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Hébreux 3

    • 1 Chapitre 3.

      1 √† 6 Exorde. - J√©sus et Mo√Įse dans la maison de Dieu.

      Comme conclusion de ce qui pr√©c√®de sur l'incarnation, les souffrances et la sacrificature de Christ, l'auteur exhorte ses fr√®res √† consid√©rer la fid√©lit√© du M√©diateur de la nouvelle Alliance, qui est plus grand que Mo√Įse dans la maison de Dieu.

      Les versets H√©breux 3.1-6 ne sont pas un d√©veloppement doctrinal, destin√© √† √©tablir la sup√©riorit√© de J√©sus sur Mo√Įse, comme H√©breux 1.1-14 √©tablissait sa sup√©riorit√© sur les anges. Celle-ci emportait logiquement celle-l√†, qui n'avait plus besoin d'√™tre d√©montr√©e, la premi√®re √©tant prouv√©e. Si, dans l'exorde de sa par√©n√®se, l'auteur insiste sur la sup√©riorit√© de Christ, compar√© √† Mo√Įse, c'est pour donner plus de force √† son exhortation¬†: tenez ferme votre esp√©rance fond√©e sur lui. (H√©breux 3.6)

      Comparer Hébreux 2.11 ; Romains 1.7 ; 1Corinthiens 1.2 ; 2Corinthiens 1.1, notes.

      Vous qui avez part avec nous √† le vocation c√©leste. Elle est c√©leste, parce qu'elle nous est adress√©e du ciel, d'o√Ļ Dieu nous envoie son Fils, et parce qu'elle nous invite √† diriger nos pas vers le ciel. Comparer H√©breux 12.25¬†; Romains 1.7¬†; Philippiens 3.14, notes.

      Grec : De notre confession.

      Plusieurs entendent ce mot du contenu de la foi chr√©tienne, des enseignements et des croyances qui se rapportent √† Christ¬†; la confession chr√©tienne serait ici oppos√©e √† la confession mosa√Įque des Juifs. Mais le mot employ√© d√©signe dans le Nouveau Testament, et dans notre √©p√ģtre en particulier, l'acte de confesser sa foi. C'est pourquoi nous traduisons avec Luther et la plupart des interpr√®tes modernes¬†: "Consid√©rez l'ap√ītre et le souverain Sacrificateur que nous confessons." (Comparer H√©breux 4.14¬†; 10.23¬†; 2Corinthiens 9.13¬†; 1Timoth√©e 6.12,13)

      - L'auteur donne ici √† J√©sus le titre inusit√© d'ap√ītre. Ce nom, il l'entend dans sa signification premi√®re d'envoy√©. J√©sus est l'envoy√© de Dieu, comme ses douze disciples furent ses envoy√©s. (Jean 20.21)

      Quand il d√©clare si souvent que "le P√®re l'a envoy√©," (Jean 5.36¬†; 10.36) il se sert du verbe d'o√Ļ d√©rive le mot ap√ītre. Ce titre r√©sume les d√©clarations pr√©c√©dentes, que Dieu a parl√© par son Fils, (H√©breux 1.1,2) qui est sup√©rieur aux anges "envoyer pour servir en faveur de ceux qui doivent h√©riter du salut," (H√©breux 1.14) et par lequel l'Evangile a d'abord √©t√© annonc√© (H√©breux 2.3)

      De plus, en qualifiant J√©sus d'ap√ītre, l'auteur introduit la comparaison qui va suivre entre Christ et Mo√Įse. Mo√Įse fut l'envoy√© de Dieu dans l'ancienne Alliance, Christ l'est dans la nouvelle¬†; il est celui que Mo√Įse avait annonc√© √† son peuple par ces mots¬†: "L'Eternel te suscitera un proph√®te semblable √† moi." (Deut√©ronome 18.15)

      - Mais Christ a un autre office, que Mo√Įse ne remplissait pas, et dont Aaron √©tait charg√©¬†: celui de souverain sacrificateur. Ce nom d√©j√† donn√© √† J√©sus, (H√©breux 2.17) rappelle ce qui a √©t√© dit de son Ňďuvre dans H√©breux 2.6-18, et pr√©pare ce qui sera abondamment d√©velopp√© dans la suite. (H√©breux 4.14-5.10¬†; 8.1-10.18)

      Les deux fonctions d'ap√ītre et de souverain sacrificateur sont √©troitement unies (un seul article r√©git les deux titres)¬†; elles pr√©sentent les deux faces de l'Ňďuvre de J√©sus. L'auteur les rappelle pour relever l'importance de la "fid√©lit√©" dont J√©sus a fait preuve (H√©breux 3.2) et qu'il invite ses lecteurs √† consid√©rer.

