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Romains 1

    • 1

      Selon l'usage des anciens, (Actes 15.23¬†; 23.26) Paul met en t√™te de sa lettre sa signature et le nom des destinataires. Mais au lieu de la br√®ve formule usit√©e, qui pour notre √©p√ģtre serait¬†: "Paul aux Romains, salut," il ajoute √† son nom les titres qui l'autorisent √† s'adresser aux chr√©tiens de Rome et qui sont propres √† assurer √† son message un accueil favorable de la part d'une Eglise qu'il n'a pas fond√©e et dont il n'est pas connu de visage.

      - Le premier de ces titres est : serviteur de (grec) Christ-Jésus.

      Christ-Jésus est la leçon de B et de quelques Pères, adoptée par la plupart des critiques. Quand Christ précède Jésus, il a conservé, en quelque mesure, le sens qu'il a comme nom commun, même quand il n'est pas accompagné de l'article : le Christ, l'oint, en hébreu le Messie. Paul ne prend le titre de serviteur de Jésus-Christ, en tête d'une de ses lettres, qu'ici et dans Philippiens 1.1. Ailleurs il le donne à tous les croyants (1Corinthiens 7.22 ; Ephésiens 6.6)

      Le terme de serviteur, qui signifie proprement esclave, exprime la condition d'appartenance : le chrétien appartient à Jésus-Christ qui l'a "acheté à prix." (1Corinthiens 7.22,23)

      Dans Colossiens 4.12, Paul appelle Epaphras "serviteur de J√©sus-Christ" par mani√®re d'√©loge. En se disant lui-m√™me ici serviteur de J√©sus-Christ (serviteur de Dieu, dans 1.1), il affirme sa compl√®te cons√©cration au Ma√ģtre.

      Il ajoute¬†: ap√ītre en vertu d'un appel, pour indiquer quelles fonctions il accomplit au service de J√©sus-Christ.

      Ce titre d'ap√ītre (envoy√©) d√©signe en premier lieu les douze t√©moins que J√©sus s'√©tait choisis. (Luc 6.13) Mais ce n'est qu'au second si√®cle qu'il leur fut r√©serv√© d'une mani√®re exclusive. Au temps de Paul, il est attribu√© √† tous les missionnaires¬†; (Romains 16.7¬†; Actes 14.14) cependant alors d√©j√† l'apostolat √©tait consid√©r√© comme le premier des minist√®res. (1Corinthiens 12.28)

      En s'attribuant cette qualit√©, Paul se met sur le m√™me rang que les douze¬†; et comme il n'avait pas √©t√© de leur nombre durant la vie du Ma√ģtre, il fait souvenir qu'il n'en a pas moins √©t√© appel√© √† l'apostolat par J√©sus-Christ d'une mani√®re directe et solennelle, (Actes 9.15¬†; 26.16,17¬†; Galates 1.1) qu'il est (grec) ap√ītre appel√©.

      L'adjectif appel√© indique que la qualit√© d'ap√ītre lui appartient en vertu de cet appel. Paul ne s'arroge pas arbitrairement la charge d'ap√ītre, le Seigneur la lui a impos√©e par une vocation irr√©sistible. (1Corinthiens 9.16)

      Paul ajoute un dernier trait destin√© √† caract√©riser l'action de la gr√Ęce souveraine de Dieu √† son √©gard¬†: mis √† part pour l'Evangile de Dieu, c'est-√†-dire pour l'annoncer. Dans Galates 1.15, il dit m√™me que Dieu "l'a mis √† part d√®s le sein de sa m√®re."

      De toutes mani√®res donc, son apostolat repose sur l'autorit√© de Dieu et non sur celle des hommes. (Galates 1.1) On a pr√©tendu √† tort que Paul faisait allusion √† l'acte par lequel, sur l'ordre du Saint-Esprit, il fut avec Barnabas, "mis √† part" pour l√† mission parmi les pa√Įens. (Actes 13.2) Il pense, non √† cette cons√©cration sp√©ciale au sein de l'Eglise d'Antioche, mais √† sa vocation initiale par le Seigneur lui m√™me.

      - On a remarqué que ce qualificatif : mis à part, est la traduction de l'épithète de "pharisien," dont Paul s'enorgueillissait avant sa conversion. (Philippiens 3.5)

      Le grand objet de l'apostolat de Paul, l'unique but de sa vie, est l'Evangile, c'est-√†-dire la "bonne nouvelle" du salut par gr√Ęce offert √† tous les hommes. Cet Evangile est appel√© ici l'Evangile de Dieu, parce qu'il √©mane directement de lui et qu'il est le message salutaire de Dieu √† l'humanit√© d√©chue.

      2 Dieu avait d'avance, dès les temps de l'ancienne alliance, promis l'Evangile par ses prophètes, qui lui servaient d'organes.

      Leurs prédictions sont consignées dans les Ecritures saintes.

      Bien que l'article manque en grec, il ne faut pas traduire : "Dans de saints écrits," car Paul a en vue le recueil de l'Ancien Testament ; s'il omet l'article, c'est pour relever particulièrement le caractère des écrits qui le constituent : ils sont saints, parce qu'ils ont pour auteurs des hommes inspirés.

      Par les proph√®tes de Dieu, Paul entend tous les auteurs sacr√©s¬†: Mo√Įse, David, aussi bien que les proph√®tes au sens sp√©cial. L'ap√ītre insiste sur l'√©troite relation de l'ancienne et de la nouvelle alliance¬†: elle est √† ses yeux une preuve irr√©cusable de la v√©rit√© de l'Evangile. (Romains 3.21¬†; 16.25,26¬†; Galates 3.8)

      Jésus lui-même relève souvent l'accord de son enseignement avec les révélations précédentes. (Matthieu 5.17-19 ; 11.10-13 ; 22.29 ; Luc 24.25-27 ; 44-46 ; Jean 10.34)

      "Le Nouveau Testament est voilé dans l'Ancien, l'Ancien est déployé dans le Nouveau." Augustin.

      3 Les mots concernant son Fils indiquent à la fois le contenu de l'Evangile de Dieu et l'objet de la prophétie.

      Le Fils de Dieu se pr√©sente √† l'ap√ītre sous un double aspect¬†: issu de la post√©rit√© de David selon la chair, d√©clar√© Fils de Dieu selon l'Esprit de saintet√©.

      - Selon la chair, c'est-à-dire en tant qu'homme, Jésus est issu (grec devenu rejeton) de la race de David.

      Il importe de bien entendre ce mot de chair appliqu√© √† J√©sus Christ. D'une part, il semble dire trop peu, car le Sauveur s'est appropri√© la nature humaine tout enti√®re et pas seulement notre chair¬†; d'un autre c√īt√©, il para√ģt exprimer trop, parce que, √† l'id√©e de chair, s'attache celle de p√©ch√©¬†; or Paul n'admettait pas que le Sauveur ait eu part √† notre corruption.

