TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

Philippiens 2

    • 1 Chapitre 2.

      1 à 11 Union, Humilité, Désintéressement à l'exemple du dépouillement volontaire de Jésus-Christ.

      2 La fermet√© et l'union pour le combat, tel √©tait le devoir que l'ap√ītre rappelait aux chr√©tiens de Philippes dans les derniers versets du chapitre pr√©c√©dent. (Philippiens 1.26, suivants)

      Il ne peut encore quitter ce sujet important¬†: sachant que la lutte au sein de l'Eglise, suscit√©e par les faux docteurs qui cherchaient √† attirer des disciples √† eux, ne sera pas moins vive qu'avec les adversaires du dehors¬†; sa chant aussi que, sans l'union des chr√©tiens, sans une sinc√®re humilit√©, sans un entier renoncement, ils ne sauraient rester vainqueurs, il insiste sur ce point¬†; mais avant de reprendre son exhortation, (versets 2-4) il √©num√®re les motifs les plus forts qui puissent √©mouvoir une √Ęme chr√©tienne. (verset 1)

      Ensuite il fait appel √† l'irr√©sistible exemple de renoncement, de d√©vouement et d'amour que nous a donn√© le Fils de Dieu. (verset 5 et suivants) "S'il est vrai que vous ayez trouv√© en Christ le Sauveur, et dans sa communion intime quelque consolation pour vos √Ęmes (ou exhortation, appel √† une vie sainte¬†; le mot grec les deux sens, entre lesquels se divisent les interpr√®tes)¬†; si vous avez √©prouv√© le puissant encouragement qu'il y a dans la charit√©, dans l'amour pour Dieu et pour vos fr√®res¬†; si r√©ellement l'Esprit de Dieu vous a unis dans une vivante et sainte communion¬†; si tout cela a cr√©√© en vous une tendresse profonde (grec"entrailles¬†;"comparez Philippiens 1.8) et de vraies compassions pour les souffrances et la faiblesse de vos fr√®res, - alors, il est impossible que toutes ces forces divines ne produisent pas d'abord en vous les doux fruits de la plus intime union." (verset 2)

      Et Paul accumule les termes qui désignent cette union sous tous les rapports :

      1¬į sous le rapport de la pens√©e, il caract√©rise l'union par le premier et le dernier des quatre termes qu'il emploie¬†: penser la m√™me chose, et penser une seule chose, (Grec¬†:) par quoi il n'entend pas une uniformit√© de doctrine et d'opinion qui ne serait ni possible ni d√©sirable, mais l'unit√© de tendance et de but¬†;

      2¬į sous le rapport des affections, il d√©peint cette union par deux mots √©galement intimes¬†: ayant le m√™me amour les uns pour les autres, et √©tant unis d'√Ęme (syn-psychoi), expression qui ne se trouve qu'ici, mais qui se rattache √† celle de Philippiens 1.27¬†: combattant d'une seule √Ęme.

      - Et l'ap√ītre ne craint pas d'invoquer comme motif pour r√©aliser cette union parfaite la joie accomplie qu'il en √©prouvera.

      On peut m√™me admettre, avec la plupart des interpr√®tes, que par toutes les expressions qui pr√©c√®dent (verset 1) l'ap√ītre veut √©mouvoir envers lui les sentiments de ses fr√®res, en appelant √† leur amour, √† leur compassion, tant il serait malheureux s'ils ne suivaient pas cette voie, tant sa joie sera grande s'ils y marchent.

      3 L'humilit√©, qui provient d'une vraie connaissance de Dieu et de nous-m√™mes, tel est un second fruit que l'ap√ītre s'attend √† trouver chez les Philippiens en vertu des motifs expos√©s √† verset 1.

      L'esprit de dispute et de vaine gloire n'est corrigé que par une sincère humilité, car il vient de ce que nous nous estimons trop nousmêmes, et pas assez les autres.

      Mais comment chacun peut-il estimer les autres comme plus excellents que soi-même ?