      - Il faut remarquer que, dans tout ce parall√®le entre J√©sus-Christ et Mo√Įse ou les souverains sacrificateurs isra√©lites, la comparaison ne porte nullement sur les personnes (il n'y aurait l√† aucune comparaison possible), mais sur leurs offices respectifs.

      2 On traduit ordinairement¬†: "fid√®le √† celui qui l'a √©tabli, comme Mo√Įse aussi l'√©tait dans toute sa maison," et l'on voit dans notre verset une citation de Nombres 12.7, o√Ļ la version des Septante porte¬†: "mon serviteur Mo√Įse, dans toute ma maison, il est fid√®le."

      Ce passage est certainement cité à Hébreux 3.5. mais nous doutons qu'il le soit déjà dans notre verset. En effet, l'adjectif toute, devant maison, manque dans B. des versions et des Pères. Si, avec des éditeurs et des interprètes récents, on le tient pour inauthentique, il vaut mieux construire la phrase, comme suit : faire de "dans la maison de lui," le complément des mots : Jésus qui est fidèle.

      Quelque construction qu'on adopte, la maison dont il est parl√© ne peut √™tre la maison de Mo√Įse, ni celle de J√©sus, mais celle de Dieu, qui a √©tabli J√©sus. Il faut traduire qui l'a √©tabli, quoiqu'il y ait dans le grec¬†: qui l'a fait.

      Le sens est¬†: qui l'a constitu√© Ap√ītre et souverain Sacrificateur. Ce sens ressort de H√©breux 3.1, et du compl√©ment¬†: dans sa maison, qui sugg√®re l'ides d'un intendant. Comparer Actes 2.36 "Dieu a fait Seigneur et Christ, ce J√©sus..." Le m√™me verbe est employ√© par les Septante dans 1Samuel 12.6, o√Ļ il d√©signe l'investiture de Mo√Įse et d'Aaron. (Comparer Marc 3.14)

      On ne saurait entendre ce mot de la génération éternelle du Fils par le Père ; encore moins faut-il traduire comme Rilliet : "à celui qui l'a créé," car ce serait attribuer à l'auteur l'hérésie d'Arius, qui est contredite par les affirmations de Hébreux 1.3.

      3 Le mot maison, dans toutes les langues, et en particulier dans l'√©criture, d√©signe non seulement un b√Ętiment, mais aussi ceux qui l'habitant, la famille¬†; et par extension, ce terme est appliqu√© √† la famille de Dieu, au peuple qu'il s'est choisi, √† son royaume. Mo√Įse n'√©tait lui-m√™me qu'un membre de ce peuple de Dieu, quoique l'un des plus consid√©rables.

      Combien plus grand est le Fils de Dieu, qui a construit la maison, qui est le vrai fondateur de la famille et du r√®gne de Dieu sur la terre¬†! Il ne fait partie de la famille, lui, que parce qu'il a bien voulu devenir notre fr√®re a√ģn√©. (H√©breux 2.11)

      Si Mo√Įse peut √™tre compar√© √† J√©sus sous le rapport de la fid√©lit√©, il lui est bien inf√©rieur pour l'honneur qui lui revient. C'est ce que rel√®ve ce verset, en m√™me temps qu'il donne un nouveau motif (car) de "consid√©rer J√©sus." (H√©breux 3.1) Il a √©t√© jug√© digne d'une gloire sup√©rieure.

