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Matthieu 8

    • 1 Chapitre 8. Le Christ gu√©rissant et d√©livrant

      1 à 17 Jésus guérissant les malades.

      Ces foules s'attachaient à ses pas à cause de la puissance de sa parole qu'elles venaient d'entendre. (Matthieu 7.28,29)

      2 Chapitre 3 Le Christ guérissant et délivrant.

      1 à 17 Jésus guérissant les malades.

      Comparer Marc 1.40-45,Luc 5.12-15.

      - La lèpre est une affreuse maladie, fréquente encore en Orient, très contagieuse, incurable après les premiers progrès, (2Rois 5.7) qui couvre le corps entier de dartres et de plaies et le dissout en partie avant que la mort s'ensuive.

      Le l√©preux √©tait exclu par la loi de toute communication avec la soci√©t√©, soit √† cause de la contagion, soit parce que la maladie √©tait l√©galement impure. Les Juifs la consid√©raient aussi comme un ch√Ętiment sp√©cial de Dieu, fondant sans doute cette opinion sur certains faits rapport√©s dans l'Ancien Testament. (Nombres 12¬†; 2Rois 5¬†; 2Chroniques 26)

      Si tu veux, tu peux ! Simple et touchante prière ! Par la première de ces paroles, le lépreux s'en remet humblement à Jésus, à la volonté de Dieu ; par la seconde, il exprime une grande foi. Dans ces premiers temps du ministère de Jésus, la connaissance que ces malades avaient de lui était bien faible, leur confiance en lui d'autant plus admirable.

      Ce terme : me purifier, indique à la fois la guérison de la maladie et l'affranchissement de la souillure légale.

      3 Le plus souvent, Jésus agissait et guérissait uniquement par la parole, même à distance.

      D'autres fois il touchait le malade, soit pour lui communiquer cette vertu divine qui le guérissait, soit comme ici à l'égard du lépreux, afin de montrer qu'il ne redoutait pas la contagion et de témoigner sa tendre compassion à un malheureux dont tous s'éloignaient avec horreur. Cet attouchement a du faire une vive impression sur les témoins : il est mentionné dans les trois récits.

      Si tu veux, avait dit le lépreux, je veux, répond le Sauveur, et cette volonté pleine d'amour accomplit le miracle.

      "Un prompt écho répondant à la foi soudaine du malade." Bengel.

      4 Cette défense que Jésus faisait souvent aux malades de divulguer leur guérison Matthieu 9.30 ; 12.16 ; Marc 3.12 ; 5.43 ; 7.36 ; 8.26,30 ; comparez Matthieu 16.20,17.9, pouvait avoir diverses raisons.

      Il ne voulait pas attirer inutilement sur lui l'attention des hommes, ni fournir un aliment à la vaine curiosité, à la soif de miracles, ni provoquer avant le temps la haine de ses adversaires. voir (Marc 1.45)

      Il voulait aussi que ces malheureux qu'il d√©livrait puissent garder au-dedans d'eux l'impression profonde d'une telle manifestation de puissance et d'amour divins, afin que la gu√©rison du corps ait pour fruit la gu√©rison de l'√Ęme.

      Dans le cas pr√©sent, il avait une autre raison √©vidente¬†: le sacrificateur, auquel il envoie le l√©preux gu√©ri, avait seul le droit de constater officiellement la gu√©rison et de r√©int√©grer le l√©preux dans les privil√®ges sociaux et religieux d'un Isra√©lite. (L√©vitique 14.2 et suivants) Or, J√©sus voulait √©viter que ce juge f√Ľt d√©favorablement pr√©venu par le bruit public du miracle qu'il venait d'accomplir et put y trouver un pr√©texte pour l'accuser de m√©priser la loi.

      Le lépreux doit donc, au lieu de parler, se montrer lui-même au sacrificateur et présenter l'offrande prescrite par la loi. (Lévitique 14.10)

      Cela devait leur être un témoignage, aux sacrificateurs, non seulement du respect de Jésus pour la loi, mais en même temps de sa puissance divine. Cette explication est plus naturelle que celle qui rapporte le mot leur au peuple en général, qui aurait eu dans l'offrande du lépreux le témoignage de sa guérison.

      5 Comparer Luc 7.1-10.

      - Le centenier était un officier romain, commandant une compagnie de cent hommes.

