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Romains 3

    • 1 Chapitre 3.

      Cette objection naissait de ce qui pr√©c√®de (donc). Paul la pressent dans l'esprit du lecteur, car c'√©tait une opinion g√©n√©ralement re√ßue, et du reste fort vraisemblable, que le peuple √©lu de Dieu devait avoir quelque avantage sur les pa√Įens.

      Or, Paul vient de montrer que sa condition en présence de la loi et du jugement est la même que celle des gentils.

      Les deux termes de la question¬†: quel est l'avantage du Juif, ou quelle est l'utilit√© de la circoncision¬†? expriment au fond la m√™me id√©e¬†; la circoncision √©tant le signe de l'alliance de gr√Ęce qui comprend tous les privil√®ges du Juif, Paul la mentionne sp√©cialement, pour donner plus de poids √† l'objection.

      2 Cet avantage, s'il ne consiste pas √† √™tre exempt√© du jugement, n'en est pas moins r√©el¬†: il est grand, multiple (grec beaucoup) de toute mani√®re, dans sa vari√©t√©, il s'√©tend √† toutes les sph√®res de la vie, nationale, domestique, individuelle o√Ļ se fait sentir l'influence religieuse et morale de l'alliance accord√©e par Dieu √† son Peuple, de sa volont√© r√©v√©l√©e par la loi, de l'esp√©rance du Sauveur promis.

      - Et d'abord (grec premièrement) en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés ; ou, comme on peut traduire plus littéralement : "ils ont été faits dépositaires des oracles de Dieu,"

      - "ils les ont re√ßus en d√©p√īt de confiance." L'ap√ītre se proposait d'abord d'√©num√©rer les privil√®ges du peuple √©lu¬†; mais il trouve ce premier avantage tellement grand et renfermant si bien tous les autres, qu'il ne sent pas le besoin de poursuivre l'√©num√©ration annonc√©e par le mot premi√®rement¬†; il la fera √† Romains 9.4,5. o√Ļ il pr√©sentera quelques-uns des multiples aspects de l'avantage du Juif.

      Les oracles de Dieu, qu'il mentionne ici, sont ses révélations, sa Parole, surtout les prophéties concernant l'établissement de son règne et le salut du monde. Ils constituent l'immense prérogative que Dieu a accordée à son peuple (Psaumes 147.19,20 ; 78.5 et suivants ; Actes 7.38).

      3 Qu'est-ce à dire, en effet ? grec car quoi ?

      - Si quelques-uns n'ont pas cru...L'acte d'incrédulité auquel il est fait allusion, ne peut être que le rejet du Messie Jésus, crucifié à la demande des Juifs ; c'est ce qui ressort du verbe au passé défini (aoriste) et de la mention, au verset 2, des "oracles de Dieu," dont les promesses messianiques étaient le contenu principal.

      - "L'avantage" des Juifs aurait paru dans toute sa grandeur, s'ils avaient cru. Croire est l'indispensable condition pour recevoir toute gr√Ęce de Dieu¬†; c'est par la foi que l'homme s'approprie cette gr√Ęce. Mais leur incr√©dulit√© (Grec¬†: leur infid√©lit√©) ne d√©truit point la fid√©lit√© de Dieu.

      Dieu ne retire pas ses promesses, leur accomplissement final manifestera sa fid√©lit√© avec d'autant plus d'√©clat. Les incr√©dules d'entre les Juifs se privent de la gr√Ęce, mais l'alliance de Dieu avec son peuple subsiste¬†; rien n'est chang√© de la part de Dieu.

      Jésus met dans la bouche de son Père, à l'adresse des Israélites qui refusaient de se repentir, et qui étalent représentés par le fils allié de la parabole, ces mots : "Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi." (Luc 15.31)

      Et m√™me apr√®s que le peuple √©lu eut crucifi√© le Messie, et qu'il e√Ľt affirm√© son incr√©dulit√© en s'opposant √† l'Evangile, son endurcissement n'√©tait que partiel et momentan√©¬†; c'est ce que Paul donne √† entendre, en d√©signant les Juifs qui n'ont pas cru par le mot¬†: quelques-uns. Il veut insinuer que Dieu n'a pas rejet√© son peuple comme tel, mais que ce peuple est destin√© √† rentrer un jour, d'une mani√®re effective, dans l'alliance √©ternelle et indestructible de son Dieu. Cette pens√©e sera d√©velopp√©e √† Romains 11.

      4 Non certes ; (grec) que cela n'arrive ! loin de nous cette pensée ! Dénégation énergique, familière à Paul.

      - Mais plut√īt, que Dieu soit reconnu v√©ridique (grec mais que Dieu devienne vrai)¬†; que toute la v√©rit√© soit de son c√īt√©.

      - La citation est tirée du Psaumes 51.6.

      Au lieu de : quand tu es jugé, on pourrait traduire : "quand tu intentes un procès" à l'homme. Tel est le sens de l'hébreu qui porte : "dans ton juger".

      C'est aussi, probablement, la pens√©e de la version des Septante que Paul cite ici litt√©ralement, et o√Ļ le verbe doit √™tre consid√©r√© comme ayant la form√© moyenne et non passive.

      M√™me si l'on pr√©f√®re, comme nos versions fran√ßaises, y voir un passif¬†: quand tu es jug√©, quand on te met en cause, ce sens convient parfaitement √† l'argumentation de l'ap√ītre.

      En effet, dans l'objection qu'il r√©fute Dieu est jug√©, accus√© de n'√™tre pas fid√®le √† son alliance avec Isra√ęl¬†; mais il sera reconnu juste (grec justifi√©), il triomphera (grec vaincra), il aura gain de cause, et tout homme sera reconnu menteur, (Psaumes 116.11) dans cette accusation qu'il se permet d'√©lever contre Dieu, comme dans l'ensemble de sa conduite contraire √† la loi divine.

      Le mensonge, c'est la résistance consciente à la vérité, à la volonté de Dieu, au bien moral. C'est par là que les Juifs qui n'ont pas cru ont perdu leur privilège de membres du peuple élu. La justice de Dieu sera glorifiée dans leur condamnation, de même que sa fidélité le sera en ceux qui auront part aux biens de l'alliance.

