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Actes 8

    • 1 Chapitre 8.

      La persécution contre l'Eglise éclata ce jour-là et fut occasionnée par l'émeute même qui avait causé la mort d'Etienne.

      Quand Luc dit que tous furent dispersés il faut entendre ce mot dans un sens hyperbolique, signifiant le plus grand nombre. En effet, nous trouvons encore des chrétiens à Jérusalem dès le verset 3 et dans la suite du récit.

      - Luc ne parle que de la Jud√©e et de la Samarie, les provinces les plus rapproch√©es¬†; mais les fugitifs se rendirent aussi en Galil√©e, o√Ļ il y avait beaucoup de disciples, puis dans toute la Syrie. (Actes 9.1 et suivants)

      L'auteur prépare par cette remarque le récit des grands résultats que cette première persécution eut pour la propagation de l'Evangile. (verset 4 et suivants)

      2 Ces termes¬†: des hommes pieux, indiquent des Juifs pieux (Actes 2.5¬†; 22.12) et non des pros√©lytes d'entre les pa√Įens.

      Ayant conservé leurs sentiments bienveillants pour les chrétiens, (Actes 2.47) ils voulurent rendre à Etienne ce religieux devoir. Des disciples en auraient certainement été empêchés par les persécuteurs.

      Ils firent grande lamentation sur lui ; le substantif que nous traduisons par lamentation dérive d'un verbe qui signifie se frapper la poitrine en signe de deuil. (Luc 8.52)

      Les funérailles qu'ils firent à Etienne eurent l'éclat et la solennité que les Orientaux aiment à donner à ces cérémonies. (Matthieu 9.23 ; Marc 5.38)

      - On a souvent envisag√© ce verset comme n'√©tant pas √† sa place, parce qu'il para√ģt sans rapport avec ce qui pr√©c√®de et ce qui suit. (de Wette, Olshausen.) C'est une erreur.

      Luc nous montre par ce fait, comme l'observe Meyer, que beaucoup des habitants de Jérusalem voyaient avec peine la persécution, puis il poursuit par ce contraste criant : Mais Saul ravageait l'Eglise, etc.

      3 Meyer fait observer la progression dans la haine de Saul contre les chrétiens : d'abord il garde les vêtements des meurtriers d'Etienne, (Actes 7.58) puis il prend plaisir à son supplice (verset 1) et enfin il ravage l'Eglise. (Comparer Actes 9.21)

      Lui-même se rappellera avec douleur ce temps de sa vie. (Actes 26.9-11 ; Galates 1.13 ; 1Corinthiens 15.9)

      4 Ministère de Philippe.

      4 à 25 L'évangile en Samarie.

      Ces dispersés deviennent autant d'évangélistes ; ils vont de lieu en lieu (grec) évangélisant la Parole ; l'esprit missionnaire est né avec la vie chrétienne.

      C'est ainsi que, d√®s l'origine, "le sang des martyrs a √©t√© la semence de l'Eglise." Ce moment est d'une grande importance dans l'histoire de l'Eglise primitive¬†: l'Evangile sort de l'√©troit horizon du juda√Įsme, pour se r√©pandre au loin dans le monde.

      Tout d'abord il est accueilli par le peuple des Samaritains qui, bien que profond√©ment s√©par√©s des Juifs, observaient encore la loi de Mo√Įse.

      Plus loin, quand Luc nous montrera l'Evangile se r√©pandant en Syrie et √† Antioche, en Ph√©nicie et jusque dans l'√ģle de Chypre, il rattachera express√©ment ce nouveau progr√®s √† la dispersion des chr√©tiens de J√©rusalem apr√®s la mort d'Etienne (Actes 11.19)

      5 Luc nous montre en Philippe un de ces chrétiens dispersés qui annonçaient la Parole, c'est-à-dire qui prêchaient l'Evangile. (verset 4)

      Philippe n'√©tait pas l'ap√ītre de ce nom, mais l'un des sept diacres. (Actes 6.5) C'est le m√™me qui, en Actes 21.8, est appel√© un √©vang√©liste.

      - Le texte reçu, avec C, D, porte : une ville de Samarie, ce qui laisserait ignorer de quelle ville il s'agit.

