Hébreux 9

    • 1 Chapitre 9.

      1 à 10 Le culte de l'ancienne Alliance et son caractère symbolique.

      Il n'y a ici dans le grec, selon les meilleures, (majuscules, Hébreux 9) que ces mots : la première ; le texte reçu porte : première tente (ou tabernacle) glose tirée de Hébreux 9.2, mais qu'on ne saurait concilier avec le sens du passage. Il s'agit évidemment de la première alliance, mentionnée dans le verset qui précède immédiatement. (Hébreux 8.13)

      L'auteur vient de montrer, en se fondant sur une d√©claration de Dieu, que la premi√®re alliance est "vieillie et pr√©s de dispara√ģtre." (H√©breux 8.13) En cons√©quence de ce premier fait constat√© (donc), il va pr√©senter une autre circonstance qui est une nouvelle marque de l'inf√©riorit√© de l'ancienne Alliance. (H√©breux 9.6 et suivants) Auparavant toutefois (il est vrai), il a soin de reconna√ģtre que son culte reposait aussi, non sur des institutions arbitraires, mais sur des ordonnances divines. (Comparer H√©breux 8.5, note.) Seulement, ces ordonnances avaient alors fait leur temps et atteint leur but.

      Aussi manque dans B. minusc., versions¬†; plusieurs critiques et ex√©g√®tes mettent en doute son authenticit√©. Le verbe est √† l'imparfait (avait), non seulement parce que la pens√©e de l'auteur se reporte au moment o√Ļ le culte du tabernacle fut institu√©, mais parce que, se pla√ßant au point de vue de la nouvelle Alliance, il consid√®re l'ancienne comme abolie. (H√©breux 8.6-13)

      Le sanctuaire, (grec) un sanctuaire de ce monde, par opposition au sanctuaire céleste (Hébreux 8.2,5) "qui n'a pas été fait par des mains, qui n'est pas de cette création." (Hébreux 9.11)

      3 Grec : Car un tabernacle fut construit, le premier dans lequel la lampe et la table et la proposition des pains, lequel est appelé lieux saints.

      Le tabernacle ou "tente" d'assignation, qui fut construit par Mo√Įse, √©tait divis√© en deux compartiments. L'auteur d√©signe ceux-ci comme deux tabernacles¬†: le premier, (H√©breux 9.2) et un tabernacle. (H√©breux 9.3)

      Mais, dans sa pensée, ils formaient bien un seul édifice, puisqu'il les présente comme séparés par un rideau, qu'il appelle le second voile, par opposition à celui qui se trouvait à l'entrée même de la tente, et qu'il fallait soulever pour pénétrer du parvis dans le lieu saint.

      En y entrant. on trouvait. √† main gauche, (Exode 26.35) le chandelier d'or, (Exode 25.31-39¬†; Exode 37.17-24) √† droite, la table portant les douze pains de proposition renouvel√©s chaque sabbat, grec la proposition (ou le d√©p√īt) des pains. (Exode 25.23-30¬†; 26.35¬†; 37.10-16¬†; L√©vitique 24.5-9)

      Au del√† du second voile (Exode 26.31) √©tait le lieu tr√®s saint, ou le saint des saints, myst√©rieux et inaccessible s√©jour de la gloire de Dieu, dont l'homme p√©cheur fut absolument exclu, jusqu'√† l'heure du sacrifice de Golgotha, o√Ļ le voile, qui le cachait aux regards et en fermait l'acc√®s, se d√©chira de lui-m√™me. (Matthieu 27.51, comparez H√©breux 9.8, note.) L√† √©tait l'arche de l'alliance, renfermant les tables de l'alliance, (H√©breux 9.4) les dix paroles du Sina√Į qui formulaient les conditions de l'alliance de Dieu avec son peuple.

      C'est là que Dieu manifestait sa présence et sa majesté dans la nuée. (Lévitique 16.2 ; 1Rois 8.6-13) Une seule fois l'année, au grand jour des expiations, le souverain sacrificateur entrait dans ce lieu très Saint, en y portant le sang des victimes, dont il faisait aspersion sur le propitiatoire. (Hébreux 9.7)

      4 Le mot que nous traduisons par autel d'or pour les parfums a offert aux ex√©g√®tes une difficult√© qui bien que sans importance pour la pens√©e, est appel√©e par Calmet "la plus grande difficult√© de toute l'√©p√ģtre¬†!"

      Le mot grec signifie proprement ce qui sert à offrir le parfum, et peut désigner soit un encensoir soit un autel. Il est employé dans le premier sens par les Septante, (2Chroniques 26.19 ; Ezéchiel 8.11) et par des auteurs classiques, dans le second sens, il se trouve également chez les écrivains profanes, puis dans Philon, dans Josèphe et dans les Pères de l'Eglise.

      Dès les temps les plus anciens, les interprètes se sont divisés. La Peschito (second siècle) traduit par encensoir et l'auteur du manuscrit du Vatican (B) a introduit dans le texte une correction qui montre qu'il donne au mot le sens d'autel des parfums. On lit, en effet, dans ce document à Hébreux 9.2, après proposition des pains, les mots et l'autel d'or pour les parfums, qui manquent, par contre, à Hébreux 9.4.

      Ceux qui adoptent la signification d'encensoir s'appuient sur le fait que le souverain sacrificateur, au jour des expiations, devait br√Ľler de l'encens dans le lieu tr√®s saint en pr√©sence du tr√īne de Dieu. (L√©vitique 16.12,13¬†; Exode 30.34-38) On suppose qu'il y avait un encensoir exclusivement consacr√© √† cet usage et appartenant au lieu tr√®s saint, o√Ļ qu'il f√Ľt conserv√© d'ailleurs. Mais cette supposition est difficile √† √©tablir.