      Si quelqu'un a re√ßu de Dieu des dons √©videmment sup√©rieurs √† ceux de son fr√®re, doit-il le m√©conna√ģtre et se tromper soi-m√™me pour √™tre humble¬†?

      Afin d'√©viter cette difficult√©, on a r√©duit ces paroles √† signifier¬†: que chacun se mette volontiers au dernier rang, aime √† servir plut√īt qu'√† commander, etc.

      C'est affaiblir la pens√©e de l'ap√ītre qui peut et doit √™tre prise √† la lettre. En effet, il s'agit moins de mesurer les dons de Dieu en nous et dans les autres, que de sentir profond√©ment combien nous en sommes indignes, par toutes les mis√®res qui nous restent et que nous pouvons seuls conna√ģtre.

      Eussions-nous alors √† nous comparer √† un criminel, nous pouvons nous demander¬†: en quoi suis-je, par nature, meilleur que lui¬†? s'il avait √©t√© √† ma place, poss√©dant tous les moyens d'√©ducation morale et de gr√Ęce divine dont j'ai joui, ne serait-il pas plus excellent que moi¬†? et si j'eusse √©t√© √† sa place, ne serais-je pas pire que lui¬†? Cette mesure est celle de Dieu, (1Corinthiens 4.7) et si nous l'adoptons, nous n'aurons pas de peine √† √©prouver √† l'√©gard de tout homme le sentiment qu'indique l'ap√ītre, et qu'il √©prouvait lui-m√™me le premier. (1Timoth√©e 1.15)

      4 La charité seule met en pratique ce précepte. (1Corinthiens 13.5) Paul en recommande ailleurs une application particulière. (1Corinthiens 10.24)
      8 Toute v√©rit√© morale se trouve vivante en J√©sus-Christ, non moins que toute v√©rit√© divine. Aussi l'ap√ītre, exhortant les chr√©tiens au d√©sint√©ressement, au d√©vouement, √† l'humilit√©, (versets 3,4) n'a, pour mettre sous leurs yeux l'id√©al la perfection √† cet √©gard, qu'√† leur montrer le Fils de Dieu devenu Fils de l'homme. Et en le faisant, en le proposant comme mod√®le, il se trouve avoir √©crit l'un des t√©moignages apostoliques consid√©r√©s de tout temps comme classiques sur la divinit√© et l'humanit√© de J√©sus-Christ.

      Mais quel est, dans cette contemplation de la personne et de l'abaissement du Sauveur, son point de d√©part¬†? Paul parle-t-il uniquement du Christ historique, de son apparition sur la terre¬†? ou bien, s'√©levant jusqu'√† sa pr√©existence √©ternelle, veut-il nous montrer d'abord ce qu'il √©tait avant cette apparition, pour descendre ensuite dans les profondeurs d'abaissement qui ont commenc√© avec l'incarnation¬†? Cette derni√®re vue est √©videmment la pens√©e de l'ap√ītre, malgr√© l'opinion oppos√©e de nombreux interpr√®tes. En effet, les termes qu'emploie Paul sont tels, qu'il y a une distance incommensurable entre son point de d√©part et l'√©tat d'humiliation o√Ļ il suit le Sauveur.

      Christ existait (c'est ainsi qu'avec M. Rilliet il faut traduire ce verbe) en forme de Dieu. Ce mot qui, dans notre langue, r√©veille des id√©es trop mat√©rielles et peu ad√©quates au sujet, exprime pourtant tout ce qui nous fait conna√ģtre Dieu comme Dieu, toutes les perfections divines. (Comparer Jean 17.5) C'est ce que prouve √©videmment l'emploi du m√™me mot, par antith√®se, √† verset 7¬†: forme de serviteur. Ce terme revient √† celui "d'image de Dieu" (Colossiens 1.15¬†; comparez H√©breux 1.3), qui emporte la r√©alit√© de l'essence divine. (Jean 1.1,2)

      "Quand Dieu se manifeste par ses gr√Ęces, il y a bien la forme et l'essence¬†; il ne peut pas se manifester comme Dieu et ne l'√™tre pas." Luther.

