à savoir que son Christ devait souffrir.

      20 La repentance, changement complet de disposition morale (Matthieu 3.2, 1re note) a pour effet la conversion, c'est-à-dire le retour vers Dieu qui est la source du pardon et de la vie éternelle.

      Aussi le fruit de cette transformation intérieure de l'homme est-il que ses péchés sont, non seulement pardonnés, mais effacés annulés, anéantis.

      L'image est prise d'un √©crit, d'un compte, qu'on biffe pour lui √īter toute valeur. (Colossiens 2.14¬†; Psaumes 51.3,11,Esa√Įe 43.25¬†; 44.22) Cette pens√©e r√©pond √† un profond besoin de la conscience humaine.

      21 Ici l'ap√ītre s'√©l√®ve par l'Esprit proph√©tique jusqu'aux plus magnifiques perspectives de l'avenir, d√©j√† annonc√©es par les proph√®tes. (versets 22-26)

      Mais il faut remarquer son point de départ, la raison de telles espérances.

      Repentez-vous, convertissez-vous, pour que vos p√©ch√©s soient effac√©s, a-t-il dit, (verset 19) afin que viennent des temps de rafra√ģchissement.

      Ainsi ces temps heureux d√©pendent de la conversion des √Ęmes et de l'annulation des p√©ch√©s¬†; condition conforme √† la nature des choses et indiqu√©e encore ailleurs. (2Pierre 3.12) J√©sus lui-m√™me avait annonc√© cette v√©rit√©. (Matthieu 24.14)

      Ces temps de rafra√ģchissement viendront apr√®s d'autres temps de travaux, de fatigues, o√Ļ les hommes auront port√© "le poids et la chaleur du jour" ils seront pour le peuple de Dieu la "consolation d'Isra√ęl," (Luc 2.25) le "soulagement," (2Thessaloniciens 1.7) le "repos." (H√©breux 4.9)

      Ils viendront de la part du Seigneur (grec de sa face, de sa présence) ; et ce qu'il faut entendre par là, Pierre le dit clairement par les mots suivants : et qu'il envoie le Christ, le Messie, qui vous a été destiné d'avance, Jésus.

      Il s'agit donc du retour de Christ pour recueillir ses rachetés et élever son règne à la perfection. Toutes les autres explications qu'on a données de ce passage tombent en présence d'un texte si clair. (Voir les deux notes suivantes.)

      - Le texte re√ßu porte¬†: "le Christ qui vous a √©t√© pr√™ch√© d'avance" (par les proph√®tes). La variante ici adopt√©e d'apr√®s des autorit√©s d√©cisives (tous les majuscules) signifie que Dieu a destin√© d'avance le Sauveur avant tout √† son peuple d'Isra√ęl (√† vous) et par lui √† toute l'humanit√©. (Comparer 1Pierre 1.20)

      Christ, ayant achev√© son Ňďuvre sur la terre, a √©t√© re√ßu, il est vrai, dans le repos et la gloire du ciel, mais il ne doit pas y rester, il en reviendra au temps marqu√©, dont l'ap√ītre vient de parler et dont il va parler encore. Cette d√©claration n'est point en contradiction avec la promesse de J√©sus-Christ que "partout o√Ļ deux ou trois sont assembl√©s en son nom, il est l√† au milieu d'eux¬†;" (Matthieu 18.20) car "toute puissance lui a √©t√© donn√©e au ciel et sur la terre"¬†; (Matthieu 28.18) mais la pens√©e de notre texte est totalement oppos√©e √† l'id√©e d'un r√®gne personnel de Christ sur la terre, destin√© √† op√©rer la conversion du monde.

      - Des interprètes luthériens, pour ne pas porter atteinte au dogme de l'ubiquité du corps de Christ, traduisent ainsi ces paroles : "Lequel doit occuper le ciel" (le remplir). Ils prennent l'objet pour le sujet, ce que le grec permet, mais ils donnent au verbe le sens "d'occuper" qui ne peut être établi.