      Un encensoir sp√©cial n'est mentionn√© nulle part dans l'Ancien Testament. Or, dans sa description du tabernacle, l'auteur ne nomme que les objets principaux, connus par les textes de la loi. L'encensoir aurait-il √©t√© d√©pos√© habituellement dans le lieu tr√®s saint¬†? En ce cas le souverain sacrificateur aurait de y p√©n√©trer une premi√®re fois pour chercher l'ustensile. Cela est inadmissible, puisqu'il devait br√Ľler l'encens, pr√©cis√©ment pour que la fum√©e lui d√©rob√Ęt la vue du propitiatoire. (L√©vitique 16.13)

      Si l'on admettait, pour cette raison que l'encensoir √©tait gard√© ailleurs, il faudrait penser que le participe employ√© par l'auteur (un tabernacle ayant) voulait dire que cet encensoir √©tait affect√© au service du tabernacle. Mais comme l'arche de l'alliance, nomm√©e aussit√īt apr√®s, est √©galement r√©gime de ce participe, celui-ci doit √™tre pris au sens local.

      Ces difficult√©s sont grandes, et, de plus, l'omission de l'autel des parfums serait inexplicable, vu la place qu'il tenait dans le culte et vu la signification de l'office que le sacrificateur y accomplissait¬†: la fum√©e de l'encens, √©tait le symbole des pri√®res qui s'√©levaient √† Dieu, et en offrant l'encens, le sacrificateur exer√ßait cette fonction d'intercesseur, qui devait √™tre l'un des principaux r√īles du Christ. (H√©breux 7.25)

      Aussi la plupart des commentateurs et des traducteurs modernes adoptent-ils le sens d'autel des parfums.

      Les uns admettent que l'auteur a commis une erreur en pla√ßant cet autel dans le lieu tr√®s saint. Il aurait √©t√© amen√© √† cette erreur par des passages comme Exode 26.35, o√Ļ, dans la description du lieu saint, l'autel des parfums est omis¬†; Exode 30.6, o√Ļ l'Eternel dit √† Mo√Įse¬†: "Tu placeras l'autel devant le voile qui est sur l'arche du t√©moignage, devant le propitiatoire qui est sur le t√©moignage (les tables de la loi), o√Ļ je me trouverai avec toi."

      D'autres estiment qu'une telle erreur est invraisemblable, puisque l'auteur ne pouvait ignorer que le sacrificateur offrait tous les jours le parfum sur cet autel (Luc 1.9¬†; comparez H√©breux 9.6), et que, suivant ses propres indications, (H√©breux 9.7) le lieu tr√®s saint n'√©tait accessible qu'une fois par an au seul souverain sacrificateur.. Ils supposent donc que l'auteur admettait pour le tabernacle une organisation diff√©rente de celle √©tablie plus tard dans le temple ou bien, ce qui para√ģt plus probable, ils estiment qu'on ne doit pas presser les termes employ√©s.

      L'auteur aurait rattach√© l'autel des parfums au lieu tr√®s saint, √† l'entr√©e duquel il √©tait plac√©, parce que la fum√©e de l'encens qu'on y br√Ľlait montait vers Dieu, dont le lieu tr√®s saint √©tait la demeure, et aussi parce que cet autel tenait une place particuli√®re dans les c√©r√©monies du jour des expiations, auquel l'auteur pense dans ce chapitre. (Comparer Exode 30.10, o√Ļ l'autel est lui-m√™me appel√© un saint des saints. L√©vitique 16.18)

      L'arche de l'alliance √©tait le signe de la pr√©sence de J√©hova au milieu de son peuple. L'auteur la d√©crit comme enti√®rement (grec de tous c√īt√©s, c'est-√†-dire "en dedans et en dehors," Exode 25.11) recouverte d'or, puis il √©num√®re les objets sacr√©s qui y √©taient renferm√©s.

      Mais ici encore on a trouv√© une difficult√©. L'auteur place dans l'arche un vase d'or contenant la manne et la verge d'Aaron qui avait fleuri. Il se fonde sur Exode 16.33,34, (o√Ļ les Septante ajoutent que le vase √©tait d'or) et sur Nombres 17.10. Dans ces passages, il est dit que ces deux objets furent d√©pos√©s "devant l'Eternel," "devant le t√©moignage," par o√Ļ l'auteur de l'Exode voulait dire probablement¬†: "devant l'arche." Mais l'interpr√©tation donn√©e par notre auteur peut se d√©fendre aussi, car le mot de "t√©moignage," employ√© seul, signifie les tables de la loi.

      Placer ces deux objets "devant le t√©moignage," c'√©tait par cons√©quent les mettre √† c√īt√© des tables de la loi dans l'arche. Quelle autre place d'ailleurs aurait-on pu leur assigner, s'ils devaient √™tre religieusement conserv√©s durant tout le temps o√Ļ le tabernacle fut sans cesse transport√© d'un lieu √† l'autre √† la suite d'Isra√ęl¬†?

      On oppose, il est vrai, √† cette explication 1Rois 8.9, o√Ļ il est dit express√©ment "qu'il n'y avait dans l'arche que les deux tables de pierre." Mais s'il en √©tait ainsi au temps de Salomon, apr√®s que l'arche, longtemps entre les mains des Philistins, eut √©t√© d√©pouill√©e de tout ce qui avait pu tenter la cupidit√© de ces ennemis d'Isra√ęl, cela ne veut pas dire qu'il en ait √©t√© ainsi d√®s l'origine. La remarque du livre des Rois, loin d'exclure cette hypoth√®se, la confirme¬†: elle fait supposer que l'arche avait renferm√© auparavant d'autres objets que les tables de la loi, sans cela il eut √©t√© oiseux d'attirer l'attention sur un fait connu de tout Isra√ęl.

      Les tables de l'alliance, contenu principal de l'arche √©taient le "t√©moignage" √† la fois de la saintet√© de l'Eternel et du p√©ch√© de l'homme, le t√©moignage de Dieu qui dit √† l'homme. Je ne traiterai jamais d'alliance avec toi que¬†: sur cette base¬†: "Soyez saints, car je suis saint." Si ces tables n'avaient √©t√© recouvertes par le propitiatoire o√Ļ s'exer√ßait la mis√©ricorde au moyen du sacrifice, elles n'auraient √©t√© autre chose que le t√©moignage de la condamnation des p√©cheurs.

