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Matthieu 10

    • 1 Chapitre 10. Le Christ √©tendant son activit√© et en assurant la continuation apr√®s sa mort par la vocation de douze ap√ītres

      1 à 15 Mission des Douze. Instructions que Jésus leur donne.

      Grec : ayant appelé à soi, ou, selon Luc : "ayant convoqué"Jésus leur avait précédemment adressé l'appel qui fit d'eux ses disciples. (Matthieu 4.18 et suivants ; Matthieu 9.9)

      On peut se demander si Matthieu a l'intention de raconter ici la vocation des douze à l'apostolat, vocation placée dans une circonstance différente par Merc Marc 3.14 et par Luc Luc 6.13 ou s'il rapporte seulement une convocation solennelle de ces douze dans laquelle Jésus devait leur donner la mission importante dont il est question dans ce chapitre.

      Quoiqu'il en soit, l'envoi des disciples marque une phase nouvelle dans le minist√®re de J√©sus comme dans la carri√®re de ceux qui devaient √™tre ses t√©moins. M. Godet dit fort bien¬†: "J√©sus est arriv√© au fa√ģte de son travail personnel en Galil√©e¬†; mais il n'a pu l'accomplir que dans des limites assez restreintes. Il d√©sire adresser un appel plus g√©n√©ral et plus √©nergique encore √† cette population qu'il doit bient√īt quitter. Et pour cela il se multiplie en quelque sorte par la mission qu'il confie aux douze. Cette mission signale en m√™me temps un progr√®s dans le d√©veloppement des ap√ītres. Ces croyants dont J√©sus avait fait des disciples, ces disciples dont il avait fait des ap√ītres, il les envoie maintenant comme tels."

      Les premiers évangiles renferment tous trois ce récit, avec cette différence que Marc donne les instructions de Jésus aux disciples beaucoup plus en abrégé, et que Luc reproduit une partie de ces instructions comme données aux soixante-dix disciples lors de leur envoi en mission, trait nouveau qu'il rapporte seul. Ces différences ne font que confirmer l'authenticité du discours de Jésus qui va suivre soit qu'il ait été prononcé de suite tout entier, soit que Matthieu, selon son habitude, y ait joint des enseignements donnés en d'autres occasions.

      Gu√©rir soit les d√©moniaques soit les autres malades (verset 8) telle est l'autorit√© ou le pouvoir miraculeux que J√©sus conf√®re aux ap√ītres non seulement pour cette mission, mais pour la suite de leur Ňďuvre.

      Cependant, il ne faudrait pas croire qu'ils pourront exercer ces pouvoirs miraculeux en tout temps et à volonté. Tous les dons de l'Esprit doivent être incessamment renouvelés par Dieu lui-même. Ces miracles ne constituaient pas la partie essentielle de leur activité, ils devaient leur permettre de faire du bien et ils donnaient de l'autorité à leur prédication. Cette prédication qui leur est prescrite par le Seigneur (verset 7) était le premier et le grand but de leur mission.

      2 C'est ici que para√ģt pour la premi√®re fois ce nom d'ap√ītres (envoy√©s) avec l'indication de leur nombre pr√©cis, douze.

      Chez les Juifs on donnait ce titre d'ap√ītres √† des hommes de confiance qui portaient les circulaires des chefs de synagogue, recueillaient les offrandes pour le temple et entretenaient le z√®le des communaut√©s de la "diaspora".

      Dans le Nouveau Testament, les fr√®res charg√©s de recueillir la collecte pour les Eglises de Jud√©e sont appel√©s ainsi (2Corinthiens 8.23) et Paul nomme Epaphrodite l'ap√ītre des Philippiens. (Philippiens 2.25)

      Jésus lui-même donna ce titre à douze de ses disciples, après les avoir choisis entre tous les autres. (Luc 6.13,Jean 6.70) Il les établit solennellement pour être ses témoins. (Actes 1.8) Aussi occupèrent-ils dans l'Eglise une place à part, y exerçant, au nom du Seigneur, une autorité universellement reconnue. (Actes 2.42,Ephésiens 2.20 ; 3.5)

      C'est encore sur leur témoignage, le seul par lequel nous connaissions Jésus-Christ, que repose la foi de l'Eglise.

      4 On doit remarquer dans ce catalogue des douze ap√ītres¬†:

      1¬į Que les quatre listes que nous poss√©dons (Marc 3.16¬†; Luc 6.14,Actes 1.13) ont les m√™mes noms, √† l'exception de Lebb√©e, qui est d√©sign√© par Marc comme Lebb√©e, fils de Thadd√©e (ou Thadd√©e simplement, suivant les manuscrits), et qui est remplac√© par Jude, fils de Jacques, dans Luc et les Actes.

      2¬į Que Matthieu nomme les douze deux √† deux (chaque paire √©tant li√©e par la particule et).

      3¬į Que toutes les listes r√©partissent les douze noms en trois groupes de quatre, de telle sorte que toujours Pierre est √† la t√™te du premier, Philippe du second, Jacques, fils d'Alph√©e, du troisi√®me.

      4¬į Que pour le reste il y a quelques variations d'ordre, mais que toujours Judas vient en dernier lieu.

