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Zacharie 9

    • 1

      Sentence. On a parfois ponctu√© apr√®s ce mot, comme s'il formait le titre g√©n√©ral des trois chapitres suivants. Mais le texte h√©breu conduit plut√īt √† le lier √† l'expression suivante : Parole de l'Eternel. C'est une d√©claration de Dieu qui a le caract√®re d'une sentence.

      Contre la terre d'Hadrac. Ce mot, qui ne se retrouve nulle part ailleurs et qui avait été expliqué autrefois d'une foule de manières, a reçu aujourd'hui sa vraie interprétation par le moyen d'inscriptions assyriennes. Il est en effet parlé à plusieurs reprises dans celles-ci d'un pays de Ha-ta-ri-ka comme désignant une partie de la Syrie, au nord et nord-est de la Palestine. On comprend ainsi les paroles suivantes : Elle s'arrête sur Damas ; la menace qui atteint le pays, frappe surtout sa capitale.

      L'Eternel a l'Ňďil sur les hommes. Non pas, comme on a traduit parfois : Sur l'Eternel sont dirig√©s les yeux des hommes. Ce qui fait que Dieu frappe les hommes, c'est que lui-m√™me les contemple.

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      Elle s'arr√™te aussi sur Hamath. Hamath sur l'Oronte, √† 120 kilom√®tres au nord de Damas, √©tait la ville la plus importante de la Syrie., apr√®s la capitale (Esa√Įe 10.9, note). Cette menace peut √™tre plac√©e dans la bouche d'un proph√®te du temps d'Amos et d'Esa√Įe (comparez les proph√©ties semblables de ces deux proph√®tes, Esa√Įe 17.1-14 ; Amos 1.3 et suivants) ; dans ce cas, elle aurait √©t√© accomplie lorsque Damas fut prise une premi√®re fois par le roi d'Assyrie, Tiglath-Pil√©ser (voir 2Rois 16.9), et une seconde fois par N√©bucadnetsar, peu avant la destruction de J√©rusalem. Mais elle peut aussi avoir √©t√© prononc√©e par le proph√®te Zacharie, apr√®s le retour de l'exil. Il faut alors en voir l'accomplissement √† l'√©poque de la conqu√™te de l'empire perse par Alexandre, lorsque la Syrie et Damas, qui en faisaient alors partie, furent occup√©es par le corps d'arm√©e envoy√© par ce souverain sous les ordres de Parm√©nion.

      Sur Tyr, ainsi que Sidon. La menace continue √† se diriger de l'est √† l'ouest ; elle arrive maintenant √† la Ph√©nicie, sur la c√īte de la M√©diterran√©e ; et comme ont √©t√© nomm√©es les deux principales villes de Syrie, ainsi sont nomm√©es aussi les deux plus importantes de ce pays. Comparez la note Ez√©chiel 28.20-26.

      Parce que sa sagesse est grande. Par son habileté, Tyr avait acquis d'immenses richesses et étendu son commerce dans toute la Méditerranée. De là son orgueil extraordinaire qui attire sur elle l'humiliation dont elle est menacée.

      3

      Tyr s'est construit une citadelle. Le proph√®te d√©signe ainsi, comme l'avait d√©j√† fait Esa√Įe 23.4, la nouvelle Tyr, qui avait √©t√© b√Ętie sur une √ģle situ√©e √† un kilom√®tre de la terre ferme et que cette situation et sa muraille de 45 m√®tres de haut rendaient presque imprenable. Elle fut assi√©g√©e par le roi d'Assyrie, Salmanasar, auquel elle r√©sista victorieusement pendant cinq ans ; plus tard par N√©bucadnetsar, qu'elle arr√™ta pendant treize ans et dont il n'est pas dit qu'il parvint √† la dompter. Alexandre-le-Grand parvint √† s'en emparer, apr√®s sept mois de si√®ge ; la plupart des habitants furent massacr√©s ou vendus, la ville fut livr√©e aux flammes, le m√īle √©lev√© par ce conqu√©rant pour donner l'assaut ne fut point d√©truit et Tyr perdit ainsi sa position insulaire et toute son importance commerciale.

