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Matthieu 2

    • 1 Chapitre 2. La visite des mages. Fuite en Egypte. Massacre des petits enfants. J√©sus √† Nazareth.

      1 à 12 L'enfant Jésus reçoit l'hommage des nations. Les mages cherchent, trouvent et adorent.

      Beth-Lechem, "maison du pain." Bethl√©hem de Jud√©e, pour distinguer cette ville d'une autre du m√™me nom qui se trouvait dans la tribu de Zabulon. Josu√© 19.15 Notre Bethl√©hem, nomm√© aussi Ephrata Gen√®se 35.16,19 √©tait une tr√®s petite ville, situ√©e dans la tribu de Juda, √† deux lieues au sud de J√©rusalem. Cette ville porte aujourd'hui encore le m√™me nom et renferme une population de trois ou quatre mille √Ęmes, en grande majorit√© chr√©tienne. (Voir F√©lix Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 7e √©dition, p. 274¬†; Ph. Bridel, Palestine illustr√©e. II)

      H√©rode, surnomm√© le Grand, fils d'Antipater. Ce fut lui qui fonda la dynastie de sa famille, idum√©enne (√©domite), en faisant p√©rir les derniers rejetons de la race asmon√©enne des Macchab√©es. D√®s l'√Ęge de quinze ans, il obtint de son p√®re le gouvernement de la Galil√©e. (Jos√®phe, Antiq., XIV, 9, 2.) Plus tard, Antoine √©tant venu en Syrie, l'√©leva √† la dignit√© de t√©trarque et lui fit obtenir du s√©nat le titre de roi des Juifs. (Jos√®phe, Antiq., XIV, 14, 5.) Mais ce ne fut que trois ans plus tard qu'il put prendre possession de son royaume. Il dut le reconqu√©rir sur Antigone, fils d'Aristobule. Pour s'affermir sur son tr√īne, il fit mettre √† mort non seulement sa femme, Mariamne, mais ses deux fils, Alexandre et Aristobule, tout ce qui restait de la famille des Macchab√©es, et une foule de Juifs de distinction qui faisaient opposition √† son gouvernement.

      Ces crimes, aussi bien que son penchant pour des usages et des divertissements publics emprunt√©s au paganisme, le rendirent odieux √† la nation Juive. Il mourut la trente-septi√®me ann√©e de son r√®gne, la soixante-dixi√®me de son √Ęge (Jos√®phe, Antiq, XVII, 8, 11), l'an 750 de Rome, par cons√©quent quatre ans avant le commencement de notre √®re, ce qui recule d'autant l'√©poque de la naissance de J√©sus-Christ.

      Les mages étaient chez les Perses et les Mèdes une caste sacerdotale très considérée ; ils formaient le conseil secret des rois, administraient les affaires religieuses et se vouaient à l'étude de la nature, spécialement de l'astronomie. Il y avait, à la cour de Babylone, un ordre de mages, appelés aussi sages, sur lequel fut établi Daniel. Daniel 2.48 Plus tard ce nom fut donné en Orient à tous ceux qui s'occupaient d'astrologie, de l'interprétation des songes et généralement des sciences occultes.

      Au temps de Jésus, il y avait chez les Grecs et chez les Romains de ces hommes qui exploitaient la crédulité populaire, dans des vues de vaine gloire ou de cupidité, comme on le voit par les exemples de Simon et d'Elymas. Actes 8.9 et suivants ; Actes 13.6-8 Evidemment les mages de notre récit appartenaient à la classe antique et honorable de ces savants.

      -Ils venaient d'Orient, expression vague qui a laiss√© libre cours aux conjectures sur leur patrie. Vu la nature des dons qu'ils offrent √† l'enfant nouveau-n√©, (verset 11) les uns ont pens√© √† l'Arabie, d'autres √† la Perse, d'autres encore √† l'Egypte. Les suppositions ne sont pas moins diverses sur leur nombre, fix√© √† trois par la tradition, √† cause des trois offrandes. M√™me incertitude sur leur rang¬†: l'imagination populaire en a fait des rois, soit pour voir en eux l'accomplissement de passages proph√©tiques de l'Ancien Testament Psaumes 72.10¬†; Esa√Įe 49.7¬†; Esa√Įe 60.3,6,10 soit √† cause de la sensation que fit, jusque dans le palais d'H√©rode, leur arriv√©e √† J√©rusalem. Ce dernier fait preuve au moins que c'√©taient des hommes d'une position consid√©rable. La tradition, qui veut tout savoir, nous a m√™me transmis leurs noms et les appelle¬†: Gaspar, Melchior et Balthasar¬†! Enfin, de leur question¬†: O√Ļ est le roi des JUIFS¬†? on a conclu avec raison qu'ils √©taient pa√Įens, et l'Eglise ancienne, les consid√©rant comme les pr√©mices du paganisme amen√©es aux pieds de J√©sus, c√©l√©bra leur m√©moire √† la f√™te de l'Epiphanie, dont elle fit la f√™te de l'apparition du Sauveur aux gentils, tandis qu'√† l'origine elle avait √©t√© institu√©e en comm√©moration du bapt√™me de J√©sus-Christ.

