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Les parts des tribus du nord
1
Et ce sont ici les noms des tribus. Depuis l'extrémité nord, le long du chemin de Hethlon quand on va à Hamath et Hatsar-Énan, la frontière de Damas, au nord près de Hamath, -le côté de l'orient, et l'occident, seront à lui, -une part pour Dan.
2
Et sur la frontière de Dan, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Aser.
3
Et sur la frontière d'Aser, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Nephthali.
4
Et sur la frontière de Nephthali, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Manassé.
5
Et sur la frontière de Manassé, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Éphraïm.
6
Et sur la frontière d'Éphraïm, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Ruben.
7
Et sur la frontière de Ruben, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Juda.
La part du Seigneur
8
Et sur la frontière de Juda, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident, sera l'offrande élevée que vous offrirez : vingt-cinq mille coudées en largeur, et la longueur comme l'une des autres parts, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident ; et le sanctuaire sera au milieu.
9
élevée que vous offrirez à l'Éternel sera de vingt-cinq mille en longueur, et de dix mille en largeur.
10
Et cette portion sera pour les sacrificateurs, la sainte offrande : au nord, vingt-cinq mille ; et à l'occident, la largeur, dix mille ; et à l'orient, la largeur, dix mille ; et au midi, la longueur, vingt-cinq mille ; et le sanctuaire de l'Éternel sera au milieu.
11
L'offrande sera pour les sacrificateurs qui sont sanctifiés d'entre les fils de Tsadok, qui ont fait l'acquit de la charge que je leur ai confiée, qui ne se sont pas égarés dans les égarements des fils d'Israël, comme les Lévites se sont égarés.
12
Et, sur l'offrande du pays, ils auront une offrande élevée, une chose très-sainte, sur la frontière des Lévites.
13
Et le long de la frontière des sacrificateurs, les Lévites auront une longueur de vingt-cinq mille, et une largeur de dix mille ; toute la longueur sera de vingt-cinq mille, et la largeur, de dix mille.
14
Ils n'en vendront rien, et n'en feront pas d'échange, et ils n'aliéneront pas les prémices du pays, car il est saint, consacré à l'Éternel.
Les parts de la ville et du prince
15
Et les cinq mille qui restent de la largeur en face des vingt-cinq mille seront un espace profane pour la ville, pour des habitations et pour une banlieue ; et la ville sera au milieu.
16
Et ce sont ici ses mesures : le côté du nord, quatre mille cinq cents ; et le côté du midi, quatre mille cinq cents ; et le côté de l'orient, quatre mille cinq cents ; et le côté de l'occident, quatre mille cinq cents.
17
Et la banlieue de la ville, au nord, sera de deux cent cinquante, et au midi, de deux cent cinquante, et à l'orient, de deux cent cinquante, et à l'occident, de deux cent cinquante.
18
Et ce qui reste sur la longueur, le long de la sainte offrande, sera de dix mille vers l'orient, et de dix mille vers l'occident : il sera le long de la sainte offrande élevée, et son rapport sera pour la nourriture de ceux qui servent la ville.
19
Et ceux qui servent la ville la serviront, de toutes les tribus d'Israël.
20
Toute l'offrande élevée sera de vingt-cinq mille sur vingt-cinq mille ; vous offrirez la sainte offrande élevée, un carré, avec la possession de la ville.
21
Et le restant sera pour le prince, d'un côté et de l'autre de la sainte offrande et de la possession de la ville, en face des vingt-cinq mille de l'offrande élevée jusqu'à la frontière d'orient, et, vers l'occident, en face des vingt-cinq mille jusqu'à la frontière d'occident, le long des autres portions : cela sera pour le prince. Et la sainte offrande élevée et le sanctuaire de la maison seront au milieu d'elle.
22
Et depuis la possession des Lévites et la possession de la ville, qui sont au milieu de ce qui sera au prince, -ce qui est entre la frontière de Juda et la frontière de Benjamin sera pour le prince.
La part des tribus du sud
23
Et quant au reste des tribus, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Benjamin.
24
Et sur la frontière de Benjamin, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Siméon.
25
Et sur la frontière de Siméon, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Issacar.
26
Et sur la frontière d'Issacar, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Zabulon.
27
Et sur la frontière de Zabulon, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident : une part pour Gad.
28
Et sur la frontière de Gad, du côté du midi, vers le sud, la frontière sera depuis Thamar jusqu'aux eaux de Meriba de Kadès, la rivière jusqu'à la grande mer.
29
C'est là le pays que vous partagerez par le sort, comme héritage entre les tribus d'Israël, et ce sont là leurs parts, dit le Seigneur, l'Éternel.
Les douze portes de Jérusalem
30
Et ce sont ici les issues de la ville : du côté du nord, une mesure de quatre mille cinq cents coudées ;
31
et les portes de la ville seront selon les noms des tribus d'Israël : trois portes vers le nord : la porte de Ruben, une ; la porte de Juda, une ; la porte de Lévi, une.
32
Et vers le côté de l'orient, quatre mille cinq cents, et trois portes : la porte de Joseph, une ; la porte de Benjamin, une ; la porte de Dan, une.
33
Et du côté du midi, une mesure de quatre mille cinq cents coudées, et trois portes : la porte de Siméon, une ; la porte d'Issacar, une ; la porte de Zabulon, une.
34
Du côté de l'occident, quatre mille cinq cents et leurs trois portes : la porte de Gad, une ; la porte d'Aser, une ; la porte de Nephthali, une.
35
Le circuit était de dix-huit mille coudées ; et le nom de la ville, dès ce jour : l'Éternel est là.