      N√© pa√Įen (Matthieu 8.10¬†; Luc 7.5) cet homme √©tait sans doute parvenu √† la foi au Dieu vivant et vrai pendant son s√©jour parmi les Juifs. Il devait avoir aussi une certaine connaissance de J√©sus et de ses Ňďuvres. Il montre une confiance sans bornes en sa puissance. (verset 8)

      Notre r√©cit et celui de Luc Luc 7.1-10, parfaitement en harmonie quant au fond des choses, pr√©sentent de notables diff√©rences de d√©tails, qu'il faut reconna√ģtre. (Voir Luc 7.2, notes.)

      6 Le mot que nous traduisons par serviteur signifie aussi un enfant, d'o√Ļ plusieurs interpr√®tes ont conclu qu'il s'agissait r√©ellement d'un fils du centenier.

      Mais Luc, qui emploie (Luc 7.7) le même mot que Matthieu, désigne (Luc 7.2) le malade par le terme de doulos, esclave, serviteur, et tel est le sens qu'il faut admettre. La charité du centenier et son dévouement n'en ressortent que mieux dans toute leur beauté. Luc remarque (Luc 7.2) que ce serviteur "lui était fort cher."

      - La maladie indiquée comme paralysie était sans doute quelque mal aigu qui causait de grandes souffrances au malade (il était cruellement tourmenté) et le mettait en danger de mort. (Luc 7.2)

      7 Grec : moi étant venu, je le guérirai.

      Ce moi placé en tête est opposé à la situation de l'impotent. Jésus affirme sa puissance divine et son amour toujours prêt à secourir.

      8 Le texte reçu porte : Dis une parole. Le vrai texte devrait se traduire : Dis, commande par une parole, même à distance, et, sans autre action, mon serviteur sera guéri.

      Expression d'une foi plus étonnante encore que l'humilité dont faisait preuve cet officier qui ne se sentait pas digne de la présence de Jésus. Et il va expliquer cette foi. (verset 9)

      9 Le centenier ne tire pas la conclusion de cette admirable comparaison ; il sait que Jésus l'a comprise. Si moi, un homme, qui dois obéir à mes supérieurs, j'ai un tel pouvoir sur la volonté d'autres hommes, combien plus peux-tu, toi, commander à la maladie et à la mort.

      "Le motif invoqué par le centenier à l'appui de sa requête et l'accent qu'il donne à ces mots un homme sous autorité montrent qu'il se représente Jésus comme un être surhumain dominant sur des puissances ou sur des esprits qui, à son commandement, peuvent opérer la guérison." B. Weiss. (Comparer Matthieu 8.26 ; Luc 4.39)

      "La maladie n'obéit pas aussi facilement que le serviteur et les soldats, mais la sagesse du croyant, qui resplendit à travers la rudesse du soldat, ne se laisse pas troubler par cette objection," Bengel.

      10 B et quelques versions ont¬†: "chez nul homme en Isra√ęl." Le mot√©tonn√© peut √™tre pris dans son sens propre, ou dans celui-ci¬†: √™tre dans l'admiration.

      J√©sus √©tait en droit d'attendre en Isra√ęl une aussi grande foi, mais ne l'avait pas trouv√©e. Il n'est √©tonn√© ni de la charit√© ni de l'humilit√© du centenier mais de sa foi qui a produit en lui tout le reste.

      12 D'Orient et d'Occident, des contr√©es pa√Įennes les plus √©loign√©es. Quelle connaissance de l'avenir de son r√®gne¬†!

      - Etre assis à table, image de la possession des biens célestes, de la joie dans la communion d'Abraham et de tous les enfants de Dieu. (Luc 13.28,Apocalypse 19.9)

      - Les fils du royaume, les Juifs qui auront rejet√© le salut. H√©bra√Įsme qui marque un rapport intime avec quelqu'un ou quelque chose¬†: "Fils de la r√©surrection," (Luc 20.36) "fils de l'√©poux," ses amis de noce. Matthieu 9.15¬†;

      - Les ténèbres du dehors : la salle du banquet, qui avait lieu la nuit, était resplendissante de lumière, mais au dehors, tout était ténèbres.

      - Pleurs et grincements de dents, expression terrible de la douleur et du désespoir.

      13 Le centenier a cru, non seulement que Jésus pouvait guérir son serviteur, mais pouvait le guérir par une parole et à distance. (verset 8) Or, pour encourager une telle foi, Jésus renonce à son dessein d'aller vers le malade et, par cette parole puissante : "Qu'il te soit fait !" il accorde au centenier tout ce qu'il avait cru et demandé.

