Tite 2

    • 1 Chapitre 2.

      1 à 10 Comment Tite doit exhorter divers ordres de personnes.

      Comparer sur la saine doctrine, dans les √©p√ģtres pastorales, 1Timoth√©e 1.10, note.

      2 "Paul invite Tite √† recommander √† chaque √Ęge les vertus qui lui conviennent¬†; aux vieillards celles qu'ils doivent avoir comme chr√©tiens m√Ľris et ma√ģtres d'eux-m√™mes¬†; elles se r√©sument dans les trois vertus cardinales¬†: foi, charit√©, esp√©rance. (1Corinthiens 13.13¬†; 1Thessaloniciens 5.8) Si Paul substitue la patience √† l'esp√©rance, c'est que cela est bien appropri√© aux vieillards." K√ľbel.
      3 Cette recommandation a la même sens à peu près que dans 1Timothée 2.10.

      Les mots rendus par un extérieur convenable à la sainteté peuvent se rapporter également à la mise et à la conduite.

      Ils signifient littéralement : une tenue qui convient à des personnes consacrées, à des prêtres.

      Gr "enseignant ce qui est bon," par leur exemple. (1Timothée 2.12 ; comparez 1Timothée 3.11). C'est précisément l'inverse de 1Timothée 5.13.

      5 "Ne soit pas blasph√©m√©e," mais au contraire honor√©e. ( 2.10) Plus les mŇďurs √©taient corrompues dans l'√ģle de Cr√®te, plus il importait que les femmes chr√©tiennes, par une sainte conduite, √ītassent aux adversaires tout pr√©texte de calomnie.

      Dans cette pens√©e l'ap√ītre impose aux femmes √Ęg√©es le devoir sacr√© d'user de toute leur influence aupr√®s des plus jeunes, pour qu'il en soit ainsi dans les Eglises. ( 2.4)

      6 "Il rel√®ve pour les jeunes gens la seule vertu qui ait une importance d√©cisive pour leur √Ęge et leur caract√®re, la prudence, l'empire sur eux-m√™mes. Ils doivent prouver par leur vie qu'ils sont sous la discipline de l'Esprit et dominent la chair. Si cette vertu leur manque, toutes les Ňďuvres chr√©tiennes qu'ils pourront accomplir seront sans valeur." K√ľbel
      7 Grec : "dans la doctrine, de l'incorruptibilité," enseignant une doctrine non corrompue. ( 2.8 ; comparez 1Timothée 1.10, note.)
      8 L'adversaire (Grec : "celui qui vous est contraire"), n'ayant aucun mal à dire, saura bien en inventer, mais au moins faut-il que ce soit de sa part pure calomnie, et qu'il en ait la conscience.

      C'est là le plus beau et le plus puissant témoignage rendu à l'Evangile. ( 2.10)

      10 Tel est le grand et saint motif de toutes ses exhortations¬†; l'ap√ītre indique aux esclaves qui trouvaient dans leur triste condition bien des obstacles √† glorifier leur Dieu Sauveur.

      "Plus vile est la condition des esclaves, plus la description de leur piété est glorieuse." Bengel.

      Paul n'entre du reste pas, au sujet de l'esclavage, dans la question de principe. (Voir 1Corinthiens 7.21, note ; 1Timothée 6.1,2, note ; comparez Ephésiens 6.5-8)

      11 11 √† 15 La gr√Ęce de Dieu salutaire √† tous les hommes.

      Les belles paroles qui suivent ici les exhortations de l'ap√ītre en indiquent le motif tout-puissant, et c'est pourquoi il les lie √† ce qui pr√©c√®de par cette particule causative, car.

      En effet, la manifestation de la gr√Ęce salutaire de Dieu, de cette gr√Ęce qui renferme et communique le salut, ne peut avoir d'autre but final que la compl√®te sanctification de l'homme p√©cheur¬†; et ce but, elle l'atteint par degr√©s en tous ceux qui la re√ßoivent avec sinc√©rit√©¬†; car elle ne montre pas seulement ce but, elle ne l'impose pas seulement comme une t√Ęche l√©gale √† remplir, mais elle le fait aimer, et par l√† m√™me elle donne la force d'y parvenir. (Voir la note suivants)

      En disant que cette gr√Ęce est salutaire √† tous les hommes, l'ap√ītre ne fait que r√©p√©ter, en d'autres termes, ce qu'il a d√©j√† clairement enseign√© ailleurs, (1Timoth√©e 2.4¬†; 4.10) c'est-√†-dire que, dans l'intention de Dieu, sa gr√Ęce peut s'√©tendre √† tous, et que l'Ňďuvre de r√©demption qui nous l'a acquise est suffisante pour tous.

      Ou bien, par ces paroles, l'ap√ītre voulait-il simplement exprimer une autre pens√©e qui lui est famili√®re, savoir que la gr√Ęce de Dieu destine le salut, non seulement aux Juifs, mais √† tous les peuples indistinctement, et faudrait-il y voir une d√©claration contre le particularisme juda√Įsant, que les faux docteurs cherchaient √† relever dans les Eglises¬†? C'est possible.

