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Colossiens 1

    • 1

      Comparer, entre autres passages, Galates 1.1, note.

      Comparer 1Corinthiens 1.1, note. C'est peut-√™tre Timoth√©e qui √©crivit cette lettre sous la dict√©e de l'ap√ītre. (Colossiens 4.18)

      2 Comparer Romains 1.7, note.

      - Au lieu de Colosses, plusieurs manuscrits lisent Colasses, et pour titre de notre √©p√ģtre¬†: aux Colassiens. On trouve quelquefois ce nom ainsi √©crit dans les auteurs profanes.

      - Le texte reçu ajoute, à la fin du verset, avec quelques anciens manuscrits : "et du Seigneur Jésus-Christ."

      3 Pour cette expression Dieu et Père de notre Seigneur, voir Ephésiens 1.3, note.

      - Ces mots toujours pour vous, se rapportent √† la fois aux actions de gr√Ęces et aux pri√®res de Paul.

      Sur cette vive reconnaissance au sujet de ses frères, voir Romains 1.8 ; 1Corinthiens 1.4 ; Philippiens 1.3 ; 1Thessaloniciens 1.2 ; 2Thessaloniciens 1.3 ; et sur ses constantes prières : Colossiens 1.3 ; Romains 1.10 ; Ephésiens 1.16 ; Philippiens 1.4-9 ; 1Thessaloniciens 1.2.

      5 Grec : "par la parole de la vérité de l'Evangile," c'est-à-dire, vérité qui est l'Evangile.

      Le sujet des actions de gr√Ęces de Paul, ce sont les vertus fondamentales de toute vie chr√©tienne¬†: la foi et l'amour, qu'il est heureux de retrouver dans les membres de l'Eglise de Colosses.

      J√©sus-Christ, le Sauveur, est l'objet de la foi¬†; il l'est sans doute aussi de l'amour¬†; mais ici, comme dans Eph√©siens 1.15, l'ap√ītre d√©signe les saints (comparez 1Corinthiens 1.2) comme l'objet de cet amour, parce que l'affection toute nouvelle que la foi inspire aux croyants pour leurs fr√®res est le t√©moignage le plus s√Ľr, le signe distinctif d'une vraie conversion. (Jean 13.35) Il ajoute¬†: (verset 5) √† cause de l'esp√©rance qui vous est r√©serv√©e dans les cieux¬†; l'esp√©rance est mise ici pour l'objet esp√©r√©, le salut, la vie √©ternelle, (Romains 8.24) dont la pleine possession ne nous sera accord√©e que dans les cieux.

      Jouir de la présence immédiate de Dieu et du Sauveur, le voir tel qu'il est, lui être semblable, telle est l'attente de l'enfant de Dieu ; (1Jean 3.1-4) il vit sur la terre dans la foi, dans la charité, à cause de cette espérance qui est son but suprême.

      - Cette espérance, l'homme n'en a connaissance que par la parole de la vérité, et spécialement, il n'en a la certitude que par l'Evangile, par la bonne nouvelle du pardon, du salut. (verset 5)

      6 Si l'on prend cette expression à la lettre, il faut y voir une hyperbole.

      "Mais l'ap√ītre veut surtout ici d√©signer l'Evangile comme un tr√©sor appartenant √† l'humanit√© tout enti√®re, et qui, par cons√©quent, devait parvenir aussi aux Colossiens. Il est parvenu jusqu'√† vous, aussi bien qu'au monde entier, selon sa destination. La raison pour laquelle saint Paul fait ressortir ici l'universalit√© du salut et y revient encore √† la fin de ce chapitre, (versets 23-27) d√©clarant qu'il avertit tout homme et enseigne tout homme, c'est qu'il veut d√®s l'abord faire opposition au particularisme des faux docteurs juda√Įsants, qui pr√©tendaient borner au peuple juif les bienfaits de l'Evangile. Il ne faut donc pas voir dans ces mots une hyperbole, car l'ap√ītre, en les √©crivant, savait fort bien que l'Evangile n'√©tait point encore, de fait, universellement r√©pandu¬†; mais il savait aussi que cet Evangile avait d√®s ses commencements la destination et la puissance de remplir et de dominer le monde¬†; (comparez Matthieu 24.14) et c'est dans cette assurance que Paul exprime proph√©tiquement cette destination comme d√©j√† r√©alis√©e." Olshausen.

      Les fruits que porte l'Evangile (Grec¬†: "il fructifie"), ce sont les caract√®res de la vie chr√©tienne, la charit√©, (verset 4) les bonnes Ňďuvres. (verset 10) De plus, l'Evangile augmente, grandit (le texte re√ßu omet √† tort ce mot), soit ext√©rieurement par sa propagation dans le monde, soit dans les √Ęmes qu'il sanctifie. Ce progr√®s, signe de toute vie, Paul a le bonheur de le trouver dans les Colossiens depuis le jour o√Ļ ils ont connu la gr√Ęce de Dieu en v√©rit√©. (verset 5, note.)

      L'ap√ītre emploie un verbe qui d√©signe une connaissance exacte et il accentue cette nuance en ajoutant en v√©rit√©¬†: "vous l'avez connue telle qu'elle est r√©ellement." D'autres traduisent¬†: "vous l'avez vraiment, sinc√®rement connue." Le premier sens s'accorde mieux avec la pr√©occupation de l'ap√ītre de combattre les faux docteurs. (verset 16 suivants¬†; Colossiens 2.8 suivants)

      8 Grec : "Votre charité dans l'Esprit."

      La charité (verset 4) est ici attribuée à l'Esprit, (Romains 5.5 ; Galates 5.22) parce que, bien différente des affections naturelles, elle est un fruit de la vie nouvelle que l'Esprit de Dieu produit en ceux qu'il a régénérés.