      Le r√©tablissement de toutes choses, leur restitution ou r√©int√©gration dans leur √©tat normal, parfait, voulu de Dieu, telle sera l'Ňďuvre finale du Sauveur √† sa seconde venue. C'est l√† ce que J√©sus appelle la paling√©n√©sie ou renaissance et qu'il accomplira quand il "s'assi√©ra sur le tr√īne de sa gloire." (Matthieu 19.28)

      Cette rénovation s'étendra à tout ce que Dieu aura créé (toutes choses) ; c'est pourquoi le prophète de Patmos voit "de nouveaux cieux et une nouvelle terre." (Apocalypse 21.1)

      Aussi cette grande parole de Pierre est elle devenue le terme classique de ceux qui attendent le salut final de tous les hommes et même du démon, leur grand adversaire. Ce serait là assurément la plus magnifique solution de l'avenir, si elle était clairement révélée dans l'Ecriture.

      - Ici, deux erreurs à réfuter :

      1¬į celle d'interpr√®tes tels que Baumgarten qui bornent ce r√©tablissement √† la restitution du royaume d'Isra√ęl ce serait pr√™ter √† Pierre les fausses vues messianiques du temps¬†; (comparez Actes 1.6)

      2¬į celle de Meyer qui, pressant outre mesure le mot de jusqu'au temps, pr√©tend que Christ ne peut revenir avant que le r√©tablissement soit accompli.

      Qui donc l'accomplirait¬†? Ces erreurs tombent en pr√©sence du contexte qui nous montre les temps de rafra√ģchissement, le retour de Christ (verset 20) et le r√©tablissement (verset 21) comme simultan√©s.

      La plupart des versions portent : "les temps du rétablissement de toutes choses dont (desquels temps) Dieu a parlé."

      Il para√ģt plus conforme au grec de traduire¬†: le r√©tablissement de toutes les choses dont Dieu a parl√©. (Holtzmann, Wendt, Blass.)

      Toutes les promesses des proph√®tes relatives aux temps messianiques auront alors leur accomplissement. La restauration de la nature elle-m√™me est au nombre des "choses dont Dieu a parl√© par les proph√®tes." (Esa√Įe 11.6-9)

      Le r√©tablissement, dans la pens√©e de l'ap√ītre, ne saurait donc √™tre limit√© au domaine moral, et ce fait √† lui seul prouve qu'il ne pr√©c√®de pas, mais suit l'av√®nement glorieux de J√©sus-Christ.

      22 Pierre vient de dire que les temps heureux dont il parle ont été annoncés par les saints prophètes dès les siècles anciens. (versets 18,21 ; comparez Luc 1.70)

      Maintenant il va citer quelquesuns de ces proph√®tes en commen√ßant par Mo√Įse, le plus ancien de tous.

      - Le texte re√ßu porte¬†: car Mo√Įse a dit √† nos p√®res. Les mots soulign√©s ne sont pas authentiques.

      23 Quiconque, grec "toute √Ęme qui...," Deut√©ronome 18.15,19, cit√© librement d'apr√®s les Septante.

      L'hébreu porte : "L'Eternel ton Dieu te suscitera du milieu de toi, d'entre tes frères, un prophète comme moi, vous l'écouterez, et il arrivera que l'homme qui n'écoutera pas mes paroles qu'il dira en mon nom, moi je lui en demanderai compte." (verset 19)

      On voit les légères différences, le sens reste le même au fond.

      Seulement le dernier mot : Je lui en demanderai compte, que les Septante traduisent : J'en ferai justice, est rendu ici par un terme très usité dans l'Ancien Testament : sera exterminé du milieu du peuple. Cette expression signifie proprement : sera puni de mort.

      Pierre entend par là : sera exclu du milieu du peuple de Dieu et de son royaume.

      Par cette exclusion des rebelles, par la suppression de tout √©l√©ment hostile et mauvais, (1Corinthiens 15.25) s'op√©rera le "r√©tablissement de toutes choses." Ainsi ce dernier a √©t√© pr√©dit par Mo√Įse d√©j√†. Mo√Įse annon√ßait¬†? dans cette m√™me parole celui qui devait en √™tre l'auteur.

      L'application au Messie du passage cit√© pr√©sente quelque difficult√©. Il y est question des proph√®tes qui devaient succ√©der √† Mo√Įse comme organes de l'Eternel.