      "La forme de Dieu signifie ici la majesté ; de même que nous reconnaissons un homme à la forme de son aspect, ou, pour employer une autre image, de même que la forme de roi serait l'appareil et la splendeur qui l'environne, le sceptre, le diadème, le manteau royal ; de même la gloire dont Dieu resplendit est sa figure, sa forme." Calvin.

      En possession des perfections divines, le Fils de Dieu √©tait √©gal √† Dieu¬†; (comparez Jean 5.18) s'il e√Ľt paru ainsi sur la terre, ce n'aurait point √©t√© une proie qu'il aurait saisie, mais c'e√Ľt √©t√© son droit √©ternel. En d'autres termes, Christ aurait pu, en se manifestant √† ce monde coupable, appara√ģtre dans toute la majest√© de sa gloire divine¬†; il ne l'a pas fait, il n'a pas envisag√© son √©galit√© avec Dieu comme une proie √† saisir, comme une d√©pouille ou un butin √† porter en triomphe et dont il aurait fait troph√©e (tel est le sens du mot original)¬†; mais au contraire il s'est d√©pouill√© lui-m√™me.

      Le terme grec signifie proprement devenir vide. (Comparer 1Corinthiens 15.10,14, note.) Ce d√©pouillement, ce premier acte d'humiliation par lequel le Fils de Dieu, est descendu de l'infini au fini, de la divinit√© √† l'humanit√©, c'est son incarnation, sa naissance au rang des hommes. Il se d√©pouille de la gloire divine¬†; la forme de Dieu devient la forme de serviteur, serviteur dans toute la r√©alit√© du mot, serviteur de Dieu, (Esa√Įe 42.1¬†; 52.13 et suivants) serviteur des hommes, (Matthieu 20.28¬†; Jean 13.1 et suivants) lui qui √©tait le Seigneur de tous. (verset 11)

      Son humanité n'est pas moins réelle que sa divinité : fait à la ressemblance des hommes, (comparer Romains 8.3 ; Jean 1.14) toute sa vie ici-bas, tout ce qui parut de lui (Grec : "il fut trouvé en figure comme un homme," verset 8) ne le distingua en rien de ses frères, si ce n'est son incorruptible sainteté.

      C'√©tait l√† d√©j√† avoir parcouru une immense carri√®re d'abaissement¬†; mais ce n'est pas tout¬†: il devait plus encore s'humilier lui-m√™me. (verset 8) Comment¬†? en se rendant ob√©issant. "Quoiqu'il f√Ľt Fils," il devait "apprendre l'ob√©issance par les choses qu'il a souffertes¬†;" (H√©breux 5.8) porter cette ob√©issance jusqu'au sacrifice entier de sa volont√©, (Matthieu 26.39) jusqu'√† la mort, qui n'avait aucun droit sur lui, √† la mort de la croix, la plus ignominieuse de toutes les morts...Voil√† le Sauveur dans sa nature, dans son d√©vouement, dans son Ňďuvre¬†!

      - Il faut remarquer encore sur ce passage vraiment classique de nos saints livres :

      1¬į Que les deux termes forme de Dieu et √©gal √† Dieu n'expriment pas deux attributs diff√©rents, mais qu'ils se compl√®tent et s'expliquent l'un l'autre.

      2¬į Bien que l'ap√ītre enseigne ici en termes clairs et √©nergiques la parfaite humanit√© du Sauveur, il le fait par des mots qui r√©servent sa nature divine¬†: ressemblance des hommes, (Romains 8.3) en figure¬†; (1Corinthiens 7.31) il n'y a dans ces expressions aucune apparence de doc√©tisme, mais ils distinguent l'homme J√©sus du reste des hommes.

