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Exode 19

    • 1

      1√† 3 L'arriv√©e au pied du Sina√Į

      Pour comprendre les versets 1 et 2, il n'est pas n√©cessaire d'admettre que la visite de J√©thro a √©t√© racont√©e au chapitre 18 par anticipation et que le r√©cit reprend ici au point o√Ļ le chapitre 17 l'avait laiss√©. Ce verset 1 est plac√© en t√™te pour indiquer la date d'un √©v√©nement aussi important que celui de l'arriv√©e √† Sina√Į et comme une sorte de titre pour tout le r√©cit qui va suivre.

      Le texte hébreu indique par l'emploi du prétérit bahou, littéralement furent arrivés, qu'ici commence une nouvelle partie. Il ne faut donc pas traduire au verset 2 : Puis ils partirent... mais : Et (en effet) ils partirent... et campèrent...
      Ces mots sont ajoutés pour indiquer les deux termes de cette dernière étape que franchit le peuple en ce jour décisif.

      Le premier jour du troisi√®me mois. L'h√©breu dit litt√©ralement : Au troisi√®me mois... en ce jour-l√†. Le mot qui signifie mois signifie aussi et primitivement le premier du mois (proprement la nouvelle lune), et l'auteur ajoute en ce jour-l√† afin d'indiquer qu'il parle ici du premier jour du mois et non du mois tout entier. Notre mot de nouvel-an pour d√©signer le premier jour de l'ann√©e n'est pas sans analogie avec l'expression h√©bra√Įque. Il n'est donc pas n√©cessaire de supposer qu'un adjectif de nombre, d√©signant le quanti√®me du mois o√Ļ l'√©v√©nement a eu lieu, ait disparu du texte.

      Il y avait en ce jour-l√† six semaines qu'Isra√ęl √©tait parti de Rams√®s (12.6,31,37) et quinze jours qu'il √©tait arriv√© au d√©sert de Sin (16.4).

      2

      Le d√©sert de Sina√Į, o√Ļ camp√®rent les Isra√©lites, ne peut √™tre que la plaine, appel√©e aujourd'hui le Wadi er-Rahah, qui s'√©tend au pied nord du massif du Sina√Į : elle va du nord-ouest au sud-est, s'√©largissant de plus en plus, jusqu'au pied de la haute paroi verticale o√Ļ commence la montagne du Sina√Į. C'est la seule d'entre les vall√©es qui entourent ce massif central de la p√©ninsule, o√Ļ ait pu camper un peuple aussi nombreux que l'√©tait alors Isra√ęl. Elle a une longueur de 3 kilom√®tres, environ 40 minutes de marche, et une largeur variant d'un demi √† 1 kilom√®tre¬†; au sud, elle se prolonge dans le Wadi el-Ledscha, √† l'ouest du Sina√Į¬†; √† l'est, elle communique par le Wadi ed-Deir avec le grand Wadi es-Scheik ( voir carte).

      La montagne du Sina√Į a deux sommets : l'un au nord, paroi granitique se dressant √† pic, au-dessus de la plaine d'er-Rahah, et couronn√©e d'une cr√™te √† trois dents qui domine la plaine d'une hauteur de 1994 m√®tres au-dessus de la mer¬†; il se nomme Ras-Sussafeh¬†; l'autre, appartenant au m√™me massif et situ√© √† 4 kilom√®tres plus au sud, est beaucoup plus √©lev√© (2244 m√®tres au-dessus de la mer)¬†; il se nomme encore aujourd'hui Dj√©bel-Mousa (montagne de Mo√Įse). Rien de plus imposant que ce sommet aux formes hardies avec ses roches granitiques et basaltiques. C'est le vrai centre de la p√©ninsule¬†; c'est de ses flancs que partent dans tous les sens les vall√©es qui d√©versent les eaux dans les deux golfes occidental et oriental de la mer Rouge.