      5 En donnant cours à sa colère, grec en infligeant la colère.

      - Cette seconde objection se déduit naturellement de la réponse à la première. (verset 4) En effet, si l'incrédulité de l'homme sert à manifester la fidélité et la justice de Dieu, Dieu a-t-il encore le droit de l'en punir ? (verset 7)

      N'est il pas injuste quand il punit¬†? Paul r√©pond au verset 6, mais auparavant il s'excuse, entre parenth√®ses, de poser une telle question¬†; la supposition que Dieu pourrait √™tre injuste lui para√ģt blasph√©matoire¬†; elle froisse sa conscience d√©licate. En l'√©mettant, il parle √† la mani√®re des hommes, il exprime les pens√©es que sugg√®re la raison aveugles par le p√©ch√©. (Matthieu 16.23¬†; 1Corinthiens 2.14)

      6 Si l'on admettait que Dieu n'a pas le droit de punir les péchés qui finissent par concourir à sa gloire, le jugement du monde deviendrait impossible, car Dieu tire continuellement le bien du mal que les hommes avaient pensé faire, (Genèse 50.20) et tout pécheur pourrait alléguer comme excuse que son péché a eu finalement un bon effet et a servi à glorifier Dieu.

      On pourrait répondre aussi que jamais le pécheur n'a l'intention de glorifier Dieu par ses iniquités et que c'est malgré lui que ce résultat est atteint ; que, par conséquent, sa responsabilité demeure entière.

      Mais Paul voulait moins produire une réfutation en forme de l'objection énoncée à verset 5. qu'exprimer en termes énergiques les conséquences absurdes auxquelles elle aboutissait.

      7 Comparer verset 4, note.

      L'ap√ītre, se mettant au point de vue des adversaires explique et prouve (car) l'argument qu'il vient d'avancer √† verset 6¬†: si Dieu n'a plus le droit de punir parce qu'il tire le bien du mal, le jugement du monde devient impossible, car, √† ce compte-l√†, tout p√©cheur peut dire √† Dieu¬†: le fait que je suis convaincu de mensonge, d'infid√©lit√© envers toi, accro√ģt ta gloire de Dieu v√©ridique et fid√®le¬†; pourquoi suis-je encore jug√© comme p√©cheur¬†?

      - Sin., A, portent : "mais si la vérité..." Cette leçon adoptée par Tischendorf, Wescott et Hort, Nestle, présente la pensée de verset 7 comme une nouvelle objection, mais cette objection ne serait au fond que la répétition de celle de verset 5.

      8 L'ap√ītre ach√®ve de r√©futer l'objection de verset 5. en signalant une conclusion monstrueuse du principe sur lequel elle repose¬†: on pourrait pr√©tendre qu'il faut faire le mal pour qu'il en r√©sulte le bien.

      Et il y avait vraiment des gens qui n'hésitaient pas à prêter cette opinion à Paul et à ses disciples : (grec) comme nous sommes blasphémés et comme quelques-uns prétendent que nous disons.

      D'o√Ļ pouvait provenir cette calomnie contre l'ap√ītre et contre les gentils qu'il avait amen√©s √† l'Evangile¬†?

      Sans aucun doute du fait qu'ils n'observaient pas les ordonnances de la loi et qu'ils professaient la doctrine du salut gratuit, par la foi seule, sans les Ňďuvres de la loi. Aux yeux des Juifs c'√©tait faire le mal pour qu'il en r√©sult√© le bien.

      Des affirmations comme celle de Romains 5.20 pouvaient aussi donner lieu à ce reproche ; comparez Romains 6.1.

      - La condamnation de ces gens-l√† est juste. Si l'on rapporte ces mots √† ce qui pr√©c√®de imm√©diatement, il faut admettre que l'ap√ītre d√©clare juste la condamnation, soit de ceux qui le calomnient en lui pr√™tant un tel principe, soit de ceux qui pratiquent la maxime¬†: faire le mal pour qu'il en r√©sulte le bien il exprimerait ainsi la r√©probation qu'elle lui inspire.

      Mais il est plus probable qu'il prononce cette condamnation sur ceux qui accusent Dieu d'injustice, et dont il a combattu l'objection dans versets 5-8. Cette sentence cl√īt ainsi naturellement son argumentation.

      9 9 à 20 La condamnation de tous les hommes confirmée par l'Ecriture.

      Avons-nous une sup√©riorit√©¬†? par ce nous, Paul entend les Juifs, et il se demande s'ils ont une sup√©riorit√© sur les pa√Įens¬†; il r√©pond¬†: pas √† tous √©gards, ou pas absolument.

      D'autres traduisent : "absolument pas".

      Mais le premier sens est conforme √† l'emploi que Paul fait de cette locution dans 1Corinthiens 5.10, comparez Romains 16.12 (texte Grec), et faire dire √† l'ap√ītre que les Juifs n'ont "absolument pas" de sup√©riorit√© sur les pa√Įens, ce serait le mettre en contradiction avec des paroles dans lesquelles il a reconnu les grands avantages spirituels des Juifs. (versets 1,2)

      Il ajoute maintenant que cette supériorité n'est pas absolue, mais seulement relative, qu'elle n'existe pas à tous égards et ne s'étend pas à tous les domaines, que pour ce qui concerne le péché et le salut, les Juifs sont sur le même pied que les autres hommes.

      Leurs pr√©rogatives, provenant exclusivement de la gr√Ęce de Dieu, ne leur conf√®rent aucun m√©rite, aucune justice devant Dieu¬†; (Romains 2.13) bien au contraire, elles tournent √† la confusion de ceux d'entre eux qui aggravent leur culpabilit√© en ne croyant pas (verset 3 et suivants)

      Juifs et gentils sont égaux devant Dieu comme pécheurs dignes de condamnation, parce que les uns et les autres ont violé la loi divine, qu'ils connaissaient à des degrés divers. (Romains 1.19,20 ; 2.12-15)

      - D'autres interprètes donnent un sens différent au verbe que nous avons rendu par : avoir une supériorité ; ils le traduisent : "avons-nous (quelque chose) à alléguer, à faire valoir en notre faveur ?"

      On objecte à cette traduction que le régime du verbe devrait être exprimé. Aussi quelques-uns voient-ils ce régime dans le quoi donc ? du commencement du verset : "qu'avons-nous donc à alléguer ?" Mais la réponse à une telle question devrait être : "rien," et non : pas à tous égards.

