Ephésiens 1

    • 1 Comparer Romains 1.1 et 1Corinthiens 1.1, note.

      - Saints est la désignation du caractère des chrétiens comme membres du peuple de Dieu. (1Pierre 2.9) et de leur destination finale. (Romains 1.7 ; Philippiens 1.1)

      Mais ils ne sont saints que parce qu'ils sont fidèles ou croyants, et que, par leur foi, ils sont en Jésus-Christ, c'est-à-dire dans une communion vivante et sanctifiante avec lui. (Colossiens 1.2)

      2 Comparez Romains 1. 7 ; 1Corinthiens 1. 3 ; 2Corinthiens 1. 2 note.
      3 Bénir Dieu, c'est le louer, le glorifier dans un sentiment d'adoration, de reconnaissance, d'amour. (2Corinthiens 1.3 ; 1Pierre 1.3 ; comparez Romains 9.5)

      - Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, désigne Dieu à la fois comme le Dieu et le Père de Jésus-Christ.

      Comme l'expression Dieu de Jésus-Christ n'est guère usitée dans le langage biblique, il serait conforme à l'esprit des auteurs sacrés de traduire : "Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur." Notre version, toutefois, est littérale, et cette désignation se retrouve sous la plume de Paul. (Ephésiens 1.17 et 2Corinthiens 11.31 ; comparez 1Corinthiens 15.24)

      Grec¬†: "Dans les c√©lestes," ce qui permet de suppl√©er, comme le font quelques traducteurs, entre autre Luther¬†: "biens c√©lestes" en place de "lieux c√©lestes." Ce dernier terme est pr√©f√©rable, parce qu'il a pour lui le t√©moignage d'autres passages de notre √©p√ģtre o√Ļ se trouve la m√™me expression. (Eph√©siens 1.20¬†; Eph√©siens 2.6¬†; 3.10¬†; 6.12)

      L'ap√ītre indique par l√† l'origine de toutes ces b√©n√©dictions dont il rend gr√Ęce √† Dieu¬†: elles viennent du ciel, dont tous les tr√©sors nous sont ouverts¬†; elles nous mettent en communion avec le ciel et avec tous les esprits c√©lestes qui contemplent la face de Dieu (comparez Eph√©siens 2.6) elles nous sont enfin conserv√©es dans le ciel, o√Ļ nous les poss√©derons un jour avec pl√©nitude. (Matthieu 6.20¬†; Colossiens 1.5¬†; 2Timoth√©e 1.12¬†; 1Pierre 1.4)

      - De l√† ce cri de reconnaissance et d'adoration par lequel Paul ouvre son √©p√ģtre¬†: B√©ni soit Dieu¬†!

      - Qu'on remarque ce contraste dans le m√™me mot¬†: B√©ni soit Dieu (passif), en paroles, c'est tout ce que peut l'homme. Qui nous a b√©nis (actif) par des faits, des b√©n√©dictions qui sont des gr√Ęces immenses, qui sont spirituelles, parce qu'elles √©manent de son Esprit.

      - Dans les paroles qui suivent, (Eph√©siens 1.4-14) l'ap√ītre √©num√®re ces b√©n√©dictions √©ternelles dans un v√©ritable chant de louanges, o√Ļ les pens√©es qui remplissent son cŇďur s'√©chappent avec une imp√©tuosit√© telle, que ces dix versets forment une seule phrase qu'aucun repos n'interrompt. (Remarque qui s'applique √©galement aux versets Eph√©siens 1.15-23)

      Le motif de cette adoration, la grande pens√©e de toute cette √©p√ģtre, c'est que Dieu, selon le conseil √©ternel de sa mis√©ricorde, a appel√© les pauvres pa√Įens de leurs profondes t√©n√®bres √† sa merveilleuse lumi√®re, √† sa communion, √† l'alliance de gr√Ęce, autrefois trait√©e avec son peuple.

      D'ordinaire Paul commence ses √©p√ģtres par des actions de gr√Ęces au sujet des b√©n√©dictions accord√©es aux Eglises particuli√®res auxquelles il √©crit¬†; mais ici, dans cette lettre encyclique et pastorale qu'il adresse √† diverses Eglises de ces vastes contr√©es pa√Įennes de l'Asie, son horizon s'√©tend, et la pens√©e du salut √©ternel de Dieu en J√©sus-Christ saisit son √Ęme d'autant plus vivement.

      De l√†, ces hauteurs c√©lestes o√Ļ il s'√©l√®ve d'entr√©e¬†; de l√†, ce style qui, press√© de redire les immenses mis√©ricordes de Dieu, surabonde et se pr√©cipite comme un torrent.

      4 A la base de toutes les b√©n√©dictions spirituelles qu'il va √©num√©rer, l'ap√ītre voit l'√©lection venant de Dieu, d√®s avant la fondation du monde. (Matthieu 25.34)

      D√®s le commencement, (2Thessaloniciens 2.13) bien avant la chute, Dieu avait arr√™t√© dans sa gr√Ęce le dessein de cette √©lection¬†; mais en Lui (en Christ, Eph√©siens 1.3), car Dieu n'a pu "aimer le monde" qu'en Celui qui, de tout temps, a concili√© dans sa personne et dans son Ňďuvre le contraste de la justice et de la gr√Ęce. (Comparer Romains 3.24-26, notes.)

