Ezéchiel 47

    • 1

      1 à 12 Le prophète commence par décrire, versets 1 à 7, ce qu'il a vu lui-même. Il communique ensuite, versets 8 à 12, les explications que lui donne son guide sur les effets merveilleux que produira le torrent.

      Il me ramena : du parvis extérieur (46.21) au parvis intérieur en face du temple.

      Les mots : et voici, indiquent la surprise d'Ezéchiel à la vue de ce spectacle tout nouveau : une source jaillissant du temple même et qu'il n'avait point encore aperçue.

      De dessous le seuil. C'√©tait le seuil du vestibule. La Maison (Saint des saints et Lieu saint) √©tait en quelque sorte la caverne du pied de laquelle s'√©chappait cette eau. C'est que J√©hova √©tait pr√©sent, dans la Maison (43.7), et cette eau √©tait une √©manation de sa vie¬†; comparez Apocalypse 22.4 : Et il me montra un fleuve d'eau vive qui sortait du tr√īne de Dieu et de l'agneau.

      Du c√īt√© de l'orient. Cela r√©sultait naturellement de l'orientation de la Maison qui avait sa fa√ßade √† l'est.

      S'√©coulaient du c√īt√© droit : de telle sorte que d√®s son apparition l'eau prenait d√©j√† la direction sud-est. En effet, le temple √©tant orient√© √† l'est, la droite doit d√©signer le midi.

      L'eau en continuant à couler dans cette direction devait naturellement passer au midi de l'autel des holocaustes.

      2

      Le guide, pour faire voir au proph√®te ce que deviennent ces eaux, le fait sortir de l'enceinte sacr√©e par le portique septentrional (Figure 1,F) et longer ext√©rieurement le grand mur, d'abord sur le c√īt√© du nord, puis sur le c√īt√© de l'est, jusqu'au portique oriental ext√©rieur (B). Ce d√©tour √©tait n√©cessaire puisque les deux portiques orientaux √©taient ferm√©s (44.1¬†; 46.1).

      Et voici... Ez√©chiel est √©tonn√© de retrouver l√† ces eaux qui avaient d√Ľ traverser, pour repara√ģtre au dehors du mur d'enceinte, les terrasses des deux parvis et leurs murailles.

      A droite : du portique oriental : entre ce portique et l'angle sud-est de l'enceinte.

      3

      Il sortit : il s'éloigna de l'enceinte.

      Un cordeau. Dès 40.3, première arrivée d'Ezéchiel au portique oriental, le guide avait en main une perche et un cordeau. Jusqu'ici, il ne s'était servi que de la perche. Maintenant, il prend le cordeau en vue de l'office qu'il va remplir.

      Mille coudées : à partir du mur d'enceinte et en suivant le cours du torrent.

      La plante des pieds. Un ch√©tif commencement¬†! Ez√©chiel en re√ßoit l'impression bien plus vive, en traversant lui-m√™me cette eau, que si le guide l'e√Ľt mesur√©e sous ses yeux.

      4

      Ce grossissement des eaux que le guide fait constater à Ezéchiel, n'était pas moins merveilleux que leur origine, puisque le torrent n'avait reçu aucun affluent. Il était donc manifeste que ces eaux possédaient la vertu de se multiplier ; magnifique emblème de la vie dont le caractère essentiel est de pouvoir se reproduire elle-même.

      6

      As-tu vu ? Le guide veut dire : As-tu vu ce grossissement rapide ? Eh bien, il est inutile d'aller l'observer plus loin ; car il continue dans la même progression. Maintenant retourne-toi et viens contempler autre chose.

      7

      Lorsque Ez√©chiel se retourne, il aper√ßoit un admirable spectacle : des arbres ornent les deux rives du fleuve. Ces arbres venaient d'appara√ģtre pendant qu'Ez√©chiel descendait le torrent. Autrement, il n'e√Ľt pas manqu√© de les mentionner auparavant. Il assiste √† la production des arbres comme √† celle du torrent lui-m√™me, qui en cet instant les a fait na√ģtre sur son cours.

      8

      8 √† 12 Ez√©chiel a vu¬†; mais en r√©alit√©, il ne sait rien encore. Car il ne comprend pas le but de toute cette cr√©ation nouvelle √† laquelle il assiste. Il l'apprend maintenant par l'explication suivante que lui donne son guide, d'abord sur la destination du torrent (versets 8 √† 11), puis sur l'excellence des arbres qu'il fait na√ģtre (verset 12). Cette communication est comme une proph√©tie dans la proph√©tie elle-m√™me¬†; de l√† les verbes futurs : ces eaux s'en vont √† la mer, et elles y entreront... etc., ces arbres cro√ģtront..., produiront, etc.

