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Romains 4

    • 1 Chapitre 4.

      1 à 25 Abraham type ou croyant justifié par la foi seule.

      Ancêtre, grec avant-père (Sin., B, A, C).

      Ce terme, qui ne se trouve qu'ici, ne marque pas le caractère de prototype attache à tout ce qui concerne Abraham, mais sa qualité d'ancêtre naturel, le terme de "père" (versets 11,12) étant réservé pour désigner la paternité spirituelle.

      Il faut admettre que Paul parle ici au nom des Juifs.

      - Grec : Que dirons nous donc avoir trouvé Abraham... Telle est la place de l'infinitif dans les principaux documents.

      Avec cette leçon, on peut se demander s'il faut rattacher selon la chair à notre père ou à avoir trouvé.

      Cette derni√®re liaison nous para√ģt seule admissible, car il importait de relever, non la nature de la paternit√© d'Abraham mais la voie sur laquelle il a obtenu la justice.

      - Il importait, en effet, au dessein de l'ap√ītre, surtout √† l'√©gard des Juifs, de d√©montrer, par un exemple frappant, tir√© de l'Ancien Testament, que la doctrine de la justification par la foi n'√©tait pas nouvelle, mais qu'elle √©tait d√©j√† le fondement de l'alliance de gr√Ęce trait√©e par Dieu avec le peuple d'Isra√ęl.

      Paul, se r√©f√©rant √† ce qu'il vient d'exposer (donc), entre brusquement dans cette d√©monstration historique par une question concernant Abraham, l'anc√™tre, objet, pour tous les Juifs, d'une religieuse v√©n√©ration¬†: Qu'a-t-il obtenu (Grec¬†: trouv√©) selon la chair, c'est-√†dire par ses Ňďuvres, par ses propres forces, par sa naissance, par ses privil√®ges terrestres¬†? (Philippiens 3.4-6)

      La réponse sousentendue n'est pas : Rien du tout ! Car par ces moyens naturels Abraham avait obtenu richesses et renom ; mais il n'a pas obtenu la justification devant Dieu, le salut.

      C'est ce que Paul va établir en montrant qu'Abraham a été justifié par la foi, (verset 2 et suivants) et par la foi seule. (verset 9 et suivants)

      2 Ce verset explique et motive (en effet) la question posée au verset précédent. La tournure que Paul emploie trahit un certain embarras, causé par son respect pour celui que tout Israélite vénère.

      C'est pourquoi il commence par supposer qu'Abraham a √©t√© justifi√© par ses Ňďuvres. Si tel est le cas, il a sans doute sujet de se glorifier √† cause de ce privil√®ge exceptionnel et unique, mais devant les hommes seulement, et non devant Dieu, envers qui il n'a fait que remplir son strict devoir. (Luc 17.10)

      3 Le témoignage de l'Ecriture est invoqué à l'appui (car) de cette affirmation qui pouvait sembler téméraire : Abraham n'a pas sujet de se glorifier devant Dieu. (verset 2)

      L'Ecriture d√©clare que c'est la foi d'Abraham qui lui fut imput√©e √† justice, ou compt√©e pour Justice, port√©e en compte comme Justice, par un acte de la souveraine gr√Ęce de Dieu, qui a voulu attribuer une telle valeur √† la foi, en vertu de la nature et de l'objet de cette foi.

      C'est dans Gen√®se 15.6 que l'Ecriture raconte ce fait. Abraham, hors d'√Ęge d'avoir un fils, crut √† Dieu, qui lui promettait une post√©rit√© aussi nombreuse que les √©toiles. Dans cette promesse √©tait impliqu√©e celle du salut de l'humanit√©.

      La foi d'Abraham ne saisit pas seulement la promesse que Dieu lui fait. Elle s'attache à Dieu lui-même, à sa fidélité. Elle est ainsi semblable à la confiance que tout homme doit mettre en Dieu pour ce qui concerne le salut.

      4 Ces versets expliquent clairement la nature de la justification qu'obtint Abraham et, pour achever de d√©montrer qu'il n'a pas sujet de s'en glorifier devant Dieu, (verset 2) mettent dans un contraste absolu le salaire d√Ľ et la gr√Ęce.