      2 Grec : "Nous prosterner devant lui," lui rendre hommage comme à un grand personnage. Matthieu 20.20 ; Actes 10.25 Ce mot signifie aussi rendre des honneurs religieux, adorer. voir Matthieu 4.10 ; Actes 7.43

      Au lieu de "son étoile en Orient" plusieurs traduisent : "son étoile à son lever, ou se levant." Toutes les conjectures faites sur la nature de cette étoile (ou astre) par laquelle les mages furent amenés à Jérusalem, sont de peu de valeur.

      Plusieurs interpr√®tes s'arr√™tent √† l'id√©e d'une conjonction extraordinaire d'astres qui, selon les calculs du c√©l√®bre astronome Kepler, aurait eu lieu vers le temps de la naissance de J√©sus¬†; d'autres pensent √† une com√®te¬†; d'autres encore √† une √©toile telle que celle qui fut observ√©e par le m√™me astronome en 1604 et qui disparut en 1605¬†; Les termes du r√©cit (son √©toile) et surtout le verset 9 prouvent avec √©vidence que l'√©crivain se repr√©sente, non un astre c√©leste ordinaire, non le r√©sultat d'observations astrologiques, mais l'apparition d'un luminaire sp√©cial, qui d√©termine le d√©part des mages de leur pays, qui leur r√©appara√ģt sur le chemin de Bethl√©hem et qui vient s'arr√™ter sur le lieu o√Ļ √©tait le petit enfant. (v.9.) Telle est aussi l'opinion de Calvin.

      A la naissance du Sauveur, une vive lumi√®re resplendit aux yeux d'humbles bergers Luc 2.9 les savants mages sont conduits vers lui par une √©toile. Furent-ils, en outre, comme les bergers, avertis par une r√©v√©lation divine¬†? On l'a suppos√©, et cela est possible, puisque bient√īt ils re√ßoivent d'en haut une direction semblable¬†; (verset 12) mais nous l'ignorons¬†; ils ne le disent pas, ils ne parlent √† leur arriv√©e √† J√©rusalem que de l'√©toile qu'ils ont vue. Ou bien furent-ils pr√©par√©s au grand √©v√©nement qui les pr√©occupe par l'attente vague, mais universellement r√©pandue en Orient, d'un grand personnage religieux qui devait appara√ģtre √† cette √©poque¬†?

      Autre supposition possible, mais simple supposition. Pouvaient-ils enfin avoir connu et partagé les espérances messianiques du peuple de Dieu par le moyen des Juifs qui habitaient leur pays ? Cela aussi est très admissible. Toutefois renonçant, par un principe exégétique, à la tentative d'aplanir les difficultés d'un récit par des hypothèses qui ne sont ni des explications ni des raisons nous nous bornerons à propos de celui qui nous occupe aux deux remarques suivantes :

      1¬į- Le Seigneur fait parvenir aux hommes ses r√©v√©lations et ses lumi√®res dans les circonstances les plus propres √† les mettre √† leur port√©e¬†:

      - à des bergers, en se montrant à eux dans une étable comme un enfant couché dans une crèche ;

      - à des pêcheurs, en leur accordant des pêches miraculeuses Luc 5.1 et suivants ; Jean 21.6

      - à des docteurs, par l'explication des Ecritures Luc 10.26 ; Matthieu 22.29 et suivants,

      - à des agriculteurs par des instructions tirées des travaux des champs ; (Matthieu 13, etc.)

      - aux mages astronomes, par une étoile.

      C'est ainsi qu'il se fait tout à tous.

