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Romains 2

    • 1 2¬†:1 √† 3¬†:8 Les Juifs.

      Chapitre 2.

      En introduisant la suite de son argumentation par c'est pourquoi, Paul d√©duit du jugement qu'il vient de formuler sur les pa√Įens, (Romains 1.32) la culpabilit√© sans excuses des Juifs.

      Si les pa√Įens ne peuvent invoquer comme circonstance att√©nuante leur ignorance, puisqu'ils connaissent la sentence de mort prononc√©e par Dieu sur les p√©cheurs, le Juif, bien mieux instruit de la volont√© divine, est, √† plus forte raison, inexcusable quand il d√©sob√©it √† cette volont√© et commet les m√™mes choses qu'il condamne chez les pa√Įens.

      L'ap√ītre ne d√©signe pas encore les Juifs par leur nom, il veut m√©nager leurs pr√©jug√©s et leur susceptibilit√©¬†; aussi ne sont-ils nomm√©s qu'en verset 9, bien que d√®s cette premi√®re apostrophe il s'adresse √† eux et non, comme on l'a pr√©tendu, √† des pa√Įens exempts des vices √©num√©r√©s dans Romains 1.24-32, et port√©s √† condamner ceux qui s'y adonnaient.

      Les Juifs, en effet n'en √©taient pas venus √† approuver les p√©ch√©s des pa√Įens¬†; (Romains 1.32) ils les jugeaient au contraire dans leur orgueil pharisa√Įque¬†; mais en jugeant autrui, ils se condamnaient eux-m√™mes, puisqu'ils commettaient les m√™mes p√©ch√©s. (Matthieu 7.1)

      2 Sin., C portent : car, au lieu de or (ou mais).

      - Nous savons...Paul en appelle à la conscience de tout homme.

      Le jugement de Dieu est selon la v√©rit√©¬†; il est conforme √† la conduite de l'homme il n'admet pas les dispenses et les privil√®ges sur lesquels les Juifs comptaient comme membres du peuple √©lu. Dieu regarde au cŇďur¬†; il ne fait pas acception de personnes.

      - D'autres traduisent : "Le jugement de Dieu atteint vraiment, infailliblement, ceux qui commettent de telles choses."

      3 Si le Juif, qui appartient au peuple de l'Alliance et qui est, comme tel, l'objet particulier de la patience de Dieu, s'endurcit dans le péché et refuse de se convertir, loin d'échapper au jugement de Dieu, il encourra une condamnation plus certaine.
      4 La bont√© de Dieu s'est manifest√©e par tous ses bienfaits envers Isra√ęl¬†; son support, par la patience dont il a us√© envers ce peuple rebelle¬†; sa longanimit√©, par le d√©lai de ses ch√Ętiments, sp√©cialement apr√®s que les Juifs eurent crucifi√© son Fils.

      Les Juifs se vantaient d'avoir été les objets de la bonté, du support, de la longanimité de Dieu.

      Paul reconna√ģt qu'il en a √©t√© ainsi¬†; mais au lieu de voir dans ce fait un gage de la faveur immuable de Dieu, il le pr√©sente √† son peuple comme un supr√™me appel √† la repentance.

      Malheur au Juif qui m√©conna√ģtrait plus longtemps l'intention mis√©ricordieuse de Dieu et ne se sentirait pas pouss√© √† la repentance par la bont√© m√™me que Dieu montre √† son √©gard.

      - Au lieu de repentance, on pourrait traduire conversion ; le terme grec désigne un changement d'esprit, de dispositions morales.

      5 Ce jugement de Dieu est voilé aux yeux de la plupart des hommes.

      La justice divine semble incomplète et souvent il est impossible de la discerner dans la destinée actuelle des peuples comme des individus.

      Au jour de la r√©v√©lation du juste jugement de Dieu, tout voile sera √īt√©, tout nuage dissip√©.