      - Quant aux ap√ītres pris individuellement, nous nous bornons aux observations suivantes¬†:

      Matthieu ne se contente pas de placer Pierre en tête de sa liste, comme le font tous les autres, mais il dit expressément : le premier est Simon, nommé Pierre (nommé ainsi par le Seigneur lui-même, Jean 1.43 ; Matthieu 16.18) Il faut entendre par là le premier, non dans la dignité apostolique, parfaitement égale pour tous (primus inter pares) mais en rang, rang conforme à la nature de ses dons, et qu'il occupe dans tout le Nouveau Testament. (Matthieu 16.16 et suivants ; Matthieu 17.1 ; 19.27 ; 26.37,40 ; Luc 8.51 ; 9.32 ; 22.31 et suivants ; Actes 1.15 ; 2.14,5.3 et suivants ; Matthieu 15.7 ; Galates 1.18)

      Aussi Pierre fut-il le premier fondateur de l'Eglise soit chez les Juifs, (Actes 2) soit au milieu des Gentils. (Actes 10) Il faut reconna√ģtre ce fait qui, du reste, ne donne pas le moindre fondement aux fables de l'Eglise romaine.

      - André, frère de Pierre, était venu à Jésus avant lui, l'un des deux premiers. (Jean 1.37 et suivants) C'est le seul avec Philippe, qui ait un nom grec. Ils avaient sans doute aussi un nom hébreu qui nous est inconnu.

      - Jacques, fils de Zébédée, qui fut mis à mort par Hérode (Actes 12.2)

      - et Jean son frère, le disciple bien-aimé, auteur du quatrième évangile.

      - Sur Philippe, voir Jean 1.44 et suivants ; Jean 6.5.

      - Barth√©lemi signifie en h√©breu fils de Tholma√Į. On a suppos√© que le vrai nom de cet ap√ītre √©tait Nathana√ęl. (Jean 1.46 et suivants, comparez Jean 21.2)

      - Sur Thomas, en grec Didyme, le jumeau, voir Jean 11.16 ; 20.24 et suivants ; Jean 21.2.

      - Matthieu, le p√©ager. Notre √©vangile seul ajoute √† ce nom une telle d√©signation, qu'on regardait comme une injure¬†; seul aussi il le place apr√®s Thomas, son compagnon dans toutes les listes. N'est-ce pas l√† une preuve d'humilit√© √† laquelle on reconna√ģt non une main √©trang√®re, mais l'auteur du premier √©vangile lui-m√™me¬†?

      - Jacques, fils d'Alph√©e, appel√© aussi le Mineur ou le Petit. (Marc 15.40) Il y a de difficiles questions de critique au sujet des divers Jacques mentionn√©s dans le Nouveau Testament. (Voir l'introd. √† l'√©p√ģtre de Jacques.)

      - Au nom de Lebb√©e le texte re√ßu avec C et les majuscules ajoute surnomm√© Thadd√©e. Sin. et B portent¬†: Thadd√©e. Cette le√ßon parait import√©e de Marc. Celle que nous avons adopt√©e ne se trouve que dans D, mais elle s'appuie sur les t√©moignages des P√®res. Lebb√©e (hebr. l'homme de cŇďur) √©tait le nom originel de ce disciple, qui adopta ensuite celui de Thadd√©e que lui donne Marc dans sa liste. (Marc 3.18) Dans le catalogue de Luc Luc 6.16 et dans celui des Actes Actes 1.13 ce nom manque¬†; on y trouve en revanche, mais apr√®s Simon le Z√©lote Jude, fils de Jacques. (Comparer Jean 14.22)

      - Le surnom de Simon est le Cananite. On a pens√© que ce nom devait indiquer son lieu d'origine, par exemple Cana en Galil√©e. Mais comme Luc donne deux fois (Luc 6.15 et Actes 1.13) √† cet ap√ītre l'√©pith√®te de Z√©lote ou Z√©lateur¬†; il est probable qu'il donnait ce sens au titre de Cananite. On trouve en effet un adjectif kanna (dans le Talmud kananit) qui signifie z√©l√©. C'√©tait le nom d'un parti politico-religieux, rempli d'un z√®le fanatique pour la d√©fense des privil√®ges religieux et nationaux des Juifs. Ce disciple avait sans doute appartenu √† ce parti avant sa vocation.

      - Le surnom de Judas, Iscariot est la transcription de l'h√©breu Isch-Karioth, c'est-√†-dire l'homme de Karioth, ville de la tribu de Juda. (Josu√© 15.25) Mais un autre qualificatif est attach√© √† ce malheureux disciple par tous les √©vang√©listes, comme un sinistre souvenir, celui de tra√ģtre, (grec) qui aussi le livra¬†!

      5 Encore une fois, Matthieu marque expressément le nombre de douze disciples que Jésus envoya pour leur faire faire un premier essai de mission et pour préparer les populations à recevoir la parole du royaume. (verset 7)

      - Les ordres qu'il leur donna avant leur départ, ce sont les instructions renfermées dans ce discours même. Combien dura ce premier voyage de prédication ? C'est ce qui n'est pas rapporté dans les évangiles, mais il n'y a pas lieu de supposer qu'il fut de longue durée.