      5 Le propitiatoire était le couvercle de l'arche (en hébreu kaporeth), d'or pur, sur lequel le souverain sacrificateur faisait aspersion de sang au grand jour des expiations. (Comparer Hébreux 9.3, note, Lévitique 16.14 et suivants)

      Le propitiatoire couvrait le "témoignage" la loi accusatrice de l'homme ; de là le mot, si fréquemment employé dans l'Ancien Testament, "couvrir le péché," pour dire le pardonner. (Psaumes 32.1)

      C'est au-dessus du propitiatoire que Dieu r√©v√©lait sa pr√©sence, sa mis√©ricorde (Luther traduit propitiatoire par "tr√īne de gr√Ęce") et sa gloire dans la nu√©e, toutes ses perfections r√©unies. "Je me trouverai l√†, avec toi," avait-il dit √† Mo√Įse. (Exode 25.22)

      Aux deux bouts de l'arche, et penchés sur le propitiatoire, dans l'attitude de l'adoration, étaient deux chérubins, appelés ici chérubins de gloire, parce que la gloire divine se manifestait entre eux deux. (Exode 25.18-22 et Ezéchiel 10)

      Pierre fait peut-être allusion aux chérubins en parlant de ces anges qui s'inclinent pour contempler de plus près le mystère de la rédemption. (1Pierre 1.12)

      Grec : Des quelles choses je ne puis maintenant parler en détail. Les choses que l'auteur a en vue ne sont pas seulement les chérubins ou l'arche et son contenu, mais tous les objets du tabernacle, dont il vient de faire l'énumération. Il n'estime pas que ce soit le moment d'indiquer leur sens symbolique. La description qu'il a faite du sanctuaire n'avait d'autre but que d'introduire la grande pensée qu'il énonce à Hébreux 9.8.

      7 Au grand jour des expiations seulement. (Lévitique 16) Afin d'accomplir tous les actes de son service prescrits pour ce jour-là, le souverain sacrificateur entrait peut-être plus d'une fois au delà du voile : (Lévitique 16.12,15) mais quoi qu'il en soit, ce n'était que ce seul jour de l'année, et pour ce seul service : c'est tout ce que veut dire l'auteur. Il fait expressément remarquer ici trois choses :

      1¬į Entr√©e dans le lieu tr√®s saint une fois l'ann√©e¬†;

      2¬į le souverain sacrificateur seul en ayant le privil√®ge¬†;

      3¬į en y portant du sang pour l'expiation des p√©ch√©s. Et il indique aussit√īt apr√®s le sens de cette institution. (H√©breux 9.8-12)

      Grec : "Pour lui-même et pour les ignorances du peuple." Ce mot est pris au sens moral. (Hébreux 5.2 note.)

      8 Le premier tabernacle, c'est, comme √† H√©breux 9.2,6, la partie ant√©rieure du sanctuaire, le lieu saint (H√©breux 9.1, 3e note) o√Ļ les sacrificateurs entraient chaque jour.

      Or tant qu'il subsistait avec ses institutions temporaires, tant que le lieu très saint était inaccessible, (Hébreux 9.7) le vrai lieu très saint, la demeure de Dieu, le ciel, restait fermé à l'homme pécheur.

      Le chemin, qui y conduit, n'a pas été manifesté (Romains 3.21) ou "n'est pas ouvert." Et quelle est la conscience éclairée qui ne confirme ce jugement ?

      Bien plus, l'auteur n'h√©site pas √† attribuer √† l'Esprit-Saint cet enseignement, c'est-√†-dire qu'il fait remonter √† son action la pens√©e symbolis√©e dans cette disposition du sanctuaire, avec son lieu tr√®s saint inaccessible. Convaincre le peuple de cette humiliante et douloureuse v√©rit√©, c'√©tait le seul moyen de pr√©parer les √Ęmes √† l'√©conomie nouvelle, √† l'Ňďuvre du vrai souverain Sacrificateur, que l'auteur va exposer. (H√©breux 9.11 et la suite.)

      9 Au lieu de rendre ainsi les premiers mots du verset¬†: ce qui √©tait une figure, par o√Ļ il faudrait entendre le fait que le lieu tr√®s saint restait ferm√©, (H√©breux 9.8) nous traduisons, plus litt√©ralement¬†: qui √©tait une figure, le pronom se rapportant √† premier tabernacle, (H√©breux 9.8) celui-ci avec les institutions de son culte √©tait une figure, une (grec) parabole, une le√ßon de choses, destin√©e √† enseigner l'insuffisance des conditions religieuses de l'ancienne √©conomie.

      Le temps pr√©sent, pour lequel la parabole avait √©t√© donn√©e, est, suivant les uns, le temps de l'√©conomie mosa√Įque¬†: l'auteur se placerait au point de vue de ceux pour qui la loi fut promulgu√©e, et consid√©rerait la nouvelle Alliance comme appartenant au "monde √† venir¬†;" (H√©breux 2.5) suivant d'autres, cette expression d√©signe l'√©poque de l'√©conomie nouvelle, ce que l'auteur va appeler (H√©breux 9.10) "le temps de la r√©formation." La parabole √©tait pour ce temps-l√†, l'annon√ßait, le montrait de loin.

      - Au lieu de la leçon du texte reçu : temps pendant lequel on offre, une variante de Sin., B. A, D, admise par la plupart des critiques, porte : selon laquelle (parabole), selon que ce symbole le veut et l'ordonne.

      La conclusion qui s'imposait aux lecteurs, c'est qu'en retournant au mosa√Įsme, ils pr√©f√©raient l'ombre √† la r√©alit√©, ils s'attachaient √† un culte incapable de r√©pondre aux besoins de la conscience, (H√©breux 9.10) qui ne pouvait (grec) consommer, conduire au but, √† la perfection (comparez sur ce mot H√©breux 5.9, note) celui qui le c√©l√©brait¬†; car les sacrifices l√©vitiques ne pouvaient purifier que des souillures l√©gales. (H√©breux 9.13¬†; 10.1-4 comparez avec H√©breux 9.22)

      10 Notre version suppose admise la leçon de Sin., B. A. D autres interprètes, en adoptant le même texte, traduisent : "qui s'ajoutent seulement en tant qu'ordonnances charnelles aux aliments, aux breuvages et aux diverses ablutions."