      La ville de Samarie (Sin., B, A) désigne la ville qui a donné son nom à la province. Fondée par Omri, (1Rois 16.24) elle avait été la capitale du royaume des dix tribus. Sa chute en 722, après un siège mémorable, marqua la fin de ce royaume. (2Rois 17) Elle fut, peu avant l'ère chrétienne, agrandie et embellie par Hérode le Grand qui, en l'honneur de l'empereur Auguste, l'appela Sébaste (Augusta).

      De nombreuses ruines marquent son emplacement, près du village de Sebastijeh, à deux heures et demie au nordouest de Sichem. (Voir sur la Samarie Matthieu 10.5 ; Jean 4.9, notes.)

      Ces mots : il prêchait le Christ, signifient qu'il prouvait à ses auditeurs que Jésus était le Messie, l'Oint de Dieu, le Sauveur.

      7 Les Samaritains furent attentifs, (grec) eux écoutant les choses que Philippe leur disait (Sin. porte : en l'écoutant, lui, Philippe) et voyant les miracles opérés par lui, ou, suivant l'interprétation plus généralement reçue, qui suppose la leçon des autres documents, et donne le même régime aux deux verbes : eux apprenant et voyant les miracles. C'est ainsi qu'ils parvinrent à la foi et à la joie.

      Jésus lui-même avait semé dans ce pays-là et préparé cette belle moisson. (Jean 4)

      On sait que les Samaritains attendaient la venue du Messie, (Jean 4.25) et il est probable que, dans le sentiment de leur misère morale, ils étaient moins opposés à l'Evangile que les Juifs avec leurs orgueilleux préjugés. Mais aussi leur ignorance les exposait à toute espèce de superstitions. (verset 9 et suivants)

      9 Auparavant, c'est-√†-dire avant que Philippe v√ģnt √† Samarie.

      Ce Simon était un de ces imposteurs (goêtes) très nombreux alors, qui prétendaient posséder les secrets de la nature et communiquer avec le momie invisible.

      Ils se livraient aux arts occultes, faisaient profession de prédire l'avenir, d'évoquer les morts, de faire des guérisons miraculeuses, d'exorciser les possédés ; en un mot ils exerçaient la magie avec toutes ses mensongères pratiques, et ils trouvaient dans la superstition populaire un terrain propice qu'ils exploitaient pour satisfaire leur cupidité.

      De l√† cet √©tonnement ou plut√īt ce ravissement du peuple, mis hors de lui-m√™me par le magicien (sens du mot grec, de m√™me √† verset 11).

      - Simon le Magicien joue un r√īle consid√©rable dans la litt√©rature du second si√®cle. La tradition fait de lui le chef d'une secte gnostique et l'ardent adversaire de l'ap√ītre Pierre.

      Mais il ne faut pas conclure des l√©gendes qui se sont greff√©es sur son nom que Simon n'a jamais exist√©. L'histoire a conserv√© la trace certaine de deux hommes avec lesquels on peut identifier le personnage de notre r√©cit. L'un, dont parle Jos√®phe (Antiq. XX, 7, 2), fut, vers l'an 60, employ√© par le gouverneur F√©lix pour d√©tourner la reine Drusille de son √©poux, Azize roi d'Em√®se, en Syrie. Mais il s'agit plut√īt d'un autre Simon, que Justin (Apol. I, 26) mentionne comme originaire de Gitta en Samarie, tandis que Jos√®phe donne au Simon dont il parle l'√ģle de Chypre pour patrie.

      Le Simon nommé par Justin est considéré par les Pères, depuis Irénée (Contre les hérés. I, 23), comme 1'instigateur de toutes les hérésies.

      11 Dans ces temps o√Ļ les peuples avaient g√©n√©ralement abandonn√© leurs croyances religieuses, ils √©taient d'autant plus accessibles √† toutes les superstitions.

      Ainsi ces Samaritains s'attachaient à Simon avec un engouement général, voyant en lui quelque incarnation de la puissance de Dieu, celle qui est appelée la grande.

      Le mot appelée (Sin B, A, C, D,), omis à tort par le texte reçu, suppose que les Samaritains distinguaient entre plusieurs puissances émanant de la divinité ; c'était la principale de cellesci qui se manifestait, croyaient-ils, en Simon.

