TopCartes x PLM collab

Actes 17

    • 1 Chapitre 17.

      1 à 15 Thessalonique et Bérée.

      Trois villes de la Macédoine, situées au sud-ouest de Philippes et reliées par une route romaine, la via Egnatia.

      Amphipolis, cheflieu du premier district de la Macédoine, était à une journée de marche de Philippes et Apollonie à une journée d'Amphipolis.

      Thessalonique (voir sur le s√©jour de Paul dans cette ville l'introduction √† la premi√®re √©p√ģtre aux Thessaloniciens) √©tait le chef-lieu du second district de la Mac√©doine et un port de mer. Elle √©tait alors d√©j√† importante par son commerce. Elle l'est demeur√©e jusqu'√† nos jours, sous le nom de Salonique.

      Dans cette ville se trouvait une synagogue, selon le texte de Sin., B, A, D, non la synagogue, comme portent les majuscules plus r√©cents¬†; l'article signifierait que c'√©tait la seule qu'il y eut dans la contr√©e, celle o√Ļ se rendaient les Juifs des autres villes.

      2 Selon sa coutume, comme nous le voyons dans tous ses voyages de missions. (Actes 13.5,14 ; 14.1 notes.) Paul qui avait tant souffert déjà de la part des Juifs, (Actes 13.45,50 ; 14.2,5,19) savait bien à quoi il s'exposait en agissant ainsi à Thessalonique, et lui-même rappelait aux chrétiens de cette ville tout le courage qu'il lui avait fallu pour leur annoncer l'Evangile après la persécution endurée à Philippes. (1Thessaloniciens 2.2)
      3 Durant trois sabbats, il discuta ; on pourrait aussi traduire : il s'entretint, dialogua avec eux, mais, comme sans doute on lui faisait des objections, les entretiens prenaient le caractère de la discussion.

      Tout cela avait lieu d'après les Ecritures, grec depuis les Ecritures en les prenant pour point de départ. On peut aussi joindre ce complément aux participes qui suivent.

      Ce qu'il expliquait et exposait en le prouvant par les Ecritures, c'était un grand principe et un grand fait.

      Le principe, parfaitement √©tranger √† toutes les notions des Juifs, √©tait qu'il fallait que le Christ, le Messie, souffrit et ressuscit√Ęt d'entre les morts.

      Les Juifs attendaient un Messie puissant et glorieux, et d√®s lors ils ne pouvaient admettre sa mort. Paul leur prouvait que cette mort avait d√Ľ arriver non seulement parce qu'elle √©tait pr√©dite dans les Ecritures, mais parce qu'elle √©tait indispensable √† l'Ňďuvre de la r√©demption du monde. (Luc 24.25)

      Le fait qu'√©tablissait l'ap√ītre, c'est que le Messie √©tait apparu dans la personne de ce J√©sus qu'il annon√ßait.

      4 Des Juifs de naissance, quelques-uns seulement crurent et se joignirent à Paul et à Silas.

      (Grec¬†: leur furent adjug√©s par Dieu, litt√©ralement¬†: leur tomb√®rent par le sort.) Remarquable expression de l'Ňďuvre de la gr√Ęce, mais qu'il ne faudrait pas mal comprendre.

      Quant aux Grecs craignant Dieu, c'est-√†-dire aux pros√©lytes n√©s pa√Įens, qui, par un profond besoin religieux, avaient cru au vrai Dieu, il y en eut une grande multitude qui furent amen√©s au Sauveur. (Comparer Actes 14.1¬†; 16.14)

      Parmi eux se trouvaient (grec) des premières femmes pas peu nombreuses.

      D'apr√®s 1Thessaloniciens 1.9, l'Eglise √©tait presque exclusivement compos√©e de pa√Įens convertis. Cela n'infirme pas les donn√©es de Luc, car il a soin de dire que les Juifs n'√©taient que quelques-uns et les pros√©lytes une multitude.

      7 Le texte reçu porte : les Juifs incrédules et devenus jaloux.

      D et le texte occidental portent seulement : les Juifs incrédules.