      - Les dons et sacrifices sont appelés ordonnances (grec) de la chair, parce qu'ils conféraient a l'Israélite une justice extérieure, selon l'homme naturel, en faisant de lui un membre du peuple de l'alliance, mais qu'ils ne pouvaient le délivrer effectivement du péché qui entachait et accablait sa conscience. (Hébreux 9.9)

      - Les aliments et breuvages ne sont pas seulement les repas sacrés, (Hébreux 13.9 et suivants) et en particulier le repas pascal, mais tous les aliments et breuvages sur lesquels portaient les prescriptions de la loi. (Lévitique 11 Nombres 6.3 ; comparez Colossiens 2.16)

      Pour les diverses ablutions, voir Hébreux 6.2 ; Exode 29.4 ; Lévitique 14.8 ; 16.24,28, Lévitique 15

      Ces prescriptions ne devaient √™tre impos√©es que jusqu'√† un temps de r√©formation (grec de redressement, mot qui ne se trouve qu'ici dans le Nouveau Testament), un temps o√Ļ les ordonnances imparfaites de l'ancienne Alliance seraient rendues parfaites. (Jean 4.23 et suivants)

      11 9 :11 à 10 :18 Le service de Christ dans le sanctuaire céleste. Son acrifice unique et efficace.

      Mais (cette particule marque le grand contraste de la réalité avec les symboles) Christ est venu, il est le vrai souverain Sacrificateur ! tel est le glorieux fait que l'auteur annonce avant d'en exposer les détails.

      - Le texte reçu, avec Sin., A, majuscules, porte : Sacrificateur des biens à venir. Ces mots signifient que les biens de la nouvelle Alliance, le pardon des péchés, la délivrance, la paix, la communion avec Dieu, quoique réalisés en Jésus-Christ, et déjà accordés en partie à ceux qui croient en lui, sont pourtant encore des biens futurs jusqu'à leur pleine possession, à moins qu'on admette que l'auteur présente ces biens comme à venir en tant qu'ils appartiennent à la nouvelle alliance. (Hébreux 2.5 ; 6.5)

      Mais une variante dans B. D, Itala, porte : "biens présents" ou "biens arrivés," ce texte serait mieux approprié au contraste qu'établit ici l'auteur entre les deux alliances, dont l'une n'avait que la promesse, l'autre la réalisation actuelle. Lachmann, Westcott et Hort, Nestle, Weiss adoptent cette leçon.

      12 Voir, sur cette grande pens√©e de l'entr√©e de Christ dans le vrai sanctuaire c√©leste, √† laquelle l'auteur attache une si haute importance, H√©breux 4.14, note. (Comparer H√©breux 8.2¬†; 9.24¬†; 10.12-14) - Le tabernacle plus grand plus parfait o√Ļ Christ poursuit maintenant son Ňďuvre comme souverain Sacrificateur, n'a point √©t√© fait par la main des hommes, ainsi que le tabernacle mosa√Įque, et m√™me, il n'est point de cette cr√©ation terrestre. Ce sont les cieux, (H√©breux 9.24) √† travers lesquels Christ a pass√© pour p√©n√©trer jusqu'au s√©jour de la gloire de Dieu, √©lev√© au-dessus de toute la cr√©ation.

      On retrouve ici (comme Hébreux 4.14) une allusion au fait que le sacrificateur traversait le lieu saint pour parvenir jusqu'au delà du voile, jusqu'au lieu très saint, symbole de la demeure de Dieu.

      -Une autre interprétation de ces paroles, présentée par des Pères et encore par Calvin et Bengel, mais généralement abandonnée aujourd'hui, voit dans le tabernacle plus grand et plus parfait que Christ a traversé, non pas le ciel, mais son corps, sa propre humanité, par laquelle il a passé au travers des souffrances, du sacrifice et de la mort, pour parvenir ainsi jusqu'à la gloire et à la communion immédiate avec Dieu.

      Cette id√©e est vraie en elle-m√™me, elle est exprim√©e √† H√©breux 10.20 (Voir la note) Mais ici il est inadmissible que l'auteur veuille exprimer cette pens√©e¬†; ce qui le montre, c'est H√©breux 9.24, o√Ļ il dit en termes simples et clairs que le sanctuaire o√Ļ Christ est entr√©, c'est le ciel. (Comparer H√©breux 4.14, note.)

      - Il y est entré (grec) "non par le sang des boucs et des veaux, mais par son propre sang," c'est-à-dire en vertu et par l'efficace de son propre sang. Le souverain sacrificateur ne pouvait entrer dans le lieu très saint qu'en vertu du sang de l'expiation qu'il prenait sur l'autel situé dans le parvis extérieur ; (Lévitique 16.11,14) de même c'est en vertu de son propre sang "répandu pour la rémission des péchés" que Christ a comparu devant Dieu pour son peuple.

      Là était l'image, ici la réalité ; car, par ce sacrifice de son amour, Jésus Christ a réellement obtenu une rédemption éternelle.

      Obtenu, car il a d√Ľ la poursuivre par tous ses efforts et l'acqu√©rir au prix d'indicibles souffrances¬†; une r√©demption, c'est-√†-dire un rachat, et par l√† une d√©livrance r√©elle (Romains 3.24, 2e note) pour ceux dont il a pay√© la ran√ßon¬†; une r√©demption √©ternelle, dont la valeur, l'efficace dure √† toujours, et dont les bienheureuses cons√©quences s'√©tendront sur l'√©ternit√© tout enti√®re.