      Simon les avait induits à cette croyance par l'importance qu'il se donnait. (verset 9)

      12 Luc a dit (verset 6) comment ces Samaritains furent amenés à là foi ; ici, il nous apprend ce qu'ils crurent.

      Philippe leur annonçait la bonne nouvelle de la venue du Messie, qu'ils attendaient, et de la fondation du royaume de Dieu par la vie et la mort de Jésus et par son retour dans la gloire. En un mot, il leur prêchait le nom de Jésus-Christ.

      Tel était l'objet de leur foi nouvelle ; et comme ils la professaient en demandant le baptême, Philippe n'hésita pas à les baptiser, hommes et femmes, sans distinction. La suite du récit nous montrera ce qui manquait encore à ces nouveaux croyants. (versets 15-17)

      13 Simon lui-même crut, comme il pouvait croire avec sa disposition morale : c'est-à-dire qu'il fut intellectuellement convaincu que Philippe prêchait la vérité en annonçant Jésus comme le Messie, et surtout que cet évangéliste était en possession d'une puissance supérieure à la sienne.

      Ce furent, en effet, les signes et les grands miracles opérés par Philippe qui le mirent (grec) hors de lui-même d'admiration. Il éprouva à son tour l'impression qu'il avait produite sur d'autres par ses pratiques de magie. (versets 9,11) Dans son admiration il ne quittait plus Philippe, (grec) il était s'attachant à Philippe.

      Il ne faut pas s'√©tonner que Simon fut baptis√© avec les autres croyants¬†; comme il se disait convaincu, ce qui √©tait vrai dans une certaine mesure, Philippe, qui ne lisait pas dans les cŇďurs, n'avait aucune raison de lui refuser le bapt√™me.

      16 Les ap√ītres avant appris √† J√©rusalem les faits jusqu'alors inou√Įs qui se produisaient en dehors du peuple Juif, et parmi des Samaritains, √©prouv√®rent le besoin de voir par eux-m√™mes ce qu'√©tait ce mouvement religieux. Leur droit et leur devoir √©taient de l'examiner, de le diriger, de l'affermir¬†; car c'est √† eux que le Seigneur avait confi√© le gouvernement de son Eglise.

      En outre, il fallait rattacher ces nouveaux chr√©tiens de Samarie √† l'Eglise apostolique, afin d'en conserver l'unit√©. Ils d√©l√®guent pour cela Pierre et Jean, qui nous sont souvent pr√©sent√©s travaillant ensemble. (Actes 3.1,11,4.13,19, etc.) Pierre dont on a fait le prince des ap√ītres, se laisse humblement d√©l√©guer avec son coll√®gue Jean.

      - Etant arrivés (grec descendus), ils trouvèrent des croyants sincères qui avaient reçu le baptême au nom de Jésus, mais non le Saint-Esprit. Celui ci n'était encore descendu (grec tombé) sur aucun d'eux.

      Le bapt√™me sans l'Esprit¬†? ce fait nous √©tonne au premier abord. Serait ce, comme le pensent quelques interpr√®tes, parce que Philippe n'√©tait pas ap√ītre¬†? (verset 17, note) ou bien parce que ces Samaritains avaient cru sans avoir subi un d√©veloppement int√©rieur suffisant¬†? ou enfin faut-il entendre par recevoir l'Esprit saint la communication du don des langues, telle qu'elle avait √©t√© faite aux chr√©tiens de J√©rusalem √† la Pentec√īte¬†? (Comparer Actes 2.4, 2e note.)

      Simon (verset 18) voit la communication faite par l'imposition des mains : ceci semble prouver que l'effusion de l'Esprit fut accompagnée de signes visibles.

      Mais il n'y a pas de motifs pour limiter √† l'apparition de ces signes l'effet de l'intervention des ap√ītres. Notre r√©cit nous oblige plut√īt √† conclure que le don de l'Esprit n'est point li√© √† l'acte humain du bapt√™me. Ce don peut, comme ici, suivre le bapt√™me (comparez Actes 19.5) ou le pr√©c√©der, (Actes 10.44,47) ou l'accompagner. (Actes 2.38)

      "L'Esprit, comme le vent, souffle o√Ļ il veut, et il a dans la vie individuelle, aussi bien que dans l'histoire de l'Eglise, ses temps et ses moments." AndreŇď

      17 Ces verbes √† l'imparfait montrent l'action successive et prolong√©e que les ap√ītres exerc√®rent sur beaucoup de croyants.