      - Epaphras est d√©sign√© par l'ap√ītre comme le fondateur, ou du moins comme le principal √©vang√©liste de l'Eglise de Colosses. Il √©tait de cette ville. (Colossiens 4.12)

      C'est par lui que Paul avait √©t√© instruit de l'√©tat actuel des Eglises d'Asie. (Voy. l'Introduction) Il √©tait encore aupr√®s de Paul quand celuici √©crivait notre lettre. Le beau t√©moignage que l'ap√ītre lui donne ici et Colossiens 4.12,13, devait le rendre plus cher encore aux chr√©tiens de Colosses.

      9 C'est-à-dire parce qu'il a appris des choses si réjouissantes sur leur état spirituel : (versets 4,8,9) il se sent d'autant plus encouragé à prier pour eux et à demander plus encore, jusqu'à leur entière perfection. Il va exprimer l'objet précis de ses prières.

      Etre rempli, dans la langue originale, signifie aussi √™tre accompli, parfait et l'on peut traduire aussi¬†: "que vous soyez rendus parfaits quant √† la connaissance." L'ap√ītre demande √† Dieu tout ce qui pourrait manquer √† ses lecteurs pour la pleine connaissance de la volont√© de Dieu, et il faut entendre sous cette derni√®re expression, soit le conseil de Dieu pour leur r√©demption par J√©sus-Christ, (Eph√©siens 1.8-10) soit, en g√©n√©ral, ses desseins √† leur √©gard, auxquels ils devaient se conformer par une ob√©issance filiale de chaque jour. Au reste, ce mot √™tre rempli montre assez qu'il s'agit moins d'une connaissance purement intellectuelle que d'un sentiment vivant de la volont√© de Dieu, produit dans le chr√©tien par le Saint-Esprit. (Voir la note suivants et comparer¬†: Colossiens 4¬†; 12¬†; Romains 12.2¬†; Eph√©siens 5.17¬†; 1Thessaloniciens 4.3)

      Telles sont les deux gr√Ęces n√©cessaires que Paul demande pour ses lecteurs, afin qu'ils connaissent pleinement la volont√© de Dieu. En les qualifiant de spirituelles, il montre qu'il les consid√®re comme un fruit de l'Esprit de Dieu dans les √Ęmes.

      La sagesse, dans le sens du mot original, est surtout le discernement de la vérité envisagée en elle-même ; l'intelligence est plus spécialement, dans la vie pratique, le discernement de ce qui est moralement bien ou mal. (verset 10 : comparez Ephésiens 1.8, note ; Philippiens 1.9,10, note.)

      10 D'autres traduisent : "croissant par la connaissance de Dieu," celleci étant le moyen des progrès spirituels. Cette traduction est conforme à une variante très appuyée et évite une répétition de la pensée de verset 9.

      - Tout ce que l'ap√ītre demande √† Dieu¬†: connaissance, sagesse, intelligence, se r√©sume en cette vie chr√©tienne, pratique, sainte, agr√©able √† Dieu, progressante, pleine de bons fruits.

      Dans aucun sens l'Evangile n'est un système ; "les paroles que je vous dis sont esprit et vie."

      11 Grec¬†: "Fortifi√©s en toute force selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et toute longanimit√©, avec joie." Le sentiment toujours pr√©sent dans le cŇďur du fid√®le, qu'il peut tout attendre de Dieu, et que la puissance glorieuse de Dieu accomplira finalement tout en lui, lui donne un courage invincible, une longue patience dans l'√©preuve, et le rempli de joie, m√™me au sein des douleurs.
      12 12 à 23 La rédemption ; divinité du rédempteur ; la réconciliation en lui.

      Les gr√Ęces pr√©cieuses que l'ap√ītre vient de demander √† Dieu pour ses fr√®res, comme les immenses bienfaits qu'il va rappeler, (versets 12-14) doivent embraser le cŇďur d'une vive reconnaissance pour ce P√®re dont le nom seul rappelle au chr√©tien tout ce qu'il trouve en lui.

      Rendre de pauvres p√©cheurs capables d'avoir part √† l'h√©ritage des saints dans la lumi√®re, c'est l√† l'Ňďuvre du Dieu tout-puissant. Les termes de ce verset sont √©videmment emprunt√©s √† l'A.T., qui nous repr√©sente Canaan comme l'h√©ritage du peuple de Dieu. (Nombres 26.53-56¬†; Josu√© 14.2¬†; Psaumes 105.11¬†; H√©breux 4.6-11¬†; 1Pierre 1.4)

      C'est un héritage dans lequel chacun des saints a sa part. Mais cet héritage est dans la lumière, c'est-à-dire en Dieu, qui est lui-même appelé lumière, parce que la lumière est l'image de la parfaite pureté et sainteté, (Jean 1.5-7) à 1'exclusion de toutes ténèbres, de toute souillure. (Comparer Actes 20.32 ; 26.18 ; Ephésiens 5.5)

      13 Voir sur cette puissance des ténèbres, et sur son chef en qui elle se personnifie, Ephésiens 2.2, note. Contraste absolu avec "l'héritage des saints dans la lumière."

      Ce royaume, qui est la lumi√®re, est en opposition directe avec "la puissance des t√©n√®bres." Les chr√©tiens vraiment r√©g√©n√©r√©s sont transport√©s dans ce royaume au Fils de Dieu par leur r√©g√©n√©ration m√™me¬†; ce r√®gne est d√®s ici-bas au dedans d'eux, (Luc 17.21) et ils le poss√©deront tout entier dans la gloire. Jusque-l√†, ils ont toujours √† combattre contre la puissance des t√©n√®bres, aussi longtemps qu'ils habitent ce monde qui en est le th√©√Ętre.

