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Romains 12

    • 1 Deuxi√®me partie

      Exhortations √† ceux qui sont sauv√©s par la gr√Ęce de Dieu. Ch. 12¬†:1 √† 15¬†:13

      Règles de conduite générales. Ch. 12 et 13

      1 à 2 Le principe de la morale chrétienne.

      L'ap√ītre pr√©sente son exhortation comme la conclusion (donc) de toute la premi√®re partie de l'√©p√ģtre, o√Ļ il a d√©velopp√© les compassions de Dieu pour l'humanit√© p√©cheresse et perdue. Il fonde cette exhortation plus sp√©cialement sur ce qu'il vient de dire de la mis√©ricorde divine qui accueille √©galement Juifs et gentils, (Romains 11.30-32) sur cet amour de Dieu, dont il a c√©l√©br√© l'infinie profondeur. (Romains 11.33-36)

      - A cet amour dont Dieu les aime, les chr√©tiens de Rome doivent r√©pondre en se donnant √† Dieu. Pour rendre son invitation plus pressante, l'ap√ītre les interpelle¬†: fr√®res. C'est l√† le principe de la morale chr√©tienne¬†: "Nous l'aimons parce qu'il nous a aim√©s le premier." (1Jean 4.7-11)

      Les compassions de Dieu, dont l'ap√ītre a montr√© toute la richesse, sont le motif qui poussera ses lecteurs √† mener une vie sainte et conforme √† la volont√© de Dieu. Ils prouveront la r√©alit√© de leur foi par leurs Ňďuvres. Dans la plupart de ses √©p√ģtres l'ap√ītre fait ainsi suivre d'exhortations pratiques l'expos√© de la gr√Ęce de Dieu qui nous sauve en J√©susChrist. Que l'arbre plonge ses racines dans un sol fertile, c'est l'essentiel¬†; mais, pour atteindre sa destination, il doit en outre pousser des branches, se couvrir de feuilles, de fleurs, et porter des fruits.

      D'autre part, Paul espère que les admirables tableaux qu'il trace d'une vie toute consacrée à Dieu exciteront en ses lecteurs le saint et ardent désir de réaliser une telle vie, d'autant plus que, par la foi, elle n'est plus un idéal inaccessible, mais la vocation que tout enfant de Dieu peut et doit remplir.

      Avant de pr√©senter √† ses lecteurs certains devoirs sp√©ciaux concernant leur conduite dans l'Eglise et dans le monde, l'ap√ītre leur adresse une exhortation g√©n√©rale √† se consacrer √† Dieu, qui s'applique √† toute la vie du chr√©tien. (versets 1,2) Je vous exhorte √† offrir vos corps en sacrifice vivant, saint, agr√©able √† Dieu.

      Le verbe offrir, mettre à la disposition, se lisait déjà Romains 6.13,16,19.Il est habituellement employé dans les Septante pour désigner la présentation des victimes et offrandes du culte lévitique ; on le trouve de même Luc 2.22.

      - Le corps est nommé spécialement comme l'objet à offrir à Dieu. Ce terme ne signifie pas l'être entier, car Paul aurait dit : "Je vous exhorte à vous offrir vousmêmes." On pourrait, il est vrai, traduire le terme grec : vos corps par : "vos personnes." Mais comme, à verset 2, Paul parle du "renouvellement de l'entendement," il semble bien que, dans cette première exhortation, il ait en vue la partie matérielle de notre être. Le corps avec ses membres divers, est l'organe de toute l'activité de l'homme. Le chrétien doit le consacrer à Dieu, comme témoignage de sa reconnaissance. (Romains 6.12,13, notes)

      Le sacrifice auquel l'ap√ītre exhorte le chr√©tien peut √™tre compar√© aux sacrifices "d'action de gr√Ęces, d'oblation, de cons√©cration" de l'Ancienne Alliance. C'est un tel sacrifice que nous devons offrir √† Dieu pour r√©pondre √† sa mis√©ricorde en J√©sus-Christ. Dieu a r√©ellement couvert et √īt√© notre p√©ch√© en nous donnant Celui qu'il a "√©tabli comme moyen de propitiation." (Romains 3.25,26) Nous devons nous offrir √† lui en retour.

      Ce sacrifice est qualifi√© de vivant, soit par contraste avec les sacrifices de l'Ancienne Alliance, o√Ļ la victime devait √™tre immol√©e, soit pour marquer qu'il consiste en une activit√© au service de Dieu¬†; (Romains 6.13) il est saint en tant que cette activit√© n'est plus au service du p√©ch√©, mais consacr√©e √† Dieu¬†; et comme il est agr√©able √† Dieu, il est une "oblation d'agr√©able odeur.." (Philippiens 4.18,Exode 29.18¬†; L√©vitique 1.9,17)

      - Cette offrande spirituelle de votre activité à Dieu, dit Paul à ses lecteurs, constituera votre culte raisonnable. Il appelle ce culte raisonnable, parce que ce culte est conforme à ce que, suivant une estimation rationnelle, et par une conclusion logique, les chrétiens doivent à Dieu qui les a aimés et sauvés.