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Les parts des tribus du nord
1
« Voici les noms des tribus avec leurs parts. La part de Dan sera tout au nord, le long de la route qui passe par Hetlon, Lebo-Hamath et Hassar-Énan, près des royaumes de Damas et de Hamath. Elle s’étendra de la frontière est jusqu’à la mer Méditerranée à l’ouest.
2
Le long de la part de Dan, de l’est à l’ouest, il y aura la part d’Asser.
3
Le long de la part d’Asser, il y aura celle de Neftali.
4
Le long de la part de Neftali, il y aura celle de Manassé.
5
Le long de la part de Manassé, il y aura celle d’Éfraïm.
6
Le long de la part d’Éfraïm, il y aura celle de Ruben.
7
Le long de la part de Ruben, il y aura celle de Juda. »
La part du Seigneur
8
« Le long de la part de Juda, depuis la frontière est jusqu’à la mer Méditerranée à l’ouest, une partie du pays restera libre. Elle sera aussi longue que la part de chaque tribu. Sa largeur sera de 25 000 mesures. Au milieu, il y aura le lieu saint.
9
La terre que vous prendrez pour le SEIGNEUR sur cette partie du pays aura 25 000 mesures de long et 20 000 mesures de large.
10
Vous prendrez une partie de cette terre pour les prêtres. Elle aura 25 000 mesures de l’est à l’ouest et 10 000 mesures du nord au sud. Au centre, il y aura le lieu saint du SEIGNEUR.
11
Cette région appartiendra aux prêtres consacrés, nés de Sadoc. Ils ont assuré fidèlement le service du SEIGNEUR. Ils ne se sont pas éloignés de Dieu comme les lévites, quand les Israélites s’éloignaient de lui.
12
C’est pourquoi ils recevront une part de la terre spécialement réservée au SEIGNEUR. Elle sera à côté de celle des lévites.
13
La part des lévites sera comme celle des prêtres. Toutes les deux auront 25 000 mesures de long et 10 000 mesures de large.
14
Personne ne pourra échanger de la terre, en vendre ou en donner dans cette partie du pays, la plus importante de toutes. En effet, elle est réservée au SEIGNEUR. »
Les parts de la ville et du prince
15
« Sur cette partie réservée, il restera un terrain de 5 000 mesures de large sur 25 000 mesures de long. Ce terrain ne sera pas sacré. Il sera pour la ville, ses logements et ses quartiers extérieurs. Au centre, il y aura la ville.
16
Elle formera un carré de 4 500 mesures de côté.
17
Sur les quatre côtés de la ville, il y aura un espace libre de 250 mesures de large.
18
Le long de la partie réservée au Seigneur, il restera un terrain à l’est de la ville et un autre à l’ouest. Tous les deux auront 10 000 mesures. Les récoltes serviront à nourrir ceux qui travaillent pour la ville.
19
Les travailleurs de la ville, qui viendront de toutes les tribus d’Israël, le cultiveront.
20
Les terres réservées au Seigneur et celles possédées par la ville formeront un carré de 25 000 mesures de côté. Le terrain de la ville en occupera le quart.
21
Le reste des terres sera pour le prince. Sa propriété sera située de chaque côté des terres réservées pour le Seigneur et des terres possédées par la ville. Elle s’étendra le long des autres parts, sur une largeur de 25 000 mesures, vers l’est jusqu’à la frontière et vers l’ouest jusqu’à la mer Méditerranée. Les terres réservées au Seigneur et le lieu saint seront donc au centre de cette région.
22
Les terres des lévites et les terres possédées par la ville seront situées au milieu de la propriété du prince. Les terres du prince se trouveront entre la part de Juda au nord et la part de Benjamin au sud. »
La part des tribus du sud
23
« Voici les parts des autres tribus : de la frontière est jusqu’à la mer Méditerranée à l’ouest, il y aura la part de Benjamin.
24
Le long de la part de Benjamin, de l’est à l’ouest, il y aura celle de Siméon.
25
Le long de la part de Siméon, il y aura celle d’Issakar.
26
Le long de la part d’Issakar, il y aura celle de Zabulon.
27
Le long de la part de Zabulon, il y aura celle de Gad.
28
La frontière située au sud de la terre de Gad sera la frontière du pays. Elle ira de Tamar, à l’est, jusqu’à l’oasis de Meriba de Cadès. Ensuite, elle ira le long du torrent d’Égypte jusqu’à la mer Méditerranée.
29
Voilà le pays que vous partagerez entre les tribus d’Israël en tirant au sort. Il sera leur propriété. Moi, le Seigneur DIEU, je le déclare. »
Les douze portes de Jérusalem
30
« Voici les 12 entrées de la ville de Jérusalem. Chacune portera le nom d’une tribu d’Israël. Au nord, le mur aura 4 500 mesures de long. Il comprendra trois portes : la porte de Ruben, la porte de Juda et la porte de Lévi.
32
À l’est, le mur aura aussi 4 500 mesures de long. Il comprendra trois portes : la porte de Joseph, la porte de Benjamin et la porte de Dan.
33
Au sud, ce sera la même chose : le mur aura 4 500 mesures de long. Il comprendra trois portes : la porte de Siméon, la porte d’Issakar et la porte de Zabulon.
34
À l’ouest, le mur aura la même longueur et comprendra trois portes : la porte de Gad, la porte d’Asser et la porte de Neftali.
35
Le mur qui entoure Jérusalem aura en tout 18 000 mesures. « À partir de ce jour, le nom de la ville sera “le SEIGNEUR-est-là”. »
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Les parts des tribus du nord
1
Voici les noms des tribus. Depuis l'extrémité septentrionale, le long du chemin de Hethlon à Hamath, Hatsar Énon, la frontière de Damas au nord vers Hamath, de l'orient à l'occident : Dan, une tribu.