      - Nous avons déjà accusé... dans les deux grands réquisitoires de Romains 1 et Romains 2.

      10 Les six sentences des versets 10-12 sont tirées de Psaumes 14.1-3.

      On discute si la premi√®re¬†: il n'y a pas de juste, pas m√™me un seul, doit √™tre consid√©r√©e comme une citation, ou si c'est une parole de l'ap√ītre, que les d√©clarations emprunt√©es au Psaume confirment.

      En effet, le Psaume porte dans les Septante : "il n'en est pas qui pratique le bien, pas un seul."

      Paul aurait modifié ce texte et écrit : pas de juste, pas même un seul, pour résumer la pensée de tout le morceau : l'humanité privée de justice devant Dieu.

      Cependant il nous para√ģt plus naturel de penser que la citation commence aussit√īt apr√®s la formule¬†: selon qu'il est √©crit.

      - Après la description générale de l'état de péché, (versets 10-12) quatre sentences nous montrent cette perversité qui se manifeste par la parole. (versets 13,14)

      Les deux premières sont empruntées au Psaumes 5.10. Leur gosier est un sépulcre ouvert signifie suivant les uns que leur langage exhale une odeur malsaine de cadavre, suivant les autres qu'il est semblable à un gouffre qui demande toujours de nouvelles victimes à engloutir.

      Un venin d'aspic est sous leurs lèvres, provient du Psaumes 140.4.

      Enfin verset 14 est une citation libre de Psaumes 10.7.

      15 Les derniers traits du tableau nous présentent la méchanceté humaine en actes.

      Les versets versets 15-17 sont une citation abr√©g√©e de Esa√Įe 59.7,8, d'apr√®s les Septante.

      Leurs pieds sont agiles ou prompts √† r√©pandre le sang, c'est-√†-dire¬†: ils courent le r√©pandre, ils se h√Ętent vers le meurtre ou le carnage.

      Ils n'ont point connu le chemin de la paix : le prophète ajoute : "Il n'y a pas de justice dans leurs voies." C'est ce qui empêche que la paix y règne.

      18 Cette citation finale est tirée du Psaumes 36.2 ; elle se rapporte aux relations de l'homme avec Dieu et montre la source de toute la perversité humaine.

      - Les jugements absolus de l'écriture sur l'état moral de l'homme sont portés du point de vue de l'idéal, qui est celui de Dieu ; dans un sens relatif, il ne serait pas exact de dire que nul ne cherche Dieu, que nul ne fait le bien, etc.

      19 Le terme de loi d√©signe ici, comme 1Corinthiens 14.21, l'Ancien Testament en g√©n√©ral, et se rapporte aux citations que l'ap√ītre vient de faire.

      - Les Juifs pouvaient objecter que plusieurs des paroles cit√©es par Paul avaient √©t√© dites des pa√Įens et non du peuple de l'alliance. Paul revendique le droit de les appliquer aussi aux membres de ce peuple. Les s√©v√®res jugements de l'Ancien Testament sur les pa√Įens n'avaient pas pour but d'enorgueillir les Juifs, mais de les avertir, de leur apprendre que, si leur conduite √©tait semblable √† celle des pa√Įens, les m√™mes sentences les atteindraient √† plus forte raison.

      - On a voulu voir dans la loi, dont l'ap√ītre parle, la loi de la conscience, parce qu'il ajoute¬†: afin que toute bouche soit ferm√©e. Mais cette interpr√©tation m√©conna√ģt¬†:

      1¬į que dans toute cette argumentation il est question des Juifs et de leur sup√©riorit√© sur les pa√Įens, (versets 1,9) le compte des pa√Įens ayant d√©j√† √©t√© r√©gl√© √† Romains 1¬†;

      2¬į que si l'ap√ītre emploie la p√©riphrase¬†: "ce que la loi dit, elle le dit √† ceux qui sont sous la loi," au lieu de dire simplement¬†: "aux Juifs," c'est qu'il fait appel au bon sens de ses lecteurs¬†: nous savons que...

      Il est évident que la loi s'adresse au peuple auquel elle a été donnée.

      Quant aux mots : afin que toute bouche soit fermée, on peut les expliquer ainsi : l'Ancien Testament enseigne aux Juifs la corruption de tous les hommes, afin qu'ils se reconnaissent coupables et perdus et que, eux ayant ainsi la bouche fermée, toute bouche le soit également, à plus forte raison.

      - A un point de vue plus général, on pourrait se demander si ces descriptions de la corruption humaine s'appliquent également à tous les temps et à tous les individus, ou si elles ne sont vraies que des époques de grande dépravation et des hommes les plus profondément déchus.

      Sans doute, il y a des degrés dans le mal, mais les plaintes douloureuses exhalées en tous temps par les serviteurs de Dieu, qui considèrent leur époque comme pire que les autres, prouvent l'universalité et la profondeur de la déchéance humaine.

      Dans la nature, un fait qui se r√©p√®te constamment r√©v√®le l'existence d'une loi de m√™me, les p√©ch√©s qui se produisent √† toutes les √©poques ne sont pas dus √† des circonstances accidentelles, mais ont leur source dans le cŇďur corrompu de l'homme.

      Ce qui fait du reste que l'homme a tant de peine √† se reconna√ģtre coupable devant Dieu et √† se sentir perdu, c'est qu'il se juge selon d'autres mesures que celles de la saintet√© et de la perfection de Dieu qui se refl√®tent dans la loi¬†; de l√† le soin que prend l'ap√ītre de rappeler cette mesure absolue.

      20 Grec : Nulle chair ne sera justifiée...

      Cette parole est tirée du Psaumes 143.2, avec substitution de nulle chair à "nul homme vivant." Elle indique la raison pour laquelle la loi ferme toute bouche et constitue tous les hommes coupables devant Dieu.

      La conjonction qui l'introduit signifie¬†: attendu que, et non¬†: "c'est pourquoi¬†;" nous n'avons donc pas ici la conclusion de ce qui pr√©c√®de, mais un dernier argument pour r√©duire au silence les Juifs, qui pr√©tendaient avoir dans la loi et dans les Ňďuvres qu'elle prescrit un moyen d'acqu√©rir des m√©rites aux yeux de Dieu.