      6 Comparer : Romains 14.12 ; 2Corinthiens 5.10 ; Galates 6.7 ; Matthieu 12.36,37 ; Jean 5.28,29.

      La destinée finale de l'homme dépendra de sa valeur morale. Cette redoutable vérité n'est pas en contradiction avec la justification par la foi seule, car celle-ci conduit à la sanctification. (Voir la note suivante et celle de verset 13)

      7 Les versets versets 7-10 sont destinés à développer le principe que Paul a exprimé à verset 2 : le jugement de Dieu est pour tous, Juifs ou Grecs, "selon la vérité," et qu'il confirme au verset 11 en disant : "devant Dieu il n'y a pas d'acception de personnes".

      Il ne s'agit encore que du principe universel de la justice de Dieu et de la responsabilité de l'homme, et nullement du moyen par lequel l'homme peut arriver à un état de justice et de sainteté, qui lui permette de subsister devant Dieu.

      L'ap√ītre, √† moins de se mettre en contradiction avec tout son enseignement, et en particulier avec ce qu'il expose plus loin dans cette √©p√ģtre, ne peut vouloir dire qu'il y a des hommes qui, sans l'Evangile, et en s'appliquant par leurs propres forces √† la pratique des bonnes Ňďuvres, parviennent √† la vie √©ternelle.

      Il d√©clare seulement que de l'√©tat moral de l'homme qu'il soit Juif ou Grec de race, d√©pendra la sentence prononc√©e sur lui au jour du jugement. Plus loin, il dira ce que Dieu a fait dans sa gr√Ęce Pour rendre l'homme p√©cheur acceptable devant lui.

      En attendant, il oppose à l'esprit de dispute, au stérile savoir théologique, au désir d'avoir toujours raison, à l'orgueilleuse propre justice de ces Juifs qui se croyaient assurés de leur salut, alors qu'ils désobéissaient à la vérité et obéissaient à l'injustice, (Romains 1.18 ; 1Pierre 4.17) une invariable persévérance dans le bien, comme condition indispensable pour obtenir la récompense céleste et avoir part à la vie éternelle. (1Corinthiens 6.9,10)

      C'est aussi ce que fait Jacques, (Jacques 1.22-27 ; 2.14-26) et le Sauveur lui-même (Matthieu 19.16 et suivants ; Luc 10.25 et suivants).

      - Grec¬†: Par (ou en) pers√©v√©rance de bonne Ňďuvre. La pers√©v√©rance dans le bien (Romains 15.4,1Thessaloniciens 1.3¬†; 2Corinthiens 1.6) est oppos√©e √† ces √©lans passagers dont les plus mauvais sont capables, mais qui s'arr√™tent bient√īt et ne portent pas de fruits.

      L'Ňďuvre bonne n'est pas seulement une Ňďuvre conforme √† la loi, mais une Ňďuvre dont les motifs sont purs et qui est inspir√©e par la foi, sans laquelle il n'est pas possible d'√™tre agr√©able √† Dieu. (H√©breux 11.6)

      "Quand l'ap√ītre dit que les fid√®les, en pers√©v√©rant en bonnes Ňďuvres, cherchent gloire et honneur, il n'entend pas qu'ils aient pour leur but autre chose sinon le Seigneur, ou qu'ils d√©sirent quelque chose plus haute et plus excellente que lui. Mais ils ne peuvent pas le chercher, que quant et quant ils ne pr√©tendent et s'efforcent de parvenir √† la b√©atitude de son royaume, de laquelle les mots ici mis contiennent une description." Calvin.

      Paul, comme J√©sus luim√™me, (Jean 5.44) oppose √† la recherche de la vaine gloire qui vient des hommes, cette idole du pharisa√Įsme, la recherche de la gloire qui vient de Dieu seul.