      On voit que cette menace peut être mise également dans la bouche d'un prophète antérieur à l'exil et à Nébucadnetsar et dans celle du Zacharie d'après l'exil, antérieur à Alexandre-le-Grand.

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      Le Seigneur s'en emparera. Par le moyen du conquérant, qui lui servira d'instrument.

      Il frappera sur mer sa puissance. La puissance de Tyr, qui consistait dans ses flottes, ne pouvait √™tre d√©truite que sur mer. Il y a une antith√®se avec la ville elle-m√™me, qui ne peut √™tre d√©truite que sur terre. L'accomplissement de cette proph√©tie sur la destruction de Tyr n'a eu lieu, dans tous les cas, que sous Alexandre et non sous N√©bucadnetsar. C'est donc, l√† un trait plut√īt favorable √† l'opinion qui place l'auteur de cette proph√©tie apr√®s la captivit√©.

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      La sentence divine poursuit sa route en longeant, en quelque sorte, la mer du nord au sud, et elle arrive ainsi au pays des Philistins.

      Askalon le verra. Litt√©ralement : Qu'Askalon le voie¬†! Il s'agit du ch√Ętiment de la Syrie et de la Ph√©nicie qui vient d'√™tre d√©crit.

      Gaza... Ekron... Asdod (verset 6). Toutes les capitales de la confédération des Philistins. Gath, qui manque, comme dans Sophonie 2.4, était probablement déjà incorporée à Juda (voir note Sophonie 2.4).

      Son espérance : la ville de Tyr, en qui Ekron mettait son espoir de secours.

      Plus de roi √† Gaza. C'est sur ces mots que l'on se base surtout pour soutenir que cette proph√©tie ne peut appartenir qu'√† une √©poque ant√©rieure √† la conqu√™te de ces contr√©es par les Assyriens et par les Chald√©ens, et provient, par cons√©quent, d'un proph√®te ant√©rieur √† l'exil. Mais les Perses qui, depuis la chute de Babylone, dominaient sur ces pays, avaient l'habitude de laisser aux peuples conquis une certaine ind√©pendance. Nous savons sp√©cialement que, quand Alexandre-le-Grand traversa cette contr√©e, Gaza avait un chef (selon Denys d'Halicarnasse) ou un roi (selon H√©g√©sias), qui lui opposa une r√©sistance h√©ro√Įque. Ce prince gouvernait √©videmment au nom du roi de Perse. Apr√®s une d√©fense de plusieurs mois, la ville fut prise et saccag√©e. Le proph√®te n'oppose pas ici un roi tributaire √† un souverain ind√©pendant, mais un district ayant son gouvernement propre √† un district annex√© √† la th√©ocratie. Le pays des Philistins rentrera d√©sormais dans cette seconde cat√©gorie.

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      Une race abjecte demeurera. Le mot que nous traduisons par race abjecte ne se retrouve que Deut√©ronome 23.2-3, o√Ļ il d√©signe un enfant n√© d'une union ill√©gale. Asdod si fi√®re tombera au pouvoir d'aventuriers.

      Je retrancherai l'orgueil. Toute cette conf√©d√©ration philistine, qui avait constamment tenu en √©chec le peuple d'Isra√ęl, sera abaiss√©e.

      7

      J'√īterai son sang de sa bouche... Le peuple philistin est personnifi√© dans ces mots comme un adorateur des faux dieux qui, apr√®s leur avoir offert un sacrifice, boit le sang de la victime et mange la chair offerte √† l'idole. La menace qui lui est faite de lui arracher ces aliments impurs, se transforme dans les derniers mots en une promesse. Gu√©ri de son idol√Ętrie, le reste du peuple philistin sera incorpor√© au peuple de Dieu.

      Comme un chef en Juda. Il formera l'un de ces milliers ou groupes de familles gouvern√©s par un chef et dont chaque tribu isra√©lite renfermait un certain nombre (Mich√©e 5.1, note ; 1Samuel 23.23) ; mais cela ne s'applique qu'au reste du peuple, de m√™me que les promesses ne sont jamais faites √† Isra√ęl qu'en vue du reste saint qui subsistera apr√®s la purification op√©r√©e par le jugement.

