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Matthieu 14

    • 1 Chapitre 14. Retraite √† Betsa√Įda

      1 à 13 Mort de Jean-Baptiste

      En ce temps-là, expression vague, parait reporter la pensée vers l'époque de la visite de Jésus à Nazareth. (Matthieu 13.54-58)

      Marc, très complet dans ce récit, et Luc, qui le donne en abrégé, placent l'événement entre l'envoi et le retour des disciples, donc à une époque antérieure. On sait que Matthieu ne s'attache point à l'ordre chronologique.

      - H√©rode, que Jos√®phe appelle Antipas, √©tait un des nombreux fils d'H√©rode le Grand (Matthieu 2.1 et suivants) et fr√®re d'Arch√©la√ľs. (Matthieu 2.22)

      Il régnait sur la Galilée et la Pérée avec le titre de tétrarque, c'est-à-dire quatrième gouverneur, ou prince qui partageait avec trois autres le gouvernement du pays.

      Il résidait habituellement à Tibériade, ville qu'il avait fondée au bord du lac, ornée de magnifiques constructions et nommée en l'honneur de l'empereur Tibère. Mais il séjournait, à l'époque de l'emprisonnement et de la mort de Jean-Baptiste, selon le témoignage de Josèphe (Antiq., XVIII, 5, 2), dans la forteresse de Machaerus ou Machéronte, dans la Pérée, parce qu'il était en guerre avec Arétas, roi d'Arabie, dont il avait répudié la fille. C'est là que se déroula la scène tragique que l'évangéliste va raconter. (verset 3 et suivants)

      - H√©rode entendit parler de la renomm√©e grandissante de J√©sus. Cette expression ne signifie pas qu'il n'e√Ľt eu jusque-l√† aucune connaissance de lui, mais bien qu'√† ce moment "son nom devenait c√©l√®bre," comme l'observe Marc. (Marc 6.14)

      2 Grec : que les puissances (miracles) agissent énergiquement en lui.

      Cette expression indique plut√īt le pouvoir de faire des miracles que les miracles eux-m√™mes.

      Les paroles d'Hérode trahissent sa mauvaise conscience : il est saisi d'effroi à la pensée qu'un envoyé de Dieu agit avec puissance dans le pays.

      Le meurtre de Jean-Baptiste, qui avait eu lieu auparavant, et que Matthieu va raconter, inspire à ce prince débauché une crainte superstitieuse qui s'allie très bien avec l'incrédulité, (voir Marc 6.16, note) et que d'autres dans son entourage partageaient avec lui. (Luc 9.7)

      3 Le texte grec, d'après une variante très autorisée, dit littéralement : Hérode l'avait mis en réserve dans la prison.

      Matthieu avait déjà mentionné (Matthieu 4.12) cette arrestation de Jean ; il la reprend ici au moment de raconter sa mort.

      Par un double adultère, Hérode Antipas avait répudié sa femme légitime, la fille d'Arétas, et épousé la femme de son frère.

      Ce frère est appelé, ici et en Marc 6.17, Philippe.

      Or H√©rode Antipas avait bien un fr√®re de ce nom, qui fut t√©trarque de l'Itur√©e et de la Trachonitide, (Luc 3.1, note) mais ce dernier ne fut pas l'√©poux d'H√©rodias¬†: il fut son gendre, ayant √©pous√©, dans la suite, sa fille Salom√©, celle m√™me qui joue un si triste r√īle dans notre r√©cit.

      Hérodias était la femme d'un autre frère d'Antipas, nommé Hérode, qui ne figure pas dans l'histoire. Il faut donc admettre que celui-ci portait aussi le nom de Philippe, ou, ce qui est plus probable, que les évangélistes l'ont confondu avec Philippe le tétrarque. (Le nom de Philippe est omis par D, quelques copies de l'ltala et la Vulgate.)

      - H√©rodias, fille d'Aristobule et de B√©r√©nice, et petite-fille d'H√©rode le Grand, √©tait la ni√®ce d'Antipas, en m√™me temps que sa belle-sŇďur. (Voir Jos√®phe, Antiq., XVIII, 5, 1 et 4.)