      - Dans la locution¬†: "affliction et angoisse sur toute √Ęme d'homme qui fait le mal," l'√Ęme serait sp√©cialement mentionn√©e, suivant les uns, comme si√®ge de la sensibilit√© ou comme base de la personnalit√©¬†; suivant d'autres, toute √Ęme d'homme serait un h√©bra√Įsme √©quivalant √† "tout homme".

      - Le ch√Ętiment et la r√©compense sont destin√©s au Juif premi√®rement, puis au Grec, de m√™me que la pr√©dication de l'Evangile du salut. (Romains 1.16)

      Le Juif jouit d'une prérogative comme membre du peuple élu, mais il encourt aussi une plus lourde responsabilité en vertu du principe posé par Jésus dans Luc 12.47,48. (Comparer Amos 3.2)

      12 Ceux qui auront péché (grec) sans loi, c'est-à-dire sans avoir de loi écrite.

      L'ap√ītre pense √† la loi mosa√Įque, car les Juifs ont √©t√© seuls parmi les peuples √† avoir la loi de Dieu par √©crit et r√©unie en un code. Comme cette loi n'a pas √©t√© confi√©e aux gentils, ceux-ci ne pourront √™tre jug√©s d'apr√®s elle.

      Mais ils ont une autre loi, celle de la conscience, (versets 14,15) et Dieu s'est r√©v√©l√© √† eux dans ses Ňďuvres. (Romains 1.19-21)

      Leur endurcissement dans le p√©ch√©, en pr√©sence de tels moyens de conna√ģtre Dieu, sera la cause de leur condamnation¬†: ils p√©riront.

      L'ap√ītre ne dit pas qu'ils "seront jug√©s," parce que leur perdition ne sera pas l'effet d'une sentence directe prononc√©e d'apr√®s une loi positive. Mais, en toutes circonstances le salaire du p√©ch√©, c'est la mort.

      En admettant cette dure vérité que l'expérience confirme, il ne faut pas oublier toutefois qu'il y a devant Dieu divers degrés de culpabilité, dont il sera tenu compte au jour du jugement. (comparez Matthieu 11.20-24 ; Luc 12.47,48)

      - Ceux qui auront p√©ch√© en ayant la loi, grec en loi, c'est-√†-dire sous le r√©gime de la loi, seront jug√©s par la loi, pr√©cis√©ment par cette loi de Mo√Įse dont les Juifs se glorifiaient, (comparez versets 17-20) s'imaginant qu'il suffisait de la poss√©der et de la conna√ģtre pour √™tre juste devant Dieu. (verset 13)

      Le m√™me ap√ītre qui enseigne avec tant d'insistance que nul ne sera justifi√© par les Ňďuvres de la loi affirme avec non moins d'√©nergie l'obligation absolue pour l'homme de mener une vie conforme aux pr√©ceptes de cette loi dont il rel√®ve √† tout propos la saintet√© inviolable. (comparez Matthieu 5.17-19)

      13 Grec : Les auditeurs...les faiseurs de la loi...

      Les Juifs, dans leurs synagogues, entendaient lire la loi chaque sabbat, mais cela ne suffisait pas pour qu'ils fussent justifiés.

      L'homme qui aurait observ√©, dans toute sa saintet√©, la loi divine qui condamne jusqu'aux pens√©es et aux mouvements coupables du cŇďur, serait sans doute juste devant Dieu, mais cet homme, o√Ļ est-il¬†? L'ap√ītre r√©pond √† cette question √† Romains 3.9,10.

      En se contentant d'entendre lire la loi, en la d√©pouillant de ses exigences les plus hautes, en la r√©duisant √† quelques pr√©ceptes de morale vulgaire, les Juifs ont pu s'imaginer qu'ils seraient justifi√©s par les Ňďuvres de la loi¬†; et beaucoup de chr√©tiens ont partag√© la m√™me illusion (Galates 3.10 et suivants)

      D'autres interpr√®tes n'admettent pas que Paul fasse une supposition irr√©alisable quand il dit¬†: ceux qui mettent en pratique la loi seront justifi√©s. Ils remarquent que l'ap√ītre emploie le futur et non le conditionnel. Ils voient donc ici la pr√©diction d'un fait qui se produira au jour du jugement.