      2¬į- De quelque mani√®re que ces √©trangers soient arriv√©s √† leur conviction, cette conviction rev√™t en eux les caract√®res d'une foi qui surmonte tous les obstacles¬†: ils trouvent la ville de J√©rusalem dans l'ignorance du grand √©v√©nement qui les a amen√©s¬†; au lieu du Roi des Juifs qu'ils cherchent, ils sont conduits devant le tyran qui occupe son tr√īne, ils voient les pr√™tres juifs indiff√©rents¬†; on leur indique, au lieu de la capitale, une obscure bourgade, puis une cabane de ch√©tive apparence, enfin une √©table o√Ļ g√ģt un petit enfant, n√© dans une famille d'artisans¬†; et rien n'√©branle leur foi¬†; ils se prosternent, ils rendent leurs hommages √† celui qu'ils ont cherch√© avec amour et trouv√© avec joie. C'est avec raison que l'√©glise a vu dans les mages les pr√©mices du monde pa√Įen qui cherche le salut.

      Si notre premier chapitre montre que "le salut vient des Juifs," celui-ci d√©j√† indique que les gentils y auront part. Les mages continuent la lign√©e de ces nobles √Ęmes appel√©es par la gr√Ęce pr√©venante du sein du paganisme, et √† laquelle appartiennent Melchis√©dec, J√©thro, Ruth, Job, Naaman, etc. et, dans les premiers temps de la nouvelle alliance, la Canan√©enne, le centenier de Caperna√ľm et tant de pros√©lytes craignant Dieu. Les limites du r√®gne de la gr√Ęce ne sont pas si √©troites qu'elles le paraissent souvent √† nos vues born√©es. (Comparer verset 1, note 2.)

      3 H√©rode tremble pour son autorit√© pour son tr√īne, peut-√™tre √† cause de ses crimes. Et comme le moindre de ses soup√ßons avait souvent co√Ľt√© la vie √† plusieurs, la peur qu'√©prouva un tel tyran pouvait bien troubler ceux qui d√©pendaient de lui, tout J√©rusalem.
      4 Les principaux sacrificateurs étaient, outre le souverain sacrificateur, les chefs des vingt-quatre classes de prêtres. 1Chroniques 24.1 ; 2Chroniques 36.14 les scribes, proprement écrivains (hébreu sopherim, les hommes des livres), étaient les savants interprètes de la loi et des Ecritures, les juristes et les théologiens du temps. Esdras 7.6,Néhémie 8.1 ; Jérémie 8.8 ; Luc 11.53 comparez Matthieu 23.2, note. Ils appartenaient le plus souvent au parti des pharisiens et la plupart siégeaient au sanhédrin. Il ne parait pourtant pas que ce soit une séance de ce corps qu'Hérode convoque ici, car il y manque les anciens. C'était une consultation de théologiens auxquels il voulait proposer la grave question qui suit.

      Grec¬†: O√Ļ le Christ na√ģt, selon les Ecritures. Le tyran croit donc la proph√©tie. Foi effrayante¬†! Jacques 2.19

      5 Bethléhem voir verset 6
      6 Mich√©e 5.1 Cette proph√©tie est librement traduite par l'√©vang√©liste, qui ne s'astreint ni au texte h√©breu ni √† la version des Septante, mais emprunte √† l'un et √† l'autre le sens g√©n√©ral qui seul lui importe. L'h√©breu dit¬†: "Et toi Bethl√©hem Ephrata, trop petite pour √™tre dans les milliers de Juda, de toi me sortira celui qui sera dominateur en Isra√ęl¬†; et ses issues sont d'auparavant d√®s les jours d'√©ternit√©." La version grecque des Septante rend ainsi les premiers mots¬†: "Et toi, Bethl√©hem, maison d'Ephrata, tu es trop petite pour √™tre dans les milliers de Juda," il y a donc dans cette citation quatre diff√©rences √† constater¬†:

      1¬į au lieu d'Ephrata, qui √©tait l'ancien nom de Bethl√©hem

      Genèse 35.19 ; 48.7 ; Ruth 1.2 ; 1Samuel 17.12 notre citation dit : Terre de Juda ; l'une et l'autre désignations devaient distinguer Bethléhem d'une autre ville du même nom située dans la tribu de Zabulon. Josué 19.15

      2¬į au lieu des "milliers de Juda," mot qui d√©signait les subdivisions des tribus, ayant leurs chefs et leurs chefs-lieux, l'√©vang√©liste choisit directement ce dernier terme comme le plus clair. On peut donc traduire chefs, ou chefs-lieux, principales villes, puisqu'il s'agit du si√®ge d'un chef de milliers. Exode 18.21¬†; Juges 6.15¬†; Josu√© 22.14 etc.