      Quelques interpr√®tes donnent simplement √† ce terme le sens de "spirituel" qu'il a dans 1Pierre 2.2. Ils m√©connaissent la port√©e de l'expression¬†: votre culte raisonnable, (grec) le culte rationnel de vous, d'√™tres qui sont comme vous sauv√©s par gr√Ęce.

      2 On a compris de diverses manières le rapport de cette exhortation avec celle de verset 1.

      Les uns disent¬†: c'est la sanctification de l'√Ęme apr√®s celle du corps. Mais Paul aurait employ√© le terme "d'esprit" ou "d'√Ęme¬†;" et il aurait trait√© ce point le premier. D'ailleurs, verset 1 ne traite pas proprement de la sanctification du corps, mais de sa cons√©cration au service de Dieu.

      Suivant d'autres Paul pr√©sente les cons√©quences n√©gatives du devoir positif qu'il prescrit dans le verset 1. Cette derni√®re explication renferme une part de v√©rit√©, mais elle demande √† √™tre compl√©t√©e, car le renouvellement de l'entendement n'est pas une Ňďuvre n√©gative.

      L'ap√ītre envisage les cons√©quences que la cons√©cration de sa vie √† Dieu a pour le chr√©tien dans ses rapports avec le monde et dans ses dispositions naturelles. Ne vous conformez pas au si√®cle pr√©sent¬†: dans l'activit√© qu'il se propose d'exercer pour Dieu, le chr√©tien ne doit pas suivre les r√®gles, les coutumes, les modes qui pr√©valent dans le si√®cle pr√©sent, ob√©ir aux passions, s'inspirer de l'esprit du monde.

      Le si√®cle pr√©sent, c'est le monde dans son √©tat actuel, plong√© dans le mal, o√Ļ r√®gnent les t√©n√®bres et le p√©ch√© (Galates 1.4¬†; 2Corinthiens 4.4) il est oppos√© au "si√®cle √† venir," o√Ļ la volont√© de Dieu dominera seule.

      Cette exhortation √©tait d'autant plus n√©cessaire que l'ap√ītre √©crivait √† d'anciens pa√Įens, longtemps p√©n√©tr√©s de l'esprit du monde, et qui avaient de la peine √† s'en d√©gager. (comparez 1Pierre 1.14) Ils avaient besoin d'√™tre transform√©s par le renouvellement de l'entendement.

      L'entendement, c'est la raison pratique, la facult√© qui discerne le bien et le mal, la conscience morale. (Romains 7.22, notes) Son renouvellement, et la transformation de notre √™tre qui en r√©sulte, sont l'Ňďuvre du Saint-Esprit¬†; ( 3.5) mais le croyant accepte cette Ňďuvre et y coop√®re par la foi.

      On peut donc se demander si l'on doit traduire : soyez transformés, ou : transformez-vous. Le verbe grec peut être au passif, ou au moyen avec sens réfléchi.

      La vraie traduction est probablement : laissez vous transformer.

      - Cette transformation, commencée par la nouvelle naissance, (Jean 3.5) doit se poursuivre incessamment chez le régénéré, car la chair continue à lutter en lui contre l'esprit. (Romains 8.4) Le verbe au présent indique un changement qui se continue.

      L'entendement de l'homme naturel est obscurci et faussé par suite de la domination du péché dans la chair ; il est devenu un "entendement réprouvé ;" (Romains 1.28) il faut qu'il soit renouvelé, afin que nous discernions, que nous reconnaissions clairement à l'épreuve quelle est la volonté de Dieu, ce que Dieu veut que nous fassions, savoir ce qui est bon et agréable à Dieu et parfait.

      C'est ainsi que traduisent la plupart des interprètes modernes ; ils objectent surtout à l'explication qui considère les mots : bon, agréable, parfait comme des qualificatifs de la volonté de Dieu, que le mot agréable a pour complément sous-entendu : à Dieu, comme à verset 1 et dans 2Corinthiens 5.9.

      Le grec exige en tout cas que l'on traduise : quelle est, en quoi consiste, la volonté de Dieu. La traduction : que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite, ne saurait se justifier.

      - Quelques majuscules portent, au lieu des impératifs : Ne vous conformez, pas, soyez transformés, des infinitifs qui dépendent du verbe : (verset 1) Je vous exhorte à ne point vous conformer (A, B, etc.), mais à vous laisser transformer (Sin, A, B, etc.).

      - Le renouvellement de l'entendement est la leçon de B, A, D, etc.

      - On lit : de votre entendement dans Sin. et quelques autres majuscules

      3 3 à 8 Le chrétien dans l'Eglise.