      Parce que son sacrifice a cette vertu perp√©tuelle, le Sauveur a pu l'offrir une fois pour toutes¬†; c'est cette vertu perp√©tuelle que voudrait repr√©senter, mais que m√©conna√ģt ou d√©nature le sacrifice de la messe sans cesse renouvel√©.

      - Voir sur l'efficace de la mort de Jésus-Christ, comme sacrifice expiatoire, Hébreux 9.14, note, et Romains 3.25, note.

      14 Ces deux versets (Hébreux 9.13,14) doivent confirmer (car), par un raisonnement a fortiori et par une application vivante à la conscience la grande vérité de l'expiation du péché par le sang de Christ, exprimée à Hébreux 9.12.

      Tout Isra√©lite savait que le sang de boucs et de taureaux (L√©vitique 16.6-11¬†; 14.15, etc.) et l'aspersion faite avec l'eau o√Ļ l'on avait m√™l√© la cendre d'une g√©nisse (Nombres 19, voir surtout H√©breux 9.13,20), purifiaient d'une souillure l√©gale, par exemple de l'attouchement d'un mort, et rendaient √† celui qui venait d'offrir ce sacrifice la puret√© de la chair, indispensable pour qu'il jou√ģt des privil√®ges d'un membre du peuple.

      Mais tout cela n'√©tait qu'un symbole, la souillure l√©gale n'√©tait que l'image du p√©ch√©, qu'elle rappelait sans cesse¬†; la purification c√©r√©monielle, l'image de la vraie purification, qu'elle faisait d√©sirer. C'est la conscience qui devait √™tre purifi√©e des Ňďuvres mortes pour servir le Dieu vivant, deux choses qui sont √©galement impossibles √† l'homme.

      Les Ňďuvres mortes, (comparez H√©breux 6.1) en effet, ne sont pas les c√©r√©monies par lesquelles l'isra√©lite cherchait la purification devant Dieu¬†; ce sont tous les p√©ch√©s qui p√®sent sur la conscience du p√©cheur et ne lui permettent pas de s'approcher de Dieu pour lui rendre son culte (tel est le sens du verbe¬†: servir Dieu), ce sont, d'une mani√®re plus g√©n√©rale, toutes les Ňďuvres qui proc√®dent de l'homme irr√©g√©n√©r√©, car il est lui-m√™me mort, (Eph√©siens 2.1) et la mort ne saurait produire la vie.

      Ses Ňďuvres sont mortes, tant qu'elles ne sont pas en lui le produit d'une vie nouvelle, cr√©√©e par l'Esprit de Dieu et par laquelle seulement nous sommes capables de servir le Dieu vivant. Quel contraste entre un tel service et cette mort morale de l'homme naturel, qui frappe de st√©rilit√© toute son activit√©.

      Servir, dans l'original, c'est remplir une fonction sacerdotale célébrer un culte. (Hébreux 9.9 ; 12.28) Le chrétien doit être dans toute sa vie un sacrificateur du Dieu vivant, (Hébreux 3.12) s'offrir lui-même en sacrifice, et faire de chaque acte de sa vie un culte en esprit et en vérité.

      Comment s'√©lever des Ňďuvres mortes, qui souillent la conscience, √† cet id√©al de saintet√©¬†? L'auteur en indique le moyen¬†: le sang de Christ. Il montre en quoi a consist√© le sacrifice du Sauveur, dans quelles conditions celui-ci l'a accompli¬†: Qui, par l'Esprit √©ternel, s'est offert lui-m√™me sans tache √† Dieu.

      Toutes les expressions employées font ressortir la pensée que le sacrifice de Christ est un acte moral, dans le sens le plus élevé, le plus absolu de ce mot. C'est ce qui le distingue profondément des sacrifices symboliques rappelés à Hébreux 9.13, dans lesquels les victimes étaient passives. Il s'offre lui-même, donc c'est le sacrifice volontaire du dévouement et de l'amour sans tache. (Lévitique 22.21 ; 1Pierre 1.19)

      Ainsi c'est un sacrifice digne du Dieu saint et juste (car c'est √† Dieu qu'il s'offre). Mais surtout il s'offre par l'Esprit √©ternel, c'est-√†-dire anim√©, port√©, consacr√© pour cet acte par l'Esprit de Dieu qui √©tait en lui sans mesure dans une harmonie ineffable avec Dieu, qui s'associe √† son Ňďuvre par son Esprit, qui l'approuve, qui re√ßoit le sacrifice de sa volont√©, de sa vie humaine, solidaire de notre humanit√© tout enti√®re. Mais l'auteur dit plus encore.

      Il aurait pu employer le terme ordinaire de "Saint-Esprit," que lui pr√™te, en effet, une variante peu autoris√©e¬†; mais non, il se sert de ce terme inusit√©¬†: "l'Esprit √©ternel." Son intention est de marquer que cet Esprit, qui communiquait √† la personne du Christ "une puissance de vie imp√©rissable," (H√©breux 7.16) conf√®re √† son sacrifice une valeur √©ternelle¬†: c'est l'Ňďuvre de Dieu accomplie pour l'√©ternit√©.

      La plupart des commentateurs modernes, il est vrai, se fondant sur le fait que l'article manque en grec et qu'il y a proprement : par un esprit éternel, se refusent à voir dans cette expression l'Esprit de Dieu ; elle caractériserait soit la nature divine, soit la constitution morale du Christ, et serait destinée à expliquer comment il peut encore remplir son office de souverain sacrificateur céleste après s'être livré lui-même à la mort.

      - Telle est la source intarissable "ouverte pour la purification du p√©ch√© et de la souillure." Mais comment la conscience en estelle purifi√©e de ses Ňďuvres mortes¬†?

      Dès l'Ancien Testament, le symbole devait indiquer la réalité. Il y avait en tout sacrifice deux choses distinctes : l'immolation de la victime et l'aspersion de son sang sur le pécheur qui l'offrait. (Hébreux 9.13) Par ce dernier acte qu'il subissait, l'Israélite confessait solennellement que c'était de lui qu'il s'agissait, lui qui avait péché, qui était souillé, qui avait mérité la mort, qui devait, après avoir obtenu son pardon, s'offrir en sacrifice vivant et saint, mourir réellement au péché, en un mot, s'approprier personnellement tout le sens de son sacrifice.