      3¬į la plus notable diff√©rence, qui parait faire dire √† l'√©vang√©liste l'inverse du texte h√©breu, c'est cette phrase¬†: "Tu n'es nullement la moindre..." Selon la lettre, c'est bien un contresens, mais non selon la pens√©e du proph√®te qui √©videmment ne constate la petitesse de Bethl√©hem que pour faire ressortir sa grandeur, parce qu'elle donnera √† Isra√ęl son gouverneur. C'est ce que dit l'√©vang√©liste en citant librement la parole proph√©tique.

      4¬į Il ajoute au texte de la proph√©tie une image destin√©e √† d√©crire l'action du Sauveur, image qui √©tait usit√©e chez les anciens pour d√©signer l'autorit√© royale, le gouvernement¬†: "Il pa√ģtra Isra√ęl, mon peuple." Ez√©chiel 34.23¬†; 2Samuel 5.2 comparez Psaumes 23.1¬†; Psaumes 80.2 Nul terme ne pouvait mieux caract√©riser l'autorit√© du "Bon Berger." - Mais ce qui est plus frappant encore que la sainte libert√© avec laquelle les √©crivains du Nouveau Testament citent les Ecritures de l'Ancien, c'est la pr√©cision avec laquelle les scribes du temps r√©solvent par la proph√©tie la question d'H√©rode sur le lieu de la naissance du Messie. Tout est clair pour eux dans la Bible, √† laquelle ils restent indiff√©rents apr√®s s'en √™tre servis pour les autres¬†! Quel contraste avec la foi des mages¬†!

      7 Ou plut√īt paraissait¬†; depuis combien de temps √©tait-elle en vue. (Comparer verset 16, note.)

      - Le soupçonneux Hérode, craignant que les mages ne reviennent pas à lui, veut avoir au moins une indication pour le diriger dans ses projets. Mais pourquoi secrètement ? Trait caractéristique chez un tyran qui se défie de tous et craint d'agir au grand jour, surtout lorsqu'il médite un crime.

      8 Hérode ajoute l'hypocrisie et la ruse à son dessein criminel. Mais voyez Job 5.13
      9 Partis le soir ou dans la nuit, selon l'habitude des voyageurs en Orient, les mages revoient soudain l'√©toile qu'ils avaient vue en Orient. Son apparition raffermit leur foi, peut-√™tre √©branl√©e par tout ce qu'ils avaient observ√© dans cette J√©rusalem o√Ļ ils n'ont trouv√© qu'indiff√©rence ou inimiti√© √† l'√©gard du grand √©v√©nement qui remplit leur cŇďur. C'est l√† ce qui est indiqu√© au verset suivant par la mention de la grande joie qu'ils √©prouvent.

      -L'√©toile allait devant eux, ou les pr√©c√©dait. Ne serait-ce l√† qu'une illusion d'optique comme le pensent ceux qui admettent l'id√©e d'un astre ordinaire ou d'une constellation¬†? Comment s'expliquer que cet astre vient s'arr√™ter au-dessus du lieu o√Ļ √©tait le petit enfant¬†? Si, comme on le pr√©tend, cela signifie que l'astre se trouvait √† son z√©nith, cela aurait-il √©t√© une indication pour les voyageurs¬†? Non, chaque terme de ce r√©cit montre clairement que l'auteur a voulu parler d'une lumi√®re extraordinaire, conduite par la main de Dieu qui se r√©v√®le ainsi √† ces pieux √©trangers. (verset 2, note 3.)

      11 On ne se pr√©sentait devant de grands personnages qu'en leur offrant des pr√©sents. Gen√®se 43.11,1Rois 10.2 comparer¬†: 1Samuel 10.27 Le fait que les mages observent cet usage et qu'ils se prosternent devant le petit enfant (verset 2, note 3), montre qu'ils avaient une tr√®s haute id√©e de sa grandeur, sans toutefois qu'on puisse dire jusqu'o√Ļ allaient leurs lumi√®res √† son sujet.

