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1 Thessaloniciens 2

    • 1 Chapitre 2.

      1 à 12 Comment Paul exerça son apostolat à Thessalonique.

      Voir 1Thessaloniciens 1.9, note.

      Son entr√©e e√Ľt √©t√© vaine (Grec¬†: "vide"), si elle avait √©t√© sans fruits, sans r√©sultats¬†; (comparez 1Thessaloniciens 3.5¬†; Galates 2.2¬†; 1Corinthiens 15.10) ou si sa pr√©dication avait √©t√© en elle-m√™me sans force, en paroles seulement. (1Thessaloniciens 1.5¬†; comparez 1Corinthiens 15.14¬†; Eph√©siens 5.6)

      2 Paul mentionne des faits de son ministère bien connus par le livre des Actes. (Actes 16.22 et suivants ; Actes 17.1 et suivants)

      Pers√©cut√©, maltrait√© dans une ville, il ne se rendait dans une autre que pour y annoncer encore cet Evangile qui lui suscitait de nouveaux adversaires. Aussi le courage d'un tel d√©vouement est-il exprim√© ici trop faiblement par ces termes¬†: Nous pr√ģmes confiance en notre Dieu.

      Le mot grec, que la traduction ne peut rendre qu'imparfaitement, signifie plut√īt¬†: "Nous us√Ęmes hardiment de libert√© en notre Dieu," langage qui montre, √† la fois, l'√©nergie du sentiment qui le faisait agir et la source d'o√Ļ il tirait tant de force. Ce mot revient souvent dans le Nouveau Testament¬†; ainsi Actes 9.27¬†; Eph√©siens 6.20.

      - Sur ce terme l'Evangile de Dieu, voir Romains 1.1, note.

      3 Ou fraude. Tout dans les motifs, (versets 5,6) dans les doctrines prêchées et dans la manière de les annoncer, a été conforme à la pureté, à la sincérité, à la droiture du caractère chrétien.

      Entretenir cette conviction, cette confiance dans le cŇďur de ses lecteurs √©tait, de la part de l'ap√ītre, un moyen de les affermir dans la foi, et avant tout de rendre compte (car) de la sainte hardiesse dont il vient de parler. (verset 2)

      4 Sur ce contraste plaire aux hommes, plaire à Dieu, voir Galates 1.10, note.

      - Plaire √† Dieu seul est la cons√©quence n√©cessaire de ce double fait¬†: avoir √©t√© √©prouv√© de Dieu, et sentir constamment son cŇďur √©prouv√© par ce m√™me Dieu qui en conna√ģt tous les replis.

      C'est seulement à des hommes qui remplissent cette double condition que Dieu confie l'Evangile. (Comparer Galates 2.7)

      Nos versions ordinaires¬†: "approuv√©s de Dieu" ou "jug√©s propres," sont grammaticalement inexactes, mais ne s'√©loignent pas beaucoup de la pens√©e de l'ap√ītre¬†; car ce qui a √©t√© √©prouv√© par Dieu et trouv√© pur, est aussi approuv√© de lui.

      5 Jamais nous n'avons annonc√© des doctrines qui flattent les penchants corrompus du cŇďur de l'homme, mais au contraire des v√©rit√©s qui l'humilient et crucifient ses convoitises. C'est la marque √† laquelle on reconna√ģt surtout une vraie pr√©dication de la Parole de Dieu.

      Motifs intéressés qui se dissimulent sous des apparences de dévouement à la vérité. (Comparer 1Pierre 5.2)

      Paul en appelle, pour les paroles et la conduite, au t√©moignage des hommes, (comme vous le savez)¬†; pour les intentions du cŇďur, au t√©moignage de Dieu. (verset 10)

      6 Grec¬†: "Ayant le pouvoir d'√™tre en poids," comme ap√ītre de Christ.

      Ce mot peut signifier √™tre √† charge √† l'√Čglise, qui a le devoir de pourvoir √† la subsistance des serviteurs de Dieu. (Luc 10.7¬†; 1Corinthiens 9.3-14¬†; 1Timoth√©e 5.17,18)