      La conduite de ces Juifs prouve que de tels termes les caractérisent fort bien. Ils recrutent quelques méchants hommes (grec) de ceux qui se tiennent sur la place publique, c'est-à-dire de la populace, et ils suscitent une émeute qui trouble la ville.

      Ils cherchent Paul et Silas dans la maison de Jason, un disciple, du reste inconnu, qui les logeait chez lui, (verset 7) et, ne les ayant pas trouv√©s, ils tra√ģnent Jason et quelques fr√®res devant les magistrats de 1a ville, (grec) les politarques.

      Le titre a été retrouvé sur des inscriptions, qui nous apprennent que ces politarques étaient alors au nombre de cinq ou six à Thessalonique.

      Devant les magistrats, les persécuteurs font entendre contre les missionnaires ces banales accusations politiques qui se reproduisent partout, depuis qu'elles furent proférées contre Jésus lui-même. (Luc 23.2 ; Jean 19.12)

      9 On peut rendre le sens du participe grec en traduisant : Ils ne les laissèrent aller qu'après avoir reçu caution.

      Luc ne dit pas en quoi consista cette caution (grec l'équivalent, le suffisant), mais comme les principaux accusés, Paul et Silas, étaient absents, (verset 10) et que Jason et les autres frères étaient connus dans la ville, les magistrats se contentèrent d'une garantie que la tranquillité ne serait plus troublée.

      10 Bérée, autre ville de la Macédoine, située à l'ouest de Thessalonique. Là encore, malgré l'inimitié que les Juifs venaient de témoigner à Paul, (verset 5) c'est à eux qu'il annonce tout d'abord le salut. (Actes 13.5,14, note, Actes 14.1)
      11 Pour savoir si la prédication de Paul était en harmonie avec les Ecritures.

      En cela ces Juifs de Bérée montrèrent des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique. Il faut une vraie noblesse d'esprit pour se mettre au dessus des préjugés et savoir écouter, examiner et recevoir la Parole de vérité.

      C'est ainsi que cette Parole produit la conviction et la foi. (verset 12) Quel contraste avec l'aveugle fanatisme des Juifs de Thessalonique ! (versets 5,13)

      Notre récit montre que Paul, malgré son autorité apostolique, n'exigeait point que ses auditeurs le crussent sur parole, mais approuvait l'empressement avec lequel ils examinaient ce qu'il leur disait.

      "C'est le caractère de la vraie religion, qu'elle se laisse examiner et juger." Bengel.

      12 L'adjectif grecques, appliqué ici à ces femmes de distinction, peut, d'après l'original, se rapporter aussi aux hommes, qui, en assez grand nombre, crurent.

      Cette √©pith√®te d√©signe sans doute des pros√©lytes n√©s dans le paganisme, mais n'exclut pas des pa√Įens proprement dits. C'est parmi les Grecs que l'Evangile trouvait le plus d'acc√®s. (Actes 17.4¬†; Actes 14.1,16.14)

      13 Ces Juifs, pouss√©s par leur fanatisme, poursuivent Paul de Thessalonique √† B√©r√©e et le forcent bient√īt d'abandonner ce beau champ de travail.

      Grec : agitant et troublant la foule, le texte reçu omet le second de ces participes, qui se lit dans Sin., B, A, D.

      14 Jusqu'à la mer : cette expression indique que Paul et ceux qui l'accompagnaient allèrent par mer à Athènes, ce que le verset 15 laisse indécis.

      Le texte reçu et les majuscules récents ont une variante qu'on traduit par : comme pour aller vers la mer.

      Plusieurs exégètes, depuis Théodore de Bèze, en adoptant cette leçon pensent qu'il ne s'agit là que d'une feinte pour échapper aux adversaires, et qu'ensuite Paul et ses amis firent par terre le voyage d'Athènes. Mais la traduction sur laquelle se fonde cette hypothèse est contestable.

      15 Silas et Timoth√©e sont laiss√©s par Paul √† B√©r√©e pour affermir les nouveaux croyants¬†; mais seul √† Ath√®nes, l'ap√ītre leur fait dire de venir aupr√®s de lui d√®s qu'ils le pourraient.