      - Les objets précieux qu'ils offrent sont des productions qui abondaient dans l'Arabie heureuse, mais qu'on tirait aussi d'autres pays et qui étaient partout en usage : on ne saurait en conclure quelle était la patrie des mages.

      On a voulu trouver à ces dons : l'or, l'encens, la myrrhe, un sens symbolique, religieux, ou y voir un secours providentiel qui devint précieux pour la famille pauvre de Jésus dans son voyage et son séjour en Egypte : ce sont là des suppositions plausibles, mais dont l'exégèse n'a pas à s'occuper.

      12 Le but de cette direction divine, qui ne permit pas aux mages de retourner vers Hérode, était d'empêcher l'exécution immédiate des desseins meurtriers du tyran, et de sauver ainsi le petit enfant.

      - Tous les interprètes reconnaissent la profonde signification religieuse de cette histoire des mages d'Orient, laquelle a été signalée déjà dans les notes qui précèdent. Mais plusieurs ont révoqué en doute la réalité historique du fait. A ceux qui rejettent les événements rapportés dans tout ce chapitre, à cause de l'intervention divine qui s'y produit fréquemment, l'exégèse n'a rien à répondre, par la simple raison que la foi au miracle, inséparable de la foi au Dieu vivant et personnel, ne se démontre pas.

      Pour ceux dont le doute provient de la difficulté qu'ils trouvent à concilier le récit de Matthieu et celui de Luc, il est juste que la question soit examinée avec soin. (Voir Luc 2.39, note.) Quant aux objections tirées de ce qu'on appelle la niaiserie d'Hérode, qui se laisse jouer par les mages, voir verset 16, note 3.

      13 13 à 23 L'enfant Jésus ets persécuté par son peuple. Fuite en Egypte. Enfants mis à mort. Etablissement à Nazareth.

      Ce nouvel avertissement divin, si important, puisqu'il s'agissait de sauver la vie de l'enfant, eut lieu imm√©diatement apr√®s le d√©part des mages. Joseph doit fuir en Egypte, parce que ce pays, qui n'√©tait pas sous la domination d'H√©rode, pouvait lui offrir un asile s√Ľr. La tradition assigne pour s√©jour √† la sainte famille Matar√©a, pr√®s d'H√©liopolis. Le dessein meurtrier d'H√©rode, qui se manifesta bient√īt apr√®s, (verset 16) est clairement r√©v√©l√© √† Joseph¬†: le tyran veut faire p√©rir le petit enfant. (Grec¬†: le perdre, le d√©truire.) A peine n√©, Celui qui donnera sa vie pour le salut du monde, doit la conserver par la fuite¬†! Mais son heure n'est pas encore venue, et Dieu veille¬†!

      15 On lit dans Os√©e 11.1 "Quand Isra√ęl √©tait un jeune enfant, je l'aimai, et j'appelai mon fils hors d'Egypte.," Cette touchante parole de l'Eternel est remise en m√©moire √† l'√©vang√©liste par son r√©cit actuel, et il l'applique au vrai fils de Dieu.

      Il n'ignorait pas que cette parole concernait Isra√ęl, que Dieu, par amour, appelle son Fils comparez Exode 4.22¬†; J√©r√©mie 31.9 aussi n'est-ce la qu'une application symbolique, et non l'accomplissement d'une proph√©tie directe. (Voir Matthieu 1.22, note.)

      16 Ou qu'il avait √©t√© tromp√© dans sa ruse. Le terme est choisi au point de vue d'H√©rode, il d√©signe son impression, et non l'intention des mages. On a tir√© de ce d√©tail un argument contre la v√©rit√© historique de tout le r√©cit relatif aux mages. Comment, a-t-on demand√©, ce prince rus√© se serait-il fi√© √† la parole de ces √©trangers et aurait-il b√©n√©volement attendu leur retour pour ex√©cuter ses projets¬†? L'objection nous parait peu psychologique. Ignorant ce qu'il y avait de r√©el ou d'imaginaire dans la naissance d'un enfant dont on lui parle, ne devait-il pas s'en informer, puis d√©couvrir cet enfant, s'il existait¬†? Or quel moyen plus s√Ľr pour cela, que de faire des mages ses espions involontaires¬†? Pouvait-il envoyer √† l'aventure, avec eux ou avant eux, ses vicaires¬†? Ne devait-il pas cacher √† eux et √† son entourage ses desseins¬†? N'est-ce pas pour cela qu'il les avait interrog√©s secr√®tement, avec une profonde dissimulation¬†? (verset 8) Enfin, le crime est aveugle, et m√™me un H√©rode peut se tromper dans ses calculs.