      Plusieurs interpr√®tes adoptent ce sens √† cause de verset 9, o√Ļ se trouve le verbe √™tre √† charge, d√©riv√© du m√™me mot. Mais cette expression signifie aussi (comme notre tournure fran√ßaise avoir du poids) √™tre en honneur, en autorit√©. Ce dernier sens est pr√©f√©rable √† cause du contexte imm√©diat¬†: Paul n'a point cherch√© la gloire qui vient des hommes, et, bien qu'il e√Ľt eu le pouvoir d'user d'autorit√©, parce qu'il √©tait ap√ītre de Christ, il a pr√©f√©r√© "√™tre doux comme une nourrice qui prend un tendre soin de ses enfants." (verset 7)

      Ainsi, l'idée d'autorité s'accorde fort bien avec les paroles qui précèdent et l'image qui suit, tandis que le droit de recevoir son entretien est une pensée étrangère à l'ensemble. Paul ne la présente qu'à verset 9.

      7 Luther traduit : "Nous avons été maternel," ce qui est bien en harmonie avec cette belle et touchante image, dont notre version ne rend pas même toute la portée.

      Le mot que nous traduisons par prendre un tendre soin signifie proprement "une nourrice qui réchauffe (sur son sein) ses propres enfants."

      Cette tendresse para√ģtra plus frappante encore si l'on se souvient que l'homme qui l'√©prouve occupe la premi√®re place parmi les caract√®res forts et √©nergiques. (Comparer verset 8)

      8 Pathétique développement et application de l'image de verset 7.

      "La m√®re qui nourrit ses enfants montre un rare et merveilleux amour, car elle ne s'√©pargne ni travaux ni peines¬†; elle ne se refuse √† aucune sollicitude¬†; aucune assiduit√© ne la fatigue¬†; elle livre avec joie son propre sang √† son nourrisson. C'est de telles affections que l'ap√ītre fut rempli envers ses fr√®res de Thessalonique, et il d√©clare qu'il e√Ľt √©t√© pr√™t √† donner sa propre vie pour leur bien, parce qu'ils √©taient devenus ses bien-aim√©s (ainsi porte le grec). Il faut se le rappeler sans cesse¬†: quiconque veut √™tre mis au nombre des vrais pasteurs doit aimer les √Ęmes comme Paul les aimait, de sorte que le salut de l'√Čglise lui soit plus pr√©cieux que sa propre vie" Calvin.

      9 Ainsi agissait l'ap√ītre envers les chr√©tiens de Corinthe. (Comparer 1Corinthiens 4.12¬†; 9.6-12¬†; 2Corinthiens 11.9¬†; 12.14)

      D'autres fois, cependant, il acceptait des √Čglises ce qu'il lui fallait pour sa subsistance. (2Corinthiens 11.8¬†; Philippiens 4.10 et suivants) Dans l'une et l'autre mani√®re d'agir, il √©tait m√Ľ par des motifs de prudence chr√©tienne et par l'amour des √Ęmes.

      10 Saintement envers Dieu, justement envers les hommes, irréprochablement de toutes manières.

      On a le droit de parler ainsi quand on peut en prendre à témoin Dieu et les hommes, et c'est là un puissant témoignage en faveur de la vérité qu'on a prêchée. Et cela d'autant plus qu'il s'agit de croyants avec lesquels Paul avait été en rapport personnel, et qui avaient assez de discernement pour juger de sa vie.

      12 Comparer Actes 20.31.

      Avoir exhort√©, consol√© (ou encourag√©), conjur√© (Grec¬†: "rendant t√©moignage," Eph√©siens 4.17) chacun (verset 11) avec la tendresse d'un p√®re, c'est le seul moyen de pouvoir dire √† ceux qui p√©rissent¬†: "Je suis net du sang de vous tous." (Actes 20.26) Et cependant l'ap√ītre invoque aupr√®s de ses lecteurs un motif bien plus puissant encore, le devoir de se conduire d'une mani√®re digne du Dieu saint, et de la gloire √† laquelle il les appelle par l'Evangile.

      13 13 à 16 Comment les Thessaloniciens reçurent l'Evangile.

      Pour cela, pourquoi¬†? A cause de la mani√®re s√©rieuse, sainte, pleine d'amour et de d√©vouement dont il avait annonc√© l'Evangile, (versets 1-12) c'est pour cela qu'il en vient √† rendre gr√Ęce de ce que, de leur c√īt√©, les Thessaloniciens avaient re√ßu cette parole comme celle de Dieu m√™me.