      Les deux moyens employ√©s par eux furent la pri√®re et l'imposition des mains¬†: Dieu accordait l'Esprit en r√©ponse √† la pri√®re et les ap√ītres en confirmaient le don √† ces nouveaux chr√©tiens en leur imposant les mains, pour l'affermissement de leur foi.

      On a conclu de cet acte que les ap√ītres seuls avaient le pouvoir de communiquer le Saint-Esprit¬†; et que le don de l'Esprit n'est transmis que par des √©v√™ques, successeurs directs des ap√ītres¬†! Mais nous voyons l'ap√ītre Paul recevoir l'imposition des mains (et apparemment aussi le Saint-Esprit) par un simple chr√©tien. (Actes 9.17)

      Cet acte symbolique est d'ailleurs accompli toutes les fois qu'il s'agit d'implorer la bénédiction de Dieu sur des serviteurs chargés de quelque mission spéciale. (Actes 6.6 ; 13.3)

      - Pour exercer leur beau minist√®re envers les Samaritains, il fallait que les ap√ītres eussent renonc√© au m√©pris que tout Juif √©prouvait pour ce peuple. Jean, en particulier, se souvint-il alors qu'un jour Il avait voulu appeler sur des habitants de la Samarie le feu du ciel¬†? (Luc 9.54)

      19 Resté étranger à toute influence de l'Esprit de Dieu, Simon ne le désire même pas. Il faut bien remarquer, en effet, que ce qu'il demande, c'est uniquement ce pouvoir de communiquer à d'autres l'Esprit et de leur conférer les dons qui accompagnaient cette communication.

      Il voulait ainsi se créer une nouvelle industrie plus productive encore que la précédente.

      Ainsi il pensait :

      1¬į que ce pouvoir se transmettait d'homme √† homme, sans aucun rapport aux dispositions int√©rieures, et

      2¬į qu'il pourrait l'acqu√©rir des ap√ītres √† prix d'argent.

      C'était là une horrible profanation des choses saintes, une sorte de blasphème.

      L'un des ch√Ętiments de Simon a √©t√© que son nom a form√© le mot de simonie, qui d√©signe le trafic des choses saintes.

      Le texte reçu (avec tous les témoins, sauf Sin., B) porte, à verset 18 : voyant que l'Esprit saint était donné. Cet adjectif a été ajouté par analogie avec versets 17,19.

      20 Grec : que ton argent soit avec toi à perdition !

      Une vive indignation s'exprime dans ces paroles de Pierre. Il voit Simon dans un √©tat d'√Ęme qui l'entra√ģnera dans la perdition, et il dit, en personnifiant l'argent¬†: Que ton argent y aille avec toi, qu'il p√©risse¬†!

      Ce n'est cependant pas une condamnation d√©finitive que prononce l'ap√ītre, puisqu'il exhorte Simon √† la repentance¬†; (verset 22) il lui donne un tr√®s s√©v√®re avertissement, pour r√©veiller, si possible, sa conscience.

      21 Grec : Il n'est pour toi ni part ni lot dans cette parole.

      La plupart des ex√©g√®tes prennent ce dernier mot dans le sens h√©bra√Įque, signifiant l'affaire en question, et alors il s'agit du pouvoir qu'a demand√© Simon.

      D'autres, comme Néander, Zöckler, Blass, l'entendent dans sa signification ordinaire : cette parole serait l'Evangile et ses dons.

      Et la cause pour laquelle Simon n'y a aucune part, c'est que son cŇďur manque absolument de droiture devant Dieu. (Luc 1.6)

      22 Grec : Repens-toi donc de cette tienne méchanceté.

      - L'exhorter √† la repentance et √† la pri√®re, c'√©tait ne pas consid√©rer son salut comme impossible¬†; mais Pierre s'exprime d'une mani√®re probl√©matique¬†: s'il est possible (grec pour voir si peut √™tre la pens√©e de ton cŇďur te sera pardonn√©e), non qu'il doute de la mis√©ricorde de Dieu, mais parce qu'il n'a aucune confiance en la sinc√©rit√© de Simon, condition de son pardon.