      O√Ļ est-ce qu'ils le rejoignirent¬†? (Voir sur cette question, qui pr√©sente une difficult√© historique, Actes 18.5, note.)

      Quant √† Timoth√©e, notre r√©cit ne l'a plus mentionn√© depuis Actes 16.1-3. Est il rest√© √† Philippes, pour ne rejoindre Paul qu'√† B√©r√©e¬†? Ou bien a-t-il accompagn√© Paul et Silas dans tout leur voyage, sans que l'historien des Actes juge√Ęt n√©cessaire de mentionner sa pr√©sence¬†?

      Cette dernière supposition est plus naturelle, car le séjour des évangélistes à Thessalonique dut être assez prolongé, (Philippiens 4.16) et si Timothée n'avait pas été connu des Thessaloniciens, Paul le leur aurait-il envoyé d'Athènes ? (1Thessaloniciens 3.1 et suivants)

      Dans D (texte occidental), verset 15 est ainsi con√ßu¬†: "Ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu'√† Ath√®nes. Or il passa √† c√īt√© de la Thessalie¬†; car il fut emp√™ch√© de leur pr√™cher la parole. Et, apr√®s avoir re√ßu de Paul, pour Silas et Timoth√©e, l'ordre de venir vers lui au plus t√īt, ils partirent." (Comparer Actes 16.6)

      16 16 à 34 Paul à Athènes.

      Les historiens anciens sont unanimes à célébrer tous ces temples et toutes ces statues de divinités diverses auxquelles on rendait un culte. Ils nous apprennent aussi quelles superstitions régnaient dans ce peuple léger et frivole, celles-ci produisent dans l'esprit de Paul une douloureuse irritation.

      Le verbe que nous rendons par s'irriter ne se retrouve que 1Corinthiens 13.5, et le substantif d'o√Ļ il d√©rive, Actes 15.39¬†; H√©breux 10.24.

      17 Donc, pouss√© par son z√®le et stimul√© par l'indignation que lui inspirait la vue de tant d'idol√Ętrie, l'ap√ītre, qui d'abord ne voulait qu'attendre √† Ath√®nes l'arriv√©e de ses amis, (verset 15) consacra tout son temps √† l'√©vang√©lisation.

      Les jours de sabbat, il discutait ou s'entretenait (verset 2, note) avec les Juifs et les prosélytes dans la synagogue ; et durant la semaine, sur la place publique, avec ceux qui s'y trouvaient.

      Cette place était la célèbre Agora, qui servait à la fois de marché et de lieu de réunion, et sur laquelle le peuple s'assemblait pour entendre des orateurs ou pour traiter des affaires publiques.

      18 Les épicuriens, disciples d'Epicure (342-270 avant J.-C.), enseignaient une sorte de matérialisme, niaient l'action de Dieu dans le gouvernement du monde plaçaient le bien suprême dans la jouissance et disaient que, pour y parvenir, il fallait se maintenir dans un repos exempt de passions et de soucis.

      Les sto√Įciens, disciples de Z√©non (n√© vers 340 avant J.-C.), ainsi nomm√©s parce que ce philosophe donnait ses le√ßons sous un portique (en grec stoa), √©taient les panth√©istes du temps. Pour eux, Dieu √©tait l'√Ęme du monde, dont l'√Ęme humaine n'√©tait qu'une √©manation, mais sans existence personnelle apr√®s cette vie. Selon eux, l'homme peut arriver √† la vertu et supporter la douleur par ses propres forces.

      Ni les uns ni les autres n'√©taient dans des dispositions favorables pour entendre l'Evangile que Paul annon√ßait. Chez les premiers la recherche du plaisir √©touffait les aspirations sup√©rieures √† la saintet√© et √† la vie √©ternelle¬†; et les seconds √©taient emp√™ch√©s par leur orgueil et l'illusion de leur force propre de recevoir le message de la gr√Ęce qui n'est accueilli que par des cŇďurs humbles et contrits.

      Grec : ce spermologue. A l'origine, ce mot désignait un oiseau, en particulier la corneille, qui ramassait la semence répandue en terre, et qui, par ses cris, était devenue à la fois le type du parasite et du bavard. C'est dans ce dernier sens que le mot est pris ici, il devait être l'expression d'une méprisante ironie.