      L'homme qui travaille pour un salaire (et quiconque cherche sa justice par les Ňďuvres est dans ce cas) ne peut recevoir ce salaire comme une gr√Ęce, car il se trouve plac√© sur le terrain de la justice. S'il remplit sa t√Ęche, il re√ßoit le salaire qui lui est d√Ľ.

      Mais à celui qui constate qu'il ne peut lui-même accomplir son salut, et qui dès lors ne travaille point, mais croit en celui qui justifie l'impie, c'est-à-dire renonce totalement aux moyens de la propre justice, (Romains 11.6) sa foi lui est imputée à justice. Or, Abraham a choisi cette dernière voie.

      Croire √† une gr√Ęce, ce n'est, en aucune mani√®re, travailler pour un salaire. La foi n'est pas une vertu, elle ne constitue pas un m√©rite¬†; elle est l'acceptation humble et reconnaissante de ce que Dieu a fait. La valeur justifiante de la foi n'est pas dans l'homme mais dans le don de Dieu qui justifi√© l'homme et qui accepte sa foi, la confiance de son cŇďur, comme si elle √©tait la justice m√™me.

      Cette parfaite gratuit√© du salut est le chef-d'Ňďuvre de la sagesse de Dieu non moins que de son amour, seule elle rend le salut possible √† l'homme¬†; seule elle le ram√®ne √† Dieu, √† l'amour pour Dieu, √† l'ob√©issance, √† la sanctification, aux vraies Ňďuvres.

      - La qualification d'impie (verset 5) ne doit pas nous surprendre¬†; car l'impi√©t√© est bien, √† des degr√©s divers, depuis l'habituel et inconscient √©loignement de Dieu jusqu'√† la r√©volte ouverte, la disposition du cŇďur irr√©g√©n√©r√©. L'homme n'e√Ľt il point d'autres p√©ch√©s, cette impi√©t√© naturelle ne lui permet pas de se justifier lui-m√™me et n√©cessite une justification gratuitement accord√©e par Dieu.

      6 C'est de m√™me aussi que David c√©l√®bre le bonheur, non de celui qui s'est justifi√© lui-m√™me par ses Ňďuvres, mais de l'homme √† qui Dieu impute la justice sans les Ňďuvres.

      David n'est pas invoqué comme un second exemple de foi justifiante. La déclaration du psalmiste est citée, parce qu'elle relève spécialement la non imputation du péché et qu'elle célèbre le bonheur de l'homme oui est ainsi pardonné.

      Dans cette citation, le salut gratuit n'est pas seulement enseigné, il est chanté comme un bonheur, comme une vivante expérience, qui a transformé l'angoisse du pécheur condamné en la douce joie de l'enfant de Dieu. (Psaumes 32.3-7)

      Il faut se garder de ne voir dans cette précieuse vérité qu'une doctrine ou une opinion théologique. Elle répond au plus profond besoin de la nature humaine ; c'est la bonne nouvelle, c'est le bonheur !

      7 Psaumes 32.1,2, cité exactement d'après les Septante.

      Sur cette expression couvrir les péchés, voir Romains 3.25 note.

      Les termes multipli√©s d'iniquit√©s pardonn√©es, de p√©ch√©s couverts, prouvent d√©j√† l'erreur de celui qui cherche sa justice dans les Ňďuvres.

      "Nous sommes aussi enseign√©s par cette citation que Paul n'entend autre chose par le mot de justice, sinon la r√©mission des p√©ch√©s. Et que cette r√©mission est gratuite, puisqu'elle est imput√©e sans Ňďuvres. Ce que montre bien aussi le mot de r√©mission. Car on ne dira pas que le cr√©ancier qui a re√ßu payement remet et quitte...mais bien celui-l√† qui de sa pure lib√©ralit√© quitte la dette et cancelle l'obligations" Calvin.

      9 Cette d√©claration de bonheur (versets 7,8) s'applique-t-elle seulement aux Juifs ou aux pa√Įens aussi¬†? Est-elle (Grec¬†:) pour la circoncision ou aussi pour le pr√©puce¬†?