      L'ap√ītre, voulant exposer aux chr√©tiens de Rome les devoirs relatifs √† leurs rapports mutuels, commence par les inviter √† √™tre modestes dans l'opinion qu'ils ont d'eux-m√™mes. La modestie seule nous met √† notre v√©ritable place devant Dieu et devant les hommes.

      Paul introduit cette exhortation à la modestie comme une confirmation (en effet) du principe qu'il a posé à verset 1, de l'obligation qu'il fait aux chrétiens d'offrir leur corps en sacrifice à Dieu.

      C'est une première et très importante application de ce principe. S'ils sont disposés à se limiter et à se modérer dans l'opinion qu'ils ont d'eux-mêmes, ils montrent par là qu'ils sont animés d'un véritable esprit de sacrifice et de consécration à Dieu. Ils prouveront aussi qu'il "ne se conforment plus au monde," mais qu'ils sont transformés par le "renouvellement de leur entendement." Je dis à quiconque se trouve parmi vous (grec) à tout homme étant parmi vous...

      On s'est demandé s'il fallait, après cette locution complexe, sousentendre : en fonction, exerçant un ministère, occupait une position en vue. Mais cela n'est pas indiqué.

      L'ap√ītre s'adresse simplement √† tout membre de l'Eglise de Rome, m√™me au plus brillamment dou√©, m√™me √† celui qui a rendu les services les plus √©clatants et occupe la position la plus en vue. Il invoque, √† l'appui de son exhortation, l'autorit√© de son apostolat, qu'il appelle la gr√Ęce qui m'a √©t√© donn√©e.

      Il n'est pas connu personnellement de l'Eglise de Rome ; c'est pourquoi il sent le besoin de légitimer la liberté qu'il prend de faire à ses membres une recommandation qui touche au point le plus délicat de leur vie individuelle et collective. (Romains 15.15,1Corinthiens 3.10 ; Ephésiens 3.7)

      Il dit √† chacun (grec)¬†: de ne pas penser avec hauteur, de ne pas s'enorgueillir, de ne pas aspirer √† une condition pour laquelle il ne serait point qualifi√©, en passant √† c√īt√© et en allant au del√† de ce qu'il doit penser, au del√† de l'activit√© √† laquelle il peut aspirer, mais de penser pour penser sagement (il y a en grec un jeu de mots difficile √† rendre en fran√ßais)¬†; en d'autres termes, chacun doit borner ses vis√©es √† la mesure du don que Dieu lui a accord√©, et mettre son ambition √† √™tre sage, r√©fl√©chi, mod√©r√© et modeste dans l'estimation de soi-m√™me.

      La norme d'apr√®s laquelle doit se faire cette estimation, c'est (grec) pour chacun selon que Dieu lui a d√©parti une mesure de foi. Paul dit¬†: une mesure de foi, et non de "dons." C'est que le chr√©tien re√ßoit des dons, et met en valeur ceux qu'il poss√®de naturellement dans la mesure ou il a la foi, o√Ļ il a appris √† se confier en Dieu. Cette foi exclut tout m√©rite propre¬†; elle a conscience que ce que nous recevons de Dieu est une pure gr√Ęce¬†; elle entretient en nous la vraie humilit√©¬†; tandis que l'orgueil na√ģt d'une appr√©ciation illusoire de nous m√™me. La fausse humilit√©, d'autre part, fruit de l'incr√©dulit√©, nous fait m√©conna√ģtre la mesure de la foi que Dieu nous a d√©partie et les dons qui en d√©coulent.

      La foi n'est pas simplement la confiance en Christ et en son Ňďuvre r√©demptrice, c'est la disposition qui permet √† l'homme de s'emparer de la puissance de Dieu la foi qui, "transporte les montagnes" (1Corinthiens 13.2¬†; comp Matthieu 17.20). Cette foi est un don sp√©cial que Paul √©num√®re parmi les autres "charismes," (1Corinthiens 12.9) et qu'il consid√®re ici comme la condition et la mesure des dons que chaque fid√®le poss√®de.

      D'autres interpr√®tes, prenant le terme de foi dans le sens plus g√©n√©ral o√Ļ il d√©signe la pi√©t√©, la vie chr√©tienne, pensent que l'ap√ītre a en vue la nature et les qualit√©s diverses que cette foi prend chez les individus¬†: elle est pratique ou contemplative¬†; elle se montre par l'action, par la parole par la pens√©e¬†; √† chacun de conna√ģtre le caract√®re propre de sa foi. Ce sens ne nous para√ģt pas indiqu√© dans le contexte.

      4 A l'appui (car) de son exhortation √† rester dans le r√īle que nous assigne la mesure de foi qui nous est d√©partie, Paul montre l'analogie qu'il y a entre les chr√©tiens unis dans une communaut√© et les membres du corps.