      - Le texte reçu porte : prie Dieu, la variante, le Seigneur, se lit dans Sin., B, A, C, D, E.

      23 Grec¬†: que tu es tomb√© dans un fiel d'amertume et un lien d'iniquit√©, c'est √† dire dans un esprit d'amertume, de m√©chancet√©, d'opposition √† la v√©rit√©, qui est comme le fiel, et dans une iniquit√© morale, qui constitue un ensemble de cha√ģnes dont tu es li√©.

      Les anciens considéraient le fiel comme une image du poison, et quelques exégètes entendent ce mot comme si Pierre disait : Tu es moralement empoisonné.

      Meyer voit plut√īt dans cette amertume du fiel l'image de la haine contre l'Evangile. (Comparer Romains 3.14¬†; Eph√©siens 4.31) Cette interpr√©tation nous para√ģt plus naturelle.

      24 Encore ici le cŇďur de Simon n'est pas droit devant Dieu, car il ne promet ni de se repentir, ni de prier lui-m√™me, (verset 22) mais il demande la pri√®re des ap√ītres, pourquoi¬†? Afin que le ch√Ętiment dont ils l'ont menac√© ne tombe pas sur lui.

      "Il avoue la crainte de la peine, non l'horreur de son péché." Bengel.

      Aussi ne fut-il point ramené à Dieu ; autrement sa conversion serait racontée comme un triomphe de l'Evangile ; les traditions subséquentes, quoique mêlées de fables, ne prouvent que trop que Simon persévéra dans son inimitié contre le christianisme apostolique.

      25 Ainsi, non seulement les ap√ītres ont approuv√© et affermi l'Ňďuvre de Philippe parmi les Samaritains, mais eux-m√™mes, en retournant √† J√©rusalem, annoncent la bonne nouvelle du salut dans beaucoup de villages des Samaritains.

      Un pas immense était ainsi fait dans les progrès de l'Evangile et dans les développements de l'Eglise chrétienne.

      26 26 à 40 Conversion de l'Ethiopien.

      Le r√©cit plein d'int√©r√™t qui va suivre se rattache tout naturellement √† celui qui pr√©c√®de, car il nous fait conna√ģtre un nouveau progr√®s de l'Evangile en dehors du juda√Įsme.

      Il nous montre aussi l'action mis√©ricordieuse de la Providence pour le salut d'une √Ęme qui par sa simplicit√© et sa droiture contraste singuli√®rement avec celle de Simon. Philippe est encore ici l'instrument de cette Ňďuvre de gr√Ęce, et c'est un ange, un messager de Dieu, (H√©breux 1.14) qui l'engage √† se rendre l√† o√Ļ il y a une √Ęme √† sauver, sans lui indiquer le but de ce voyage.

      - Gaza était une très ancienne ville philistine, (Genèse 10.19) située près de la mer Méditerranée.

      Plusieurs chemins y conduisaient de Jérusalem ; l'ange désigne à Philippe celui qu'il doit prendre, en lui disant qu'il est désert, solitaire c'est-à-dire traversant une contrée peu habitée et peu cultivée.

      C'est √† tort qu'on a souvent appliqu√© cette √©pith√®te √† la ville et non √† la route qui y conduit (l'adjectif grec permet l'un et l'autre), car Gaza n'√©tait point d√©serte, et comme Philippe ne devait pas y aller, il n'y avait aucune raison de la caract√©riser d'une mani√®re sp√©ciale, tandis qu'il √©tait tr√®s important qu'il conn√Ľt bien le chemin qu'il devait suivre.

      Cette remarque est peut-être aussi destinée à préparer la suite du récit qui nous montre l'Ethiopien absorbé dans sa lecture et nous rapporte le grave entretien qu'il eut avec Philippe. (Voir sur les diverses routes qui conduisent de Jérusalem à Gaza, L. Gautier, Souvenirs de Terre Sainte, p. 140.)