      M. Blass rel√®ve le caract√®re tout ath√©nien de ce terme, employ√© par D√©mosth√®ne, et estime qu'il fut s√Ľrement prononc√© par les auditeurs de Paul.

      La plupart de nos versions le rendent par discoureur, celle de Lausanne, par semeur de paroles, ce qui est précisément l'inverse de l'étymologie ; Rilliet par bavard, Reuss par blagueur, M. Stapfer par radoteur.

      Le mot de divinit√©s √©trang√®res (au pluriel) √©tonne, car, selon le texte, Paul annon√ßait simplement J√©sus. De Wette l'explique par le fait que Paul parlait de Dieu et du Sauveur. Des interpr√®tes anciens, comme Chrysostome et, parmi les modernes MM. Wendt et Barde, pensent que l'ap√ītre, annon√ßant J√©sus et la r√©surrection, les philosophes ath√©niens prirent ce dernier mot (grec Anastasis) pour le nom d'une divinit√©. Le mieux est d'admettre que le pluriel indique simplement la cat√©gorie. (Meyer). Et quant √† la r√©surrection, nous ne pensons pas que Paul enseign√Ęt √† de tels auditeurs la r√©surrection en g√©n√©ral, mais, bien plut√īt, qu'il leur avait parl√© de J√©sus ressuscit√© (verset 3)

      - Introduire des divinit√©s √©trang√®res et nier les dieux nationaux, √©tait interdit par les lois d'Ath√®nes¬†; ce fut la cause de la condamnation de Socrate. Il ne para√ģt pourtant pas que nul ait song√© √† en faire un crime √† Paul, bien que quelques interpr√®tes l'aient conclu, √† tort, de ce qu'il fut conduit √† l'Ar√©opage (verset 19)

      20 L'Aréopage, ou colline de Mars. était le nom d'un rocher, à l'ouest de l'Acropole, sur lequel siégeait le célèbre tribunal de ce nom. Là se réunissaient aussi les hommes d'Etat et les savants pour s'entretenir ensemble.

      Les philosophes y conduisirent Paul, afin de pouvoir l'entendre parler, mieux que cela n'e√Ľt √©t√© possible au milieu du tumulte de la place du march√©. (verset 17)

      Les questions qu'ils lui adressent sont polies, bien que formulées avec une légère teinte d'ironie. (Grec : Tu nous introduis dans les oreilles certaines choses étranges.)

      21 Grec : du plus nouveau.

      Le comparatif rend l'expression encore plus significative ; on voulait entendre ou dire quelque chose de plus nouveau que ce qui venait d'être dit.

      Luc fait cette observation pour expliquer la curiosité des philosophes. (versets 19,20) Démosthène les décrivait déjà semblablement : "Vous aimez, en circulant, à vous demander les uns aux autres : Que dit-on de nouveau ?"

      La vivacit√© des Ath√©niens, leur go√Ľt pour l'instruction avaient d√©g√©n√©r√©, avec la d√©cadence de leur patrie, en une vaine curiosit√©.

      22 Grec : Se tenant debout au milieu de l'Aréopage, c'est-à-dire au centre de la terrasse située au sommet de la colline, et sur laquelle une centaine de personnes pouvaient trouver place.

      Le savant hell√©niste Curtius a √©mis l'id√©e qu'il ne s'agit pas ici de cette terrasse, mais bien du tribunal de l'Ar√©opage qui, √† cette √©poque, si√©geait aux abords de l'Agora, sous le Portique royal, et qui para√ģt avoir exerc√© une certaine surveillance sur l'enseignement public. Paul aurait √©t√© amen√© sous ce portique ceux qui d√©siraient l'entendre, et il aurait parl√© de l√† √† la foule r√©unie sur la place, tandis que les juges de l'Ar√©opage l'entouraient en demi-cercle.