      Il est impossible que les eaux que le prophète vient de voir jaillir, soient censées suivre, comme on l'a pensé, la vallée du Cédron. Car cela ne les conduirait point à la Plaine qui est à l'est et au nord-est de Jérusalem. Pour que le torrent en suivant la direction sud-est, vienne à traverser un district oriental et à atteindre l'Araba (voir ci-dessous), il faut qu'il prenne sa source beaucoup plus au nord ; ce qui s'accorde bien avec toutes les indications sur l'emplacement du nouveau temple, (40.2, note et 48.8 et suivants).

      Le district oriental. Littéralement le cercle oriental. Cette expression désigne sans doute la même contrée qui (Josué 22.10) est appelée : les districts (cercles) du Jourdain, à savoir les contrées qui avoisinent ce fleuve sur sa rive droite. On verra que c'est là la lisière orientale de la Terre Sainte d'après ses nouvelles limites (verset 18 et suivants).

      La Plaine : en h√©breu, Araba¬†; la partie m√©ridionale de la vall√©e du Jourdain depuis l'endroit o√Ļ cette vall√©e s'√©largit, jusqu'√† l'embouchure du fleuve. C'√©tait autrefois, comme maintenant, une plaine presque enti√®rement st√©rile.

      C'est pour aller... Litt√©ralement (sans changer le texte, comme le font plusienrs interpr√®tes) : ces eaux sont celles qui ont jailli pour aller √† la mer. On applique ordinairement le terme h√©breu (moutsa√Įm) √† l'embouchure des eaux dans la mer. Mais on est plus fid√®le au texte en l'appliquant √† leur origine, comme au commencement du verset : Elles couleront... jusqu'√† la mer : c'est pour la mer qu'elles se sont mises √† couler. Cette mer est celle que nous appelons la mer Morte dont le plus ancien nom est celui de mer Sal√©e (Gen√®se 14.3), et qui porte ici (verset 48), comme Jo√ęl 2.20, celui de mer Orientale. Elle a 73 kilom√®tres de longueur, et 17,8 kilom√®tres de largeur, vers le milieu. C'est l'enfoncement le plus profond connu √† la surface de notre globe (394 m√®tres au-dessous du niveau de la M√©diterran√©e). L'eau est compl√®tement satur√©e de sel et m√™l√©e de bitume. Les poissons de mer eux-m√™mes, √† plus forte raison ceux d'eau douce, y p√©rissent √† l'instant. Par sa nature donc, ainsi que par le souvenir qu'elle rappelle (Gen√®se 19.24), cette mer est propre √† devenir le type de l'humanit√© corrompue et condamn√©e.

      9

      Tout être vivant qui pullule ; comparez Genèse 1.21. Tous les êtres qui à l'ordinaire vivent et pullulent dans l'eau, mais qui ne le pouvaient dans cette mer, à mesure que les eaux du torrent y pénétreront et y avanceront, pourront désormais y vivre.

      Les deux torrents. Cette expression a causé beaucoup d'embarras aux interprètes ; on a même recouru à des corrections. Elle s'explique facilement si l'on admet que le torrent sortant du temple a rejoint le Jourdain au-dessus de son embouchure dans cette mer. Jusqu'ici, les eaux douces du Jourdain avaient été impuissantes à renouveler celles de la mer. Unies maintenant à celles du torrent, elles concourent à ce résultat.

      Le poisson. Le prophète fait ressortir particulièrement ce trait en vue de ce qui suit.

      10

      Cette abondance toute nouvelle de poissons, indiquée au verset 9, est décrite au verset 10 avec toutes ses conséquences.

      Des p√™cheurs. La vie humaine elle-m√™me avec l'activit√© qui l'accompagne, repara√ģtra sur ces rivages jusqu'ici plong√©s dans la solitude et la mort.