      Par les Ňďuvres de la loi personne ne sera justifi√©. Certains interpr√®tes entendent, par ces Ňďuvres, les c√©r√©monies prescrites par la loi (circoncision, sacrifices, etc.), dont l'accomplissement ponctuel ne saurait √™tre all√©gu√© par les Juifs comme un moyen de justification.

      Mais cette distinction entre ordonnances rituelles et pr√©ceptes moraux, les Juifs eux-m√™mes ne la faisaient pas, et quand Paul parle de la loi, il entend la loi tout enti√®re¬†; et les Ňďuvres de la loi, ce sont tous les efforts que l'homme irr√©g√©n√©r√© peut faire en cherchant √† accomplir la loi par ses propres forces et √† √™tre ainsi justifi√© devant Dieu, que ces efforts aient pour objet des actions morales ou des observances rituelles.

      Ces Ňďuvres ne peuvent le justifier, non parce que la loi elle-m√™me est imparfaite, mais parce qu'il n'arrive pas √† r√©aliser l'id√©al moral qu'elle lui pr√©sente et parce que ses efforts pour y tendre, n'√©tant pas inspir√©s par le pur amour de Dieu, ne font que d√©velopper en lui l'orgueil et la propre justice Notre passage suffirait √† prouver que telle est bien la pens√©e de l'ap√ītre¬†: il ne peut √©videmment parler que de la loi morale, puisqu'il l'oppose √† la corruption morale qu'il a d√©crite dans ce qui pr√©c√®de.

      - La dernière proposition du verset indique la raison pour laquelle la loi ne procure à personne la justice et dissipe l'étonnement que peut causer cette affirmation absolue. Dieu n'a pas donné la loi à l'homme comme un moyen de s'élever à la vraie justice, dans l'intention divine, la loi est uniquement destinée à lui donner une exacte et complète connaissance du péché, connaissance fondée sur l'expérience personnelle.

      Ce but est atteint chez ceux qui s'appliquent consciencieusement à pratiquer la loi dans toute son élévation (Romains 7.7, note)

      21 La justification par la foi en Jésus-Christ, son fondement historique, son accord avec la rédemption de l'Ancien Testament, son pouvoir d'assurer le salut final. 3 :21 à 5 :11

      21 à 26 La mort rédemptrice par la foi en Jésus-Christ, nouveau moyen de salut gratuitement offert à tous ceux qui croient.

      Maintenant, sous la nouvelle Alliance et par la prédication de l'Evangile. (Romains 1.16,17)

      Le temps pr√©sent est oppos√© au pass√©, (comparez versets 25,26) o√Ļ ne se manifestait pour les pa√Įens (Romains 1.18-32) et pour les Juifs (Romains 2.1-3.8) que la col√®re de Dieu, provoqu√©e par la corruption universelle. (versets 9-20)

      D'autres prennent le maintenant au sens logique : la situation étant telle qu'elle vient d'être exposée. (verset 20) Dans ce seul mot s'exprime un profond sentiment de délivrance et de joie.

      - Sans la loi, ind√©pendamment de cette loi par laquelle vient la connaissance du p√©ch√© (verset 20) sans qu'elle ait un r√īle quelconque √† jouer dans l'acquisition de la justice de Dieu, car celle-ci ne consiste pas dans l'accomplissement des Ňďuvres prescrites par la loi.

      - La justice de Dieu, c'est la justice que Dieu confère à l'homme le déclarant juste en vertu de sa foi en JésusChrist.

      Comparer Romains 1.17, note. Dans ce dernier passage, Paul dit que la justice de Dieu "est révélée" (verbe au présent), parce qu'il pense au fait actuel de la prédication de l'Evangile dans le monde. Ici, il dit que cette justice a été manifestée (verbe au parfait : elle l'a été et le reste), parce qu'il fait allusion au sacrifice de Jésus et à toute la mission du Sauveur, qui est accomplie une fois pour toutes, mais dont les effets demeurent.

      - Bien que manifestée sans la loi, cette justice nouvelle est si peu en contradiction avec la loi qu'elle (grec) a le témoignage que la loi et les prophètes lui rendent depuis des siècles, et qu'elle se trouve en parfaite harmonie avec toute l'économie de l'ancienne alliance.

      C'est ce que l'ap√ītre prouvera par des exemples frappants √† Romains 4, et par de nombreuses citations tir√©es des proph√®tes (Romains 9.15,25 et suivants¬†; Romains 10.20¬†; 11.26,27).

      22 Marcion et B omettent Jésus devant Christ.

      Les mots : et sur tous ceux, manquent dans Sin., B, A, C, etc. Tous les critiques, sauf Weiss, les retranchent, mais il est plus vraisemblable qu'ils aient été omis par accident qu'ajoutés à dessein : le premier complément n'avait pas besoin d'être expliqué et la présence du deuxième complément rend l'interprétation plus difficile.

      On peut consid√©rer les deux pr√©positions "pour tous ceux et sur tous ceux qui croient," soit comme des synonymes destin√©s √† donner par la r√©p√©tition plus de force √† la pens√©e¬†; soit comme formant une gradation¬†: "semblable √† un fleuve de vie, la gr√Ęce divine s'√©tend √† tous ceux et d√©borde sur tous ceux qui croient" (Olshausen)¬†: ou encore¬†: "cette justice de Dieu, il l'envoie pour toi, afin que tu y croies¬†; et elle repose sur toi, d√®s que tu crois." (Godet).

      Quelques interprètes mettent une virgule après le premier terme : "pour tous, et sur tous ceux qui croient ;" la première préposition marquerait la destination universelle, dans l'intention de Dieu, de la justice manifestée en Christ : elle est offerte à tous les hommes, elle est suffisante pour tous ; la seconde préposition indiquerait l'application effective de cette justice aux croyants : elle repose sur tous ceux qui croient.

      On peut objecter √† cette explication que la foi est une condition indispensable du salut et que, la justice de Dieu ne pouvant √™tre destin√©e qu'√† ceux qui croient, ce compl√©ment √©tait d√©j√† sousentendu, dans la pens√©e de l'ap√ītre, apr√®s la premi√®re pr√©position.

      - La foi en J√©sus-Christ na√ģt de la contemplation de J√©sus-Christ, en qui Dieu nous r√©v√®le sa justice¬†: nous voyons que J√©sus veut et peut nous rendre justes et nous mettons en lui notre confiance.