      D'apr√®s plusieurs voyageurs modernes, c'est sur le premier de ces sommets que doit avoir eu lieu la promulgation de la loi¬†; car, comme il domine imm√©diatement le Wadi er-Rahah, on l'aper√ßoit de tous les points de cette vall√©e. Mais c'est cette circonstance m√™me qui nous emp√™che d'admettre que la loi ait √©t√© donn√©e sur ce sommet-l√† : dans ce cas, en effet, Mo√Įse n'aurait pas d√Ľ (et m√™me n'aurait pas pu) faire sortir le peuple du camp pour le conduire au-devant de Dieu (verset 17) en l'amenant au bas de la montagne (ibidem)¬†; car le camp occupait certainement la plaine enti√®re au pied de la montagne. Il faut donc admettre que le sommet sur lequel l'Eternel descendit et sur lequel Mo√Įse monta (verset 20) √©tait le sommet m√©ridional, le Dj√©bel-Mousa proprement dit (voir √† verset 17).

      Quelques savants ont suppos√© que le r√©cit d√©signait sous le nom de Sina√Į le magnifique mont Serbal, qui est situ√© √† quarante kilom√®tres au nord-ouest, et domine le Wadi Feyran. Mais depuis quelques explorations plus r√©centes, en particulier celles qu'ont faites des ing√©nieurs anglais en 1869, cette hypoth√®se est abandonn√©e. Nous avons nous-m√™mes √©t√© conduits √† admettre que le peuple n'avait point pass√© par le Wadi Feyran. Puis ce wadi n'est point une vaste plaine o√Ļ aurait pu camper un si grand peuple¬†; si fertile qu'il soit, dit un voyageur, ce n'est pourtant qu'un √©troit vallon de palmiers, une gorge resserr√©e qui ne saurait contenir une grande multitude. Enfin la contr√©e du Sina√Į convient beaucoup mieux √† tous √©gards que celle du Serbal √† l'habitation d'un grand peuple pendant toute une ann√©e, √† cause de sa richesse extraordinaire en sources et en puits, en palmiers et en p√Ęturages. Quant √† la tradition locale, elle est plut√īt en faveur du Dj√©bel-Mousa¬†; la tradition qui lui a substitu√© le Serbal date seulement du cinqui√®me si√®cle, o√Ļ une nombreuse population chr√©tienne habitait le Wadi Feyran.

      La montagne : celle qui avait été appelée 3.1montagne de Dieu, sans doute par anticipation, en raison des scènes qui vont suivre. Plusieurs ont supposé que cette montagne imposante était dès longtemps consacrée à quelque culte local.

      3

      Et Mo√Įse monta vers Dieu. On peut s'√©tonner que Mo√Įse monte vers Dieu sans avoir √©t√© appel√©¬†; et c'est ce qui a fait traduire parfois ce qui suit, dans ce sens contraire au texte : Car l'Eternel l'avait appel√©. Mais Mo√Įse savait qu'Isra√ęl √©tait destin√© √† rendre l√† un culte √† Dieu (3.12)¬†; et son premier soin, une fois arriv√©, devait √™tre d'aller s'instruire aupr√®s de Dieu lui-m√™me de la mani√®re dont il voulait que ce service lui f√Ľt rendu. La suite montre clairement que la colonne de nu√©e, s'√©tait d√®s l'arriv√©e pos√©e sur la montagne pour indiquer la pr√©sence de Dieu.

      Et Dieu du haut... lui cria. Avant m√™me que Mo√Įse soit arriv√© au sommet, la voix de l'Eternel parvient jusqu'√† lui du haut de la montagne. Il vient prendre les ordres de Dieu¬†; Dieu les lui donne. Il s'agit des pr√©paratifs de l'alliance qui va √™tre conclue. Dans tout contrat bilat√©ral, en effet, chaque partie doit commencer par d√©clarer ce qu'elle entend faire et √† quoi elle s'engage par cet acte. Dieu parle le premier (versets 4 √† 6)¬†; Isra√ęl r√©pond (versets 7 √† 9).

