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Ephésiens 5

    • 1 Chapitre 5.

      1 à 20 Exhortations à une vie sainte.

      2 Ces deux premiers versets n'auraient pas d√Ľ √™tre s√©par√©s du chapitre pr√©c√©dent auquel ils appartiennent. (Voy. Eph√©siens 4.32 note.)

      Apr√®s avoir dit l√† que le pardon de Dieu est pour nous la r√®gle et la source du pardon que nous accordons √† nos fr√®res, l'ap√ītre insiste ici sur cette pens√©e, en nous exhortant √† imiter Dieu dans sa mis√©ricorde¬†; des enfants bien-aim√©s doivent ressembler √† leur P√®re.

      Puis il rappelle √† notre cŇďur un motif tout-puissant de marcher ainsi dans la charit√©¬†: c'est l'immense amour dont Christ nous a aim√©s, et qu'il a manifest√© en donnant sa vie pour nous. (Comparer Jean 15.13¬†; Romains 5.8 et suivants¬†; Galates 2.20)

      Ce grand sacrifice, Paul l'envisage sous un double aspect, en le d√©signant comme une oblation et comme un sacrifice sanglant. Christ a offert l'un et l'autre¬†: la premi√®re en offrant √† Dieu le sacrifice de sa volont√©, de son ob√©issance jusqu'√† la mort, ce qui √©tait le devoir de tous les hommes¬†; le second, en portant sur la croix la peine de leurs p√©ch√©s. Par le premier de ces sacrifices, il nous a trac√© la voie o√Ļ nous devons le suivre, et nous en a rendus capables¬†; par le second, il nous a d√©livr√©s de la condamnation que nous avions m√©rit√©e. (Comparer Romains 12.1 note¬†; 2Corinthiens 5.15, note.)

      Si ce double sacrifice de l'amour du Sauveur a été agréable à Dieu (Grec : "en odeur de bonne senteur ;" comparez Genèse 8.21 ; Lévitique 1.9 ; 2.12-16 etc.), Dieu aura aussi pour agréables les sacrifices que nous lui offrirons en pardonnant à nos frères dans ce même esprit de charité qui était en Christ. (Matthieu 18.33 ; 1Jean 4.11 ; Matthieu 5.23 et suivants)

      3 Ce titre de saints, (Romains 1.7, note) qui rappelle sans cesse aux chrétiens ce qu'ils doivent être, est bien propre à leur faire sentir aussi que même le nom de ces vices, ou le moindre soupçon qu'ils puissent y avoir part, forme une contradiction criante avec leur destination.
      4 S'il faut que toute la vie du chr√©tien soit une oblation de reconnaissance √† Dieu, (Eph√©siens 5.2, note) ses paroles aussi doivent exprimer le m√™me sentiment de son cŇďur et √™tre consacr√©es √† Dieu par des actions de gr√Ęces. (Colossiens 3.17)

      Le mot que nous rendons ici par malhonnêteté, peut s'entendre soit de paroles soit de choses ou d'actions déshonnêtes.

      - Les bouffonneries sont (littér.) des paroles folles. Dans cette association d'idées, la plaisanterie n'est condamnée que quand elle devient inconvenante et mauvaise.

      5 L'ap√ītre, en pronon√ßant cette exclusion absolue, (comparer¬†: Galates 5.21) en appelle √† la conscience de ses lecteurs¬†: vous savez.

      - Sur l'association de ces deux termes impur et avare, ici et Eph√©siens 5.3, voy. Eph√©siens 4.19, note. L'ap√ītre rel√®ve par l√† le caract√®re charnel de l'avarice¬†; ce terme d√©signe, comme partout dans l'Ecriture, l'amour de l'argent.

      L'avare est un idol√Ętre, parce qu'il fait de son argent son dieu. Plusieurs interpr√®tes pensent que cette √©pith√®te s'applique aux trois vices mentionn√©s dans ce verset. Cela n'est point n√©cessaire¬†; le passage parall√®le des Colossiens (Colossiens 3.5) l'indique clairement.