      "La justice imput√©e au croyant en vertu de sa foi est le point de d√©part et la base de l'Ňďuvre du salut¬†; mais la saintet√© r√©alis√©e en doit √™tre le terme et le couronnement¬†: l'une est la porte d'entr√©e dans l'√©tat de gr√Ęce¬†; l'autre est la condition du passage de l'√©tat de gr√Ęce √† l'√©tat de Gloire." Godet.

      Mais l'Evangile ne proclame-t-il pas l'enti√®re gratuit√© du salut final lui-m√™me¬†? S'il fallait avoir mis en pratique la loi pour √™tre justifi√©, ceux qui acceptent la gr√Ęce √† la onzi√®me heure pourraient-ils avoir l'assurance de leur salut¬†? Et d'autre part, la saintet√© parfaite, que suppose la mise en pratique de la loi tout enti√®re, est-elle r√©alisable ici-bas¬†? (Comparer versets 6-10, notes.)

      14 Les interprètes sont divisés sur la manière dont on doit rattacher verset 14 à ce qui précède.

      Calvin et beaucoup d'autres pensent que les versests versets 14-16 sont destinés à prouver l'assertion de verset 12 "Ceux qui auront péché sans la loi périront aussi sans la loi."

      Paul voudrait justifier cette sentence prononc√©e sur ceux √† qui la volont√© de Dieu n'avait pas √©t√© sp√©cialement r√©v√©l√©e. Il fonde la responsabilit√© des pa√Įens sur les avertissements de leur conscience, comme il l'avait fond√©e d√©j√† (Romains 1.18-21) sur la connaissance qu'ils pouvaient acqu√©rir de Dieu au moyen de ses Ňďuvres.

      La plupart des interpr√®tes modernes relient les versets 14-16 √† verset 13, les uns √† la premi√®re affirmation de ce verset, les autres √† la seconde, d'autres enfin √† toutes les deux¬†: il ne suffit pas de poss√©der la loi, il faut la pratiquer, pour √™tre justifi√©¬†; c'est ce que prouve l'exemple des pa√Įens qui pratiquent naturellement la loi, ils l'ont donc √©crite dans le cŇďur, et ils seraient justes devant Dieu, si la seule possession de la loi donnait la justice, au contraire, ils sont jug√©s par leur conscience suivant qu'ils ont ou non accompli la loi.

      Que signifieraient ces jugements int√©rieurs, s'il suffisait de conna√ģtre ou de poss√©der la loi pour √™tre sauv√©¬†?

      - La conjonction que nous traduisons par lorsque implique en grec une nuance que l'on pourrait exprimer par : "à supposer que cela arrive".

      Paul ne dit pas : les gentils, mais des gentils. Enfin, il ne dit pas qu'ils pratiquent "la loi" (comme au verset 27, voir la note), mais (grec) les choses de la loi, ce qui peut s'entendre d'un accomplissement partiel.

      Ils les font naturellement (grec par nature), c'est-à-dire spontanément, sans commandement écrit. Ils montrent ainsi qu'ils ont au-dedans d'eux le sentiment du juste et de l'injuste, mais cela ne veut pas dire qu'ils remplissent parfaitement et toujours les ordres de la voix intérieure.

      Néanmoins, puisqu'ils lui obéissent, ces hommes qui n'ont point la loi, sont eux mêmes leur propre loi, grec ceux-là, n'ayant pas de loi, sont loi pour eux mêmes.

      15 Ils montrent en effet... Il y a en grec un pronom relatif qu'on pourrait traduire : "eux, qui montrent..."

      L'Ňďuvre de la loi, c'est le contenu de la loi dans son unit√©, toute la conduite que la loi prescrit, tandis que "les choses de la loi," (verset 14) c'√©taient les pr√©ceptes de la loi dans leur multiplicit√©.