      4

      4 à 6 Le message divin

      Les paroles de J√©hova qui suivent sont la base divine sur laquelle l'alliance va √™tre trait√©e. Elles rappellent au peuple (verset 4) ce que Dieu a d√©j√† fait pour lui. C'est Dieu qui a pris l'initiative de l'alliance¬†; il a fait quelque chose pour Isra√ęl avant qu'Isra√ęl e√Ľt rien fait pour lui : il l'a tir√© de la servitude et pour ainsi dire transport√© jusqu'au pied du Sina√Į. Cette gr√Ęce signal√©e est pour Isra√ęl un gage que Dieu accomplira pour lui ce qu'il va lui promettre encore. Puis Dieu expose ce qu'il veut faire de ce peuple d'Isra√ęl, le privil√®ge qu'il lui destine (versets 5 et 6). Cette nouvelle gr√Ęce diff√®re de la premi√®re en ce qu'elle est promise sous condition (si vous ob√©issez, etc.). C'est par cette ob√©issance qu'Isra√ęl pourra devenir, conform√©ment au dessein de Dieu, un peuple qui lui soit consacr√© d'une fa√ßon particuli√®re. Dieu est, comme Cr√©ateur, le roi de tous les peuples mais, comme Lib√©rateur d'Isra√ęl, il a acquis sur lui un droit sp√©cial et veut √©tablir entre ce peuple et lui une relation nouvelle et d'un autre ordre.

      Cette déclaration divine, qui énonce dans toute sa grandeur l'idée même de la théocratie, est exprimée en style poétique (le parallélisme des propositions) et diffère par là des prescriptions qui suivent, ainsi que des lois qui constituent l'alliance elle-même.

      Sur des ailes d'aigle. Cette image se retrouve à peu près dans le même sens Deutéronome 32.11. Elle représente la facilité avec laquelle Dieu leur a fait surmonter les difficultés du voyage, et s'applique tout particulièrement au passage de la mer Rouge, barrière qui paraissait infranchissable, et au voyage à travers le désert.

      5

      Mon peuple particulier. C'est en hébreu la même expression que Tite 2.14 (1Pierre 2.9). Dans une vaste monarchie, il y a toujours un peuple qui tient de plus près au souverain, et qui a une position privilégiée. Telle était, par exemple, la position des Chaldéens par rapport à Nébucadnetsar, comparativement aux autres peuples réunis à son empire. Le mot hébreu signifie proprement l'épargne propre ou la cassette privée du prince (1Chroniques 29.3).

      Toute la terre. C'est là l'empire en général ; il comprend tous les peuples de la terre, en tant que créatures de Dieu. L'universalisme est toujours l'arrière-plan en même temps que l'avenir du particularisme théocratique.

      6

      Un royaume de sacrificateurs. C'est la traduction littérale. Ce qui ne peut signifier qu'un peuple ayant pour roi l'Eternel (non quelque souverain terrestre), et dont les membres seront tous sacrificateurs, c'est-à-dire ayant le droit, comme consacrés à l'Eternel, de s'approcher de lui pour l'adorer et le servir : ainsi un peuple de prêtres gouverné par le roi divin. La notion de royauté n'est pas appliquée par le texte hébreu aux Israélites eux-mêmes ; elle a été introduite par les LXX qui ont traduit par sacrificature royale.

      Saint Pierre (1Pierre 2.9) cite ce passage d'après eux en l'appliquant aux chrétiens ; comparez aussi Apocalypse 1.6 ; 5.10
      Il pouvait le faire, après que la participation des fidèles à la souveraineté de Jésus avait fait d'eux non seulement des sacrificateurs, mais aussi des rois. Cela ne doit pas nous empêcher de constater le sens exact de la parole divine dans l'Ancien Testament, d'après lequel la royauté n'est attribuée qu'à Dieu seul.

      Une nation sainte. Le mot employ√© pour dire nation (go√Į) est celui qui d√©signe dans l'Ancien Testament les nations en g√©n√©ral. Isra√ęl est l'une d'entre elles, par lui-m√™me semblable √† elles¬†; mais ce qui le distingue des autres, c'est le cachet de saintet√©, de cons√©cration √† l'Eternel, empreint sur sa vie enti√®re. On comprend qu'au moment o√Ļ ce sceau s'efface, Isra√ęl soit de nouveau trait√© comme go√Į. Cependant la fid√©lit√© divine maintient m√™me alors la promesse renferm√©e dans cette expression : vous serez, c'est-√†-dire : vous deviendrez infailliblement.

      La premi√®re des expressions par lesquelles le peuple est d√©sign√© (un royaume de sacrificateurs) a trait √† la relation d'Isra√ęl avec Dieu lui-m√™me¬†; la seconde (nation sainte), √† son rapport aux autres peuples.

      7

      7 à 9 La réponse du peuple

      Les Anciens. Le peuple √©tait trop dispers√© pour qu'il p√Ľt conf√©rer avec Mo√Įse autrement que par ses repr√©sentants.