      - Le Fils de son amour est une expression qui ne se trouve qu'ici dans les écrits du Nouveau Testament. Ce terme revient à celui de "Fils unique" dans saint Jean. (Jean 1.18) Christ est Fils de l'amour du Père, en tant qu'il est engendré de son essence même et qu'il est l'objet de sa dilection ineffable et éternelle. Il fut encore, comme tel, la manifestation de l'amour de Dieu dans ce monde, d'un amour qui le porta à se donner lui-même pour la rédemption des pécheurs. Paul indique évidemment cette liaison d'idées au verset suivant.

      - Telle est l'interpr√©tation d'Augustin reprise par Olshausen. La plupart des commentateurs anciens et modernes, se fondant sur le passage parall√®le Eph√©siens 1.6, o√Ļ Paul √©crit simplement "son bien-aim√©," consid√®rent cette expression Fils de son amour comme synonyme de "Fils bien-aim√©¬†;" celui qui est l'objet par excellence de l'amour divin. Quoi qu'il en soit, ce mot profond signifie aussi que ceux qui ont part au royaume du Fils sont avec lui les objets de l'amour du P√®re.

      14 Comparer Eph√©siens 1.7 o√Ļ se trouvent les m√™mes paroles, et d'o√Ļ ont √©t√© transf√©r√©s ici les mots par son sang, que les meilleures autorit√©s retranchent.

      - "Avoir la rédemption en lui ne signifie pas seulement qu'elle fut accomplie par lui ; nous l'avons permanente en lui jusqu'à la fin des siècles ; comme Médiateur, il est la source toujours jaillissante de la délivrance et de la vie, et celui-là seul qui est en lui y a véritablement part." Olshausen.

      - Le mot r√©demption signifie rachat par un prix pay√© (Matthieu 20.28) et son application personnelle √† une √Ęme est avant tout le pardon ou la r√©mission des p√©ch√©s. C'est ainsi que Paul explique versets 12,13.

      15 Dans les versets qui pr√©c√®dent, l'ap√ītre avait commenc√© √† d√©velopper les sujets qu'il traite aussi dans l'√©p√ģtre aux Eph√©siens, savoir l'Ňďuvre de la r√©demption et son application aux pa√Įens. Il y revient bient√īt apr√®s. (verset 20 et suivants)

      Mais ici il insère quelques paroles de la plus haute importance sur la divinité du Sauveur, sans doute pour réfuter les idées erronées que les faux docteurs s'efforçaient de répandre parmi les chrétiens de Colosses et qui tendaient à substituer au seul Médiateur une série d'êtres intermédiaires auxquels Christ était subordonné. (Voir l'Introduction.)

      La position unique de Jésus-Christ, son unité d'essence avec Dieu son Père, fut en tout temps et sera toujours la pierre d'achoppement de la sagesse de ce monde. Aussi notre passage lui-même (versets 15-17) a-t-il subi les interprétations les plus diverses, selon que les exégètes admettaient ou non l'ensemble des enseignements de la révélation.

      - Il faut remarquer d'abord que l'ap√ītre envisage ici J√©sus-Christ dans ses rapports¬†:

      1¬į avec Dieu¬†; (verset 15)

      2¬į avec le monde¬†; (versets 16,17)

      3¬į avec l'Eglise. (verset 18 et suivants)

      Ensuite, qu'il est oiseux de discuter, avec les exégètes, la question de savoir si Paul parle du Christ historique, pris dans son apparition sur la terre, ou du Christ glorifié, ou du Christ Parole éternelle, envisagé dans sa préexistence.

      Un simple regard sur les versets versets 14,17,18 prouve que tous ces aspects s'unissent dans la pens√©e de l'ap√ītre qui dit et r√©p√®te¬†: Il est, il est toujours, partout, ce qu'il est en lui-m√™me. Ainsi il est l'image du Dieu invisible, parce qu'il est la manifestation r√©elle, accessible du Dieu qui, hors de lui, ne saurait √™tre ni connu ni contempl√©¬†; car il est √©vident qu'il ne faut pas prendre dans un sens physique ces termes visible ou invisible, se rapportant √† Dieu.

      La pens√©e de l'ap√ītre trouve son commentaire seul vrai dans les paroles du Sauveur lui-m√™me¬†: Matthieu 11.27¬†; Jean 8.19¬†; 14.9¬†; comparez Jean 1.18¬†; 1Jean 4.12¬†; H√©breux 1.3. Toute l'Ecriture proclame cette v√©rit√©¬†: Dieu est invisible, inaccessible √† l'homme, (1Timoth√©e 1.17¬†; 6.16) et il s'est manifest√© en son Fils bien-aim√©.

      6 Quant à cet attribut premier-né de toute créature ou de toute création (le mot grec a les deux sens), il est compris par les uns dans le sens de la dignité suprême de Christ au-dessus de tout ce qui est créé, et ce sens répondrait parfaitement aux derniers mots du verset 18 (comparez aussi ce même terme, appliqué à Christ dans son rapport avec ses rachetés, Romains 8.29) ; par les autres dans le sens de sa préexistence avant toute création.

      Ainsi l'ont expliqué les Pères de l'Eglise, et cette interprétation trouve aussi un garant dans notre passage : (verset 17) "Il est avant toutes choses." L'ensemble de notre passage doit faire préférer cette interprétation.