      6 Dans cette première mission, les disciples devaient s'en tenir au dessein de Dieu envers son peuple, auquel Jésus lui-même se soumettait, (Matthieu 15.24) et qui consistait à faire annoncer le salut avant tout à ce peuple. (Jean 4.22)

      Il y avait pour cela de tr√®s graves raisons, que Paul appr√©ciait lui-m√™me, bien qu'il f√Ľt l'ap√ītre des Gentils. (Actes 13.45-47,18.4-6) C'est pourquoi J√©sus dit (grec)¬†: Ne vous en allez pas sur le chemin des nations et n'entrez pas dans une ville des Samaritains. Tel √©tait pour le moment le devoir des disciples.

      Après que les Juifs auront rejeté le Sauveur, ils recevront des ordres tout différents. (Matthieu 28.19 et suivants ; Actes 1.8) Une certaine théologie a voulu voir là une contradiction ou un développement progressif dans les vues de Jésus lui-même Rien n'est plus contraire aux témoignages de l'Evangile ; Jésus savait parfaitement que son règne serait universel même d'après les synoptiques, pour ne pas parler de l'évangile de Jean.

      (Voir, par exemple, Matthieu 8.11 ; 21.43 ; 22.9,24.14)

      Et même, dans certaines occasions, Jésus enfreignait, de son autorité souveraine, la règle qu'il établit ici pour ses disciples. (Matthieu 15.21 et suivants ; Jean 4)

      - Les Samaritains sont assimil√©s aux pa√Įens, √† cause de l'inimiti√© qui existait entre eux et les Juifs. Ils formaient une population m√™l√©e d'Isra√©lites et de colons pa√Įens que Salmanazar avait envoy√©s dans leur pays pendant l'exil. (2Rois 17.24)

      Apr√®s le retour de la captivit√©, ils avaient persist√© dans leur s√©paration d'avec les Juifs, qui leur rendaient abondamment haine pour haine. Mais l'heure de la gr√Ęce vint aussi pour les Samaritains. (Actes 8.4 et suivants)

      - J√©sus ne fait pas preuve d'une partialit√© aveugle pour la maison d'Isra√ęl (terme de l'Ancien Testament, Exode 19.3,L√©vitique 10.6), car il voyait l√†, aussi bien qu'ailleurs, des brebis perdues. (Matthieu 9.36¬†; 15.24) Cette image, √† la fois si triste et si juste, est emprunt√©e aux proph√®tes. (Esa√Įe 53.6¬†; J√©r√©mie 50.6¬†; Ez√©chiel 34.5,6)

      7 Ce grand sujet de prédication : le royaume des cieux qui s'était approché dans la personne du Sauveur, était le même que Jésus annonçait (Matthieu 4.17) et, avant lui, son précurseur. (Matthieu 3.2, note.)
      8 Sous la forme d'un ordre, J√©sus conf√®re un don miraculeux. (vers. 1.) Dans l'activit√© des disciples, comme dans celle du Ma√ģtre, les gu√©risons devaient pr√©parer la pr√©dication.

      - Les mots : ressuscitez les morts, manquent dans un grand nombre de manuscrits, de Pères et de versions. Tischendorf, qui les avait supprimés d'abord, les a rétablis dans sa huitième édition sur l'autorité de Sin., B, D etc.

      Dans les manuscrits qui les renferment ils occupent des places diverses, ce qui toujours rend une leçon suspecte. Leur authenticité est donc douteuse, sans qu'il y ait des raisons décisives pour les supprimer.

      Tous les dons de Dieu sont gratuits comme ceux que J√©sus conf√®re ici aux disciples. En faire un moyen de profits terrestres, c'est les d√©grader et les souiller. On trouve dans Actes 8.18-23 un exemple frappant de la mani√®re dont les ap√ītres comprenaient et pratiquaient ces paroles. Mais d'autre part, dans le pr√©cepte suivant, J√©sus interdit √† ses disciples de faire aucunes provisions et les autorise √† recevoir leur entretien de ceux √† qui ils annoncent l'Evangile. (v. 10.) Il marque ainsi la limite du grand principe qu'il a √©tabli d'abord.

      10 Or, argent, cuivre, diverses espèces de monnaie, d'une valeur décroissante.

      La ceinture de cuir qui serrait autour de la taille les grands vêtements flottants, servait en même temps de bourse.

      Pas deux tuniques dont une de rechange une seule suffit.

      Au lieu de se munir de fortes chaussures, ils devaient se contenter des légères sandales qu'ils portaient dans la vie ordinaire. (Marc 6.9)

      D'apr√®s Marc 6.8, J√©sus "prescrivit √† ses disciples de ne rien prendre pour le voyage si ce n'est un b√Ęton," tandis que dans Matthieu et Luc on lit¬†: ni b√Ęton C'est sans doute pour lever cette contradiction que des correcteurs b√©n√©voles ont introduit dans notre texte cette variante¬†: ni b√Ętons (au pluriel). Comme cette variante n'est pas suffisamment autoris√©e, la diff√©rence litt√©rale subsiste, et il vaut mieux l'accepter que de vouloir l'effacer par des combinaisons forc√©es. L'ensemble de notre verset montre assez clairement que la pens√©e g√©n√©rale est la m√™me dans les deux textes.