      Et √† cette heure-l√†, c'est-√†-dire √† l'instant o√Ļ cette parole fut prononc√©e, le miracle fut accompli. (Comparer Matthieu 9.22¬†; 15.28)

      15 Comparer Marc 1.29-34,Luc 4.38-41.

      - On voit par ce trait que Pierre était marié, car le terme grec ne peut désigner que la mère de sa femme, et nous savons par 1Corinthiens 9.5 que sa femme l'accompagnait dans ses voyages.

      - Pierre √©tait de Bethsa√Įda, (Jean 1.45) il parait donc qu'il √©tait venu demeurer avec sa famille √† Caperna√ľm.

      - Le premier usage que cette femme fit des forces qui venaient de lui être rendues fut de le servir. Le texte reçu porte les servir. Ce pluriel est emprunté à Marc et à Luc, dont le récit nous montre que Jésus n'était pas seul, mais accompagné de quelques-uns de ses disciples. Ces deux évangélistes assignent à ce fait une place antérieure et diffèrent en quelques détails avec Matthieu et l'un avec l'autre.

      16 Le soir o√Ļ J√©sus fit encore toutes ces gu√©risons est celui du jour m√™me o√Ļ il venait de d√©livrer de la fi√®vre la belle-m√®re de Pierre. J√©sus se montre infatigable √† soulager et √† gu√©rir.

      - Par une parole. (voir verset 8, note.) Les souffrances des démoniaques sont attribuées à des esprits que Jésus chasse (grec jette dehors).

      (Voir sur les guérisons de ce genre, verset 28)

      17 Esa√Įe 53.4, cit√© d'apr√®s l'h√©breu Dans la pens√©e du proph√®te, (comparez 1Pierre 2.24) il s'agit de nos infirmit√©s et de nos maladies morales, que le serviteur de l'Eternel prend et porte, et la version grecque des Septante interpr√®te exactement plut√īt qu'elle ne traduit¬†: "Lui a pris nos p√©ch√©s."

      Matthieu fait de ces paroles une application diff√©rente, autoris√©e √† la fois par le sens litt√©ral du passage et par l'action du Sauveur, qu'il d√©crit. En effet, J√©sus prenait ou, selon le verbe h√©breu, √ītait les maladies qu'il gu√©rissait, et il les portait par cette profonde sympathie avec laquelle il s'√©tait identifi√© √† notre nature et par cette compassion que lui inspiraient les douleurs de chaque √™tre souffrant. Toutes nos maladies et nos souffrances sont d'ailleurs l'effet du p√©ch√©, et c'est le mal dans toutes ses manifestations que J√©sus √©tait venu gu√©rir.

      18 De Caperna√ľm √† l'autre rive du lac.

      Jésus, après avoir été longtemps entouré de ces foules, voulait chercher la solitude.

      19 Comparer Luc 9.57-62.

      - Ce scribe (voir sur les hommes de cette profession, Matthieu 23.2, note) avait sans doute entendu la parole de J√©sus et vu ses Ňďuvres et il en avait re√ßu une impression s√©rieuse. Il lui demande donc de pouvoir s'attacher tout √† fait √† lui comme disciple.

      Mais il y avait bien de l'ignorance dans cette parole¬†: partout o√Ļ tu iras. Le chemin de J√©sus le conduira jusqu'√† la croix. Est-ce l√† ce que veut le scribe¬†? La r√©ponse du Sauveur devait au moins le faire r√©fl√©chir.

      20 Telle est sa pauvret√©, son d√©tachement de toutes choses dans ce monde qu'il ne sait pas le matin o√Ļ il reposera, le soir, sa t√™te fatigu√©e. Conclusion pour le scribe¬†: Que veux-tu donc chercher √† ma suite¬†?

      - C'est la premi√®re fois que nous rencontrons dans notre √©vangile ce nom significatif que J√©sus aimait √† se donner¬†: le fils de l'homme. On l'a diversement interpr√©t√©, sous l'influence d'id√©es pr√©con√ßues. Plusieurs en cherchent l'origine dans le Psaumes 8.5. o√Ļ il est √©vident que "fils de l'homme" signifie simplement l'homme, comme le prouve le parall√©lisme po√©tique de ce passage.