      Hérode, pour ne pas manquer son but, étend à deux ans le laps de temps qui d'après le récit des mages a pu s'écouler depuis l'apparition de l'étoile.

      On a r√©voqu√© en doute ce meurtre des enfants de Bethl√©hem, parce que l'historien Jos√®phe n'en parle pas. On peut en effet, s'√©tonner de son silence, mais la conclusion qu'on en tire est arbitraire. Dans le petit bourg de Bethl√©hem et ses environs, par o√Ļ il faut entendre quelques maisons isol√©es autour de ce lieu, il pouvait, selon le calcul de Winer, se trouver dix ou douze enfants m√Ęles au-dessous de deux ans. Or le meurtre de ces enfants, quelque horrible qu'il soit, se perd dans le nombre des crimes de cet H√©rode qui, apr√®s avoir sacrifi√© √† sa haine soup√ßonneuse sa femme et deux de ses fils (verset 1, note 1), en fit p√©rir un troisi√®me, Antipater, peu avant de mourir¬†; qui faisait conduire au supplice des conjur√©s avec toute leur famille, qui atteint de sa derni√®re maladie, poss√©d√© de fureur contre le peuple de J√©rusalem parce qu'il allait se r√©jouir de sa mort, ordonnait de rassembler dans le cirque de J√©richo tous les principaux de la ville et de les y faire p√©rir d√®s qu'il aurait expir√©, ainsi, disait-il, "qu'il y ait au moins des larmes r√©pandues apr√®s ma mort." (Jos√®phe, Antiq., XVII, 6, 5.)

      -Il faut remarquer seulement que le terme de deux ans fix√© par H√©rode suppose que les mages lui avaient dit que l'√©toile leur √©tait apparue depuis plus d'un an d√©j√†. (verset 7) Si cette apparition avait co√Įncid√© avec la naissance de J√©sus, un intervalle de plus d'une ann√©e se serait √©coul√© entre cette naissance et la visite des mages, mais cela n'est pas probable¬†: les versets 1 et 2 de notre chapitre semblent indiquer que J√©sus √©tait n√© depuis peu quand arriv√®rent les mages, Luc nous dit que le domicile habituel de Joseph et Marie √©tait Nazareth et qu'ils ne furent √† Bethl√©hem qu'en passant. Luc 1.26¬†; 2.4,39 enfin l'on sait qu'H√©rode est mort avant la P√Ęque de 750 et l'on estime g√©n√©ralement que J√©sus est n√© dans l'ann√©e qui pr√©c√©da la mort de ce prince.

      Le massacre de Bethléhem exécuté quelques semaines après la naissance du Sauveur, a été l'un des tout derniers actes du règne d'Hérode. Il faut donc admettre que l'étoile apparut aux mages un an ou deux avant l'événement qu'elle devait leur signaler, de manière à leur permettre d'arriver de leur lointain pays en Judée vers le temps de son accomplissement.

      18 Le texte de l'Ancien Testament Jérémie 31.15 au lieu de gémissements, dit amertume et ajoute lamentations avant pleurs. Les meilleurs manuscrits du Nouveau Testament omettent le mot lamentations.

      -Encore ici la formule : Alors fut accompli n'indique point une prophétie directe, mais l'application de la pensée de Jérémie au tragique événement de Bethléhem.

      Le proph√®te, pour donner une √©mouvante expression aux douleurs de son peuple emmen√© en captivit√© √† Babylone, rappelle que la voix de ses g√©missements a retenti vers le septentrion jusqu'√† Rama, ville de la tribu de Benjamin Josu√© 18.25, sur les montagnes d'Ephra√Įm. Juges 4.5 Par un symbolisme plein de po√©sie et de v√©rit√©, il personnifie toutes les m√®res isra√©lites dans la m√®re de la tribu, toutes leurs douleurs dans ses douleurs, mais c'est pour les consoler en ajoutant "Ainsi a dit l'Eternel¬†: Retiens ta voix de pleurer et tes yeux de verser des larmes, car ton travail aura son salaire et on reviendra du pays de l'ennemi." J√©r√©mie 31.16 Telle est la belle pens√©e que l'√©vang√©liste rappelle en faisant √† son tour de Rachel le type des m√®res bethl√©h√©mites qui pleurent leurs enfants √©gorg√©s par le tyran. Ces enfants √©taient r√©ellement ceux de Rachel, m√®re de toute la tribu de Benjamin et morte √† Bethl√©hem o√Ļ elle fut enterr√©e Gen√®se 35.16-19 Aucune proph√©tie ne s'accomplit, h√©las¬†! plus rigoureusement que la voix de nos douleurs qui retentit de si√®cle en si√®cle.