      Celui qui l'a jugé digne, c'est Dieu. Son jugement a une valeur permanente (verbe au parfait). Il s'est manifesté par l'élévation de Jésus dans la gloire céleste. (Hébreux 2.7-9)

      - Le mot traduit par construire, ici et au verset suivant, n'exprime pas seulement l'acte de b√Ętir une maison, mais celui de l'arranger, de l'organiser, de la munir des meubles et des serviteurs qu'elle doit avoir pour r√©pondre √† son but. (1Pierre 3.20)

      La comparaison entre celui qui construit la maison et la maison ellem√™me est tout √† fait g√©n√©rale. C'est trop presser les termes, et pr√™ter √† l'auteur des id√©es qu'il n'exprime pas formellement, que de dire avec Weiss¬†: la maison, c'est l'institution de l'ancienne Alliance¬†: celui qui l'a construite, c'est Christ¬†; donc l'auteur attribue au Christ pr√©existant un r√īle dans la fondation et la conduite de l'Alliance pr√©paratoire, comme il lui en avait attribu√© un dans la cr√©ation du monde. (H√©breux 1.2)

      Non, l'auteur ne dit pas quelle maison Christ a construite¬†; il dit seulement qu'il est en qualit√© de Fils le constructeur de sa maison, qui peut √™tre aussi bien, et qui est probablement d'apr√®s H√©breux 3.6, l'institution de la nouvelle Alliance, tandis que Mo√Įse fait seulement partie de la maison de l'ancienne Alliance √©tant l'un des serviteurs qui la constituent. (H√©breux 3.5)

      4 L'auteur vient d'attribuer √† Christ le r√īle de constructeur de la maison¬†; (H√©breux 3.3) mais ce r√īle n'appartient-il pas exclusivement √† Dieu¬†? n'est-ce pas Dieu qui a parl√© √† Mo√Įse et qui a institu√© l'Alliance du Sina√Į¬†? n'est-ce pas Dieu qui a seul qualit√© pour fonder une nouvelle Alliance¬†?

      Ecrivant √† des "H√©breux" qui, dans leur strict monoth√©isme, √©taient jaloux de toutes les pr√©rogatives de Dieu, l'auteur avait int√©r√™t √† √©carter cette objection, avant de poursuivre sa comparaison. Il le fait par l'incidente de H√©breux 3.4. Il se justifie d'abord d'avoir d√©sign√© Christ (H√©breux 3.3) comme constructeur de sa maison¬†: il √©tait naturel qu'il se demand√Ęt qui a construit la maison de Christ, car toute maison est construite par quelqu'un¬†; puis il montre qu'en attribuant ce r√īle √† Christ, il ne porte pas atteinte √† la supr√©matie de Dieu.

      Ce n'en est pas moins Dieu qui a construit toutes choses (non : l'univers, mais, d'après la leçon de Sin., B. A, C, D, toutes les maisons, avec ce qui les remplit), il demeure le constructeur invisible et toutpuissant, dont les constructeurs visibles ne sont que les instruments.

      Appeler J√©sus le fondateur de l'Alliance, c'est bien, en un sens, lui donner un r√īle qui appartient √† Dieu, mais comme le Fils n'est que le repr√©sentant du P√®re auquel il est subordonn√©, Dieu demeure Celui qui a construit toutes choses.

      Paul exprime des pens√©es analogues, en disant de J√©sus¬†: "Dieu a voulu que toute pl√©nitude habit√Ęt en lui¬†;" (Colossiens 1.19) "il a tout mis sous ses pieds, et l'a donn√© pour chef supr√™me √† l'Eglise, qui est son corps." (Eph√©siens 1.22) Et J√©sus lui-m√™me dit¬†: "Comme le P√®re a la vie en lui m√™me, il a donn√© au Fils d'avoir la vie en lui-m√™me." (Jean 5.26) Et il ajoute¬†: "le Fils ne peut rien faire de lui-m√™me, √† moins qu'il ne le voie faire au P√®re." (Jean 5.19)

      Cette explication de notre verset, indiqu√©e par Calvin, est reproduite, avec des nuances, par la plupart des commentateurs. Elle nous para√ģt la plus conforme √† la marche de la pens√©e.Nos pr√©c√©dentes √©ditions pr√©f√©raient une interpr√©tation √©mise par les P√®res grecs, qui a compt√© de tous temps des partisans. Elle consiste √† faire du mot Dieu,non le sujet, mais l'attribut de la seconde proposition du verset, et √† traduire celle-ci¬†: "Or celui qui a construit toutes choses est Dieu."