      Mais on ne comprendrait pas pourquoi J√©sus se d√©signerait ainsi habituellement comme √©tant un homme, ce qui √©tait assez √©vident, ni surtout pourquoi il se servirait pour cela d'un terme po√©tique et inusit√© dans le langage ordinaire. On r√©pond que c'√©tait pour montrer en lui l'homme par excellence, l'homme id√©al, le second Adam, le repr√©sentant et le type de l'humanit√© r√©g√©n√©r√©e, etc. Ces id√©es sont vraies et bibliques en elles-m√™mes, mais il n'est pas s√Ľr qu'il faille les chercher dans le terme en question. Plusieurs interpr√®tes des plus autoris√©s, trouvent l'origine de ce nom dans la grande vision de Daniel 7.13,14, o√Ļ le Messie, √† qui est donn√© un r√®gne universel et √©ternel, appara√ģt comme un fils d'homme au milieu des anges du jugement et venant sur les nu√©es du ciel.

      Une telle application de cette vision au terme qui nous occupe n'est point arbitraire ; elle est fondée sur de solennelles déclarations de Jésus-Christ lui-même, dans lesquelles tout en se désignant comme le fils de l'homme, il annonce son retour pour le jugement, "venant sur les nuées du ciel," (Matthieu 24.30 ; 26.64) allusion évidente à la vision du prophète. (Comparer Apocalypse 1.7,13 ; 14.14, etc.)

      Le nom de fils de l'homme désigne donc le Messie, mais avec l'idée de son abaissement, de sa pauvreté (comme dans notre passage), en un mot de son humanité, qui un jour sera élevée à la gloire. (Philippiens 2.6-11) Le titre de fils de l'homme est l'antithèse de celui de Fils de Dieu. Et il faut remarquer que Jésus seul se donne ce nom, ses disciples ne le désignent jamais ainsi ; l'exception qui se trouve Actes 7.56 tient à la situation, et confirme l'interprétation qu'on vient d'exposer.

      21 Disciple désigne ici un auditeur de Jésus (grec celui qui apprend qui est enseigné) que le Sauveur invitait a le suivre., (Luc 9.59) mais qui demandait un délai pour rendre à son père mort un dernier devoir.

      D'autres interpr√®tes pensent, avec beaucoup moins de vraisemblance, qu'il voulait diff√©rer jusqu'√† ce que son p√®re, encore vivant, f√Ľt mort et enseveli.

      22 "Laisse ceux qui sont moralement et spirituellement morts, (Ephésiens 2.1 ; Apocalypse 3.1) rendre ce devoir à leurs morts," au sens littéral et corporel.

      Cette parole absolue n'est pas facile à comprendre. Il faut qu'elle puisse se concilier avec les devoirs d'un fils, que Jésus lui même remplissait si parfaitement. (Luc 2.51 ; Jean 19.26,27) Il devait y avoir dans les dispositions intérieures de ce disciple ou dans ses circonstances de famille des raisons à nous inconnues, motivant l'ordre pressant que Jésus lui donne. Il était probablement en danger de ne plus suivre Jésus du tout, s'il ne le faisait pas à l'instant.

      La parole du Ma√ģtre voulait dire¬†: Maintenant ou jamais¬†! L'int√©r√™t supr√™me du r√®gne de Dieu et du salut de son √Ęme devait primer tout autre int√©r√™t. C'est dans ce sens que J√©sus disait aussi¬†: "Si quelqu'un aime son p√®re ou sa m√®re plus que moi, il n'est pas digne de moi." Mais si celui qui parle ainsi n'√©tait qu'un homme¬†; ce serait de sa part l'extravagance de l'orgueil.

      - Luc (Luc 9.57 et suivants, voir les notes) place ce r√©cit beaucoup plus tard, au moment o√Ļ J√©sus se met en chemin pour aller mourir √† J√©rusalem, et il ajoute un troisi√®me interlocuteur de J√©sus aux deux que mentionne Matthieu. Il n'y a pas de raisons d√©cisives pour pr√©f√©rer une √©poque √† l'autre¬†; aussi les interpr√®tes sont-ils divis√©s sur ce point.

      On a dit que le moment solennel du départ de Jésus pour Jérusalem explique ce qu'il y a d'absolu dans son ordre à ce disciple. Peut-être ; mais ce n'est là qu'une supposition.

      23 Comparer Marc 4.35-41,Luc 8.22-25

      "La barque," celle qui se trouvait là, prête au départ.

