TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

Hébreux 11

    • 1

      LA FOI Ch. 11 à 13

      Chapitre 11.

      1 à 7 La foi, sa nature et ses effets, exemples des temps primitifs.

      La foi a été la vie même de tous les hommes qui, dès ici-bas, furent en communication avec l'invisible.

      L'auteur vient de citer la parole du proph√®te¬†: "le juste vivra par la foi.¬†;" (H√©breux 10.38) il a ajout√©¬†: (H√©breux 10.39) "Pour nous, nous ne sommes point de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur √Ęme." P√©n√©tr√© de la puissance de la foi, il √©prouve le besoin de montrer cette puissance √† ses lecteurs par des exemples emprunt√©s √† l'histoire de leur peuple. Rien n'est plus persuasif que les faits. Il pourra para√ģtre, au premier abord, que la foi des croyants de l'ancienne Alliance, dont l'auteur parle dans notre chapitre, n'est pas, comme celle des chr√©tiens dans le chapitre pr√©c√®dent, (H√©breux 11.22,35-39) la foi qui justifie et sauve le p√©cheur, en lui appropriant les m√©rites du Sauveur.

      Dans notre chapitre il s'agit plut√īt d'une vue de l'√Ęme qui, s'√©levant au-dessus du pr√©sent, contemple l'invisible, s'en empare et y puise la force de tout sacrifier au sein des dangers et des souffrances. Sans doute, cette observation est fond√©e¬†; mais il ne faut pas perdre de vue que dans sa nature intime, dans son action sur le cŇďur de l'homme, la foi est la m√™me chez les croyants des deux alliances¬†: elle s'empare avec puissance de tout leur √™tre, d√©termine leur volont√©, p√©n√®tre leurs affections, d√©cide de leur vie, les pousse √† faire le sacrifice d'eux-m√™mes. Il ne reste donc de diff√©rence que dans l'objet de leur foi. Mais, m√™me √† cet √©gard, il ne faut pas oublier que les r√©v√©lations de Dieu √† l'humanit√© forment, d√®s l'origine, un tout indissoluble.

      Ainsi, dans chaque promesse, même temporelle, de Dieu à son peuple se trouvait en germe la grande promesse du salut ; chaque délivrance que ce peuple attendait par la foi était une prophétie de sa rédemption éternelle.

      C'est ce que l'auteur va montrer par l'exemple d'Abraham, de Mo√Įse, etc.¬†; c'est ainsi qu'il nous enseigne le vrai point de vue pour l'interpr√©tation de l'Ancien Testament. Quelque diversit√© qu'il y ait dans les hommes de Dieu sous le rapport de la connaissance, selon le degr√© o√Ļ les r√©v√©lations divines √©taient parvenues pour chacun d'eux, la foi, par laquelle ils se confiaient tout entiers en Dieu, √©tait la m√™me, en un sens. dans son objet. Cet objet, c'√©tait toujours Dieu et sa gr√Ęce, plus ou moins compl√®tement manifest√©s.

      La foi n'est pas seulement ni avant tout une connaissance acquise ou reçue par révélation, mais une détermination de la volonté ; on peut donc, en certaines circonstances, posséder, avec une connaissance encore faible et obscure, le sentiment le plus profond, la confiance la plus inébranlable, et l'inverse.

      Cependant, lorsque l'état moral de l'homme est sain, il y a toujours, entre la connaissance et la foi, action et réaction : chaque lumière nouvelle affermit la confiance, et chaque acte de foi rend plus lumineuse la connaissance de la vérité. Les exemples que l'auteur va rappeler le prouveront. Aussi la foi, même dans le sens que Paul donne à ce mot, la foi justifiante, étend-elle son action à toutes les circonstances de la vie du chrétien.

      Quand cet ap√ītre d√©clare √† l'homme soumis aux plus terribles √©preuves que "toutes choses travaillent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu," il faut, pour √™tre bien convaincu de cet √©trange paradoxe, et pour "se glorifier dans les afflictions," une foi qui, dans cette application, n'est pas pr√©cis√©ment la foi justifiante¬†; et pourtant ces deux genres de foi n'existent pas l'un sans l'autre.

      Les objets de la foi chrétienne, les biens éternels, ne sont point encore présents, ils sont ce qu'on espère ; ils sont invisibles pour les sens, ou ce qu'on ne voit point. Or, ce qui fait la force du croyant et le rend capable de persévérer, (voir Hébreux 10.39, avec lequel notre verset est intimement lié) c'est qu'il est de la nature de la foi de rendre présent l'avenir et visible l'invisible.

      Pour exprimer cette pensée, l'auteur se sert de deux termes qui sont souvent mal compris, surtout lorsqu'on cherche en eux une définition de la foi, au lieu d'y voir simplement l'indication de l'un de ses caractères, que l'auteur relève pour l'encouragement de ceux qui sont en danger de succomber dans le combat.

      Le premier de ces mots (grec hypostase) signifie l'acte de placer dessous, puis une base ferme, un fondement ; rien n'empêcherait de traduire : "la foi est le fondement (en nous) des choses qu'on espère." Ce mot signifie encore la substance, l'essence, la réalité d'une chose, qui subsiste parce qu'elle est bien fondée.

      Les anciens interpr√®tes (les P√®res, Bengel) se sont arr√™t√©s √† ce sens, qui se trouve dans un autre passage de notre √©p√ģtre o√Ļ l'auteur emploie le m√™me mot. (H√©breux 1.3) Il avait √©t√© adopt√© dans les pr√©c√©dentes √©ditions de ce Commentaire. On peut invoquer en sa faveur les consid√©rations suivantes¬†: la foi met le croyant en contact vivant et intime avec son objet, elle lui en donne l'exp√©rience, la possession anticip√©e, elle fait que d√©j√† il en jouit, elle lui en assure la pl√©nitude¬†; sa foi est donc bien d√®s √† pr√©sent la substance, la r√©alit√© de ce qu'il esp√®re.

      Chrysostome a pu dire¬†: "La foi est une vue de ce qui est cach√©, et elle nous donne sur l'invisible la m√™me certitude que nous avons pour les choses qui sont sous nos yeux. Ce dont la r√©alit√© ne para√ģt point encore, la foi nous en donne la substance ou plut√īt la foi en est elle-m√™me la substance. Ainsi la r√©surrection n'est pas encore pr√©sente, mais la foi fait que d√©j√† elle existe dans notre √Ęme."