      M. Ramsay donne plusieurs arguments à l'appui de cette opinion : la terrasse située au sommet de la colline est un endroit peu propre à une assemblée nombreuse, l'expression : au milieu de l'Aréopage, ne peut s'entendre de cette terrasse, mais seulement des juges réunis en tribunal. Les Athéniens, dans leur orgueil national et leur respect des choses religieuses, n'auraient eu garde d'amener en un lieu auquel se rattachaient les souvenirs les plus sacrés un étranger qui passait pour annoncer de nouvelles divinités, etc.

      Quoi qu'il en soit du lieu de cette assembl√©e, un point est incontestable, c'est que l'ap√ītre ne doit pas √™tre envisag√© comme un accus√© traduit devant un tribunal ou soumis √† une enqu√™te judiciaire.

      La curiosit√© seule anime ses auditeurs. Il para√ģt librement devant eux et se retire de m√™me, apr√®s avoir parl√©. Jamais encore il ne s'√©tait trouv√© en pr√©sence d'un tel auditoire, compos√© en grande partie de philosophes et de savants. Et il ne pouvait oublier qu'il √©tait √† Ath√®nes, au milieu des monuments c√©l√®bres de cette ville glorieuse, en face de l'Acropole¬†!

      Or, son discours, loin de rester au-dessous de la situation, a fait de tout temps l'admiration des hommes capables de l'apprécier. De Wette le caractérise comme un "modèle d'enseignement apologétique."

      - "Le discours de Paul devant cette assembl√©e, dit N√©ander, est la preuve vivante de sa sagesse et de son √©loquence apostoliques. Nous voyons ici comment il pouvait, selon sa propre expression, se faire pa√Įen avec des pa√Įens, afin de les gagner √† l'Evangile."

      Meyer relève aussi "l'élégance et la finesse des expressions, ainsi que le mouvement et le progrès dont le discours est marqué."

      Grec : Plus (que d'autres) craignant les dieux.

      Paul ne flatte point les Athéniens ; il constate un fait confirmé par tous les historiens de l'antiquité.

      L'histoire politique d'Athènes comme son développement artistique sont marqués de ce caractère religieux. Le calendrier athénien portait deux fois autant de jours fériés qu'on en comptait dans les autres cités grecques.

      Des cultes syriens, phéniciens, phrygiens, égyptiens s'étaient introduits a Athènes, on y rencontrait de nombreux sanctuaires romains (Holtzmann).

      Mais quel est le sens exact de l'expression employ√©e par l'ap√ītre¬†? La crainte de la divinit√© peut, selon sa nature, √™tre de la pi√©t√© ou de la superstition.

      Les √©crivains classiques emploient ce terme dans les deux sens. Paul prononce le mot, mais, avec une admirable sagesse, il se garde bien de le d√©finir. Aussi est-ce avec raison que Meyer bl√Ęme les traducteurs qui le rendent par "superstitieux."

      Ici et dans tout ce discours, l'ap√ītre, d√©sireux de gagner des √Ęmes, a su dominer l'indignation que lui inspirait la vue de l'idol√Ętrie. (verset 16)

      23 Quel ingénieux exorde, et combien il était propre à éveiller l'attention des auditeurs !

      Paul montre qu'il savait observer ; car en considérant attentivement (sens du verbe grec) les objets du culte des Athéniens, c'est-à-dire les temples, les images des dieux, les autels, il avait remarqué un de ces derniers, portant l'inscription : A un Dieu inconnu.

      Le mot est sans article, il ne faut donc pas traduire au dieu inconnu, mais lui laisser son sens indéterminé.

      On sait par deux √©crivains anciens, Pausanias et Philostrate, qu'il y avait √† Ath√®nes plus d'un autel pareil. On sait encore, par un r√©cit de Diog√®ne La√ęrce, que certains autels de ce genre devaient leur origine √† une √©poque de peste, o√Ļ Epim√©nide avait laiss√© courir des brebis noires et blanches, puis les avait immol√©es l√† o√Ļ elles s'√©taient arr√™t√©es, les sacrifiant "au dieu que cela concernait," √† celui dont il fallait apaiser la col√®re.

      La peste avait cessé, et depuis lors on trouvait à Athènes des autels voués à des dieux inconnus.