      Le terme de chair est employé dans des acceptions diverses par les auteurs sacrés il désigne proprement les parties molles du corps de l'homme ; (Genèse 2.23) puis le corps tout entier. (1Corinthiens 15.37-40) Le corps était destiné à servir d'instrument docile à notre esprit, qui devait lui-même obéir à l'Esprit de Dieu.

      Originairement donc, aucun élément de péché n'était impliqué dans l'idée de la chair, partie matérielle de notre être. Mais lorsque, par la chute, (Genèse 3) l'esprit de l'homme se fut soustrait à l'influence et à la direction de l'Esprit de Dieu, l'homme livré à une volonté sans boussole et sans force, fut incapable de maintenir son corps dans l'obéissance.

      La chair acquit une vie propre, une activité indépendante, l'intelligence et la volonté furent soumises à l'empire des sens. Dès lors l'esprit, qui devait commander, sert le corps, qui devait obéir, commande.

      En tenant compte de cet √©tat de choses, les √©crivains sacr√©s attachent souvent l'id√©e de p√©ch√© au mot de chair. Ce n'est pas qu'ils envisagent le corps comme la source et le si√®ge unique du p√©ch√©¬†; celui-ci g√ģt essentiellement dans la volont√© humaine r√©volt√©e contre Dieu, priv√©e de la communion avec Dieu et cherchant en vain dans les cr√©atures une compensation √† cette perte irr√©parable, un point d'appui contre le sentiment de son propre n√©ant.

      Mais quoique le p√©ch√© se manifeste le plus souvent par le corps, parce que l'homme est tomb√© sous l'esclavage des sens, il est des vices de nature spirituelle auxquels le corps n'a aucune part directe, que l'√©criture qualifie pourtant de charnels, "d'Ňďuvres de la chair¬†;" l'orgueil spirituel, (Colossiens 2.18) la haine, la jalousie, la col√®re, les animosit√©s. (Galates 5.20)

      En un mot, la chair, dans ce second sens, désigne la nature humaine déchue, corrompue, assujettie au péché, (Jean 3.6) incapable par elle même de se relever en saisissant la vérité salutaire quand celle-ci lui est présentée. (Matthieu 16.17 ; 1Corinthiens 2.14)

      Enfin, comme les conséquences du péché, sinon les plus funestes, du moins les plus apparentes, se manifestent surtout dans le corps qui lui a servi d'instrument (la douleur, les infirmités, les maladies, la mort), le mot de chair est souvent employé pour désigner notre nature souffrante, défaillante, mortelle, que le péché a vouée à la destruction. (1Pierre 1.24)

      De ces trois sens du mot chair¬†: substance mat√©rielle du corps, √©tat o√Ļ l'esprit est asservi aux sens, faiblesse de l'homme soumis √† la douleur et √† la mort, lequel est appliqu√© √† J√©sus-Christ¬†? Evidemment le dernier.

      Il a pris notre nature dans son infirmité, portant en elle les conséquences amères du péché ; de là vient qu'il a partagé toutes nos misères et que, de plus, il a subi les diverses tentations auxquelles nous sommes exposés (Luc 4.1-13 ; Hébreux 5.7 ; comparez Romains 8.3 note.).

      Cependant il est rest√© pur de toute atteinte du p√©ch√©, de toute souillure du corps et de l'esprit, (H√©breux 4.15¬†; 7.26¬†; 9.14¬†; Jean 8.46) en lui, la chair fut constamment soumise √† la domination d'une volont√© sanctifi√©e par l'Esprit de Dieu. Second Adam, il a ainsi parfaitement accompli, au sein de notre humanit√© d√©chue, la loi divine que le premier Adam aurait d√Ľ accomplir dans son √©tat d'int√©grit√© originelle. Par sa victoire sur le p√©ch√©, il a ramen√© la chair et l'esprit, l'homme entier, √† sa destination primitive.

      - Le moyen de cette victoire a été l'esprit de sainteté. Cette expression n'est pas synonyme de Saint-Esprit. Paul ne veut pas dire que le Saint-Esprit ait été en Jésus Christ, par opposition à la chair humaine, l'élément spécifiquement divin de son être.

      L'esprit dans le langage de Paul est d'une part la facult√© qui rend l'homme capable de subir l'action de l'Esprit de Dieu, l'organe par lequel il entre en rapport avec Dieu¬†; (1Thessaloniciens 5.23¬†; 2Corinthiens 7.1) et, d'autre part, le principe divin et cr√©ateur qui accomplit dans le cŇďur du croyant l'Ňďuvre de la r√©g√©n√©ration. (Romains 8.9,10)

      En Jésus-Christ, pendant sa vie terrestre, l'esprit humain fut constamment dominé par l'Esprit de Dieu, de sorte qu'il fut saint dans toute sa conduite et dans tout son être. Cette parfaite sainteté fut la cause morale de sa résurrection, de sa victoire sur la mort, salaire du péché.

      C'est conform√©ment √† l'esprit de saintet√© qui √©tait en lui qu'il est ressuscit√©. Et par cette r√©surrection, nous dit l'ap√ītre, il a √©t√© d√©clar√© Fils de Dieu avec puissance.

      Nous traduisons ainsi un verbe que d'autres rendent par il a été établi, et qui signifie proprement déterminé, délimité. Il exprime l'effet de la résurrection de Jésus-Christ : elle a manifesté aux hommes sa qualité de Fils de Dieu.

      L'ap√ītre ne veut pas dire que J√©sus est devenu Fils de Dieu par sa r√©surrection, que celle-ci lui a conf√©r√© une dignit√© qu'il ne poss√©dait pas avant¬†; c'est pourquoi il nous para√ģt pr√©f√©rable de traduire d√©clar√© plut√īt que √©tabli Fils de Dieu.

      - Avec puissance se rapporte √† d√©clar√© par sa r√©surrection¬†: cette r√©surrection fut une puissante, une √©clatante d√©monstration de sa qualit√© de Fils de Dieu. D'autres rapportent ce compl√©ment circonstanciel √† Fils de Dieu¬†: il a √©t√© d√©clar√© ou √©tabli Fils de Dieu dans la puissance, par opposition √† son existence terrestre o√Ļ il √©tait Fils de Dieu dans la faiblesse.

      - Par sa r√©surrection d'entre les morts (grec par une r√©surrection de morts)¬†: par cette tournure, Paul ne d√©signe pas directement le fait de la r√©surrection de J√©sus-Christ, mais veut indiquer plut√īt de quelle sorte √©tait cette d√©monstration de la divinit√© du Christ.