      La comparaison de l'Eglise avec le corps humain se retrouve développée et appliquée dans 1Corinthiens 12, comparez aussi Ephésiens 4. Ici elle sert de transition à l'exhortation suivante qui porte sur la fidélité avec laquelle chacun doit employer le don qu'il a reçu, pour l'utilité commune et en vue de l'unité du corps.

      Il faut bien remarquer que nous ne sommes un seul corps qu'en Christ, qui est le Chef, la tête, et que c'est par une communion vivante avec lui que les croyants deviennent tous (grec) un à un, chacun individuellement, membres les uns des autres.

      6 La construction de ces versets est difficile √† comprendre √† cause de la vivacit√© et de l'extr√™me concision du langage de l'ap√ītre. Essayons de donner une id√©e de la forme dans laquelle il jet√© sa pens√©e. Il omet tout verbe pour √©noncer uniquement les dons et la mani√®re de les pratiquer.

      La période entière dépend du participe : or, ayant des dons différents (comme les membres du corps ont des onctions diverses).

      Plusieurs exégètes et éditeurs rattachent ce participe au verbe précédent : nous sommes un seul corps en Christ, tous membres les uns des autres, mais en ayant des dons différents.

      Paul énumérerait dans la suite ces dons différents, en indiquant la sphère dans laquelle chacun s'exerce. On peut objecter :

      1¬į que l'antith√®se √† l'unit√© du corps est d√©j√† exprim√©e √† verset 5 "nous qui sommes plusieurs," et que ce verset a ainsi un sens complet par lui-m√™me¬†;

      2¬į que l'exhortation de verset 3, √† nous limiter selon la mesure de la foi qui nous est d√©partie, domine tout ce passage, que ce n'est donc pas arbitrairement que l'on pr√™te √† l'ap√ītre l'intention d'inviter ses lecteurs √† employer comme ils le doivent les dons qu'ils ont re√ßus et qu'il √©num√®re¬†; les compl√©ments¬†: selon la mesure de la foi, (verset 6) dans le minist√®re, (verset 7) etc., ne se comprennent que s'il a cette intention d'exhorter ses lecteurs √† bien employer leurs dons¬†; √† verset 8, en particulier, la note de l'exhortation est clairement donn√©e.

      Il est donc naturel de sousentendre le verbe : exerçons les, après le participe : ayant des dons différents.

      Les dons (grec charismes, du mot charis, gr√Ęce) sont communiqu√©s par le Saint-Esprit et re√ßus par la foi¬†; nous les poss√©dons selon la gr√Ęce qui nous a √©t√© donn√©e.

      A verset 3, Paul appelait son apostolat la gr√Ęce qui m'a √©t√© donn√©e¬†; ici il applique cette expression au minist√®re que tout membre de l'Eglise exerce dans son sein. Soit l'√©num√©ration de ces dons.

      Chacun est accompagné d'un complément circonstanciel qui indique la manière ou la sphère de son emploi. Soit la prophétie : si c'est le don de prophétie que nous avons reçu, exerçons-le selon la mesure de la foi.

      Le prophète, c'est celui qui "parle, édifie, exhorte, console," (1Corinthiens 14.3) sous l'inspiration de l'Esprit. Dieu lui accorde des révélations pour qu'il en fasse part à ses frères. Il doit, pour montrer sa modestie et ne pas sortir des limites qui lui, sont assignées, prophétiser (grec) selon l'analogie de la foi. Le mot analogie ne se trouve qu'ici dans le Nouveau Testament ; il signifie proportion, correspondance.

      D'anciens interpr√®tes ont entendu par la foi la croyance, la doctrine re√ßue dans l'Eglise¬†; le proph√®te devrait se conformer √† cette doctrine. Mais le mot foi n'a jamais cette signification chez Paul¬†; il est toujours pris au sens subjectif de confiance, sentiment religieux, conviction. Cette confiance n'est pas sans objet¬†; elle s'attache √† J√©sus-Christ et √† son Ňďuvre r√©demptrice¬†; n√©anmoins la foi est, avant tout, un sentiment personnel.

      On peut d√®s lors se demander si la foi qui doit servir de r√®gle au proph√®te c'est la sienne ou celle de ses auditeurs. Dans ce dernier cas, l'ap√ītre inviterait le proph√®te √† ne point troubler ceux qui l'√©coutent par des r√©v√©lations ou des exhortations qu'ils ne seraient pas en √©tat de recevoir ou de suivre.

      Mais il nous semble plus probable, vu la ressemblance des expressions, qu'il répète, en l'appliquant spécialement à ceux qui ont le don de prophétie, la recommandation de verset 3 : se limiter selon la mesure de la foi que Dieu a départie à "chacun ;" que le prophète se garde de dépasser cette mesure en affichant, par orgueil, une assurance qu'il ne possède pas vraiment !