      D'autres rapportent c'est pour cela aux derniers mots de verset 12 "qui vous appelle √† son royaume et √† sa gloire." Paul voudrait dire¬†: "Eu √©gard √† ce but glorieux de votre vocation, nous rendons gr√Ęces √† Dieu de ce que vous avez re√ßu l'appel qui vous √©tait adress√©."

      Grec¬†: "De ce que, recevant de nous la parole de l'ou√Įe de Dieu..." La parole de l'ou√Įe, ou parole entendue, c'est la pr√©dication de l'ap√ītre (ainsi Romains 10.16 suivants¬†; H√©breux 4.2)¬†; mais cette pr√©dication n'est pas de lui, elle est de Dieu, en l'autorit√© et par l'Esprit duquel Paul l'a pr√™ch√©e. Et c'est ainsi que les Thessaloniciens l'ont re√ßue. (Voir les paroles qui suivent.)

      Paul déclare que sa parole est véritablement la Parole de Dieu ; c'est pourquoi il peut ajouter que celui qui le rejette rejette Dieu et non pas un homme. (1Thessaloniciens 4.8) Mais comment les chrétiens de Thessalonique ont-ils reconnu en cette parole la Parole de Dieu, et pourquoi l'ontils reçue comme telle ? Parce qu'elle a agi avec efficace en eux qui ont cru. Ainsi la parole porte avec elle son propre témoignage, comme la lumière, comme la chaleur, comme la vie, comme toute autre force. (Comparer Actes 14.3)

      Or, une force qui a atteint le cŇďur, qui l'a converti √† Dieu, qui a r√©veill√© et purifi√© la conscience, en un mot, qui a transform√© tout l'√™tre en une nouvelle cr√©ature, cette force ne peut pas √™tre attribu√©e √† l'homme¬†; elle vient de Dieu.

      Aussi l'ap√ītre rend encore une fois gr√Ęces √† Dieu (comparer 1¬†:2) de cet effet de sa parole sur les Thessaloniciens, et montre ainsi qu'il ne consid√®re point leur conversion comme leur propre Ňďuvre, mais comme une Ňďuvre de Dieu. Paul en appelle souvent √† l'exp√©rience des chr√©tiens pour les affermir dans la foi ou les y ramener lorsque l'erreur les en a d√©tourn√©s, leur montrant qu'ils portent en euxm√™mes le t√©moignage de Dieu. (1Thessaloniciens 4.9¬†; 1Corinthiens 2.4,5¬†; 9.1-3¬†; Galates 3.1-5¬†; 2Corinthiens 1.21,22¬†; Romains 8.16)

      14 Voir 1Thessaloniciens 1.1, seconde note.
      16 Grec : "Jusqu'à la fin," jusqu'à l'extrémité.

      - Paul voit encore un sceau de l'Ňďuvre de Dieu dans le fait que les Thessaloniciens ont souffert pour J√©sus-Christ, et sont par l√† devenus semblables aux √Čglises de Jud√©e.

      En effet, c'est au milieu de pers√©cutions ex√©cut√©es par les autorit√©s pa√Įennes, par leurs propres compatriotes, agissant √† l'instigation des juifs, qu'ils ont re√ßu l'Evangile, (Actes 17.5 suivants) et l'on peut croire que ces pers√©cutions ne cess√®rent point avec le d√©part de l'ap√ītre. (1Thessaloniciens 3.3)

      - Celui-ci, √©mu de ce douloureux souvenir, condamne s√©v√®rement l'endurcissement de ces Juifs incr√©dules, pour que les Thessaloniciens ne s'√©tonnent pas d'√™tre les objets de leur haine. Il veut peut-√™tre aussi les pr√©munir contre les tentatives futures des chr√©tiens juda√Įsants qui voulaient incorporer les pa√Įens convertis au peuple juif et troublaient les √Čglises par des doctrines contraires au pur Evangile de la gr√Ęce de Dieu.