      C'est dans le m√™me sens qu'il est dit du croyant qu'il "go√Ľte les puissances du si√®cle √† venir", (H√©breux 6.5) que celui qui croit "a la vie √©ternelle," qu'il "est pass√© de la mort √† la vie." (Jean 5.24¬†; 3.18,19¬†; 8.51¬†; 1Jean 3.14)

      - Bien que les réflexions qui précèdent soient justes en elles-mêmes et qu'elles donnent à la définition de la foi une signification profonde, il est cependant plus probable que l'auteur a pris le terme qu'il emploie dans un sens subjectif, avec l'intention de caractériser les sentiments du croyant et non la nature de l'objet que saisit la foi.

      Aussi, depuis Luther, le traduit-on le plus souvent par assurance, persuasion (Rilliet), ferme attente (Segond). Ce sens, que le mot a aussi chez des auteurs profanes, est le seul admissible dans Hébreux 3.14 ; et il se trouve confirmé, dans notre passage, par le second terme employé ; celui-ci, ajouté au premier sans particule de liaison, est destiné à en préciser la signification, en indiquant de quelle nature est cette assurance, et comment elle est née et entretenue.

      Il doit se traduire par démonstration ; la plupart de nos versions le rendent par "conviction," mais le terme grec n'a pas ce sens ; il désigne proprement ce qui produit la conviction, une preuve, une démonstration.

      Le verbe de même racine signifie dans le Nouveau Testament : créer une évidence morale. Il sert à exprimer l'action exercée par Jean-Baptiste sur Hérode, (Luc 3.19) ou l'effet produit par une assemblée chrétienne sur l'incrédule qui y entre. (1Corinthiens 14.24, note.) Il se lit dans les paroles de Jésus : "Qui de vous me convaincra de péché ?," (Jean 8.46) le Saint-Esprit "convaincra le monde de péché, de justice et de jugement." (Jean 16.8) On peut conclure de cet emploi du verbe, que le substantif démonstration, dans la pensée de l'auteur, désigne la foi comme le moyen de nous procurer une conviction morale, et non une certitude qui repose sur le témoignage des sens, ou sur l'évidence logique ou mathématique.

      - Quant aux expressions qui d√©signent les objets de la foi¬†: des choses (grec) qui sont esp√©r√©es, des faits (grec) qui ne sont pas vus, on peut dire que la seconde pr√©cise aussi la nature des choses qu'on esp√®re¬†; ce ne sont pas des choses visibles, des biens terrestres, mais les r√©alit√©s c√©lestes et √©ternelles. Ou bien, - et cette explication nous para√ģt pr√©f√©rable, - les deux termes d√©signent des objets diff√©rents¬†: le premier¬†: des choses qui sont esp√©r√©es, se rapporte exclusivement aux biens √† venir vers lesquels s'√©lance notre esp√©rance¬†; le second¬†: des faits qui ne sont pas vus, peut d√©signer des faits d√©j√† actuels, mais invisibles, qu'embrasse notre conviction morale.

      2 Grec : En elle, les anciens ont reçu témoignage, le témoignage d'être agréables à Dieu. (Hébreux 11.5 ; comparez Actes 10.22)

      En elle, c'est-à-dire en raison de cette foi, parce qu'ils la possédaient.

      Les anciens sont les fidèles de l'ancienne Alliance. Ce témoignage leur fut rendu, soit dans leur propre conscience, soit par des paroles divines qui approuvaient leur foi.

      3 M√™me dans sa manifestation premi√®re et la plus g√©n√©rale, la foi, en tant qu'elle nous persuade que le monde a √©t√© cr√©√© par la parole de Dieu, est une vue de l'invisible. En observant le monde sensible, l'homme ne discerne qu'une cha√ģne non interrompue de causes et d'effets, et rien ne lui prouve que cette cha√ģne ait jamais eu un commencement.

      Par la foi, se fondant sur une r√©v√©lation positive de Dieu, il consid√®re, comprend, reconna√ģt que toutes les choses visibles ont eu, en leur temps, une cause invisible, que l'univers (grec les si√®cles, les p√©riodes que l'univers doit parcourir et tout ce qui les remplit) a √©t√© fait, form√©, construit par une ou par la parole cr√©atrice de Dieu.

      L'auteur fait allusion à Genèse 1.1-4. (Psaumes 33.6. Comparer Jean 1.1-3)

      Et il ne faut pas √† la foi un petit effort pour admettre ce miracle des miracles, cet acte de la toute-puissance par lequel l'univers fut tir√© du n√©ant, construit par la parole de Dieu, afin que, comme l'auteur ajoute, marquant l'intention divine, ce qui se voit n'e√Ľt point √©t√© fait de choses qui parussent, c'est-√†-dire e√Ľt une cause invisible, immat√©rielle, le Dieu √©ternel luim√™me, et f√Ľt appel√© √† l'existence par sa seule parole cr√©atrice.

      4 Ces paroles sont un pr√©cieux commentaire de l'histoire de Ca√Įn et d'Abel. (Gen√®se 4.3 et suivants)

      La Gen√®se ne dit pas pourquoi l'Eternel n'eut point √©gard au sacrifice de Ca√Įn, tandis que celui d'Abel lui fut agr√©able. Notre auteur en donne la raison¬†: elle est tout enti√®re dans la foi d'Abel, dans l'humble confiance de son cŇďur en la gr√Ęce de Dieu. Le sacrifice √©tait le symbole d'une enti√®re cons√©cration √† Dieu de la part de celui qui l'offrait¬†; si avec le symbole il y avait la r√©alit√©, si le croyant donnait son cŇďur avec la victime, le sacrifice √©tait agr√©able au Seigneur. (Romains 12.1,Jean 4.24)

      Si, au contraire, celui qui l'offrait ne s'√©levait pas au-dessus de l'acte mat√©riel, s'il pensait par l√† rendre service √† l'Eternel, accomplir une Ňďuvre m√©ritoire, et attendait sa r√©compense comme s'il y avait droit, Dieu devait se d√©tourner d'un tel sacrifice. (Matthieu 6.5,16)

      Voil√† pourquoi Abel offrit un meilleur (grec sup√©rieur, par la qualit√©, non par la quantit√©) sacrifice que Ca√Įn. (Comparer 1Jean 3.12)

      Par elle, par la foi qui inspirait son offrande, Abel reçut le témoignage d'être juste, d'être approuvé de Dieu, de marcher dans ses voies. (Comparer Hébreux 10.38 ; Matthieu 23.35)

      D'autres rapportent le pronom relatif au mot sacrifice qui précède immédiatement, et traduisent : sacrifice par lequel il obtint le témoignage d'être juste La déclaration de Hébreux 11.2 (comparez Hébreux 11.7, note, et Hébreux 11.39) rend cette relation peu probable.