      - Soit un minist√®re¬†: si nous avons un minist√®re, exer√ßons-le dans les limites de ce minist√®re, sans en sortir pour √©tendre, par vaine ambition, notre activit√© √† d'autres domaines¬†: que l'ancien n'aspire pas √† jouer le r√īle de proph√®te, que le diacre n'empi√®te pas sur les fonctions de l'ancien.

      Quelques historiens invoquent cette recommandation pour prouver qu'il y avait d√©j√† dans l'Eglise de Rome des charges r√©guli√®rement institu√©es. On leur objecte que, dans tout ce passage, il s'agit de dons (verset 6) plut√īt que de charges, que l'ap√ītre a en vue des activit√©s spontan√©ment exerc√©es par des membres de l'Eglise. Cependant l'√©num√©ration de ces multiples fonctions et la recommandation faite √† ceux qui les remplissent de se borner chacun √† sa t√Ęche nous paraissent supposer une organisation plus ou moins arr√™tes.

      Le terme de ministère (grec diaconie) peut s'appliquer aux fonctions des anciens et des évêques, aussi bien qu'à celles des diacres. Ceux qui exercent un ministère, ce sont ceux qui servent l'Eglise dans une activité pratique, tandis que les prophètes la servent par la parole. (comparez 1Pierre 4.11)

      8 - Soit celui qui enseigne (la construction change¬†: au lieu de la fonction, celui qui la remplit), qu'il se renferme dans l'enseignement, s'y consacrant tout entier. Le docteur ne re√ßoit pas de nouvelles r√©v√©lations, comme le proph√®te, son r√īle est d'exposer les v√©rit√©s d√©j√† connues.

      - Soit celui qui exhorte, qu'il se renferme dans l'exhortation. D'apr√®s 1Corinthiens 14.3, on pourrait croire qu'exhorter est la mission du proph√®te¬†; il ressort de la distinction faite ici par l'ap√ītre que l'on peut exhorter sans avoir le don de proph√©tie.

      - Que celui qui donne, (grec) qui transmet, qui fait part de ses biens aux indigents, (Ephésiens 4.28) le fasse avec simplicité, sans que "sa main gauche sache ce que fait sa main droite," sans s'élever dans le sentiment de sa générosité.

      - Que celui qui pr√©side le fasse avec z√®le. Il s'agit de celui qui est √† la t√™te d'une entreprise charitable, ( 3.8) plut√īt que de celui qui dirige une Eglise¬†; (1Thessaloniciens 5.12) cela ressort de la place donn√©e √† cette exhortation, entre celle qui concerne la bienfaisance et celle qui a trait √† l'exercice de la mis√©ricorde. Celui-ci doit √™tre pratiqu√© avec joie, avec cet empressement et cette bienveillance qui sont n√©cessaires pour rendre du courage aux pauvres et aux afflig√©s.

      9 9 à 21 Le chrétien dans ses relations individuelles avec ses frères en la foi et avec ses ennemis.

      Après avoir montré que le chrétien doit être au sein de l'Eglise comme membre du corps de Christ et dans l'exercice du don qui lui a été confié (versets 3-8) Paul passe à des préceptes sur les rapports du chrétien avec les hommes pris individuellement, qu'ils soient ses frères ou ses ennemis.

      La charité, l'amour chrétien, pour être sans hypocrisie, ne doit pas, comme l'amour mondain, se chercher lui-même dans les autres en les flattant, en aimant et en tolérant chez eux le mal.

      Il doit avoir le mal en horreur même dans les êtres les plus chers, et s'attacher fortement (grec étant collés) au bien, pour le faire triompher en eux et dans le monde.

      De la charit√© l'ap√ītre fait d√©couler toutes les exhortations qui suivent et qui, de verset 9 √† verset 13, ne forment qu'une seule phrase, ainsi con√ßue dans l'original¬†: "Abhorrant le mal, √©tant coll√©s au bien¬†; quant √† l'amour fraternel, pleins d'affection les uns pour les autres..."

      10 Le devoir de faire passer les autres avant soi, de les estimer plus que soi, en toute circonstance, est motivé par l'estime, que chacun doit avoir pour son frère.

      Ailleurs, Paul donne ce précepte tout semblable : "Que chacun estime l'autre comme plus excellent que soi même." (Philippiens 2.3 ; comparez Luc 14.7-10 et surtout 1Timothée 1.15).

      11 Grec : Quant au zèle, à l'empressement à rendre service, point paresseux.

      Un actif dévouement pour les autres est un fruit du véritable amour.

      Quant √† l'esprit, fervents (grec br√Ľlants, bouillants), comparez Apocalypse 3.15,16.

      L'esprit, c'est l'être spirituel de l'homme, que l'Esprit de Dieu pénètre pour le rendre vraiment fervent.

      D'autres traduisent¬†: soyez br√Ľlants par l'Esprit de Dieu.