      - Les commentateurs se divisent, sans distinctions d'écoles et de partis, sur la question de savoir s'il faut traduire : "le royaume de Christ et de Dieu" ou "le royaume du Christ et Dieu."

      Dans le premier cas, Paul désignerait deux personnes, Jésus-Christ et Dieu le Père ; dans le second, une seule personne, le Christ, auquel il attribuerait l'épithète de Dieu.

      Cette dernière interprétation se base sur le fait que, dans le texte grec, l'article qui se trouve devant Christ n'est pas répété devant Dieu et que ces deux termes semblent ainsi étroitement unis. Ce serait la même construction que dans ces mots "notre Dieu et Père." (Ephésiens 5.20 ; 1Corinthiens 15.24) Comparer 2.13, note. Mais ni la grammaire ni l'analogie de ces passages ne sauraient trancher la question d'une manière certaine. On remarque, en effet, que la répétition de l'article n'est pas indispensable quand deux termes consécutifs doivent désigner des personnes différentes ; (Marc 15.1 en grec) que Christ et Dieu sont devenus des noms propres et que dans une énumération de noms propres on met l'article seulement devant le premier. (Actes 1.13)

      Quoi qu'il en soit, l'unit√© ineffable du P√®re et du Fils est exprim√©e dans ces paroles et l'intention de l'ap√ītre est √©vidente¬†: en pronon√ßant avec tant de s√©rieux contre tous les hommes vicieux qu'il vient de nommer une exclusion absolue du royaume de Christ, il se sent press√© d'ajouter que ce royaume n'est pas celui d'un homme, d'une cr√©ature, mais que c'est de la communion avec Dieu que se prive le p√©cheur imp√©nitent. (1Corinthiens 6.10)

      6 Voy. sur ce dernier mot Ephésiens 2.2, note.

      Les vains discours, paroles vides, contre lesquelles l'ap√ītre met en garde ses lecteurs, ne sont pas seulement les discours mauvais qu'il vient d'interdire (Eph√©siens 4.29 et suivants¬†; Eph√©siens 5.3 et suivants)¬†; mais aussi et surtout les vains sophismes par lesquels on voudrait persuader √† soi-m√™me et aux autres que Dieu ne punit pas, que sa col√®re ne vient pas sur les p√©ch√©s dont il est ici question. (Eph√©siens 5.6)

      7 Cette exhortation, si importante pour la vie chr√©tienne, est d√©velopp√©e et motiv√©e dans les versets qui suivent¬†; en quelques traits profonds l'ap√ītre rel√®ve le contraste absolu qu'il y a entre l'√©tat pr√©c√©dent des Eph√©siens dans le paganisme, et leur position actuelle dans l'Evangile¬†; c'est ce qu'indique le car. (Eph√©siens 5.8)
      10 Ce n'est pas seulement par sa pureté et son élévation que la morale de l'Evangile se distingue de toute autre, mais surtout par ses motifs.

      Ainsi, tant que les Ephésiens étaient ténèbres (Ephésiens 4.18 et ci-dessous Ephésiens 5.11), ils pouvaient trouver dans cet état une excuse à une vie de péché ; ils étaient alors dans la plus profonde ignorance, en communion avec le prince des ténèbres, appartenant à son royaume ; mais maintenant, étant en communion avec Celui qui est la lumière, (Jean 1.4) ils sont devenus lumière, c'est-à-dire que non seulement l'Esprit de Dieu les a éclairés, eux, mais qu'ils peuvent et doivent refléter pour d'autres cette lumière. (Matthieu 5.14 ; Philippiens 2.15)

      De là, l'obligation absolue de marcher comme des enfants de lumière, (Ephésiens 5.8) et d'examiner ce qui est agréable au Seigneur, afin de ne plus s'y tromper (Ephésiens 5.10) Paul relève ailleurs le même contraste pour exhorter à une vie sainte. (1Thessaloniciens 5.4 et suivants ; 2Corinthiens 6.14 et suivants)

      A Eph√©siens 5.9, l'ap√ītre indique entre parenth√®ses quelques fruits de cette lumi√®re (et non fruits de l'esprit comme dit le texte re√ßu). La lumi√®re produit dans les caract√®res qu'elle p√©n√®tre tout ce qui est moralement bon, juste et vrai, par opposition au mal, √† l'injustice, au mensonge, qui sont le fond du paganisme.