      Cette foi devient notre justice, parce qu'elle embrasse Christ et nous procure ainsi tout ce que Christ possède lui-même.

      Point de diff√©rence, ni entre Juifs et pa√Įens, ni entre les hommes quels qu'ils soient, parce que tous sont p√©cheurs (verset 23) et d√©pourvus en eux-m√™mes de tout moyen de salut. Et comme il n'y a point de diff√©rence quant au p√©ch√© il n'y en a pas non plus quant au moyen de justification. (verset 24)

      23 La gloire de Dieu, ce n'est pas seulement la gloire que Dieu donne ou, comme le veut Calvin, la gloire de l'homme devant Dieu, devant son tribunal.

      C'est bien la gloire qui appartient en propre à Dieu et que Dieu communique à l'homme. Plusieurs pensent à la gloire que Dieu a donnée à l'homme en le créant à son image (1Corinthiens 11.7) et dont l'homme a été privé par la chute.

      Mais le verbe au pr√©sent¬†: sont priv√©s, fait penser plut√īt √† la ressemblance avec Dieu que l'homme pourrait avoir actuellement s'il vivait dans une relation filiale avec son P√®re c√©leste, √† l'√©clat dont brillerait sa vie morale, s'il se montrait par son ob√©issance et sa saintet√© un fils de Dieu. (2Corinthiens 3.18¬†; Eph√©siens 4.24)

      Privé de la gloire de Dieu, l'homme à la place de Dieu, ne cherche plus que sa propre gloire et celle qui lui vient des créatures semblables à lui. (Jean 5.44 ; 12.43)

      "Remarque bien ce que dit l'ap√ītre¬†: tous ont p√©ch√© et sont priv√©s de la gloire de Dieu¬†! C'est l√† le point capital de cette √©p√ģtre et de toute l'Ecriture¬†; c'est dire que tout ce qui n'est pas purifi√© par le sang de Christ et justifi√© par la foi est p√©ch√©. Embrasse ce texte car c'est ici que vient p√©rir le m√©rite des Ňďuvres et toute la gloire de l'homme pour qu'√† Dieu seul soit la gr√Ęce et la gloire." Luther.

      24 Paul aborde avec ce verset l'exposé du grand fait de la rédemption en Jésus Christ, qui est le moyen de notre justification.

      Mais ce fait, il l'√©nonce dans une proposition subordonn√©e, introduite par un simple participe¬†: √©tant justifi√©s gratuitement par sa gr√Ęce...

      Quelques-uns voient dans cette proposition participiale le commencement d'une nouvelle phrase, dont la proposition principale se trouverait √† verset 27 "puisqu'ils sont justifi√©s gratuitement...o√Ļ donc est le sujet de se glorifier¬†?"

      Mais il est peu probable que Paul e√Ľt d√©j√† dans l'esprit la question de verset 27, au moment o√Ļ il commen√ßait √† d√©crire l'Ňďuvre de Dieu en Christ et toute l'attitude de Dieu envers les p√©cheurs dans le pass√© et dans le pr√©sent.

      La proposition participiale : étant justifiés... doit donc être rattachée à ce qui précède.

      Paul introduit d'une mani√®re inattendue, comme une derni√®re preuve de la perdition de tous les hommes, de leur √©galit√© dans la condamnation et dans le moyen de leur justification, (verset 23) le fait qu'ils sont justifi√©s par la pure gr√Ęce de Dieu.

      - L'importance que l'ap√ītre met √† affirmer la parfaite gratuit√© du salut est telle, qu'il accumule des termes synonymes, sans crainte du pl√©onasme. Le croyant est justifi√© gratuitement, par la gr√Ęce de Dieu, sans que rien soit requis de lui pour m√©riter son salut √† un litre quelconque.

      Au moyen de la r√©demption qui est en J√©sus-Christ, tout a √©t√© accompli. Quiconque se l'approprie par la foi, est au b√©n√©fice de cette Ňďuvre. En effet, pour que l'homme condamn√© par la loi, obtienne une justice digne de Dieu, (Romains 1.17, note) cette justice doit lui venir de Dieu m√™me, et lui √™tre donn√©e gratuitement.

      Quelle est la condition imaginable, digne de la sainteté de Dieu, que l'homme puisse remplir ? Il n'en est aucune, car il s'agit pour lui de voir sa condamnation abolie et remplacée par une justice capable de supporter les regards de Dieu. Or cela est aussi impossible à l'homme qu'il lui serait impossible de créer un monde.

      Mais l'acte souverain de gr√Ęce par lequel Dieu justifie le p√©cheur, c'est-√†-dire le d√©clare juste, ne demeure pas en dehors de l'homme, comme s'il s'accomplissait uniquement dans le jugement de Dieu, sans que celui qui en est l'objet en √©prouve aucun effet dans sa vie morale.

      Le p√©cheur s'approprie la justice de Dieu par la foi¬†; (versets 22,25,26,28,30) elle lui devient personnelle. L'acte de gr√Ęce qui le justifie, le transf√®re dans un rapport intime, vivant et tout nouveau avec Dieu. Ainsi s'op√®re la "r√©conciliation" de l'homme avec Dieu. (Romains 5.10¬†; 2Corinthiens 5.19,20¬†; Colossiens 1.19-22)

      Devenu un avec Christ, qui s'est mis √† sa place et a souffert pour lui la peine qu'il avait m√©rit√©e, le p√©cheur, √† son tour, est admis, par sa foi, √† prendre la place de Christ lui-m√™me¬†; il devient "enfant de Dieu, fils de Dieu, h√©ritier de Dieu et coh√©ritier de Christ.." (Romains 8.14,17) Il jouit avec bonheur de la gr√Ęce et de l'amour de son p√®re.

      Ainsi commence pour lui une vie intime et sainte, émanant de la justice qui lui a été d'abord gratuitement donnée car il importe de faire cette distinction : la justification, dont Paul parle ici, n'est point encore cette communication de justice, cet affranchissement graduel du péché, qui est la sanctification.