      La pr√©position grecque pourrait avoir le sens temporel¬†: d√®s sa r√©surrection¬†; mais cette indication chronologique n'aurait pas une grande utilit√©. La pens√©e de l'ap√ītre est plut√īt de pr√©senter la r√©surrection de J√©sus-Christ comme la cause efficiente de sa glorification.

      Par sa r√©surrection, le Christ a √©t√© √©lev√© √† la droite du P√®re¬†; il n'appartient plus d√®s lors √† Isra√ęl seul, mais √† l'humanit√© enti√®re¬†; et, en vertu de la toute-puissance qui lui a √©t√© donn√©e au ciel et sur la terre, il √©tend son r√®gne sur tous les peuples par les instruments qu'il s'est choisis pour cela. (verset 5)

      5 L'ap√ītre revient √† son apostolat et d√©clare qu'il a re√ßu, par l'interm√©diaire de J√©sus-Christ, non seulement cet apostolat, mais avant tout la gr√Ęce, c'est-√†-dire le don du salut, (1Corinthiens 15.10) qui en a √©t√© la source et l'√Ęme.

      C'est √† tort que plusieurs ne voient dans ces deux termes qu'une seule et m√™me chose et traduisent¬†: "La gr√Ęce de l'apostolat".

      "La gr√Ęce, il l'a en commun avec tous les fid√®les, mais non l'apostolat." Augustin.

      - Le but de la mission de Paul est d'annoncer et de produire parmi les gentils l'obéissance de la foi.

      Cette expression est remarquable¬†; la foi, dans son essence subjective et morale, n'est autre chose que l'ob√©issance de l'homme √† la gr√Ęce, √† la volont√© de Dieu qui lui offre le salut, comme l'incr√©dulit√© est la r√©volte de la cr√©ature contre le Cr√©ateur. (Romains 10.3¬†; 2Thessaloniciens 1.8¬†; Jean 3.36¬†; 5.44)

      D'autres traduisent¬†: en vue de l'ob√©issance √† la foi, √† l'Evangile que Paul pr√™che, √† la doctrine qu'il enseigne dans cette √©p√ģtre m√™me¬†; mais le mot foi n'a jamais ce sens chez Paul.

      - Le but suprême de cette mission destinée à propager l'obéissance de la foi, c'est d'exalter le nom de Christ (grec pour son nom) parmi tous les gentils. (Philippiens 2.9-11)

      Le terme que nous traduisons par les gentils d√©signe les nations dans leur opposition √† Isra√ęl, le peuple √©lu. (Gen√®se 12.3¬†; Esa√Įe 11.10¬†; 49.6¬†; Galates 2.7-9)

      Les interprètes qui pensent que l'Eglise de Rome était composée de Juifs convertis, sont obligés de prétendre que Paul compte la nation juive parmi toutes les nations. Mais Paul ne s'est jamais attribué un apostolat universel. (Comparer Romains 11.13 ; Galates 2.7-9)

      La plupart de nos versions traduisent le terme en question par les pa√Įens, mais cette expression √©voque une id√©e d'idol√Ętrie et de corruption morale, qui ne se trouve pas dans le mot grec.

      Comment l'ap√ītre pourrait-il √©crire (verset 6) aux chr√©tiens de Rome¬†: "Vous √™tes au nombre des pa√Įens, vous les appel√©s de J√©sus-Christ¬†?"

      6 Appelés de Jésus-Christ, qui, en vertu de l'appel que vous avez reçu, appartenez à Jésus-Christ ; et non : "appelés par JésusChrist ;" car l'auteur de l'appel, c'est Dieu. (Romains 8.30 ; 9.24)

      Ils sont appelés par Dieu pour être à Jésus-Christ. (1Corinthiens 1.9,26-28 ; Galates 1.6)

      Il s'agit de cet appel efficace qui est une partie essentielle de l'Ňďuvre de la gr√Ęce, (Romains 8.29,30) d'un appel entendu et suivi, (verset 7) et non d'une vocation √† laquelle l'homme r√©siste, comme celle dont J√©sus parle dans Matthieu 22.14, o√Ļ le mot appel√© est oppos√© √† "√©lu".

      7 Le mot¬†: "tous ceux qui sont √† Rome..." √©largit le cercle des destinataires de l'√©p√ģtre¬†: ce ne sont pas seulement les chr√©tiens d'origine pa√Įenne nomm√©s au verset 6, mais aussi des Juifs de naissance.

      Ils sont saints en vertu de l'appel qui leur a √©t√© adress√©, grec saints appel√©s, comme, √† verset 1, Paul se disait "ap√ītre appel√©".

      - "L'appel n'est pas le fruit de la sainteté, mais la sainteté est le fruit de l'appel." Augustin.

      - Les croyants sont saints parce que, arrachés au monde par la vocation divine qu'ils ont acceptée, ils sont devenus la propriété de Dieu (saint, en hébreu, signifie mis à part, consacré, comparez Exode 19.6 ; 2.14 ; 1Pierre 2.9), et parce que la vie nouvelle qu'ils ont reçue de Dieu, est un principe indestructible de sanctification qui finira par triompher en eux de tout mal. (Colossiens 3.12 ; 2Thessaloniciens 1.10 ; Hébreux 3.1 ; 6.10)

      - La salutation √©pistolaire usit√©e chez les Grecs, et plac√©e apr√®s les noms de l'auteur et du destinataire de la lettre, √©tait¬†: "R√©jouis-toi¬†!" Par cette formule les pa√Įens ne souhaitaient √† leurs amis qu'une joie terrestre et charnelle. (Jacques 1.1, 3e note)

      Les chr√©tiens, pour qui toutes les relations de la vie humaine √©taient envisag√©es au point de vue de l'√©ternit√© et p√©n√©tr√©es de l'Esprit d'en haut, souhaitaient √† leurs fr√®res la gr√Ęce, l'amour de Dieu manifest√© aux p√©cheurs, source du pardon, de la saintet√©, de la victoire sur la mort, et le fruit de cette gr√Ęce, la paix¬†; la paix avec Dieu, la paix du cŇďur assur√© de son salut, la paix avec les hommes.

      Ces deux mots gr√Ęce et paix se retrouvent toujours dans l'ordre o√Ļ nous les avons ici. (1Corinthiens 1.3¬†; 2Corinthiens 1.2¬†; Galates 1.3¬†; Eph√©siens 1.2¬†; Philippiens 1.2¬†; Colossiens 1.2¬†; 1Thessaloniciens 1.1)

      - La gr√Ęce et la paix nous sont donn√©es de la part de Dieu notre P√®re et du Seigneur J√©sus-Christ¬†: nous n'avons d'autres titres aux dons de Dieu que la m√©diation et les m√©rites de notre Sauveur.