      - La locution que nous traduisons par vers midi, √† l'heure de midi, √©tait rendue dans nos anciennes versions par vers le midi, dans la direction du sud. Mais cette indication e√Ľt √©t√© oiseuse, puisque Philippe avait ordre de se rendre sur le chemin de Gaza. Dans les Septante cette expression est toujours employ√©e pour d√©signer le temps. (Nestle.)

      28 Cet étranger nous est dépeint en détail, à cause de l'importance de sa conversion.

      Sa patrie était l'Ethiopie, pays d'Afrique, situe au sud de l'Egypte, dont faisait partie ce qui est aujourd'hui l'Abyssinie.

      Ce pays était gouverné par des reines qui portaient le titre de Candace, comme les rois d'Egypte celui de Pharaon.

      Notre personnage était un ministre détenteur du pouvoir (grec dynaste), de là reine Candace. Il était surintendant de tous ses trésors, ce qu'on appelle aujourd'hui un ministre des finances.

      Comme son pays √©tait pa√Įen, on peut supposer qu'il avait √©t√© amen√© √† la connaissance du vrai Dieu par des Juifs habitant l'Ethiopie, puisqu'il √©tait venu √† J√©rusalem pour adorer.

      Il √©tait donc "pros√©lyte de la porte," et non de la justice, car, selon la loi un eunuque ne pouvait √™tre admis dans l'assembl√©e du peuple, (Deut√©ronome 23.1) mais la promesse du proph√®te (Esa√Įe 56.3-5) s'√©tait accomplie pour lui¬†; elle devait s'accomplir mieux encore par sa conversion au christianisme.

      Dans son d√©sir de s'instruire et de s'√©difier, il profite du loisir que lui donnait son voyage pour lire l'Ecriture. Aucun livre de la Bible ne pouvait mieux r√©pondre √† ses besoins que celui du proph√®te Esa√Įe.

      Ce fut sans doute par une direction de la Providence qu'il lut le chapitre o√Ļ sont d√©crites les souffrances du Serviteur de l'Eternel, ou bien, peut √™tre, comme le pense Meyer, y fut-il attir√© par tout ce qu'il pouvait avoir entendu √† J√©rusalem concernant J√©sus et l'Eglise qui invoquait son nom.

      29 Ce fut donc sur une impulsion de l'Esprit de Dieu que Philippe prit le courage d'aborder cet étranger, qui voyageait accompagné sans doute de nombreux serviteurs et avec un certain faste.
      31 Cette entrée en conversation est pleine d'intérêt.

      La question de Philippe √©tait de la plus haute importance, car il faut comprendre l'Ecriture pour la recevoir dans son cŇďur.

      Les deux verbes dont il se sert (lire et comprendre), ayant en grec la même étymologie forment une gracieuse assonance qui devait prévenir favorablement l'étranger.

      La r√©ponse de celui-ci r√©v√®le son humilit√© et son d√©sir de s'instruire. Les termes qu'il emploie ne sont pas pr√©cis√©ment une n√©gation¬†; ils d√©notent la difficult√©, plut√īt que l'impossibilit√©, de comprendre.

      Aussi est-ce bien √† tort qu'on a cit√© cette r√©ponse comme preuve de l'obscurit√© de l'Ecriture et du danger qu'il y aurait √† la laisser entre les mains des la√Įques, l'Eglise ayant seule qualit√© pour l'interpr√©ter.

      Sans doute, Dieu, en instituant le minist√®re de la Parole, a voulu que ses serviteurs √©clair√©s fissent part de leurs lumi√®res √† ceux qui en manquent¬†; mais, d√®s que sa parole est d√©voil√©e √† une √Ęme par le Saint-Esprit, cette parole lui devient lumineuse dans tout ce qui importe √† son salut.

      Telle fut l'exp√©rience de l'Ethiopien. Il pressentait dans le passage du proph√®te la bonne nouvelle du salut, dont son √Ęme √©tait alt√©r√©e, et comme il voit en Philippe un homme intelligent et instruit qui s'int√©resse √† lui, il l'invite avec bienveillance √† s'asseoir aupr√®s de lui.