      4 Cette courageuse répréhension, que le fidèle serviteur de Dieu devait payer de sa vie, se fondait à la fois sur le septième commandement et sur Lévitique 18.16 ; 20.21.
      5 Marc Marc 6.19,20 nous apprend que ces desseins meurtriers furent inspir√©s √† H√©rode par H√©rodias¬†; car lui-m√™me, au moment o√Ļ Marc nous le d√©peint, avait des sentiments tout diff√©rents pour Jean Baptiste. (Voir Marc 6.19, note, et comparez Luc 9.9)

      Au reste cette crainte qu'il avait de la foule et qui le retenait, nous est aussi confirmée par Josèphe. (Antiq., XVIII, 5, 2.)

      6 Quelques interpr√®tes admettent sans raison que le jour de la naissance d'H√©rode serait ici l'anniversaire de son av√®nement au tr√īne, consid√©r√© comme anniversaire de la naissance du roi.

      - La fille d'Hérodias s'appelait Salomé et était née du premier mariage de sa mère. Elle épousa plus tard son oncle le tétrarque Philippe. (Josèphe, Antiq., XVIII, 5. 4.)

      Sa danse était sans doute accompagnée de poses et de mouvements voluptueux, à la manière orientale. Quel contraste criant entre cette danse d'une jeune fille et l'acte tragique qui va s'accomplir dans la prison ! (Voir Ad. Monod, Sermons, 2e série, p. 245. "Danse et martyre.")

      9 Le fait qu'H√©rode fut attrist√© n'est point en contradiction avec le verset 5, puisque ce n'√©tait pas par ses propres sentiments, mais par une l√Ęche complaisance pour H√©rodias qu'il en voulait √† la vie de Jean.

      Il avait d'ailleurs offert de riches pr√©sents, mais non la t√™te d'un homme qu'il estimait au fond du cŇďur¬†; et l'on con√ßoit que cette brusque demande le troubl√Ęt profond√©ment.

      Seul, il l'aurait sans doute refusée, sans se croire lié par ses serments. Mais en présence de ses convives, au milieu d'une cour brillante et échauffée par le festin, la vanité d'un faux point d'honneur l'emporta dans son esprit.

      11 Ce récit si simple, si bref, ne fait que mieux ressortir l'horreur des faits.

      Cette tête sanglante de l'homme de Dieu donnée, sur un plat, à une jeune fille, qui la porte à sa mère !...

      - Il est √©vident que les r√©cits des √©vang√©listes supposent que toute cette trag√©die se passa sur l'heure, pendant la f√™te qu'H√©rode c√©l√©brait alors. On con√ßoit √† peine pourquoi les ex√©g√®tes soul√®vent et discutent longuement la question de savoir o√Ļ pouvait √™tre la prison de Jean, et comment il put √™tre ainsi mis √† mort et sa t√™te apport√©e sur-le-champ.

      H√©rode, il est vrai, r√©sidait ordinairement √† Tib√©riade¬†; mais l'historien Jos√®phe, dont il n'y a pas la moindre raison de suspecter le t√©moignage, nous dit express√©ment que Jean fut mis en prison dans la forteresse de Machaerus, o√Ļ H√©rode avait de magnifiques appartements, que cet √©v√©nement co√Įncida avec sa guerre contre Ar√©tas¬†; que m√™me "les Juifs attribu√®rent la d√©faite de son arm√©e √† un juste jugement de Dieu √† cause d'une action si injuste."

      Quoi donc de plus naturel que d'admettre que toute la sc√®ne se passa dans ce ch√Ęteau fort o√Ļ la cour d'H√©rode se trouvait alors, et qu'ainsi tout fut accompli en fort peu de temps¬†?

      13 Marc (Marc 6.30 et suivants) et Luc, (Luc 9.10 et suivants) adoptant une chronologie différente, (verset 1, note) donnent pour motif de ce voyage au delà de la mer le désir qu'avait Jésus de procurer à ses disciples quelque temps de solitude et de repos, après leur retour de leur mission.

      D'apr√®s Matthieu le motif de J√©sus aurait √©t√© la pens√©e de se retirer √† l'√©cart, pour ne pas exciter contre lui la pers√©cution, apr√®s le meurtre du pr√©curseur, et au moment o√Ļ l'attention d'H√©rode venait de se porter sur lui. (verset 1)

      Y a-t-il contradiction¬†? Quelques interpr√®tes l'ont pens√©. Mais comme, d'apr√®s le second et le troisi√®me √©vangile eux-m√™mes, cette retraite de J√©sus eut lieu aussit√īt apr√®s la mort de Jean-Baptiste, le motif indiqu√© par Matthieu peut avoir influ√© sur la conduite de J√©sus sans que l'autre f√Ľt exclu. Et le repos qu'il d√©sirait pour ses disciples et pour lui-m√™me devait √™tre rempli de m√©ditations s√©rieuses sur la catastrophe qui venait de mettre fin √† la vie du pr√©curseur, le ma√ģtre v√©n√©r√© qui avait amen√© la plupart d'entre eux √† suivre "l'Agneau de Dieu." (Jean 1.35 et suivants)

      A pied, en faisant le tour de l'extrémité septentrionale du lac. Ce lac était entouré de plusieurs villes, alors très peuplées. De là ces foules.