      Par cette question, Paul rattache (donc), √† la citation qu'il vient de faire, l'exemple d'Abraham, auquel il revient pour montrer qu'aucune Ňďuvre accomplie par le patriarche n'avait pr√©c√©d√© sa justification qu'aucune condition l√©gale ne lui fut impos√©e, que, par cons√©quent aussi, la justification par la foi, qui exclut tout sujet de se glorifier, (versets 1-5) est assur√©e √† tous, gentils et Juifs, sans distinction, conform√©ment au principe √©nonc√© √† Romains 3.22,25,28-30.

      10 Le fait que Paul allègue en réponse à la question de verset 9, c'est qu'Abraham fut justifié par la foi avant d'avoir reçu le sceau de la circoncision.

      Il est déclaré juste Genèse 15, et ce n'est que dans Genèse 17 que la circoncision est instituée ; elle n'était donc pas la condition de sa justification.

      11 Il re√ßut le signe qu'est la circoncision comme un sceau de la justice, de la foi, c'est-√†-dire comme la confirmation de cette justice qu'il poss√©dait d√©j√† ant√©rieurement par la foi (Grec¬†: la justice de la foi, celle (foi) en incirconcision), uniquement par la foi, sans aucune pr√©tention possible √† une justice par les Ňďuvres de la loi.

      Afin qu'il f√Ľt p√®re de tous ceux qui croient sans √™tre circoncis (grec en √©tat d'incirconcision, tout en √©tant incirconcis)¬†: tel √©tait le but de cette dispensation dans le plan divin.

      La dernière proposition du verset : pour que la justice leur soit imputée (C, D : soit imputée à eux aussi) indique le but de leur entrée dans la famille du patriarche : c'était pour qu'ils eussent part eux aussi au même mode de justification que lui qu'ils fussent sauvés comme lui.

      Les vrais enfants d'Abraham sont donc, non pas ceux qui descendent de lui selon la chair (l'ap√ītre ne les mentionne qu'en seconde ligne, verset 12), mais ceux qui ont la foi d'Abraham, √† quelque peuple qu'ils appartiennent, et qui, n'ayant que la foi, se trouvent pr√©cis√©ment dans la situation d'Abraham quand il fut justifi√©.

      12 Il ne faut pas perdre de vue l'√©troite liaison de ces versets versets 11,12¬†: Abraham re√ßut le signe de la circoncision, afin qu'il f√Ľt le p√®re...(verset 11) et le P√®re...(verset 12)

      Ainsi dans l'intention de Dieu le signe de la circoncision fut donné à Abraham comme un sceau de la justice de la foi, (verset 11) pour établir une filiation spirituelle entre lui et sa postérité selon la foi, parmi les incirconcis comme parmi les circoncis.

      Bien que l'ap√ītre se refuse √† consid√©rer la circoncision comme un moyen de justification et de salut (c'√©tait l'erreur des Juifs), il n'estime pas que cette institution f√Ľt sans valeur pour les temps ant√©rieurs √† l'Evangile.

      La circoncision √©tait le signe l'alliance de gr√Ęce, et, pour le v√©ritable Isra√©lite, le signe de la purification du cŇďur. et de la vie. (Romains 2.29) Or, ces deux biens constituent pr√©cis√©ment, par la puissance de la foi, le privil√®ge des vrais enfants d'Abraham.

      13 Les versets versets 13-16 confirment (en effet) l'idée que tous les croyants, incirconcis et circoncis, sont fils d'Abraham et justifiés par leur foi seule, en montrant que l'héritage du monde avait été promis à Abraham et à sa postérité, sans condition légale, en leur qualité de croyants justifiés ; que cet héritage est, comme la justification, assuré à la foi seule.

      La promesse d'hériter le monde n'est nulle part faite expressément à Abraham. Dieu lui avait promis seulement qu'il recevrait en héritage le pays de Canaan. (Genèse 12.1 ; 13.14,17) Mais il reçut également cette promesse plus grande : "Toutes les familles de la terre seront bénies en toi," (Genèse 12.3) promesse qui impliquait la fondation du règne messianique destiné à s'étendre au monde entier.

      Sa foi embrassait ce royaume de Dieu quand, par delà la Canaan terrestre, elle découvrait "la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur" (Hébreux 11.10 ; comparez versets 14-16).