      Et l'on exprimerait mieux encore cette pens√©e, si l'on traduisait ainsi ce verset¬†: "La gr√Ęce salutaire de Dieu est apparue √† tous les hommes," par la venue du Sauveur dans le monde et par la pr√©dication de son Evangile, qui soit s'√©tendre √† tous. Ce sens est adopt√© par plusieurs versions (Vulgate, la Bible anglaise, allemande, etc.)

      12 Grec : "Nous éduque." nous instruit, nous forme pour toute cette vie chrétienne dont Paul va indiquer les principaux traits.

      Aux convoitises mondaines, c'est-√†-dire aux convoitises qui r√®gnent dans le monde, et qui, si elles ne sont d√©racin√©es de notre cŇďur, nous font d√©sirer le monde, ses joies, ses biens.

      Grec : Que nous vivions sagement (ou prudemment, ou avec tempérance), et justement et pieusement.

      La temp√©rance, c'est-√†dire la mod√©ration, le d√©tachement, le renoncement, se rapporte √† nous-m√™mes¬†; la justice, qui renferme tous les principes de l'√©quit√©, de l'honn√™tet√©, de la droiture, s'applique ici aux hommes et √† nos relations avec eux¬†; la pi√©t√© exprime tous les rapports de l'√Ęme avec Dieu, la crainte et l'amour que nous lui devons, une communion intime avec lui. Ainsi, la gr√Ęce de Dieu doit produire une vie chr√©tienne compl√®te.

      - Ces mots : dans le siècle présent, qui représentent un temps si court, si incertain et si corrompu, font un contraste frappant avec l'attente signalée à 2.13.

      13 Cette expression¬†: attendre l'esp√©rance para√ģt contradictoire en soi, et d'ailleurs, l'esp√©rance, les chr√©tiens l'ont d√©j√†. Mais elle devient claire si l'on observe que ce mot esp√©rance est souvent employ√© pour l'objet de l'esp√©rance, que Paul d√©signe ici lui-m√™me "comme l'apparition de J√©sus-Christ." (Comparer Actes 24.15¬†; Galates 5.5¬†; Colossiens 1.5¬†; Romains 8.24)

      - Paul appelle bienheureuse cette espérance, parce qu'elle embrasse à l'avance toutes les félicités de la vie éternelle.

      Le sens de ces dernières paroles peut être sujet à quelque doute. Nous traduisons : l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et non : "du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ," comme le font plusieurs, parce que cette première version est plus conforme au texte grec. (Comparer Romains 9.5 note)

      Toutefois, le sens de nos versions ordinaires est possible, quoique peu probable. Du reste, cette question que ni la grammaire ni la dogmatique ne décident d'une manière absolue, se présente fréquemment en des passages tels que les suivants : 2Pierre 1.1 ; Jude 4 ; 2Thessaloniciens 1.12.

      Et si même dans les paroles qui nous occupent ici on voulait faire une distinction entre le grand Dieu et le Sauveur Jésus-Christ, ce texte n'en serait pas moins une preuve directe de la divinité de Christ, puisque la gloire de Dieu est sa gloire.

      - La position du chrétien ici-bas est en état d'attente : l'Eglise attend l'apparition de son Sauveur, qui sera aussi glorieuse pour le Seigneur lui-même et pour ses rachetés que sa première apparition avait été humble et remplie d'opprobres et de souffrances. (Comparer Philippiens 3.20,21)

      Cette pens√©e, cette attente habituelle est tout ce qu'il y a de plus propre √† d√©truire en nous "les convoitises mondaines," et √† y d√©velopper la vie chr√©tienne et sainte dont l'ap√ītre vient de retracer les principaux caract√®res. ( 2.12)

      14 Un peuple √©lu, distingu√©, qui lui appartienne en propre, comme Isra√ęl est souvent appel√© dans l'Ancien Testament. (Deut√©ronome 7.6¬†; Comparer 1Pierre 2.9,10)

      Cet adjectif ne se trouve qu'ici. Luther le traduit par cette périphrase : "un peuple pour sa propriété."

      Le but final de la r√©demption, ce qui a port√© le Sauveur √† se donner pour nous, est clairement expos√© dans ces paroles¬†: Nous racheter, nous purifier, se cr√©er un peuple particulier, z√©lateur des bonnes Ňďuvres. ( 2.3¬†; 8¬†; Eph√©siens 2.10)

      Et tout cela est produit par la manifestation de la gr√Ęce. ( 2.11,12)

      Une telle vie, riche de tous les fruits de cette gr√Ęce, est donc le seul signe certain que nous y avons part, et que nous appartenons √† J√©sus-Christ.

      15 Comparer 2Timothée 4.2.

      L'autorité ici recommandée, la seule dont dispose le serviteur de Jésus-Christ, c'est l'autorité de la sainte Parole de Dieu, se rendant elle-même témoignage dans la conscience de ceux qui l'écoutent. (Comparer Matthieu 7.29)

      N'en donne occasion à personne ; (1Timothée 4.12) car sans cela, même la Parole divine n'aurait aucune autorité dans ta bouche.

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