      33 Ce passage d'Esa√Įe (Esa√Įe 53.7,8) est cit√© d'apr√®s la version grecque des Septante, qui diff√®re en divers points de l'h√©breu Philippe l'applique au Sauveur, (verset 35) comme le fait tout le Nouveau Testament. (Matthieu 8.17¬†; Marc 15.28¬†; Jean 12.38¬†; 1Pierre 2.22-25)

      Jean-Baptiste lui-même a bien compris qui était cet agneau qui n'ouvre pas la bouche. (Jean 1.29)

      La première partie de notre citation (verset 32) s'entend d'elle-même, (Marc 14.60 ; Luc 23.9,Jean 19.9) mais le sens de la seconde (verset 33) est difficile à déterminer.

      Plusieurs interprètes traduisent : c'est dans l'humiliation (comparez Philippiens 2.8) que son jugement, ce jugement qu'il subissait de la part des hommes, a été consommé, achevé.

      Mais le terme grec signifie enlev√©, √īt√©, et il n'y a pas de motifs de s'√©carter de ce sens¬†: par son ob√©issance, il a vaincu la mort, en s'affranchissant de la condamnation que le p√©ch√© de l'humanit√© faisait peser sur lui.

      L'hébreu porte : "Il (le Messie) a été enlevé par l'angoisse et le jugement" ce qui signifie simplement que sa mort a été violente et douloureuse.

      La phrase suivante de la citation est encore plus obscure : "Qui dira ou racontera sa génération ?"

      On a quelquefois traduit ce dernier mot par la durée de sa vie ; mais le terme de génération n'a jamais ce sens.

      Les Pères de l'Eglise l'ont entendu de l'origine divine et de la génération éternelle du Fils.

      Plusieurs Interprètes modernes traduisent : "Qui dira combien sa génération, c'est-à-dire ses contemporains étaient corrompus et méchants, pour avoir retranché sa vie de la terre ?"

      Cette explication tient compte du mais, qui oppose à la juste conduite de Dieu la perversité des hommes.

      On objecte que dans notre morceau l'attention est concentr√©e sur le Messie et son Ňďuvre. C'est pourquoi plusieurs prennent le mot de g√©n√©ration dans le sens de post√©rit√© et y voient tous les hommes qui seront sauv√©s par ses souffrances. Mais cette signification ne s'√©carte-t-elle pas trop de l'H√©breu qui porte¬†: "Dans sa g√©n√©ration (parmi ses contemporains), qui prend garde qu'il a √©t√© retranch√© de la terre des vivants et que la plaie l'a frapp√© pour les p√©ch√©s de mon peuple"¬†?

      Les Septante ont-ils voulu introduire ici déjà la pensée de verset 10 ? Ce n'est pas impossible, mais l'interprétation de leur texte demeure douteuse, et celle de notre passage ne saurait non plus être fixée avec certitude. Le dernier sens indiqué aurait l'avantage d'introduire naturellement un entretien sur le règne spirituel du Messie.

      35 La question de l'eunuque trahit sa candeur et son besoin de s'instruire, aussi bien que son intelligence¬†; en effet, c'est de cette question que d√©pendent tout le sens et l'importance de la grande proph√©tie d'Esa√Įe. N'est-ce pas la question que discutent aujourd'hui encore les th√©ologiens¬†?

      - La réponse de Philippe est très claire car cette prophétie lui sert de texte pour (grec) évangéliser Jésus, c'est-à-dire exposer sa vie, ses souffrances, sa mort, notre salut en lui.

      De tout temps, les lecteurs croyants de la Bible, Juifs ou chrétiens, ont fait la même réponse à cette question : de qui parle le prophète ?

      36 L'eau vers laquelle ils arrivèrent pouvait être un ruisseau ou un étang dont le nom n'est pas indiqué, parce qu'il importait peu au récit.

      - La question de l'Ethiopien suppose que Philippe, dans un entretien prolongé avec lui, lui avait parlé aussi du royaume de Dieu fondé par Jésus, de l'Eglise et du baptême par lequel on y recevait les croyants ;

      Tous ces grands faits, notre historien, tr√®s concis, les r√©sume dans ces mots¬†: la bonne nouvelle de J√©sus. Et l'√Ęme de l'Ethiopien, tout ouverte √† la v√©rit√© et √† la vie, aspire √† recevoir imm√©diatement le symbole de son union avec le Sauveur et avec son Eglise.