      D'En-Gu√©di (la source du bouc) jusqu'√† En-Egla√Įm, (la source des deux veaux) : En-Gu√©di, c'est une petite oasis d'une v√©g√©tation luxuriante due √† la source qui l'arrose (Cantique 1.14)¬†; elle est situ√©e sur la rive occidentale de la mer √† peu pr√®s √† √©gale distance de ses extr√©mit√©s nord et sud. La situation d'En-Egla√Įm est inconnue. On a pens√© que cet endroit devait se trouver sur la rive orientale en face d'En-Gu√©di, pour que tout le pourtour de la mer f√Ľt ainsi d√©sign√© ici. Mais les p√™cheurs ne tendent pas leurs filets au travers d'une mer de quatre lieues de largeur. Il faut donc supposer qu'En-Egla√Įm se trouvait aussi sur la rive occidentale, soit au nord, soit au sud d'En-Gu√©di.

      Selon son espèce. D'après Genèse 1.21, cette expression indique la conservation et la multiplication de la race et, par conséquent, la puissance de vie dont elle est douée.

      Comme celui de la grande mer, c'est-à-dire de la Méditerranée. Les espèces seront aussi diverses et nombreuses que celles de cette mer.

      11

      Il y a sur les rivages de la mer de petits lacs ou de simples mares qui restent séparés du bassin principal par des bancs de sable et qui ne seront point assainis par l'action vivifiante des eaux du sanctuaire. Le voyageur Robinson raconte qu'au printemps, quand la mer Morte déborde, ses eaux se répandent dans les terrains bas qui l'entourent ; puis, en été, lorsque le niveau de la mer baisse de nouveau, les eaux demeurées dans ces étangs s'évaporent en laissant sur le sol une couche de sel ; comparez Sophonie 2.9.

      12

      L'explication du guide va, comme précédemment le regard d'Ezéchiel (versets 5 et 7), des eaux aux arbres. Les deux rives du torrent, depuis l'enceinte du sanctuaire jusqu'à la mer, sont transformées comme en un nouvel Eden.

      Pour les images ; comparez Psaumes 1.3 (avec la gradation de : en son temps à en tout temps), et Jérémie 17.8. Les feuilles mêmes de ces arbres ont leur vertu ; comparez Apocalypse 22.2.

      De nouveaux fruits : littéralement : des primeurs.

      Quelle est la signification de ce tableau¬†? Les uns le prennent au sens mat√©riel¬†; ils supposent qu'Ez√©chiel a attendu un prodige par lequel Dieu op√©rerait en faveur de son peuple restaur√© cette merveilleuse transformation. Et, √† supposer en effet que ce torrent d√Ľt √™tre un torrent d'eau mat√©rielle, il serait bien impossible d'expliquer par les seules forces de la nature comment il pourrait descendre d'une hauteur qui n'est domin√©e par aucune autre, grossir par sa propre force et sans recevoir aucun affluent, faire produire au sol des arbres qui ne se fl√©trissent point et transformer un lac satur√© de sel en une mer poissonneuse¬†! Il faudrait donc dans ce sens admettre un miracle permanent¬†; miracle qui aurait pour but, selon les uns, d'assurer au nouvel Isra√ęl de l'eau √† boire, selon les autres, de f√©conder les arides campagnes de Juda.

      Mais pour atteindre ce but tout ext√©rieur, Dieu aurait eu des moyens plus simples et tout naturels. Il n'avait qu'√† assurer la r√©gularit√© des pluies et des ros√©es, qui suffisaient √† faire de la Terre Sainte, comme il est dit Deut√©ronome 8.7, un pays de torrents d'eau, de fontaines et d'ab√ģmes jaillissant dans les vall√©es et dans les montagnes. Et le moyen naturel e√Ľt m√™me √©t√© pr√©f√©rable √† l'autre, puisque le pays tout entier en e√Ľt b√©n√©fici√©, tandis que le torrent ne pouvait f√©conder que ses deux rives. A quoi bon d'ailleurs le conduire dans l'Araba d√©j√† travers√©e par le Jourdain¬†? Mais, surtout, le but que l'on essaie d'attribuer √† l'Ňďuvre divine ici d√©crite, n'est point celui que le proph√®te lui-m√™me lui assigne. D√®s l'instant m√™me o√Ļ les eaux myst√©rieuses jaillissent de dessous le temple, elles prennent directement leur route vers le sud-est¬†; leur but est par cons√©quent la mer Morte. C'est ce qui est dit express√©ment au verset 8. Ces eaux sont celles qui ont jailli pour aller √† la mer, afin d'en assainir les eaux. Le but de l'existence de ce torrent n'est donc pas d'arroser le pays, ni d'en abreuver les habitants, mais de purifier cette mer. Dira-t-on que cette purification est destin√©e √† procurer du poisson aux habitants¬†? Il n'y aurait aucune proportion entre un but si mesquin et une cause si prodigieuse. Il faut donc renoncer √† l'interpr√©tation grossi√®rement litt√©rale.