      L'auteur alors affirmerait que Christ, qui a construit toutes choses, c'est-√†-dire organis√© toute l'√©conomie mosa√Įque, est Dieu. La marche de la pens√©e serait alors la suivante¬†: Toute maison a √©t√© construite par quelqu'un¬†: la maison de Dieu, telle qu'elle parut au temps de Mo√Įse, ne s'est pas √©lev√©e toute seule¬†; Mo√Įse ne l'a pas fond√©e par sa propre sagesse et sa propre force. Si nous demandons qui l'a construite (et cette question s'impose √† nous), nous ne lui trouvons d'autre auteur que le Fils, en qui habitait la pl√©nitude de Dieu. Or celui qui exerce une telle pr√©rogative est Dieu. On fait valoir en faveur de cette explication que Christ est le sujet dans les versets H√©breux 3.3,6, que c'est √† lui, en le d√©signant comme constructeur de la maison, que l'auteur compare Mo√Įse le serviteur, que par cons√©quent il doit √™tre aussi √† H√©breux 3.4, celui qui construit toutes choses.

      Mais il n'est pas probable que l'auteur ait voulu d√©signer Christ par ces derniers mots, ils font penser tout naturellement √† Dieu. Pour qu'on les rapport√Ęt √† Christ, il faudrait que l'auteur e√Ľt dit qu'il consid√©rait celui-ci comme le fondateur de l'alliance mosa√Įque, ce qu'il ne fait pas express√©ment. (H√©breux 3.3, note.) Aurait-il d'ailleurs √©nonc√© cette grande affirmation, que Christ est Dieu, dans une simple incidente¬†?

      Enfin la proposition g√©n√©rale¬†: toute maison a √©t√© construite par quelqu'un, dont la raison d'√™tre n'appara√ģt pas d'embl√©e, s'explique mieux dans le premier syst√®me d'interpr√©tation que dans le second.

      6 Les versets H√©breux 3.5,6 (6a) expriment sans image (comparez H√©breux 3.3) quelle est la position respective de Mo√Įse et de Christ dans leurs maisons et en quoi consiste la sup√©riorit√© du second.

      Mo√Įse a √©t√© fid√®le dans toute sa maison, la maison de Dieu, (Nombres 12.7) comme serviteur (grec) en t√©moignage des choses qui devaient √™tre dites, c'est-√†-dire comme un serviteur charg√© de rendre t√©moignage des choses qui devaient √™tre dites, suivant les uns¬†: par Dieu √† Mo√Įse qui les r√©p√©terait au peuple, (comparez Nombres 12.8) suivant d'autres¬†: par Christ, dont Mo√Įse pr√©para√ģt la venue.

      Toutes les institutions mosa√Įques, en effet, avaient un sens proph√©tique et t√©moignaient par avance, en paroles et en types, des choses qui devaient √™tre pleinement annonc√©es dans l'accomplissement des temps par J√©sus-Christ, le vrai r√©v√©lateur de Dieu.

      De m√™me que Mo√Įse, Christ (et non J√©sus, comme H√©breux 3.1, parce que le Sauveur est entr√© dans sa gloire, d'o√Ļ il gouverne l'Eglise) est fid√®le comme Fils sur sa maison. La phrase n'a point de verbe. Aussi plusieurs sous-entendent-ils¬†: Christ a √©t√© √©tabli comme Fils sur sa maison. Cette position de Fils qui commande √† toute la maison est le dernier trait du parall√®le d'o√Ļ ressort la sup√©riorit√© de l'office de J√©sus-Christ sur celui de Mo√Įse.

      Par nous, l'auteur entend tous les vrais chr√©tiens, qui composent la maison spirituelle du Seigneur. (Comparer Eph√©siens 2.19-22¬†; 1Pierre 2.5) Ce qui leur donne ce privil√®ge, ce n'est pas d'√™tre n√©s au sein du peuple √©lu, mais la ferme assurance de la foi en Christ, fid√®le Ap√ītre et souverain Sacrificateur, (H√©breux 3.1) et l'esp√©rance dont ils font leur grand sujet de gloire (grec la glorification de l'esp√©rance, qui appartient √† l'esp√©rance.)

      L'important, maintenant, pour ceux qui ont cru, c'est de retenir jusqu'√† la fin cette glorieuse esp√©rance, pens√©e directement applicable aux premiers lecteurs de l'√©p√ģtre. De l√† encore la s√©rieuse exhortation des versets suivants.

      De nombreux exégètes appliquent à Dieu le mot sa maison, aussi bien à Hébreux 3.5,6 qu'à Hébreux 3.2. Si cette relation est certaine à Hébreux 3.2,5. à cause de l'allusion à Nombres 12.7, elle est probable aussi à Hébreux 3.6.