      En lui, Dieu a élu ses enfants du sein d'un monde déchu ; car le commencement, le milieu et la fin du salut sont l'ouvrage de Christ, et c'est pour cela même que la vérité de cette élection éternelle est le plus ferme fondement de l'espérance et de la consolation des croyants.

      Ceux qui ne veulent point admettre cette doctrine si clairement r√©v√©l√©e dans les Ecritures (Romains 8.28-30¬†; 1Pierre 1.12) identifient l'√©lection avec l'action de la volont√© de Dieu de sauver l'humanit√©, et font ce terme synonyme de r√©demption ou de gr√Ęce en g√©n√©ral. Mais quelle violence faite au langage¬†!

      "On ne saurait nier que √©lire (litt√©r. choisir du milieu de) suppose des hommes qui ne sont pas √©lus, et qu'ainsi il ne soit ici question d'une pr√©destination des saints, mais sans qu'il y soit enseign√© une r√©probation des impies ou la doctrine d'une gr√Ęce irr√©sistible." Olshausen.

      D'autres admettent l'idée d'une élection, mais afin d'en chercher le fondement en l'homme et non en Dieu, ils prétendent que Dieu a élu ceux en qui il a prévu la foi, la sainteté.

      Mais que dit ici l'ap√ītre¬†? non que Dieu nous a √©lus parce que nous √©tions saints, mais afin que nous le devinssions. Devenir saints et irr√©pr√©hensibles devant lui (en sa pr√©sence, √† ses yeux, √† son jugement), tel est le but de l'√©lection¬†; (comparez 1Pierre 1.1,2) et c'est par l√† m√™me que Dieu, tout en assurant la persistance et la perfection de son Ňďuvre en nous, lie notre responsabilit√© et met dans une pleine harmonie la parfaite libert√© de sa gr√Ęce et l'indispensable ob√©issance de sa cr√©ature morale.

      - Les derniers mots de ce verset, dans l'amour, peuvent se lier √† ce qui pr√©c√®de ou √† ce qui suit¬†: dans le premier cas, ils indiquent notre amour comme l'√©l√©ment o√Ļ s'accomplit la sanctification¬†; dans le second cas, ils r√©v√®lent l'amour de Dieu comme la cause de son √©lection¬†: (Eph√©siens 1.5) en son amour nous ayant pr√©destin√©s...Les plus fortes raisons militent en faveur de cette derni√®re construction.

      5 Grec : "Nous ayant déterminés d'avance pour l'adoption en vue de soi par Jésus-Christ, selon le bon plaisir (ou la bienveillance) de sa volonté." (Voir sur l'adoption Romains 8.15 ; Galates 4.5, et sur les mots prédestiner ou déterminer d'avance Romains 8.29)

      Non content d'avoir cherch√© en Dieu seul la cause unique de notre salut, l'ap√ītre ajoute¬†: par J√©sus-Christ, en qui seul nous devenons enfants de Dieu¬†; et encore¬†: selon le bon plaisir de sa volont√©.

      Ces derniers mots n'expriment pas seulement l'amour de Dieu dans cet acte, car l'ap√ītre a d√©j√† indiqu√© cette source premi√®re du salut, mais bien la souverainet√© de sa volont√©, (Matthieu 11.26¬†; Luc 10.21) √† l'exclusion de tout motif qu'il aurait trouv√© en l'homme p√©cheur.

      6 "Il nous a rendus agr√©ables (ou graci√©s) dans le Bien-aim√©" est une expression qui indique admirablement le rapport dans lequel Christ nous met avec Dieu¬†: lui seul est le Bien-aim√© du P√®re¬†; en lui Dieu nous rend sa gr√Ęce, en sorte qu'il nous voit en Christ avec le m√™me amour qu'il a pour Christ lui-m√™me. Et puisque tout cela vient de Dieu, il manifeste ainsi la louange de la gloire de sa gr√Ęce.

      Tel est le but qu'il se propose en nous, et auquel nous devons concourir par toute notre existence dans le temps et dans l'éternité. (Comparer 1Pierre 2.9)

      - D'apr√®s une variante il faudrait traduire simplement¬†: "Sa gr√Ęce qu'il nous a accord√©e en son Bien-aim√©."

      7 Comparer Colossiens 1.14. Apr√®s avoir cherch√© dans le conseil √©ternel de la mis√©ricorde de Dieu la cause de la gr√Ęce (Eph√©siens 1.4,5) et indiqu√© son effet et son but, (Eph√©siens 1.6) l'ap√ītre nous apprend ici, en paroles fort claires, quel en a √©t√© le moyen efficace¬†: le sang de Christ, c'est-√†-dire sa mort expiatoire, son sacrifice.