      De même et à plus forte raison sous la nouvelle Alliance, c'est en devenant un avec Christ par une foi réelle que le pécheur est justifié ; c'est en Christ que sa conscience reprend vie, se détache de la souillure par la puissance divine de la croix ; c'est en Christ, et avec lui, qu'il meurt par degrés au péché, au monde, à lui-même, c'est en lui qu'il ressuscite pour une vie nouvelle et sainte.

      (Voir, sur ce c√īt√© si profond de la mort de Christ appliqu√©e √† l'homme p√©cheur, Romains 6.1-11, notes.)

      15 L'auteur a déjà auparavant désigné Jésus-Christ comme un médiateur ; (Hébreux 8.6) ici il déclare comment, pourquoi il est médiateur. Il s'est offert lui-même, (Hébreux 9.14) c'est pourquoi il est médiateur, et il a fallu que la mort du médiateur intervint.

      L'auteur introduit ainsi le développement, dans lequel il examine sous ses diverses faces grand fait qu'il vient d'énoncer.

      1¬į Par son sacrifice, Christ est m√©diateur d'une nouvelle Alliance¬†; (H√©breux 9.16)

      2¬į tout testament n'a sa force que par la mort du testateur¬†; (H√©breux 9.16,17)

      3¬į la premi√®re Alliance fut confirm√©e par l'effusion du sang la nouvelle a d√Ľ l'√™tre de m√™me, (H√©breux 9.18-24)

      4¬į mais avec cette grande diff√©rence, que le sacrifice de Christ ayant une efficace perp√©tuelle, il ne s'offre lui m√™me qu'une seule fois. (H√©breux 9.25-28)

      - On remarquera que si jusqu'ici l'auteur a opposé l'Alliance ancienne à la nouvelle, (Hébreux 7.22 ; 8.6-10 ; 9.1-4) dans Hébreux 9.16,17 il emploie le même mot grec dans le sens de testament.

      Quelques exégètes ont voulu, il est vrai, revendiquer pour ce mot, même dans Hébreux 9.16,17, le sens d'alliance. Mais leurs efforts sont vains ; cette interprétation est inadmissible.

      Le fait est que le terme grec désigne toute disposition authentique, qu'elle soit établie entre deux parties, engagées ainsi l'une envers l'autre (pacte, contrat, alliance), ou qu'elle provienne d'un seul, qui déclare ainsi sa volonté, ses intentions (disposition testamentaire, testament). Le mot ayant ces deux acceptions, l'auteur passe de l'une à l'autre pour les besoins de son argumentation.

      Le proc√©d√© peut se justifier si l'on ne s'arr√™te pas √† la logique formelle, mais si l'on consid√®re la nature m√™me de l'institution d√©sign√©e par ce terme √† double entente. Car si, d'une part, les rapports de Dieu avec son peuple, surtout dans l'√©conomie ancienne, ont les caract√®res d'une alliance, avec ses conditions mutuelles (voir, par exemple, H√©breux 8.8-10), il n'est pas moins √©vident que, de plus en plus, ces rapports, fond√©s sur la gr√Ęce pure et gratuite de Dieu, sur son Ňďuvre de mis√©ricorde qu'il accomplit tout enti√®re, deviennent, de sa part, une d√©claration authentique de sa volont√© mis√©ricordieuse, un testament. (Voir aussi H√©breux 8.10,Galates 3.15-17¬†; comparez Matthieu 26.28, et l'Introduction g√©n√©rale au Nouveau Testament, tome I)

      Grec¬†: re√ßoivent la promesse (accomplie) de l'h√©ritage √©ternel. (Comparer H√©breux 6.13) Parce que les p√©ch√©s commis sous la premi√®re Alliance n'√©taient expi√©s qu'en figure et non en r√©alit√©, il a fallu que la mort du m√©diateur e√Ľt lieu, afin que la promesse s'accompl√ģt, c'est a dire que l'h√©ritage √©ternel (H√©breux 5.9¬†; 1Pierre 1.4) f√Ľt vraiment acquis √† ceux qui sont appel√©s. (Comparer Romains 3.25¬†; Jean 16.7)

      Et si le peuple de Dieu avait besoin de ce sacrifice pour ses péchés, à plus forte raison toutes les autres nations de la terre.

      17 Les versets Hébreux 9.16,17 confirment (car) ce qui précède, en établissant la nécessité de la mort du médiateur pour amener l'accomplissement de la promesse.

      La premi√®re Alliance, parce qu'elle √©tait une alliance, a √©t√© viol√©e par ceux avec qui elle avait √©t√© contract√©e¬†; (H√©breux 8.9) la seconde l'aurait infailliblement √©t√© de m√™me, si elle n'e√Ľt rev√™tu tous les caract√®res d'un testament qui l√®gue l'h√©ritage sans conditions.

      L'image sur laquelle l'auteur insiste ici, en développant la signification du mot, a donc sa profonde vérité. Parmi les hommes, un testament ne devient exécutoire que par la mort du testateur, qui transmet aux héritiers tous ses droits.

      O√Ļ il y a testament, il est n√©cessaire que la mort du testateur soit annonc√©e (grec apport√©e) √† l'autorit√© judiciaire qui constate le d√©c√®s et pr√©side √† la transmission de l'h√©ritage, car un testament est (grec) valide sur des morts, puisqu'il n'a jamais de force lorsque vit le testateur. Ici le testateur, c'est J√©sus-Christ, l'Homme-Dieu, √† qui toutes choses appartiennent, car "le P√®re a remis toutes choses entre ses mains." (Jean 3.35)

      L'h√©ritage lui serait rest√© √† lui seul, si, par sa mort, il ne l'avait l√©gu√© √† ses fr√®res, √† qui il voulait communiquer tous ses droits. Il s'est donc abaiss√©, rendu ob√©issant jusqu'√† la mort de la croix, d√©pouill√© de tout, (Philippiens 2.6-8) et par cette mort, dont la n√©cessit√© morale a d√©j√† √©t√© d√©montr√©e, (H√©breux 9.14) il a transmis √† ses rachet√©s, avec ses droits, sa gloire √©ternelle, qui est leur h√©ritage. (Comparer Luc 22.29, o√Ļ J√©sus lui-m√™me emploie le verbe duquel est d√©riv√© le mot testament.)