      L'id√©e qu'il y avait des dieux inconnus s'accordait avec les conceptions du polyth√©isme¬†; la philosophie grecque, de son c√īt√©, s'√©tait √©lev√©e √† la penses d'une divinit√© infiniment plus grande que tous les dieux connus. L'ap√ītre va maintenant appliquer son observation au moment actuel.

      Le texte reçu porte Celui que,...c'est celui que je vous annonce. Mais Paul ne pouvait pas, en restant vrai, supposer que les Athéniens honoraient sur cet autel le Dieu même qu'il leur annonçait.

      - Le texte authentique, qui se fonde sur Sin., B, A, D et sur le t√©moignage de plusieurs P√®res, porte¬†: Ce que vous honorez sans le conna√ģtre, cela, je vous l'annonce.

      Le pronom neutre montre que Paul suppose seulement chez ses auditeurs une vague aspiration vers le vrai Dieu qu'il leur annonce et dont ils ne pouvaient encore avoir qu'une idée fort indéterminée. (Comparer Jean 4.22)

      Ainsi sa parole reste dans les limites de la stricte v√©rit√©. L'inscription m√™me dont il parlait proclamait l'insuffisance du polyth√©isme, puisqu'il restait toujours des dieux inconnus¬†; et de plus, tous les efforts des pa√Įens pour s'√©lever par leur culte jusqu'√† la divinit√©, r√©v√©laient en eux un besoin inconscient, mais indestructible, du vrai Dieu, du Dieu que Paul annon√ßait.

      Ce besoin se trahit encore aujourd'hui dans notre humanité en ce que tout homme inconverti a son dieu inconnu qu'il cherche et adore sous toutes les formes et tous les noms qui lui promettent le bonheur.

      25 Tel est le Dieu vivant et vrai, source de tout ce qui existe. La religion des Grecs consistait dans une déification de la nature et de ses forces, de l'homme et de ses passions.

      Proclamer que Dieu est le Créateur, c'était détruire ce polythéisme et, d'un seul mot, placer Dieu au-dessus de toutes les créatures, dans son indépendance absolue. (Comparer Actes 7.48-50 ; 14.15,16)

      Comment donc ce Dieu infini serait-il renfermé dans des temples ? Avec quoi l'homme pourrait-il le servir, lui qui n'a besoin de rien, mais qui, au contraire, donne à tous la vie, la respiration qui la conserve, et toutes choses ?

      Luther traduit comme étant masculin le pronom que nous rendons par quelque chose : comme s'il avait besoin de quelqu'un.

      Mais le neutre : quelque chose, donne à la pensée un tour plus absolu. (Psaumes 50.7-15)

      Les auditeurs de Paul pensaient qu'il leur raconterait quelque fable mythologique, (verset 18) et il leur entrouvre les profondeurs de Dieu !

      26 Grec : Il a fait d'un seul toute nation des hommes habiter sur toute la face de la terre, ayant déterminé, etc.

      On peut aussi traduire : Il a fait d'un seul (homme) toutes les nations des hommes, pour qu'ils habitent,...pour qu'ils cherchent.

      Apr√®s avoir r√©v√©l√© √† ces philosophes pa√Įens le Dieu cr√©ateur de toutes choses, il les renseigne sur son Ňďuvre principale, notre humanit√©, son origine, son histoire, sa destination, sous le Gouvernement de Dieu.

      C'est une vraie philosophie de l'histoire et ce qu'on a pu appeler une "géographie divine."

      L'origine commune de l'humanit√©, n√©e d'un seul homme (c'est le mot sous-entendu, bien que D et les majuscules r√©cents portent sang¬†; Paul pense √† Adam), son unit√©, sa solidarit√© en toutes choses, telles sont les importantes v√©rit√©s que l'ap√ītre proclame.

      Dans le polythéisme, chaque peuple, ayant ses dieux nationaux, s'isolait avec eux du reste de l'humanité. Quiconque n'était pas Grec ou Romain, n'était, aux yeux de ceux ci, qu'un barbare, un ennemi.

      Mais, outre cette unité d'origine, les peuples, issus de la main du même Dieu, en ont une autre encore : c'est que tous vivent sous le même gouvernement divin.

      Leur existence sur la terre est déterminée selon des lois pleines de sagesse et de justice qui président à leur développement.