      Par ce sacrifice nous avons la r√©demption, le rachat¬†; il a √©t√© la ran√ßon de nos √Ęmes. (Matthieu 20.28¬†; Romains 3.24¬†; 1Corinthiens 6.20¬†; Galates 3.13¬†; 1Timoth√©e 2.6¬†; H√©breux 9.12¬†; 1Pierre 2.24) Il a accompli et r√©alis√© ce que tous les sacrifices de l'ancienne alliance ne faisaient que pr√©figurer. (Comparer Romains 3.24, note.)

      La r√©mission des p√©ch√©s (Grec¬†: "offenses, chutes,") est le premier fruit de la r√©demption par le sang de Christ, appropri√©e personnellement √† l'homme p√©cheur. Elle lui procure la r√©conciliation avec Dieu, la paix¬†; elle lui rend l'acc√®s √† toute la richesse de la gr√Ęce divine.

      Cette rémission des péchés, accordée à celui qui se repent et qui croit en Jésus-Christ, doit se renouveler sans cesse dans le cours de la vie chrétienne, pour que les offenses involontaires de l'enfant de Dieu ne troublent pas sa communion et sa paix avec son Père céleste. Il faut ainsi que la rédemption par le sang de Christ nous soit constamment appliquée, que nul n'oublie la purification de ses anciens péchés, sans quoi il retomberait dans l'insensibilité morale, l'endurcissement ou la propre justice. (2Pierre 1.9)

      8 Dieu, dit l'ap√ītre, a fait abonder envers nous la richesse de sa gr√Ęce (dont le centre est le pardon des p√©ch√©s), en toute sagesse et intelligence.

      Par le premier de ces mots, on doit entendre la pleine connaissance qu'il nous a donn√©e de lui-m√™me, de son salut, de notre √©tat moral, de nos rapports nouveaux avec lui¬†; (Eph√©siens 1.9,10) c'est toute une sagesse divine, rempla√ßant la sagesse humaine. Par le second, Paul d√©signe plut√īt une vue claire et s√Ľre de la vie, du monde, de la ligne de conduite que nous devons y suivre, en un mot, la sagesse pratique. (Comparer Colossiens 1.9)

      Mais la connaissance désignée par l'un et l'autre terme n'est pas purement intellectuelle, puisqu'elle nous est communiquée par la Parole de Dieu et par son Esprit, et que les objets de cette connaissance sont de nature à intéresser surtout nos facultés morales, qui doivent en être pénétrées et renouvelées (Comparer Ephésiens 1.17,18)

      9 Le mystère de sa volonté (c'est-à-dire le mystère voulu de lui), le salut éternel en Jésus-Christ, qui devait commencer par "le grand mystère de piété, Dieu manifesté en chair," est développé à Ephésiens 1.10.

      Nous faire conna√ģtre, ce myst√®re ce qui suppose toujours les moyens ext√©rieurs de la connaissance et l'illumination int√©rieure par le Saint-Esprit, est aussi bien un effet du bon plaisir de Dieu, que l'accomplissement m√™me de ce salut en J√©sus-Christ. (Romains 16.25, suivants¬†; Eph√©siens 3.4 suivants¬†; 6.19¬†; Colossiens 1.26)

      Et cet acte de la bienveillance divine était, comme tout le reste, résolu auparavant en lui-même, sans aucun égard aux mérites de l'homme pécheur. (2Timothée 1.9)

      - "S'il faut tant de lumi√®re et de sagesse pour bien conna√ģtre J√©sus-Christ, le grand myst√®re de la volont√© de Dieu, doit-on s'√©tonner qu'il soit si peu connu, puisqu'on s'applique si peu √† ces v√©rit√©s, et qu'on a si peu de soin d'en demander l'intelligence¬†?" Quesnel.

      10 Grec : "Selon son bon plaisir, qu'il avait résolu auparavant en luimême, (Ephésiens 1.9) pour l'administration (économie) de la plénitude des temps, de réunir (récapituler, résumer) toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux, et celles qui sont sur la terre, en lui-même." C'est ici l'un de ces passages de Paul difficiles à entendre, parce que l'immensité de la pensée rend les termes un peu vagues, à force de les généraliser.

      Il faut d'abord se rendre compte des mots mêmes, afin de mieux saisir l'idée.

      "Pour l'administration..." marque le terme, le temps o√Ļ Dieu devait ex√©cuter le myst√®re de sa volont√©, son bon plaisir, qu'il avait r√©solu en lui-m√™me. (Eph√©siens 1.9)

      Ce terme, ce but, c'est ce que l'ap√ītre appelle la dispensation ou l'administration de la pl√©nitude des temps, c'est-√†-dire l'administration que Dieu lui-m√™me prendrait en main quand les temps seraient accomplis. (Galates 4.4)

      Maintenant que faut-il entendre par cette administration ? Originairement, ce terme (économie) signifie le gouvernement, la gestion d'une maison et des biens qui lui appartiennent. (Luc 16.2)

      Paul emploie quelquefois ce mot en parlant de son propre ministère, de l'administration spirituelle qui lui a été confiée. (Ephésiens 3.2 ; 1Corinthiens 9.17 ; Colossiens 1.25) Il est l'économe, l'administrateur des mystères de Dieu. (1Corinthiens 4.1 ; comparez 1.7 ; 1Pierre 4.10) Ici, c'est à Dieu lui-même qu'est attribuée l'administration, parce qu'il s'agit des grands faits de la rédemption et de tous ses résultats jusqu'à la fin des siècles.