      Le texte re√ßu porte verset 37 ainsi con√ßu¬†: Or, Philippe dit¬†: Si tu crois de tout ton cŇďur, cela est permis (var. tu seras sauv√©). Et r√©pondant, il dit¬†: Je crois que J√©sus-Christ est le Fils de Dieu.

      Ce verset manque dans Sin., B, A, C, etc., dans la plupart des versions et des Pères.

      En outre, l√† o√Ļ il se trouve, c'est avec diverses variantes, ce qui est souvent un signe d'inauthenticit√©. Cette profession de foi, en termes pr√©cis, exig√©e avant le bapt√™me, n'est point dans l'esprit de l'√Ęge apostolique. Elle a √©t√© ajout√©e plus tard par des correcteurs qui s'√©tonnaient de la facilit√© avec laquelle Philippe avait administr√© ce bapt√™me.

      L'adjonction est cependant ancienne ; elle se trouve déjà dans la version syriaque, la Peschito, et dans Irénée. M. Blass l'admet dans la recension romaine de notre livre.

      38 C'est l'Ethiopien qui commanda à ses serviteurs de faire arrêter le char, après que Philippe eut consenti à son baptême.

      Il y a en tout cela une décision et une promptitude qui dénotent la sincérité et la vivacité de sa foi.

      39 Ce mot enleva Philippe (comparez 2Corinthiens 12.2,4,1Thessaloniciens 4.17, o√Ļ se trouve le. m√™me verbe) semble indiquer que Philippe disparut par un miracle, (comparez 1Rois 18.12) ce qu'on pourrait conclure aussi de verset 40 (il fut trouv√©).

      Toutefois, comme rien dans le r√©cit n'indique quel pourrait √™tre le but d'un tel miracle, on est tent√© de voir l√†, avec Olshausen, Lange, Meyer, le simple fait que, par un mouvement de l'Esprit, Philippe s'√©loigna brusquement et s en alla dans une autre contr√©e o√Ļ il avait √† poursuivre son Ňďuvre, (verset 40) tandis que, de son c√īt√©, l'Ethiopien continua son voyage.

      L'eunuque ne le vit plus, non que Philippe f√Ľt tout √† coup devenu invisible, comme le pensent quelques interpr√®tes, mais simplement parce que (car) il continuait son chemin plein de joie et que Philippe ne lui √©tait plus n√©cessaire.

      Il s'en retournait seul dans son pays, o√Ļ il ne devait trouver, au sein des t√©n√®bres du paganisme, aucun secours humain, o√Ļ des pers√©cutions peut-√™tre l'attendaient¬†; mais il √©tait rempli d'une sainte joie, car il venait de trouver son Sauveur et, en lui, la vie √©ternelle.

      40 Azot, en hébreu Asdod, (Josué 13.3 ; 1Samuel 5.5) était une ville des Philistins à l'ouest de Jérusalem, assez près de la mer Méditerranée, dont Philippe suivit le rivage vers le nord jusqu'à Césarée.

      Cette derni√®re ville (qu'on appelait Caesarea Stratonis, parce qu'H√©rode le Grand l'avait b√Ętie sur l'emplacement de la tour de Straton, et qu'on distinguait ainsi de C√©sar√©e de Philippe), (Matthieu 16.13) est tr√®s c√©l√®bre dans l'histoire. Elle servait de r√©sidence habituelle aux procurateurs romains¬†; situ√©e sur les bords de la mer, elle √©tait √† cette √©poque le principal port de la Palestine. (Voir Ph. Bridel, La Palestine illustr√©e, III, 39-43.)

      Philippe ne fit pas d'une seule traite la longue course d'Azot √† C√©sar√©e¬†; mais allant de lieu en lieu, (verset 4) il √©vang√©lisait toutes les villes par o√Ļ il passait.

      Il para√ģt que arriv√© √† C√©sar√©e, il trouva un champ de travail qui l'engagea √† fixer sa demeure dans cette ville, car c'est l√† que nous le rencontrerons plus tard. (Actes 21.8)

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