      Ce qui était promis à Abraham et à sa postérité, c'était donc, d'abord, le monde actuel, "toutes les familles de la terre ;" ensuite, le monde renouvelé, "les nouveaux cieux et la nouvelle terre".

      En effet, la postérité d'Abraham devait comprendre Jésus-Christ, l'héritier par excellence, le Roi appelé à exercer la domination universelle et en qui la promesse faite à Abraham eut son plein accomplissement.

      Le salut du monde et le règne du Messie étaient impliqués dans la promesse faite au père des croyants, comme la fleur l'est dans le bouton, le fruit dans la graine (Genèse 17.4-8 ; 22.17,18 ; Psaumes 2.7,8 ; Matthieu 5.5, note ; Galates 3.8)

      - La promesse n'a pas √©t√© faite √† Abraham par une loi, c'est-√†-dire avec la condition qu'il se soumit √† un r√©gime l√©gal. L'article manque en grec. Paul ne pense donc pas √† la loi de Mo√Įse, qui n'existait pas encore, (Galates 3.17) mais √† une loi quelconque dans laquelle se serait exprim√©e la sainte volont√© de Dieu.

      La promesse a été laite à Abraham uniquement par la justice de la foi (Grec : une justice de foi), de cette foi qui le mettait en possession anticipée de l'objet de la promesse.

      14 Grec : ceux qui sont de la loi.

      A l'argument tir√© de l'histoire, l'ap√ītre ajoute des consid√©rations psychologiques et morales sur le r√īle de la loi¬†: dans l'√©tat de corruption de l'homme, elle lui vaut seulement le ch√Ętiment de Dieu. (verset 15)

      Si donc, pour obtenir l'héritage, il faut accomplir la loi, la foi, qui déjà a saisi l'objet de la promesse, est rendue vaine, et la promesse elle-même est annulée. On ne saurait donc admettre que l'accomplissement de la promesse soit subordonné à une condition légale.

      15 "La loi dit : fais cela ! Et jamais l'homme ne le fait. l'Evangile dit : crois en Jésus Christ ! Et tout est accompli." Luther.

      La loi transgress√©e produit la col√®re, le ch√Ętiment de Dieu, jamais la justification ni l'h√©ritage du salut. (Romains 3.20)

      Les derniers mots du verset ne signifient pas qu'en l'absence de la loi il n'y a point de péché ; (comparez Romains 2.12) mais qu'il n'y a pas de transgression d'un commandement positif, qui rend la responsabilité plus grande et aggrave la condamnation. (Voir sur cet effet de la loi Romains 7.10 et suivants)

      16 C'est pourquoi, c'est par la foi...à (comparez verset 13) cause des effets funestes qu'aurait l'intervention d'une loi. (versets 14,15)

      C'est par la foi qu'on devient héritier : les mots soulignés sont sous-entendus dans l'original.

      A toute la postérité d'Abraham : ce nom est sousentendu également.

      - En offrant l'h√©ritage par gr√Ęce, √† la foi seule, Dieu avait pour but d'assurer l'accomplissement de la promesse aux gentils comme aux Juifs, √† toute la post√©rit√© spirituelle d'Abraham, le p√®re de nous tous.

      17 La citation, tirée de Genèse 17.5, forme une parenthèse ou une proposition incidente.

      Les mots devant Dieu en qui il a cru...se rattachent à père de nous tous : (verset 16) il est père de nous tous devant Dieu, au jugement de ce Dieu devant qui il se tient, croyant à sa promesse et recevant ainsi le titre de père des croyants.

      Il serait moins naturel de relier devant Dieu à la parole citée, puisque c'est Dieu qui la prononce. La citation sert de transition entre l'idée, exprimée à verset 16, qu'Abraham est le père de nous tous, idée qu'elle confirme, et l'idée qui va être exposée, (versets 17-22) que c'est encore par la foi qu'Abraham a eu une postérité et qu'il est devenu père de cet Isaac dont la naissance était nécessaire pour que la promesse du salut eut son accomplissement.

      Cette naissance au moins pouvait para√ģtre un fruit de la chair.