      Comme un J√©busien. Pour illustrer cette id√©e de l'incorporation du peuple philistin au peuple de Dieu, Zacharie rappelle ce qui s'√©tait pass√© sous David √† l'√©gard des anciens habitants canan√©ens de J√©rusalem, les J√©busiens. Apr√®s que David eut pris la citadelle (2Samuel 5.6), ils se fondirent dans le peuple d'Isra√ęl, dont ils adopt√®rent les mŇďurs et la religion. Comparez l'histoire d'Arauna, 2Samuel 24.16 et suivants. Aussi l'Ancien Testament ne les nomme-t-il plus au nombre des peuplades idol√Ętres de la Palestine.

      Si cette proph√©tie a un champ aussi limit√© que la Syrie, la Ph√©nicie m√©ridionale et la Philistie, c'est sans doute parce qu'elle est destin√©e √† rappeler les anciennes promesses relatives au domaine normal du peuple de Dieu. Comparez pour la Syrie Gen√®se 15.18 ; Deut√©ronome 11.21 ; Ez√©chiel 47.15 et suivants. On se demande encore pourquoi il n'est question que des voisins du nord et de l'ouest, et non d'Ammon, Moab, Edom, √† l'est et au sud. Cela serait bien difficile √† expliquer, si notre proph√®te vivait √† la m√™me √©poque que les anciens proph√®tes, tels qu'Amos et Esa√Įe, qui ont des menaces si s√©v√®res pour ces peuples ; tandis qu'apr√®s la captivit√© ils avaient, en quelque sorte, disparu de la sc√®ne, apr√®s avoir √©t√© extermin√©s √† la suite des conqu√™tes babyloniennes.

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      En face du jugement qui frappera les pays situés au nord et à l'ouest de Juda, le prophète décrit la protection signalée que Dieu accordera à son peuple.

      Je camperai autour de ma maison. Comme l'Eternel avait dit qu'il serait une muraille de feu autour de la nouvelle J√©rusalem, il promet ici d'√™tre comme une arm√©e camp√©e autour de sa maison. Si ce mot d√©signe l'ancien temple, qui, malgr√© cette promesse, a √©t√© d√©truit par N√©bucadnetsar, il faut attribuer, dans ce cas, le non accomplissement de la promesse √† l'infid√©lit√© d'Isra√ęl. Si c'est le Zacharie d'apr√®s l'exil qui parle ainsi, la maison est le temple que l'on √©tait occup√© √† reb√Ętir en ce moment m√™me et auquel Dieu promettrait sa protection toute sp√©ciale jusqu'√† l'√©poque du Messie. Ce second sens est plus naturel et l'accomplissement plus √©vident.

      Pour éloigner toute armée... les allants et les venants. Dieu promet d'écarter de Jérusalem et du temple toute armée ennemie parcourant, ces contrées et ravageant la Palestine.

      Car maintenant j'ai vu de mes yeux. Il y a ici une opposition entre l'avenir et le pass√©, qui s'explique plus facilement apr√®s qu'avant la captivit√©. Pr√©c√©demment, dit Dieu, j'ai ferm√© les yeux et laiss√© faire, de sorte que mon peuple a √©t√© en proie √† ses ennemis ; mais maintenant, mes yeux seront ouverts et je garderai mon peuple... Cette expression rappelle celles qu'avait employ√©es Zacharie 3.9 ; 4.10, o√Ļ les yeux de l'Eternel √©taient d√©j√† les embl√®mes de sa providence.