      - Grec : Leur conscience rendant témoignage avec (de ce qui est juste ou injuste) et leurs pensées (ou réflexions) accusant ou aussi défendant entre elles.

      La conscience est cette voix intérieure qui ne cesse jamais entièrement de témoigner en faveur de la vérité et de la justice, alors même que l'homme parvient à l'affaiblir, à l'obscurcir, en lui résistant, et à la fausser par ses sophismes.

      Elle rend t√©moignage avec, c'est-√†-dire¬†: son t√©moignage est d'accord avec le fait que le gentil accomplit les pr√©ceptes de la loi¬†; elle concourt avec lui √† prouver que l'Ňďuvre de la loi est √©crite dans son cŇďur.

      Les pens√©es sont les conclusions que la raison tire des avertissements de la conscience¬†; par elles, l'homme en tant√īt accus√©, tant√īt aussi, mais plus rarement disculp√©, quand il juge ses actes.

      "Paul en appelle √† ces discussions dont le cŇďur du pa√Įen lui-m√™me est le th√©√Ętre et qui ont pour objet ses propres actes...Ses pens√©es elles-m√™mes d√©battent entre elles sur la valeur morale des actes et de leur auteur. Il y a l√†, dans le cŇďur, un tribunal dress√©, un avocat qui accuse, un autre qui r√©pond, tout cela au nom d'un code lu, compris et appliqu√© comme le texte de la loi dans les d√©bats des rabbins." Godet.

      D'autres entendent les expressions dont se sert l'ap√ītre non d'un d√©bat int√©rieur, mais d'entretiens dans lesquels les pa√Įens discutaient entre eux la valeur morale de leurs actes.

      16 Entre verset 15 et verset 16 la construction est brisée, en sorte qu'il est difficile de savoir à quoi l'on doit relier verset 16.

      Plusieurs interprètes font des versets versets 14,15 une parenthèse et rattachent verset 16 à verset 13, ou aux dernières paroles de verset 12.

      Nous pensons plut√īt que la mention du jour o√Ļ Dieu jugera, accompagn√©e de l'indication sp√©ciale que ce Jugement portera sur les Ňďuvres secr√®tes (grec choses cach√©es) des hommes, est en relation dans la pens√©e de l'ap√ītre, avec le tableau de la lutte que se livrent dans le cŇďur du pa√Įen les pens√©es qui, tour √† tour, l'inculpent et le disculpent. (verset 15)

      Actuellement, cette lutte n'appara√ģt pas aux regards. Mais au jour du jugement, quand tous les secrets seront d√©couverts, on verra combien elle a √©t√© r√©elle, et suffisante pour √©tablir la responsabilit√© des pa√Įens.

      Nous indiquons ce rapport en introduisant dans la traduction les mots¬†: c'est ce qui appara√ģtra, qui ne sont pas dans le texte.

      En √©non√ßant les id√©es qui se pressent dans son esprit, Paul a omis ce membre de phrase, l'ellipse ne nous para√ģt pas trop forte pour √™tre admissible.

      D'autres interpr√®tes √©tablissent la relation entre verset 15 et verset 16 en affirmant qu'il ne s'agit pas, √† verset 16, du jugement dernier, mais du Jugement moral exerc√© dans les cŇďurs par la pr√©dication de l'Evangile, quand elle trouve de l'√©cho dans les consciences et y provoque ce d√©bat entre les pens√©es que d√©crit verset 15.

      Ils invoquent deux raisons en faveur de leur explication :

      1¬į Il n'y a pas dans le texte¬†: "le jour o√Ļ," mais¬†: "un jour que," ce qui √©quivaudrait √†¬†: "lorsque, toutes les fois que."