      7 7 √† 19 Avertissement donn√© par l'exemple d'Isra√ęl au d√©sert.

      Cette particule introduit ici l'exhortation suivante comme une conséquence nécessaire de tout ce qui précède, et l'auteur y est conduit surtout par sa dernière pensée, (Hébreux 3.6) la souveraine importance de persévérer jusqu'à la fin. (Comparer Hébreux 3.12)

      De là, aux yeux de l'auteur, l'autorité absolue de la Parole divine qu'il va citer.

      11 Psaumes 95.8-11. L'auteur de ce Psaume, après avoir invité son peuple à servir 1'Eternel avec joie, lui adresse au nom de Dieu un sérieux appel à ne pas imiter les pères qui, dans le désert, offensèrent le Seigneur par leur révolte à Mériba et à la journée de Massa, et qui, par leur endurcissement, se privèrent de la promesse d'entrer dans le repos de Dieu. (Exode 16.23,24 ; 17.7 ; comparez Nombres 14.22,23. Le psalmiste réunit ces deux révoltes qui aboutirent au même triste résultat.)

      L'avertissement s'adresse au peuple de Dieu de la nouvelle Alliance, puisque ce peuple a encore devant lui l'accomplissement de la promesse, mais dans son sens absolu, éternel.

      Quand Dieu offre sa gr√Ęce, le plus grand des p√©ch√©s est de la rejeter par ingratitude et endurcissement de cŇďur. Il use pour un temps de patience, mais l'heure du jugement vient.

      L'histoire d'Isra√ęl au d√©sert proclame bien haut ces v√©rit√©s, et l'application qu'en fait l'auteur √† ses lecteurs est d'une ex√©g√®se aussi vraie que s√©rieuse.

      Notre auteur cite Psaumes 95 d'apr√®s les Septante, qui ont rendu les noms de Massa et Meriba, selon leur sens √©tymologique par "irritation" et "querelle." Le mot "irritation" est pris par les uns au sens actif¬†: l'action d'irriter Dieu, par les autres au sens r√©fl√©chi¬†: ils s'irrit√®rent eux-m√™mes, ils con√ßurent de l'amertume dans leur cŇďur. Le premier sens est indiqu√© par l'emploi du verbe √† l'actif √† H√©breux 3.16. (Voir la note).

      - Au lieu de : "vos pères me tentèrent en me mettant à l'épreuve," le texte porte littéralement : tentèrent par l'épreuve. L'auteur a omis le pronom qui se lit dans les Septante.

      M. von Soden pense que le manuscrit des Septante dont se servait l'auteur présentait une autre leçon que les manuscrits parvenus jusqu'à nous, car on ne comprend pas pourquoi il aurait retranché le pronom. Il propose de traduire : au jour de la tentation...que vos pères tentèrent (essayèrent) dans l'épreuve.

      M. Weiss estime au contraire que l'auteur a omis le pronom, parce que, dans sa pens√©e, le passage cite est mis dans la bouche du psalmiste, et que Dieu ne prend la parole qu'√† H√©breux 3.10. Il faudrait donc traduire¬†: "o√Ļ vos p√®res le tent√®rent (Dieu) en le mettant √† l'√©preuve. Et ils ont vu mes Ňďuvres pendant quarante ans¬†!"

      Les mots durant quarante ans (H√©breux 3.9) embrassent tout le temps du s√©jour d'Isra√ęl au d√©sert, bien que l'√©v√©nement sp√©cial rappel√© par le Psaume cit√© ait eu heu dans les premiers temps de ce s√©jour. C'est que ce peuple vit les Ňďuvres de Dieu pendant tout le temps de sa longue √©preuve, sans qu'il en re√ß√Ľt instruction. Aussi √† H√©breux 3.17 est-il dit que pendant ces m√™mes quarante ans se manifesta l'indignation de Dieu contre ce peuple rebelle.

      Au verset Hébreux 3.10, l'auteur ajoute au texte des Septante : c'est pourquoi.

