Exode 10

    • 1

      1 à 20 Huitième plaie : Les sauterelles

      Cette plaie ne procède pas, comme les précédentes, de l'eau, du sol ou de l'air de l'Egypte ; elle vient du dehors, du désert d'Arabie, à l'Est ; Pharaon peut voir par là que le Dieu des Hébreux n'habite pas seulement au milieu de son peuple, mais qu'il règne sur toute la terre.

      2

      Afin que tu racontes... Comparez comme exemples de ces récits les Psaumes 78 et 105.

      4

      Les invasions de sauterelles sont un des plus grands fl√©aux des pays de l'Orient. La Bible parle souvent de leurs ravages (par exemple : 2Chroniques 7.13). Cornparez les notes sur Jo√ęl 1.4-6¬†; 2.7-9. Aux d√©tails donn√©s dans ces notes nous ajouterons ce que raconte Barrow dans le r√©cit de ses voyages au sud de l'Afrique. En 1781 et 1797 les sauterelles couvrirent plusieurs centaines de lieues carr√©es. Elles furent balay√©es dans la mer par un vent du Nord-Est, puis rejet√©es par les vagues sur la c√īte, o√Ļ elles form√®rent un banc de cadavres haut de plus d'un m√®tre et long d'environ quatre-vingts kilom√®tres.

      5

      Elles dévoreront tous les arbres : pas seulement les feuilles, mais même l'écorce et le bois. Au dire de Pline, elles s'attaquent même aux portes des maisons.

      7

      Nous portera-t-il malheur¬†? Litt√©ralement : nous sera-t-il un pi√®ge¬†? Ils comparent Mo√Įse √† l'un de ces pi√®ges par lesquels on s'empare des animaux et les conduit √† leur ruine.

      Laisse aller ces gens. On pourrait traduire aussi : laisse aller les hommes, c'est-à-dire les hommes sans les femmes et les enfants. Ceux-ci resteraient comme gages du retour des premiers. Les officiers de Pharaon espéreraient, en lui proposant cette concession, vaincre sa folle obstination. Ce sens va bien avec ce qui suit (verset 11).

      8

      8 √† 10 Pharaon cherche √† n√©gocier sur ces bases¬†; mais en vain. Mo√Įse tient bon. Pharaon, irrit√© de cette r√©sistance, ricane : Vous pouvez compter sur le secours de votre Dieu aussi s√Ľrement que sur mon consentement √† ce que vous me demandez¬†!

      Vous avez de mauvais desseins, littéralement : Le mal est devant vous. Vous méditez de vous soustraire à mon service.

      12

      Qu'elles montent. Les essaims de sauterelles s'élèvent d'abord à l'horizon, comme un nuage, puis, poussés par le vent, s'abattent sur le pays. Le mot monter se dit en hébreu de l'invasion d'un pays par une armée ennemie.

      13

      Un vent d'orient. C'est le plus souvent du Sud on de l'Ouest (de l'Ethiopie ou de la Libye) que les sauterelles arrivent en Egypte. Mais on les voit parfois aussi venir d'Arabie poussées par le vent d'est, et traverser la mer Rouge, comme l'ont constaté Denon, Niebulir et d'autres.

      Tout le jour et toute la nuit. Ce détail prouve qu'elles venaient de fort loin ; voir verset 1, note.

      Le r√īle que jouent le vent d'orient et, au verset 19, le vent d'occident, montre que dans cette plaie, comme dans les pr√©c√©dentes, l'initiative souveraine de Dieu n'exclut pas l'emploi des causes naturelles.

      15

      La terre en fut assombrie : à cause de la couleur des sauterelles, qui sont d'un brun foncé.

      L'Egypte était ainsi privée de son plus indispensable aliment, le pain. Comparez 9.31-32

      16

      Contre vous : par ses continuels manques de parole et en particulier par la parole méprisante racontée verset 10.

      21

      21 à 29 Neuvième plaie : Les ténèbres

      En Egypte, après l'équinoxe du printemps, le vent d'ouest, appelé khamsin, règne pendant une période de cinquante jours (khamsin signifie cinquante). Il ne souffle pas continuellement, mais par intervalles, et dure chaque fois deux ou trois jours. Arrivant en Egypte du désert africain, ce vent remplit l'atmosphère d'un sable fin qui voile l'éclat du soleil, donne au ciel une teinte sale et produit même quelquefois une obscurité à laquelle celle de nos brouillards les plus épais ne peut être comparée. C'est par ce moyen naturel que l'on explique ordinairement ce fléau ; l'on ajoute même que ce vent du désert pourrait bien être le même vent d'ouest, mentionné verset 19, qui avait poussé les sauterelles dans la mer Rouge.

      Il nous para√ģt pourtant douteux que cette explication puisse √™tre la v√©ritable. Il n'est question d'aucun des ph√©nom√®nes qui accompagnent le khamsin (sables, chaleur br√Ľlante, soleil jaun√Ętre)¬†; et pour expliquer comment Gossen ne fut pas atteint, il faut supposer que le vent s'√©tait affaibli en approchant de cette province situ√©e √† l'est de l'Egypte et qu'√† la fronti√®re il expira compl√®tement. Ne vaut-il pas mieux admettre que Dieu a employ√© cette fois une cause inconnue, comme il l'a fait dans la dixi√®me plaie¬†?

      Qu'on t√Ętonne dans les t√©n√®bres. L'expression h√©bra√Įque se retrouve dans le m√™me sens Job 12.25. Il ne faut donc pas traduire avec la plupart des versions : Des t√©n√®bres √† toucher avec la main.

      23

      Nul ne se leva de la place... Cette immobilité des Egyptiens provenait sans doute d'une crainte superstitieuse, cette obscurité inexpliquée leur paraissant un signe de malheur. L'Egypte avec ses habitants semblait abandonnée à la puissance du mal.

      Le jour o√Ļ l'on c√©l√©brait chaque ann√©e le meurtre d'Osiris par son fr√®re Typhon, chaque Egyptien pieux s'enfermait chez soi et attendait dans l'angoisse et l'inaction que l'heure du danger f√Ľt pass√©e et que le soleil du jour suivant e√Ľt mis en d√©route le mauvais esprit (Masp√©ro).

      Mais tous les fils d'Isra√ęl avaient de la lumi√®re. Quel qu'ait √©t√© le moyen dont Dieu s'est servi, ces t√©n√®bres et cette lumi√®re √©taient pour les uns le pr√©sage de la ruine, pour les autres celui de la d√©livrance.

      24

      Pharaon dans sa détresse fait une concession de plus : il ne veut conserver en otage que les troupeaux.

      25

      Tu nous remettras de quoi... Le verset 26 prouve que Moise ne demande nullement à Pharaon, comme on pourrait le croire, de donner aux Israélites de ses propres troupeaux pour leur sacrifice. Il veut simplement dire : Tu laisseras aller nos troupeaux afin que nous ayons de quoi sacrifier à notre Dieu, quoi qu'il exige de nous.

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