      Comment Dieu lui rendit-il ce t√©moignage¬†? Les uns supposent que son sacrifice fut consum√© par le feu du ciel, comme cela arriva dans d'autres cas¬†; (Gen√®se 15.17¬†; 1Rois 18.38, etc.) d'autres admettent simplement qu'Abel re√ßut ce t√©moignage dans sa conscience et dans son cŇďur, o√Ļ il sentit l'approbation et la paix de Dieu. Ce dernier t√©moignage fut en tout cas le fruit le plus pr√©cieux de sa foi.

      - Et par elle, par sa foi, quoique mort, il parle encore. Comment ? C'est, disent la plupart des interprètes, par la voix de son sang qui crie à Dieu et lui demande justice. (Genèse 1.10 ; Hébreux 12.24) Il fut le premier de cette longue série de martyrs, dont le sang innocent devait retomber sur la génération contemporaine de la ruine de Jérusalem, (Matthieu 23.36) le premier de ces élus qui ont crié à Dieu et auxquels Dieu fera justice au grand jour des rétributions. (Luc 18.7,8) Cependant, pour fondée qu'elle puisse être, cette explication ne tient pas un compte suffisant des mots : par elle, par la foi, il parle encore.

      Le sang d'Abel, qui crie vengeance, n'est pas le langage de la foi. Aussi faut-il admettre que c'est plut√īt par son exemple qu'il parle d√®s l'origine et dans tous les si√®cles, puisque Dieu a voulu que cet exemple f√Ľt consign√© dans les premi√®res pages des saintes Ecritures et montr√Ęt √† toutes les g√©n√©rations quel est le culte que Dieu agr√©e.

      6 Après avoir cité l'exemple d'Enoch, dont toute l'histoire se résume dans ce mot profond : "il marcha avec Dieu," (Genèse 5.22) l'auteur ajoute, (Hébreux 11.6) pour prouver que cette communion intime avec Dieu fut chez ce patriarche le fruit de la foi, la déclaration que, sans la foi, il est impossible de plaire au Seigneur.

      En effet, la communion avec Dieu suppose deux choses qui sont l'essence m√™me de la foi¬†: croire que Dieu existe, non seulement admettre son existence, mais avoir trouv√© par la foi le Dieu vivant et vrai que la raison obscurcie ne conna√ģt pas¬†; puis, croire qu'il devient le r√©mun√©rateur, et est lui-m√™me la plus grande r√©compense (H√©breux 10.35) de ceux qui le cherchent, et auxquels il aime √† se manifester.

      La foi, la confiance du cŇďur est de tous nos sentiments celui qui honore le plus notre P√®re c√©leste¬†; voil√† pourquoi il lui est si agr√©able. En m√™me temps, c'est le seul qui nous mette v√©ritablement en communion avec lui, et cette communion est le bien supr√™me de l'homme, l'unique r√©compense qu'il puisse d√©sirer.

      - Quant au fait qu'Enoch fut transporté au ciel, pour ne point voir la mort, l'auteur entend littéralement le récit le la Genèse. Aussi cite-t-il les paroles mêmes de ce récit : (grec) il n'était pas trouvé, parce que Dieu l'avait transporté. (Genèse 5.24)

      Toutes nos versions portent¬†: enlev√©, enl√®vement. Ce terme ne fait penser qu'√† un seul lieu, celui d'o√Ļ la personne enlev√©e dispara√ģt. Le mot grec signifie d√©placer, transporter¬†; il dirige l'attention, non seulement vers le lieu du d√©part, mais vers celui de l'arriv√©e¬†; et c'est ce qui importait √† l'auteur.

      On a propos√© de traduire la fin de H√©breux 11.6¬†: car avant le passage o√Ļ est racont√© le transport, il lui est rendu t√©moignage. (Voir une construction analogue, Marc 12.26)

      7 "Ceci a √©t√© un exemple admirable de vertu¬†: √† savoir que tout le monde √©tant plong√© en d√©lices, et se faisant √† croire qu'il ne serait point puni, comme s'il n'y e√Ľt point de jugement de Dieu, No√© seul se proposa devant les yeux la vengeance divine, combien qu'elle d√Ľt √™tre encore diff√©r√©e longtemps¬†; davantage qu'il a merveilleusement travaill√© l'espace de six vingts (cent vingt) ans √† b√Ętir l'arche¬†; et puis qu'il est demeur√© ferme et constant au milieu de tant de moqueries des m√©chants, et qu'en la destruction de tout le monde, il n'a point dout√© qu'il ne d√Ľt √™tre sauv√©, mais qui plus est, il s'est assur√© de sa vie au s√©pulcre, c'est a dire en l'arche." Calvin.

      - Des interprètes récents font dépendre le complément : au sujet des choses qu'on ne voyait pas encore, non du participe : divinement averti, mais du participe : saisi de crainte religieuse ; (Hébreux 5.7) ils se fondent principalement sur l'emploi, dans le texte grec, de la négation subjective qui s'applique aux connaissances de Noé : au sujet de choses pas encore vues par lui.

      - Il condamna par elle (ce pronom peut se rapporter √† la foi ou √† l'arche ou au salut, la premi√®re relation est la plus naturelle) le monde¬†: il montra, en effet, que, puisqu'en croyant et en b√Ętissant son arche, il put se sauver avec sa famille, le monde p√©rit par son incr√©dulit√©. (Comparer Matthieu 12.41-42¬†; Romains 2.27)

      Ou, suivant une autre interpr√©tation, en travaillant avec foi √† la construction de l'arche, No√© proclamait que le monde, la terre et ceux qui l'habitaient, (2Pierre 2.5) √©taient m√Ľrs pour la destruction.