      2¬į Le verbe peut √™tre au pr√©sent, si on l'accentue diff√©remment (les plus anciens manuscrits ne portent pas d'accents). Le sens serait alors¬†: "Leurs pens√©es tant√īt les accusent, tant√īt aussi les d√©fendent, lorsque, selon mon Evangile, Dieu juge, par J√©susChrist, les choses cach√©es des hommes."

      Ce qui s'oppose √† cette explication, c'est que le terme¬†: "le jour" d√©signe toujours chez Paul le grand jour du jugement dernier¬†; l'omission de l'article ne lui √īte pas ce sens technique (1Corinthiens 5.5¬†; 4.3-5¬†; 1.8¬†; 3.13¬†; 1Thessaloniciens 5.4¬†; 2Thessaloniciens 1.10¬†; comparez Actes 17.31).

      - Le complément selon mon Evangile (comparez Galates 1.6-12 ; 2.2) se rapporte aux mots qui précèdent immédiatement : les choses cachées des hommes.

      L'enseignement de Paul, en abolissant la circoncision et les pratiques rituelles, qui √©taient un √©l√©ment essentiel de la justice l√©gale des Juifs, faisait porter le jugement de Dieu uniquement sur les dispositions du cŇďur, sur les faits de la vie morale.

      Si l'on relie le compl√©ment selon mon Evangile soit √†¬†: Dieu jugera, soit √†¬†: par J√©sus-Christ, il faut donner √† l'expression mon Evangile un sens plus g√©n√©ral¬†: l'Evangile que je pr√™che en qualit√© d'ap√ītre, et qui est aussi celui des autres ap√ītres. Car l'id√©e que Dieu jugera le monde par J√©sus-Christ √©tait une croyance commune aux chr√©tiens d'origine juive et aux disciples de Paul.

      Mais le sens sp√©cial que Paul donne ailleurs √† l'expression¬†: mon Evangile, peut amener √† penser qu'il oppose au l√©galisme formaliste des Juifs, qui se glorifiaient de leur loi et de leurs pratiques ext√©rieures, (verset 17 et suivants) cette affirmation, qui est bien un trait essentiel de sa conception du salut¬†: Dieu regarde au cŇďur. Il jugera les Ňďuvres secr√®tes des hommes.

      Cette application nous para√ģt recommand√©e par l'ordre des mots, dans le texte grec, et par le rapport que nous avons cru pouvoir constater entre verset 16 et verset 15.

      17 La construction de la phrase qui comprend les versets versets 17-24 est irrégulière : il n'y a pas de proposition principale qui réponde à la subordonnée introduite par : or, si.

      D'après quelques interprètes, Paul aurait formulé cette proposition principale dans verset 21 et suivants, et l'aurait introduite par donc, en oubliant qu'il avait commencé la phrase par or, si.

      Il nous semble plut√īt que les versets versets 21-24 expriment encore les pr√©misses du raisonnement et que la conclusion est sous entendue apr√®s verset 24.

      Cette conclusion, que Paul juge oiseux de formuler, est¬†: "Tu seras condamn√©, au jour du jugement, aussi bien que le pa√Įen."

      Les prémisses de la conclusion sont constituées par une double énumération, celle des privilèges dont se glorifie le Juif (versets 17-20) et celle des contrastes qu'il y a entre ses prétentions et sa conduite. (versets 21-24)

      Ces versets versets 17-24 développent le principe énoncé à verset 13, dans son application spéciale aux Juifs.

      A verset 17, Paul énumère les dons que le Juif a reçus : son nom glorieux de Juif ; la loi, signe manifeste de la faveur divine, sur laquelle il croit pouvoir se reposer ; Dieu enfin, dont il se glorifie, s'enorgueillissant dans la pensée que le Dieu qu'il invoque est le seul vrai Dieu.

      "A la gradation des trois substantifs, Juif, loi, Dieu, correspond celle des trois verbes : se nommer, se reposer, se glorifier." (Godet).