      Ainsi, point de provisions pour le chemin ; (comparez Marc 6.8, note) restez libres, sans embarras, confiants en Dieu ; car (c'est ici le grand motif) l'ouvrier est digne de sa nourriture.

      Après avoir décrit le renoncement des serviteurs de Dieu, leur désintéressement qui doit être permanent, le Seigneur trace par ces mots le devoir non moins permanent des églises. (vers. 8, note ; comparez 1Corinthiens 9.4 et suivants, 1Timothée 5.17,18)

      11 La particule mais place l'ordre qui suit en un contraste significatif avec la conduite qui vient d'être prescrite aux disciples. Jésus leur indique maintenant comment il sera pourvu à leurs besoins par l'hospitalité qui leur sera offerte et qu'ils devront accepter.

      - Ils ne doivent entrer que dans des maisons dignes de les héberger, c'est-à-dire dans celles dont la bonne réputation peut leur faire espérer que leur message ne sera pas rejeté ou méprisé. Puis ils doivent demeurer dans la même maison jusqu'à ce qu'ils partent de cette ville parce que des changements de domicile pour l'amour de leurs aises, offenseraient ceux qui les ont reçus.

      13 La salutation qu'ils prononceront sera celle des Hébreux : "Que la paix soit avec vous !" (Luc 10.5 ; Genèse 43.23)

      Si la maison est digne (dans le sens du verset 11, capable de vous comprendre), que votre paix vienne sur elle¬†! C'est l√† un vŇďu ou plut√īt une volont√© expresse du Seigneur lui-m√™me. Sinon, cette maison sera priv√©e de la paix que vous lui apportez¬†; mais cette paix ne sera pas perdue, elle retournera √† vous et vous pr√©servera de d√©couragement ou d'impatience.

      Comme tout est réalité dans les choses divines !

      14 Comme signe que vous ne voulez rien conserver d'eux, pas même la poussière de vos pieds, que vous regardez comme une souillure. (Actes 13.51 ; 18.6)

      - La construction grammaticale de ce verset en grec est irrégulière : Et celui qui ne vous recevra pas et n'écoutera pas vos paroles,...en sortant de cette maison ou de cette ville, secouez, etc.

      15 16 à 23 Mission des Douze (suite) Prédictionn des dangers qu'ils courrront et Recommandations.

      Grec : ce sera plus tolérable pour la terre de Sodome ...

      Par le principe √©minemment juste et moral que plus la connaissance de Dieu est grande, plus la culpabilit√© l'est aussi pour ceux qui rejettent sa gr√Ęce. (Matthieu 11.24¬†; comparez Luc 12.47,48)

      16 Grec : voici (ce mot annonce toujours une déclaration solennelle), moi je vous envoie...

      La pensée que c'est moi qui vous envoie dans le danger doit vous donner l'assurance que vous serez préservés. Mais vous aussi, puisque ce danger est si grand, soyez donc, dans votre conduite, dans la connaissance des hommes, dans le choix des moyens, prudents comme les serpents (Genèse 3.1) et simples (grec sans mélange, sans ruse, purs d'intention, voir sur ce mot, Romains 16.19 ; Philippiens 2.15) comme les colombes. (Comparer Matthieu 3.16, note.)

      Ces deux vertus opposées l'une à l'autre ne sont pas naturellement réunies chez l'homme, l'Esprit de Dieu seul peut lui donner de les posséder en une égale mesure..

      17 Des hommes, en g√©n√©ral, non seulement de ceux qui vous sont hostiles d√®s l'abord. Appliquez dans vos rapports avec tous la prudence et la simplicit√©, (verset 16) car vous allez dans un monde auquel vous n'appartenez pas et qui vous ha√Įra. (Jean 15.19¬†; 17.14) Les paroles qui suivent en fournissent la preuve.
      18 Voici tous les pouvoirs du monde ligués contre la vérité et ses témoins : d'abord, les tribunaux civils ou criminels (grec sanhédrins), qui feront de la conviction religieuse un délit ;

      puis les synagogues, pouvoir spirituel, exerçant la discipline à sa manière, (comparez Actes 22.19,26.11,2Corinthiens 11.24)

      puis les gouverneurs de provinces, proconsuls, procurateurs, auxquels les principaux des Juifs ou les émeutes populaires livreront les disciples de Jésus ;

      enfin, les rois, les Hérode les empereurs romains.

      Toutes ces pers√©cutions auront lieu √† cause de moi, ajoute J√©sus dans le sentiment de sa royaut√© divine et de la vie nouvelle qu'il apportait au monde. Et toutes ces souffrances endur√©es pour lui seront un t√©moignage de qui¬†? De lui-m√™me, de sa v√©rit√©, de son Ňďuvre (√† cause de moi).

      Pour qui¬†? Le mot leur embrasse toutes les autorit√©s que J√©sus vient de nommer, avant tout les Juifs, les premiers instigateurs des pers√©cutions, puis les pa√Įens. (Comparer Matthieu 8.4,24.14)

      Ce témoignage puissant est destiné à produire la conviction chez plusieurs (selon l'interprétation de Chrysostome), mais pour d'autres, il aggravera leur jugement.