      11 Les Ňďuvres des t√©n√®bres sont toutes celles que l'homme fait avant d'√™tre devenu "lumi√®re dans le Seigneur¬†;" (Eph√©siens 5.8) elles sont infructueuses, parce qu'elles ne produisent aucun des fruits de la lumi√®re indiqu√©s √† Eph√©siens 5.9.

      Toutefois, l'ap√ītre a en vue ici des p√©ch√©s positifs, (Eph√©siens 5.12) √† l'√©gard desquels le chr√©tien n'a pas mis encore toute sa responsabilit√© √† couvert, par cela seul qu'il n'y prend lui-m√™me aucune part¬†; il faut qu'il les reprenne. Dans quel but¬†? L'ap√ītre r√©pond Eph√©siens 5.13.

      12 Les choses qu'ils font en secret sont "les Ňďuvres des t√©n√®bres," (Eph√©siens 5.11) qui m√©ritent ainsi ce nom dans tous les sens, au physique comme au moral. (1Thessaloniciens 5.7)

      En disant qu'il est honteux m√™me d'en parler, l'ap√ītre veut faire ressortir la grandeur et l'odieux de ces p√©ch√©s, et par l√† m√™me la n√©cessit√© de les reprendre. Comment cela se peut, et quel fruit on doit en attendre, c'est ce qu'il expose au verset suivant.

      13 Quelque secr√®tes que soient ces Ňďuvres, quelque difficile qu'il soit d'en parler, (Eph√©siens 5.12) d√®s qu'elles sont reprises avec la fermet√© et le courage de la charit√©, elles sont manifest√©es par la lumi√®re dans laquelle elles sont plac√©es, (Eph√©siens 5.13) confondues par elle, car elles ne sauraient subsister qu'√† la faveur des t√©n√®bres. (Jean 3.20) On peut traduire aussi¬†: "Toutes ces choses √©tant reprises par la lumi√®re sont manifest√©es." Le sens est le m√™me.

      Mais il reste à expliquer les derniers mots du verset. Calvin, et après lui nos anciennes versions, ont traduit ces paroles par l'actif : "car la lumière manifeste tout." Mais la phrase de l'original ne peut se rendre autrement que nous ne l'avons fait dans le texte.

      Que veut donc dire l'ap√ītre¬†? Prenant les choses dans leur profonde r√©alit√©, il voit dans cette manifestation des Ňďuvres de t√©n√®bres, dont il vient de parler, une action de l'Esprit de Dieu qui am√®ne le p√©cheur √† se conna√ģtre lui-m√™me tel qu'il est¬†: il le voit repentant, chang√©, gagn√© √† la communion de la lumi√®re, devenant en un mot lumi√®re, dans le m√™me sens qu'au Eph√©siens 5.8. Tout ce qui est ainsi repris, convaincu de p√©ch√©, (Jean 16.8, o√Ļ se trouve le m√™me mot) manifest√© au grand jour de la v√©rit√©, devient lumi√®re.

      "Telle est la nature de la lumi√®re qu'elle ne saurait se trouver √† c√īt√© des t√©n√®bres sans les p√©n√©trer et les absorber, et les transformer en sa propre substance." A. Monod.

      Quel motif pour les enfants de lumi√®re de s'adonner √† cette Ňďuvre de fid√©lit√© et de charit√©¬†!

      - Le sens que nous venons d'indiquer est confirmé par le verset suivant, qui insiste sur le devoir de la répréhension (c'est pourquoi) et qui renferme un appel au pécheur et la promesse de la lumière.