      - Ses disciples n'√©taient pas les ap√ītres seuls, mais d'autres auditeurs de J√©sus qui le suivaient. (versets 22,27, note, Marc 4.36)

      24 Quelque petite que soit cette mer, il s'y élève souvent de telles tempêtes. C'est ce qui se voit aussi fréquemment sur les lacs de la Suisse entourés de hautes montagnes.

      - Jésus dormait au sein du danger, avec le calme d'une conscience en paix, avant de manifester la majesté de sa puissance.

      26 Jésus calme d'abord les inquiétudes de ses disciples, puis il apaise les flots de la mer. Selon Marc et Luc cette double action aurait eu lieu dans un ordre inverse. Il est difficile de dire lequel est le plus naturel. Dans les deux cas c'est un admirable mélange d'amour et de puissance, de puissance et d'amour.

      - En quoi les disciples ont-ils mérité le reproche de manquer de foi ? On le voit par la question que leur adresse Jésus : Pourquoi avez-vous peur ? Cette peur cette angoisse qui allait jusqu'à la crainte de périr, de périr en présence de Jésus et avec lui, était certainement, après tout ce qu'ils avaient déjà vu et entendu de lui, un manque de confiance. Mais qui, sinon le Seigneur, oserait les en reprendre ?

      Ce mot réprimander, tancer, donne le sentiment de ce qu'il y a d'hostile dans ces phénomènes de la nature qui deviennent pour l'homme un danger. (Comparer Matthieu 17.18,Luc 4.39)

      27 Oui, quel est celui-ci ? Telle est bien la question.

      Quiconque ne voit pas en lui le Ma√ģtre de la nature qu'il a cr√©√©e, n'admettra jamais que les vents et la mer lui ob√©issent, aussi bien que la maladie et la mort. Il faut d√®s lors faire de grands efforts d'imagination pour expliquer ces faits d'une mani√®re naturelle et sans l'intervention de la puissance divine qui √©tait en J√©sus.

      - Ces hommes qui parlent ainsi sont ceux qui accompagnaient Jésus et ses disciples. (vers. 23, note.)

      28 28 à 34 Les démoniaques de Gadara.

      Comparer Marc 5.1-20,Luc 8.26-39.

      - Le nom des habitants de cette localité varie dans les manuscrits et les Pères entre Gergéséniens Géraséniens et Gadaréniens. Le texte reçu a conservé ce dernier nom dans Marc et Luc, tandis que dans Matthieu il porte Gergéséniens. Tischendorf varie dans son texte d'un évangile à l'autre, et d'une édition à l'autre, consultant les manuscrits et non. la géographie, très obscure sur ce point. (voir M. F. Godet, Commentaire sur Luc 8.26 ; 3e édition.)

      Gadara, l'une des villes de la Décapole, était située au sud-est du lac de Génézareth. Son territoire s'étendait jusqu'à ce lac. (Josèphe, Guerre des Juifs, IV, 7, 3.)

      Gerasa était une grande ville à vingt lieues au sud-est du lac, vers les frontières de l'Arabie. Enfin les Pères mentionnent une ville de Gergesa qui topographiquement conviendrait à notre récit.

      Ces malheureux, dont la maladie, quelle qu'en fut d'ailleurs la cause, parait avoir √©t√© une folie furieuse, se tenaient dans des s√©pulcres, c'est-√†-dire dans ces grottes creus√©es au flanc d'une montagne, et o√Ļ l'on ensevelissait les morts. Ils en sortaient quand la vue de quelque passant excitait leur fureur. De l√† le danger qui faisait √©viter ce chemin. Ils sont appel√©s ici et souvent ailleurs d√©moniaques (grec d√©monis√©s), c'est-√†-dire qu'ils √©taient sous l'influence d'√™tres myst√©rieux appel√©s esprits ou d√©mons. (Matthieu 8.16¬†; Luc 9.37 et suivants)

      Bien qu'ils soient distincts du diable, l'Evangile les met dans une relation étroite avec le royaume des ténèbres et avec Satan qui en est le chef. (Matthieu 12.34-29 ; Luc 13.16) De là le caractère d'esprits impurs (Matthieu 10.1 ; Marc 1.23 ; Luc 4.33, etc.) ou méchants (Matthieu 12.45 ; Luc 8.2 ; Ephésiens 6.12 ; etc.) qui leur est attribué, indépendamment de l'état moral de ceux qui se trouvaient sous leur influence.