      - Ces paroles proph√©tiques d√©passent l'horizon de cette premi√®re mission des ap√ītres mais il n'est point n√©cessaire d'en conclure, avec une certaine critique, que Matthieu les a plac√©es ici par anticipation. En plusieurs paraboles et dans d'autres discours, le Seigneur montre qu'il conna√ģt les destin√©es de son r√®gne.

      20 Motif puissant de consolation et d'assurance au sein de difficult√©s et de dangers dont la seule pens√©e aurait accabl√© l'√Ęme des disciples. Il faut remarquer ces deux choses dont pourraient s'inqui√©ter les disciples¬†: comment ils parleront ou ce qu'ils diront (grec comment ou quoi)¬†; le quoi leur sera donn√© √† l'heure m√™me et alors ils ne seront plus embarrass√©s du comment, m√™me pour des hommes illettr√©s, le fond emporte la forme, cela se voit tous les jours. Ce n'est pas √† eux, en effet, qu'est laiss√© le soin de proclamer et de d√©tendre la v√©rit√© divine¬†; un autre s'en charge, c'est l'Esprit de lumi√®re et de vie, qui seul, dans les choses divines, rend √©loquent.

      (Comparer Esa√Įe 50.4¬†; 1Corinthiens 2.10 et suivants¬†; Eph√©siens 6.19¬†; Luc 21.15¬†; Jean 14.16,17, notes.)

      Afin de donner à cette promesse une actualité plus énergique, Jésus emploie tout à coup le présent. (v.20.)

      21 Vous n'aurez pas à souffrir la persécution seulement de la part des autorités ou de la part de personnes étrangères et hostiles ; dans votre propre famille, parmi vos plus proches parents, se trouveront des ennemis pour vous livrer.

      - Telle est la puissance absolue du christianisme, qu'il devait dominer et transformer tous les rapports naturels de la famille, soit par l'amour qu'il inspire aux croyants, soit par la haine qu'il excite dans les incrédules. L'histoire de l'Eglise et l'expérience de tous les temps justifient pleinement cette prédiction.

      22 Etre ha√Įs de tous est une expression hyperbolique destin√©e √† montrer l'universalit√© de cette inimiti√© naturelle du cŇďur de l'homme contre le nom de J√©sus. C'est que ce nom ne r√©v√®le tous les tr√©sors de la mis√©ricorde divine qu'apr√®s avoir convaincu l'homme de p√©ch√©. Avec quelle tristesse J√©sus dut prononcer ces paroles¬†!

      Mais voici la consolation des siens, le motif de leur persévérance jusqu'à la fin : être sauvés, ne pas périr avec le monde.

      Qu'est-ce que la fin ? Pour tout chrétien, c'est le jour de sa mort ; pour l'Eglise, c'est le retour du Sauveur.

      - Les paroles de ce verset se retrouvent dans le grand discours proph√©tique de J√©sus (Matthieu 24.9,13) o√Ļ sans doute est leur vraie place¬†; mais il n'est point impossible qu'il les ait prononc√©es ici d√©j√†, en jetant un regard sur les destin√©es du minist√®re de la Parole.

      23 Cette fuite, non seulement permise, mais commandée, n'a pas pour motif la crainte de la souffrance ou de la mort, mais bien, d'une part, le devoir d'enlever aux adversaires l'occasion de commettre un crime, et d'autre part, de conserver les témoins de la vérité pour d'autres qui recevront leur message. La pensée qui dicte ce précepte est la même qui inspire celui du verset 14 ; mais la raison pour le mettre en pratique est plus forte encore.

      Ces paroles doivent pr√©senter aux disciples un motif (car) d'encouragement √† ob√©ir au pr√©cepte qui vient de leur √™tre donn√©. (v. 23.) Ils pouvaient se dire¬†: A quoi bon fuir dans une autre ville¬†? puisque partout le m√™me sort les attend et qu'ils auront bient√īt parcouru les villes d'Isra√ęl. J√©sus d√©clare qu'ils n'auront pas (grec) achev√© les villes d'Isra√ęl, que le fils de l'homme ne soit venu.

      Achever les villes d'Isra√ęl, signifie √©videmment achever de les parcourir en y cherchant un refuge. Les autres interpr√©tations qu'on a tent√©es de ces paroles sont inspir√©es par le d√©sir d'aplanir la difficult√© de celles qui suivent.

      L'encouragement que J√©sus donne aux disciples, c'est qu'ils n'auront pas longtemps √† souffrir, mais que bient√īt il sera venu. Chrysostome et B√®ze pensent qu'il faut interpr√©ter "venu...√† leur secours." Cette explication, qui l√®verait toute difficult√©, est inadmissible, car l'analogie de tous les passages montre que, dans cette expression¬†: "jusqu'√† ce que le fils de l'homme soit venu," le terme sous entendu est toujours¬†: "dans son r√®gne." (Matthieu 16.28¬†; 25.31¬†; 26.64)

      Dès lors nous sommes en présence de deux explications principales.