      - Servant le Seigneur. Dans toutes les manifestations de notre amour pour nos frères, et spécialement dans l'activité et la vie de l'esprit, c'est le Seigneur que nous devons avoir en vue (Colossiens 3.23,24) et l'accroissement de notre vie spirituelle dépend de notre fidélité à le servir, à lui obéir en tout.

      - Une variante de D, etc. qui donne la le√ßon re√ßue en Occident jusqu'√† J√©r√īme, porte¬†: servant le temps.

      Luther a suivi cette variante dans sa traduction. Meyer, Godet, Zahn et d'autres considèrent cette leçon comme le texte primitif ils estiment que la formule courante : servant le Seigneur, a été substituée à l'expression : servant le temps, qui ne se trouve pas ailleurs.

      Temps et Seigneur ne diffèrent en grec que par une lettre.

      Si temps, occasion, est le mot employ√© par l'ap√ītre, il a voulu dire¬†: saisissez les occasions qui vous sont offertes de vous employer avec ferveur au service de vos fr√®res, ou encore¬†: sachez vous soumettre aux circonstances favorables ou d√©favorables, quand vous voulez faire du bien au prochain.

      12 Si la vraie foi chrétienne produit l'amour, (versets 9-11) elle est inséparable aussi de l'espérance.

      Dans notre vie actuelle, il y a plus de sujets de tristesse que de motifs de joie ; (Jean 16.33) mais quant à l'espérance, le chrétien peut toujours être joyeux, car il sait que l'avenir lui appartient, qu'il va au-devant de l'affranchissement de toute souffrance et de l'éternelle félicité. (1Thessaloniciens 5.16 ; 1Pierre 1.8)

      De là aussi pour lui le moyen d'être patient ou persévérant dans l'affliction. (Jacques 5.11)

      Abandonné à ses propres ressources, il succomberait, mais il puise la vraie force dans la prière, il doit seulement s'y montrer persévérant. (Actes 1.14 ; Luc 18.1)

      13 Deux fruits qui procèdent de la même racine, la charité.

      Grec : Prendre part aux nécessités, à tous les besoins des saints, de nos frères en Christ. Comparer 1Jean 3.17.

      D et quelques majuscules portent : "Prenant part aux souvenirs des saints".

      - Certains interprètes entendent cette exhortation de la contribution à la collecte que Paul faisait en faveur des chrétiens de Jérusalem (Romains 15.25, suivants ; 1Corinthiens 16.1 ; 2Corinthiens 8.1-7 ; Actes 24.17).

      Mais il n'y a pas d'autre indice que Paul ait associé les chrétiens de Rome à cette manifestation de reconnaissance qu'il provoqua de la part des Eglises de Grèce et d'Asie Mineure. C'est restreindre arbitrairement le sens de ce précepte tout général.

      - Exer√ßant l'hospitalit√© (grec poursuivant l'hospitalit√©). L'accomplissement de ce devoir avait une grande importance dans l'Eglise primitive, car il n'y avait pas dans les villes de l'antiquit√© d'h√ītelleries o√Ļ les chr√©tiens pussent loger sans s'exposer √† divers inconv√©nients. De l√† les fr√©quentes recommandations concernant l'exercice de l'hospitalit√©. (Romains 16.2¬†; 1Timoth√©e 3.2¬†; 5.10¬†; 1.8¬†; H√©breux 13.2¬†; 1Pierre 4.9¬†; comparez Actes 16.15).

      Aujourd'hui encore, il faut saisir les occasions, les faire na√ģtre au besoin, de remplir ce devoir chr√©tien¬†; il faut, en un mot, poursuivre l'hospitalit√©. Il peut en r√©sulter de grandes b√©n√©dictions, ce ne sont pas les patriarches seuls qui "ont log√© des anges sans le savoir." (H√©breux 13.2)

      14 Ce pr√©cepte, que l'homme naturel ne saurait accomplir, devient un besoin du cŇďur chez celui en qui l'Esprit de Christ habite. (Matthieu 5.44¬†; Luc 23.34)

      L'ap√ītre reviendra, dans versets 18-21, sur ce fruit de la charit√©.

      15 Ce qui donne au chrétien le plus de pouvoir sur les autres pour leur faire du bien, c'est une profonde sympathie, qui le fait vivre en eux, l'associant à leurs joies et à leurs pleurs.

      Les multitudes qui se pressaient sur les pas de Jésus étaient attirées à lui parce qu'elles sentaient en lui cette sympathie. "Il était touché de compassion," telle est la remarque que les évangélistes répètent à plus d'une reprise.

      - Quelqu'un dira¬†: l'ap√ītre a raison de recommander de pleurer avec ceux qui pleurent, mais pourquoi prescrit-il de se r√©jouir avec ceux qui sont dans la joie¬†? qu'y a-t-il l√† de si grand¬†? C'est oublier qu'il y a plus de renoncement dans cette derni√®re disposition que dans la premi√®re. Pleurer avec ceux qui sont dans le malheur, la nature humaine y suffit¬†: o√Ļ est le cŇďur de pierre qui en soit incapable¬†? Mais voir un homme dans le bonheur et non seulement ne pas lui porter envie, mais se r√©jouit avec lui, c'est un sentiment que Dieu doit nous inspirer. Aussi Paul place-t-il ce pr√©cepte avant l'autre.