      - Qu'il y ait dans ce fait du "Dieu manifest√© en chair," dans l'union de sa nature divine et de sa nature humaine, dans toute son apparition sur la terre, depuis sa conception et sa naissance jusqu'√† la croix, dans l'ind√©finissable m√©lange d'infirmit√©s tout humaines et de perfections toutes divines, qu'il y ait en tout cela un profond myst√®re, (1Timoth√©e 3.16) nul n'a jamais song√© √† le nier, et l'ap√ītre ne s'en occupe pas ici.

      Il ne s'arr√™te pas m√™me au but premier de cette Ňďuvre, ni aux grandes doctrines qui en ressortent. Ce qu'il veut exposer, ce qui est accessible √† la conscience et au cŇďur de tout homme, c'est l'exemple √©mouvant d'un tel amour, d'une telle humilit√©, d'un tel d√©vouement. Et cet exemple, pour le croyant, ne reste pas un fait ext√©rieur √† contempler, et dont l'imitation alors serait purement impossible¬†; mais, par sa communion intime et vivante avec le Sauveur, le chr√©tien, transform√© par degr√©s √† son image, peut arriver √† r√©aliser dans sa vie le m√™me sentiment qui a √©t√© en J√©sus-Christ. (verset 5) Il le peut, parce que ce m√™me J√©sus-Christ vivant en lui l'en rend capable.

      Se d√©pouiller soi-m√™me est, au fond, bien peu de chose en comparaison de cet id√©al d'amour et d'humilit√© que J√©susChrist lui pr√©sente. Que sommes-nous, en effet¬†? qu'avons-nous¬†? de quoi pourrait s'alimenter notre orgueil¬†? de quel bien pourrionsnous faire troph√©e¬†? Quiconque ne se sent pas d√©pouill√© en pr√©sence du Fils de Dieu qui s'est d√©pouill√©, n'a rien de commun avec lui. La pens√©e de l'ap√ītre n'est r√©alis√©e qu'en celui qui consent √† perdre tout ce qu'il croyait avoir, tout, jusqu'√† sa propre vie, pour la retrouver en J√©sus-Christ. (Matthieu 10.39¬†; 20.20-28¬†; Luc 14.26)

      11 L'√©l√©vation supr√™me de J√©sus-Christ a √©t√©, dans un sens sp√©cial, la cons√©quence, la r√©compense de son d√©vouement¬†; c'est ce que l'ap√ītre indique clairement par cette particule¬†: c'est pourquoi. (verset 9) Cette √©l√©vation, ce n'est pas la restitution de la nature divine, - Christ n'y avait jamais renonc√©, - mais la restitution de la gloire √©ternelle dont il s'√©tait d√©pouill√© volontairement. (Comparer Luc 24.26¬†; Jean 17.5¬†; Eph√©siens 1.20-22¬†; H√©breux 2.9)

      "Il ne reçoit pas ce qu'il avait auparavant, mais il reçoit comme homme ce qu'il avait comme Dieu." Théodoret.

      C'est par l√† m√™me que se trouve r√©alis√©e en J√©sus cette loi universelle du monde moral¬†: "Quiconque s'abaisse sera √©lev√©," (Matthieu 23.12¬†; Luc 14.11¬†; 1Pierre 5.6) pens√©e qui correspond parfaitement au but de l'exhortation de l'ap√ītre. (verset 5)

      Rentr√© au sein de sa gloire en y √©levant notre humanit√© dans sa personne, J√©sus re√ßoit le nom qui est au-dessus de tout nom. (Le texte re√ßu dit √† tort un nom.) Lequel¬†? Les uns r√©pondent¬†: le nom de , (verset 11) de souverain Dominateur de ce r√®gne qu'il vient de fonder par son d√©vouement, dignit√© que toute langue doit confesser avec adoration. Les autres disent¬†: le nom de J√ČSUS, (verset 10) qui signifie Sauveur, et que tous ses rachet√©s prononceront √† jamais avec reconnaissance et avec amour.

      Quoi qu'il en soit, il faut remarquer que l'ap√ītre emploie √† dessein, d'abord le nom humain de JESUS, devant qui tout genou doit fl√©chir, afin de dire clairement que c'est avec son humanit√© qu'il a √©t√© glorifi√©¬†; puis, il attribue le titre souverain de , d√©sign√© sous son double nom.