      L'une consiste √† voir dans cette venue du fils de l'homme en son r√®gne la descente du Saint-Esprit au jour de la Pentec√īte (Jean 14 √† Jean 16), la cr√©ation spirituelle op√©r√©e par cet esprit dans les cŇďurs (Jean 3.3¬†; comp Matthieu 17.20), la fondation et l'extension de l'Eglise dans le monde.

      L'autre applique ce terme au retour de Christ pour le jugement du monde √† la fin des temps. Le premier sens est √©videmment celui de Matthieu 16.28. (voir la note.) Il para√ģt d'abord s'imposer pour notre passage aussi.

      Mais quand on serre de pr√®s le contexte et qu'on consid√®re que cette venue du fils de l'homme doit mettre un terme aux pers√©cutions que les disciples endurent de la part des Juifs et √† leur fuite de ville en ville, on est conduit √† penser qu'il s'agit plut√īt de la venue de Christ pour le jugement et l'on est ramen√© ainsi au second sens.

      - On ne saurait, il est vrai, appliquer cette venue du fils de l'homme au retour de Christ dans la gloire √† la fin des temps, sans attribuer √† J√©sus une erreur grave quant √† l'√©poque de sa venue, car en annon√ßant cet √©v√©nement √† ses disciples comme un motif de prendre courage, il le leur pr√©sente comme devant s'accomplir avant longtemps. Mais on peut penser que J√©sus avait en vue le jugement exerc√© sur Isra√ęl par la ruine de J√©rusalem. Celle-ci a √©t√© pour Isra√ęl comme peuple, ce que la fin du monde sera pour l'humanit√©. L'une et l'autre peuvent avoir √©t√© d√©sign√©es par J√©sus comme la venue du fils de l'homme. (Comparer ch. 24.)

      Il est possible que dans notre passage, comme au ch. 24, les disciples, domin√©s par l'id√©e du prochain retour glorieux de leur Ma√ģtre, aient donn√© √† sa pens√©e une forme plus pr√©cise qu'elle n'avait, et qu'ils aient confondu des pr√©dictions se rapportant √† des temps diff√©rents.

      - Si l'on se refuse √† voir dans notre passage le ch√Ętiment d'Isra√ęl par la destruction de J√©rusalem, il faut en revenir au premier sens indiqu√©, celui de l'√©tablissement du r√®gne de Christ dans les cŇďurs. Le Sauveur voudrait dire¬†: Vous n'aurez pas longtemps √† endurer la pers√©cution avant que je vienne demeurer en vous et vous remplir d'une force qui vous fera vaincre le monde. (Jean 16.16-33) Mais cette explication est moins naturelle.

      24 10 :24 à 11 :1 Mission des douze. (Suite.) Motifs de persévérer dans ces épreuves.
      25 Combien cette v√©rit√© proverbiale est √©vidente, et combien elle est m√™me humiliante pour les chr√©tiens, quand ils consid√®rent qu'ici le ma√ģtre le seigneur est le Fils du Dieu vivant, et que le disciple, le serviteur (grec esclave) est un pauvre p√©cheur¬†! J√©sus accepte cette comparaison¬†; o√Ļ sont les disciples qui l'admettent s√©rieusement¬†?

      Ces paroles confirment par un exemple frappant la v√©rit√© des pr√©c√©dentes. Si le ma√ģtre de la maison, Christ, le Seigneur dans son r√®gne, a √©t√© expos√© aux plus grossi√®res injures, √† quoi doivent s'attendre ses serviteurs¬†?

      - B√©elz√©bul, ou plut√īt B√©elz√©boul, peut avoir deux sens, selon l'√©tymologie que l'on adopte¬†: de Baal s√©bel, il signifierait le dieu des ordures, et l'on suppose que les Juifs nommaient ainsi, par m√©pris, cette divinit√© pa√Įenne, de Baal seboul, il aurait le sens de ma√ģtre du logis, ou de la demeure. Or, les Juifs, toujours par haine de ce nom de Baal, d√©signaient ainsi le chef de la demeure des d√©mons et des poss√©d√©s, en l'autorit√© duquel ils accusaient J√©sus de chasser les d√©mons. (Matthieu 12.24)

      Ce qui semble appuyer cette interpr√©tation, c'est que J√©sus s'appelle ici √† dessein le ma√ģtre de la maison (de Dieu), terme qui forme un contraste √©trange avec celui de ma√ģtre de la demeure (du diable). Ainsi l'injure est en m√™me temps un blasph√®me.

      - Il faut remarquer encore que J√©r√īme d√©j√† lisait B√©elz√©boub, et faisait d√©river cette d√©signation de Satan du nom d'une divinit√© des H√©cronites (Baal-zeboub, le dieu des mouches), que le roi Achazia fit consulter dans une maladie. (2Rois 1.2) On suppose que les Juifs auraient chang√© la derni√®re lettre de ce nom, afin de lui donner l'une des significations m√©prisantes qui pr√©c√®dent. Ce serait l√† une troisi√®me √©tymologie possible du mot.