      18 Aux privilèges énumérés à verset 17, le Juif joint une supériorité de connaissance, qui en est la conséquence : tu connais la volonté de Dieu et (grec) tu éprouves les choses différentes, c'està-dire les choses qui diffèrent, les questions controversées de doctrine ou de morale, les partis qu'il faut prendre pour rester dans l'obéissance à Dieu, etc.

      D'autres traduisent¬†: "tu appr√©cies les choses les meilleures." Comparer Philippiens 1.10, o√Ļ le m√™me terme se retrouve.

      19 Tel est le r√īle que le Juif s'arroge en vertu de ses avantages et notamment parce qu'il pr√©tend avoir dans la loi la formule (grec la formulation) de la connaissance et de la v√©rit√©, c'est-√†-dire poss√©der la connaissance et la v√©rit√© formul√©es parfaitement, rev√™tues de leur forme d√©finitive.
      22 Le verbe que nous traduisons par s'approprier les dépouilles des idoles signifie proprement : "piller le temple".

      Quelques commentateurs l'appliquent au culte que les Juifs célébraient dans le temple de Jérusalem, et l'entendent soit des trafics illicites que les prêtres autorisaient par amour de l'argent, (Matthieu 21.12,13) soit des fraudes pieuses que le peuple commettait dans ses offrandes. (Malachie 2.8,12,14 ; 3.8)

      Mais ces infid√©lit√©s dans le service de Dieu pouvaient fort bien se concilier avec l'horreur des idoles. Or l'ap√ītre oppose celle-ci √† la pratique qu'il reproche aux Juifs.

      Les temples d√©pouill√©s doivent donc √™tre ceux des faux dieux. Les uns pensent qu'il s'agit d'attentats directs contre les sanctuaires pa√Įens (comparez Actes 19.37) d'autres estiment qu'il n'est pas prouv√© que les Juifs commissent de tels attentats, qu'en tout cas ils devaient √™tre rares, et que d'ailleurs ils √©taient inspir√©s pr√©cis√©ment par la haine des idoles.

      Paul fait donc probablement allusion au brocantage et aux manŇďuvres, plus ou moins frauduleuses, par lesquelles les Juifs entraient en possession d'objets provenant des temples pa√Įens. Leur horreur des idoles ne les emp√™chait pas de consid√©rer comme de bonne prise les objets pr√©cieux qui leur √©taient consacr√©s.

      24 Esa√Įe 52.5. Dans le texte h√©breu, ce sont les princes pa√Įens qui blasph√®ment le nom de l'Eternel en voyant son peuple exil√© et captif.

      D'apr√®s la version des Septante, c'est la conduite des Juifs en exil qui provoque les blasph√®mes des pa√Įens. Paul adopte ce dernier sens dans l'application qu'il fait ici de cette parole.

      Le nom de Dieu est blasph√©m√© parmi les pa√Įens, parce qu'ils croient que Dieu approuve les abominations commises par les Juifs. (Ez√©chiel 36.20-23)

      Redoutable conséquence des infidélités des croyants ! Que ce fait serve d'avertissement aux chrétiens ! (Romains 14.13 ; 1Timothée 6.1 ; 2.5)

      Les efforts des ennemis de Dieu nuisent moins à la cause de son règne que les fautes de ses serviteurs.

      25 Après verset 24, il faut sous-entendre : "Tu seras condamné au jour du jugement." Comparer verset 17, note.

      A cette conclusion se rapporte le car de verset 25 : la condamnation du Juif est certaine et justifiée, car, si la possession de la loi est impuissante à le sauver, (versets 17-24) la circoncision, cette autre prérogative dont il s'enorgueillit, ne peut non plus lui garantir le salut. (versets 25-29)

      Elle est utile, il est vrai, si tu observes la loi, (Galates 5.3) comme un signe de l'alliance de gr√Ęce. (Gen√®se 17.10-14)

      Mais si tu es transgresseur de la loi (grec), ta circoncision est devenue pr√©puce. Le Juif devient pareil au pa√Įen, bien qu'il porte le signe ext√©rieur de l'alliance. (J√©r√©mie 9.25,26)

      26 Grec : Si donc l'incirconcision observe...Et l'incirconcision par nature accomplissant la loi te jugera, toi le transgresseur de la loi avec (ou à travers) la lettre et la circoncision.