      Quant √† la promesse faite √† J√©rusalem, on s'√©tonnerait qu'un proph√®te du temps d'Esa√Įe et d'Amos e√Ľt pu promettre une d√©livrance aussi compl√®te, sans parler en aucune fa√ßon du jugement qu'annon√ßaient les autres proph√®tes et sans dire que les promesses s'appliquaient, non pas √† tout le peuple, mais uniquement au saint reste, √† la suite du jugement. En √©change l'histoire constate qu'Alexandre-le-Grand, apr√®s la bataille d'Issus, suivit avec son arm√©e victorieuse la c√īte de la Palestine, jusqu'en Egypte, en d√©truisant Tyr et Gaza et ne faisant aucun mal √† J√©rusalem. A travers les crises qui suivirent sous les successeurs d'Alexandre, la ville et le temple furent sans doute momentan√©ment occup√©s par les Syriens ; mais J√©rusalem fut pr√©serv√©e de la ruine et devint m√™me, sous les H√©rodes, l'une des villes les plus c√©l√®bres de l'Orient. Quant aux Philistins, les restes de ce peuple furent incorpor√©s √† la th√©ocratie sous les successeurs des Maccab√©es, et ils disparurent en m√™me temps comme nation. Autant il serait difficile de d√©montrer l'accomplissement de la proph√©tie, si on la met dans la bouche d'un ancien Zacharie, autant cet accomplissement est manifeste, d√®s qu'on l'attribue au Zacharie du temps de Zorobabel et de J√©hosua.

      9

      9 et 10 La venue du Messie.

      Le verset 8 faisait déjà penser à l'époque messianique ; car la protection promise au peuple avait pour but de le maintenir jusqu'à cette époque. Dans les versets 9 et 10, le prophète voit se déployer devant lui l'apparition glorieuse du Messie et la fondation de son règne.

      Tressaille de joie ! Comme on le fait en allant au-devant d'un monarque aimé et attendu, qui s'approche enfin.

      Ton roi vient. J√©rusalem avait eu des rois, mais nul d'entre eux n'√©tait son roi dans le sens vrai de cette expression : le roi promis de tout temps par l'Eternel, celui dont le r√®gne se confond avec le r√®gne de Dieu ici-bas. Cette expression ton roi vient se comprend mieux dans un temps o√Ļ le tr√īne d'Isra√ęl n'√©tait pas occup√© qu'√† l'√©poque o√Ļ il avait un roi visible.

      Juste : non pas seulement celui qui a le droit pour lui ou qui est juste dans sa propre mani√®re d'agir, mais, puisqu'il s'agit d'un roi, celui qui fait r√©gner la justice. Comparez Esa√Įe 11.1-5.

      Protégé. Littéralement, sauvé ou aidé ; on cite même un mot arabe analogue (participe passif comme celui-ci) qui signifie victorieux. En tout cas, il n'est pas possible de traduire, comme on le fait d'ordinaire : Sauveur. Le sens est qu'il sera entouré de la bénédiction divine et, par elle, protégé, aidé, secouru, et ainsi mis en état d'écarter de son peuple tout ennemi et de lui procurer toutes les faveurs de Dieu.

      Humble : non pas humilié, affligé, comme on a expliqué quelquefois ; une telle expression ne cadrerait pas avec l'invitation du commencement : Réjouis-toi. Le prophète continue à caractériser l'opposition entre ce souverain et les rois de la terre. Non seulement il est juste et puissant en Dieu, mais il est plein de douceur, d'affabilité, de débonnaireté.

      Et mont√© sur un √Ęne et sur un poulain d'√Ęnesse. En Orient, l'√Ęne n'est pas un animal m√©pris√© comme chez nous. Dans les premiers temps de l'histoire d'Isra√ęl, c'√©tait la monture des princes et des chefs, Juges 5.10 ; 10.4 ; 2Samuel 17.23. Ce ne fut que plus tard que le cheval et le mulet furent pr√©f√©r√©s. L'√Ęne est ici le symbole du caract√®re pacifique du Roi-Messie, tandis que les oppresseurs, mentionn√©s au verset 8, √©taient cens√©s mont√©s sur des chevaux de guerre. Comparez verset 10, qui est √©videmment en rapport d'opposition avec celui-ci. Comparez aussi Deut√©ronome 17.16 et Esa√Įe 2.6-9. Le roi vient faire la conqu√™te du monde, non l'√©p√©e √† la main, mais par le secours de Dieu, en parlant de paix (verset 10). Les deux expressions √Ęne et poulain d'√Ęnesse n'indiquent pas deux animaux diff√©rents ; cette r√©p√©tition est conforme aux lois du parall√©lisme en usage dans la po√©sie h√©bra√Įque. Il n'est pas n√©cessaire d'admettre que Matthieu 21.4-7 exprime une id√©e diff√©rente.