      8

      C'est ici, dans cette union en quelque sorte conjugale, le oui de la fiancée. La condition de l'obéissance, posée au verset 5, est ainsi acceptée par le peuple.

      Et Mo√Įse alla porter. Ces mots ne signifient pas encore que Mo√Įse transmet la r√©ponse √† l'Eternel¬†; ils disent seulement qu'il partit pour le faire. Avant qu'il d√©livr√Ęt son message, l'Eternel lui adressa les paroles suivantes.

      9

      D√®s ce moment, Mo√Įse devait fonctionner comme m√©diateur entre Dieu et le peuple dans les diff√©rents actes par lesquels l'alliance allait √™tre trait√©e. Pour cela il devait √™tre reconnu du peuple, aussi bien que de Dieu, comme l'interm√©diaire divinement choisi. C'est pourquoi Dieu lui promet ici de l'accr√©diter comme tel aupr√®s d'Isra√ęl, en donnant un signe public de sa relation intime avec lui, L'ex√©cution de cette promesse est rapport√©e au verset 19 : Mo√Įse parla, et Dieu lui r√©pondit par une voix.

      Apr√®s avoir re√ßu cette promesse, Mo√Įse commence son office en transmettant √† Dieu la r√©ponse du peuple.

      10

      10 à 15 Mesures pour la sanctification du peuple et l'inviolabilité de la montagne.

      La r√©v√©lation divine qui doit avoir lieu r√©clame un peuple pr√©par√© √† la recevoir. Conform√©ment √† la nature de l'ancienne alliance, la pr√©paration ordonn√©e est de nature ext√©rieure¬†; mais chaque Isra√©lite doit comprendre que c'est la purification du cŇďur par la repentance que Dieu a en vue dans cette purification ext√©rieure.

      Tous les Israélites doivent nettoyer d'eau leurs corps et leurs vêtements. Pour la purification des vêtements, comparez Lévitique 11.25-28,40, etc. Deux jours entiers furent donnés au peuple pour se préparer de la sorte.

      11

      Le troisi√®me jour. Une ancienne tradition pr√©tend que ce jour √©tait celui de la Pentec√īte (le cinquanti√®me apr√®s la P√Ęque). Le calcul des jours tel que nous l'avons donn√© (19.1) n'est point contraire √† cette tradition.

      12

      Fixer des limites, c'est sans doute ici simplement les indiquer. Il ne para√ģt pas en effet qu'il y ait eu r√©ellement de barri√®res pos√©es, ce qui e√Ľt √©t√© fort difficile puisqu'il est dit en h√©breu saviv, c'est-√†-dire tout autour (de la montagne). La limite pos√©e fut simplement sans doute l'ordre de ne s'approcher de la montagne qu'√† une distance express√©ment d√©termin√©e. Comme un rang d'alluvions entoure d'assez pr√®s le bas de la paroi du Ras-Sussafeh, l'on a suppos√© que Mo√Įse avait fait de cette moraine la limite ici mentionn√©e. Mais cette barri√®re naturelle est loin d'entourer toute la montagne.

      Quiconque touchera la montagne. Cette expression suppose une montagne qui s'√©l√®ve √† pic de la plaine¬†; c'est ce qui a lieu soit au Ras-Sussafeh, soit sur le versant sud-est du Dj√©bel-Mousa. Ces mesures s√©v√®res ordonn√©es de Dieu proviennent du caract√®re sacr√© que prend en ce moment le Sina√Į. Il devient par le fait de l'apparition de l'Eternel un Lieu tr√®s-saint. Ces pr√©paratifs ont donc pour but de r√©veiller dans le cŇďur du peuple le sentiment de sa souillure et le respect de la saintet√© divine.

      13

      Sur lui, et non, comme on a traduit, sur elle (la montagne). Ceux qui devaient ex√©cuter sur cet homme la sentence de mort ne pouvaient pas le saisir, parce qu'ils auraient d√Ľ pour cela franchir la limite trac√©e¬†; ils devaient donc le tuer √† distance.

      Une bête. Quoique innocent, l'animal doit périr pour rendre hommage à la sainteté divine offensée par son fait. S'il y a punition proprement dite, c'est pour le propriétaire de l'animal dont la négligence a causé cet accident.