      Ez√©chiel avait annonc√© 36.25-26, que Dieu r√©pandrait des eaux pures sur son peuple et que, nettoy√©s de leurs souillures, ils recevraient un cŇďur nouveau et un esprit nouveau, un cŇďur de chair √† la place de leur cŇďur de pierre. C'est cette promesse dont il contemple ici l'accomplissement √©tendu d√©sormais au monde entier. Dans ce torrent qui sort de la demeure de Dieu, qui grossit sans aucun secours du dehors, et qui, tout en f√©condant ses rives, s'en va purifier la mer maudite o√Ļ jusqu'ici rien ne pouvait vivre, dans ce spectacle, c'est une divine histoire qui se d√©roule √† ses regards, celle de l'action de l'Esprit dans l'humanit√©. Voici les traits qui ressortent surtout dans ce tableau proph√©tique :

      1. L'origine divine du torrent. C'est l'entrée de Dieu dans le sanctuaire, dont il vient de faire son habitation éternelle (43.1 et suivants), qui seule explique la naissance de ce fleuve vivifiant.
        Il y a ici plus que le temple, a dit Celui qui portait en lui la conscience d'être la vivante habitation de Dieu sur la terre, et c'est de sa personne qu'est procédée l'effusion de ]'Esprit saint qui renouvelle l'humanité.
      2. La force interne du torrent. Presque imperceptible d'abord, ce torrent grossit sans affluent et par sa vertu propre ; chaque goutte de cette eau qui sort du sanctuaire devient une source, une source de sources.
        Ainsi l'action de l'Esprit a gandi sans appui ext√©rieur. Inapparente au d√©but, elle s'est bient√īt manifest√©e comme une irr√©sistible puissance, se faisant imm√©diatement de chacun de ceux sur qui elle s'exer√ßait un agent de sa propagation. D'un seul, elle a pass√© sur cent-vingt¬†; bient√īt ceux-ci sont devenus trois mille, puis cinq mille¬†; (Actes 1.15¬†; 2.41¬†; 4.4)¬†; d√®s lors, on a cess√© de les compter, comme Ez√©chiel de mesurer le torrent.
      3. Les effets merveilleux de ces eaux qui purifient et fertilisent. Le torrent se dirige vers le séjour de la mort et de la condamnation la mer maudite, qui est en dehors des limites de la nouvelle Canaan ; en s'y rendant, et comme en passant, il féconde ses deux rives.
        La mer Morte ne peut √™tre ici que l'embl√®me de ce qu'il y a de plus compl√®tement d√©grad√© et perdu au sein de l'humanit√©, du monde pa√Įen. L'Esprit saint est comme attir√© vers ce r√©ceptacle de souillures et de mis√®res qu'il se propose de purifier. Et partout o√Ļ il p√©n√®tre, la souillure fait place √† la saintet√©, la mort √† la vie. Les peuples et les individus sont comme cr√©√©s de nouveau.
        Les lagunes et les mares qui ne sont point assainies représentent la portion de l'humanité qui reste fermée à ce travail sanctifiant de l'Esprit. Le sel qui demeure sur le sol est ici, comme souvent, un symbole de stérilité et de malédiction ; comparez Deutéronome 29.23 ; Juges 9.45.
        En m√™me temps que le torrent porte le salut aux nations encore plong√©es dans l'idol√Ętrie et dans la barbarie, il produit les effets les plus bienfaisants l√† o√Ļ d√©j√† il habite. Les arbres fruitiers sont le symbole de son activit√© chez ceux dont il a renouvel√© le cŇďur et la vie, avant tout en Isra√ęl, premier objet de son action. Leurs fruits de saintet√© et de charit√© r√©pondent aux plus nobles aspirations des hommes (fruits bons √† manger) et apaisent successivement toutes les douleurs, cons√©quences du p√©ch√© (feuilles bonnes pour gu√©rir).