      8 8 à 15 Sentiments de Paul pour les chrétiens de Rome.

      L'ap√ītre est tellement p√©n√©tr√© de reconnaissance pour les immenses bienfaits de Dieu envers ses enfants, qu'il commence presque toutes ses lettres par d'ardentes actions de gr√Ęces, m√™me quand il s'agit d'Eglises o√Ļ, comme dans celle de Corinthe, il y avait beaucoup √† reprendre et √† bl√Ęmer. (1Corinthiens 1.4)

      Tout d'abord, grec premièrement, cette tournure fait attendre un "secondement" qui n'est pas exprimé.

      Le vŇďu formul√© versets 10,11 constituait probablement ce second point que l'ap√ītre avait en vue.

      Il appelle Dieu : mon Dieu, parce qu'il a reçu de nombreuses preuves de sa fidélité paternelle.

      Il rend gr√Ęces √† son Dieu par J√©sus-Christ.

      Il en est de nos actions de gr√Ęces comme de nos veux¬†: (verset 7, note) nous ne pouvons les adresser √† Dieu que par J√©sus-Christ¬†; c'est lui qui allume dans nos cŇďurs la reconnaissance¬†; et lorsque l'expression en monte vers Dieu comme un encens, c'est lui encore qui la purifie de toute souillure. (H√©breux 13.15)

      La foi des chrétiens de Rome est renommée, citée, publiée, dans le monde entier.

      Cette derni√®re expression est hyperbolique et signifie¬†: partout o√Ļ il y a des chr√©tiens. (1Thessaloniciens 1.8)

      Ce que l'on vante ainsi, ce n'est pas la qualité exceptionnelle de la foi des Romains, mais le fait qu'ils ont été gagnés à Christ et qu'une Eglise s'est formée dans la capitale de l'empire.

      "L'amour et l'espérance, la religion tout entière trouve son expression complète dans ce mot la foi." Bengel.

      9 Les fréquentes prières que Paul adresse à Dieu pour les Romains expliquent et confirment (car) l'ardente reconnaissance qu'il vient d'exprimer pour leur foi. (verset 8)

      Il prend Dieu, qui sonde le cŇďur, (Psaumes 44.22¬†; Actes 1.24) √† t√©moin de sa sollicitude pour eux, parce qu'il craint que, ne le connaissant pas personnellement, ils ne trouvent quelque exag√©ration dans l'expression de ses sentiments.

      - Dieu que je sers (grec auquel je rends un culte) en mon esprit dans la pr√©dication de l'Evangile¬†: le minist√®re de l'Evangile se pr√©sente √† l'ap√ītre comme un culte spirituel, comme le v√©ritable office sacerdotal, dont celui du temple de J√©rusalem n'√©tait que l'image. Et c'est parce qu'il sert Dieu dans son esprit, dans le sanctuaire intime de son cŇďur, qu'il le sert si bien dans l'Evangile de son Fils.

      11 Spirituel indique la nature du don que Paul espère apporter aux Romains ; l'unique source en a déjà été indiquée au verset 7.

      L'ap√ītre ne pr√©tend point dispenser ces dons √† son gr√©, mais il croit que Dieu les communique aux √Ęmes par la parole de ses serviteurs.

      Paul attend de sa présence à Rome que les chrétiens de cette ville soient affermis dans la vérité qu'ils ont déjà reçue par d'autres ; il n'estime donc pas qu'il soit nécessaire de corriger ni de compléter sur des points essentiels l'enseignement qui leur avait été donné.

      12 Apr√®s avoir √©mis la pens√©e que son arriv√©e au milieu d'eux serait pour les chr√©tiens de Rome une source de b√©n√©dictions spirituelles, Paul se h√Ęte d'att√©nuer ce qui pouvait para√ģtre pr√©somptueux dans cette esp√©rance, en ajoutant qu'il compte, lui aussi, √™tre b√©ni par le moyen de ses fr√®res, qu'ils le seront les uns et les autres par leur commune foi, grec par la foi de vous et de moi qui est dans les uns et les autres, c'est-√†-dire en vous comme en moi¬†; que nous serons encourag√©s chacun par la foi de l'autre, vous par la mienne moi par la v√ītre.

      Ce verset 12 est écrit en toute sincérité comme le verset 11 en toute humilité.

      De telles relations réalisent la vraie communion des saints. Que nous sommes encore loin de la domination exclusive du prêtre dans l'Eglise de Dieu !

      13 Nous ne pouvons dire exactement ce qui avait emp√™ch√© l'ap√ītre de venir √† Rome.

      Dieu, souverainement libre dans ses sages dispensations, diffère souvent d'accomplir les désirs les plus légitimes de ses meilleurs serviteurs.

      14 On appelait barbares tous les peuples qui n'avaient point de part à la civilisation des Grecs.

      Les Romains avaient re√ßu des Grecs leur culture. La langue grecque fut pendant longtemps encore celle de l'Eglise de Rome. Il est donc probable que l'ap√ītre range ses lecteurs dans la cat√©gorie des Grecs.

      Les savants et les ignorants sont ceux qui avaient reçu leur instruction dans les écoles de la sagesse antique et ceux qui y étaient demeurés. étrangers. l'Evangile convient aux hommes de toute race et de toute condition sociale et intellectuelle.

      La mission de le leur annoncer est une dette (je suis d√©biteur), dont l'ap√ītre se sent press√© de s'acquitter. (1Corinthiens 9.16) L'Eglise a longtemps oubli√© cette dette, qui est aussi la sienne, et trop nombreux sont encore les chr√©tiens qui n'en ont souci.

      15 D'autres traduisent : Autant qu'il dépend de moi, je suis tout disposé.

      Cette traduction, qui est celle des anciennes versions latines, suppose un texte grec légèrement modifié. Bien que les chrétiens de Rome aient déjà reçu l'Evangile, Paul désire le leur annoncer (grec évangéliser à vous aussi qui êtes à Rome).

      L'Evangile est un trésor qu'une première prédication ne saurait épuiser. Chaque messager de la Bonne Nouvelle la présente sous un aspect nouveau. Paul en particulier, avec sa manière si personnelle et si profonde de concevoir le salut en Christ, avait beaucoup à apprendre aux chrétiens de Rome.

      Il est du reste probable qu'en √©crivant¬†: "J'ai le d√©sir de vous annoncer l'Evangile √† vous aussi qui √™tes √† Rome," il portait sa pens√©e au del√† du cercle restreint des √Ęmes d√©j√† gagn√©es √† Christ, vers les foules qui formaient l'immense agglom√©ration de la capitale de l'empire.

      16 16 à 17 L'Evangile, sujet de l'épitre.

      Le texte reçu porte l'Evangile de Christ, mots qui manquent dans la plupart des majuscules, des versions et dans quelques minusc.