      Au verset H√©breux 3.11, il y a litt√©ralement¬†: S'ils entrent dans mon repos¬†! C'est une formule de serment, o√Ļ l'on sous-entend cette pens√©e¬†: Dieu me punisse, si ce que je dis n'est pas vrai. Ce repos o√Ļ Dieu jura dans sa col√®re qu'Isra√ęl n'entrerait point, (Deut√©ronome 1.34,35) √©tait originairement Canaan¬†; mais ce repos qu'Isra√ęl devait trouver en Canaan, apr√®s les fatigues du d√©sert, n'√©tait qu'une image tr√®s imparfaite du repos √©ternel que Dieu, dans sa mis√©ricorde, avait destin√© √† l'homme. (Voir H√©breux 4.1, note.)

      12 Quelques-uns considèrent ces mots comme la reprise de la phrase commences au Hébreux 3.7 "C'est pourquoi, comme dit le Saint-Esprit (Citation), prenez garde, frères..." (Comparer Hébreux 3.13 ; Hébreux 4.1 ; 12.15)

      Grec¬†: Un m√©chant cŇďur d'incr√©dulit√©.

      L'incr√©dulit√©, ainsi que la foi, a son si√®ge dans le cŇďur, et elle est le propre d'un cŇďur m√©chant¬†; (Matthieu 12.35) l'Ecriture nous la fait partout envisager comme une r√©volte contre Dieu, r√©volte toute semblable √† celle d'Isra√ęl au d√©sert.

      La foi, qui suppose sans doute une r√©v√©lation de Dieu, une manifestation de sa volont√©, une connaissance acquise par l'homme, n'est cependant, dans son essence, que l'acte moral du sentiment et de la volont√© par lequel l'homme se livre √† ce que Dieu lui dit, ou plut√īt √† Dieu lui-m√™me, pour qu'il r√®gne sur lui, le dirige, le remplisse tout entier.

      Se refuser volontairement à cet empire du Créateur sur la créature, c'est l'incrédulité, la révolte. (Hébreux 4.2) Mais, de même que la foi établit un rapport personnel, intime, vivant entre l'homme et le Dieu vivant (Hébreux 9.14 ; 10.31 ; 12.22. Comparer Matthieu 26.63 ; Jérémie 23.36. Introduction), de même l'incrédulité est l'abandon de ce Dieu vivant et, par conséquent, elle précipite l'homme dans la mort.

      Grec¬†: un m√©chant cŇďur d'incr√©dulit√© dans le fait d'abandonner le Dieu vivant.

      13 La vocation de tout chrétien est de veiller non seulement sur luimême, mais sur ses frères, pour les faire avancer avec fidélité et avec amour dans la vie de la foi. C'est là le sacerdoce universel. (1Pierre 2.9)

      C'est-√†-dire aussi longtemps que dure le "aujourd'hui" du Psaume cit√©, (H√©breux 3.7) et que cette voix de Dieu se fait entendre √† vous, soit par sa Parole, soit dans vos cŇďurs, aussi longtemps que dure pour vous le temps de la gr√Ęce. Et, au fond, pour chaque homme, ce temps c'est le jour pr√©sent, aujourd'hui¬†; demain ne lui appartient pas. (Jean 9.4,5)

      Ici encore, le péché est mis dans un rapport intime avec l'incrédulité. (Hébreux 3.12, note.) Mais le péché se présente toujours sous de fausses apparences, pour tromper. De là ce mot : la séduction (Marc 4.19) ou la tromperie du péché. (Comparer Romains 7.11 ; 2Corinthiens 11.3)

      14 Nous sommes devenus et demeurons (verbe au parfait) participants du Christ, (comparez H√©breux 6.4) participants de sa vie, de ses gr√Ęces, de sa gloire √©ternelle¬†: voil√† ce qu'il s'agit de conserver, ou de perdre. Quel motif de r√©sister √† la s√©duction du p√©ch√©¬†!

      Grec : Si du moins nous retenons ferme jusqu'à la fin le principe ou le commencement de notre ferme attente ou de notre assurance.

      (Voir, pour le sens de ce dernier mot, Hébreux 11.1, et, pour la pensée exprimée dans ces paroles, ci dessus, Hébreux 3.6)

      C'est toujours la responsabilit√© de l'homme en pr√©sence de la gr√Ęce de Dieu, relev√©e dans la parole de J√©sus Christ¬†: "Celui qui pers√©v√©rera jusqu'√† la fin, celui-l√† sera sauv√©." (Marc 13.13)

      15 La ponctuation que nous adoptons à la fin de Hébreux 3.14 lie Hébreux 3.15 à ce qui précède immédiatement, et fait de la pensée exprimée dans ce verset un motif pressant de retenir jusqu'à la fin "la ferme attente."