      Pour cette raison, les P√®res de l'Eglise grecque entendent par ce terme l'incarnation, le grand "myst√®re de pi√©t√©," √©videmment d√©sign√© ci-dessus, (Eph√©siens 1.9) il faut compl√©ter cette interpr√©tation en y ajoutant toute l'Ňďuvre de Christ. C'est par cette Ňďuvre enti√®re, en effet, que Dieu devait r√©unir toutes choses en Christ. Le verbe ici employ√© signifie r√©capituler, ou r√©sumer sous un seul chef.

      Un passage tout √† fait parall√®le de l'√©p√ģtre aux Colossiens (Colossiens 1.20) jette beaucoup de lumi√®re sur la pens√©e de l'ap√ītre¬†: "Et de r√©concilier toutes choses avec lui, ayant fait la paix par le sang de la croix." Tels sont le but et le moyen. Mais il reste la question la plus controvers√©e √† laquelle ces paroles aient donn√© lieu¬†: Qu'est-ce que ces toutes choses, tant celles qui sont au ciel, que celles qui sont sur la terre et qui doivent √™tre r√©unies en Christ¬†?

      Ces termes sont tellement universels, qu'ils font d'abord penser à la création tout entière (le neutre pluriel, ta panta, ne pouvant pas même se restreindre aux créatures intelligentes). Cette idée n'est point étrangère aux enseignements de l'Ecriture. (Romains 8.19, suivants ; Apocalypse 21.1) Tout doit être renouvelé et restauré en Christ, et ce sens se retrouve même dans le verbe composé que nous traduisons ici par réunir ou récapituler.

      Ensuite, comme il est évident que ce qui est sur la terre comprend avant tout les hommes pécheurs, de même ce qui est dans les cieux doit comprendre aussi en premier lieu, soit "les esprits des justes parvenus à la perfection," soit les intelligences célestes, les anges de Dieu.

      Mais quelle part les anges ont-ils en Christ ? D'abord, il est leur Chef aussi bien que celui de ses rachetés ; (Ephésiens 1.20,21) puis, quoiqu'ils n'eussent pas besoin de la rédemption qu'il a accomplie, ils y participent dans ce sens que, toute la famille de Dieu au ciel et sur la terre (Ephésiens 3.15) formant un ensemble plein d'harmonie et d'amour, tous les membres du corps souffrent lorsque quelques-uns souffrent, et tous prennent part à la guérison de ceux qui étaient malades, au recouvrement de ceux qui étaient perdus. (Ephésiens 3.10 ; Luc 15.7,10 ; 1Pierre 1.12 ; Hébreux 2.14 ; 12.22 ; Apocalypse 19.10)

      Aussi les chants de l'armée céleste furent-ils les premiers à célébrer la naissance du Sauveur. (Luc 2.13,14) La rédemption en Christ embrasse donc le ciel et la terre, rapprochés, réconciliés par le rétablissement d'une vie nouvelle, d'un royaume spirituel et éternel. C'est ainsi que, dans un royaume troublé par la révolte d'une province, tout le pays participe à la réconciliation des rebelles, puisqu'il en recueille le repos, la prospérité, et que tous s'unissent dès lors par le lien d'une même fidélité et d'un même amour pour leur prince.

      La pens√©e de Paul nous conduit-elle plus loin encore¬†? Faut-il suivre ceux qui voient dans ces paroles le r√©tablissement universel, le salut final, non seulement de tous les hommes, mais des anges d√©chus et de Satan lui-m√™me, qui seraient compris dans les choses qui sont dans les cieux¬†? (Comp Eph√©siens 6.12) A la rigueur, il faut le reconna√ģtre, les termes dont Paul se sert ici peuvent s'√©tendre jusque-l√†¬†; mais le passage parall√®le d√©j√† cit√© (Colossiens 1.20) nous ram√®ne au grand moyen de l'Ňďuvre de Christ, au sang de la croix, et l'Ecriture nous autorise-t-elle √† en √©tendre l'efficace jusqu'aux anges d√©chus, et √† affirmer que tous les hommes voudront ou pourront se repentir un jour pour venir y puiser la r√©conciliation¬†? Certaines d√©clarations de la Parole de Dieu semblent t√©moigner, h√©las¬†! du contraire.

      N'oublions pas cependant que toute domination doit enfin appartenir au Roi de gloire¬†; et que le jour doit venir o√Ļ "Dieu sera tout en tous." (1Corinthiens 15.28)

      11 En lui compl√®te la grande pens√©e de Eph√©siens 1.10¬†: en Christ aura lieu la r√©capitulation de toutes choses. Puis Paul ajoute une pens√©e nouvelle qui explique la participation des croyants √† cette grande Ňďuvre de Dieu.