      - C'est encore par la foi que Noé devint héritier de la justice qui est selon la foi. Il entre en possession (Hébreux 1.14 ; 6.12) de cette justice quand, en raison de sa foi, il est déclaré agréable à Dieu ; il fut le premier qui obtint ce témoignage (Genèse 6.8,9)

      Les interprètes modernes n'admettent pas, malgré la ressemblance des termes employés, que cette justice selon la foi soit la justice par la foi, comme l'entend Paul, (Romains 1.17 ; 3.22-24) le pardon des péchés en vertu de la rédemption opérée par Jésus-Christ.

      - L'exemple de Noé est cité par Jésus-Christ pour faire ressortir le contraste de sa foi avec l'incrédulité et la sécurité charnelle du monde. (Matthieu 24.37 et suivants)

      8 8 à 22 La foi et les promesses de Dieu. Exemples des patriarches.

      Genèse 12.1 et suivants

      Ici encore, l'auteur a soin de faire remarquer que l'objet de la foi d'Abraham ne se voyait point, Dieu, dans la vocation du patriarche, n'ayant pas voulu m√™me lui nommer le pays o√Ļ il devait aller¬†; et que la foi produit l'ob√©issance ou plut√īt est elle-m√™me l'ob√©issance, la soumission du cŇďur et de la volont√© √† la Parole de Dieu. (Comparer Jean 3.36¬†; note.)

      Il obéit en partant ou comme on peut traduire l'infinitif grec qui sert de complément au verbe : il obéit, il partit par obéissance.

      - A, D ont l'article devant le participe appelé ; il faudrait rendre cette leçon par : le nommé Abraham

      10 Pour bien comprendre les réflexions que l'auteur fait, dans les Hébreux 11.7-16, sur la position d'Abraham et des patriarches dans le pays de Canaan, il faut se rappeler les pensées qu'il a exprimées (Hébreux 4.1-11) sur cette terre de la promesse et du repos.

      La vie d'√©trangers habitant sous des tentes, les patriarches ne l'adopt√®rent pas, parce qu'elle leur plaisait, parce qu'elle √©tait dans les mŇďurs de l'Orient, ou parce qu'ils n'auraient pu acqu√©rir des possessions en Canaan (Abraham √©tait tr√®s riche et la remarquable histoire rapport√©e dans le 23e chapitre de la Gen√®se montre assez ce qu'il aurait pu faire avec ses biens)¬†; ils s'y soumirent uniquement dans la confiance in√©branlable que Dieu, selon sa parole, donnerait ce pays entier √† leur post√©rit√©, et qu'ensuite, dans cette post√©rit√©, "toutes les familles de la terre recevraient une b√©n√©diction."

      Ils ne pouvaient alors concevoir toute la port√©e de cette promesse. Mais gr√Ęce √† elle, la possession future de Canaan n'√©tait pas pour eux l'objet d'une esp√©rance purement terrestre¬†; elle √©levait leur foi jusqu'√† des objets spirituels et √©ternels¬†: d'abord, parce qu'elle annon√ßait le salut du monde, et ensuite parce que, leur donnant √† entendre qu'ils ne poss√©deraient pas eux m√™mes le pays de Canaan, (voir Gen√®se 15.13 et suivants) elle les pla√ßait en pr√©sence d'une contradiction que leur foi seule pouvait r√©soudre, et qu'elle r√©solut en effet en leur montrant dans Canaan l'image et le gage d'une patrie meilleure, permanente, c√©leste, qu'ils attendaient.

      Telle est l'interpr√©tation de leur foi et de leur vie, que l'auteur donne de la mani√®re la plus claire dans H√©breux 11.13-16. Ici, il montre qu'Abraham a r√©solu la contradiction impliqu√©e en sa position d'√©tranger dans la terre de la promesse, car il attendait la cit√© qui a des fondements in√©branlables (cette image fait contraste avec les tentes l√©g√®res o√Ļ lui et ses descendants vivaient) et qui a Dieu lui-m√™me pour architecte et pour constructeur, cr√©ateur, ouvrier. (H√©breux 11.16, 3e note.)

      Par cette cité l'auteur a en vue Jérusalem, qui, après avoir été la capitale du royaume théocratique établi dans la Canaan terrestre et avoir possédé le temple, signe visible de la présence de Dieu, est devenue, dans les cieux, le séjour de ceux qui sont réunis dans la communion de Dieu. (Comparer Hébreux 11.16 ; 12.22 ; Apocalypse 21)

      11 "C'est merveille que la foi de Sara soit lou√©e, vu qu'elle est manifestement argu√©e d'infid√©lit√©, en ce qu'elle se rit de la parole de l'ange comme d'une fable. (Gen√®se 18.10-15) Il faut confesser que sa foi a √©t√© m√™l√©e de d√©fiance¬†; mais parce que, apr√®s avoir √©t√© admonest√©e, elle corrige sa d√©fiance, elle ne laisse point pour cela d'√™tre avou√©e de Dieu et sa foi lou√©e. Et de ceci nous recueillons une doctrine fort utile¬†: quoique notre foi chancelle ou cloche en quelque sorte, elle ne laisse pas pourtant d'√™tre approuv√©e de Dieu, moyennant que nous ne l√Ęchions pas la bride a notre d√©fiance." Calvin.

      - C'est ce contraste du doute et de la foi que l'auteur laisse apercevoir dans ces mots : Sara elle aussi.

      Nous rendons par¬†: et cela malgr√© son √Ęge avanc√©, les termes de l'original qui signifient litt√©ralement par del√† ou contre le temps de l'√Ęge.

      - Le texte reçu (Majusc., versions) ajoute : elle enfanta. D donne à Sara l'épithète de stérile.

      Fonder une postérité : d'autres traduisent concevoir.