      14 14 à 21 Multiplication des pains.

      Etant sorti de la retraite solitaire o√Ļ il avait pass√© quelques heures avec ses disciples, J√©sus, √† la vue de cette grande multitude, est √©mu de compassion (grec √©mu dans ses entrailles), soit √† cause de tous ces malades qu'on lui amenait pour qu'il les gu√©rit, soit √† cause de l'√©tat de d√©laissement moral de ce pauvre peuple, qui √©tait √† ses yeux "comme des brebis qui n'ont point de berger." (Marc 6.34)

      15 L'heure √©tait d√©j√† pass√©e, c'est-√†-dire que la journ√©e √©tait d√©j√† tr√®s avanc√©e, ou que l'heure m√™me o√Ļ se prenait le repas du soir √©tait pass√©e.

      - Cette sollicitude pour le peuple parait avoir √©t√© inspir√©e aux disciples par la compassion de leur Ma√ģtre (verset 14)

      D'après saint Jean, (Jean 6.5) ce fut Jésus lui-même qui prit l'initiative, et la parole des disciples ne fut que la réponse à sa question.

      Quoi qu'il en soit, cet entretien prouve qu'il y avait là un besoin réel, digne de la compassion de Jésus, et que le Sauveur ne fit point un usage inutile de sa puissance créatrice en multipliant les pains, comme le prétend la critique négative.

      16 Cet ordre étrange, destiné à éprouver la foi des disciples, ils l'exécuteront réellement. (verset 19)
      18 Avec quelle majestueuse assurance Jésus sait ce qu'il va faire de cette insuffisante provision !
      19 Grec¬†: il b√©nit, il pronon√ßa la b√©n√©diction, que le p√®re de famille pronon√ßait avant le repas. Luc (Luc 9.16) fait porter la b√©n√©diction sur les pains, qui auraient √©t√© consacr√©s par elle. Jean (Jean 6.11) dit¬†: "il rendit gr√Ęce."

      Il y eut donc √† la fois dans l'√Ęme du Sauveur le sentiment de la reconnaissance envers Dieu pour ce qu'il avait donn√©, et le dessein d'implorer la b√©n√©diction divine sur ce peu de biens pour les multiplier. (Comparer Matthieu 26.26,27¬†; 1Timoth√©e 4.4,5) Quel exemple et quelle consolation pour le pauvre dont la provision est insuffisante¬†!

      Les disciples accomplissent avec une humble obéissance l'ordre qu'ils ont reçu ; (verset 16) ils donnent ce qu'ils ont, (verset 17) et c'est dans leurs mains que s'accomplit le miracle.

      Si J√©sus avait d'avance multipli√© les pains, de mani√®re √† en mettre sous leurs yeux une immense provision, cela e√Ľt mieux convenu √† leur manque de foi, mais Dieu ne proc√®de jamais ainsi dans la dispensation de ses gr√Ęces. Il exerce la foi et l'ob√©issance, tout en donnant abondamment.

      20 Ce fut Jésus qui ordonna aux disciples de recueillir ces morceaux de surplus, "afin que rien ne se perde."

      - Ces paniers étaient de petits sacs de voyage en jonc ou en paille. Chaque disciple en avait un, et le remplit.

      21 Ce miracle, accompli, comme celui de Cana, sur la nature inanimée, sur les éléments purement matériels, est devenu pour le rationalisme de toutes les écoles, une pierre d'achoppement.

      Dans les guérisons de malades, il reste à la raison des ressources pour expliquer la délivrance de ces malheureux par une influence morale exercée sur eux, sans s'élever jusqu'au surnaturel.

      Mais ici ! L'un de ces docteurs ne voit dans notre récit qu'une pure légende ou un mythe né dans l'imagination des premiers disciples. (Strauss.)

      Un autre nous raconte que Jésus fit simplement rassembler, puis distribuer avec ordre, les petites provisions que la foule avait apportées avec elle. (Paulus.)