      Cette r√©alisation int√©rieure de la justice est la cons√©quence, le fruit de l'acte de gr√Ęce par lequel Dieu justifie gratuitement le p√©cheur. Elle produit des Ňďuvres impossibles √† la loi¬†; elle est elle m√™me l'Ňďuvre par excellence mais elle reste toujours imparfaite ici-bas, toujours entach√©e de p√©ch√©¬†; elle ne peut donc devenir le moyen de notre justification devant Dieu ni nous donner l'assurance que nous sommes ses enfants.

      - Rédemption signifie rachat, action de racheter. Dans le mot grec est exprimée l'idée de rançon. On se servait de ce terme pour désigner le rachat d'esclaves ou de prisonniers de guerre au moyen d'une rançon convenue.

      Paul indique au verset suivant quelle est la rançon qui a été payée pour nous et qui n'est rien moins que le sang de Christ (verset 25 ; comparer : Matthieu 20.28 ; Ephésiens 1.7,1Timothée 2.6). Cette rançon ne peut avoir été payée qu'à Celui "devant qui le monde entier est reconnu coupable." (verset 19)

      25 Notre justification nous est acquise gratuitement, mais elle a n√©cessit√© une Ňďuvre consid√©rable, dont Dieu est l'auteur, et que l'ap√ītre d√©crit dans ce verset.

      Dieu a exposé publiquement (d'autres donnent à ce verbe le sens qu'il a dans Ephésiens 1.9, et le rendent par : "avait établi à l'avance," prédestiné par un décret éternel de sa providence) Jésus-Christ comme moyen de propitiation.

      Le terme grec que nous traduisons par moyen de propitiation est un adjectif neutre s'appliquant à tout ce qui sert à rendre propice, à apaiser la divinité irritée : offrande, victime, sacrifice. Il convient de lui laisser son sens indéterminé.

      Plusieurs interprètes, anciens et modernes, Origène, Luther, Calvin, Olshausen, Tholuck, Ritschl, Schlatter, etc., pensent que Paul désigne par ce mot le propitiatoire, la table d'or qui servait de couvercle à l'arche de l'alliance.

      Elle est appel√©e en h√©breu "kaporeth," c'est-√†-dire "couvercle de propitiation," parce qu'elle "recouvrait" la loi accusatrice et recevait le sang des victimes au grand jour des expiations, o√Ļ le souverain sacrificateur p√©n√©trait dans le lieu tr√®s saint.

      Dans la version grecque des Septante, dont Paul se servait, elle est désignée par le mot même que nous trouvons dans notre texte (Exode 20.17 et suivants ; Lévitique 16.14 et suivants ; Hébreux 9.7-9,11,12).

      Dieu aurait expos√© Christ (ou l'aurait "√©tabli √† l'avance") comme un tel propitiatoire¬†; ou plut√īt, pour √™tre la r√©alit√© de ce que le propitiatoire de l'arche figurait seulement.

      Mais il est peu probable qu'en appliquant le terme de propitiatoire à JésusChrist, Paul ait pensé au couvercle de l'arche.

      1¬į S'il avait voulu d√©signer cet objet d√©termin√©, connu et unique, il aurait employ√© l'article devant propitiatoire¬†;

      2¬į l'√©p√ģtre aux Romains ne se meut pas comme l'√©p√ģtre aux H√©breux sur le terrain du symbolisme l√©vitique¬†; et si cette comparaison avait √©t√© famili√®re √† Paul, on la retrouverait ailleurs dans ses √©p√ģtres¬†;

      3¬į il est √©trange de comparer J√©sus-Christ avec le couvercle de l'arche, d'autant plus que ce n'est pas le couvercle de l'arche, mais uniquement le sang r√©pandu sur lui qui est cens√© "couvrir" les p√©ch√©s.

      - Nous ne pensons pas non plus qu'il faille sous entendre le substantif "victime" avec l'adjectif propitiatoire ; il vaut mieux prendre ce mot dans le sens général et indéterminé de moyen de propitiation. Comparer sur l'idée de propitiation 1Jean 2.2, note, et sur celle de la réconciliation avec Dieu, 2Corinthiens 5.19-21, notes.

      - L'ap√ītre ajoute deux compl√©ments pour indiquer comment J√©sus-Christ est moyen de propitiation¬†: par la foi, dans son sang.

      Les uns unissent les deux compléments : "par la foi en son sang," le sang est l'objet de la foi, c'est au sang de Christ à son sacrifice, à sa mort expiatoire que la foi s'attache, c'est là le fondement sur lequel elle s'appuie.

      D'autres interpr√®tes pensent que cette expression¬†: "la foi en son sang," n'est pas conforme au langage de Paul, qui pr√©sente toujours J√©sus-Christ lui-m√™me comme l'objet de la foi. Ils estiment aussi que, dans ce verset o√Ļ l'ap√ītre expose l'Ňďuvre accomplie en Christ pour nous, c'e√Ľt √©t√© trop insister sur la foi, condition subjective du salut, que de mentionner encore l'objet de cette foi. Pour ces raisons, ils rapportent les mots¬†: en son sang, soit √† moyen de propitiation¬†: il est un moyen de propitiation par son sang, soit au verbe¬†: Dieu l'a expos√© dans son sang, dans sa mort sanglante sur la croix.

      - Paul enseigne donc clairement que le sens et le but de la mort de Christ, c'est d'expier, de couvrir le péché. L'idée du pardon divin est souvent exprimée dans l'Ancien Testament par le mot "couvrir" le péché. Cette image provient des sacrifices, dans lesquels le sang des victimes était censé couvrir les péchés, les voiler aux regards de Dieu. (Psaumes 32.1 ; 65.4 ; 78.38 ; 79.8,9 ; Jérémie 18.23, etc.)

      Mais l'ap√ītre ajoute aussit√īt¬†: par la foi, afin que le p√©cheur, objet de cette immense mis√©ricorde, comprenne bien que l'Ňďuvre r√©demptrice ne doit pas rester en dehors de lui ni luim√™me rester √©tranger √† cette Ňďuvre. (comparez versets 22,24, notes)

      Ainsi la voie du salut, enseignée dans ces versets est renfermée tout entière dans ces trois termes :

      1¬į la gr√Ęce √©ternelle et gratuite de Dieu, qui est l'unique cause du salut

      2¬į Christ, que Dieu a expos√© dans son sang comme moyen de propitiation, et qui est le fondement objectif de ce salut

      3¬į la foi, qui en est la condition subjective, car c'est par elle que l'homme s'approprie personnellement le salut.