2
Sur la limite de Dan, de l'orient à l'occident : Aser, une tribu.
3
Sur la limite d'Aser, de l'orient à l'occident : Nephthali, une tribu.
4
Sur la limite de Nephthali, de l'orient à l'occident : Manassé, une tribu.
5
Sur la limite de Manassé, de l'orient à l'occident : Éphraïm, une tribu.
6
Sur la limite d'Éphraïm, de l'orient à l'occident : Ruben, une tribu.
7
Sur la limite de Ruben, de l'orient à l'occident : Juda, une tribu.
La part du Seigneur
8
Sur la frontière de Juda, de l'orient à l'occident, sera la portion que vous prélèverez, large de vingt-cinq mille cannes et longue comme l'une des parts de l'orient à l'occident ; et le sanctuaire sera au milieu.
9
La portion que vous prélèverez pour l'Éternel aura vingt-cinq mille cannes de longueur et dix mille de largeur.
10
C'est aux sacrificateurs qu'appartiendra cette portion sainte : vingt-cinq mille cannes au septentrion, dix mille en largeur à l'occident, dix mille en largeur à l'orient, et vingt-cinq mille en longueur au midi ; et le sanctuaire de l'Éternel sera au milieu.
11
Elle appartiendra aux sacrificateurs consacrés, aux fils de Tsadok, qui ont fait le service de mon sanctuaire, qui ne se sont point égarés, lorsque les enfants d'Israël s'égaraient, comme s'égaraient les Lévites.
12
Elle leur appartiendra comme portion très sainte, prélevée sur la portion du pays qui aura été prélevée, à côté de la limite des Lévites.
13
Les Lévites auront, parallèlement à la limite des sacrificateurs, vingt-cinq mille cannes en longueur et dix mille en largeur, vingt-cinq mille pour toute la longueur et dix mille pour la largeur.
14
Ils n'en pourront rien vendre ni échanger ; et les prémices du pays ne seront point aliénées, car elles sont consacrées à l'Éternel.
Les parts de la ville et du prince
15
Les cinq mille cannes qui resteront en largeur sur les vingt-cinq mille seront destinées à la ville, pour les habitations et la banlieue ; et la ville sera au milieu.
16
En voici les mesures : du côté septentrional quatre mille cinq cents, du côté méridional quatre mille cinq cents, du côté oriental quatre mille cinq cents, et du côté occidental quatre mille cinq cents.
17
La ville aura une banlieue de deux cent cinquante au nord, de deux cent cinquante au midi, de deux cent cinquante à l'orient, et de deux cent
18
Le reste sur la longueur, parallèlement à la portion sainte, dix mille à l'orient et dix mille à l'occident, parallèlement à la portion sainte, formera les revenus destinés à l'entretien de ceux qui travailleront pour la ville.
19
Le sol en sera cultivé par ceux de toutes les tribus d'Israël qui travailleront pour la ville.
20
Toute la portion prélevée sera de vingt-cinq mille cannes en longueur sur vingt-cinq mille en largeur ; vous en séparerez un carré pour la propriété de la ville.
21
Ce qui restera sera pour le prince, aux deux côtés de la portion sainte et de la propriété de la ville, le long des vingt-cinq mille cannes de la portion sainte jusqu'à la limite de l'orient, et à l'occident le long des vingt-cinq mille cannes vers la limite de l'occident, parallèlement aux parts. C'est là ce qui appartiendra au prince ; et la portion sainte et le sanctuaire de la maison seront au milieu.
22
Ainsi ce qui appartiendra au prince sera l'espace compris depuis la propriété des Lévites et depuis la propriété de la ville ; ce qui sera entre la limite de Juda et la limite de Benjamin appartiendra au prince.
La part des tribus du sud
23
Voici les autres tribus. De l'orient à l'occident : Benjamin, une tribu.
24
Sur la limite de Benjamin, de l'orient à l'occident : Siméon, une tribu.
25
Sur la limite de Siméon, de l'orient à l'occident : Issacar, une tribu.
26
Sur la limite d'Issacar, de l'orient à l'occident : Zabulon, une tribu.
27
Sur la limite de Zabulon, de l'orient à l'occident : Gad, une tribu.
28
Sur la limite de Gad, du côté méridional, au midi, la frontière ira depuis Thamar, jusqu'aux eaux de Meriba à Kadès, jusqu'au torrent vers la grande mer.
29
Tel est le pays que vous diviserez en héritages par le sort pour les tribus d'Israël et telles sont leurs parts, dit le Seigneur, l'Éternel.
Les douze portes de Jérusalem
30
Voici les issues de la ville. Du côté septentrional quatre mille cinq cents cannes.
31
et les portes de la ville d'après les noms des tribus d'Israël, trois portes au nord : la porte de Ruben, une, la porte de Juda, une, la porte de Lévi, une.
32
Du côté oriental quatre mille cinq cents cannes, et trois portes : la porte de Joseph, une, la porte de Benjamin, une, la porte de Dan, une.
33
Du côté méridional quatre mille cinq cents cannes, et trois portes : la porte de Siméon, une, la porte d'Issacar, une, la porte de Zabulon, une.
34
Du côté occidental quatre mille cinq cents cannes, et trois portes : la porte de Gad, une, la porte d'Aser, une, la porte de Nephthali, une.
35
Circuit : dix-huit mille cannes. Et, dès ce jour, le nom de la ville sera : l'Éternel est ici.
La dimension et le nom de la Ville.