      L'accomplissement de ce tableau proph√©tique n'a pas eu lieu seulement le jour o√Ļ J√©sus est entr√© sur un √Ęnon √† J√©rusalem : sa vie enti√®re a √©t√© la r√©alisation de l'id√©al du Roi pacifique trac√© √† l'avance par Zacharie. Si J√©sus a voulu, dans un moment particulier de sa vie, accomplir litt√©ralement la proph√©tie, c'√©tait dans le but d'ouvrir les yeux aux plus aveugles.

      10

      Je retrancherai d'Ephra√Įm. L'Eternel, par le moyen du Messie, commencera par se former un peuple d'enfants de paix, du sein duquel la force brutale sera bannie. Puis, il travaillera √† √©tendre ce r√®gne de paix √† la terre enti√®re. C'est ainsi qu'au Psaume 110 David avait d√©j√† contempl√© le Messie faisant la conqu√™te du monde au moyen d'une arm√©e de sacrificateurs, partant de Sion et parcourant la terre dans une sainte pompe (Psaumes 110.2-3).

      Comme il s'agit d'Isra√ęl restaur√© et purifi√©, les restes d'Ephra√Įm en font partie aussi bien que Juda, et cette expression ne peut, par cons√©quent, rien prouver en faveur de la composition de cette proph√©tie avant la destruction du royaume de Samarie.

      Il parlera de paix. On a entendu ces mots en ce sens : Il commandera la paix, il interdira les hostilit√©s ; mais le mot parler ne peut gu√®re avoir ce sens et signifie plut√īt qu'il gagnera par ses paroles les peuples √† la paix. Esa√Įe 9.5 et Mich√©e 5.4, avaient d√©j√† caract√©ris√© le Messie comme roi de paix.

      Du fleuve jusqu'aux extr√©mit√©s... Cette expression para√ģt tir√©e de Psaumes 72.8. Elle est assez obscure. Si l'on veut y trouver l'indication des quatre points cardinaux, il faut voir dans les deux mers les limites occidentale et orientale car les anciens se repr√©sentaient la terre comme entour√©e d'eau. Le fleuve, l'Euphrate, repr√©senterait ici la limite septentrionale, et les extr√©mit√©s de la terre, les pays m√©ridionaux. Mais l'on peut comprendre aussi d'une autre mani√®re. Comme le royaume de Salomon √©tait born√© √† l'occident par la M√©diterran√©e et √† l'orient par l'Euphrate, on peut partir de ces deux limites, de la premi√®re pour aller toujours plus √† l'occident jusqu'√† ce qu'on rencontre la seconde mer qui baigne les terres occidentales (l'Oc√©an Atlantique), et du fleuve (l'Euphrate) pour aller du c√īt√© de l'orient jusqu'√† l'extr√©mit√© du continent de l'Asie.

      Il est √©vident que l'accomplissement de cette proph√©tie embrasse toute la fin des temps, depuis la venue du Messie jusqu'√† sa compl√®te domination sur la terre. Isra√ęl a √©t√© conserv√© en quelque sorte miraculeusement, avant et apr√®s cette venue, avant, pour que le Messie p√Ľt na√ģtre dans son sein, et apr√®s, pour qu'il puisse avoir part, lui aussi, √† la promesse qui lui avait √©t√© faite si sp√©cialement. S'il en est priv√©, maintenant, c'est par sa faute. Les promesses de Dieu sont conditionnelles, et ce n'est pas pour rien qu'il avait dit √† son peuple, dans la proph√©tie pr√©c√©dente : Mais aimez la v√©rit√© et la paix¬†!

      11

      Et pour toi aussi. Isra√ęl est ici interpell√© sp√©cialement par le proph√®te, en opposition √† l'ensemble des nations, verset 10.

      A cause du sang de ton alliance : l'alliance que Dieu avait contract√©e avec Isra√ęl au Sina√Į et qui avait √©t√© scell√©e par le sang d'une victime (Exode 24.8).