      C'est pourquoi il rappelle que, toujours oppos√©s √† la v√©rit√©, les Juifs ont mis √† mort le Seigneur, aussi bien que les proph√®tes, (Matthieu 23.30-34) et que, partout adversaires de Dieu (Grec¬†: "ne plaisant point √† Dieu") et ennemis des hommes, ils voudraient emp√™cher les messagers du salut de parler aux pa√Įens dont ils sont jaloux, parce que leur conversion renverse les barri√®res du nationalisme √©go√Įste et orgueilleux auquel ils ne veulent pas renoncer.

      Aussi l'ap√ītre peut dire que cet endurcissement obstin√© comble la mesure de leurs p√©ch√©s, et, dans le pressentiment douloureux de la ruine qui va fondre sur cette nation, il d√©clare que la col√®re (de Dieu) a atteint son dernier terme √† son √©gard. (Comparer une expression semblable dans Marc 3.26)

      Quand on se souvient du profond attachement de l'ap√ītre pour son peuple (Romains 9.1 et suivants¬†; Romains 10.1 et suivants), on con√ßoit ce que ces d√©clarations devaient lui co√Ľter¬†; mais il faut que la v√©rit√© de Dieu l'emporte sur tous les sentiments humains.

      17 17 √† 20 D√©sir de l'ap√ītre de revoir les Thessaloniciens.

      Il y a dans le grec un terme plus fort et plus tendre qui montre combien cette s√©paration lui est douloureuse¬†: "√©tant devenu orphelin loin de vous." Aussi ajoute-t-il que cette s√©paration n'est qu'ext√©rieure, et que, par le cŇďur, il est aupr√®s d'eux.

      - C'est avec ce verset qu'aurait d√Ľ commencer le troisi√®me chapitre, tout entier rempli de ces rapports personnels dont Timoth√©e fut l'interm√©diaire, et qu'il aborde maintenant.

      18 Paul restreint sa première affirmation : lui seul a fait cette double tentative de retourner à Thessalonique.

      Paul voulut probablement retourner à Thessalonique déjà pendant son séjour à Bérée, et nous savons qu'alors il dut poursuivre son voyage vers Athènes, à cause de la persécution qui s'acharnait sur ses pas. (Actes 17.13)

      La m√™me cause d'emp√™chement put se renouveler plus tard. Or, c'est √† Satan que Paul attribue cet emp√™chement, et √† bon droit. Ne venait-elle pas du prince des t√©n√®bres, cette haine qui partout poursuivait l'envoy√© de Dieu, s'effor√ßant d'an√©antir son Ňďuvre¬†?

      Paul pouvait, en dernier r√©sultat, voir dans ces √©v√©nements de sa vie la volont√© de Dieu qui domine sur tout, m√™me sur l'enfer¬†; mais la cause prochaine n'en restait pas moins r√©elle √† ses yeux, et ce qu'il dit en cette occasion renferme un s√©rieux enseignement pour tous les serviteurs de Dieu qui sont entrav√©s dans leur Ňďuvre.

      - Il n'y a, du reste, aucun rapprochement √† faire entre cette parole de l'ap√ītre et des passages tels que Actes 16.7.

      20 Cette effusion d'affection et de joyeuse esp√©rance devait faire sentir aux disciples de Thessalonique combien √©tait ardent le d√©sir de l'ap√ītre de les revoir (verset 18) et de les affermir dans la foi.

      - Sans doute le chr√©tien ne doit chercher son esp√©rance, son bonheur, sa couronne de gloire que dans son Seigneur et son Dieu, et Paul le savait bien¬†; (1Corinthiens 1.31¬†; 3.21) mais plus le fid√®le poss√®de ainsi toutes choses en son Sauveur, plus il peut jouir abondamment et purement des gr√Ęces que Dieu lui accorde.

      Or, quelle joie plus pure, quelle gloire plus grande pour un pauvre mortel, que de retrouver au dernier jour des √Ęmes amen√©es par son moyen √† la f√©licit√© des cieux¬†!

      - Selon la version d'Ostervald, √† laquelle il co√Ľte si peu d'omettre une particule souvent importante, Paul dirait aux Thessaloniciens seuls qu'ils seront sa joie et sa couronne et cela aurait pu affliger d'autres √Čglises. Mais non¬†; il dit¬†: vous aussi, indiquant par l√† qu'il attend la m√™me r√©compense d'autres de ses enfants en la foi. (2Corinthiens 1.14¬†; Philippiens 4.1)

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