      26 Donc, conclusion de ce qui précède.

      Puisqu'il ne se peut pas que les hommes ne vous ha√Įssent comme ils m'ont ha√Į, ne les craignez donc pas¬†! On ne craint pas ce qui est in√©vitable et pr√©vu¬†; on s'appr√™te √† l'affronter avec calme. Car -et c'est ici un second motif d'√™tre sans crainte- il faut que la v√©rit√© soit proclam√©e dans ce monde, et vous devez √™tre ses t√©moins. (versets 26,27)

      27 Quelques interpr√®tes ont entendu le verset 26 dans le sens d'une r√©v√©lation future et certaine des secrets des cŇďurs, mais lev. 27 est contraire √† cette explication¬†; il s'agit de la manifestation publique de la v√©rit√©, √† laquelle les disciples devaient consacrer leur vie, apr√®s avoir re√ßu les instructions du Ma√ģtre dans l'intimit√©.

      Les maisons, en Orient, sont surmont√©es d'une plate forme, d'o√Ļ l'on pourrait au besoin parler √† un nombreux auditoire. Mais l'expression est figur√©e et proverbiale et indique la grande publicit√© √† donner √† l'Evangile, qui ne renferme point de myst√®res.

      28 Comparer verset 26. Nouveau motif de ne pas craindre, alors m√™me que la proclamation courageuse de la v√©rit√© pourrait vous co√Ľter la vie. A cette crainte sans raison d'√™tre, opposez la seule crainte raisonnable, celle du souverain Juge. Et pour cela comparez et pesez bien les motifs de ces deux craintes¬†: d'une part, le corps seul en la puissance des adversaires, et l'√Ęme qui leur √©chappe¬†; d'autre part, le corps et l'√Ęme perdus dans la g√©henne √©ternelle. (Matthieu 5.29, note.) Combien de martyrs cette parole a soutenus jusqu'√† leur dernier soupir¬†! D'excellents interpr√®tes (Stier, Olshausen et d'autres) ont pens√© que J√©sus oppose √† la crainte des hommes, non la crainte de Dieu, mais la crainte du diable. C'est lui, pensent-ils, qui perd, d√©truit l'√Ęme et le corps.

      Les termes m√™mes du texte¬†: celui qui est puissant, ou selon Luc Luc 12.5 "qui a l'autorit√© de jeter l'√Ęme dans la g√©henne," excluent absolument cette id√©e. (Comparer Jacques 4.12)

      Et quel encouragement y aurait-il pour les disciples dans cette crainte du diable, qui les aurait au contraire asservis ? Qui ne voit enfin que Jésus, continuant son discours, (verset 29) appelle immédiatement à la confiance en Dieu, qui est inséparable de la crainte de Dieu ?

      31 Contre la crainte des hommes il n'y a qu'un remède, la confiance en Dieu.

      Pour inspirer aux siens cette confiance Jésus leur montre la divine Providence qui étend ses soins aux moindres êtres. Ces petits passereaux (le diminutif en grec rend la pensée plus touchante encore) qui ont si peu de valeur que deux se vendent pour un sou (assarion, la dixième partie de la drachme ou du denier romain), pas un seul ne périt sans la volonté de Celui qui lui a donné la vie.

      Combien plus vous, enfants et serviteurs de Dieu, devez-vous avoir la confiance que pas le moindre mal, fut-ce la perte d'un de vos cheveux, (Luc 21.18 ; Actes 27.34) ne peut vous atteindre sans cette même volonté divine !

      32 Comparer Luc 12.8. Ces paroles sont la conclusion de ce qui précède (donc) et présentent un nouvel argument en faveur de la persévérance au sein des dangers et des souffrances. Elles se rattachent a l'idée déjà émise (verset 28) de la crainte qu'il faut avoir du Juge suprême.

      Confesser J√©sus Christ devant les hommes, se d√©clarer √† lui et pour lui (grec confesser en moi), ou le renier par l√Ęchet√© ou manque d'amour, c'est l√† ce qui divise notre humanit√© en deux parts.

      Mais c'est là aussi ce qui la divisera devant Dieu au jour du jugement. Et il ne faut pas oublier qu'il y a diverses manières de confesser ou de renier le Sauveur.

      - Qui est cet homme qui fait dépendre de la confession de son nom, de la fidélité à sa personne, toute la vie religieuse et morale, et même la destinée éternelle de ceux qui l'écoutent ? (Comparer verset 37)

      36 Ainsi donc, vous, mes disciples, vous devez vous attendre à I'opposition, à la lutte.

      - Sans aucun doute Jésus est venu apporter la paix sur la terre, (Luc 2.14 ; Jean 14 ; 27 ; Ephésiens 2.14 ; 18) mais une paix que précède le combat, l'épée.

      Pourquoi¬†? La sainte v√©rit√© qu'il proclame vient se heurter au mensonge √† la corruption, √† l'inimiti√© qui r√®gnent sur cette terre. De l√†, la division p√©n√©trant jusqu'au sein de la famille, entre ceux qui veulent ob√©ir √† J√©sus-Christ et ceux qui le rejettent. (Comparer Mich√©e 7.6, d'o√Ļ J√©sus emprunte les paroles du verset 35.)

      Tel est partout et toujours le premier effet d'une prédication puissante de l'Evangile. Jésus dit, d'après le terme original : "Qu'il n'est pas venu jeter, introduire brusquement, la paix, mais l'épée."