      Quand la trompette sonnera, ils monteront. Ces mots sont difficiles √† expliquer. Car Mo√Įse semble ordonner par l√† au verset 13 ce qu'il vient d'interdire au verset 12. On a propos√© de donner un sens diff√©rent au terme de monter sur la montagne, dans ces deux versets. Au verset 13 le sens serait non : ils monteront sur la montagne, mais : quand la trompette retentira, ils s'avanceront de la plaine vers la montagne.
      Cette solution se heurte au fait que les termes h√©breux sont exactement les m√™mes dans les deux cas. Il y a en √©change une diff√©rence notable entre l'expression employ√©e pour d√©signer le son de la trompette (verset 13) et le son de trompe dont il est parl√© dans les versets 16 et 19. L'expression du verset 13 (maschak jobel) signifie : tirer de la trompette un son prolong√© (comparez Josu√© 6.5), ce qui para√ģt, d√©signer un autre signal que ces sons r√©p√©t√©s du cor qui accompagn√®rent, les autres manifestations sensibles de la pr√©sence de l'Eternel, imm√©diatement avant la promulgation de la loi. Ce signal sp√©cial pourrait donc se rapporter au moment o√Ļ, √† la suite de la manifestation divine durant laquelle le peuple devait se tenir √©loign√© de la montagne devenue le tr√īne de Dieu, il serait autoris√© √† la toucher de nouveau et m√™me √† y monter. La suite montrera comment le peuple a renonc√© plus tard √† ce privil√®ge.

      16

      16 √† 25 L'apparition de Dieu sur Sina√Į

      Les coups de tonnerre, les éclairs, la sombre nuée sont des phénomènes qui pouvaient passer pour naturels ; les sons violents et saccadés du cor qui s'y mêlent sont ce qui leur donne un caractère surnaturel. C'est à ce fait que se rattache l'idée de la participation des anges à l'acte du don de la loi (Deutéronome 33.2 ; Actes 7.53 ; Galates 3.19 ; Hébreux 2.2).

      17

      Ce passage est celui qui nous emp√™che d'admettre que la promulgation de la loi ait eu lieu du haut du Ras-Sussafeh. Mo√Įse fait sortir le peuple du camp. Mais le camp devait remplir la plaine d'er-Rahah et m√™me s'√©tendre dans les vallons voisins. Comment le peuple e√Ľt-il eu l'espace n√©cessaire pour se placer entre le camp et le pied de la montagne¬†? Il est dit ensuite : pour aller au-devant de Dieu. Ceci suppose un changement de localit√©, qui √©tait impossible dans cette plaine. Aussi les voyageurs les plus r√©cents sont-ils arriv√©s √† la conviction que le th√©√Ętre de la sc√®ne qui va suivre a √©t√© la plaine de es-S√©bayeh, situ√©e au sud-est et au sud du Dj√©bel-Mousa. De l√† s'√©l√®ve √† pic, √† 700 m√®tres de hauteur, la paroi granitique de cette montagne. Son sommet est visible de tous les points de la plaine. Derri√®re celle-ci le terrain s'√©l√®ve graduellement vers les montagnes m√©ridionales, formant une esp√®ce d'amphith√©√Ętre o√Ļ pouvaient, dit un voyageur, se placer plusieurs centaines de mille hommes sans que les rangs les plus recul√©s fussent priv√©s de la vue imposante du sommet. Un autre voyageur s'exprime ainsi :

      De toutes les localités de la péninsule que j'ai vues, aucune ne m'a laissé l'impression d'une harmonie aussi complète avec le récit biblique de la législation que le Djébel-Mousa avec ses alentours.

      On arrive dans la plaine de es-Sébayeh en deux à trois heures depuis le Wadi er-Rahah, en passant par le Wadi Deir, puis par le Wadi Sébayeh qui a de 60 à 120 mètres de large. Il est clair que les femmes et les enfants demeurèrent dans le camp pour la garde duquel on laissa une troupe d'hommes suffisante. Les Anciens avec tous les hommes qui purent les accompagner, se rendirent à la plaine de Sébayeh.

      Et ils se tinrent : voir au verset 25

      18

      La montagne trembla fort. Quelques manuscrits hébreux, le Pentateuque samaritain et les Septante lisent : Le peuple trembla fort ; ce serait une gradation sur la donnée du verset 16.