      14 Grec : "Il dit." Qui ? C'est bien là une formule par laquelle Paul cite souvent l'Ecriture ; mais ces paroles, du moins telles qu'il les cite, ne s'y trouvent pas.

      Par cette raison plusieurs ont pens√© que l'ap√ītre les a tir√©es d'un cantique chr√©tien chant√© dans les Eglises, ce qui pourrait tr√®s bien √™tre.

      D'autres font √©maner la citation de quelque livre apocryphe inconnu, ce qui serait contraire √† toutes les habitudes de l'ap√ītre.

      Si l'on consid√®re, toutefois, qu'il lui arrive assez fr√©quemment de rassembler des paroles √©parses de l'Ecriture, d'en former une pens√©e qui rend l'esprit de ces passages, et de l'approprier aux besoins de ses lecteurs, (comparez Romains 10.6-8¬†; 14.11¬†; 1Corinthiens 1.19¬†; Eph√©siens 4.8-10) il est possible de retrouver ici le m√™me proc√©d√©. "R√©veille-toi, r√©veille-toi, Sion, l√®ve-toi, sois √©clair√©e, car ta lumi√®re est venue, et la gloire de l'Eternel s'est lev√©e sur toi¬†!" (Esa√Įe 52.1¬†; 60.1¬†; comparez Esa√Įe 26.19)

      Voil√† bien la pens√©e de l'ap√ītre¬†; et si dans cette lumi√®re il voit Christ, il est en pleine harmonie avec le proph√®te qui d√©signait certainement par ce terme la venue du Messie. Cependant il faut envisager de tels passages plut√īt comme des imitations que comme des citations textuelles de Ecriture, qui n'√©taient point dans l'intention de l'ap√ītre.

      16 Ce précepte est une application spéciale de la sagesse recommandée à Ephésiens 5.15. Il s'agit moins ici du temps en général et du bon emploi à en faire, que de l'occasion opportune à saisir avec sagesse pour agir et pour pratiquer le bien.

      Le fid√®le trouve toujours un puissant motif de remplir ce devoir dans la pens√©e qu'il vit en des jours mauvais, c'est-√†-dire dans un temps o√Ļ le p√©ch√© r√®gne avec puissance, o√Ļ la pi√©t√© se rel√Ęche, o√Ļ l'opposition du monde se renforce, ce qui rend plus rares les occasions et la possibilit√© de faire le bien. (2Timoth√©e 3.1¬†; Colossiens 4.5¬†; 1Corinthiens 7.29-31)

      "Un chr√©tien rencontre sur son chemin tant d'obstacles et tant de choses qui peuvent lui faire n√©gliger une bonne Ňďuvre, qu'il doit, comme un prisonnier, s'arracher √† ses cha√ģnes, d√©rober le temps ou l'acheter bien cher, par exemple, au prix de la faveur des hommes, quand il a √©gard √† ce proverbe¬†: Les amis sont des voleurs de temps" Luther.

      17 Comprendre, à chaque moment donné, quelle est la volonté du Seigneur, c'est la vraie sagesse, (Ephésiens 5.15) et le seul moyen de "racheter l'occasion." (1Corinthiens 14.20 ; Colossiens 4.5)
      18 Sans autre liaison que ce et, l'ap√ītre cite ici un frappant exemple de cette inintelligence de la volont√© du Seigneur, (Eph√©siens 5.17) l'abus du vin¬†!

      - Contraste remarquable¬†: A la dissolution qui r√©sulte de l'ivresse, (comparez Luc 21.34) au vide affreux qu'elle laisse apr√®s elle, bien que souvent l'homme insens√© y cherche une force factice, une fausse joie et l'oubli de ses peines, l'ap√ītre oppose la pl√©nitude, la force, la joie de l'Esprit-Saint.