      Les termes de cette pensée peuvent s'entendre de deux manières : "En qui nous sommes devenus son lot, son héritage," ou bien : "En qui nous avons obtenu le lot, l'héritage." Dans le dernier cas, ces mots font allusion au lot que reçurent les Israélites, par le sort, dans le partage du pays de Canaan, image de l'héritage céleste du racheté de Christ ; dans le premier sens, au contraire, c'est le peuple de Dieu lui-même qui est considéré comme l'héritage, la propriété de l'Eternel. (Deutéronome 9.26,29 ; 32.9)

      Les versets Eph√©siens 1.14,18 ci-dessous, et surtout Colossiens 1.12, o√Ļ revient la m√™me pens√©e, doivent faire pr√©f√©rer le second sens, c'est-√†-dire l'id√©e de la part √©chue au croyant. (Une variante, appuy√©e par de tr√®s fortes autorit√©s, mais non pr√©f√©rable pourtant au texte re√ßu, porte¬†: "En qui nous avons √©t√© appel√©s.")

      - Dans le reste du verset, l'ap√ītre insiste encore sur la pens√©e que le chr√©tien n'a part √† l'h√©ritage que par un effet de la libre gr√Ęce de Dieu. Et cette participation est expliqu√©e par une double action divine et souveraine¬†: l'une qui s'accomplit en Dieu m√™me, et par laquelle nous sommes pr√©destin√©s selon le dessein arr√™t√© de Dieu¬†; l'autre qui s'accomplit dans les croyants, dans lesquels c'est Dieu encore qui op√®re avec efficace (Grec¬†:) la foi, la conversion, toutes les choses qui concernent le salut et la vie chr√©tienne, selon le conseil de sa volont√©. (Eph√©siens 1.4,5,7,8)

      12 L'ap√ītre revient pour la seconde fois (comparez Eph√©siens 1.6) √† l'importante pens√©e que le but de l'√©lection des croyants est qu'ils servent √† manifester la gloire de Dieu, ses perfections, sa mis√©ricorde, sa saintet√©, son amour.

      On ne saurait trop souvent remettre cette sainte obligation sur la conscience des chrétiens.

      - Dans les derniers mots du verset, Paul d√©signe les Juifs (nous), qui ont d√©j√† esp√©r√© en Christ auparavant, d'apr√®s les promesses de Dieu¬†; puis, √† Eph√©siens 1.13, il s'adresse aux pa√Įens convertis (vous), qui ont re√ßu aussi en leur temps "l'Esprit de la promesse¬†;" les uns et les autres ont part √† l'h√©ritage (Eph√©siens 1.11) afin qu'ils glorifient Dieu. Il revient souvent dans cette √©p√ģtre √† ce parall√®le entre ces deux cat√©gories de croyants. (Eph√©siens 2.1-3 suivants¬†; Eph√©siens 1.17 suivants)

      D'autres interpr√®tes refusent de voir dans ces mots (nous, vous) un contraste √©tabli entre les Juifs et les pa√Įens, et ils traduisent¬†: "Nous qui avons esp√©r√© d'avance en Christ," c'est-√†-dire pour le jour de sa venue, o√Ļ nous le glorifierons. Cette opinion peut se soutenir, mais elle est moins conforme √† l'ensemble du texte.

      13 Telle est la part des pa√Įens convertis (vous aussi). Ils y ont √©t√© amen√©s par la Parole de la v√©rit√©. Parole divine, v√©rit√© divine, moyen tout-puissant de l'action de Dieu sur les √Ęmes. Et l'ap√ītre identifie cette parole avec l'Evangile du salut, cette bonne nouvelle qui renferme toutes les b√©n√©dictions spirituelles, tous les dons de la gr√Ęce gratuite de Dieu, dont l'ap√ītre a parl√© jusqu'ici.

      Grec¬†: "En qui aussi ayant cru¬†;" les uns rapportent ce relatif √† Christ, les autres √† l'Evangile. Par la foi le chr√©tien re√ßoit l'Esprit (l'Esprit de la promesse, c'est-√†-dire qui avait √©t√© promis), qui r√©g√©n√®re et qui est le sceau de Dieu pos√© sur cette √Ęme devenue sa propri√©t√©. (2Corinthiens 1.22)

      - On peut voir dans ce verset quels sont, pour le croyant, les deux fondements divins et inébranlables de son assurance du salut, les signes de son élection.

      D'une part, la PAROLE DE LA V√ČRIT√Č, l'Evangile du salut, le t√©moignage de Dieu¬†; d'autre part, LE SCEAU INTERIEUR DE L'ESPRIT DE DIEU , "rendant t√©moignage √† notre esprit que nous sommes enfants de Dieu." (Romains 8.16)

      Toute assurance qui ne repose pas sur ces deux témoignages divins inséparables, n'est qu'une trompeuse illusion.

