Proverbes 9

    • 1

      1 à 12 La Sagesse, après avoir fait tous les préparatifs nécessaires pour bien recevoir ceux qui voudront s'asseoir à sa table (versets 1 à 3), s'adresse à tous ceux qui manquent de sens (versets 4 à 6), mais non pas aux moqueurs impies qui sont incapables d'écouter sa voix (versets 7 à 12).

      La Sagesse a b√Ęti sa maison. A la fin du chapitre 8, la Sagesse avait d√©j√† √©t√© repr√©sent√©e comme habitant un palais, aux portes duquel devaient se tenir sans cesse ceux qui voulaient obtenir ses faveurs. Ici l'image est reprise et d√©velopp√©e, et les pr√©paratifs du festin spirituel qu'elle offre √† ses disciples sont indiqu√©s en quelques traits.

      Cette vaste maison ne représente pas la théocratie, les institutions salutaires accordées par l'Eternel au peuple juif, mais le glorieux salut préparé pour tous dès avant les siècles par la sagesse divine (1Corinthiens 2.7), magnifique édifice qui a toujours existé dans la pensée de Dieu, qu'il réalise graduellement dans l'histoire de l'humanité et que nous voyons parfaitement accompli dans les derniers chapitres de l'Apocalypse. Dès maintenant ce palais existe, inébranlable : elle s'est taillé ses colonnes.

      Au nombre de sept. Les galeries qui donnent sur les cours int√©rieures des maisons orientales sont support√©es par sept colonnes, dont quatre aux angles et trois aux c√īt√©s non occup√©s par la porte d'acc√®s. Peut-√™tre avons-nous ici une allusion √† ce mode de construction. Mais le nombre sept a une valeur symbolique (3 + 4, union parfaite du divin et de l'humain) et montre que l'action de la Sagesse divine sur le cŇďur de l'homme est pleinement suffisante, r√©pond √† tous les besoins, se d√©veloppe dans toutes les directions. Ainsi les lampes du cand√©labre du Lieu saint √©taient au nombre de sept. Voir aussi les sept esprits qui sont devant le tr√īne de Dieu et qui communiquent gr√Ęce et paix aux Eglises (Apocalypse 1.4).

      2

      Elle a apprêté ses viandes, littéralement : Egorgé ses bêtes de boucherie.

      Pr√©par√© son vin, litt√©ralement. : m√©lang√©. En Orient on m√™lait au vin diverses √©pices et liqueurs (cannelle, myrrhe, nard), pour lui donner plus de go√Ľt (Esa√Įe 5.22, note). Ces viandes et ce vin repr√©sentent la nourriture spirituelle que la Sagesse procure √† ses adeptes. Elle les fortifie et les r√©jouit dans leur cŇďur.

      3

      Elle a envoyé ses servantes, expression plus naturelle que celle de serviteurs, puisque la Sagesse est une princesse, et qui n'empêche pas de voir dans ces servantes tous les sages qui se sont laissé gagner par la vérité et qui se sont mis à son service.

      Elle appelle, par la bouche de ses envoyés.

      Des hauteurs de la ville. Comparez 1.21 et 8.2.

      Que le simple se retire ici ! littéralement : Qui est simple ? qu'il se retire ici ! Elle s'adresse à ceux qui sont encore sans parti pris et, si l'on pouvait ainsi parler, table rase, et encore accessibles à toute influence, bonne ou mauvaise, mais afin de les déterminer dans le sens du bien et de les gagner à sa cause.

      A qui manque de sens : à tous ceux qui n'ont pas encore reçu les conseils de la Sagesse, mais sont capables d'en faire leur profit.

      5

      Du vin que j'ai préparé, c'est dire : mélangé, comme au verset 2.

      6

      Et vous vivrez, littéralement : et vivez ! comme 4.4 et 8.33.