      L'expression premier-n√© d√©signe en tout cas J√©sus-Christ comme le Fils engendr√© de Dieu, et le distingue nettement de la cr√©ation elle-m√™me. On comprend, toutefois, que les ariens, les sociniens, et tous les adversaires de la divinit√© de Christ, aient cru pouvoir s'appuyer de ce passage. "Car il faut avouer, dit Olshausen avec la candeur qui le distingue, que ces mots, dans le sens purement grammatical, peuvent signifier que Christ est lui-m√™me mis au rang de la cr√©ation. La possibilit√© d'entendre ainsi ce terme ressort du verset 18, o√Ļ"premier-n√© d'entre les morts"signifie √©videmment que Christ lui-m√™me a √©t√© parmi les morts. Mais l'ensemble de notre passage parle d'une mani√®re si d√©cisive contre cette interpr√©tation, qu'on est n√©cessairement conduit √† en adopter une directement oppos√©e."

      En effet, √† versets 16,17, l'ap√ītre nous montre en Christ celui par qui et pour qui toutes choses ont √©t√© cr√©√©es, celui par qui elles subsistent, (versets 11,17) celui qui est alors que rien encore n'existait¬†; comment donc serait-il lui-m√™me simplement un anneau de la cha√ģne des √™tres cr√©√©s qui lui doivent l'existence¬†?

      "La raison de ces termes : premier-né de la création suit immédiatement après : c'est qu'en lui ont été créées toutes choses ; et c'est de la même manière qu'il est appelé le premier-né d'entre les morts, parce qu'en lui nous ressusciterons tous." Calvin.

      En effet, il faut remarquer que la premi√®re particule du verset suivant (parce que) indique la raison des termes que l'ap√ītre vient d'employer.

      16 En lui ne doit pas √™tre confondu avec par lui, comme le font nos versions ordinaires, en se fondant sur un h√©bra√Įsme. L'ap√ītre distingue clairement ces deux termes. (Voir la derni√®re note sur ce verset.)

      Par lui pouvait désigner simplement la cause instrumentale de la création ; en lui indique que la puissance créatrice repose dans le Fils de Dieu. Dieu l'a déposée en lui, Dieu qui est l'Auteur premier de la création, mais qui n'opère que par le Fils, son organe vivant et personnel.

      C'est pour cela que l'ap√ītre ne dit pas que le Fils a cr√©√© toutes choses, mais que toutes choses ont √©t√© cr√©√©es en lui¬†; et que, d'autre part, il dit que toutes choses ont √©t√© cr√©√©es non pas seulement par lui, instrument passif, mais en lui, qui concourait librement √† cette Ňďuvre cr√©atrice.

      - Comparer cette parole de saint Jean : "En lui était la vie" (Jean 1.4) et cette parole de Jésus : "Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même." (Jean 5.26)

      Etre créé en lui exprime la même réalité intime et vivante qui se retrouve dans la personne de Christ à d'autres égards : être élu en lui, (Ephésiens 1.4) justifié en lui, (Galates 2.16) vivifié en lui, (1Corinthiens 15.22) réconcilié en lui. (2Corinthiens 5.19)

      Ce terme d√©signe partout, √† la fois, la m√©diation et l'agent, l'Ňďuvre et la personne qui l'accomplit, parce que ces deux choses, en Christ, sont ins√©parables.

      Le ciel et la terre, les choses visibles et les invisibles renferment tout l'univers, tout ce qui est cr√©√©. L'ap√ītre insiste sur le monde invisible des intelligences (comme dans Eph√©siens 1.21¬†; comparez Colossiens 2.10,15), non seulement parce qu'il a le plus d'importance √† ses yeux, mais probablement par un motif qui convenait √† son but actuel.

      La pens√©e que Dieu aurait choisi un ange pour cr√©er le monde et l'homme en particulier, √©tait admise par plus d'un th√©ologien juif du temps, aussi bien que par les docteurs juda√Įsants dont Paul tient √† r√©futer les erreurs. De l√† une v√©n√©ration pour les anges qui pouvait facilement conduire √† une sorte de culte idol√Ętre. (Colossiens 2.18)

      Mais que le Fils de Dieu soit d√©clar√© l'agent toutpuissant de la cr√©ation, Celui en qui par qui, pour qui ont √©t√© cr√©√©es toutes choses, les plus sublimes intelligences elles-m√™mes, aussit√īt sa divinit√© est √©tablie, ces intelligences redescendent au rang qui leur appartient, une distinction absolue est trac√©e entre la cr√©ature et le Cr√©ateur, que le paganisme naturel au cŇďur de l'homme tend sans cesse √† confondre. En m√™me temps, cette doctrine donne √† l'homme, cr√©√© √† l'image de Dieu et rachet√© par celui qui l'a cr√©√©, une dignit√© infiniment plus √©lev√©e. Ramen√© dans la communion de son Sauveur, il est, par l√† m√™me, en communion avec le Dieu souverain, Cr√©ateur du ciel et de la terre.

      "Malgré la différence d'expressions, il existe ainsi, quant à la chose même, la plus parfaite harmonie entre la christologie de Jean et celle de Paul. Les termes d'image du Dieu invisible, de premier-né de la création, ne se trouvent pas dans saint Jean ; mais c'est lui qui déclare qu'on peut contempler dans le Fils toute la gloire du Dieu que nul n'a vu, que le Fils est "l'unique né du Père." Et de même ces paroles de notre verset 16 correspondent parfaitement à celles de Jean : "Toutes choses ont été faites par elle (la Parole, le Logos) et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle."" Olshausen.