      Souvent, en effet, ceux-ci étaient des êtres jeunes encore et irresponsables. (Matthieu 15.22 ; 17.15) Toutefois, bien que la méchanceté des démons ne soit jamais attribuée à leurs victimes, on peut supposer qu'en général c'était par leurs péchés et leur désordre moral que ces malheureux s'étaient livrés à l'influence des esprits impurs.

      - Quels √©taient ces esprits¬†? L'Evangile ne le dit nulle part clairement. L'opinion de quelques P√®res de l'Eglise, qui se trouve d√©j√† dans l'historien Jos√®phe, est que c'√©taient les √Ęmes d'hommes impies et m√©chants, tomb√©es apr√®s la mort sous le pouvoir du prince des t√©n√®bres, et qui cherchaient √† nuire aux vivants. Mais la relation que les √©crivains du Nouveau Testament √©tablissent entre ces esprits et Satan, porte plut√īt √† croire qu'ils voyaient en eux des anges d√©chus comme lui.

      - Plus importante est la consid√©ration des effets produits sur les malheureux qui se trouvaient sous cette t√©n√©breuse influence. Ces effets paraissent √™tre √† la fois physiques et psychologiques. Dans notre passage et ailleurs (Marc 5.3 et suivants, Luc 8.29), on ne peut m√©conna√ģtre les sympt√īmes de l'ali√©nation mentale port√©e jusqu'√† la fureur.

      En d'autres cas, on reconna√ģt les sympt√īmes √©vidents de diverses maladies¬†: l'√©pilepsie, (Matthieu 17.15,Luc 9.39,Marc 9.22) le mutisme (Matthieu 9.32, comparez Marc 9.17)¬†; la paralysie Luc 13.11 la c√©cit√© jointe au mutisme. (Matthieu 12.22) Aussi l'action lib√©ratrice du Sauveur sur ces malades est-elle exprim√©e, tant√īt par chasser (grec jeter dehors) les esprits (verset 16) etc., tant√īt par le mot gu√©rir, qui se rapporte √† la maladie. (Matthieu 15.28¬†; Luc 6.18)

      - Tels sont les faits que les évangélistes nous présentent. Quelle idée pouvons-nous nous en faire aujourd'hui ?

      Ce n'est pas seulement le rationalisme qui cherche à expliquer ces faits d'une manière toute naturelle, des interprètes pleins de foi et de piété, ne veulent voir dans les démoniaques du temps de Jésus que des malades ordinaires, malades d'esprit ou de corps, qu'il guérissait par sa parole puissante, et dont la croyance populaire du temps attribuait les souffrances à une influence satanique.

      Ils fondent cette opinion sur les raisons suivantes (voir Meyer sur Matthieu 4.24) :

      1¬į l'absence de d√©moniaques dans l'Ancien Testament¬†;

      2¬į la pratique de l'exorcisme chez les Juifs, (Matthieu 12.27)

      3¬į l'absence de d√©moniaques constat√©e de nos jours,

      4¬į le silence absolu de l'Evangile de Jean sur ces Gu√©risons, bien que cet ap√ītre reconnaisse clairement l'action de Satan sur les m√©chants (Jean 13.2,27¬†; 8.44) et les id√©es de son temps sur les d√©moniaques¬†; (Jean 7.20)

      5¬į le fait que ces d√©moniaques ne manifestent aucune des dispositions diaboliques que ferait attendre leur possession par un esprit impur et m√©chant.

      Quelques-unes de ces raisons ne sont pas sans poids, d'autres ont peu de valeur. Mais là n'est pas la question En présence de faits psychologiques qui appartiennent à ce domaine si obscur du monde des esprits, la seule chose qu'ait à se demander l'exégèse est celle-ci : Qu'est-ce que les évangélistes ont voulu raconter ? et surtout quelle est, au sujet des démoniaques, la pensée du Sauveur qui les guérissait ? A la première de ces questions, il ne peut y avoir qu'une seule réponse : évidemment les écrivains du Nouveau Testament ont rapporté des faits, à leurs yeux d'une parfaite réalité.