18 000 coudées ; voir versets 15 à 19, note.
Et le nom de la Ville. Le nom désigne ici comme d'ordinaire l'essence de la chose ; comparez le nom de Béthel, Genèse 28.16,17,19. Comme dans ce passage, l'ancien nom cananéen de Luz est remplacé par le nom saint de Béthel (maison de Dieu), ainsi le prophète veut peut-être substituer ici au nom, d'origine jébusienne, de l'ancienne capitale (Jérusalem) qu'il a évité, tout du long de prononcer, un nom nouveau qui peigne la sainteté de la capitale nouvelle. Il est étrange que ce nom nouveau, Jehova-Schamma, ait une certaine analogie de son, surtout en hébreu, avec l'ancien (Jeru-Schalaïm). La Ville et son nom font contraste avec la ville et le nom de Hamona, monuments de l'anéantissement de Gog et de sa troupe (39.16).
Les mots : désormais, ne sauraient faire partie du nom lui-même, comme on l'a parfois supposé. Il faut les lier à la phrase qui précède : son nom sera. Le jour auquel se rapporte cette promesse est celui où l'Eternel ayant fait son entrée dans sa Maison sainte (chapitre 43), la Ville recevra aussi dans ses demeures un peuple sanctifié.
L'Eternel est là. Ce ne sont pas les habitants de la Ville qui peuvent s'exprimer ainsi et donner ce nom. Ils ne diraient pas là, surtout dans la forme hébraïque qui indique un mouvement vers le lieu désigné. Ce nom, c'est l'Eternel qui le donnera et la conscience de l'humanité qui le ratifiera. L'Eternel est avant tout dans son temple ; mais de là il étend le bienfait ineffable de sa présence sur cette Ville, et en la comblant de ses grâces, il fait de la capitale d'Israël la ville modèle pour les nations, qui, désormais, comme dit Esaïe 60.3, marchent à sa lumière. Ce dernier mot d'Ezéchiel équivaut au Dieu tout en tous de saint Paul.
Conclusion
Après avoir terminé l'étude détaillée de la grande vision qui clôt le livre d'Ezéchiel, il nous reste à examiner les questions les plus importantes que soulève ce passage, unique en son genre dans la littérature prophétique.
C'est toute une constitution nouvelle, religieuse et civile d'Israël, dont le prophète reçoit communication dans le passage qui nous occupe. Toute communication divine est en rapport avec l'état intérieur de celui qui la reçoit. A quelle aspiration du prophète répond celle dont nous venons d'étudier le contenu ? C'est là le point de départ humain de la vision. La réponse à cette première question n'est pas difficile. Elle est fournie par la position actuelle du peuple et par le livre même du prophète ; Jérusalem est détruite, le temple rasé, le peuple exilé ; le cœur du prophète soupire après le relèvement. Il a reçu de Dieu l'assurance que ce relèvement aurait lieu, et tous les principaux traits lui en ont été indiqués (chapitres 34 à 39). Mais son cœur désire plus encore ; l'ancien sacrificateur voudrait contempler de ses yeux ce sanctuaire promis, entendre les lois de ce culte saint qu'Israël rendra au Dieu qui habitera dorénavant dans son sein, se rendre compte des moyens par lesquels Dieu maintiendra l'unité nationale, la sainteté et la prospérité qu'il a promises à Israël restauré. Ezéchiel avait lui-même trop vivement senti les imperfections et les souillures de cette dernière, pour s'attendre à ce que l'ère nouvelle et définitive de grâces fût purement et simplement la reprise et la répétition de l'ancienne alliance de Dieu avec le peuple. Mais quelle sera la part de ces éléments nouveaux dans la constitution de l'alliance nouvelle et dans quelle mesure rappellera-t-elle encore l'ancienne ? C'est là ce qui était encore inconnu au prophète et ce qu'il nous paraît que Dieu lui a révélé dans la vision qui clôt et couronne son œuvre.
Il ne nous est pas toujours facile d'opérer ce départ. Ce qui devait être clair à un sacrificateur tel qu'Ezéchiel, qui avait sans doute officié dans l'ancien temple et le connaissait à fond, ainsi que toutes les lois religieuses et civiles de son peuple, nous est nécessairement, en partie du moins, obscur. Nous allons cependant essayer de résumer brièvement les traits qui marquent, à nos yeux, un progrès sur le passé, et l'établissement de l'état de choses définitif en Israël.
Tout d'abord, Ezéchiel ne dit nulle part que le temple dans lequel il est introduit, ait été bâti par le peuple. Ce temple est là debout et achevé dans toutes ses parties bien avant qu'il soit fait mention d'Israël. Il est l'œuvre de Dieu lui-même et non pas des hommes. Il n'est pas établi sur l'emplacement du temple de Salomon, mais il occupe seul le sommet d'une montagne fort haute. Construit en quelque manière sur le plan de ce dernier temple, il s'en distingue cependant à bien des égards. Nous avons noté, en passant, les différences de détail pour autant qu'il nous était possible de les signaler ; résumons seulement ici les caractères qui donnent au nouveau sanctuaire une supériorité évidente sur le précédent. Tout d'abord, sa régularité mathématique, l'ordre et l'harmonie parfaite de toutes ses parties. Puis, l'absence de tout luxe inutile, une symbolique plus élevée, s'exprimant essentiellement par des chiffres, une simplicité toute nouvelle dans les bâtiments sacrés et les objets du culte, une portée pratique plus visible qu'autrefois. Bref, et surtout dans toute la manière dont le sanctuaire est construit et disposé, des garanties nombreuses et nouvelles données à la sainteté du culte qui doit y être célébré. C'est un temple digne de Celui qui se l'est préparé et qui y fait maintenant son entrée, en présence même du prophète ; c'est un temple comme Israël n'en a jamais possédé de pareil, et tel qu'en le voyant, il sera saisi de repentance et d'amour envers Dieu. Dans un temple à l'abri désormais de toute profanation et au milieu d'un peuple animé de semblables dispositions, l'Eternel pourra habiter à toujours.