      19 Il mourut peu apr√®s le meurtre ici racont√©, d'une maladie horrible, objet de d√©go√Ľt pour tous ceux qui l'approchaient, le d√©sespoir dans l'√Ęme et le cŇďur rempli d'affreux projets de vengeance. (Voir, sur cette fin du tyran, Jos√®phe, Antiq., XVII, 8 et 9, et Guerre des Juifs, 1, 33.)
      20 Comparer verset 13.

      -Sont morts¬†: Ce pluriel se rapporte probablement √† H√©rode seul, ainsi vaguement d√©sign√© sans √™tre nomm√©. L'ange passe sous silence le triste nom de celui qui n'est plus. Cette mani√®re de parler se retrouve dans le livre de l'Ex 4¬†:19 L'allusion √† cet √©v√©nement de la vie de Mo√Įse est frappante. Si les parents de J√©sus la comprirent, ils y trouv√®rent une grande consolation, en constatant √† l'√©gard de leur enfant une dispensation divine toute semblable √† celle qui conserva la vie du grand l√©gislateur de leur peuple.

      22 Apr√®s la mort d'H√©rode, Auguste partagea son royaume entre les trois fils survivants du tyran¬†: Arch√©la√ľs eut pour sa part la Jud√©e, l'ldum√©e et la Samarie, et le titre d'ethnarque, avec promesse de la royaut√©, s'il satisfaisait l'empereur par son administration. (Jos., Antiq., XVII, 8, 1 et XVI1, 11, 4.) Mais apr√®s neuf ans de r√®gne, il fut exil√© pour ses cruaut√©s √† Vienne, dans les Gaules, o√Ļ il mourut. (Jos., Antiq., XVII 13, 2¬†; Guerre des Juifs, II, 7, 3.) La crainte qu'eut Joseph de venir vivre dans ses √©tats n'√©tait donc pas sans fondement. Dieu mit un terme √† ses h√©sitations en lui montrant la nouvelle r√©solution qu'il devait prendre.

      C'est la quatri√®me r√©v√©lation que Joseph re√ßoit en songe, durant le cours, d'ailleurs assez prolong√©, de ses douloureuses exp√©riences. Matthieu 1.20¬†; 2.13,19 Grande pierre d'achoppement pour ceux qui ne peuvent concilier l'intervention de Dieu dans la vie humaine avec les id√©es pr√©con√ßues de leurs syst√®mes philosophiques. Quant √† ceux qui croient au Dieu vivant et vrai, "qui fait ce qu'il lui pla√ģt au ciel et sur la terre," ils consid√©reront, d'une part les vives sollicitudes de Joseph pour le d√©p√īt sacr√© confi√© √† ses soins, sollicitudes qui le pressaient, ainsi que sa pieuse compagne, √† rechercher sans cesse, par d'ardentes pri√®res, le secours et les directions d'en haut¬†; d'autre part, la souveraine importance attach√©e √† la conservation de la vie de J√©sus. C'est √† cause de lui que Dieu se r√©v√®le ainsi √† son p√®re adoptif. Le vrai miracle ici, c'est la pr√©sence, sur notre terre, de Celui qui s'appellera le Fils de Dieu et le Fils de l'homme¬†; tout le reste n'est plus que le rayonnement de son apparition au sein de notre humanit√©.

      Quant √† la nature de ces r√©v√©lations en songe, qui trois fois ont lieu aussi par le moyen d'un "ange du Seigneur" et qui paraissent appartenir √† l'√©conomie de l'Ancien Testament Nombres 12.6-8 plut√īt qu'√† celle du Nouveau, il serait oiseux de chercher √† s'en rendre compte par des analogies psychologiques. En toute manifestation de Dieu √† l'homme, le comment nous √©chappe.