      Les th√©ologiens dont on vient de citer l'opinion l'admettent sans h√©siter¬†; seulement ils supposent que ces disciples de J√©sus ont √©crit sous l'empire des id√©es universellement r√©pandues en leur temps, et sans les discuter. Mais ces id√©es, Si elles eussent √©t√© fausses, n'auraient-elles pas √©t√© rectifi√©es par les paroles et par l'action de leur Ma√ģtre dans les nombreuses gu√©risons de ce genre qu'il op√©rait¬†? Or qu'ont ils pu apprendre de lui¬†? Le voici¬†: J√©sus d√©clare publiquement qu'il "chasse les d√©mons par l'Esprit de Dieu." (Matthieu 12.28¬†; Luc 11.20, comparez Matthieu 13.32)

      Il donne solennellement à ses disciples l'ordre et le pouvoir de chasser les esprits impurs. (Matthieu 10.1,8 ; Marc 3.15) Il leur explique pourquoi ils n'ont pu le faire en un certain cas. (Matthieu 17.21 ; Marc 9.29)

      Il leur donne un enseignement sur l'action de tel esprit impur. (Matthieu 12.43 et suivants ; Luc 11.24) Quand les démons sont soumis aux disciples, il voit Satan, leur chef, précipité de son pouvoir. (Luc 10.17,18)

      En présence de ces affirmations, il ne reste plus que cette alternative : Jésus s'est permis une accommodation, indigne de lui, aux erreurs de son temps, ou il a été lui-même dans l'erreur. De telles conséquences décident la question pour tous ceux qui croient au Fils de Dieu.

      - Seulement il faut se garder d'abuser de ces faits pour nourrir une dangereuse superstition. Un pouvoir t√©n√©breux a pu r√©gner √† l'√©poque de d√©gradation religieuse et morale o√Ļ parut le Sauveur, mais ce pouvoir, il venait le briser, comme le prouve le dernier passage cit√©, Luc 10.18 et plus encore 1Jean 3.8. (Comparer la dissertation de M. F. Godet, Commentaire sur Luc 4.33-37, tome 1, p. 335 de la troisi√®me √©dition.)

      29 Ce sont les d√©moniaques qui parlent, mais les paroles qu'ils prononcent montrent que l'√©vang√©liste les attribue aux d√©mons. (v.31) Ils connaissent J√©sus, le nomment avec terreur fils de Dieu (Jacques 2.19) et demandent √† n'√™tre pas tourment√©s (Luc 16.23) avant le temps, c'est-√†-dire rejet√©s dans l'ab√ģme avant le jour du jugement. (Luc 8.31¬†; 2Pierre 2.4)

      - Matthieu parle de deux d√©moniaques. (verset 28) Dans les r√©cits de Marc Marc 5.1 et suivants et de Luc Luc 8.26 et suivants, (voir les notes), il n'y en a qu'un. On a suppos√© que Matthieu comprend dans son r√©cit le d√©moniaque gu√©ri dans la synagogue de Caperna√ľm (Marc 1.23) ou que, des deux ali√©n√©s, l'un √©tait plus furieux que l'autre, et que Marc et Luc ne parlent que de celui-l√†. Cela n'est pas impossible mais ne vaut-il pas mieux prendre les √©vangiles tels qu'ils sont, que de faire de l'harmonistique bas√©e sur des suppositions sans preuves¬†? (Comparer Matthieu 20.30)

      32 Les démons, à la voix de Jésus, sortent des deux malades, qui se trouvent guéris, et ils se jettent, non dans le troupeau, selon le texte reçu, mais dans les pourceaux.

      La suite du récit ferait-elle supposer qu'ils communiquèrent à ces animaux la même furie qu'aux démoniaques ? Ou comment expliquer le fait qu'ils se précipitèrent dans la mer ? Marc (Marc 5.2 et suivants) raconte toute cette scène avec beaucoup de détails. Voir les notes à cet endroit.

      34 La ville (verset 33) est Gadara. (verset 28)

      - Les habitants prient Jésus de s'éloigner, ce terme est respectueux. Sans doute ils étaient sous une impression de crainte, à cause de ce qui venait d'arriver, plus encore que d'irritation à cause de la perte qu'ils faisaient.

      On a suppos√© que ces gens. √©taient des Juifs, √† qui la loi interdisait de tenir des pourceaux, et que cette perte fut le ch√Ętiment de leur d√©sob√©issance. Cela est possible, mais le texte ne le dit point. Quoi qu'il en soit, ces hommes sont trop ignorants pour ne pas mettre leurs int√©r√™ts au-dessus du privil√®ge de poss√©der J√©sus dans leur contr√©e.

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