      12 Comparer Genèse 15.5 ; 22.17 ; 32.12 ; comparer Romains 4.18-22.
      13 Selon la foi, comme le comporte la foi et conformément à la position du croyant ici-bas, ils sont morts sans avoir reçu les choses promises, les ayant seulement vues et saluées de loin, ainsi que des pèlerins saluent à l'avance le but de leur voyage.

      Jésus-Christ a rendu à la foi d'Abraham un semblable témoignage. (Jean 8.56)

      "Dieu exerce la foi des siens jusqu'√† la mort, pour la couronner d'une immortalit√© plus glorieuse. Les plus grands des saints sentent bien qu'ils n'ont pas encore re√ßu les biens que Dieu leur a promis. Citoyens du ciel, mais √©trangers et voyageurs sur la terre, ils voient de loin leur patrie par la foi, ils la saluent par l'esp√©rance d'y arriver bient√īt, ils y tendent et y courent par les d√©sirs, les mouvements et les Ňďuvres de leur charit√©." Quesnel.

      Voir sur le sens de cette profession Hébreux 11.10, note, et comparer Genèse 23.4 ; 47.9 ; 1Chroniques 29.15 ; 1Pierre 2.11.

      Comparer H√©breux 11.10, note. Leur profession d'√™tre √©trangers sur la terre de la promesse montre clairement qu'ils cherchent leur vraie patrie¬†; (H√©breux 11.14) car, s'il s'agissait pour eux d'une patrie terrestre, s'ils se souvenaient de celle d'o√Ļ ils √©taient sortis, s'ils voulaient parler du pays de leur origine, ils auraient le temps ou l'occasion d'y retourner¬†; mais (grec mais maintenant, particule qui oppose le fait r√©el au fait suppos√©¬†: s'ils se souvenaient), il est √©vident que leurs d√©sirs et leur foi tendaient plus haut. (H√©breux 11.15,16)

      "Tout est prophétique dans les patriarches, et surtout l'oubli de leur pays et des biens de la terre." Quesnel.

      Le verbe : ils se souvenaient est à l'imparfait, parce que l'auteur sous-entend : en parlant ainsi. (Hébreux 11.15)

      Une variante de Sin., D, admise par Tischendorf, a ce verbe au présent : ils se souviennent. Cette leçon est rejetée par la plupart des éditeurs.

      16 Grec : N'a point honte d'eux d'être appelé leur Dieu ; l'infinitif explique en quoi il n'a pas honte d'eux.

      Dieu daigna s'appeler leur Dieu même longtemps après qu'ils eurent disparu de la scène de ce monde. (Genèse 26.24 ; 28.13 ; Exode 3.6)

      On sait quelle conclusion Jésus-Christ tirait de ces paroles concernant la résurrection et la félicité éternelle des patriarches. (Matthieu 22.32, note.) Cette pensée occupe aussi l'esprit de notre auteur.

      La preuve (car) que Dieu n'a pas honte d'eux, c'est qu'il leur a préparé une cité, la cité qu'ils attendaient, "dont Dieu est l'architecte et le constructeur." (Hébreux 11.10. Comparer Hébreux 12.22 ; 13.14 ; Galates 4.26)

      L'auteur ne dit pas qu'ils soient entr√©s imm√©diatement en possession de cette cit√©, d'apr√®s H√©breux 11.39,40 (voir la note), ils n'y devaient parvenir que par le moyen de Christ et de son Ňďuvre r√©demptrice. Une fois qu'ils y furent entr√©s, Dieu fut "leur Dieu," dans toute la pl√©nitude du terme. (Voir la note pr√©c√©dente. Comparer Apocalypse 21.2-4,22,23¬†; 22.3-5)

      18 C'est-à-dire : "te sera accordée une postérité qui portera ton nom."

      Citation textuelle de Genèse 21.12.

      19 L'épreuve terrible d'Abraham (Genèse 22.1) ne fut point avant tout celle de sa tendresse de père, et ne mit pas seulement au grand jour son amour pour Dieu et son obéissance ; ce qui fut le plus vivement mis à l'épreuve en lui, c'est sa foi.

      Les promesses qui étaient le fondement de sa vie religieuse, l'objet de toute son espérance, il savait, avec une parfaite certitude, qu'elles ne s'accompliraient qu'en Isaac ; (Hébreux 11.18) et il reçoit l'ordre de sacrifier ce fils ! Quelle contradiction en Dieu !

      Que va devenir la foi d'Abraham¬†? Cette foi lui donne l'assurance que Dieu saura bien concilier toutes les contradictions, sauver l'honneur de sa fid√©lit√© et de sa v√©rit√©, d√Ľt il pour cela ressusciter Isaac d'entre les morts.

      C'est pourquoi, en vertu de sa foi (d'autres prennent le mot grec dans son sens local¬†: d'o√Ļ, c'est-√†-dire d'entre les morts), aussi il le remporta (comme on remporte le prix d'une victoire) aussi figur√©ment ou en figure (grec en parabole), c'est-√†-dire comme un symbole de la puissance qu'a Dieu de ressusciter les morts. (Voir le m√™me mot H√©breux 9.9)

      Pour Abraham, au moment o√Ļ il saisit le couteau, le sacrifice √©tait fait, son fils √©tait mort. Qu'importe¬†! se disait-il¬†; plut√īt que de manquer √† ses promesses, Dieu rendra la vie √† mon fils.

      Ainsi la d√©livrance que Dieu lui accorda, en l'arr√™tant au moment o√Ļ il allait frapper l'enfant, fut bien pour lui, et est pour tous ceux qui le suivent dans sa foi, une parabole de la r√©surrection, car les promesses divines s'√©tendent jusqu'√† la vie √©ternelle. Quiconque donne √† Dieu ses bien-aim√©s par la foi, les recevra de nouveau par la r√©surrection.

      Plusieurs interprètes ont pensé que l'auteur voyait dans ce fait une image de la résurrection du fils de Dieu, d'après une allusion à Abraham que Paul fait Romains 8.32. Il est peu probable que cette pensée soit dans notre passage.

      Mais d'autre part la traduction : par une sorte de résurrection, c'est-à-dire par une délivrance qui ressemblait à une résurrection (Calvin, Osterwald, Segond), ne tient pas assez compte du terme en parabole.