      19

      Le son de la trompe. Comme nous l'avons dit, l'expression h√©bra√Įque n'a rien de commun avec les termes du verset 13.

      Mo√Įse parla. Ce fut sans doute un cri d'adoration provoqu√© par ce spectacle saisissant.

      Par une voix. Il ne s'agit pas ici d'un coup de tonnerre (la voix de Dieu)¬†; ce fut une parole articul√©e qui se distingua clairement des bruits retentissant du haut de la montagne. Il se pourrait que cette parole divine f√Ľt l'ordre suivant de monter au sommet (verset 20).

      21

      La d√©fense semblable mentionn√©e versets 12 et 13 se rapportait √† tout le peuple qui remplissait le camp et n'avait en vue que les individus ou les animaux qui pouvaient s'approcher du pied de la montagne, dans la plaine d'er-Rahah, tandis que celle-ci s'applique √† tous les hommes qui ont suivi Mo√Įse pour assister √† la promulgation de la loi, et a pour but de s'opposer √† une irruption d'une partie de ce peuple sur la montagne. La premi√®re infraction purement individuelle devait √™tre punie par les hommes¬†; tandis que la seconde d'un caract√®re collectif, serait punie par Dieu lui-m√™me de la mani√®re la plus s√©v√®re¬†; comparez le p√©ch√© et le ch√Ętiment d'Uzza (2Samuel 6.6-8). C'est du c√īt√© du sud-est, o√Ļ se trouvait alors le peuple, que le Dj√©bel-Mousa est ordinairement gravi.

      Pour regarder : pour rechercher la cause des phénomènes qui se passaient sous leurs yeux. C'était le moment, non de regarder, mais d'écouter.

      22

      Les sacrificateurs. Ce terme ne d√©signe point encore les fils d'Aaron, √† moins que l'on ne veuille imputer au narrateur un grossier anachronisme. D√©j√† en Egypte il avait √©t√© dit (10.24-26 et ailleurs) que le peuple devait offrir un sacrifice dans le d√©sert. Pour cela il fallait des hommes charg√©s d'officier dans ce grand acte de culte national. Ils pouvaient avoir √©t√© choisis parmi les premiers-n√©s¬†; comparez 24.5, o√Ļ ils sont appel√©s les jeunes gens des fils d'Isra√ęl.

      Se sanctifient : en se tenant eux-mêmes éloignés de la montagne sainte et ne provoquant point la colère de Dieu.

      23

      C'est pendant que ceci se passait entre Mo√Įse et l'Eternel, que le peuple arrivant successivement se rangeait dans la plaine au pied de la montagne, aussi bien que sur les pentes doucement ascendantes du versant oppos√©.

      24

      On gravit le sommet du Dj√©bel-Mousa en un peu plus de deux heures¬†; il ne fallait √† Mo√Įse qu'une heure pour en redescendre.

      Ayant Aaron avec toi. Comme futur grand-sacrificateur, Aaron doit remonter avec Mo√Įse sur le Sina√Į¬†; car cette montagne repr√©sente en ce moment le Lieu tr√®s-saint du Tabernacle futur, dans lequel Aaron et Mo√Įse auront seuls le droit d'entrer.

      L'entretien du peuple avec Mo√Įse racont√© 20.18-20 ne permet pas de supposer que Mo√Įse et Aaron soient remont√©s au sommet de la montagne et aient assist√© de l√† √† la promulgation de la loi. Ils devaient sans doute rester dans le voisinage du peuple, en ce moment solennel, pour veiller √† l'observation de la d√©fense pr√©c√©dente. C'√©tait la raison pour laquelle Dieu avait fait redescendre Mo√Įse qui aurait pr√©f√©r√©, para√ģt-il (verset 23), rester sur la montagne. Et comme il n'est point dit qu'apr√®s l√† promulgation Mo√Įse et Aaron soient mont√©s au sommet, il est probable que les mots : Tu monteras et Aaron avec toi, signifient simplement : Vous, vous pourrez franchir la limite pos√©e au peuple et vous tenir sur la montagne sans encourir la peine de mort.
      Ils se tinrent donc sur la pente de la montagne, en face du peuple, durant la solennité suivante.

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