      Cette interpr√©tation, √† laquelle nous a conduit une parole d'Ez√©chiel lui-m√™me, est aussi la seule qui r√©ponde √† la grandeur du tableau. Dans l'emploi de l'image principale, Ez√©chiel a eu un devancier, Jo√ęl 3.18, qui voit jaillir de la Maison de l'Eternel. une source arrosant la vall√©e de Sittim (peut-√™tre celle du C√©dron). Il a eu aussi un successeur, Zacharie 14.8, qui trace le tableau d'un torrent d'eaux vives sortant de J√©rusalem, dont la moiti√© se rend √† la mer orientale, l'autre √† la mer occidentale (voir aux passages cit√©s, notes). L'image dans chaque proph√®te doit √™tre expliqu√©e d'apr√®s le contexte.

      Il nous reste √† rappeler, en terminant, le passage d'Ez√©chiel (16.53-55) o√Ļ il pr√©sente Sodome, Samarie et J√©rusalem comme trois sŇďurs, dont les deux premi√®res ne seront pas moins mis√©ricordieusement trait√©es que la troisi√®me. La mer Morte, qui recouvre Sodome, purifi√©e par un torrent qui sort du temple situ√© au centre de la Samarie, tandis que J√©rusalem est pass√©e sous silence¬†; quelle √©tonnante harmonie entre ces intuitions proph√©tiques si distantes quant au temps et si diverses quant √† la forme¬†!

      13

      47.13 à 48.35 (voir Figure 8 et Figure 9).

      Dans le tableau proph√©tique qui pr√©c√®de, Ez√©chiel a contempl√© le salut divin d√©passant les limites de la Palestine qui en a √©t√© le berceau, et atteignant jusqu'aux extr√©mit√©s du monde pa√Įen. Il revient maintenant √† cette Terre Sainte qu'Isra√ęl doit occuper de nouveau et il en trace les limites ainsi que la r√©partition nouvelle. S'il ne s'occupe pas, √† ce point de vue politique et social, des autres nations dont il vient de pr√©dire le rel√®vement spirituel, c'est qu'il lui suffit de pr√©senter dans l'organisation d'Isra√ęl restaur√© le prototype d'une terre reconstitu√©e.

      Comme Dieu est entr√© dans son repos en prenant possession de la demeure parfaite qu'il s'√©tait pr√©par√©e (43.1 et suivants), ainsi Isra√ęl n'entrera dans le sien que sur sa terre, une fois qu'elle sera r√©ellement √† lui, et que tout y sera r√©gl√© selon la loi d'une justice parfaite.

      Et d'abord les frontières de cette nouvelle Canaan : versets 13 à 20.

      Une vall√©e. Cette expression ne d√©signe point n√©cessairement une seule vall√©e¬†; elle peut parfaitement √™tre prise dans le sens collectif : des vall√©es. Cependant m√™me dans ce sens, elle a paru absurde aux interpr√®tes anciens et modernes¬†; et ils ont d'un commun accord corrig√© le texte h√©breu en lui faisant signifier par le changement d'une seule lettre : (z√©h pour g√©h) : Voici les limites. C'est bien ainsi sans doute qu'Ez√©chiel s'exprime au verset 15, o√Ļ le texte h√©breu pr√©sente vraiment z√©h et o√Ļ commence en effet l'indication d√©taill√©e des fronti√®res. Nous nous permettons donc de hasarder une interpr√©tation qui rend cette correction superflue. Ce seront, selon Ez√©chiel, des vall√©es, c'est-√†-dire des fronti√®res naturelles, qui d√©termineront les limites de la Terre Sainte : √† l'est, la grande vall√©e du Jourdain; car il n'y a plus de tribu de l'autre c√īt√© de ce fleuve, comme il y en avait autrefois (Gad, Ruben et la moiti√© de Manass√©); au sud, les deux wadis indiqu√©s verset 19; √† l'ouest, la limite est naturellement la M√©diterran√©e; pour le nord, voir versets 15 √† 17.

      Les douze tribus : en comptant, comme pr√©c√©demment, Joseph pour deux (Ephra√Įm et Manass√©, Gen√®se 48.5-6), et en retranchant L√©vi qui a une part sp√©ciale dans le territoire consacr√©.

      Des parts : plus d'une (deux).

      14

      Une part : Toutes ces parts doivent être égales ; il n'en était pas ainsi dans la répartition faite par Josué (Nombres 26.52-54). Toutes les tribus sont ici, parait-il, supposées égales en nombre.