      Joseph pouvait d√©sirer, pour des motifs divers, de retourner en Jud√©e, √† Bethl√©hem, o√Ļ l'avait amen√© momentan√©ment une circonstance particuli√®re Luc 2.4, o√Ļ l'enfant √©tait n√© et o√Ļ pouvaient l'attirer tant de choses merveilleuses qui s'y √©taient accomplies. Il y renonce par la raison indiqu√©e dans ce verset, se retire en Galil√©e, o√Ļ le Sauveur devait √™tre √©lev√© dans la plus profonde obscurit√©, et retourne √† Nazareth, o√Ļ il habitait auparavant. ainsi que Marie. Luc 2.39

      Faut-il conclure de ce récit, et surtout de la manière dont l'évangéliste parle de l'établissement de la sainte famille à Nazareth, (verset 23) qu'il fait de Bethléhem la demeure habituelle de Joseph, tandis que Luc le fait résider à Nazareth. On peut s'étonner en effet que Matthieu, en nommant ici pour la première fois Nazareth, ne nous dise pas que cette ville était la résidence précédente de Joseph et de Marie.

      23 Petite ville de la Galil√©e Matthieu 21.11¬†; Luc 1.26¬†; 2.4, situ√©e sur une colline dans la tribu de Zabulon, au sud de Cana, non loin du Thabor, dans une riante contr√©e o√Ļ convergent deux gorges de montagnes. (Voir, sur ces lieux o√Ļ s'√©coula l'enfance et la jeunesse de J√©sus, les belles pages du Voyage en Terre Sainte de F. Bovet. Comparer Ph. Bridel, La Palestine illustr√©e.)

      Il n'y a point de passage dans les proph√®tes qui appelle le Messie Nazar√©en. De l√† l'embarras des interpr√®tes, qui ont eu recours aux moyens les plus divers pour expliquer ces paroles. Il faut √©carter d'abord l'id√©e que Matthieu cite un proph√®te perdu ou un livre apocryphe, ou qu'il fait allusion aux vŇďux du nazir√©at. Nombres 6.13 Cette derni√®re opinion, g√©n√©ralement admise au temps de Calvin et qu'il partageait (voir son Commentaire), est grammaticalement fausse et elle ne convient point au caract√®re du Sauveur. (Comparer 11¬†:18,19.) Un passage d'Esa√Įe Esa√Įe 11.1 a mis l'ex√©g√®se sur la voie d'une interpr√©tation plus admissible¬†: l√† le Messie est annonc√© comme un rejeton, en h√©breu netzer, sortant du tronc d'Isa√Į, expression qui indique l'humiliation du Sauveur, son peu d'apparence aux yeux des hommes. La m√™me d√©signation se trouve chez les proph√®tes dans le terme de tsemach, germe. J√©r√©mie 23.5¬†; 33.15¬†; Zacharie 3.8¬†; 6.12 comparez Esa√Įe 53.2 Or le mot netzer est l'√©tymologie du nom de Nazareth, ou plut√īt √©tait son nom m√™me parmi les habitants du pays, et l'√©vang√©liste, retrouvant l'id√©e des proph√®tes dans ce nom et dans le m√©pris qu'avaient les Juifs pour cette ville obscure et pauvre de la Galil√©e Jean 1.46,47¬†; 7.52, y voit un accomplissement √† double sens des Ecritures. J√©sus fut en effet appel√© avec m√©pris Nazar√©en Jean 19.19 c'est ainsi que le d√©signent encore aujourd'hui les Juifs, ses adversaires. Ce nom passa m√™me du Ma√ģtre aux disciples.

      On ne saurait nier que cette explication n'ait quelque chose de recherch√©, d'arbitraire, et qui pr√™te √† l'√©vang√©liste une interpr√©tation assez rabbinique de l'Ancien Testament. C'est ce qui a port√© d'autres ex√©g√®tes √† penser qu'il voulait dire simplement ceci¬†: Le nom m√©pris√© de Nazareth o√Ļ le Sauveur vient habiter s'attachera √† lui¬†; or les proph√®tes ont annonc√© qu'il serait le m√©pris√© du peuple. Esa√Įe 53,Psaumes 22, etc. De l√† cette allusion tout √† fait vague, qui n'est point une citation. - Ce qui est plus important que ces interpr√©tations, c'est l'exemple que nous donne Celui qui "m√©prisa l'ignominie" H√©breux 12.2, et qui "nous apprend √† nous cacher et √† garder le silence, quand le temps d'agir et de parler n'est pas venu." Quesnel.

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