      Après avoir dit que toutes choses ont été créées en lui, Paul ajoute par lui. Le premier de ces termes indique la source toujours existante de la puissance créatrice en Christ ; le second exprime son action créatrice au dehors, et relativement aux créatures appelées à l'existence. Mais il y a plus : toutes choses ont été créées pour lui, c'est-à-dire que Christ est, dans son unité avec Dieu son Père, le but suprême de la création, qui est tout entière pour sa gloire. (Comparer Romains 11.36, note.) Aucun terme ne saurait rendre d'une manière plus absolue la pensée que Christ est Dieu, existant de toute éternité, un avec le Père.

      17 L'ap√ītre r√©it√®re ici express√©ment son affirmation de la pr√©existence de Christ avant toutes choses.

      Il aurait pu dire avec saint Jean : (Jean 1.1) Il était avant toutes choses ; mais comme, au lieu de faire, avec cet évangéliste, l'histoire de la Parole éternelle, il embrasse du regard la permanence de l'être en Jésus-Christ, il dit : il est.

      - Mais il ajoute ici un attribut divin de la plus haute importance : "Non seulement toutes choses..," ont été créées par lui et pour lui, mais elles subsistent en lui. La puissance et l'action créatrices dont il est la source sont essentielles à la conservation de l'univers, qui, abandonné à lui-même, rentrerait dans le néant. "Il porte toutes choses par sa parole puissante." (Hébreux 1.3)

      18 Apr√®s avoir expos√© la nature divine de Christ, son rapport avec Dieu le P√®re, puis avec la cr√©ation et la conservation de l'univers, l'ap√ītre passe √† un autre domaine o√Ļ le Fils de Dieu occupe √©galement le premier rang, c'est l'Eglise. Il y passe sans transition, bien que sa pens√©e suppose les grands faits de l'incarnation et de la mort du Sauveur. Il le proclame d'abord Chef (t√™te) de l'Eglise, probablement avec une intention pol√©mique contre ceux qui ne "retenaient pas le Chef." (Colossiens 2.19) L'Eglise est d√©sign√©e, selon une image que l'ap√ītre affectionne, comme le corps de Christ, dont il est la t√™te ou le chef. (1Corinthiens 10.17¬†; 12.12,27¬†; Eph√©siens 1.22,23¬†; 4.15,16¬†; 5.23¬†; comparez ci-dessous verset 24)

      Dans l'Eglise qui est une cr√©ation nouvelle, comme dans l'autre cr√©ation, Christ est le commencement¬†; par lui et en lui a commenc√© une humanit√© nouvelle, une vie nouvelle dont il est la source, le type premier d'o√Ļ tout d√©rive.

      Cette grande pens√©e, exprim√©e par un mot encore vague, est pr√©cis√©e par un autre terme qui nous place au centre m√™me de l'Ňďuvre de Christ¬†: c'est par sa r√©surrection, c'est comme premier-n√© d'entre les morts, comme "les pr√©mices" (1Corinthiens 15.20) que Christ a √©t√© le commencement. Sa r√©surrection, victoire sur le p√©ch√© et la mort, devient la r√©surrection et la vie de tous ses fr√®res, auxquels il a ainsi fray√© le chemin de la mort √† la vie.

      Le mot premier-né n'est donc pas employé ici dans un sens absolument différent de verset 15 ; seulement là Christ est représenté comme l'origine de la création matérielle, ici comme l'origine de la création nouvelle, (comparez Romains 8.28 ; Hébreux 1.6) en sorte qu'en toutes choses il est le premier (le premier et le dernier) ; c'est en lui que nous devons chercher toutes choses, la vie, le salut, et c'est à lui que tout doit être soumis.

      19 Ces mots donnent la raison (car) de ce qui précède et préparent ce qui est dit ensuite de la réconciliation du monde, qui suppose la divinité du Sauveur.

      - La pens√©e de l'ap√ītre, exprim√©e dans ce verset, revient plus explicite Colossiens 2.9 (voy. la note)¬†: la pl√©nitude qui habite en Christ est "la pl√©nitude de la divinit√©," - et par l√† m√™me la pl√©nitude de tous les dons divins n√©cessaires pour la r√©conciliation du monde. (Comparer sur ce mot d'une profonde signification Eph√©siens 1.23¬†; 3.19¬†; Jean 1.16)

      Faut-il voir ici d√©j√†, comme au chapitre suivant, une intention pol√©mique contre les fausses doctrines d'un gnosticisme naissant¬†? Dans ces syst√®mes, on entendait par le mot de pl√©nitude le r√®gne de la lumi√®re divine, ab√ģme d'o√Ļ √©manaient des forces qui se personnifiaient pendant un temps en certains √™tres, pour retourner ensuite dans cet ab√ģme de la divinit√©. Aux yeux des faux docteurs de ce temps-l√†, c'est l'une de ces forces divines qui aurait habit√© en Christ, erreur √† laquelle l'ap√ītre opposerait cette d√©claration, formul√©e plus compl√®tement encore Colossiens 2.9.

      Les interpr√®tes diff√®rent d'opinion sur cette intention pol√©mique de l'ap√ītre. Qu'on l'affirme ou qu'on la nie, peu importe quant √† notre verset. La profession de la divinit√© de Christ que Paul fait ici est le fondement du christianisme, et elle peut toujours √™tre oppos√©e aux erreurs qui se renouvellent sous des formes diverses.