      Quelques-uns, au lieu de traduire le terme grec par en parabole, le rendent, selon le sens du verbe d'o√Ļ il est d√©riv√© par¬†: dans l'offrande, "dans le sacrifice" (Weizs√§cker), "au moment m√™me o√Ļ il l'exposait." (Oltramare.) Cette traduction est contraire au sens constant du mot. (Comparer H√©breux 9.9)

      20 Isaac ne possédait rien encore en Canaan lorsque, dans la bénédiction qu'il prononça sur ses fils, il annonça à l'un et à l'autre l'accomplissement futur des promesses de Dieu. (Genèse 27.29,39,40)

      Toujours le caractère distinctif de la foi qui voit l'invisible et que l'auteur relève en disant : il les bénit même au sujet de choses à venir. Le mot même manque, il est vrai, dans Sin., majuscules, versions.

      21 Genèse 48.13-19.

      - La version grecque des Septante, que suit l'auteur, porte sur le haut de son b√Ęton, au lieu de "sur le chevet de son lit," comme il y a dans l'h√©breu. (Gen√®se 47.31)

      Ce changement tient uniquement √† une prononciation diff√©rente du m√™me mot h√©breu (matteh, b√Ęton, pour mittah, lit). Mais cela n'est d'aucune importance pour le sens du r√©cit.

      Ce que l'auteur veut nous montrer, c'est la foi de Jacob qui demande √† son fils Joseph de transporter ses restes mortels dans la terre promise, (Gen√®se 47.29,30) et adore Dieu pour cette gr√Ęce, comme si d√©j√† son peuple voyait l'accomplissement de la promesse.

      - Il y a litt√©ralement¬†: il adora ou se prosterna sur son b√Ęton.

      La Vulgate, La version de Port Royal, Reuss et Stapfer rapportent le mot son b√Ęton √† Joseph, entendant par l√† le b√Ęton du commandement que Dieu lui avait donn√© en Egypte, et pensent que Jacob s'inclina devant le sommet du b√Ęton de Joseph pour reconna√ģtre solennellement celui-ci comme chef de la famille. Cette interpr√©tation ne para√ģt pas fond√©e. Elle est repouss√©e par la plupart des commentateurs.

      22 Genèse 50.24 et suivants

      M√™me foi certaine de l'invisible, c'est-√†-dire de l'accomplissement futur de la promesse de Dieu¬†: les enfants d'Isra√ęl prendront possession de Canaan¬†; Joseph, ainsi que son p√®re, veut que ses ossements reposent dans la patrie.

      "Il est facile de se regarder comme √©tranger sur la terre, quand on y est mis√©rable¬†: mais de le faire, comme Joseph, jusqu'√† la mort, au milieu des honneurs, des richesses et d'une puissance presque sans bornes, c'est un des plus h√©ro√Įques effets de la foi." Quesnel.

      23 23 √† 40 La foi et la lutte contre le monde. Mo√Įse et les temps post√©rieurs.

      Leur foi les mit au-dessus de la crainte. Cette foi leur fit voir aussi dans la beaut√© de l'enfant, un pr√©sage de l'Ňďuvre que Dieu accomplirait par son moyen pour la d√©livrance du peuple. "Il √©tait beau aux yeux de Dieu" dit Etienne dans son discours. (Actes 7.20)

      - Le grec porte ses pères, expression qui désigne le père et la mère. L'Exode (Exode 2.2) ne parle que de la mère.

      26 Mo√Įse devait refuser (grec renier) le titre et les honneurs de fils d'une fille de Pharaon, (Exode 2.10) choisir entre les mauvais traitements qu'endurait son peuple et la (grec) temporaire jouissance du p√©ch√©, entre l'opprobre du Christ et les tr√©sors de l'Egypte.

      Sa foi ne lui permit pas d'hésiter, car, soutenu par elle, il avait les regards arrêtés sur la rémunération (grec il regardait loin du monde vers la rémunération). (Comparer Philippiens 3.7-11)

      Et cependant tout ce qu'il pouvait espérer était encore invisible, mais l'invisible est précisément l'objet de la foi. (Hébreux 11.27 ; comparez Hébreux 11.1, note.)

      - Les souffrances et les mépris auxquels était exposé le peuple de Dieu en Egypte étaient déjà l'opprobre du Christ, parce que Christ était celui auquel devait aboutir tout le développement de l'ancienne Alliance et que, par conséquent, les fidèles de cette Alliance souffraient déjà pour lui, en vue de son règne.

      De même les souffrances des chrétiens sont les souffrances de Christ, (2Corinthiens 1.5 ; Colossiens 1.24) de ce Christ éternel et toujours vivant qui combat et qui souffre en son corps, en ses membres encore sur la terre. C'est lui qui fait ainsi l'unité des deux Alliances, qui remplit l'une et l'autre de son Esprit, de sa vie.

      - La r√©mun√©ration ou r√©compense que Mo√Įse avait en vue n'√©tait pas la Canaan terrestre qu'il ne devait jamais poss√©der, mais, comme les patriarches, il attendait la c√©leste. (H√©breux 11.16¬†; 10.35)

      27 Les mots¬†: il quitta l'Egypte, se rapportent-ils √† la fuite de Mo√Įse apr√®s avoir tu√© l'Egyptien, (Exode 2.14,16) ou √† sa sortie d'Egypte avec le peuple¬†?

      On peut trouver des raisons pour l'un et pour l'autre sens.

      Pour le premier, on peut all√©guer surtout l'ordre chronologique que suit ici l'auteur, (H√©breux 11.28,29) et qui se trouverait interverti s'il s'agissait de la sortie d'Egypte avec le peuple. Mais alors pourquoi ferait-il cette r√©flexion¬†: sans craindre la col√®re du roi, puisque c'est pr√©cis√©ment par la crainte du roi que Mo√Įse s'enfuit¬†? Pourquoi encore choisirait-il dans la vie de Mo√Įse, vie si riche en actes h√©ro√Įques de foi, cette fuite, comme une preuve sp√©ciale de sa foi, comment enfin passerait-il sous silence la vocation de Mo√Įse en Horeb¬†? Pourquoi ne nous le montrerait-il pas retournant en Egypte, seul avec la force de Dieu, pour aller d√©livrer son peuple¬†?