      - Il y a dans l'Evangile quelque chose dont l'homme naturel aura toujours honte¬†: il y lit sa condamnation et y d√©couvre l'opprobre de son p√©ch√©¬†; le pardon et la d√©livrance lui sont pr√©sent√©s au nom d'un crucifi√© et par le moyen m√™me de la croix¬†; il doit recevoir le salut comme une gr√Ęce qu'il ne saurait m√©riter et qui an√©antit son orgueil¬†; et enfin le Sauveur, rejet√© du monde, n'offre ici-bas √† ses disciples qu'une part dans ses humiliations et ses souffrances.

      La croix de Christ, dans laquelle se résume tout l'Evangile, est "scandale aux Juifs folie aux Gentils.." (1Corinthiens 1.23)

      Porter ce message de la croix au centre de la puissance et de la gloire de l'empire, dans la ville o√Ļ toutes les √©coles de la sagesse antique avaient leurs repr√©sentants, c'√©tait encourir un opprobre certain et par cons√©quent s'exposer √† la tentation d'avoir honte de l'Evangile.

      Mais l'ap√ītre sera pr√©serv√© d'une telle d√©faillance par l'exp√©rience qu'il a faite, en lui-m√™me et en beaucoup d'autres, de la puissance divine du salut qu'il annonce. (1Corinthiens 1.18)

      Il y a plus. Quand il dit : je n'ai point honte, il veut dire : j'y trouve le plus sublime sujet de gloire (Galates 6.14 ; 1Timothée 1.11)

      - L'Evangile n'est ni un syst√®me de doctrines, ni un code de morale, il est une puissance de Dieu, agissante et efficace¬†; par laquelle, le p√©cheur est arrach√© √† son √©tat de condamnation et de mort, pour avoir part √† la gr√Ęce et √† la vie. Cette puissance est en salut √† tout homme qui croit.

      Le salut a un c√īt√© n√©gatif¬†: il consiste √† √™tre d√©livr√© de la col√®re de Dieu, (verset 18) de la peine du p√©ch√©, qui est la mort √©ternelle, (Romains 6.23) et un c√īt√© positif¬†: il est le don de la justice, de la faveur et de l'amour de Dieu, le don d'une vie conforme √† sa volont√© et de la f√©licit√© √©ternelle. (Matthieu 1.21, note.)

      Ce salut est assurée tout homme qui croit.

      Croire, c'est se confier sans r√©serve en la gr√Ęce de Celui qui offre le salut¬†; c'est l'acte du cŇďur par lequel le p√©cheur repentant accepte avec joie l'Ňďuvre que son Dieu Sauveur accomplit pour lui et en lui.

      - Du moment que l'unique condition pour avoir part au salut est de croire, ce salut est offert et est accessible aussi bien aux Gentils qu'aux Israélites ; les uns et les autres sont à son égard sur un pied de parfaite égalité.

      Cependant Paul dit : pour le Juif premièrement.

      Premièrement manque, il est vrai, dans B et dans un manuscrit gréco-latin du 9e siècle. Tertullien atteste que Marcion l'omettait aussi. Quelques critiques pensent qu'il a été introduit ici par analogie avec Romains 2.9,10. Mais la plupart le tiennent pour authentique.

      Les uns pensent que Paul veut dire¬†: en vertu de l'alliance de gr√Ęce, trait√©e par Dieu avec son peuple, et parce que le salut vient de ce peuple (Jean 4.22¬†; Romains 3.1 et suivants¬†; Romains 9.1 et suivants), il convient que l'Evangile soit annonc√© au Juif premi√®rement. L'ap√ītre se conformait √† cette r√®gle dans son Ňďuvre missionnaire, et lorsqu'il arrivait dans une ville o√Ļ il y avait des Juifs, il commen√ßait par pr√™cher dans leur synagogue. (Actes 13.46¬†; 16.13¬†; 17.1¬†; 18.4)

      D'autres entendent premi√®rement dans le sens de "principalement." L'ap√ītre voudrait dire que le Juif √©tait, par la discipline de la Loi et par les promesses des proph√®tes, mieux pr√©par√© que le Grec √† recevoir le salut. Ou bien sa pens√©e serait, avec une nuance d'ironie, que le salut gratuit offert dans l'Evangile est indispensable au Juif qui conna√ģt le vrai Dieu, autant et plus qu'au Grec plong√© dans les erreurs de l'idol√Ętrie. Le sens temporel de premi√®rement para√ģt pourtant le plus simple.

      De r√©cents interpr√®tes ont essay√© de tourner la difficult√© en traduisant¬†: l'Evangile est une puissance de Dieu en salut...premi√®rement au Juif et au Grec¬†; l'apodose sous-entendue serait¬†: et ensuite aux repr√©sentants des autres nationalit√©s. Mais l'ap√ītre ne dit nulle part que les Grecs aient eu un avantage sur les autres nations¬†; tandis qu'il oppose les Juifs et les Grecs. (1Corinthiens 1.22-24)

      17 L'ap√ītre confirme (car) sa d√©claration pr√©c√©dente, que l'Evangile est une puissance de Dieu¬†: c'est qu'en lui se r√©v√®le une justice de Dieu.

      Plusieurs interprètes ont vu dans ce terme : justice de Dieu, tout d'abord l'une des perfections divines, soit l'attribut par lequel Dieu récompense les bons et punit les méchants, soit la sainteté qui est l'essence même de son être et qui exclut tout mal.

      Cette justice de Dieu, voudrait dire l'ap√ītre, est communiqu√©e √† tout croyant en vertu de l'Ňďuvre r√©demptrice de J√©sus-Christ et par l'action du Saint-Esprit, de sorte que l'homme, devenu participant de la saintet√© de Dieu, reprend sa position normale d'enfant du P√®re. Ainsi l'Evangile est une puissance de Dieu √† salut pour tout croyant.

      - La plupart des commentateurs actuels se refusent √† admettre, dans notre passage, ce sens de l'expression¬†: justice de Dieu. Ils estiment que si Paul avait eu en vue l'attribut de Dieu, il aurait √©crit¬†: la justice de Dieu, tandis qu'il omet l'article¬†; que l'Evangile n'est pas pr√©cis√©ment une r√©v√©lation de la justice et de la saintet√© de Dieu, d√©j√† manifest√©es dans l'Ancien Testament¬†; que le verbe se r√©v√®le ne conviendrait pas pour exprimer une communication de la saintet√© de Dieu √† l'homme, qu'il suppose plut√īt un fait ext√©rieur que l'homme saisit par la foi ou constate par l'observation (comparez verset 18 "La col√®re de Dieu se r√©v√®le...").