      "L'ap√ītre a demand√© √† verset 1¬†: Qu'a obtenu Abraham par la chair¬†? Il a obtenu son fils Isaac, pouvait r√©pondre le Juif, par cons√©quent le peuple √©lu, par cons√©quent tout...Sapant par l'√©criture la derni√®re racine du pr√©juge juda√Įque, Paul d√©montre que la naissance d'lsaac, non moins que la gr√Ęce de la justification et la promesse de l'h√©ritage, a √©t√© un don accord√© √† la foi." Godet.

      D'apr√®s beaucoup d'interpr√®tes, l'application de l'exemple d'Abraham aux croyants commence avec verset 17¬†: sa foi est de m√™me nature que la n√ītre, car elle s'attache √† Dieu qui vivifie les morts. Ils m√©connaissent la place que tient dans les versets suivants le fait m√™me de la naissance d'lsaac obtenue par la foi d'Abraham.

      - Il crut à Dieu qui vivifie les morts et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient. La parole toute puissante et créatrice de Dieu, qui fait la promesse, tirera au besoin, pour l'accomplir, des morts de leur tombe ou un univers du néant.

      Pour Dieu, appeler, c'est cr√©er. (Psaumes 50.1¬†; Esa√Įe 40.26)

      Tel est l'inébranlable fondement sur lequel repose la foi. Ces paroles renferment du reste une évidente allusion au miracle que Dieu fit en Abraham et en Sarah pour accomplir sa promesse. (verset 19)

      18 Grec : Lequel, contre espérance, sur espérance, crut pour devenir,...c'est à dire contre toute espérance fondée sur la nature (v, 19), mais appuyé sur l'espérance que lui donnait la promesse de Dieu. (versets 20,21)

      Il ferma les yeux sur les choses visibles et sur toutes les conséquences que sa raison aurait voulu en déduire, et tint le regard de sa foi arrêté sur Dieu et sur sa promesse certaine.

      Tel est le vrai caractère de la foi : "voyant l'invisible," (Hébreux 11.27) elle n'attend sa confirmation ni des démonstrations de la raison, ni du cours ordinaire de la nature. (Hébreux 11.1,11,17,30,35, etc.)

      - Il crut qu'il deviendrait ou (grec) pour devenir.

      Quelques interprètes ont vu dans ces derniers mots l'indication du but qu'avait Abraham en croyant, ou qu'avait Dieu en l'amenant à croire.

      D'autres traduisent moins exactement : il crut de sorte qu'il devint.

      La plupart des interprètes actuels pensent que ce complément désigne simplement l'objet de la foi d'Abraham : il crut qu'il deviendrait.

      - La parole : telle sera ta postérité se lit Genèse 15.5.

      19 Grec : Il considéra son propre corps amorti (le mot déjà du texte reçu manque dans B, majuscules, versions.) et la mortification du sein de Sarah.

      - D, majuscules, Itala portent : il ne considéra pas.

      Le sens serait : parce qu'il ne faiblit pas dans la foi, il ne considéra pas...La négation manque dans Sin. B A, C. Son absence rend la description de l'attitude d'Abraham plus saisissante ; comparez sur ce sujet Genèse 17.17 et suivants ; Hébreux 11.11,12.

      En cela encore Abraham est le type du croyant ; il ne se dit pas que, selon la chair, l'accomplissement de la promesse est impossible ; il croit fermement à la puissance de celui qui a fait la promesse.

      20 On peut traduire aussi : il fut fortifié dans la foi. Mais par la foi fait mieux antithèse à par incrédulité.

      Abraham donna gloire à Dieu en montrant une confiance inébranlable en la fidélité de Dieu.

      "Lorsqu'un homme se confie √† un autre, c'est qu'il le tient pour un homme juste et honn√™te. De m√™me quand l'√Ęme croit fermement √† la parole de Dieu, c'est qu'elle tient Dieu pour v√©ridique, bon et juste¬†; elle lui rend ainsi le plus grand honneur qu'elle puisse lui rendre¬†; elle lui donne raison, elle lui abandonne ses droits¬†; elle glorifie le nom de Dieu et laisse Dieu agir envers elle comme il veut. Or, quand Dieu voit une √Ęme lui attribuer toute v√©rit√© et l'honorer ainsi par sa foi, il l'honore √† son tour, la regarde aussi comme fid√®le et v√©ridique √† cause de cette foi." Luther.