Les lois du culte qu'Israël sera appelé à rendre à Dieu dans le nouveau sanctuaire, portent le même cachet d'ordre, de simplicité et de sainteté. Le culte futur sera essentiellement un culte de reconnaissance et d'actions de grâce ; aussi se concentre-t-il tout entier autour de l'autel des holocaustes sur lequel sont offerts ces sacrifices (non moins que ceux d'expiation). La sainteté du culte sera garantie par la surveillance exercée aux portes, afin d'empêcher l'entrée de tout incirconcis de corps ou de cœur. Cette sainteté est assurée encore par celle du sacerdoce, qui appartiendra désormais aux seuls membres de la tribu de Lévi qui aient fait preuve de fidélité aux temps de l'idolâtrie d'Israël, aux fils de Tsadok. Le reste jadis infidèle de la tribu de Lévi, la tribu sacerdotale d'Israël, ne sera pas expulsé du temple, mais sera réduit aux offices subalternes du sanctuaire. L'indépendance des uns et des autres par rapport au prince reste assurée par une fixation très précise des droits de ce dernier. En opposition à l'autorité dont les anciens rois jouissaient dans le temple, le prince n'y est plus que le représentant officiel du peuple. Cette indépendance du sacerdoce est également assurée à l'égard du peuple, par le fait que la tribu de Lévi, au lieu d'être dispersée dans le pays, comme elle l'était autrefois dans les quarante-huit villes lévitiques et de dépendre pour son entretien de la bonne volonté du peuple, possède par la constitution un domaine spécial, don d'Israël au temple et à Dieu, et don de Dieu à ses serviteurs. Puis la régularité du culte national sera assurée par des sacrifices dont la matière est fournie au moyen d'un impôt. Enfin des fêtes qui ne sont autres que les anciennes, mais rangées dans un ordre et une gradation nouvelle et plus significative, figureront la perpétuité de ce culte si parfait.
Quant au pays d'Israël lui-même, il deviendra bien réellement une terre sainte ; car du temple coulent déjà sous les yeux du prophète des eaux qui auront le pouvoir de purifier ce qu'il y a de plus souillé au monde. Enfin, une nouvelle répartition du pays, ramené à ses frontières providentielles, procurera à Israël le fonctionnement régulier et paisible de son activité politique et sociale.
L'âme du prophète peut donc être remplie d'une espérance et d'une assurance toutes nouvelles, puisque ce tableau détaillé de bénédictions, avec tout ce qu'il contient de souvenirs du passé et d'apports nouveaux de la grâce de Dieu, a passé sous ses yeux. C'est dire que nous ne croyons pas qu'il ait pu imaginer lui-même ce mélange de traits empruntés à l'alliance ancienne et d'éléments nouveaux. Tout ce passage porte le cachet d'un état de choses réellement communiqué par Dieu et contemplé par le prophète.
Du reste, nous savons qu'il ne se fait pas la moindre illusion sur l'impossibilité morale où se trouve le peuple actuel de réaliser cet ordre de choses supérieur. C'est pourquoi 20.33-38, il avait expressément déclaré que le retour prochain d'Israël en Palestine ne serait pas le véritable rétablissement, mais un simple passage au désert des peuples, semblable au passage à travers le désert après la sortie d'Egypte, et qu'il faudrait un nouveau triage, un nouveau jugement en Israël, avant qu'un peuple saint pût prendre possession d'une Canaan exempte à jamais des souillures qui avaient profané l'ancienne (comparez 36.38, note). C'est donc l'histoire du peuple qui va recommencer par ce retour qui est comme une nouvelle sortie d'Egypte, histoire dont le terme sera l'établissement d'Israël complètement purifié dans la Canaan renouvelée. Voilà pourquoi un nouveau temple apparaît correspondant au tabernacle, un nouveau culte est institué correspondant à la législation lévitique, une nouvelle répartition de Canaan est consommée correspondant à celle qui eut lieu sous Josué.
A quelle époque s'applique donc ce tableau ? Au retour de la captivité ? Ce ne serait pas, nous l'avons vu, entièrement conforme à la pensée d'Ezéchiel ; et les chefs du peuple, au moment du retour, n'ont pas songé à le prendre pour programme de la restauration. Au royaume des cieux dans sa perfection ? Mais comment dans ce cas serait-il question de péchés à expier, d'héritage du prince à maintenir intact pour ses descendants, de souillures à éviter en cas de mort ; et tant d'autres traits qui prouvent que l'on est encore dans le devenir, et non dans l'ordre immuable ? A moins donc d'admettre que nous n'avons à faire ici qu'à un tableau de fantaisie, hypothèse qui donnerait un démenti aux déclarations constantes du prophète durant tout le cours de ces neuf chapitres, il faut reconnaître que la vision se rapporte à un état intermédiaire entre ces deux époques, par conséquent aux divers stages et au terme final du rétablissement d'Israël. C'est comme au chapitre 37, où sont décrits, dans un premier acte de résurrection (versets 7, 8), la restauration extérieure à tous ses degrés., et dans un second (verset 10), la restauration spirituelle dans ses diverses phases.