      Il n'y a ni paradoxe ni figure de rhétorique dans cette parole, elle dépeint l'effet premier, actuel de l'Evangile qui est le trouble, la division, mais elle donne à entendre aussi qu'après ces luttes inévitables viendra la paix, fin dernière de la venue du Sauveur.

      37 Tout amour terrestre, même le plus légitime et le plus pur, subordonné à l'amour de Jésus, telle est la loi suprême de son règne. Que faudrait-il penser de celui qui revendique ce droit de Dieu, s'il n'était pas Dieu ?

      - Du reste, l'amour de Jésus, loin d'exclure les affections de la famille, les rend plus saintes et plus douces à quiconque lui en a fait le sacrifice. Ici encore, "celui qui perd sa vie, la trouve." (verset 39)

      38 Allusion à l'usage qui voulait que les condamnés prissent et portassent eux mêmes la croix, instrument de leur supplice. (Jean 19.17)

      Allusion non moins √©vidente √† l'heure supr√™me o√Ļ lui-m√™me serait ce condamn√©. J√©sus savait d'avance de quelle mort il mourrait¬†: cela ressort de Matthieu 16.21-24, o√Ļ il r√©p√®te cette m√™me parole dans un rapport direct avec sa mort.

      Pour ses disciples, prendre leur croix et le suivre, c'est renoncer à tout et tout souffrir avec lui et pour lui, y compris la mort. Il s'est acquis sur la croix le droit de parler ainsi, le droit suprême de l'amour.

      39 Voici donc l'alternative¬†: (grec) trouver son √Ęme, sa vie propre, la conserver en ce monde en fuyant la mort corporelle, (verset 28) c'est la perdre pour le jour des d√©cisions √©ternelles. Mais la perdre dans le temps, lentement par la souffrance ou brusquement par le martyre, c'est la trouver pour l'√©ternit√©.

      Il ne faut pas borner le sens de ces paroles √† la vie ext√©rieure, mais l'√©tendre √† la vie de l'√Ęme dans ce sens elles concernent tous les chr√©tiens. En effet, dans les langues de l'Ancien et du Nouveau Testament, le mot que nous rendons par la vie signifie l'√Ęme, l'√Ęme comme si√®ge de la vie et avec toutes les facult√©s dont Dieu l'a dou√©e. On pourrait donc traduire litt√©ralement¬†: "Celui qui aura trouv√© son √Ęme, perdra son √Ęme." (Ainsi Matthieu 2.20¬†; 6.25¬†; 10.28,39, comparez surtout Matthieu 16.25,26)

      40 Le Seigneur termine son discours (versets 40-42) par un dernier encouragement donné aux disciples qu'il envoie dénués de tout, (versets 9,10) en les assurant que Dieu lui-même se chargera de répandre ses riches bénédictions sur ceux auxquels ils auront recours, et qui les recevront avec amour dans leurs maisons.

      Pour leur √īter tout scrupule √† cet √©gard, il condescend √† les assimiler √† lui-m√™me qui les envoie, bien que, d'autre part, il n'h√©site pas √† s'assimiler √† Dieu qui l'a envoy√©. Mais ces paroles ont ce sens plus intime encore que ceux qui re√ßoivent les serviteurs de J√©sus le re√ßoivent r√©ellement lui-m√™me, car il vit en eux, comme le P√®re est en lui. (Jean 17.22,23¬†; comparez Jean 13.20 et Matthieu 25.40)

      41 Grec : reçoit un prophète en nom de prophète, un juste en nom de juste, c'est-à-dire en considération de ce qu'impliqua ce nom, ou, comme nous traduisons, en qualité de.

      Ces paroles expliquent et g√©n√©ralisent celles qui pr√©c√®dent, sans que J√©sus cesse de les appliquer √† ses disciples, car ils √©taient √† la fois des proph√®tes en tant que charg√©s d'un message divin, et des justes par leur communion avec le Sauveur. Ceux donc qui les recevront en cette qualit√© leur sont assimil√©s √† l'√©gard de la r√©compense, (comparez Matthieu 6.1,2, notes) parce qu'ils se montrent anim√©s du m√™me esprit qu'eux, du m√™me amour pour le Ma√ģtre qui les a envoy√©s.

      42 Grec¬†: quiconque aura abreuv√© un seul de ces petits d'une coupe d'eau froide seulement. Encore la pens√©e des verset 40, 41, mais plus g√©n√©ralis√©e et toujours appliqu√©e d'abord aux disciples et aux moindres secours qu'ils pourront recevoir. Cette application premi√®re est d'autant plus touchante que les disciples seront eux-m√™mes dans le monde de ces petits, pauvres, faibles, m√©pris√©s, m√©connus de tous, except√© de ceux qui sauront reconna√ģtre, appr√©cier leur qualit√© de disciples.

      Quel contraste entre cette coupe d'eau froide et la récompense éternelle !

      C'est qu'à ce léger service se rattache un mouvement d'amour, qui en Dieu ne saurait jamais se perdre. (Comparer Matthieu 26.13)

      "Nous apprenons ici qu'aupr√®s de Dieu les Ňďuvres sont appr√©ci√©es par le cŇďur, et non le cŇďur par les Ňďuvres." Grotius. (Marc 9.41)

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