      26 Pour la démonstration de sa justice ; cette expression, deux fois répétée, (versets 25,26) indique le but du sacrifice du Sauveur ; Dieu a exposé son Fils comme moyen de propitiation pour démontrer sa justice.

      Par la justice de Dieu, il ne faut pas entendre ici, comme à verset 21, la justification que Dieu accorde gratuitement au pécheur.

      Si telle était sa pensée, Paul parlerait de "révélation" ou de "manifestation," et non de démonstration de la justice de Dieu. Ce sens ne s'accorderait du reste pas avec le contexte : "parce qu'il avait laissé impunis les péchés..."

      La justice est, ici comme à verset 5. l'attribut de Dieu, inséparable de sa sainteté, qui l'oblige à prendre une attitude négative à l'égard du péché, à le punir en frappant le pécheur, ou à le "couvrir" en établissant un moyen de propitiation par lequel sa réprobation du mal éclate aux yeux de tous.

      La justice divine devait être démontrée à la conscience humaine par la croix de Jésus Christ.

      Deux circonstances, en effet, pouvaient faire douter de la r√©alit√© de la justice de Dieu¬†: dans le pass√©, le fait qu'il avait laiss√© impunis les p√©ch√©s commis auparavant, (verset 25) dans le pr√©sent, le fait qu'il justifie gratuitement ceux qui croient. Dans le pass√©, la (grec) non punition des p√©ch√©s commis auparavant durant le temps de la patience de Dieu. Dieu avait laiss√© impunis (grec laiss√© de c√īt√©) les p√©ch√©s dans les temps qui avaient pr√©c√©d√© la venue de Christ, et que Paul appelle le temps de la patience de Dieu.

      Cette affirmation semble en contradiction avec le tableau que Paul a tracé de "la colère de Dieu, qui se révèle du ciel contre toute impiété et injustice des hommes." (Romains 1.18 et suivants)

      En fait, une somme effroyable de souffrances, cons√©quence du p√©ch√©, avait pes√© lourdement sur l'humanit√©. Mais ces souffrances n'√©taient point un ch√Ętiment √©quivalent au p√©ch√©. elles √©taient d'ailleurs in√©galement r√©parties¬†; elles n'√©taient pas proportionn√©es aux fautes commises par chaque p√©cheur. Aussi les hommes n'avaient-ils pas su, en g√©n√©ral, voir dans leurs souffrances la punition de leurs fautes.

      De plus, quand Paul parle du temps de la patience de Dieu, il consid√®re moins les individus que les peuples et l'humanit√©¬†: comme Dieu avait us√© de patience envers Isra√ęl, malgr√© ses r√©bellions et son incr√©dulit√©, il avait de m√™me us√© de patience envers l'humanit√© dans son ensemble, en ne la laissant pas rentrer dans le n√©ant apr√®s sa r√©volte. (Actes 17.30)

      Cette attitude tol√©rante de Dieu avait eu pour effet de voiler sa justice, de pousser les hommes √† la m√©conna√ģtre, √† la nier. Une d√©monstration √©clatante de cette justice √©tait n√©cessaire pour r√©veiller la conscience des p√©cheurs.

      Et dans le temps pr√©sent, si Dieu justifie gratuitement celui qui est de la foi en J√©sus (ce compl√©ment¬†: en J√©sus manque dans quelques documents, mais il est certainement authentique), il ne para√ģt plus comme celui qui est juste, qui maintient l'ordre moral, qui r√©compense les bons et punit les m√©chants.

      Ici également, la justice de Dieu a besoin d'être démontrée, pour ne pas courir le risque d'être révoquée en doute, et pour que le croyant lui-même puisse se convaincre que le pardon qui lui est accordé n'est pas au détriment de la justice de Dieu ; en d'autres termes, que ce pardon n'est pas une illusion. Or, par la mort expiatoire de Jésus-Christ, la justice de Dieu est démontrée.

      L'ap√ītre ne dit pas qu'elle est "satisfaite," car il n'enseigne pas que, en mourant, Christ ait subi une peine √©quivalente √† la somme des p√©ch√©s que Dieu devait punir. Mais, dans la mort de son fils, Dieu a suffisamment montr√© son horreur du p√©ch√© et la s√©v√©rit√© avec laquelle il le juge¬†; il a vivement repr√©sent√© √† l'homme le ch√Ętiment qu'il avait m√©rit√©.

      En contemplant la croix, sur laquelle Christ a donn√© sa vie pour nous, nous apprenons √† conna√ģtre l'√©tendue de notre faute, mais nous recevons aussi l'assurance que le pardon de nos p√©ch√©s, quels qu'ils soient, est une chose possible et certaine.

      La rédemption en Jésus-Christ a été, comme le dit Tholuck, "la divine théodicée dans l'histoire".

      27 27 à 31 Le nouveau moyen de salut, la justification par la foi, est d'accord avec la loi.

      Grec¬†: O√Ļ est donc la glorification de l'homme.

      Le terme de l'original indique moins le sujet de se glorifier que l'acte même de se glorifier, c'est-à-dire l'orgueilleuse vanterie de la propre justice. (Romains 2.17,23)

      O√Ļ est-elle¬†? La pr√©misse sous-entendue de cette triomphante conclusion est impliqu√©e dans la d√©claration de verset 23, qui r√©sumait l'argumentation du morceau pr√©c√©dent¬†: "Tous ont p√©ch√© et sont priv√©s de la gloire de Dieu."

      Le seul vrai moyen de justification est donc celui qui exclut tout m√©rite humain. Or l'accomplissement des Ňďuvres de la loi a pour effet d'exciter l'orgueil et de porter l'homme √† se glorifier. Par elle-m√™me et par sa destination primitive, la loi de l'ancienne alliance, la loi des Ňďuvres, devait avoir un effet tout contraire.

      Elle avait √©t√© donn√©e √† l'homme, non pour qu'il s'en f√ģt un pi√©destal, mais pour le convaincre de p√©ch√© et lui faire sentir son impuissance, en sorte qu'il "e√Ľt la bouche ferm√©e." Paul a montr√© (versets 9-20) que tel √©tait le but de la loi.