      Paul emploie le terme abstrait l'incirconcision, au lieu de l'incirconcis, parce qu'il énonce un principe. Il ajoute : par nature, parce que l'incirconcision a son excuse dans le fait qu'elle est l'état naturel.

      Le verbe au futur : te jugera, ne doit pas s'entendre du jugement dernier ; c'est un futur logique : s'il remplit la condition indiquée, l'incirconcis te jugera, c'est-àdire : en la remplissant, il affirmera sa supériorité morale, qui pourra recevoir sa confirmation éclatante au jour du jugement dernier. (comparez Matthieu 12.41,42)

      La supposition que fait l'ap√ītre, de gentils qui, sans √™tre circoncis, gardent les ordonnances de la loi, (comparez versets 14,15) a √©t√© r√©alis√©e par un Corneille (Actes 10) et d'autres pieux pros√©lytes, puis surtout par les pa√Įens convertis √† l'Evangile, (verset 29) comparer¬†: Philippiens 3.3,Matthieu 8.11,12.

      C'est eux que l'ap√ītre a ici en vue, et non plus seulement, comme √† verset 14, l'√©lite des gentils.

      Le sens g√©n√©ral de la pens√©e de l'ap√ītre est¬†: la circoncision ou l'incirconcision, en ellesm√™mes, ne sont rien¬†; l'ob√©issance aux commandements de Dieu est tout. (1Corinthiens 7.19¬†; Galates 5.6)

      L'homme s'obstine √† placer l'essence de la religion dans les Ňďuvres ext√©rieures tous les enseignements de l'Ecriture le ram√®nent au dedans, √† l'√™tre plut√īt qu'au faire, parce que le premier produit toujours le dernier, mais non l'inverse.

      29 Grec : Mais celui-là est Juif qui l'est dans le secret, et la circoncision est en esprit, non en lettre.

      Sur la circoncision du cŇďur, comparez dans l'Ancien Testament d√©j√†¬†: Deut√©ronome 30.6¬†; J√©r√©mie 4.14¬†; Ez√©chiel 44.7¬†; L√©vitique 26.41.

      Cette circoncision intérieure est (grec) dans l'Esprit et non dans la lettre, c'est-à-dire : sous le règne et par l'action de l'Esprit, qui caractérise la nouvelle alliance, et non sous le règne de la lettre, qui est celui de l'ancienne alliance.

      D'autres interpr√®tes pensent que Paul parle de l'esprit de l'homme comme du domaine dans lequel se fait la circoncision. Mais, avec ce sens, l'esprit ne ferait pas antith√®se √† la lettre, et Paul r√©p√©terait simplement l'id√©e exprim√©e par les mots¬†: la circoncision du cŇďur.

      D'autres encore estiment qu'il veut dire : "Selon l'esprit de la loi et non selon sa lettre."

      - "Ce qui se fait par l'Esprit, c'est tout ce que Dieu op√®re en l'homme d'une mani√®re surnaturelle¬†; ce qui se produit selon la lettre, c'est toute Ňďuvre d'homme, accomplie par la nature, sans l'Esprit de Dieu." Luther.

      - Ce contraste absolu¬†: chercher la louange des hommes ou celle de Dieu, indique l'exacte mesure de ce qui est ext√©rieur ou int√©rieur, vrai ou faux, vivant ou mort dans les Ňďuvres d'un homme. (Jean 5.44¬†; 12.43¬†; 1Corinthiens 1.31¬†; 2Corinthiens 10.18)

      La louange de Dieu deviendra manifeste au jour du jugement. (1Corinthiens 4.5)

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