      Tes captifs : tous les membres du peuple qui ne sont pas encore revenus de captivit√© au moment o√Ļ parle le proph√®te. Evidemment, ce langage convient mieux dans la bouche de Zacharie vivant apr√®s l'exil que dans celle d'un proph√®te qui aurait parl√© avant la destruction des deux royaumes. Ce qui est l'avenir pour l'homme qui parle comme le fait ici le proph√®te, ce n'est pas la captivit√©, mais la d√©livrance.

      De la fosse sans eau. Image du pays de la captivit√©, o√Ļ l'on souffre sans p√©rir. Il semble que le proph√®te pense au puits au fond duquel fut jet√© Joseph (Gen√®se 37.24). Ce rapprochement para√ģt d'autant plus naturel qu'il vient de parler d'Ephra√Įm, la tribu descendant de ce patriarche.

      12

      Il invite les captifs à se lever et à rentrer dans leur patrie.

      Au lieu fort. Image oppos√©e √† celle de la fosse sans eau ; repr√©sentant le pays d'Isra√ęl, qui, sous le r√®gne du Messie, sera devenu inaccessible aux ennemis du dehors.

      Captifs d'espérance. Captifs sur lesquels plane encore une glorieuse espérance, qui ne peut manquer de se réaliser parce qu'elle repose sur les promesses divines.

      Encore aujourd'hui. Peut-√™tre y a-t-il allusion √† la promesse Esa√Įe 61.7, o√Ļ la m√™me expression est employ√©e pour exprimer la m√™me id√©e. Ou bien le proph√®te voudrait-il dire : M√™me en ce jour o√Ļ la position mis√©rable du peuple semble si oppos√©e √† une si grande esp√©rance.

      Je te d√©dommagerai au double. Le double de bonheur et de gloire, en proportion des souffrances pass√©es, Esa√Įe 61.7.

      13

      D√®s le verset 13, le ton change. Isra√ęl n'est plus un captif qui rentre dans sa patrie ; c'est un h√©ros jouissant de sa libert√© et dont l'Eternel arme le bras pour frapper ses ennemis. Le tableau suivant est un encouragement donn√© au peuple que l'Eternel a repris sous sa conduite.

      Je bande Juda comme un arc... Juda est repr√©sent√© comme un arc dans la main de Dieu, Ephra√Įm comme la fl√®che dont il l'arme. Apr√®s avoir ainsi fortifi√© son peuple, il l'envoie contre un ennemi tout nouveau. Cet ennemi est nomm√© Javan, c'est-√†-dire, d'apr√®s le sens de ce mot dans tout l'Ancien Testament, les Grecs. Les Isra√©lites n'avaient eu avec ce peuple aucun contact imm√©diat dans les temps ant√©rieurs √† la captivit√©. Jo√ęl 3.16 parle, il est vrai, de captifs isra√©lites vendus aux Grecs par les Philistins, et ceux qui mettent Zacharie chapitres 9 √† 14 dans la bouche d'un proph√®te des temps d'Os√©e et d'Esa√Įe rapportent √† ce fait la punition dont Javan est ici menac√©. Mais d'abord, cette circonstance n'√©tait-elle pas trop insignifiante pour justifier les menaces contenues dans notre passage¬†? Les vrais coupables, dans cet acte, n'√©taient pas ceux qui avaient achet√©, mais ceux qui avaient vendu et qui sont aussi les seuls repris et menac√©s par Jo√ęl (comparez versets 4 avec 7 et 8). En g√©n√©ral, Javan, comme ennemi d'Isra√ęl, est enti√®rement en dehors de l'horizon des proph√®tes d'avant l'exil, et rien n'est plus propre √† prouver la composition de nos trois chapitres √† une √©poque post√©rieure √† celle de la captivit√© que cette guerre contre la Gr√®ce, dont l'Eternel lui-m√™me donne √† son peuple le signal. C'est apr√®s le retour de l'exil que la Gr√®ce prend √©galement, dans les proph√©ties de Daniel, une place importante dans l'avenir d'Isra√ęl.