      - On peut relever de m√™me quelle est l'Ňďuvre enti√®re du salut d'une √Ęme¬†: l'√©lection √©ternelle de Dieu le P√®re¬†; (Eph√©siens 1.4,11) le rachat par le sang de Christ¬†; (Eph√©siens 1.7) le sceau et la sanctification de l'Esprit. (Eph√©siens 1.13) Toute l'Ecriture est remplie de cette profonde r√©v√©lation du Dieu trois fois saint¬†; mais ceux-l√† seuls la re√ßoivent qui font de ce salut une exp√©rience vivante¬†; car ce myst√®re est inaccessible √† la sp√©culation.

      14 Grec¬†: "La r√©demption (ou d√©livrance) de la propri√©t√© acquise," c'est√†-dire le peuple de Dieu qui lui appartient en propre, parce que Christ l'a rachet√©. (Esa√Įe 43.21¬†; 2.14¬†; 1Pierre 2.9)

      Jusqu'à l'entière délivrance de ce peuple acquis, jusqu'à ce qu'il parvienne à la perfection, il a pour arrhes, pour gage assuré, l'Esprit saint. (Comparer 2Corinthiens 1.22, note.)

      "C'est cet Esprit saint qui met Dieu en possession de l'homme en cette vie, et qui doit mettre l'homme en possession de Dieu dans la vie future ; qui ébauche ici-bas les traits par lesquels les enfants sont rendus semblables à leur Père céleste, et qui finira ce portrait dans sa gloire ; qui commence ici leur délivrance de l'amour servile des créatures, et qui l'achèvera en les consommant dans l'amour et dans l'unité du Créateur. - Ce n'est pas sans raison que saint Paul nous annonce pour la troisième fois (Ephésiens 1.6,12,14) que Dieu est jaloux de sa gloire. Gardons-nous bien de la lui disputer, ou de ne la lui pas donner tout entière." Quesnel.

      15 15 à 23 Prière pour l'Eglise.
      16 Comme dans la plupart de ses lettres, l'ap√ītre commence par assurer √† ses lecteurs qu'ils sont les objets de ses actions de gr√Ęce et de ses pri√®res¬†: le sujet de sa vive reconnaissance pour eux, c'est, d'une part (c'est pourquoi), les immenses bienfaits de la gr√Ęce de Dieu qu'il vient d'√©num√©rer avec effusion de cŇďur, (Eph√©siens 1.3-12) et dont ses lecteurs aussi ont √©t√© enrichis¬†; (Eph√©siens 1.13,14) d'autre part, ce qu'il a appris sp√©cialement de leur foi et de leur charit√©, (Eph√©siens 1.15) les deux √©l√©ments constitutifs de la vie chr√©tienne. (Galates 5.6) L'objet de sa pri√®re, c'est qu'ils soient toujours plus √©clair√©s pour voir la grandeur de leur vocation (Eph√©siens 1.17-19) dans la grandeur de la gloire de J√©sus-Christ. (Eph√©siens 1.20-23)

      - Cette expression vague de Eph√©siens 1.15¬†: ayant entendu, ou appris, (comparez Colossiens 1.4) montre que cette √©p√ģtre ne saurait √™tre adress√©e aux Eph√©siens seuls, que l'ap√ītre connaissait si intimement par son s√©jour de plusieurs ann√©es au milieu d'eux. (Voir l'introduction.)

      17 Le Dieu de notre Seigneur J√©sus-Christ, le Dieu qui l'a envoy√©, ressuscit√©, glorifi√©, et qui reste √©ternellement son Dieu (1Corinthiens 3.23¬†; 15.28¬†; comparez ci-dessus Eph√©siens 1.3), est le seul vrai Dieu, le seul qui puisse √™tre notre Dieu¬†; (Jean 20.17 note) il est en m√™me temps le P√®re de gloire, Celui qui poss√®de la pl√©nitude de toutes les perfections infinies (Actes 7.2) et qui est pourtant uni √† nous par le lien le plus intime¬†; nous, ses enfants, nous pouvons tout lui demander dans nos pri√®res, comme le fait ici l'ap√ītre.

      L'ap√ītre sait que ceux √† qui il parle sont d√©j√† "scell√©s du Saint-Esprit," (Eph√©siens 1.13) et il demande que Dieu leur donne aussi un esprit qui pouvait manquer encore √† plusieurs d'entre eux, et dans lequel tout chr√©tien doit faire de continuels progr√®s¬†: un esprit de sagesse et de r√©v√©lation.