      Celles-ci leur assignent :

      1¬į des temps ordonn√©s avec pr√©cision (texte re√ßu, D¬†: ordonn√©s d'avance), par o√Ļ il faut entendre soit les p√©riodes d'accroissement et de d√©cadence, (Job 12.23) soit les grandes phases de l'histoire universelle,

      2¬į les bornes de leur habitation, c'est-√†-dire les limites des contr√©es o√Ļ ils s'√©tablissent. (Deut√©ronome 32.8)

      Si les peuples reconnaissaient cette v√©rit√©, ceux qui, par les bornes de leur habitation, se trouvent voisins, y verraient autre chose qu'une raison de se ha√Įr et de se faire des guerres sanglantes.

      27 Tel est le but assigné aux hommes : qu'ils cherchent et trouvent Dieu (texte reçu : le Seigneur).

      Ce but, Dieu le leur avait fix√© pour voir si peut-√™tre ils pourraient le trouver en t√Ętonnant, comme fait un aveugle. Dieu savait que le p√©ch√© a plong√© l'homme dans les t√©n√®bres.

      28 Grec : Il n'est pas loin de nous, car, en lui, nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes.

      En lui et non pas seulement par lui, comme traduisait Ostervald.

      Dieu présent partout, pénétrant toutes choses, est l'élément en dehors duquel nous n'existerions non plus qu'en dehors de l'air que nous respirons. (Jérémie 23.23,24 ; Psaumes 104.29-30 ; 139.5,7-10)

      En proclamant ainsi l'immanence de Dieu dans le monde, l'ap√ītre ne tombe pas dans le panth√©isme, parce qu'il maintient non moins √©nergiquement la personnalit√© de Dieu et la personnalit√© de l'homme. L'homme ne se perd pas en Dieu, au contraire, il s'y retrouve.

      - On s'est √©vertu√© √† √©tablir des distinctions subtiles entre ces trois verbes¬†: vivre, se mouvoir, √™tre. Nous dirons plut√īt avec de Wette que, par ces trois termes, l'ap√ītre a voulu √©puiser l'id√©e que nous n'existons qu'en Dieu, et que, par cons√©quent, il ne devrait pas √™tre impossible pour nous de le chercher et de le trouver. (Comparer Actes 14.17)

      Paul disait tr√®s exactement¬†: quelques-uns de vos po√®tes¬†; cette parole se trouve d'abord dans Aratus, po√®te grec, originaire de Cilicie, de m√™me que l'ap√ītre, mais qui vivait trois si√®cles avant l'√®re chr√©tienne¬†; et ensuite dans une hymne du po√®te sto√Įcien Cl√©anthe.

      Paul cite réellement ces deux poètes, et ne répète pas une maxime courante, c'est ce que prouve le car, qui introduit la citation, et qui se lit dans le texte des deux auteurs.

      L'ap√ītre s'approprie cette pens√©e, (verset 29) mais dans quel sens plus √©lev√© et plus vrai il pouvait l'entendre, lui qui savait que l'homme, cr√©√© √† l'image de Dieu, capable de le conna√ģtre et de l'aimer, a v√©ritablement un degr√© intime de parent√© avec lui¬†!

      Et combien plus encore cette parole est-elle vraie pour le chrétien "né de Dieu" (Jean 1.12,13) et "participant de la nature divine !" (2Pierre 1.4)

      29 Conclusion irréfutable. Se prosterner devant des images matérielles de la divinité, c'est abaisser Dieu et dégrader l'homme lui-même.

      "Critique fine et profonde du culte pa√Įen." (Meyer.)

      Et en même temps quel ménagement il y a dans ce mot : nous ne devons pas croire (grec nous ne sommes pas obligés de croire).

      "Locution clémente, surtout à la première personne du pluriel." (Bengel.)

      "L'or, l'argent et la pierre servent de matériaux à l'artiste pour exprimer sa fantaisie. La divinité ne saurait dépendre de l'invention d'un homme" (Meyer.)