      On pourrait presser les termes¬†: "un proph√®te comme moi" et leur faire signifier¬†: un proph√®te fondateur qui inaugurera un ordre de choses nouveau, comme j'ai institu√© l'alliance du Sina√Į. Mais il sera plus naturel et plus conforme au sens historique du passage, de dire, avec Calvin, que cette parole "s'adressait √† Christ sur tous autres¬†: non seulement pour ce qu'il est le Prince de tous les proph√®tes mais aussi pour ce que toutes les proph√©ties pr√©c√©dentes s'adressaient √† lui et que Dieu a finalement parl√© en perfection par la bouche d'iceluy." (Comparer H√©breux 1.1)

      Cette prophétie est également appliquée au Messie par Etienne. (Actes 7.37)

      24 Ces jours, c'est-à-dire ces mêmes jours que Pierre annonce ici à ses auditeurs. (verset 21)

      Apr√®s Mo√Įse, il nomme Samuel et ceux qui l'ont suivi, parce que c'est d√®s l'√©poque de Samuel que l'on constate la pr√©sence d'√©coles des proph√®tes et que le proph√©tisme commen√ßa √† se d√©velopper en Isra√ęl (Comparer Luc 24¬†; 27)

      25 B, A portent : vos pères.

      Westcott et Hort, Nestle, plusieurs autres pensent que c'est la leçon originale.

      Afin d'offrir √† ses auditeurs et √† tout son peuple les √©ternelles b√©n√©dictions dont il vient de parler, l'ap√ītre leur rappelle qu'ils sont les fils des proph√®tes, ceux en faveur de qui ils ont parl√©, et par cons√©quent aussi les fils, c'est-√†-dire les h√©ritiers, de l'alliance trait√©e avec les p√®res.

      Cette alliance avait pour charte la parole immuable souvent répétée à Abraham : Toutes les familles de la terre seront bénies en ta postérité. (Genèse 12.3.22.18)

      26 A vous premi√®rement, qui √™tes les h√©ritiers de l'alliance et de la b√©n√©diction, (verset 25) Dieu a suscit√© et envoy√© son serviteur (c'est√†-dire¬†: son fils, J√©sus-Christ¬†: voir sur ce mot serviteur, verset 13, note) pour vous b√©nir, en vous faisant part de toutes les gr√Ęces qu'il a promises par ses proph√®tes. (versets 20-25)

      Mais cette b√©n√©diction, vous n'y aurez part que par la repentance (verset 19) que Dieu veut op√©rer en vous et qui vous fera ha√Įr et abandonner vos m√©chancet√©s. (B porte les m√©chancet√©s.)

      La plupart de nos versions françaises, avec les anciens commentateurs, traduisent : en détournant chacun de vos méchancetés ; la bénédiction offerte consisterait dans la sanctification opérée par Dieu. Ils se fondent sur le fait que le verbe employé a toujours le sens actif dans le Nouveau Testament.

      Mais comme il se trouve dans les Septante avec le sens r√©fl√©chi¬†: se d√©tourner, les interpr√®tes modernes (Reuss, Holtzmann, Wendt) pr√©f√®rent la traduction que nous avons adopt√©e. Elle met dans la bouche de l'ap√ītre un appel semblable √† celui du verset 19, et qui est bien √† sa place au terme de ce discours.

      Apr√®s avoir annonc√© les plus riches gr√Ęces de l'Evangile, Pierre pr√™che la conversion par laquelle l'homme doit les saisir. Et cet appel ne fut pas vain, car sa pr√©dication puissante eut un magnifique r√©sultat. (Actes 4.4)

      - Il ne faudrait pas croire toutefois que l'ap√ītre, tout p√©n√©tr√© qu'il √©tait des privil√®ges de son peuple, s'enferm√Ęt dans le particularisme juif.

      Ce mot : A vous premièrement, ouvre une vaste perspective sur d'autres peuples qui auront part aux bénédictions de l'Evangile.

      C'est, comme l'observe Olshausen, l'Esprit de Dieu qui √©l√®ve l'ap√ītre √† cette vue de l'avenir. Il lui faudra ensuite une r√©v√©lation sp√©ciale pour comprendre et accepter que le salut est destin√© aux pa√Įens comme aux Juifs. (Actes 10¬†; Actes 11.17¬†; 15.7-11. Comparer Actes 2.39, note.)

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