Nous devons nous rappeler ici deux choses :
- qu'en général dans les tableaux prophétiques les faits homogènes se trouvent réunis dans une intuition unique. Ce doit être particulièrement le cas dans cette vision d'Ezéchiel où l'image fondamentale est celle d'un édifice, de telle sorte que tout ce qui se succède dans le temps se dessine comme sur un plan unique et sous la forme de la simultanéité. Ainsi la première et la seconde venue du Messie, puis le rôle d'Israël dans la fondation de l'Eglise et son rôle final au sein de la chrétienté pourront être exprimés par le même trait du tableau.
- Ezéchiel, ancien sacrificateur, contemple naturellement l'état de choses supérieur dont Dieu lui révèle ici les notions essentielles, sous des formes empruntées au cérémonial mosaïque qui lui était familier. Mais, comme le dit M. d'Orelli : l'esprit tend partout à percer à travers cette enveloppe extérieure qui ne lui suffit pas ; et parfois même, pour un instant du moins, l'enveloppe tombe tout à fait.
Commençons par ceux de ces passages dans lesquels l'idée apparaît le plus distinctement au travers de la forme. Nous voulons parler surtout du tableau de l'entrée de l'Eternel dans son temple, 43.1 et suivants, et de celui du torrent qui sort du temple, 47.1 et suivants. Ils s'éclairent l'un l'autre. Le second, nous l'avons reconnu, décrit l'action du Saint-Esprit dans l'humanité depuis son effusion première jusqu'à l'abolition du paganisme sur la terre. Quel peut être le temple d'où jaillit un pareil fleuve spirituel ? Ce ne peut être évidemment que l'habitation parfaite de Dieu sur la terre, telle qu'elle s'est réalisée en la personne de celui dont le nom est : la Parole faite chair.Partant de là, nous devons penser que l'harmonie admirable des mesures et des proportions de tout le sanctuaire et la perfection des arrangements relatifs au culte, est destinée à figurer, sous les formes du passé, la perfection du culte et de la vie du peuple de Dieu dans l'ère de sainteté qu'entrevoit le prophète.
Au centre de tout le sanctuaire, devant l'entrée de la Maison, est placé l'autel des holocaustes, consacré solennellement par une semaine entière de sacrifices sanglants. C'est là que les fidèles viennent, en cas de manquements, chercher leur pardon. Néanmoins, les sacrifices pour le péché et pour le délit, offerts sur cet autel, sont dans une proportion bien faible en comparaison de ceux de reconnaissance et de consécration. Le symbole n'est-il pas ici transparent ?
Entre le Saint des saints et le Lieu Saint, aussi bien qu'entre celui-ci et le vestibule donnant sur le parvis, il n'y a plus de séparation, plus de voile, comme dans le tabernacle ; mais des portes aux battants repliés et toutes ouvertes. L'autel d'or aussi a disparu ; il est remplacé par une simple table de bois. Ces changements ne paraissent-ils pas indiquer un mode de communication plus intime et plus direct entre Dieu et l'humanité et figurer une économie fondée sur les relations paternelle et filiale ?
Les sacrificateurs, fils de Tsadok, sont seuls maintenus dans les hautes fonctions du sacerdoce ; tous les autres Aaronites et les fils de Lévi, en général, sont assujettis aux offices serviles. Ce trait est l'un des plus difficiles à expliquer. Il rappelle évidemment la noble conduite de Tsadok à l'époque de Salomon (44.15, note) et fait en même temps allusion au sens du nom de ce personnage : le Juste. Peut-être est-il destiné à exprimer cette loi, qui s'applique particulièrement aux serviteurs de Dieu : Celui qui s'abaisse, sera élevé, et celui qui s'élève, sera abaissé. L'humble fidélité, telle que l'avaient pratiquée Tsadok et ses fils, rend le serviteur de Dieu propre à accomplir les œuvres les plus relevées du sacerdoce spirituel, tandis que l'orgueilleux égoïsme, tel que celui dont s'étaient rendus coupables les porteurs du sacerdoce, dégrade le ministre de Dieu et change son office en servile métier. De quelle manière s'appliquera cette loi dans les circonstances dont parle Ezéchiel, c'est ce que l'avenir seul pourra montrer.
La personne du souverain sacrificateur manque dans ce tableau. Ce trait est d'autant plus frappant qu'il se lie à un autre tout semblable dans l'ordre social : l'absence du roi théocratique. Il n'est question ni du Messie ni d'un roi tel que les anciens souverains israélites. Rien de moins semblable en effet à un nouveau David, comme celui qu'avaient promis les anciens prophètes et Ezéchiel lui-même (34.23-24), que le prince dont il est ici parlé, dont la compétence se borne à veiller à l'exactitude des poids et mesures et à fournir les victimes prescrites pour les sacrifices nationaux. Où donc est le Messie ? Nous l'avons vu : il est dans le temple ; il est ce temple lui-même, dans lequel Dieu habite au milieu de son peuple et d'où émane l'Esprit. C'est là la raison pour laquelle la royauté et la souveraine sacrificature, désormais réunies en sa personne invisible, n'ont plus de représentant terrestre dans l'état de choses que figure la vision. Comparez, pour la réunion de ces deux charges en la personne du Messie Psaumes 110.1,4 ; Zacharie 6.9-15 ; Romains 8.34. Les sacrificateurs n'ayant pas de chef visible, sont sous la direction de l'Esprit. Le prince n'a sur eux aucune autorité, il n'a pas même le droit de franchir la limite du parvis dans lequel ils exercent leurs fonctions. Il n'est dans le temple que comme le premier des adorateurs.