      Non, le grand acte de foi de Mo√Įse, qui doit √™tre seul mentionn√© dans ce bref aper√ßu de sa carri√®re, c'est sa sortie d'Egypte avec le peuple. C'est cette sortie qu'il op√©ra sans se laisser arr√™ter par toutes les difficult√©s qui s'y opposaient, sans craindre la col√®re du roi, et parce qu'il demeura ferme comme voyant Celui qui est invisible. (H√©breux 11.1, note.)

      C'est de cette sortie que l'auteur parle, la d√©signant d'abord d'une mani√®re g√©n√©rale par un seul mot¬†: il quitta l'Egypte, puis reprenant en d√©tail divers traits de la foi que Mo√Įse fit para√ģtre dans cette grande entreprise.

      De ces mots¬†: voyant Celui qui est invisible, et de l'exemple de Mo√Įse, "nous recueillons que la vraie nature de la foi est d'avoir toujours Dieu devant les yeux, secondement, que la foi regarde des choses plus hautes et cach√©es en Dieu que celles que nos sens peuvent appr√©hender¬†; tiercement, que le seul regard de Dieu suffit pour vaincre notre mollesse, et faire que nous soyons plus endurcis que pierres contre tous les assauts de Satan." Calvin.

      28 Grec¬†: afin que celui qui exterminait les premiers-n√©s ne touch√Ęt pas eux, c'est-√†-dire ceux des Isra√©lites. (Exode 12.13)

      L'exterminateur : les Septante ont traduit ainsi, dans Exode 12.23, un mot hébreu qui signifie l'extermination. Ils se figuraient celle-ci comme opérée par un ange. (1Chroniques 21.12,15 ; comparez 1Corinthiens 10.10)

      29 Exode 14.26 et suivants

      Grec : de laquelle (mer Rouge) les Egyptiens ayant fait essai, lis furent engloutis.

      Selon les apparences, l'acte des Israélites et celui des Egyptiens fut le même, les uns et les autres couraient le danger de périr. Mais l'un des deux peuples avait un ordre de Dieu et une promesse à laquelle s'attachait sa foi, tandis que l'autre n'avait ni promesse ni foi.

      De là, la différence dans l'issue d'une tentative qui montre, d'une part, la confiance en Dieu et en sa parole, de l'autre, une audace tout humaine.

      30 voir Josué 6.

      C'est la foi de Josu√©, bien plus que celle du peuple, que l'auteur loue ici, et une foi dont toute la valeur est dans son objet, la parole de Dieu, √† laquelle Josu√© ob√©it, quelque ridicule que p√Ľt para√ģtre aux yeux de la raison ce moyen de prendre une ville fortifi√©e.

      31 Grec : avec paix. Josué 2.1 et suivants

      Plusieurs interprètes, suivis par nos anciennes versions, n'ont pas eu le courage d'attacher au nom d'une femme dont l'écriture loue la foi et la conduite, l'épithète que l'auteur lui applique d'après l'histoire sainte, et que Jacques emploie également à dessein. (Jacques 2.25)

      Ils donnent au mot de prostitu√©e le sens d'h√īteli√®re, que n'a pas l'original. Ils ont √©t√© pr√©c√©d√©s dans cette voie par les rabbins. Mais ils n'ont pas vu que cette triste condition de Rahab fait √©clater la gr√Ęce de Dieu dans cette femme. Malgr√© sa vie pr√©c√©dente, elle fut sauv√©e par sa foi¬†: celle-ci en para√ģt d'autant plus √©tonnante. (Comparer Matthieu 21.31,32)

      A l'approche du peuple de Dieu, elle se d√©clare pour lui. P√©n√©tr√©e de la crainte de l'Eternel, dont elle t√©moigne conna√ģtre les merveilleuses dispensations envers son peuple, (Josu√© 2.9-13) elle montre par sa foi que ses concitoyens auraient pu √™tre sauv√©s comme elle.

      L'auteur confirme cette super position quand il dit qu'à cause de sa foi elle ne périt point avec les incrédules, auxquels il ne restait ainsi aucune excuse. Et non seulement elle ne périt pas, mais elle sauva avec elle toute sa famille, se joignit au peuple de Dieu, (Josué 6.23-25) épousa dans la suite un Israélite, Salomon, fils de Nahassan, de la tribu de Juda et prit place, par Booz et David dans les rangs des ancêtres de Jésus-Christ. (Ruth 4.20-22 ; Matthieu 1.5)

      32 Par cette transition, l'auteur passe à une revue plus sommaire des héros de la foi dans l'histoire subséquente du peuple de Dieu. Il rappelle d'abord ceux qui ont prouvé leur foi par de grandes actions ; (Hébreux 11.32-35) puis ceux qui l'ont montrée par leur constance dans de grandes épreuves. (Hébreux 11.35-38)

      Ces premiers exemples sont tirés du livre des Juges : Gédéon, Juges 6 et suivants ; Barac, Juges 4.6 et suivants, Samson, Juges 13 et suivants, Jephté, Juges 11.

      33 Josué, David, etc., par exemple 2Samuel 8.1, etc.

      - Ce par la foi doit s'étendre à tous les faits de la période qui suit, jusqu'à Hébreux 11.38.

      Samuel, (1Samuel 7.15) David, (2Samuel 8.15) Salomon, (1Rois 3.16) etc.

      Promesses spéciales et personnelles et non la grande promesse du Messie et du salut, qui était sans doute l'objet principal de leur foi, mais dont ils ne virent pas l'accomplissement. (Hébreux 11.39)

      voir Daniel 6.22.

      34 voir Daniel 3.1 et suivants

      Peut-être Elie, (1Rois 19.10) Elisée (2Rois 6.14 et suivants) et surtout avant eux, David. (1Samuel 18.11 ; 19 ; 10 ; 21.10)

      Grec¬†: reprirent des forces loin de la maladie. √Čz√©chias. (Esa√Įe 38.1 et suivants.)

      Grec : Firent fléchir des armées rangées en bataille (proprement : des camps) d'étrangers. Abraham, Josué, les Juges, David etc.