      - En ajoutant qu'il a plu (√† Dieu, terme non exprim√© dans le texte original, mais clairement sous-entendu comme sujet de la phrase) que la pl√©nitude de son essence habit√Ęt en Christ, l'ap√ītre fait remonter jusqu'au conseil √©ternel de la sagesse et de l'amour de Dieu l'apparition de son Fils dans notre humanit√© pour y cr√©er une vie nouvelle par la r√©conciliation du monde avec Dieu. (verset 20)

      20 Voir sur ce grand fait de la r√©conciliation le passage correspondant de l'√©p√ģtre aux Eph√©siens, (Eph√©siens 2.13-18 notes) o√Ļ l'ap√ītre d√©veloppe plus au long sa pens√©e¬†; et sur ces mots¬†: toutes choses, celles qui sont au ciel et celles qui sont sur la terre, Eph√©siens 1.10, note. L√†, au lieu du verbe r√©concilier, se trouve celui de r√©unir ou r√©sumer toutes choses en Christ, mais l'id√©e est la m√™me au fond. Seulement ici toute cette Ňďuvre de r√©conciliation, de restauration est ramen√©e au grand sacrifice du Sauveur qui en est la cause efficiente¬†: Ayant fait la paix par le sang de sa croix. Ces derniers mots expliquent les premiers du verset¬†: par lui.

      Les interprètes ne s'accordent pas sur la personne désignée par avec lui ; les uns le rapportent à Christ, les autres à Dieu ; cette dernière opinion est la plus probable et la plus conforme à l'analogie d'autres passages. (Romains 5.10 ; 2Corinthiens 5.18-20)

      - Les mots par lui, après ceux-ci : ayant fait la paix, sont omis dans quelques manuscrits, leur répétition ayant paru oiseuse. Paul insiste sur Celui qui est l'auteur et le moyen de la réconciliation.

      21 Comparer Ephésiens 2. notes.
      22 Le corps de sa chair est le corps humain, faible, mortel, de Jésus, qu'il a livré pour nous.

      Par sa mort, compl√®te la pens√©e de l'ap√ītre, et √©quivaut √† cette autre expression qu'il vient d'employer¬†: (verset 20) "par le sang de sa croix," ou simplement "par sa croix." (Eph√©siens 2.16)

      Le rapprochement de ces termes si fr√©quents, si multipli√©s sous la plume des ap√ītres, et auxquels ils reviennent toutes les fois qu'ils veulent exposer la cause efficace du pardon des p√©ch√©s ou de la r√©conciliation de l'homme avec Dieu, prouve avec la derni√®re √©vidence qu'ils voyaient cette cause dans l'acte supr√™me de la vie du Sauveur, sa mort sanglante sur la croix.

      - D√®s verset 21 (et vous) l'ap√ītre fait √† ses lecteurs l'application personnelle de cette grande Ňďuvre de r√©demption, afin de les porter √† la fermet√© (verset 23) par la consid√©ration de cette gr√Ęce immense.

      Comparer Eph√©siens 5.27¬†; 1.4. Le premier fruit de la mort de J√©susChrist pour le croyant, c'est sa r√©conciliation avec Dieu, le pardon des p√©ch√©s, en d'autres termes, la justification. Mais ces actes de la gr√Ęce divine, en introduisant l'homme dans une vie nouvelle, qui r√©sulte de sa communion avec Dieu, produisent infailliblement en lui, par degr√©s, un autre fruit de l'Ňďuvre du Sauveur, la sanctification du cŇďur et de la vie tout enti√®re.

      Ces deux c√īt√©s de l'action de la gr√Ęce sont ins√©parables, et l√† o√Ļ le dernier ne se r√©alise pas, le premier ne peut √™tre qu'une illusion. C'est donc √† tort que plusieurs ex√©g√®tes ont cru retrouver dans ces paroles simplement la pens√©e d'une justice imput√©e au p√©cheur, que Paul exprime fr√©quemment ailleurs, et non la justice et la saintet√© inh√©rentes √† l'√Ęme du croyant. Bien que l'ensemble du texte p√Ľt conduire √† cette interpr√©tation, les termes emportent √©videmment toute l'Ňďuvre du salut et en d√©peignent les deux faces corr√©latives.

      - Les mots¬†: vous faire para√ģtre devant lui montrent que l'ap√ītre a en vue le jour du jugement, o√Ļ seront manifest√©s les secrets des cŇďurs. Par cons√©quent devant lui doit s'entendre de Christ, qui sera alors le Juge, et qui est d'ailleurs ici le sujet de toute la phrase.

      23 Il y a, entre l'assurance du salut que professe l'ap√ītre, et cette mani√®re conditionnelle de parler, une contradiction que la logique ordinaire ne peut concilier, mais qui trouve sa pleine justification dans le cŇďur de l'homme et dans la vie pratique. (Comparer Philippiens 2.12,13, note.)

      Quelle que soit l'Ňďuvre de la gr√Ęce, la responsabilit√© de l'homme ne peut jamais cesser ni s'affaiblir. Au contraire, plus le salut est tout entier de Dieu, plus cette responsabilit√© devient sainte et redoutable. Il y a souvent dans l'homme, m√™me dans l'homme r√©g√©n√©r√©, un dernier fonds d'indolence et de l√Ęchet√©, et chez plusieurs une fausse s√©curit√©, auxquels il faut que la Parole fasse sentir l'aiguillon de la v√©rit√©, en r√©p√©tant fr√©quemment¬†: "Celui qui pers√©v√©rera jusqu'√† la fin sera sauv√©," ou, comme le fait ici l'ap√ītre¬†: si du moins.

      - Le mot ne vous laissant point d√©tourner (Grec¬†: "√©branler de mani√®re √† √™tre s√©par√©s") montre les effets que l'ap√ītre attendait de l'action des faux docteurs. L'esp√©rance de l'Evangile est celle que cet Evangile seul donne √† l'homme p√©cheur. (Colossiens 1.5,27¬†; Romains 5.2¬†; Eph√©siens 1.18¬†; 3.7)

      Comparer verset 6, note.