      22 Le texte grec ne porte pas : sa foi, mais seulement : il lui fut imputé, imputation lui fut faite.

      Paul reproduit, comme conclusion de toute son argumentation, la citation par laquelle il avait débuté. (verset 3 note) Il lui reste à faire l'application de l'exemple d'Abraham aux croyants actuels. (versets 23-25)

      23 A qui notre foi doit être imputée, grec à qui imputation doit être faite.

      - L'histoire d'Abraham et de ce qu'il a obtenu par la foi a été écrite à cause de nous, à un double égard : nous y trouvons un grand enseignement et un grand exemple.

      L'enseignement, c'est que, pour nous comme pour lui, il n'y a de justice devant Dieu que celle qui nous est imput√©e en vertu de notre foi en la promesse de la gr√Ęce. Christ devant venir ou Christ venu, le salut promis ou le salut accompli, tel est pour les fid√®les de tous les temps l'objet de la foi qui les sauve.

      L'exemple d'Abraham est d'autant plus propre à nous encourager qu'il y a une immense différence entre notre position et la sienne : le salut qui pour lui était voilé dans l'obscurité de l'avenir, et dont l'accomplissement dépendait de tout un ensemble de conditions irréalisables aux yeux de la raison nous est apparu à nous en pleine lumière et dans toute sa glorieuse réalité.

      Si donc le regard de sa foi a percé tous ces voiles pour contempler la puissance et la fidélité de Dieu, combien plus nous, à qui Dieu a parlé par son Fils, devons-nous être inébranlables en la foi et, embrasés par son amour, relever nos mains abattues et fortifier nos genoux tremblants !

      - Les mots : nous qui croyons en celui qui a ressuscité d'entre les morts...rappellent la parole de verset 17 "Abraham crut à Dieu qui vivifie les morts."

      Par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts s'est renouvelé, et d'une manière bien plus glorieuse, le miracle accompli dans le corps "amorti" d'Abraham.

      Et ce miracle de la résurrection de Jésus se renouvelle en chacun de nous, si nous croyons en celui qui l'a accompli. Il se renouvelle dès ici-bas par notre sanctification, et il se renouvellera au dernier jour par notre résurrection. (Romains 6.5 ; Ephésiens 1.19,20 ; Colossiens 2.12 ; 3.1)

      25 Grec : Livré à cause de nos fautes...ressuscité à cause de notre justification.

      Si l'on pressait le sens de la pr√©position employ√©e, l'ap√ītre voudrait dire que notre justification a √©t√© la cause de la r√©surrection de J√©sus, de m√™me que nos fautes avaient √©t√© la cause de sa mort.

      "Notre condamnation a √©t√© la cause de la mort du Christ¬†; c'est notre justification qui le ram√®ne √† la vie. Car sa dette, c'est la n√ītre. Celle-ci acquitt√©e, notre r√©pondant doit sortir de la prison du tombeau o√Ļ il n'est descendu que pour nous." Godet.

      Mais nulle part ailleurs, Paul n'enseigne que la justification des p√©cheurs devait √™tre prononc√©e pour que Christ p√Ľt ressusciter.

      Cette id√©e d'une justification collective, ind√©pendamment de la foi, est peu conforme √† la pens√©e de l'ap√ītre, d'apr√®s laquelle la justification n'est accord√©e qu'√† ceux qui s'unissent personnellement √† J√©sus-Christ par la foi. Aussi la plupart des interpr√®tes pensent-ils que l'ap√ītre a √©t√© entra√ģn√©, par le parall√©lisme, √† employer la m√™me pr√©position dans le second membre de phrase.

      C'√©tait d'autant plus naturel que le premier membre¬†: il a √©t√© livr√© √† cause de nos fautes, peut √™tre consid√©r√© comme une citation du beau fragment po√©tique d'Esa√Įe. (Esa√Įe 53.5)

      Dès lors, ressuscité à cause de notre justification veut dire qu'il est ressuscité, non à cause de notre justification préalablement opérée, mais à cause de cette justification dont sa résurrection était le gage, ou, en d'autres termes, que sa résurrection était nécessaire pour nous amener à croire à notre justification.

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