      14

      14 et 15 Description figur√©e d'une victoire √©clatante remport√©e par les Isra√©lites sur la puissance grecque. L'Eternel appara√ģt comme un h√©ros, en plein combat. Son intervention est compar√©e √† la venue d'un ouragan. Il combat pour son peuple, qui d√©vore ses ennemis et s'abreuve de leur sang, de mani√®re √† en √™tre enivr√©, comme la coupe avec laquelle, on fait aspersion sur l'autel des holocaustes est remplie du sang de la victime, comme les angles de cet autel en sont inond√©s (Exode 29.12). L'autel √©tait asperg√© de sang sur ses quatre c√īt√©s. L√©vitique 1.11 ; 8.15.

      16

      Ainsi vainqueur, Isra√ęl pourra prosp√©rer librement dans son pays sous le r√®gne de son Roi-Messie.

      Comme le troupeau... Zacharie affectionne cette image : 10.2-3 ; 11.4.

      Des pierres de diad√®me. Quelques interpr√®tes opposent cette image √† celle de, pierres de fronde, verset 15, qu'ils appliquent aux ennemis d'Isra√ęl. Il n'est pas besoin de cette opposition pour comprendre ce que veut dire le proph√®te : chaque Isra√©lite, sur le sol de la Terre Sainte sera semblable √† une pierre pr√©cieuse qui resplendit sur un diad√®me.

      17

      Ainsi, dans la terre d'Isra√ęl, na√ģtra une g√©n√©ration admirable de saintet√©, de force et de beaut√©.

      On se demande ce qui, √† la suite du retour de l'exil, a pu attirer l'attention du proph√®te sur la Gr√®ce. Mais si l'on se rappelle le sens de la vision du chapitre 6, o√Ļ nous avons vu le jugement divin, sous l'image des deux premiers groupes de chevaux, se diriger vers la Babylonie et vers la Perse, nous comprendrons qu'apr√®s la d√©faite de ces deux ennemis du r√®gne de Dieu en Orient, le regard du proph√®te se tourne vers l'Occident, o√Ļ il rencontre Javan comme le principal repr√©sentant de l'humanit√© pa√Įenne et hostile au r√®gne de Dieu dans ces contr√©es. Et s'il avait connaissance de la proph√©tie, de Daniel sur les quatre monarchies, il devait bien savoir qu'√† la suite du lion babylonien et de l'ours persan se l√®verait le l√©opard de Javan. Au moment m√™me o√Ļ Zacharie parlait, le roi Darius pr√©parait sa grande exp√©dition contre la Gr√®ce ; ce pays devenait ainsi l'un des facteurs les plus importants de l'histoire. En tout cas, l'essentiel est que, d√©sormais, la lutte du r√®gne de Dieu contre la puissance terrestre et le paganisme se pr√©sente ici comme dirig√©e, non plus vers l'Orient, mais vers l'Occident. Et si nous recherchons dans l'histoire l'accomplissement de ce tableau, ne le rencontrerons-nous pas dans cette lutte h√©ro√Įque d'Isra√ęl avec la puissance gr√©co-syrienne, par laquelle il maintint la religion de J√©hova et la conserva pour le monde, tout en recouvrant son ind√©pendance politique¬†? Cette √©poque des Maccab√©es ne fut pas seulement celle de la lutte d'un peuple avec un autre peuple, mais de la lutte de la religion v√©ritable avec le paganisme. Voil√† pourquoi elle a pu √™tre l'objet d'une r√©v√©lation proph√©tique, comme celle que nous venons d'√©tudier. C'est par ce triomphe qu'Isra√ęl a montr√© qu'il √©tait r√©ellement sorti de la captivit√© de Babylone comme un peuple purifi√© de l'idol√Ętrie et identifi√© avec le monoth√©isme, digne par cons√©quent, de recevoir le Messie, dont la venue lui avait √©t√© assur√©e au commencement de cette proph√©tie. Cette lutte a √©t√© √† la fois militaire et religieuse, et c'est pr√©cis√©ment avec ce double caract√®re qu'elle se pr√©sente dans le tableau trac√© par Zacharie. O√Ļ retrouver quelque chose de pareil dans les temps qui ont pr√©c√©d√© soit la destruction du royaume des dix tribus, soit celle du royaume de Juda¬†?

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