      7

      Les versets 7 √† 10 ne sont pas, comme on l'a cru parfois, une adjonction post√©rieure venant mal √† propos interrompre le fil du discours, qui reprendrait au verset 11. La Sagesse, qui vient de s'adresser aux simples, explique pourquoi elle laisse de c√īt√© les moqueurs et le m√©chant, qui ont d√©j√† pris position contre la Sagesse (Matthieu 7.6).

      Qui reprend un moqueur. On s'attendrait au même verbe qu'en fin de verset 3) : Qui appelle. Mais en face d'un moqueur, la Sagesse ne pourrait que reprendre ou censurer, et le moqueur, blessé, n'écouterait pas (Jean 3.20), tandis que (verset 8) le sage, si même la souveraine sagesse trouve à reprendre en lui, accepte avec reconnaissance sa discipline.

      9

      Comparez Matthieu 13.12 ; 25.29. Le parallélisme établi entre le juste et le sage prouve que la sagesse n'est point quelque chose de purement intellectuel mais bien une vertu agissant dans l'ordre pratique.

      10

      Le commencement de la sagesse. L'auteur de ces neuf chapitres revient en terminant à son entrée en matière (1.7).

      La connaissance du Très-Saint, littéralement : des saints. Quelques-uns ont traduit : La connaissance qui fait les saints. Mais le parallélisme oblige à voir dans le pluriel le Dieu parfaitement saint comme l'expression les sagesses désigne le Dieu seul sage.

      11

      Car. Si je t'exhorte avec tant d'insistance (versets 5 et 6), c'est pour ton bien (verset 12) avant tout. Une longue vie est, pour le juste de l'ancienne alliance, la somme de toutes les bénédictions.

      12

      Tu en porteras seul la peine. La Sagesse, justifiée par ses enfants, subsiste, en dépit des moqueurs, dans toute sa gloire (Matthieu 11.19). Comparez Job 35.6.

      13

      13 à 18 Appel de la Folie.

      En face de la Sagesse, qui vient de faire entendre ses conseils salutaires et désintéressés, voici la Folie. Elle passe rapidement devant les yeux du lecteur, en tête du cortège des malheureux qui ont eu l'imprudence de l'écouter et qui ne sont plus déjà que des ombres dignes du séjour des morts.

      La femme folle est turbulente. On a traduit aussi : il est encore une femme, la folie ; elle est agitée, ou bien : Dame Folie est turbulente. Il y a de tout cela dans l'original.

      14

      Comparez verset 3. L'auteur emprunte au tableau du commencement du chapitre quelques traits destinés à montrer quels sont les points de ressemblance entre l'appel de la Sagesse et celui de la Folie. Toutes deux s'adressent au même public ; toutes deux parlent à haute voix et, en apparence du moins, avec franchise. Mais sous les paroles de la Folie se cache une ruse coupable. Ce qu'elle veut, c'est la ruine de ceux dont elle feint de vouloir le bonheur.

      Sur un siège : indolence et orgueil ; c'est une reine ! La Sagesse se tenait debout, allant et venant sur les places (8.2 ; 9.3).

      15

      Qui vont droit leur chemin. Comparez fin du verset 6.

      16

      Comparez verset 4.

      17

      Eaux dérobées... pain mangé en cachette. Allusion aux coupables jouissances du chapitre 5 et de 7.15-20. Le festin de la Sagesse est excellent en lui-même et ne doit rien à l'attrait du fruit défendu (versets 2 à 5).

      18

      Et il (le simple) ne sait pas que, dans cette maison, o√Ļ l'adult√®re a √©lu domicile, ne fr√©quentent que des ombres, des √™tres qui, virtuellement, sont d√©j√† des morts. Ceux qui se complaisent. dans cette maison coupable, n'ont plus que les apparences trompeuses de la vie, car la demeure de l'adult√®re est la porte du tombeau (2.18¬†; 7.27), la succursale de l'enfer. C'est par cette tragique √©vocation du sort r√©serv√© √† qui m√©prise les avis de la Sagesse, que se cl√īt l'introduction. Pas de chemin mitoyen. Il faut choisir.

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