      - Ce serait forcer et fausser la comparaison employée que d'objecter : le Sauveur, mort pour les siens, n'en est pas moins vivant aux siècles des siècles, et c'est même par sa vie, plus encore que par sa mort, qu'il communique à ses membres ? unis à lui comme le sarment au cep, les biens célestes de l'héritage. Sans doute la possession de la vie dépend de nos rapports avec le Sauveur ressuscité et vivant. Toutefois le Sauveur ne peut nous communiquer la vie divine que parce qu'il est mort pour nous. Et maintenant sa vie ne fait plus que réaliser en nous ce qu'il nous a virtuellement acquis sur la croix.

      18 Par la conjonction c'est pourquoi, l'auteur ne rattache pas Hébreux 9.18 à Hébreux 9.15, de sorte que les versets Hébreux 9.16 et Hébreux 9.17 ne formeraient qu'une parenthèse.

      Le verset H√©breux 9.18 est plut√īt une conclusion tir√©e de la r√®gle g√©n√©rale rappel√©e au H√©breux 9.16¬†: la premi√®re Alliance, quoiqu'elle n'e√Ľt pas encore le caract√®re d'un don fait par testament et que par cons√©quent la mort ne d√Ľt pas intervenir pour son institution a cependant √©t√© inaugur√©e avec du sang.

      Cette relation est marquée par l'expression : (grec) "pas même la première Alliance n'a été inaugurée sans sang."

      21 L'auteur fait allusion à Exode 24.3-8 ; mais il amplifie le récit de l'Exode.

      Celui ci ne parle pas d'aspersion sur le livre même et ne mentionne pas l'emploi de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, qui étaient en usage dans diverses cérémonies de Purification. (Lévitique 14.4 et suivants ; Nombres 19.4 et suivants ; Lévitique 8.10 et suivants ; comparez Exode 12.22 ; Psaumes 51.9)

      Quant au tabernacle, il ne put être l'objet d'une aspersion dans la circonstance rapportée Exode 24.3-8, puisqu'il n'existait pas encore. (Comparer Exode 25,40) D'après Exode 40.9 et suivants, (comparez Lévitique 8.10) le tabernacle et les ustensiles furent seulement oints d'huile.

      L'aspersion avec du sang ne figure que dans la tradition juive. (Josèphe, Antiq. III, 8, 6.)

      22 Sans effusion de sang, c'est-à-dire sans sacrifice d'expiation pour le péché, point de rémission.

      Telle est la v√©rit√© que l'auteur trouve √©crite sur tous les objets qui servaient au culte mosa√Įque, sur tous les actes de l'institution de ce culte. Et cette effusion de sang, perp√©tuellement renouvel√©e pour la purification du peuple, ne pouvant elle-m√™me "purifier la conscience des Ňďuvres mortes," √©tait une pr√©diction solennelle du sacrifice r√©el qui devait s'accomplir un jour.

      Ce sacrifice s'est accompli, (Matthieu 26.28) et par cela seul que le sang de l'Agneau de Dieu a coulé sur la croix, cette croix répète d'une manière mille fois plus absolue encore que tous les autres sacrifices : "Sans effusion de sang, point de rémission."

      La conscience de l'humanité s'est faite l'écho de cette voix divine ; et le chrétien, qui n'a trouvé la paix qu'au pied de la croix de Golgotha, mais qui l'y a trouvée, redit en s'humiliant et en bénissant son Sauveur : "Sans effusion de sang, point de rémission."

      C'est là le point qui fait de l'Evangile une folie et un scandale aux yeux de la sagesse humaine. Mais l'Eglise garde cette vérité comme son trésor malgré les dénégations et les subtilités d'une science faussement ainsi nommée.

      23 Ce verset tire la conclusion (donc) de la déclaration qui précède, et se trouve lui-même expliqué par les paroles qui suivent. (Hébreux 9.24)

      Encore ici, l'auteur veut élever la pensée de ses lecteurs des images aux réalités : Il est nécessaire, dit-il, que toutes ces images, tous les objets qui servaient au culte, (Hébreux 9.19-22) soient purifiées de cette manière, c'est-à-dire par le sang des victimes (Hébreux 9.22) qui rappellent sans cesse à l'homme sa souillure et sa culpabilité.

      Mais toutes ces images, ces c√©r√©monies symboliques du culte isra√©lite figurent seulement les rapports tout spirituels du vrai sanctuaire, ces choses c√©lestes doivent donc √™tre purifi√©es elles m√™mes par des sacrifices plus excellents, par le sacrifice de l'Agneau de Dieu qui r√©ellement "√īte le p√©ch√© du monde" et qui a "inaugur√©" pour nous l'Alliance nouvelle (H√©breux 9.18) en entrant dans le sanctuaire c√©leste. (H√©breux 9.24¬†; 10.19-22)

      Il va sans dire que l'id√©e de purifier le sanctuaire c√©leste n'indique pas une action mat√©rielle ou locale, mais l'efficace tout int√©rieure, spirituelle et morale de l'Ňďuvre de Christ, rouvrant √† notre humanit√© sanctifi√©e l'acc√®s √† la communion de Dieu. Tous ses rachet√©s sont d√©sormais des sacrificateurs qui peuvent le suivre l√† o√Ļ il est entr√© avant eux et pour eux. (H√©breux 9.24)

      24 Hébreux 9.11,12, notes.

      Le sanctuaire terrestre a √©t√© fait comme une imitation (grec antitype) du v√©ritable, car Mo√Įse avait re√ßu l'ordre de "faire tout selon le mod√®le (grec type) qui lui avait √©t√© montr√© sur la montagne." (H√©breux 8.5)

      Comparer, sur cette entrée du Christ dans les cieux comme sacrificateur et intercesseur, Hébreux 4.14, note ; Hébreux 7.25,26, note ; Hébreux 10.12,19,20.