      C'est ce qui doit délier toute langue pour le confesser, et faire fléchir tout genou afin qu'il soit adoré, au ciel, sur la terre et sous la terre, dans l'univers tout entier et par toutes les créatures qui le remplissent. Et cela aura lieu, soit volontairement et par amour, soit, un jour, par la crainte de sa toute-puissance et par la proclamation de sa justice.

      Cette derni√®re pens√©e domine m√™me dans le passage d'Esa√Įe (Esa√Įe 45.23,24) que cite l'ap√ītre. Dans le proph√®te, c'est J√©hova qui parle, et Paul, dans la conviction que Christ est "√©gal √† Dieu," n'h√©site pas √† lui attribuer la souveraine puissance et l'adoration que J√©hova r√©clamait pour lui-m√™me. Mais la confession que J√©sus-Christ est le Seigneur est √† la gloire de Dieu le P√®re, parce que Dieu, ses perfections, tout son Etre, a √©t√© manifest√© en Christ et par son Ňďuvre. ()

      - Parvenir l√† o√Ļ est J√©sus, telle est l'esp√©rance du chr√©tien¬†; () mais pour y arriver, il n'y a qu'un chemin, celui du renoncement et des humiliations, que J√©sus-Christ a suivi¬†; voil√† toute la pens√©e de Paul et le grand motif qu'il invoque √† l'appui de son exhortation.

      12 12 √† 18 L'ap√ītre exhorte les Philippiens √† travailler √† leur salut, √† briller comme des flambeaux, √† √™tre ainsi sa r√©compense et sa joie.
      13 Ces remarquables paroles, qui expriment la cons√©quence morale de l'exemple de J√©sus-Christ cit√© par l'ap√ītre (ainsi), renferment deux pens√©es qui, au premier abord, paraissent √™tre en contradiction l'une avec l'autre¬†: d'une part, la libert√© de l'homme, sa responsabilit√©, son action pour le salut¬†; de l'autre, son absolue d√©pendance de Dieu et de l'Ňďuvre de la gr√Ęce.

      Pourquoi devonsnous opérer notre salut avec crainte et tremblement ? parce que (car) Dieu agit avec efficace lui-même en nous pour produire et le vouloir et l'action efficace (tel est le sens du grec.)

      Comment s'accordent ces deux principes¬†? Il faut remarquer d'abord que pour que nous puissions op√©rer notre salut, il faut que toute l'Ňďuvre de Christ pour nous ait pr√©c√©d√©, et que nous avons seulement √† travailler √† nous approprier le salut accompli par Christ.

      Il faut remarquer encore que la crainte et le tremblement ne sont plus une frayeur servile du jugement, mais la crainte filiale d'offenser un P√®re r√©concili√©, ou de retomber dans le p√©ch√© par la n√©gligence des moyens de gr√Ęce. (Voir ces m√™mes termes, dans des applications diff√©rentes, 1Corinthiens 2.3¬†; 2Corinthiens 7.15¬†; Eph√©siens 6.5)

      Or, il est parfaitement vrai, quelque contradictoire que cela paraisse, et il est conforme √† l'exp√©rience chr√©tienne que, pour toute conscience s√©rieuse, le plus puissant motif de vigilance et d'action, c'est la pens√©e que la gr√Ęce op√®re tout en elle. Les premiers commencements de la conversion, comme la pers√©v√©rance finale¬†; la premi√®re pens√©e d'un retour √† Dieu, le premier mouvement de repentance, de foi, d'amour, comme les plus grands progr√®s dans la sanctification, tout est l'Ňďuvre de la gr√Ęce en nous.