      De Wette pense que ce récit est la forme symbolique qu'a revêtue dans la tradition I'instruction de Jésus (Jean 6) sur le pain spirituel ou pain de vie. Et, d'après lui, on a prétendu que, comme il était impossible de se représenter la réalité du fait, il n'y avait qu'à s'en tenir aux leçons religieuses qu'en tire Jésus. (Jean 6)

      Mais que deviennent ces leçons, si elles reposent sur une invention légendaire ?

      Lange enfin, voit dans notre récit, non une multiplication du pain matériel, mais bien de sa force nutritive, en sorte que chacun fut rassasié de la part la plus minime qu'il reçut.

      Mais les douze paniers du surplus ?

      - La question n'est pas dans l'interprétation plus ou moins ingénieuse du récit. Elle est tout entière dans l'idée qu'on se fait de la personne de Jésus-Christ.

      Celui qui a dit : "Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre," avait-il le pouvoir d'accomplir un acte de création ? S'il l'avait, tout est dit, car une création ne s'explique pas.

      Or, ce miracle est attesté unanimement par les quatre évangiles, il est confirmé par l'impression qu'en reçut la foule et bien plus encore par l'autorité du Sauveur, qui le prend pour texte d'un de ses plus profonds discours, et qui même en appelle directement à cet acte de sa puissance. (Marc 8.19,20. Comparer J. Bovon, Théol. du N. T., p. 290 et suivants, 310 et suivants)

      Quant au but imm√©diat du miracle, il est √©vident¬†: le Sauveur voulait, dans sa compassion pour une multitude pauvre et d√©faillante qui s'√©tait attach√©e √† ses pas pour entendre sa parole, lui procurer un secours n√©cessaire, et faire envers elle une grande et touchante Ňďuvre de charit√©.

      22 22 à 36 Jésus marchant sur la mer. Guérisons dans le pays de Génézareth.

      Sin., C, la syr. de Cureton, suivis par Tischendorf, omettent le mot aussit√īt¬†: mais ces autorit√©s ne sont pas d√©cisives. En tout cas le mot est dans Marc et il correspond √† la situation.

      En effet, la foule, enthousiasm√©e par ce qu'elle venait de voir et d'entendre, s'agitait autour de J√©sus¬†; elle voulait m√™me le proclamer roi, (Jean 6.15) raison pressante pour lui d'√©chapper aussit√īt √† ces ovations bruyantes pour se retirer dans la solitude (verset 23)

      De l√† encore ce terme inusit√©¬†: il obligea, contraignit les disciples √† s'embarquer pour le pr√©c√©der sur l'autre rive, c'est-√†-dire pour Bethsa√Įda (Marc 6.45) ou Caperna√ľm. (Jean 6.17)

      Les disciples pouvaient croire qu'il voulait les suivre à pied plus tard, et il leur répugnait de se séparer de lui.

      23 Solitude et pri√®re¬†: J√©sus lui-m√™me apr√®s tous ses travaux de la journ√©e, √©prouve le besoin de retremper son √Ęme dans la communion de son P√®re c√©leste.

      Combien plus ceux qui le suivent de si loin dans l'activité et le combat ! - Le soir désigne une heure avancée de la soirée : (Comparer verset 15)

      24 Le mot déjà semble indiquer que jusqu'au milieu de la mer, c'est-à-dire pendant une heure environ (25 ou 30 stades, Jean 6.19), la navigation n'avait point rencontré d'obstacles, mais que là les disciples furent surpris par un de ces vents violents, qui se lèvent : soudain sur les lacs entourés de montagnes. (Matthieu 8.24, note.)

      B et plusieurs versions, après au milieu de la mer, ajoutent ces mots : elle était éloignée de plusieurs stades de la terre.

      25 Le texte reçu dit : "Jésus vint ;" mais l'évangéliste, au souvenir de cette scène, n'a pas besoin de nommer celui qui apparut aux siens comme le Sauveur : il vint.

      - La quatrième veille de la nuit était entre trois et six heures du matin

      Les veilles, de trois heures chacune commençaient à six heures du soir. Les disciples avaient donc lutté contre la tempête la plus grande partie de la nuit, et ils étaient en danger. (Comparer Matthieu 8.25)

      Mais J√©sus, plut√īt que de les laisser p√©rir, vient √† eux marchant sur la mer.