Nous avons déjà indiqué le sens général de la nouvelle répartition des tribus dans la nouvelle Canaan. D'un côté, elle a pour but de briser les anciens antagonismes, de l'autre, de donner à toutes les tribus une part égale dans la jouissance des biens de la Terre sainte. Du nord au sud, en effet, ce pays privilégié se partage physiquement en trois zones :
- la plaine plus ou moins large le long de la Méditerranée
- à l'est de cette plaine, le plateau montagneux et plus ou moins fertile qui va du mont Hermon (extrémité sud de l'Antiliban) jusqu'aux confins du désert d'Egypte
- à l'est du plateau, le versant du côté du Jourdain.
Chacune de ces zones a ses productions particulières, et l'Eternel veut que désormais les tribus rétablies aient part chacune aux bénédictions de ces trois régions.Il rous reste une question, l'une des plus controversées. Faut-il envisager cette Canaan nouvelle répartie entre les tribus, seulement comme un emblème du royaume des cieux aux biens duquel les Juifs convertis auront part, ou bien aussi comme une contrée terrestre dans laquelle ils seront matériellement réinstallés ? On affirme que la première réponse est seule conforme au spiritualisme chrétien, le prophète eût-il même eu sur ce point une idée contraire. Avant tout disons que la conversion finale du peuple juif nous paraît un fait incontestable. Saint Paul l'annonce positivement, Romains 11.25, et il ajoute que cet événement décisif aura un retentissement immense dans la chrétienté païenne. Il sera pour celle-ci comme une vie jaillissant de la mort (verset 15). Mais cet Israël converti formera-t-il une église, un peuple à part, établi dans une contrée spéciale, ou bien se fondra-t-il dans le reste de la chrétienté ? Deux paroles de Jésus nous paraissent jeter du jour sur cette question. Luc 21.24, Jésus dit de Jérusalem conquise par les Romains : qu'elle sera foulée par les Gentils jusqu'à ce que les temps des païens soient accomplis. Cette expression : jusqu'à ce que, ne peut désigner autre chose, nous paraît-il, que le terme des temps de grâce accordés aux Gentils exclusivement, pour accepter le salut, terme qui coïncidera avec la fin de leur domination sur Jérusalem. Jérusalem et la Terre Sainte seront donc affranchies de leur assujettissement actuel ; et dans quel but, si ce n'est celui de revenir à leur légitime propriétaire, Israël ? Actes 1.6, les apôtres interrogent ainsi Jésus qui vient de leur promettre la venue du Saint-Esprit : Sera-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ? Jésus ne leur répond point : Votre attente est vaine, grossièrement charnelle ; il n'y a plus désormais d'autre règne que celui de l'Esprit. Mais il leur dit : Ce n'est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a réservés à sa propre disposition. Il y a donc un temps et un moment qui ont été mis à part, dans le décret divin, pour l'événement sur lequel les apôtres interrogeaient le Seigneur. Si ce temps doit venir, il ne peut être mieux décrit qu'il ne l'a été par Ezéchiel au chapitre 48, de même que si la disparition du paganisme doit avoir lieu, elle ne peut être mieux décrite qu'elle l'a été par lui au chapitre 47 (la mer Morte purifiée). Nous nous gardons de vouloir en savoir davantage. Nous croyons que, comme il eût été impossible à un rabbin juif de discerner avant la venue du Messie ce qui, dans les prophéties qui le concernaient, devait s'accomplir littéralement ou spirituellement, nous nous trouvons aussi dans l'impossibilité de faire ici le départ entre l'idée et le symbole. Mais nous ajoutons que cet Israël restauré ne sera pas là pour lui seul. Non seulement les étrangers fixés dans son sein y représenteront les autres nations ; mais celles-ci, en face de l'admirable organisation religieuse et sociale de ce peuple et des signes évidents de la présence de l'Eternel au milieu de lui, s'écrieront : Vraiment, l'Eternel est là ! Ainsi Israël deviendra le modèle des autres nations, qui marcheront à sa lumiére (Esaïe 60.3).
On voit d'après tout ce qui précède qu'en réalité, par cette vision, Ezéchiel n'ajoute aucun trait essentiel à ce que les prophètes qui l'ont précédé avaient annoncé touchant la nouvelle alliance. L'originalité de ce passage consiste toute entière dans les images concrètes sous lesquelles est apparue à son auteur l'ère de prospérité et de sainteté déjà promise au peuple d'Israël par l'entremise d'Esaïe et de Jérémie. Il a comme enveloppé les lois morales éternelles du royaume des cieux du vêtement des lois cérémonielles d'Israël. Est-ce à dire qu'il ait voulu fonder tout un système de lois cérémonielles, ainsi que le prétend une école actuelle (voyez l'introduction) ? Il nous paraît que c'est se méprendre gravement que d'attribuer à Ezéchiel, au profit d'une théorie particulière sur l'histoire du peuple d'Israël, ce rôle de législateur et de réformateur dans l'ordre cérémoniel. S'il eût voulu, sous le manteau d'une vision accordée par Dieu, donner à l'Israël du retour un plan du temple à bâtir et un modèle de lois religieuses et civiles à observer, les pieux Israélites qui furent à la tête du peuple après son rétablissement, un Zorobabel, un Esdras, un Néhémie, n'eussent pas manqué de se conformer à son programme. Ce ne fut pas le cas, car ces hommes comprirent bien la vraie portée de cette vision. La législation religieuse du peuple, qui fut en vigueur après l'exil, est incomparablement moins simple, moins bien ordonnée, moins harmonieuse que celle de la vision d'Ezéchiel. Ce fait ne s'explique que si cette législation n'a été que la reprise des anciennes lois mosaïques, déjà connues et en vigueur avant l'exil. Si le peuple d'Israël avait manqué, comme on le prétend, de traditions écrites sur les lois du culte, ne se fût-on pas conformé aux indications d'un prophète vénéré ? N'eût-on pas, par exemple, placé avec lui la fête des expiations au commencement de l'année, avant la fête de Pâques, au lieu du septième mois, n'eût-on pas suivi sa belle gradation des sacrifices à offrir aux différentes solennités ? Nous pourrions multiplier ces exemples. Si on ne l'a pas fait, c'est à la fois parce qu'on avait compris le caractère idéal des prescriptions de la vision, et parce qu'il n'était pas question de changer dans la pratique ce qui était d'institution et d'autorité ancienne. Bien au contraire, il nous semble qu'il est clair en plusieurs endroits que la législation d'Ezéchiel suppose celle du Pentateuque et particulièrement de la partie rituelle de ce livre. Relevons seulement les deux traits suivants :
En de nombreux passages de la vision, Ezéchiel parle des sacrifices pour indiquer soit l'occasion où ils doivent être offerts, soit le nombre des victimes qui doivent être immolées. On voit avec évidence qu'il distingue, comme le Lévitique, quatre espèces de sacrifices : le sacrifice pour le péché, le sacrifice pour le délit, l'holocauste et le sacrifice de reconnaissance. Mais, chose digne de remarque, cette classification, il ne l'explique nulle part et la suppose toujours établie et connue. Cela même ne prouve-t-il pas l'existence d'une ancienne codification des sacrifices qui ne peut être que celle du Lévitique ?