      Mais cette gr√Ęce agit dans le cŇďur, r√©veille, dirige, fortifie et sanctifie la volont√©¬†; elle produit non seulement le vouloir et l'action, mais nous donne le vif sentiment que l'inaction serait une coupable r√©sistance, un criminel m√©pris de tant d'amour. Elle suscite, dans une √Ęme ainsi remise en contact avec Dieu, la crainte et le tremblement dont parle Paul. Elle excite ce sentiment de notre responsabilit√©, qui nous pousse √† travailler √† notre salut avec √©nergie. Ainsi la doctrine √©vang√©lique, bien comprise, attribue √† Dieu et √† sa gr√Ęce la gloire du salut de l'homme, et produit dans ce dernier, √† la fois la plus profonde humilit√©, et le z√®le le plus ardent pour parvenir au but que Dieu a plac√© devant lui.

      14 Ce mot rendu par h√©sitations signifie proprement des doutes ou des raisonnements, lesquels entravent l'activit√© et, de m√™me que les murmures, proc√®dent d'un manque de confiance en cette gr√Ęce dont l'ap√ītre vient de rappeler les effets certains et encourageants.
      15 Des chr√©tiens qui seraient tels que l'ap√ītre les d√©crit ici¬†: sans reproche, purs (simples, sans aucun m√©lange), pour qui le beau titre d'enfants de Dieu serait une v√©rit√©, (Matthieu 5.45) des enfants sans d√©fauts, (Colossiens 1.22¬†; 1Thessaloniciens 3.13) de tels chr√©tiens seraient autant de luminaires (tel est le sens du mot traduit ici par flambeaux) pour √©clairer tous ceux qui errent dans les t√©n√®bres de ce monde. (Comparer Daniel 12.3¬†; Matthieu 5.14)

      Ils sont lumière (Ephésiens 5.8) parce qu'ils portent au-devant d'eux ou retiennent ferme la Parole de vie, qui est leur flambeau.

      "Si un chrétien qui n'éclaire point le monde par la sainteté de sa vie est un astre sans lumière, que d'astres obscurcis dans le ciel de l'Eglise !" Quesnel.

      - Ces mots¬†: la g√©n√©ration d√©prav√©e et perverse sont une allusion √† Deut√©ronome 32.5. Paul applique √† l'√©tat moral du monde ce jugement port√© par Mo√Įse sur son peuple, toujours enclin √† la d√©sob√©issance.

      16 Apr√®s tous les motifs all√©gu√©s par l'ap√ītre pour inviter les Philippiens √† la pers√©v√©rance et √† la sanctification, il ne craint pas d'en appeler √† leur amour pour lui, et de leur montrer quelle douce consolation dans ses souffrances actuelles, et quelle glorieuse esp√©rance pour l'avenir il puisera dans la pens√©e de leur fid√©lit√© √† leur vocation chr√©tienne.

      - Les mots couru en vain rappellent une image souvent employ√©e par l'ap√ītre, cette des courses dans la lice. (Philippiens 3.14¬†; 1Corinthiens 9.24, etc.)

      Travaill√© en vain se rapporte plut√īt au labeur dans un champ dont on attend la moisson.

      "On peut et on doit d√©sirer d√®s ce monde que la Parole de Dieu porte son fruit¬†; mais on ne doit d√©sirer que fort mod√©r√©ment d'en go√Ľter la douceur, si ce n'est comme saint Paul, au jour du jugement et en la pr√©sence du Seigneur." Quesnel.

      17 Ici se pr√©sente √† l'ap√ītre l'id√©e que sa course et son travail (verset 16) pourraient bien se terminer par une mort sanglante. Et il entre h√©ro√Įquement dans cette pens√©e. Sublime d√©vouement¬†!

      Dans l'incertitude o√Ļ il √©tait touchant l'issue de sa captivit√©, l'ap√ītre exprime tant√īt la possibilit√© de sa mort, tant√īt l'espoir qu'il restera pour son Ňďuvre, (Philippiens 1.20-26) mais toujours en acceptant avec joie la volont√© de Dieu, parce qu'il a enti√®rement renonc√© √† tout ce qui lui est propre.