      Le rationalisme s'est mis en frais d'inventions pour supprimer ce fait surnaturel. La plus ridicule est celle qui consiste √† traduire sur la mer par sur le bord de la mer¬†! Tout cela pour nier que le Fils de Dieu domin√Ęt sur les forces de la nature dont il est pourtant le Roi.

      26 Le mot fant√īme (grec phantasma) signifie une apparition du monde des esprits.

      Les disciples partageaient la croyance populaire de leur temps. (Luc 24.37) Ainsi, à la crainte du danger se joint une nouvelle frayeur, tandis que c'est le secours qui s'approche !

      27 "C'est par sa voix qu'il se fait conna√ģtre." Chrysostome.

      Calme majesté de la puissance divine du Sauveur au sein de la tempête ! Tendre compassion pour les siens qu'il rassure et console, même avant de les sauver !

      28 Que cela est bien dans le caract√®re de Pierre¬†: ardeur qui ne se donne pas le temps de la r√©flexion, vif amour pour son Ma√ģtre dont il veut √™tre le premier √† embrasser les genoux¬†!
      29 Parole de puissance divine, majestueuse assurance de dominer la nature, pour son disciple, aussi bien que pour lui-m√™me¬†! Il accorde la permission parce que l'√©ducation d'une telle √Ęme devait se faire par l'exp√©rience. (Comparer Matthieu 26.69-75)

      Le texte reçu dit : "pour venir vers Jésus."

      La variante adopt√©e, d'apr√®s Tischendorf sur l'autorit√© de B, C¬†: et il vint, est plus en harmonie avec cette sc√®ne, car Pierre parvint r√©ellement jusqu'√† son Ma√ģtre. (vers. 31.)

      30 "Dans la mesure de sa foi, il était porté par les eaux." Bengel.

      Mais voyant la puissance du vent, le doute et la peur le privèrent de la force de cette foi qui le soutenait. Cependant il lui reste assez de confiance pour crier vers son Sauveur, et cela suffit pour sa délivrance.

      Le texte reçu, avec C, D, et la plupart des majuscules ajoute au mot vent le qualificatif de fort.

      31 Grec¬†: h√©siter, se tourner de deux c√īt√©s.

      - Pourquoi¬†? Pierre n'avait que trop de raisons de douter¬†; mais la question du Sauveur signifie que l√† o√Ļ il est pr√©sent, ces raisons n'existent plus.

      - Matthieu seul a conservé cet épisode relatif à Pierre, quoique le récit de Jésus marchant sur la mer se retrouve dans Marc et Jean.

      La critique n√©gative en a conclu que ce trait de la vie du disciple a √©t√© ajout√© au r√©cit par une tradition post√©rieure. Mais sur quoi se fonde cette supposition¬†? L'exp√©rience de Pierre, l'une des plus touchantes et des plus instructives de sa vie, n'est-elle pas dans son caract√®re, et digne du Ma√ģtre qui fait son √©ducation¬†?

      33 Ceux qui √©taient dans la barque ne paraissent pas √™tre les disciples seulement, mais d'autres encore qui faisaient la travers√©e avec eux. Leur foi en J√©sus comme Fils de Dieu, dont l'expression s'√©chappe de leur cŇďur √† la suite de cette sc√®ne, n'y a pas √©t√© √©veill√©e seulement par la majest√© et la puissance divines que le Seigneur vient de faire para√ģtre, mais plus encore par sa parole qu'ils avaient entendue dans cette journ√©e si m√©morable pour eux.
      34 Le pays (grec terre) de Génézareth est situé sur le bord occidental du lac de ce nom, dans la basse Galilée.

      Josèphe décrit cette contrée comme remarquable par la douceur et la fertilité de son climat.

      36 Grec¬†: sauv√©s, ou plut√īt comme l'exprime le verbe grec compos√©, enti√®rement sauv√©s. Il s'agit bien, avant tout, de la gu√©rison de ces malades, mais le terme est choisi √† dessein comme pouvant exprimer beaucoup plus. (Comparer Matthieu 9.21,22, notes.)

      Dans ce dernier passage, on voit aussi une pauvre femme malade, guérie en touchant le bord du vêtement du Sauveur ; mais ce qui la guérit, ce fut, d'une part, "la puissance qui sortait de lui," (Luc 8.46) et d'autre part, la foi qu'elle avait en lui.

      Telles furent aussi les guérisons sommairement rapportées ici. Il n'y a rien dans ces guérisons qui autorise les superstitions qu'on voudrait appuyer sur un tel exemple.

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