      Par cette justice de Dieu qui se révèle dans l'Evangile, Paul entend donc une relation nouvelle avec Dieu, dans laquelle l'homme est placé par Dieu lui même et qui lui permet d'atteindre le but qu'il avait vainement poursuivi par ses seuls efforts, d'être juste, c'est-à-dire tel qu'il doit être selon la volonté de Dieu, en parfait accord avec la loi divine.

      Si cette justice est appel√©e justice de Dieu, cela ne veut pas dire seulement qu'elle est "valable devant Dieu," ni de m√™me essence que la justice divine, mais que Dieu en est l'initiateur¬†: c'est lui qui, par un acte de sa gr√Ęce, (Romains 3.24) r√©tablit l'homme dans une relation normale avec lui. Cette justice de Dieu est oppos√©e √† "celle qui vient de la loi," (Philippiens 3.9) √† la propre justice de l'homme. (Romains 10.3)

      - Cette justice est par la foi pour la foi, grec de (hors de) la foi pour (dans) la foi.

      Les P√®res admettaient que la foi d'o√Ļ la r√©v√©lation de la justice de Dieu proc√®de, c'est la foi isra√©lite, celle √† laquelle elle aboutit, la foi chr√©tienne.

      Les r√©formateurs trouvaient de m√™me, dans les termes employ√©s par l'ap√ītre, l'id√©e d'un progr√®s int√©rieur dans la foi¬†: la justice de Dieu est r√©v√©l√©e √† la foi et re√ßue par elle, et comme cette justice est dans le p√©cheur un principe actif de vie, elle augmente la foi et produit dans l'√Ęme une foi toujours plus compl√®te.

      Calvin a rendu cette idée en traduisant : "de foi en foi".

      Les interpr√®tes modernes objectent que l'id√©e d'un progr√®s dans la foi n'est pas indiqu√©e dans les termes employ√©s et qu'elle est trop sp√©ciale pour figurer dans l'√©nonc√© du sujet de l'√©p√ģtre. Ils pr√©f√®rent voir dans le premier compl√©ment¬†: par la foi, le principe qui, dans l'homme, √©tablit cette relation nouvelle de la "justice de Dieu".

      C'est une justice de foi, que l'homme obtient par la foi seule ; et dans le second complément : pour la foi, l'indication du but, de la destination de la justice nouvelle : c'est une justice destinée à la foi, qui éveille et développe la foi de ceux à qui elle est révélée.

      La justice l√©gale, que l'homme acquiert en accomplissant la loi, est une "justice d'Ňďuvres," elle consiste en Ňďuvres¬†; son but est de produire et de multiplier les Ňďuvres.

      La justice de Dieu est, de sa nature, une justice de foi, et elle est offerte √† la foi¬†; c'est par la foi que l'homme la saisit. Quand l'homme est entr√© dans cette nouvelle relation avec Dieu, c'est sa foi qui lui est imput√©e √† justice, √† l'exclusion de toute Ňďuvre.

      Il importait √† l'ap√ītre de faire ressortir d√®s l'abord, dans ce r√©sum√© de l'Evangile, cette v√©rit√© fondamentale qu'√† la foi seule appartient le privil√®ge de rendre l'homme poste devant Dieu.

      - L'id√©e de la justice par la foi pouvait para√ģtre une doctrine nouvelle¬†; elle ne l'√©tait point. L'ap√ītre montrera plus loin (Romains 4) qu'Abraham et David la connaissaient d√©j√†.

      Ici il en appelle √† une parole du proph√®te Habacuc. (Habakuk 2.4) Les Chald√©ens vont fondre sur la Jud√©e et massacrer ses habitants, qui sera sauv√©¬†? non pas l'orgueilleux qui se confie en ses forces et en ses Ňďuvres¬†; mais "le juste," "qui vivra par sa foi," c'est-√†dire par son humble confiance en Dieu.

      Le moyen du salut est le même dans tous les temps et en présence de tous les jugements de Dieu.

      Quelques interpr√®tes rattachent les mots par la foi, non au verbe vivra, mais au substantif le juste et traduisent "le juste par la foi vivra." Le texte h√©breu ne peut se rendre ainsi, et il n'y a aucune raison de penser que Paul ait voulu changer le sens de l'original, qui r√©pondait suffisamment √† son but. Comparer Galates 3.11¬†; H√©breux 10.38, o√Ļ se trouve cette m√™me citation d'Habacuc.

      18 PREMIERE PARTIE : LE SALUT PAR LA FOI EN JESUS-CHRIST Ch. 1 :18 à 11 :36

      Première section. Le Salut assuré en Christ à tout croyant 1 :18 à 8 :39

      La justification par la foi en Christ sans la Loi. 1 :18 à 5 :21

      Condamnation er perdition de tous les hommes gentils et Juifs. 1 :18 à 3 :20

      18 à 32 Les gentils.

      Il faut remarquer la transition par la particule car.

      La justice de Dieu qui s'obtient par la foi est indispensable, car la colère de Dieu se révèle. La révélation de la première dans l'Evangile est motivée par la révélation de la seconde dans l'état moral de l'humanité.

      Cette colère est une manifestation de la justice rétributive de Dieu.

      Exempte de tout ressentiment personnel et du trouble moral que produit la col√®re humaine, elle est "un jugement par lequel le ch√Ętiment est prononc√© sur le p√©ch√©." Augustin.

      Elle se r√©v√®le par l'idol√Ętrie et les vices abominables dans lesquels les hommes sont tomb√©s, lorsque Dieu les eut abandonn√©s √† eux-m√™mes pour les punir de ce qu'ils ne s'√©taient pas souci√©s de le conna√ģtre. (Romains 1.21-32¬†; 2Thessaloniciens 2.10-12)

      "Lorsque la mesure de nos iniquit√©s fut comble, dit un P√®re de L'Eglise, il fut r√©v√©l√© aux yeux de tous que le salaire du p√©ch√©, c'est la mort alors le temps est venu o√Ļ Dieu a voulu r√©v√©ler sa gr√Ęce et sa puissance."

      C'est donc à tort qu'on a prétendu que cette révélation de la colère de Dieu aurait lieu au jugement dernier seulement, (Romains 2.4,5) et que nous n'avons, dans Romains 1.19-2.3, qu'une description du péché des hommes.

      L'antith√®se des deux verbes au pr√©sent¬†: se r√©v√®le, (versets 17,18) et la formule trois fois r√©p√©t√©e¬†: c'est pourquoi Dieu les a livr√©s, (versets 24,26,28) montrent que Paul d√©crit, d√©j√† dans cette partie, les manifestations de la col√®re divine, le ch√Ętiment inflig√© par Dieu aux p√©cheurs.