      D'autres le joignent à Hébreux 3.13 en faisant de Hébreux 3.14 une parenthèse. La plupart des interprètes modernes mettent un point à la fin de Hébreux 3.14 et rattachent Hébreux 3.15 à Hébreux 3.16. Quand il est dit : Aujourd'hui,...qui furent ceux qui... Mais le car de Hébreux 3.16 rend cette construction peu naturelle.

      16 Nos anciennes versions portent¬†: "Car quelques-uns de ceux qui l'entendirent l'irrit√®rent, non pas, pourtant, tous ceux qui sortirent d'Egypte sous la conduite de Mo√Įse."

      C'est m√©conna√ģtre la pens√©e du texte, et le mettre en contradiction avec l'histoire, (Nombres 14.22, suivants) comme avec les paroles qui suivent, dans lesquelles l'auteur veut pr√©cis√©ment montrer, par l'universalit√© de la r√©volte et du ch√Ętiment, ce qu'il y a de pernicieux dans l'incr√©dulit√© et de terrible dans les jugements de Dieu.

      - Au lieu de l'irritèrent, sous-entendu : Dieu, quelques-uns traduisent : s'irritèrent. Mais le verbe est à l'actif et rien n'autorise à lui donner le sens réfléchi. (comparez Hébreux 3.8)

      - Le fait qu'Isra√ęl √©tait sorti d'Egypte sous la conduite de Mo√Įse, et avait √©t√© l'objet d'une telle d√©livrance par la bont√© de Dieu, aggravait la culpabilit√© de ce peuple. Combien plus coupables sont ceux qui restent rebelles apr√®s la d√©livrance qu'annonce l'Evangile¬†!

      17 Selon la menace qui leur en avait été faite (Nombres 14.29,32)

      Le mot grec que nous traduisons par cadavres signifie proprement membres ; mais les Septante l'emploient pour rendre un mot hébreu qui désigne les corps morts.

      Quelques éditeurs et interprètes ponctuent ainsi : "ne fut ce pas contre ceux qui péchèrent ? Leurs cadavres tombèrent dans le désert"

      - Peut-√™tre l'auteur, en rappelant encore ici les quarante ans, (comparez H√©breux 3.9) voulait-il faire allusion au m√™me espace de temps √©coul√© alors depuis que Dieu supportait Isra√ęl sous l'√©conomie nouvelle ses jugements allaient fondre sur ce peuple quarante ans apr√®s la d√©livrance accomplie par Celui qui √©tait infiniment plus grand que Mo√Įse. (Comparer Introduction, 2e note.)

      18 Ou qui désobéirent. Le verbe a les deux sens. (Jean 3.36 ; Romains 2.8)

      D'apr√®s H√©breux 11.31, il d√©signe plut√īt, dans notre √©p√ģtre, le manque de foi aux d√©clarations divines. Nombres 14.22,23¬†; Deut√©ronome 1.34,35. Ce sens ressort aussi des paroles que l'auteur ajoute¬†:...√† (H√©breux 3.19) cause de leur incr√©dulit√©.

      19 (Hébreux 3.12, note.) Toujours et partout l'incrédulité exclut du repos de Dieu parce qu'elle rejette Dieu lui-même, qui est le repos éternel de ses enfants. (Comparer Hébreux 4.1 et suivants)

      Dans toute cette application de l'histoire du peuple d'Isra√ęl √† ses lecteurs, l'auteur, comme le psalmiste, (H√©breux 3.11, note) r√©unit les traits de diverses r√©voltes qui eurent toutes la m√™me source, l'incr√©dulit√©.

      Il n'e√Ľt tenu qu'√† lui, s'il ne l'avait pas jug√© inutile pour des lecteurs qui connaissaient bien leur histoire nationale, de distinguer les divers √©v√©nements auxquels il fait allusion¬†: Mara, (Exode 15.23,24) Massa et M√©riba, (Exode 17.7) Kad√®s. (Nombres 20.1-13) C'est lors de cette derni√®re r√©volte que fut prononc√© sur Isra√ęl le redoutable jugement que l'auteur commente.

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