      "Ils seront rassasi√©s (H√©b."ivres") des biens de ta maison, et tu les abreuveras au fleuve de tes d√©lices." (Psaumes 36.9¬†; comparez Esa√Įe 65.13) De l√†, la confusion de ces deux ivresses faite par l'ignorance et l'incr√©dulit√© des moqueurs. (Actes 2.13,15,16)

      "Deux ivresses bien diff√©rentes, celle du corps par l'exc√®s du vin, et celle de l'√Ęme par la pl√©nitude du Saint-Esprit¬†: l'une qui donne au corps des forces pernicieuses, une ardeur criminelle, une joie charnelle, une hardiesse pr√©somptueuse, produit l'oubli de Dieu et fait perdre la raison¬†; l'autre qui donne √† l'√Ęme une sainte joie, un courage humble, des forces salutaires, fait oublier le monde et ses d√©lices, √īte l'usage de la raison corrompue, pour faire suivre par la foi la raison souveraine et souverainement sainte, qui est Dieu." Quesnel.

      19 Toute joie de l'Esprit divin, (Ephésiens 5.18) parvenue à un certain degré, s'exprime par le chant. Cette joie ne peut pas et ne doit pas se renfermer au dedans. (Jacques 5.13)

      En prenant son essor dans des chants religieux pleins de sentiment, de spiritualité, d'intimité, elle se communique à d'autres, devient un puissant moyen d'édification et contribue à la gloire de Dieu.

      On voit par cette exhortation que le chant fut en usage chez les fid√®les d√®s les premiers jours de l'Eglise. Pline √©crivait √† l'empereur Trajan, en lui rendant compte des mŇďurs des chr√©tiens¬†: "Ils chantent entre eux des cantiques √† Christ comme √† leur Dieu." Ils se servaient sans doute pour cela des psaumes de la Bible, auxquels l'Esprit donnait une vie nouvelle¬†; mais l'ap√ītre mentionne aussi d'autres chants religieux sous les noms d'hymnes et de cantiques spirituels (odes), qui malheureusement ne sont pas parvenus jusqu'√† nous.

      C'est surtout dans les temps de réveil et de plénitude de l'Esprit que l'Eglise chante ; on peut assez bien juger de son état spirituel par les cantiques qu'elle produit. (Comparer Colossiens 3.16 ; 1Corinthiens 14.15,26)

      20 Si la joie n'est pas toujours dans le cŇďur, un autre sentiment, qui s'exprime aussi par le chant, ne doit jamais faire d√©faut, c'est la reconnaissance, qui pousse √† l'action de gr√Ęce.

      Celle-ci doit se produire toujours, pour toutes choses, même pour celles qui, au premier abord, sont des sujets de tristesse, parce que l'enfant de Dieu sait que toutes les dispensations de son Père céleste envers lui sont des pensées de paix et d'amour.

      - Rendre gr√Ęce √† Dieu notre P√®re (Grec¬†: au Dieu et P√®re) au nom de Notre Seigneur J√©sus-Christ, c'est se consacrer √† Dieu, comme lui, en sacrifice vivant et saint, dans tout ce que l'on dit ou fait¬†; (Colossiens 3.17) c'est offrir √† Dieu par Christ tout ce que l'on a re√ßu de lui en Christ, comme si Christ lui-m√™me b√©nissait Dieu en nous, par la puissance de sa R√©demption et de son Esprit.

      Selon l'Ecriture le chr√©tien est devant Dieu identifi√© avec son Sauveur, en sorte que tous ses rapports avec Dieu, le pardon, la r√©conciliation, la pri√®re, l'action de gr√Ęce, la confiance, l'amour ont Christ pour M√©diateur.

      21 D'après une variante que présentent les manuscrits, il faut lire ici : dans la crainte de Christ, au lieu de la leçon du texte reçu : dans la crainte de Dieu.

      La d√©pendance o√Ļ tous les chr√©tiens sont de Christ, leur Roi souverain, au nom duquel ils rendent gr√Ęces Dieu, (Eph√©siens 5.20) les oblige √† se soumettre les uns aux autres dans toutes les relations de la vie de famille et de soci√©t√©¬†; non seulement elles ont √©t√© institu√©es par lui, mais elles doivent √™tre p√©n√©tr√©es de son esprit¬†; nous devons nous y comporter en regardant sans cesse √† lui. L'ap√ītre va √©num√©rer ces relations jusqu'√† Eph√©siens 6.9.