      - La col√®re se r√©v√®le du ciel. Le ciel, s√©jour de Dieu, est le symbole de l'ordre moral dont Dieu est le garant. "J'ai p√©ch√© contre le ciel et devant toi." (Luc 15.18) Mais ici il est plut√īt le symbole de la toute pr√©sence et de la toute puissance divines¬†: nul ne peut √©chapper √† une col√®re qui se r√©v√®le du ciel.

      - L'impiété s'applique aux dispositions de l'homme envers Dieu et comprend les manquements de sa vie religieuse. L'injustice se rapporte à sa conduite envers ses frères et aux transgressions de la loi morale.

      Les hommes retiennent la vérité captive dans l'injustice, comme on retient un prisonnier de guerre, un animal dompté. L'homme qui vit dans le péché a intérêt à retenir, à étouffer la vérité, une fois qu'il l'a reconnue, afin de s'affranchir de son empire. Les versets versets 19,20 montreront de quelle vérité il s'agit.

      Dans l'injustice peut signifier qu'ils font volontairement prévaloir l'injustice sur la vérité, qu'ils étouffent celle-ci dans celle-là qu'ils empêchent le germe de la vérité divine en eux de se développer et de fructifier.

      D'autres donnent à ce complément un sens adverbial : "Ils retiennent injustement la vérité captive." Ou bien, pour échapper à l'objection qu'on ne saurait étouffer la vérité justement, ils traduisent : "Méchamment, par méchanceté."

      D'autres enfin donnent au verbe un sens diff√©rent¬†: "ils poss√®dent la v√©rit√© dans l'injustice," c'est-√†-dire¬†: "Ils vivent dans l'iniquit√© tout en poss√©dant la v√©rit√©." Mais on peut se demander si Paul aurait dit des pa√Įens¬†: "Ils poss√®dent la v√©rit√©." Le premier sens¬†: "retenir, √©touffer," est donc pr√©f√©rable.

      19 Ils étouffent la vérité, attendu que la vérité leur a été révélée.

      Ce qu'on peut conna√ģtre (grec le connaissable) de Dieu est manifeste en eux¬†; ils le voient dans leur √™tre intime, par une r√©v√©lation permanente qui est la cons√©quence de la r√©v√©lation initiale de Dieu √† l'homme¬†: car Dieu le leur a manifest√©. Dieu s'est manifest√© dans ses Ňďuvres pour r√©veiller dans l'√Ęme humaine la facult√© inn√©e de le conna√ģtre.

      20 L'ap√ītre, en des termes admirablement choisis, enseigne dans quelle mesure l'homme peut acqu√©rir la connaissance de Dieu en contemplant la cr√©ation.

      Les perfections invisibles (gr les invisibles, neutre pluriel) de Dieu sont son être même et les attributs qui le constituent.

      Elles sont appel√©es invisibles par opposition aux Ňďuvres visibles dans lesquelles elles se manifestent.

      C'est avant tout sa puissance éternelle, qui frappe quiconque considère ses ouvrages avec sérieux et recueillement.

      C'est ensuite sa divinité, terme très général qui désigne, non une autre perfection de Dieu, comme on l'aurait attendu après la mention de la toute puissance, mais cet ensemble d'attributs et de caractères qui constituent l'être divin.

      Le sens un peu vague de divinit√© r√©pond √† l'impression que laisse la contemplation de la nature, et √† la pens√©e de l'action incessante exerc√©e par le Cr√©ateur dans ce monde qu'il anime de sa vie et o√Ļ il a tout dispos√© dans un ordre admirable. (Actes 14.17¬†; 17.24-28)

      Cette r√©v√©lation est incompl√®te¬†: les perfections morales de Dieu, sa justice, sa saintet√©, sa mis√©ricorde n'y sont pas mises en √©vidence¬†; et le d√©sordre caus√© par le p√©ch√© la trouble et l'obscurcit de bien des mani√®res. Elle aurait d√Ľ suffire cependant pour retenir l'homme loin d'une d√©gradante idol√Ętrie.

      Paul rappelle en outre que cette r√©v√©lation a lieu depuis la cr√©ation du monde¬†: de tout temps les hommes ont pu consid√©rer Dieu dans ses ouvrages et y voir comme √† l'Ňďil ses perfections.

      Le verbe que nous traduisons ainsi fait antithèse à invisibles ; il s'entend de la perception sensible. Paul l'explique en ajoutant : quand ces choses invisibles sont (grec) considérées par l'entendement, c'est-à-dire deviennent l'objet d'une intuition intellectuelle ; on pourrait traduire : "se voient avec les yeux de l'intelligence."

      - Afin qu'ils soient inexcusables¬†: la tournure employ√©e par l'ap√ītre exprime bien l'intention qu'avait Dieu en permettant aux hommes de voir dans la cr√©ation ses invisibles perfections. Sa volont√© est que leur aveuglement soit sans excuse, s'ils √©touffent dans leur injustice ce germe de la v√©rit√©. (verset 18)

      21 Ne point glorifier Dieu comme Dieu, ne point lui rendre gr√Ęces, ne pas lui donner son cŇďur dans une reconnaissance vivante et une enti√®re cons√©cration, c'est, pour l'homme, manquer le but de son √™tre et outrager son Cr√©ateur. Par l√†, il se d√©robe √† Dieu, √† qui il appartient, et se livre √† une idol√Ętrie grossi√®re ou raffin√©e. Cet √©loignement de Dieu est le p√©ch√©, source de tous les p√©ch√©s.

      - Les hommes sont devenus vains dans leurs pens√©es ou leurs "raisonnements" (mot pris en un sens d√©favorable dans le Nouveau Testament), c'est-√†-dire, ils se sont attach√©s √† ces "choses vaines" que les idoles √©taient aux yeux des Juifs (Actes 14.15¬†; comparez J√©r√©mie 2.5. o√Ļ se lit dans les Septante la m√™me expression que dans notre passage).

      Leur cŇďur, si√®ge de toute la vie de l'esprit, de l'entendement comme des affections, s'est envelopp√© de t√©n√®bres, a √©t√© obscurci. Il ne reste d√®s lors plus rien de sain en l'homme.

      23 Grec : En ressemblance ou représentation de l'image de l'homme, ce que les uns interprètent : "en une image qui ressemble à l'homme ;" les autres : "en une reproduction matérielle de la figure de l'homme ou du type humain" (comparez Deutéronome 4.16-18)

      Lorsque l'homme est s√©par√© de Dieu, il devient l'esclave de sa chair et du monde visible. Il est alors entra√ģn√© √† chercher la satisfaction de ses besoins religieux dans le culte de la nature. Il rabaisse Dieu jusqu'√† voir son image dans l'homme corruptible.