      On sait avec quelle ironie le proph√®te d√©non√ßait ces aberrations. (Esa√Įe 44.13-20¬†; 46.4-7)

      30 Grec : Ainsi donc, puisqu'il ressort de tout ce qui précède que le paganisme a été un temps d'ignorance, Dieu, dans sa miséricorde, ne veut pas punir, en considération de cette ignorance, mais il regarde par-dessus. (Actes 3.17)

      Paul avait déjà exprimé dans une autre occasion ce miséricordieux dessein de Dieu. (Actes 14.16 ; comparez Romains 3.24,25)

      Mais l'état d'ignorance ne doit pas se prolonger, maintenant, par la prédication de l'Evangile, Dieu ordonne aux hommes qu'ils aient à se repentir (voir, sur le sens de ce mot, Matthieu 3.2, 1re note, tous, en tous lieux).

      Malgré ce qu'a de sévère cet ordre, il renferme pourtant l'offre du salut.

      Les mots : tous les hommes, en tous lieux, expriment l'universelle destination de ce salut offert par la miséricorde de Dieu.

      31 Quel motif de se repentir, le jugement du monde qui sera exercé avec justice !

      Le juge établi pour cela (grec déterminé par Dieu), c'est l'homme, Jésus, élevé dans la gloire. (Actes 10.42 ; Jean 5.27 ; Romains 14.10 ; 2Corinthiens 5.10)

      Grec¬†: ayant fourni √† tous (un motif de) foi, en le ressuscitant d'entre les morts. Par cette foi (sans article) quelques ex√©g√®tes entendent la foi au Sauveur, par laquelle tous peuvent √™tre re√ßus en gr√Ęce au jour du jugement.

      Selon d'autres, Dieu a donné ainsi la preuve, la certitude de ce jugement : il sera exercé par Celui qu'il a ressuscité des morts.

      La résurrection de Jésus-Christ est la lettre de créance par laquelle Dieu l'a accrédité devant le monde entier, à la fois comme Sauveur et comme Juge. Tel est le sens le plus généralement admis de ces solennelles paroles.

      32 Le discours de Paul fut interrompu par les moqueries des uns, par la proposition plus polie des autres de remettre la discussion à une autre fois.

      Faut-il, avec Calvin, attribuer une intention s√©rieuse √† ces derniers¬†? Il semble que si Paul avait eu des motifs de les croire sinc√®res, il n'eut pas si t√īt quitt√© Ath√®nes. (Actes 18.1) C'est l'opinion de Meyer.

      Leur réponse doit être considérée comme un prétexte, semblable à celui de Félix. (Actes 24.25)

      - Le seul mot de r√©surrection amena ce r√©sultat. Paul ne parlait pas de la r√©surrection des morts en g√©n√©ral, bien que ses auditeurs l'entendent ainsi, mais uniquement de la r√©surrection de Celui qui sera le Juge au dernier jour et dont l'ap√ītre n'avait pas m√™me encore prononc√© le nom.

      Et toutefois ce mot suffit pour mettre fin √† l'attention des auditeurs. On le comprend de la part de philosophes √©picuriens et sto√Įciens (verset 18) pour qui l'id√©e du retour d'un mort √† la vie √©tait une absurdit√©.

      34 Ainsi cette premi√®re rencontre solennelle de l'Evangile avec la philosophie grecque ne fut pas sans r√©sultat. Il y eut quelques √Ęmes amen√©es √† la foi, et l'on sait qu'au troisi√®me si√®cle, Orig√®ne citait en exemple l'Eglise d'Ath√®nes, bien que Paul n'en parle nulle part.

      - On ne sait rien de certain sur ce Denys, membre du tribunal de l'Aréopage (verset 19)

      Selon Eus√®be (Hist. eccl√©s., III, 4 et IV, 23), il serait devenu √©voque de l'Eglise d'Ath√®nes, o√Ļ il aurait souffert le martyre. On lui a longtemps attribu√© des √©crits qui n'ont pu √™tre r√©dig√©s avant la seconde moiti√© du quatri√®me si√®cle, et qui, gr√Ęce √† ce nom antique, ont joui d'une consid√©ration imm√©rit√©e.

      Quant à Damaris, elle est restée inconnue dans l'histoire.

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