      - Le texte grec dit¬†: "Vous soumettant les uns aux autres," ce participe cl√īt la s√©rie des participes qui pr√©c√®dent (depuis le Eph√©siens 5.16) et montre en m√™me temps que ce principe ainsi √©nonc√© sert de motif aux exhortations qui suivent.

      Ce verset Eph√©siens 5.21 se lie donc intimement √† ce qui pr√©c√®de et √† ce qui suit, comme une transition pleine de sens¬†: √† ce qui pr√©c√®de, parce que la reconnaissance envers Dieu, au nom de J√©sus-Christ, (Eph√©siens 5.20) inspire pour ce bon Ma√ģtre une crainte pleine de confiance et d'amour¬†; √† ce qui suit, parce que cette crainte devient la source du respect, de la d√©f√©rence, de la soumission qui doit r√©gner dans toutes les relations de la vie auxquelles Christ pr√©side.

      De l√†, toutes les exhortations suivantes sur ces rapports mutuels, rapports d'autant plus importants qu'ils remplissent toute la vie et en font le tissu journalier¬†; d'autant plus dignes de l'attention de l'ap√ītre, que les devoirs r√©ciproques des inf√©rieurs et des sup√©rieurs sont au nombre des plus difficiles √† bien remplir.

      Si, d'une part, celui qui commande est sans cesse tent√© d'abuser de son autorit√©, d'autre part, se soumettre et ob√©ir est tout √† fait contraire aux penchants orgueilleux du cŇďur de l'homme.

      Plein de cette dernière pensée, et par un égard délicat pour les inférieurs, Paul leur rappelle à eux d'abord le devoir de la soumission : à la femme, (Ephésiens 5.22) aux enfants, (Ephésiens 6.1) aux serviteurs. (Ephésiens 6.5) C'est ainsi qu'il individualise son précepte général : "Soumettez-vous les uns aux autres."

      Mais, s'ils doivent se soumettre et ob√©ir √† cause de Christ, et comme √† Christ que les sup√©rieurs repr√©sentent, ceux-ci, √† leur tour, sont tenus d'exercer leur autorit√© selon le m√™me sublime principe, et ainsi les uns et les autres doivent se rencontrer dans une soumission commune au commun Ma√ģtre. De l√†, chez les uns, une mani√®re de commander caract√©ris√©e par la charit√© et la douceur, et chez les autres une plus grande facilit√© √† ob√©ir.

      22 Selon une variante : "Que les femmes soient soumises..." Une autre encore omet ici tout verbe, la phrase étant ainsi liée à celle qui précède. (Ephésiens 5.21) "Vous soumettant les uns aux autres : les femmes à leurs propres maris."

      - "A vos propres maris," c'est-à-dire à ceux qui vous appartiennent en propre, exclusivement. (Voir la note précédente.)

      23 D√©j√† dans l'Ancien Testament le rapport du Seigneur et de son peuple √©tait repr√©sent√© sous l'image de l'union conjugale, (Esa√Įe 54.5,J√©r√©mie 31.32) et il y a dans cette image une profonde v√©rit√©.

      Combien plus, depuis que ce rapport est devenu celui de Christ et de son Eglise ! (Matthieu 9.15 ; 25.6 ; 2Corinthiens 11.2)

      Rien donc ne pouvait donner du mariage une id√©e plus √©lev√©e, plus spirituelle, plus sainte, que de le mettre en parall√®le avec l'union de Christ et de son Eglise, comme notre ap√ītre le fait ici. Et il n'a pas en vue une simple comparaison par analogie, mais une profonde r√©alit√©. Ainsi, tandis qu'ailleurs (1Corinthiens 7)

      Paul parle du mariage en l'envisageant par son c√īt√© purement humain et terrestre, parce que telle √©tait la question du moment et que ses lecteurs avaient besoin de ces directions pratiques, ici il le saisit √† son point de vue id√©al, dans ce qu'il a de plus spirituel, tel qu'il doit √™tre entre chr√©tiens.