      L'ap√ītre ajoute ces mots sur son minist√®re, soit parce qu'il aime √† le rappeler comme le plus grand honneur que puisse avoir un homme p√©cheur, (Eph√©siens 3.7,8) soit pour faire sentir aux Colossiens, par opposition aux faux docteurs, qu'il est bien un envoy√© de Dieu. C'est dans le m√™me sens qu'il parle de ses souffrances et insiste sur la saintet√© et la grandeur de sa vocation apostolique. (verset 24 et suivants)

      - Il faut observer ces trois motifs de rester fermes dans la foi √† l'Evangile¬†: vous l'avez entendu (vous en √™tes responsables)¬†; il est universel¬†; Paul, le grand ap√ītre des gentils, en est le serviteur.

      24 24 √† 29 Paul ministre de l'Evangile aupr√®s des pa√Įens.

      "Maintenant..." l'ap√ītre est saisi par le contraste entre sa position actuelle de prisonnier et sa fonction de serviteur de l'Evangile¬†; mais cette position m√™me ne l'emp√™chait pas de remplir cet apostolat aupr√®s de ses lecteurs. Ces souffrances qu'il endurait pour eux ne leur offraient-elles pas un puissant motif de demeurer fermes dans la foi¬†! (verset 23) Comparer Eph√©siens 3.1,13.

      Grec : "Je remplis entièrement les manques des afflictions de Christ dans ma chair pour son corps, qui est l'Eglise."

      M. Rilliet traduit¬†: "Je suppl√©e, dans ma chair, √† ce qui manque aux souffrances de Christ." Ce passage est un des plus profonds qui se trouvent dans les √©p√ģtres de Paul. Il faut d'abord √©carter avec soin toutes les interpr√©tations superficielles ou fausses, qui seraient en contradiction avec les enseignements les plus clairs de l'Ecriture.

      Au nombre des interpr√©tations superficielles viennent se ranger celles qui consistent √† rendre les afflictions de Christ par ces mots¬†: "afflictions endur√©es pour l'amour de Christ, pour sa cause¬†;" ou encore¬†: "des afflictions semblables √† celles de Christ, provenant des m√™mes causes, et dont il resterait √† Paul √† remplir une certaine mesure, ce qui manque encore pour avoir achev√© sa t√Ęche¬†;" ou enfin¬†: "certaines √©preuves sp√©ciales qui ont manqu√© aux afflictions de Christ," comme la prison, etc.

      Parmi les interprétations fausses, il faut signaler :

      1¬į celle qui tendrait, de quelque mani√®re que ce soit, √† conclure de ces paroles de l'ap√ītre, qu'il a manqu√© quelque chose aux souffrances personnelles de Christ pour notre salut, et que l'homme peut y ajouter un compl√©ment quelconque¬†;

      2¬į celle qui attribuerait aux souffrances du chr√©tien un caract√®re expiatoire, soit pour lui-m√™me, soit pour les autres. (On sait, en effet, l'usage que le catholicisme a cru pouvoir faire de ce verset isol√© de l'ensemble du Nouveau Testament et mal interpr√©t√©.)

      Quel en est donc le sens ? Et d'abord :

      1¬į que signifient ici les afflictions de Christ¬†? Par ses souffrances, Christ a vaincu le p√©ch√©, le monde, la mort¬†; par ses souffrances, "il a √©t√© consomm√©" (Grec¬†:), il a atteint la perfection (H√©breux 2.10¬†; 5.9) pour lui-m√™me, comme homme, et pour tous ses rachet√©s, auxquels il a fray√© le chemin de la gloire.

      Maintenant ceux-ci le suivent dans la voie o√Ļ il a march√©¬†; (Romains 8.17¬†; 2Corinthiens 1.5) mais cette "communion de ses souffrances" (Philippiens 3.10) n'est plus une imitation ext√©rieure¬†; il demeure, et vit en eux¬†; ils sont son corps, dont il est la t√™te¬†; et comme son Esprit lutte, prie, soupire, s'attriste en eux, (Romains 8.25,26¬†; Eph√©siens 4.30) lui-m√™me souffre en son corps qui est sur la terre, il est pers√©cut√© dans ses membres¬†; (Actes 9.4,5) ceux-ci portent son opprobre¬†; (H√©breux 11.26) ils sont "participants de l'affliction et de la patience du Christ¬†;" (Apocalypse 1.9) bien plus, "ils sont faits une m√™me plante avec lui dans sa mort, ils meurent avec lui¬†;" (Romains 6.5-8¬†; 2Corinthiens 5.14,15) ils "portent toujours, partout, en leur corps la mort du Seigneur J√©sus." (2Corinthiens 4.10) Ainsi les souffrances des fid√®les sont bien les afflictions de Christ, mais ses afflictions dans son corps, qui est l'Eglise.

      "Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde, il ne faut pas dormir pendant ce temps-là." Pascal.

      Dans ce sens, mais dans ce sens seul, il reste, il manque aux afflictions de Christ quelque chose qui peut être accompli, achevé ; c'est tout ce que l'Eglise doit souffrir jusqu'à ce qu'elle soit consommée avec son Chef : et voilà les souffrances auxquelles Paul eut, durant tout son ministère, une si large part. (1Corinthiens 4.9 et suivants) Mais :

      2¬į comment un chr√©tien peut-il souffrir pour l'Eglise ou pour le corps de Christ¬†? Cela ne signifie point qu'il souffre √† sa place, dans un sens d'expiation¬†; car Christ, et Christ seul a tout accompli¬†; nul ne peut racheter son fr√®re de la mort. Mais il n'en est pas moins vrai que les souffrances, les renoncements, les victoires de chaque membre de l'Eglise contribuent puissamment au bien de tout le corps, par la communion qui existe entre les membres. Quel affermissement pour la foi de tous dans la constance d'un seul martyr¬†! Les triomphes que ces g√©n√©reux confesseurs ont remport√©s en d√©fendant la v√©rit√© profitent encore √† l'Eglise apr√®s des si√®cles. Il en est de m√™me de l'influence b√©nie du membre le plus obscur de l'Eglise, souffrant en vrai chr√©tien. Combien plus de l'Ňďuvre d'un saint Paul¬†! (Comparer 2Corinthiens 1.6, note.)