      Plusieurs interpr√®tes pensent que l'ap√ītre d√©signe par ces mots le Saint-Esprit lui-m√™me en le nommant d'apr√®s la nature de ses op√©rations et de ses dons. (Jean 14.16,17¬†; 15.26¬†; 16.13¬†; Romains 8.2,15¬†; 1Pierre 4.14)

      Ici il serait appel√© l'Esprit de sagesse (expression √† peu pr√®s synonyme de "l'Esprit de v√©rit√©"), parce qu'il est la pl√©nitude de la lumi√®re divine. Et, en tant qu'il manifeste dans le cŇďur des fid√®les ces tr√©sors de v√©rit√©, l'ap√ītre le nommerait l'Esprit de r√©v√©lation produisant la connaissance de Dieu, de ses perfections, de ses Ňďuvres. (Colossiens 1.9)

      On peut objecter à cette explication :

      1¬į que dans l'original le mot esprit n'est pas pr√©c√©d√© de l'article¬†;

      2¬į que l'ap√ītre prie pour ses lecteurs parce qu'il les sait scell√©s du Saint-Esprit¬†; il n'a donc plus √† le demander pour eux¬†;

      3¬į que les premiers mots de Eph√©siens 1.18 o√Ļ Paul demande que ses lecteurs aient "les yeux de leur cŇďur √©clair√©s" montrent que par cet esprit de sagesse et de r√©v√©lation, il entend les dispositions produites en eux par l'Esprit saint.

      18 Ces premiers mots doivent √™tre intimement li√©s avec ce qui pr√©c√®de, car ils sont encore l'objet du verbe "qu'il vous donne," (Eph√©siens 1.17) en sorte que la construction et le sens litt√©ral peuvent se rendre ainsi¬†: "Qu'il vous donne un esprit de sagesse et de r√©v√©lation, les yeux de votre cŇďur √©clair√©s pour que vous sachiez..."

      Il faut, en effet, que Dieu nous donne des yeux √©clair√©s (Grec¬†: "illumin√©s") pour voir sa sagesse et pour conna√ģtre "l'esp√©rance de notre vocation¬†;" car nos yeux sont par nature "obscurcis de t√©n√®bres." (Eph√©siens 4.18)

      - Au lieu du mot esprit (ou entendement ou pens√©e) du texte re√ßu, il faut r√©tablir ici la variante qui porte votre cŇďur¬†: "que les yeux de votre cŇďur soient √©clair√©s."

      Le cŇďur, d'apr√®s l'Ecriture, est le si√®ge des affections morales¬†: de lui "proc√®dent les sources de la vie" dans tous les sens du mot¬†; (Proverbes 4.23) c'est pourquoi on le trouve souvent plac√© dans des rapports o√Ļ, selon nos id√©es re√ßues, on aurait plut√īt attendu une expression qui d√©sign√Ęt nos facult√©s intellectuelles.

      Ainsi Matthieu 13.15 ; Romains 1.21 ; 2Corinthiens 4.6, et fréquemment ailleurs.

      20 Deux choses √©galement merveilleuses s'offrent √† la vue de ceux qui ont les yeux de leur cŇďur √©clair√©s par le Saint-Esprit¬†:

      1¬į l'esp√©rance des glorieuses richesses de l'h√©ritage que Dieu r√©serve aux saints¬†; (Eph√©siens 1.18) cette esp√©rance est d√©sign√©e ici d'abord, par sa cause efficiente, la vocation, qui a lieu par la pr√©dication de l'Evangile, ensuite, par son objet qui est l'h√©ritage, dont Paul ne saurait donner l'id√©e compl√®te, malgr√© la magnificence des termes qu'il emploie¬†;

      2¬į l'exp√©rience de la puissance infinie que Dieu a d√©ploy√©e pour les amener √† la foi, et pour les renouveler par cette foi. (Eph√©siens 1.19)

      Cette puissance est telle, que l'ap√ītre la compare √† celle qu'il a fallu pour ramener le Sauveur d'entre les morts et le faire asseoir √† la droite de la majest√© divine. (Eph√©siens 1.20)

      Ou plut√īt, ce n'est point l√† une comparaison, mais une profonde r√©alit√©¬†: la puissance divine de r√©surrection et de vie par laquelle J√©sus-Christ est sorti du tombeau, est la m√™me qui tire un p√©cheur de la mort spirituelle en le faisant demeurer dans une communion vivante avec J√©sus, et qui, au dernier jour, lui assurera la vie et la perfection √©ternelles. Dans tous ces sens, Christ est pour nous la r√©surrection et la vie (Comparer Romains 8.11, note.)

      Cette profonde v√©rit√© est pour l'ap√ītre tellement √©vidente, qu'en parlant en termes accumul√©s de cette puissance infinie de Dieu envers nous, dont nous sommes les objets, pour nous amener √† croire, (Eph√©siens 1.19) il passe sans transition au d√©ploiement de cette m√™me puissance dans la r√©surrection de Christ.

      Ces deux actes de la puissance divine, ces deux grandes manifestations de la vie divine sont identiques dans l'exp√©rience du chr√©tien. (Comparer Eph√©siens 2.6) Ceux donc qui ne voient dans la r√©surrection de J√©sus-Christ que le garant ext√©rieur de la n√ītre, restent √† la superficie du sujet¬†; et ceux qui n'y voient qu'un fait historique sans importance, n'ont absolument rien compris du christianisme.