      En ce sens, le devoir de la soumission qu'il impose √† la femme ne peut pas se restreindre et signifier¬†: Soyez soumises √† vos maris, parce que tel est l'ordre du Seigneur, ou¬†: ob√©issez-leur comme au Seigneur, dans le sens o√Ļ cela est command√© aux enfants, (Eph√©siens 6.1) aux serviteurs¬†; (Eph√©siens 6.5-7) mais litt√©ralement¬†: Soyez soumises √† vos maris comme vous l'√™tes au Seigneur.

      Tel est indubitablement le sens de Ephésiens 5.22, ce que prouve Ephésiens 5.24, et ce qu'implique la raison donnée à Ephésiens 5.23.

      Si l'on objecte que c'est l√† d√©passer toutes les bornes des devoirs que l'on peut avoir envers une cr√©ature, il faut se souvenir que l'ap√ītre envisage ici le mari comme le repr√©sentant du Seigneur aupr√®s de sa femme. (Comparer 1Corinthiens 11.3¬†; 1Timoth√©e 2.11)

      Si l'on objecte encore que souvent, dans le mariage, ce rapport-là n'est ni réel ni possible, quand, par exemple, le mari n'est pas chrétien, il n'y a à cela qu'une réponse, c'est que Paul suppose que les deux époux appartiennent au Seigneur.

      Un autre ap√ītre, Pierre, a pr√©vu le cas o√Ļ le mari "n'ob√©irait pas √† la Parole" et y voit √©galement un s√©rieux motif de soumission pour la femme, quoique √† un point de vue diff√©rent.. (1Pierre 3.1 et suivants) Paul lui-m√™me se contente de recommander ailleurs la soumission "selon le Seigneur," (Colossiens 3.18) et de l√† vient que plusieurs interpr√®tes se sont efforc√©s de r√©duire notre passage √† ce sens mitig√©, mais c'est malgr√© les termes expr√®s du texte.

      On peut envisager ces mots comme apposition de ce qui pr√©c√®de¬†: Christ est le Chef, parce qu'il est le Sauveur. On peut aussi en faire une pens√©e ind√©pendante¬†: "Lui-m√™me (lui seul, il est vrai) est le Sauveur du corps, mais comme l'Eglise est soumise √† Christ, que les femmes..." (Eph√©siens 5.24) La pens√©e de l'ap√ītre est que, comme Sauveur, Christ est unique, que le mari ne peut plus lui √™tre compar√©, mais que, malgr√© cette inf√©riorit√©, la femme lui doit ob√©issance. Alors on comprend cette particule adversative mais, que nos versions ordinaires transforment en un donc contraire au sens grammatical.

      24 A ces mots¬†: en toutes choses, on craint de nouveau l'exag√©ration, et l'on se h√Ęte d'y apporter diverses restrictions. Au point de vue de l'ap√ītre, (Eph√©siens 5.23, note) il n'y a rien √† retrancher √† sa pens√©e¬†; au point de vue des tristes r√©alit√©s du monde, ou m√™me de la plupart des unions appel√©es chr√©tiennes, sans doute, la femme chr√©tienne peut se trouver souvent dans le cas "d'ob√©ir √† Dieu plut√īt qu'aux hommes."

      Elle ne doit pas pécher par son obéissance, si l'on exige d'elle des choses contraires à la Parole de Dieu.

      28 A la soumission de la femme, l'ap√ītre oppose l'amour du mari, et cela seul suffit pour que cette soumission ne soit point un esclavage, mais une sainte communion en Celui √† qui la femme ob√©it, et en qui le mari aime.