      Mais ce but la loi des Ňďuvres n'a pu l'atteindre¬†; il n'est atteint que par le nouveau moyen de salut, la r√©demption gratuite, la loi de la foi.

      Il en r√©sulte qu'il n'y a pas opposition entre la loi des Ňďuvres et la loi de la foi. Les deux tendent au m√™me but¬†: exclure toute glorification.

      La seule différence entre elles est que l'une atteint ce but, vainement poursuivi par l'autre.

      Or, arracher du cŇďur de l'homme cette racine de tout p√©ch√©, ce n'est pas le moindre bienfait de la loi de la foi¬†; elle rend le chr√©tien humble, tout en lui donnant l'assurance de son salut et en lui ouvrant la source de la saintet√©.

      "Quelle est la loi de la foi¬†? Le salut par gr√Ęce. C'est en cela que l'ap√ītre proclame la puissance de Dieu, que non seulement il sauve le p√©cheur, mais le rend juste sans Ňďuvres et l'am√®ne √† se glorifier en Dieu, en n'exigeant de lui que la foi." Chrysostome.

      Cette expression¬†: la loi de la foi est semblable √† celles-ci¬†: "la loi de l'Esprit de vie" (Romains 8.2) "√™tre sous la loi de Christ" (1Corinthiens 9.21) par elle l'ap√ītre fait pressentir, ce qu'il d√©clarera √† verset 31, que la foi implique la loi, non seulement en ce sens que la justification par la foi est une institution de Dieu tout aussi bien que la loi de Mo√Įse, mais parce que, conform√©ment √† l'exp√©rience que fait le croyant justifi√© par la foi, la vie de la foi, la vie en Christ est soumise elle aussi √† une loi, que l'on ne peut violer impun√©ment.

      La loi de la foi prescrit au chr√©tien de garder toujours une attitude r√©ceptive, d'attendre de la gr√Ęce de Dieu non seulement le pardon de ses p√©ch√©s et la justification, mais l'affranchissement graduel du p√©ch√©, la sanctification, les lumi√®res et les forces dont il a besoin pour servir Dieu.

      Tout cela est en un sens le don de Dieu, que le croyant doit accepter humblement pour obéir à la loi de la foi. Ainsi la loi de la foi exclut chez celui qui l'observe tout sujet de se glorifier.

      28 Cette conclusion (donc) correspond à la pensée exprimée au verset 20, et n'est pas moins absolue.

      Si l'une est désespérante pour l'homme, l'autre le relève et le remplit de consolation et de joie.

      Les deux moyens de salut¬†: les Ňďuvres de la loi et la foi qui justifie, s'excluent absolument¬†; il faut choisir.

      Vouloir les unir est une contradiction à la fois logique et morale.

      - Sin., A, D, Itala ont car, au lieu de donc.

      Il est préférable de voir dans la déclaration de ce verset une conclusion que les pensées suivantes (versets 29,30) confirment.

      29 A l'appui du nouveau moyen de salut, Paul avance, comme seconde preuve, un argument négatif, qu'il introduit par ou bien : si non, si l'affirmation précédente n'était pas fondée, si l'on soutenait le contraire...

      Le salut par la foi s'impose, s'il est vrai qu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui n'est pas seulement le Dieu des Juifs, mais le Dieu de tous les hommes.

      Les pa√Įens, en effet, ne pouvant avoir la pr√©tention d'arriver √† la justification par les Ňďuvres de la loi mosa√Įque, qu'ils ne connaissent pas, il en r√©sulterait, si le salut d√©pendait de ces Ňďuvres, que Dieu serait seulement le Dieu des Juifs¬†; il n'aurait manifest√© les desseins de sa mis√©ricorde qu'√† ce peuple, √† l'exclusion de tous les Gentils, qui n'avaient pas re√ßu la loi.

      Or l'ap√ītre, avec les proph√®tes et tout l'Ancien Testament, affirme le contraire¬†: Dieu est le Dieu de tous les hommes. Dans son √©ternel amour, il a trouv√© un moyen de salut accessible √† tous, et il les unit tous par un m√™me lien spirituel.

      En glorifiant ainsi la mis√©ricorde de Dieu, l'ap√ītre donne, dans ces versets 29,30. un argument frappant √† l'appui de son affirmation¬†: l'homme est justifi√© par la foi, sans les Ňďuvres de la loi. (verset 28)

      30 Puisque, en effet, est la leçon de D, majuscules

      - Sin., B, A, C portent : si vraiment.

      Par la foi...au moyen de la foi, l'ap√ītre emploie deux pr√©positions diff√©rentes, dont on peut rendre la nuance en paraphrasant¬†: "il tirera de la foi la justification de (grec) la circoncision et op√©rera par la foi celle de (grec) l'incirconcision."

      Pour les circoncis, la foi est le principe de leur justification, pour les incirconcis le moyen.

      Calvin voit dans ce changement de pr√©position une ironie¬†: "Qui ne voudra se passer d'une diff√©rence entre Juifs et pa√Įens, eh bien¬†! je lui en baillerai une, c'est que le premier obtient justice de la foi, le second par la foi."

      La plupart expliquent le changement de préposition par le désir de varier le style.

      31 Ce verset cl√īt l'argumentation d√©velopp√©e dans versets 27-30¬†: la justification par la foi est attest√©e par la loi et les proph√®tes, (comparez verset 21) car

      1¬į en √ītant √† l'homme tout sujet de se glorifier, elle est conforme √† la condamnation absolue que la loi prononce sur tout homme¬†; (versets 27,28)

      2¬į en excluant la justification par les Ňďuvres, qui n'est en aucun cas √† la port√©e des gentils, elle montre qu'il n'y a qu'un seul et m√™me Dieu pour Juifs et gentils et confirme ainsi l'unit√© de Dieu que proclame toute la loi. (versets 29,30)

      Apr√®s cette double d√©monstration, l'ap√ītre peut conclure en r√©ponse √† ses adversaires, Juifs ou jud√©o-chr√©tiens, qui l'accusaient d'annuler la loi par la foi¬†: Au contraire nous √©tablissons la loi, litt√©ralement. "nous la faisons tenir debout, nous la confirmons," en enseignant un moyen de justification qui est d'accord avec ses principes essentiels¬†: la compl√®te indignit√© de l'homme et l'unit√© de Dieu.

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