      - "Rien ne nous unit autant √† nos fr√®res dans l'amour que de partager leur douleur et leur joie. C'est pourquoi, si m√™me tu n'es expos√© √† aucun danger, ne te refuse pas √† la sympathie, prends part aux larmes de ton fr√®re, afin d'all√©ger le fardeau de sa douleur¬†; prends part √† sa joie, afin de la rendre plus grande. Quand Il verra que tu ne regardes pas de mauvais Ňďil son bonheur, il t'aimera d'un amour plus fort. L'ap√ītre ne te demande pas l'impossible. Tu ne peux adoucir le malheur de ton fr√®re¬†? porte-lui tes larmes et tu le soulageras. Tu ne peux augmenter son bonheur¬†? porte-lui ta joie et tu lui auras beaucoup donn√©." Chrysostome.

      16 Grec : Pensez une même chose les uns envers les autres.

      On interprète en général ce précepte : Vivez en bonne intelligence.

      C'est l'id√©e de Romains 15.5. o√Ļ l'ap√ītre emploie une autre pr√©position. Dans notre passage il veut plut√īt dire¬†: poursuivez un m√™me but d'amour chacun chez son prochain, soyez pr√©occup√©s des int√©r√™ts mat√©riels et spirituels les uns des autres. Comparer le pr√©cepte de J√©sus, Matthieu 7.12.

      Pour penser avant tout aux int√©r√™ts d'autrui, il faut √™tre humble¬†; aussi l'ap√ītre continue-t-il¬†: (grec) "Ne pensez point aux choses hautes, mais laissez-vous emmener avec les humbles," c'est-√†-dire consentez √† frayer avec ceux qui sont de condition inf√©rieure¬†; regardez-les comme vos √©gaux, ne vous arr√™tez pas aux distinctions sociales.

      Les humbles sont des hommes de situation modeste. On pourrait entendre le mot grec des choses humbles, par opposition aux choses élevées.

      Mais l'image renfermée dans le verbe : laissez-nous emmener avec, rend la première interprétation plus naturelle.

      - L'importance donn√©e aux diff√©rences de castes et l'esprit de coterie sont entretenus par l'orgueil, par la haute opinion que nous avons de nous-m√™mes. Le m√©pris de nos fr√®res plus humbles na√ģt de la fausse id√©e que nous n'avons pas besoin d'eux, que nous pouvons nous suffire √† nous-m√™mes.

      De l√† ce dernier pr√©cepte¬†: Ne soyez point sages √† vos propres yeux, ne pr√©sumez pas de vous-m√™mes, rappelez-vous que vous avez besoin des plus petits de vos fr√®res, que l'un doit compl√©ter l'autre. (Comparer Romains 11.25,Proverbes 3.7¬†; Esa√Įe 5.21)

      17 Dans les pr√©ceptes de versets 17-21, l'ap√ītre montre la charit√© qui nous fait triompher de l'hostilit√© de nos ennemis en nous apprenant √† les supporter (versets 17-19) et √† leur faire du bien. (versets 20-21)

      Ne rendez à personne le mal pour le mal. Le livre des Proverbes (Proverbes 20.22) donne déjà ce précepte, puis il ajoute : "Espère en l'Eternel et il te délivrera," exprimant la pensée que Paul développe dans les versets 19-21. Comparer 1Thessaloniciens 5.15.

      - Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. Le chr√©tien s'efforce d'avoir une bonne conduite avant tout pour plaire √† Dieu¬†; mais il doit se pr√©occuper aussi de l'opinion de ses semblables et t√Ęcher d'obtenir leur approbation. Les hommes jugent de la v√©rit√© d'apr√®s la vie de ceux qui la professent. (comparez 2Corinthiens 8.21¬†; Actes 24.16¬†; 1Pierre 2.12¬†; 3.16)

      C'est dans la m√™me pens√©e que l'ap√ītre ajoute l'exhortation de verset 18.

      18 Comparer Hébreux 12.14.

      La tournure hypothétique de ce précepte prouve que son accomplissement n'est pas toujours possible.

      J√©sus d√©clarait qu'il √©tait "venu apporter, non la paix, mais l'√©p√©e¬†;" (Matthieu 10.34) et lui qui √©tait "doux et humble de cŇďur" a d√©cha√ģn√© contre sa personne les haines les plus violentes.