      Mais ici encore, c'est le rapport de Christ avec son Eglise qui sert de mod√®le, qui est l'id√©al vers lequel il faut tendre. Christ a aim√© l'Eglise, (Eph√©siens 5.25) et de quel amour¬†! Il s'est livr√© pour elle √† la souffrance et √† la mort. Son but √©tait de la sanctifier, et, pour accomplir en elle toute son Ňďuvre de r√©demption, il l'a purifi√©e de par l'ablution d'eau par la Parole, c'est-√†-dire en lui accordant dans le bapt√™me le signe ext√©rieur de la r√©g√©n√©ration op√©r√©e par la Parole. (Eph√©siens 5.26¬†; comparez 3.5)

      Par cette Parole, les uns entendent la Parole de Dieu en général, l'Evangile ; d'autres, la promesse de Dieu ; d'autre, la parole du baptême., (Matthieu 28.19) qui confère à cet acte son autorité divine et son efficace.

      Quoi qu'il en soit, le but du Sauveur envers son Eglise sera atteint¬†: il la fera appara√ģtre devant lui Eglise glorieuse par sa saintet√©, ainsi qu'une √©pouse pure, irr√©pr√©hensible, resplendissante de sa beaut√© morale. (Eph√©siens 5.27. Comparer Apocalypse 21.2)

      Ainsi, ajoute maintenant l'ap√ītre en revenant √† sa comparaison et en appliquant tout cela au rapport id√©al du mariage, (Eph√©siens 5.28) ainsi les maris doivent aimer leurs femmes, d'un amour plein de d√©vouement qui voit en Christ son mod√®le, d'un amour qui se propose pour premier but la purification et la sanctification de la femme, d'un amour qui ne sera satisfait que lorsque celle-ci, ressemblera au portrait que l'ap√ītre trace de l'Epouse du Seigneur¬†!

      29 Paul d√©veloppe son parall√®le jusque dans les d√©tails. L'Eglise est le corps de Christ, elle est un avec lui¬†; de m√™me les √©poux entre eux¬†; (Eph√©siens 5.28) ils forment un seul √™tre¬†; en aimant sa femme, le mari aime un autre lui-m√™me¬†; (Eph√©siens 5.28,29,33) il a pour elle les soins qu'il a pour sa propre chair¬†; (Eph√©siens 5.29) il la nourrit et la soigne tendrement (litt√©r. "la r√©chauffe"), comme une m√®re r√©chauffe son petit enfant sur son sein. (Comparer 1Thessaloniciens 2.7, o√Ļ se retrouve le m√™me mot.)
      30 Allusion √† Gen√®se 2.23. Ces paroles d'Adam r√©pondent en tous sens √† la pens√©e de l'ap√ītre, puisqu'elles expriment, d'abord, l'union parfaite dans le mariage¬†; puis, dans l'application qu'en fait Paul, l'union vivante de Christ avec l'Eglise "qui est son corps"
      31 Gen√®se 2.24. Encore une parole de l'Ecriture tr√®s propre √† confirmer et √† compl√©ter la pens√©e de l'ap√ītre¬†: telle est l'intimit√© du lien du mariage, qu'il prime toutes les autres relations, m√™me les plus intimes et les plus tendres.
      32 Ces mots ne se rapportent pas √† la citation que l'ap√ītre vient de faire, mais √† la grande pens√©e qu'il a d√©velopp√©e, l'union de Christ et de son Eglise¬†: c'est cette union qu'il appelle un grand myst√®re, et non le mariage. Qui le croirait¬†?

      Parce que la Vulgate latine traduit partout le mot grec mystère par sacramentum, et parce qu'il a plu à quelques interprètes anciens de rapporter au mariage ce que Paul dit ici de l'union de Christ et de son Eglise, ce passage est devenu, aux yeux de l'Eglise romaine, une preuve sans réplique que le mariage est un sacrement, un grand sacrement !

      33 Grec : "Craigne son mari." Mais ce mot signifie aussi respecter.

      C'est par ces mots que l'ap√ītre r√©sume et conclut son exhortation aux √©poux chr√©tiens, dont il avait √©t√© d√©tourn√© par le d√©veloppement d'une pens√©e plus grande et plus profonde. Maintenant, il passe √† d'autres relations de la vie domestique. (Eph√©siens 6.1 et suivants)

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