      Ignorant que Dieu avait en effet créé l'homme à son image, et ne se souciant guère de chercher dans l'être spirituel de l'homme les restes de cette image divine, les Grecs avaient trouvé dans le corps humain la réalisation la plus parfaite de la beauté. Ils en étaient venus à adorer l'homme tout entier, à diviniser ses vices aussi bien que ses vertus.

      D'autres peuples se sont abaissés par degrés jusqu'à rendre un culte à des êtres privés d'intelligence, à des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. Ceux qui présidaient à ces cultes dégradants étaient des prêtres qui se vantaient de posséder une sagesse supérieure ; et les adorateurs de leurs idoles furent les peuples les plus civilisés de l'ancien monde : les Egyptiens, les Assyriens, les Hindous.

      On ne saurait all√©guer pour les excuser que les plus √©clair√©s parmi eux n'adoraient dans les animaux que les forces de la nature, √©manations de la divinit√©, car c'√©tait encore se faire l'esclave de ce que l'homme est appel√© √† dominer. Ils d√©shonoraient le Dieu vivant et saint qu'ils auraient d√Ľ glorifier, se ravalaient au niveau de la cr√©ature d√©pourvue d'intelligence et justifiaient ainsi le jugement s√©v√®re que l'ap√ītre porte sur eux¬†: se disant sages, ils sont devenus fous.

      24 Le texte reçu porte : "C'est pourquoi aussi..." Ce dernier mot manque dans Sin., B, A, C, versions, Pères.

      - Selon les convoitises de leur cŇďur (grec dans les convoitises), tandis qu'ils s'adonnaient √† elles.

      - Ils déshonorent eux-mêmes leurs propres corps, grec leurs propres corps en eux-mêmes.

      En eux-mêmes peut signifier : "entre eux," les uns envers les autres, ou servir à "caractériser cette flétrissure comme désormais inhérente à leur personnalité elle même." Godet. (1Corinthiens 6.18)

      Ainsi Dieu punit le p√©ch√© par le p√©ch√© m√™me, (verset 28) en retirant aux p√©cheurs sa gr√Ęce¬†; c'est le jugement que l'ap√ītre annonce en r√©p√©tant par trois fois¬†: (versets 24,26,28) il les a livr√©s.

      Il ne veut pas dire que Dieu les a pouss√©s au mal, mais l'expression qu'il emploie ne signifie pas simplement que Dieu les a laiss√©s se livrer au mal. Il les a livr√©s en tant qu'il a √©tabli dans le monde moral une loi semblable √† la loi de la pesanteur dans le monde physique, en vertu de laquelle celui qui s'engage sur la pente du vice, la descend avec une rapidit√© croissante et est entra√ģn√© par une force de plus en plus irr√©sistible.

      Parmi les p√©ch√©s auxquels les pa√Įens sont livr√©s, ceux de la chair (l'impuret√©) tiennent le premier rang, parce qu'ils √©taient en relation √©troite avec l'adoration des forces de la nature. La d√©bauche et la prostitution √©taient non seulement tol√©r√©es dans maintes religions pa√Įennes, mais rev√™tues d'un caract√®re sacr√© et associ√©es aux actes du culte.

      25 La v√©rit√© de Dieu, c'est la vraie notion de l'Etre divin, le vrai Dieu. Paul rel√®ve encore une fois (comparez verset 23) la faute des pa√Įens envers Dieu pour en faire ressortir l'√©normit√© et montrer ainsi que le s√©v√®re ch√Ętiment qui les atteint n'est que trop justifi√©.

      La sainte indignation qu'il éprouve à la pensée d'un tel outrage au Créateur, l'oblige à interrompre son exposé par un cri d'adoration et de louange (comparez Romains 9.5 ; 11.36 ; Galates 1.5)

      26 Ces abominations nous montrent le p√©ch√© qui ravale l'homme au dessous de la brute et exerce sur lui le plus affreux ch√Ętiment.
      27 Ces abominations nous montrent le p√©ch√© qui ravale l'homme au dessous de la brute et exerce sur lui le plus affreux ch√Ętiment.
      28 Il y a en grec un jeu de mots qui fait ressortir comment le ch√Ętiment du p√©ch√© est la cons√©quence du p√©ch√© m√™me¬†: "comme ils n'ont pas approuv√© de conna√ģtre Dieu, Dieu les a livr√©s √† un entendement r√©prouv√©."
      29 Dans ces versets versets 29-31, l'ap√ītre d√©crit l'√©tat moral o√Ļ tombent ceux qui ne se soucient pas de conna√ģtre Dieu.

      Cette description de la corruption pa√Įenne, dont les d√©tails n'ont pas besoin d'explication, ne para√ģt pas exag√©r√©e √† ceux qui connaissent l'antiquit√© ou les mŇďurs actuelles des peuples pa√Įens, et m√™me celles de quelques parties de nos soci√©t√©s pr√©tendues chr√©tiennes et civilis√©es, qui voient repara√ģtre dans leur sein les pires vices du paganisme, quand la crainte de Dieu s'en est all√©e.

      Toutefois, si telle √©tait la corruption du monde antique, qui nous est d√©peinte sous des couleurs aussi sombres par les historiens et les satiriques du temps, l'ap√ītre ne veut pas dire que tous les individus fussent parvenus √† ce degr√© de d√©pravation.

      Il n'ignore pas qu'il y a eu en Grèce et à Rome, même aux époques de l'abaissement le plus profond et le plus général, de nobles exemples de vertu et de grandeur morale. (Comparer Romains 2.14,15)

      - On a en vain cherch√© √† indiquer un principe d'apr√®s lequel l'ap√ītre grouperait les p√©ch√©s et les vices qu'il √©num√®re.

      - Le terme traduit par ha√Įssant Dieu, (verset 30) ne se trouve dans le grec classique qu'avec le sens passif¬†: "ha√Į de Dieu." Certains interpr√®tes lui donnent ce sens ici, mais il ne convient gu√®re, et la plupart admettent le sens actif, que lui attribuent d√©j√† les P√®res Grecs.

      - Un livre apocryphe de l'Ancien Testament, la Sapience, renferme (Sapience 13 et 14) une peinture de l'idol√Ętrie et de l'immoralit√© des pa√Įens, qui n'est pas sans analogies avec notre chapitre, en particulier l'immoralit√© est pr√©sent√©e comme un fruit de l'idol√Ętrie.

      32 Ce dernier trait du tableau r√©v√®le toute leur culpabilit√©. L'ap√ītre affirme que, m√™me dans les t√©n√®bres dont elle est envelopp√©e, la conscience des pa√Įens n'a jamais cess√© de rendre t√©moignage √† la sentence de Dieu, en vertu de laquelle il punit de mort ceux qui commettent de tels actes¬†; et cependant ils s'y livrent sans scrupules, et m√™me ils approuvent ceux qui les commettent.
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