      35 1Rois 17.17 et suivants ; 2Rois 4.32 et suivants

      L'auteur pense sans doute aux souffrances d'Eléazar, rapportées /RAPC 2Ma 6 :18-31., et aux sept frères mis à mort avec leur mère.

      Tous n'acceptèrent pas la délivrance qui leur était offerte à condition qu'ils reniassent leur foi, parce qu'ils croyaient à une résurrection meilleure que cette délivrance même. Ce sont leurs propres paroles. (/RAPC 2Ma 6 :26 ; comparez avec /RAPC 2Ma 7 :9,11,14,20,23,29,36), et aux sept frères mis à mort avec leur mère.

      Tous n'acceptèrent pas la délivrance qui leur était offerte à condition qu'ils reniassent leur foi, parce qu'ils croyaient à une résurrection meilleure que cette délivrance même. Ce sont leurs propres paroles. ( /RAPC 2Ma 6 :26. ; comparez avec /RAPC 2Ma 7 :9,11,14,20,23,29,36) ; comparez avec /RAPC 2Ma 7 :9,11,14,20,23,29,36.))

      36 voir Genèse 39.20,Jérémie 20.2 /RAPC 2Ma 7 :7.
      37 La lapidation était la peine de mort en usage chez les Juifs, Zacharie, fils de Jehojada, mourut de ce supplice (2Chroniques 24.21, comparez Matthieu 23.35) ainsi que le prophète Jérémie, d'après là tradition.

      - Une tradition aussi, g√©n√©ralement re√ßue dans les premiers si√®cles de l'Eglise rapporte que le proph√®te Esa√Įe fut sci√© en deux sous Manass√©. (Comparer 2Rois 21.16)

      - Plusieurs prophètes (grec) moururent de mort par l'épée au temps d'Elie. (1Rois 19.10)

      - Souvent les prophètes, pour fuir les persécutions, ou pour mieux faire sentir au peuple ses péchés, se retiraient dans les déserts, vêtus de peaux d'animaux, exposés à toutes les privations. (2Rois 1.8 ; Zacharie 13.4)

      - Le verbe¬†: ils furent tent√©s, surprend au milieu de cette √©num√©ration de supplices. S'il est authentique, il exprime sans doute la tentation sp√©ciale qu'il y a pour l'homme le plus fort dans ces horribles souffrances. Mais comme, suivant les manuscrits, il est tant√īt avant, tant√īt apr√®s¬†: ils furent sci√©s, et que ce dernier mot ressemble au premier √† deux lettres pr√®s, on a suppos√© qu'un lecteur qui ne comprenait pas √† quels martyrs s'appliquait cette mention mit, comme conjecture, en marge¬†: ils furent tent√©s, et que dans la suite ce vocable passa dans le texte. On a propos√© aussi d'y changer deux lettres pour en faire un verbe qui d√©signerait le supplice par le feu.

      38 voir 1Rois 18.4,13 ; 19.4,9,13 /RAPC 1Ma 2 :28. et suivants, /RAPC 2Ma 5 :27 6 :11 10 :6. et suivants, / 5.27 ; 6.11 ; 10.6.
      40 Tous ces hommes de Dieu ont obtenu, chacun en son temps, le témoignage dont l'auteur a déjà parlé, (Hébreux 11.2, note) et cela par le moyen de la foi qui les rendit agréables à Dieu et capables de si grandes actions et de si grandes souffrances.

      Leur foi est d'autant plus admirable, qu'ils durent vivre de cette foi seule, ne marchant jamais par la vue parce qu'ils ne re√ßurent point l'objet de la promesse, ne virent pas le Messie, le Sauveur qu'ils attendaient, ni l'accomplissement de son Ňďuvre r√©demptrice (Heb. 8-10), et qu'ils ne parvinrent pas √† la possession du salut et de la f√©licit√© √©ternelle. (Comparer H√©breux 11.13, note.)

      Le quelque chose de meilleur que Dieu avait en vue, qu'il avait, non seulement pr√©vu, mais arr√™t√© pour nous, c'est-√†-dire pour les croyants de la nouvelle Alliance, c'√©tait la pleine manifestation de sa gr√Ęce dans la vie et la mort de son Fils. Leur condition est, par l√†, infiniment pr√©f√©rable √† celle des fid√®les de l'ancienne. (Comparer Luc 16.16¬†; Matthieu 11.11, note, Jean 8.56)

      Une conclusion toute pratique s'impose à la conscience des lecteurs :

      "Si ceux-l√†, √† qui n'avait pas lui encore une si grande lumi√®re de la gr√Ęce, se distingu√®rent pourtant par une si admirable constance dans leurs √©preuves, que ne devrait pas produire en nous toute la splendeur de l'Evangile¬†? Quelques √©tincelles de lumi√®re les conduisirent au ciel¬†: comment nous excuserons-nous si nous restons attach√©s √† la terre, nous que le Soleil de justice √©claire¬†?" Calvin.

      - Que veut dire l'auteur en ajoutant les mots¬†: afin qu'ils ne parvinssent pas √† la perfection sans nous¬†? (Voir, sur le sens de ce mot¬†: H√©breux 5.9 note.) Il explique pourquoi les fid√®les de l'ancienne Alliance n'ont pu avoir part √† la f√©licit√© du ciel et de la communion avec Dieu, avant la venue du Sauveur, ils seraient alors parvenus √† la perfection sans nous, autrement que nous¬†; or Dieu voulait qu'il n'y e√Ľt qu'un seul moyen de salut pour tous les hommes.

      Quelques interpr√®tes attribuent √† l'auteur ce raisonnement¬†: si les croyants des anciens √Ęges √©taient parvenus a la perfection, ils y seraient parvenus sans nous, parce que la venue du Christ aurait eu lieu de leur temps, que la fin du monde serait intervenue peu apr√®s et que nous ne serions, par cons√©quent, pas n√©s. C'est introduire dans le texte une id√©e qui lui est √©trang√®re.

      - Quant √† la question de savoir comment l'auteur se repr√©sente la condition des fid√®les de l'ancienne Alliance entre le moment o√Ļ ils moururent et celui o√Ļ Christ accomplit la r√©demption, notre passage ne permet pas de la r√©soudre.

Seuls les √Čvangiles sont disponibles en vid√©o pour le moment.
  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.