      Mais ses disciples doivent, pour autant que cela dépend d'eux, avoir la paix avec tous les hommes, être toujours animés de dispositions pacifiques et s'appliquer à faire régner la paix dans toutes leurs relations avec le prochain. (Matthieu 5.9 ; Marc 9.50)

      19 Le chrétien montrera qu'il est vraiment animé de sentiments pacifiques, en renonçant à se faire justice à lui-même.

      Ne vous faites point justice à vous-mêmes, mais laissez agir la colère (grec donnez lieu à la colère) il faut suppléer : de Dieu, à qui seul il appartient d'exercer une juste rétribution. (Romains 2.5) A l'appui de ce précepte, Paul invoque Deutéronome 32.35, cité librement.

      L'hébreu porte : "A moi la vengeance et la rétribution."

      L'attitude qui est prescrite au chrétien n'implique pas chez lui une satisfaction indirecte du désir qu'il pourrait avoir d'être vengé par la punition de celui qui l'a offensé.

      L'ap√ītre ne propose pas √† ses fr√®res de faire de Dieu l'ex√©cuteur de leurs vengeances, et de se r√©jouir √† la pens√©e du ch√Ętiment terrible qui atteindra leurs ennemis quand ils tomberont sous les coups de la justice divine.

      Son exhortation tend au contraire √† bannir de leur cŇďur tout ressentiment toute haine. S'il en appelle √† la col√®re de Dieu, √† la justice divine, qui doit avoir le dernier mot, c'est, d'une part, pour donner satisfaction √† ce besoin l√©gitime de justice, qui est froiss√© par l'obligation de toujours c√©der au m√©chant, et, d'autre part, pour r√©pondre √† l'objection suivante¬†: l'esprit de support, de pardon, de charit√©, que l'Evangile pr√™che, n'aura-t-il pas pour effet d'encourager les m√©chants et d'assurer le triomphe des violents¬†?

      Remets ta cause √† l'Eternel, dit l'ap√ītre au chr√©tien offens√© et l√©s√©¬†: il veille sur toi et ne permettra pas que tu deviennes d√©finitivement la proie du m√©chant, il r√©tablira, mieux que toi, l'ordre troubl√© par les iniques. Son r√®gne, qui est le r√®gne de la justice, doit l'emporter ici bas et dans l'√©ternit√©. (Psaumes 73.1,2Pierre 3.13)

      20 Ce n'est pas assez pour le chrétien de ne pas se faire justice à soi-même, il doit rendre le bien pour le mal.

      - Mais si...est la leçon de Sin., B. A.

      Le sens est : loin de te venger, si l'occasion se présente de faire du bien à ton ennemi, profites-en. Quelques documents, suivis par le texte reçu, portent : si donc...La liaison avec ce qui précède serait, dans ce cas : tu ne dois pas te venger ; par conséquent, saisis l'occasion de faire du bien à ton ennemi ; ce sera le meilleur moyen de montrer que tu es affranchi de toute rancune.

      Le passage de l'Ancien Testament dans lequel Paul trouve l'expression de sa pensée et dont il emploie les termes, sans les introduire par une formule spéciale, est Proverbes 25.21,22, cité d'après les Septante.

      L'h√©breu porte¬†: "Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain √† manger¬†; s'il a soif, donne-lui de l'eau √† boire, car tu lui amasses des charbons ardents sur la t√™te." Cette √©nergique image, qui √©nonce le motif de la conduite prescrite, ne signifie pas¬†: tu attireras ainsi sur lui un jugement d'autant plus s√©v√®re de la part de Dieu, ce serait en opposition directe avec la pens√©e de l'ap√ītre, aussi bien qu'avec celle des Proverbes¬†; mais au contraire¬†: la chaleur p√©n√©trante d'un amour si inattendu fera na√ģtre dans sa conscience les douleurs salutaires de la repentance et consumera en lui la m√©chancet√© et la haine. L'exp√©rience est d'accord avec cet enseignement.

      21 Tu surmonteras le mal par le bien si, en rendant le bien pour le mal, tu transformes une relation d'hostilit√© en une relation d'amour. Et si m√™me tu n'obtiens pas ce r√©sultat, tu ne te seras pas laiss√© surmonter par le mal, ce qui aurait √©t√© le cas si tu avais √©t√© entra√ģn√©, par le mal que tu as souffert, √† faire le mal, c'est-√†-dire √† te venger.

      Tandis que, si tu restes ferme dans le bien, qui est le pardon des offenses et l'amour, le bien triomphe du mal en toi ; et tu concours, pour ta part, à son triomphe final dans le monde.

      Il est √† remarquer, en effet, que l'ap√ītre ne dit pas¬†: "Ne te laisse point surmonter par le m√©chant, surmonte le m√©chant par le bien." Les deux fois il √©crit¬†: le mal.

      - Ainsi, de toutes mani√®res, le chr√©tien sort victorieux de la lutte¬†; car ses armes sont spirituelles et non charnelles¬†; sa victoire est la victoire de Dieu. Comme son Ma√ģtre, il triomphe en c√©dant, et m√™me en succombant. (Matthieu 5.5)

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