      Fait asseoir à sa droite, expression figurée, empruntée aux usages des rois de la terre, et qui indique la toute-puissance divine donnée au Fils de Dieu après son triomphe. (Matthieu 28.18 ; comparez Psaumes 110.1 ; Matthieu 20.21)

      22 Que tous ces titres de dignit√© emprunt√©s aux pouvoirs d'ici-bas d√©signent des ordres divers parmi les intelligences c√©lestes¬†; que nous devions entendre par l√† seulement les anges rest√©s purs, ou les anges d√©chus, √©galement assujettis √† la puissance du Christ¬†; que ces noms puissent s'appliquer √† des pouvoirs de la terre ou uniquement √† des √™tres c√©lestes (Philippiens 2.9-11 et surtout Colossiens 1.16-20, notes), quelque id√©e qu'on se fasse sur ces questions, la grande pens√©e de l'ap√ītre doit ici arr√™ter toute l'attention, et cette pens√©e, c'est que Christ est √©lev√© au-dessus de tout ce qui est cr√©√©, de quelque nom qu'on le nomme, (Philippiens 2.9) soit dans le temps, soit dans l'√©ternit√©¬†: Dieu a mis toutes choses sous ses pieds¬†! (Psaumes 8.7¬†; 1Corinthiens 15.27)

      Tel est l'objet de la contemplation du chrétien, le fondement de son espérance, la source de sa force ; car ce vainqueur tout-puissant est son Sauveur.

      Grec : "Et il l'a donné pour Chef sur toutes choses à l'Eglise."

      Donn√© signifie, par h√©bra√Įsme, √©tabli, institu√© (Eph√©siens 4.11¬†; comparez avec 1Corinthiens 12.28)¬†; mais ce mot peut tr√®s bien aussi retenir son sens ordinaire. (Jean 3.16)

      - Dominateur sur tout l'univers, (Ephésiens 1.21,22) Christ est, dans un sens spécial, donné pour Chef suprême à l'Eglise. (Voir la note suivants)

      23 Ce même Jésus-Christ, ainsi élevé au-dessus de la création tout entière, ayant toute puissance au ciel et sur la terre, est spécialement le Chef de l'Eglise : (Colossiens 1.16-18) il en est la tête (Grec :), "elle est son corps"

      Cette image, si admirable de justesse et de profondeur, à la fois si facile à saisir et mystérieuse revient souvent sous la plume de Paul. (Romains 12.5 ; 1Corinthiens 6.15 ; 10.16,17 ; 12.12,13,27 ; Colossiens 1.18,22,24) Elle nous fait pénétrer dans le rapport intime, vivant, réel, qui existe entre Christ et son Eglise. La volonté, la pensée, la vie, tout dépend de la tête, le reste du corps n'est rien sans elle, ne subsiste que par elle. Tel est Christ à l'égard de l'Eglise.

      - Cette Eglise, corps de Christ, est encore appelée ici la plénitude de Celui qui accomplit (ou remplit) tout en tous, c'est-àdire la plénitude de Christ lui-même.

      Comment exposer la pens√©e profonde de l'ap√ītre, rendue plus difficile encore par les termes m√™mes de l'original, et qui tous ont √©t√© expliqu√©s de tant de mani√®res diff√©rentes¬†?

      L'Eglise est la pl√©nitude de Christ, dans un sens passif, c'est-√†-dire que ce n'est pas elle qui remplit ou compl√®te Christ, comme √©tant son corps (id√©e de Calvin et d'autres)¬†; mais, au contraire, c'est Christ qui la remplit de sa pr√©sence, de sa gloire, de toutes ses gr√Ęces, de sa vie, en un mot, de lui-m√™me. C'est en elle qu'il manifeste sa gloire, ses perfections, aux yeux de l'univers entier, et ainsi il remplit et accomplit tout en tous.

      Non seulement il accomplit toute l'Ňďuvre divine en chacun des membres de son corps, jusqu'√† ce qu'ils parviennent "√† la stature de sa pl√©nitude," (Eph√©siens 4.13) mais il remplit la cr√©ation tout enti√®re (Eph√©siens 1.10) et la conduit aux fins voulues par le conseil et la sagesse de Dieu. (Eph√©siens 1.21,22¬†; Colossiens 1.16-18)

      D'autres entendent par "Celui qui remplit tout en tous" Dieu le P√®re, dont la pl√©nitude de la divinit√© habite en Christ et en son Eglise. (Colossiens 2.9¬†; Eph√©siens 3.19) Cette pens√©e est vraie au fond et dans les r√©sultats d√©finitifs de la r√©demption¬†; mais l'ensemble de notre passage, son sens imm√©diat conduit plut√īt √† l'interpr√©tation indiqu√©e d'abord, car √©videmment l'ap√ītre y d√©crit les rapports profonds, l'unit√© vivante de Christ et de l'Eglise, qui est son corps et sa pl√©nitude.

      "Jésus-Christ retrace (reproduit) sa vie et accomplit de nouveau ses mystères dans son corps mystique ; c'est lui qui souffre dans les martyrs, les malades, les pauvres, etc., qui prie et gémit, qui est humble, doux, obéissant et charitable dans ses membres, et qui s'accomplit en eux selon qu'il l'est dans son corps naturel. O accomplissement parfait du Christ entier ! quand sera-ce que nous vous verrons ?" Quesnel.

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