      Le mot maintenant oppose, suivant les uns, la comparution actuelle de Christ devant Dieu à son retour glorieux ; (Hébreux 9.28) suivant d'autres, l'intervention efficace du médiateur est opposée aux précédentes et imparfaites tentatives de réconcilier Dieu avec l'homme par les sacrifices. (Comparer Hébreux 9.26)

      26 La répétition chaque année du sacrifice dans le lieu très saint, au grand jour des expiations, pouvait, à elle seule déjà, prouver aux Hébreux que ce sacrifice n'accomplissait pas par lui-même ce dont il était le symbole, l'expiation du péché la réconciliation du pécheur avec Dieu et sa consécration à l'Eternel ; il lui rappelait au contraire sans cesse son péché, sa culpabilité, (Hébreux 10.3) la nécessité de mourir à lui-même, pour revivre à Dieu.

      S'il en √©tait de m√™me du sacrifice de Christ, le Sauveur aurait d√Ľ souffrir plusieurs fois, depuis la fondation du monde, c'est-√†-dire depuis que le p√©ch√© y est entr√©¬†; il devrait le faire maintenant encore, et l'id√©e catholique du sacrifice de la messe serait fond√©e.

      Mais non ; au lieu du sang étranger et inefficace qu'offrait le sacrificateur, Christ s'est offert lui-même et il n'a besoin de le faire qu'une seule fois, (Hébreux 9.28 ; 10.12) car, par ce sacrifice, il a opéré l'abolition du péché.

      Il reste au p√©cheur √† s'approprier l'effet de ce sacrifice par une foi vivante qui l'unisse √† Christ, le rende un avec lui dans ce sacrifice m√™me, et capable de le suivre l√† o√Ļ il est. (H√©breux 10.19 et suivants)

      28 La pensée que Christ a paru une seule fois pour l'abolition du péché par le sacrifice de lui-même (Hébreux 9.26) oblige l'auteur à parler de sa seconde apparition, pour bien marquer que, lors de celle-ci, n'y aura plus de sacrifice.

      Il voit, entre cette double apparition de Christ et la destinée de tous les hommes auxquels il est réservé de mourir une fois, pour être jugés après cela, plus qu'une simple analogie. Ce dernier fait permet d'apprécier le premier et d'en estimer le caractère.

      Pourquoi est-il r√©serv√© √† tous les hommes de mourir¬†? A cause du p√©ch√© et de la condamnation qu'il entra√ģne (Gen√®se 2.17¬†; 3.19¬†; Romains 5.12, note.) Cette mort a lieu une seule fois, c'est-√†-dire une fois pour toutes. Elle cl√īt d√©finitivement le temps de l'√©preuve¬†; quand elle est intervenue nous n'avons plus qu'√† "compara√ģtre devant le tribunal de Christ, afin que chacun re√ßoive selon qu'il aura fait soit bien soit mal, √©tant dans son corps." (2Corinthiens 5.10)

      Notre texte, très concis, porte ces seuls mots : après cela, jugement.

      De cette condition commune √† tous les hommes, ressort avec √©vidence le but de la double apparition du Sauveur. Parce que la mort est r√©serv√©e √† tous, parce que tous doivent compara√ģtre en jugement, lui, le repr√©sentant de notre humanit√©, le second Adam, le souverain sacrificateur, a voulu, dans son insondable amour, subir la mort, le jugement. Il a √©t√© offert une seule fois comme victime¬†; pourquoi¬†? pour porter les p√©ch√©s de plusieurs. (Matthieu 20.28¬†; 26.28)

      Tous ces termes sont √† dessein emprunt√©s aux usages des sacrifices. En imposant les mains sur la t√™te de la victime, le sacrificateur y d√©posait les p√©ch√©s du peuple¬†; (L√©vitique 4.4,15,20,29,33) de l√†, l'expression si usit√©e dans l'Ancien Testament¬†: porter le p√©ch√©, l'iniquit√©, le ch√Ętiment. (Nombres 14.34¬†; Ez√©chiel 4.6¬†; 18.19, etc.) Et c'est ce terme m√™me que l'auteur applique ici √† J√©sus, exactement comme Esa√Įe 53.12¬†; 1Pierre 2.24. Comparer Jean 1.29.

      Christ a √©t√© offert une seule fois, parce que l'homme aussi ne meurt qu'une fois et que dans cette unique mort se concentre tout le ch√Ętiment du p√©ch√© qui est tomb√© sur le Sauveur. Aussi, √† sa seconde venue, Christ n'aura plus √† mourir pour achever la r√©demption de l'humanit√©. Il viendra pour exercer le jugement, ce jugement qui est tout ce qui attend l'homme apr√®s la mort, (H√©breux 9.27) c'est ce que l'auteur veut dire quand il d√©clare que Christ para√ģtra une seconde fois sans p√©ch√©, sans avoir encore √† porter les p√©ch√©s des hommes.

      Qu'il ait √©t√© ici-bas sans p√©ch√© personnel, c'est ce que l'auteur a hautement proclam√©, (H√©breux 4.15) mais il n'√©tait pas sans p√©ch√© dans le sens qui vient d'√™tre expos√©, puisqu'il avait pris sur lui le p√©ch√© de l'humanit√©, en vertu duquel il souffrit et mourut. Or √† sa seconde venue, il n'aura plus ni p√©ch√© √† expier ni sacrifice √† accomplir¬†; il appara√ģtra comme le Roi glorieux √† ceux qui l'attendent pour leur salut (grec √† salut).

      - On peut aussi rattacher les derniers mots au verbe principal¬†: "para√ģtra √† salut, pour apporter le salut √† ceux qui l'attendent."

      A et quelques documents ajoutent : "par la foi."

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