Entre le Lieu très saint et le Lieu saint et entre celui-ci et le vestibule, il y a dans le temple d'Ezéchiel des portes. Au temple de Salomon il y avait à chaque endroit une porte et un voile. Cette différence ne s'explique bien que par l'existence réelle, antérieurement au temple de Salomon, du tabernacle dans lequel il n'y avait, conformément à la nature d'un tel sanctuaire, que des voiles. Le temple de Salomon marque ainsi la transition entre le sanctuaire primitif d'Israël au désert, dont on conteste le caractère historique, et le sanctuaire idéal décrit par Ezéchiel.
Nous l'avons déjà fait entendre dans l'introduction : Ezéchiel n'est pas plus le fondateur de la législation d'Israël, qu'il n'est le Josué, auteur de la répartition de la terre de Canaan entre les tribus. Il modifie seulement dans un but symbolique les institutions antérieures, d'après le profond adage : L'avenir est un retour au passé ; non au passé tel quel, mais au passé transfiguré par le travail de l'histoire et le progrès de la conscience humaine.
On a accusé souvent Ezéchiel de servilisme légal. La vision qui nous a si longtemps occupés, où l'esprit se crée des formes toutes nouvelles et se fait jour à chaque instant dans des symboles si frappants, suffit à le laver de ce reproche. En réalité, Ezéchiel est, comme on l'a dit, à la fois le plus lévitique et le plus profond des prophètes. S'il insiste parfois avec tant d'énergie sur l'observation de certains commandements de la loi, par exemple de ceux du sabbat, et de l'interdiction de l'usure, c'est que l'unité du peuple captif et dispersé, dépendait de cette observation et que celle-ci était la condition du rétablissement national.
C'était en effet ce rétablissement qu'Ezéchiel avait mission de préparer. Avec son esprit sobre et pratique, en quelque sorte mathématique, d'une part, et son imagination débordante et grandiose, de l'autre, il a été l'homme providentiel qui tout à la fois a ramené son peuple sur la voie de la fidélité scrupuleuse à la loi et qui a entretenu et réveillé dans son cœur profondément abattu les plus glorieuses espérances. Semblable au médecin qui se trouve en face d'un malade dans la période d'anéantissement qui succède à la fièvre, il a mis Israël au régime sévère de la légalité, tout en le ranimant par les cordiaux les plus puissants.
Chargé d'une œuvre aussi difficile et délicate, il s'est tenu, plus qu'aucun autre prophète, sous la direction incessante de Dieu, parlant ou se taisant à son ordre, gardé par le sentiment le plus vif de sa responsabilité, appropriant chacun de ses messages à la situation donnée, véritable éducateur de son peuple, en quelque sorte son pasteur à la manière de la nouvelle alliance.
S'il n'a pas apporté d'éléments nouveaux au tableau messianique de ses prédécesseurs, il s'est maintenu à la hauteur sublime à laquelle Jérémie avait élevé la prophétie en annonçant l'alliance nouvelle, non de la lettre, mais de l'esprit. (Jérémie 31.31 et suivants).Toute la fin de sa prophétie n'est que le développement dramatique de ce thème de son devancier, reproduit par lui-même sous une forme originale (36.26, le cœur de pierre et le cœur de chair).
Esaïe avait prêché au peuple la sainteté de. Dieu, au moment où il se corrompait. Jérémie lui avait rappelé sa justice à l'heure du châtiment. Ezéchiel l'électrise, au moment où il croit tout perdu, par la révélation de la toute-puissance de Jéhova.
Encore plus grand comme homme d'action que comme prédicateur de l'avenir, c'est lui qui a fait le retour que les autres avaient annoncé.
Note sur le texte d'Ezéchiel
Ainsi que nous l'avons signalé dans quelques notes, nous nous sommes partout conformés, dans la traduction, au texte hébreu tel que la tradition juive nous l'a transmis. Ce texte nous paraît, principalement dans les neuf derniers chapitres d'Ezéchiel, avoir une supériorité marquée sur le texte souvent arbitraire de la traduction grecque dite des Septante, d'après lequel la plupart des commentateurs croient devoir corriger le texte hébreu. Un seul passage (40.49) fait peut-être exception.