      Les termes dont il se sert sont tous emprunt√©s au culte de l'Ancien Testament, et en particulier aux usages des sacrifices. Apr√®s le sacrifice sanglant, on r√©pandait une libation de vin tout autour de l'autel. Or l'ap√ītre se repr√©sente d'abord son propre sang comme r√©pandu et servant de libation¬†: (2Timoth√©e 4.6) puis changeant d'image, il se d√©peint comme sacrificateur, offrant √† Dieu ce peuple de croyants, convertis du paganisme¬†; (Romains 15.16) c'est l√† ce qu'il appelle le sacrifice de votre foi, dans lequel il fait le service sacerdotal.

      Il se r√©jouit √† cette pens√©e de la mort et il invite ses fr√®res √† s'en r√©jouir avec lui, (verset 18) ce qui serait de part et d'autre impossible si la volont√© de Dieu n'√©tait pas √† tous plus ch√®re que la vie m√™me, et si tous n'avaient pas l'assurance que cette mort glorifierait J√©sus-Christ et l'Evangile de sa gr√Ęce.

      19 19 à 30 Envoi de Thimotée et d'Epaphrodite à Philippes.

      La mort dont il vient de parler ne lui para√ģt ni certaine, ni imminente. Il se peut qu'il serve d'aspersion, mais il esp√®re envoyer Timoth√©e pour s'informer de l'√©tat de l'Eglise, et pour en √™tre encourag√©, consol√©.

      Timoth√©e informera les Philippiens du sort de Paul. (verset 23) Lui-m√™me a l'assurance de venir aussi bient√īt. (verset 24) Comparer sur la sollicitude de l'ap√ītre pour le salut des √Ęmes 1Thessaloniciens 3.2¬†; 2Corinthiens 11.28,29.

      21 En disant tous, Paul entend ceux qui l'entouraient alors à Rome, et qui, en partie devenus tièdes dans leur charité, en partie influencés par les faux docteurs, (Philippiens 1.15 et suivants) ne se comportaient plus comme des serviteurs dévoués de Jésus-Christ. (2Timothée 4.10) D'autant plus beau est le témoignage rendu au fidèle Timothée. (verset 22)
      23 Quand il saura à quoi s'en tenir sur l'issue de sa captivité. (Comparer verset 17, note.)
      25 Grec¬†: "Votre ap√ītre (envoy√©) et ministre de ma n√©cessit√©." (Comparer Philippiens 4.18)
      27 Quelle tendre d√©licatesse de l'amour chr√©tien se montre dans tous ces rapports personnels¬†! Epaphrodite souffre de ce que ses amis de Philippes ont appris sa grave maladie et en auront √©t√© afflig√©s¬†; Paul se h√Ęte de le leur envoyer pour leur consolation mutuelle, (verset 25) et il regarde la gu√©rison de son fr√®re comme une mis√©ricordieuse dispensation de Dieu envers lui-m√™me, afin qu'il n'e√Ľt pas tristesse sur tristesse¬†!

      On voit combien l'h√©ro√Įque d√©vouement jusqu'√† la mort, dont l'ap√ītre vient de donner la preuve, (verset 17) est loin d'√©teindre dans son cŇďur les sentiments humains.

      28 En sachant que vous avez cette joie, cette consolation, moi, j'en aurai moins de tristesse. Toujours cette tendre sympathie qui souffre et jouit avec les autres.
      30 Il para√ģt qu'Epaphrodite s'√©tait attir√© sa maladie en servant l'ap√ītre, soit par son voyage de Philippes √† Rome, soit par d'autres actes de d√©vouement dans cette derni√®re ville. En tout cas, c'√©tait pour l'Ňďuvre de Christ.

      Et Paul reporte la vive reconnaissance qu'il en éprouve à l'Eglise qui lui a envoyé ce frère dans sa captivité et ses besoins. En effet, il considère ce qu'Epaphrodite a fait pour lui comme suppléant ce que tous auraient fait s'ils eussent été présents.

Seuls les √Čvangiles sont disponibles en vid√©o pour le moment.
  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.