      Aussi comprenons-nous qu'il se réjouisse de ses souffrances pour ses frères, d'abord parce qu'il aimait ces frères, et ensuite parce qu'il avait le sentiment qu'il souffrait avec son Sauveur, portant "les afflictions de Christ," lui étant rendu semblable. (Voir sur ce passage un discours de Vinet, dans les Etudes évangéliques.)

      25 C'est-√†-dire pour annoncer cette Parole dans toute sa pl√©nitude, jusqu'√† ce qu'elle ait atteint le but en vue duquel Christ l'a confi√©e √† son ap√ītre.

      - C'est l√† l'administration (Grec¬†: "√©conomie") que Dieu a donn√©e √† Paul pour les gentils. Il ne faut pas, avec Calvin et d'autres, entendre ce mot dans le sens beaucoup plus vaste o√Ļ il est pris dans Eph√©siens 1.10¬†; mais dans le sens ordinaire d'une administration confi√©e √† un √©conome¬†; Paul d√©signe par ce terme son apostolat. (Comparer 1Corinthiens 4.1¬†; 9.17¬†; 1.7)

      26 Voir sur ce mystère caché aux générations précédentes et maintenant manifesté Ephésiens 1.9 et surtout Ephésiens 3.4-9, notes.

      Les saints ne sont pas seulement "les ap√ītres et proph√®tes," comme dans Eph√©siens 3.5, mais les chr√©tiens en g√©n√©ral.

      27 Voir Ephésiens 3.16-19, notes.

      Ces mots¬†: qui est Christ en vous, doivent se rapporter √† toute la phrase qui pr√©c√®de¬†: la richesse de la gloire de ce myst√®re, c'est Christ en vous¬†; Christ, sa personne, son Ňďuvre, c'est l√† tout l'Evangile.

      Les mots rendus par en vous peuvent signifier aussi parmi vous, c'est-√†-dire, comme l'ap√ītre vient de l'exprimer, parmi les pa√Įens. Mais la pens√©e est plus compl√®te, plus profonde, et √©vite une r√©p√©tition en traduisant en vous. (Comparer Eph√©siens 3.17¬†; Galates 2.20)

      D'ailleurs, ce n'est réellement que quand Christ vit en nous, qu'il est pour nous l'espérance de la gloire. (Comparer Colossiens 3.3,4)

      - La condition glorieuse, d√©crite par ces paroles, fait avec l'√©tat pr√©c√©dent des pa√Įens un contraste dont l'ap√ītre est saisi¬†: ils √©taient "sans Christ, n'ayant point d'esp√©rance¬†;" (Eph√©siens 2.12) maintenant, Christ en eux est pour eux l'esp√©rance de la gloire¬†! (Comparer 1Timoth√©e 1.1¬†; Romains 5.2)

      28 Ce n'est pas seulement pour combattre le particularisme juif que l'ap√ītre insiste tant sur ce mot tout homme¬†; mais parce qu'il ne croyait pas avoir rempli sa t√Ęche aussi longtemps qu'il n'avait pas instruit et averti chacun de ceux sur qui pouvait s'exercer son minist√®re. (Comparer Actes 20.31)

      - Au reste, le but de la pr√©dication est de conduire tout homme √† la perfection. Mais cette perfection est tout enti√®re en Christ, et quiconque est en Lui sera conduit √† ce glorieux but par le seul d√©veloppement de la vie de Christ au dedans de lui. C'est l√† la sagesse souveraine √† laquelle Paul emprunte toute lumi√®re, il n'en conna√ģt point d'autre.

      Il faut remarquer encore sur ce verset :

      1¬į qu'il y a une intention pol√©mique contre les faux docteurs dans ces premiers mots¬†: lui (et lui seul) que nous, nous annon√ßons¬†;

      2¬į que ces termes¬†: "pr√©senter tout homme" (sous-entendu¬†: √† Dieu) reportent la pens√©e au jour du jugement, aussi bien que ces mots¬†: "l'esp√©rance de la gloire." (verset 27) Paul pr√©sentant √† Dieu, en ce jour solennel, une √Ęme immortelle avertie, instruite par lui, c'est une grande pens√©e, effac√©e par nos versions ordinaires qui traduisent¬†: "rendre tout homme parfait."

      29 Ce n'est qu'à force de travaux et de combats que Paul pouvait atteindre le but indiqué. (verset 28) Quel argument pour exciter la confiance et le zèle de ses lecteurs ! Voir aussi Colossiens 2.1.

      Mais toutes les fois que l'ap√ītre parle de lui-m√™me et de son Ňďuvre, il se montre saintement jaloux d'attribuer toute sa puissance √† Christ √† qui il en rend gloire. (verset 28) De plus, l'Eglise de Colosses, en danger d'√™tre s√©duite par de faux docteurs, devait comprendre que cette puissance divine qui agissait en saint Paul √©tait un sceau de Dieu, appos√© √† son apostolat. (Comparer Eph√©siens 3.20)

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