      L'un comme l'autre. Cette expression est expliquée par la formule répétée à l'occasion de chaque tribu : de la frontière orientale à la frontière occidentale. Le territoire de chaque tribu doit partir de la Méditerranée à l'ouest, et aboutir au Jourdain, à l'est. Il doit comprendre par conséquent une partie de la plaine maritime, une partie du plateau et une partie de la vallée du Jourdain. Les tribus ont ainsi toutes, l'une comme l'autre, part aux divers avantages et aux productions variées de ces trois zones qui se partagent le pays, du nord au sud. C'est par cette juste répartition que la nouvelle Canaan devient le type de toute organisation normale. Cette répartition est absolument différente de l'ancienne.

      Promis : comparez 20.5-6.

      15

      15 à 17 Frontière septentrionale.

      C'est la plus difficile √† reconna√ģtre¬†; car les noms indiqu√©s sont presque tous inconnus. Elle doit √™tre √† peu pr√®s, sinon tout √† fait, identique √† celle trac√©e par Mo√Įse Nombres 34.7-9. Ez√©chiel nous para√ģt l'esquisser versets 15 et 16, puis la r√©sumer au verset 17.

      De la grande mer. On ne voit pas plus ici que dans les Nombres de quel point de la c√īte part cette limite. D'apr√®s ce qui suit, nous pensons que c'est de l'embouchure du L√©ont√®s. Ts√©dad para√ģt √™tre la ville de Tsudud, situ√©e beaucoup plus au nord, entre Damas et H√∂ms. Le chemin de Ts√©dad allait donc dans la direction septentrionale, ce que confirme le parall√®le Nombres 34.8 o√Ļ au lieu de : le chemin allant √† Tsedad, il y a : le chemin allant √† Hamath (comparez 48.1).

      La frontière devait donc suivre la vallée du Léontès dont la partie supérieure va du nord au sud. La ville inconnue de Héthlon pouvait se trouver au coude que forme le Léontes, quand après avoir coulé du nord au sud, il se tourne tout à coup à l'ouest vers la Méditerranée.

      16

      De l√† la fronti√®re longeait d'abord le territoire de Hamath, qu'il faut bien distinguer de la ville elle-m√™me situ√©e beaucoup plus au nord. Puis elle tournait √† l'est vers le territoire des deux villes de B√©rotha (2Samuel 8.8) et de Sibra√Įm, situ√©es sans doute dans la grande vall√©e appel√©e CŇďl√©-Syrie et dans l'Antiliban. L√† elle touchait au territoire de Damas et revenait au sud jusqu'au pays qu'Ez√©chiel d√©signe, avec les inscriptions assyriennes, du nom de Hauran, et que l'Ancien Testament appelle plus ordinairement Basan. Ici se trouvait le bourg de Hatzer-Hatthicon (Cour du milieu) o√Ļ se rencontraient la fronti√®re de Damas, celle du Hauran et celle d'Isra√ęl. Il formait l'angle nord-est de cette derni√®re.

      17

      Jusqu'à la mer signifie : en se rapprochant de la mer depuis le point extrême de la frontière opposée.

      Hatsar-Enon signifie : Cour des sources, et se trouvait probablement tout près du lieu précédent, qui a un nom analogue. Seulement il était sur le sol israélite. Il formait, également d'après Nombres 34.9-10, l'angle nord-est de la frontière. Son nom fait penser qu'il se trouvait près des sources du Jourdain, au pied du Hermon.

      En rétrogradant de l'est à l'ouest reviennent les territoires de Damas et de Hamath, et entre les deux un territoire allant plus au nord, qui est assurément celui des deux villes nommées verset 16.

      18

      Frontière orientale.

      Elle part du point o√Ļ se rencontraient les fronti√®res du Hauran, au sud de Damas, et de Damas au nord¬†; puis se dirigeant au sud, elle co√Įncide avec le Jourdain qui s√©pare Galaad et la terre d'Isra√ęl. Elle arrive ainsi √† la mer Morte qu'elle laisse en dehors et aboutit √† l'extr√©mit√© m√©ridionale de cette mer.

      19

      Frontière méridionale.

      Comme la fronti√®re du nord se dirige vers le nord le long du L√©ont√®s, ainsi celle du sud, au lieu d'aller droit √† l'ouest, commen√ße par se diriger vers le sud. Elle remonte le wadi Fikr√©h qui aboutit √† l'extr√©mit√© sud de la mer Morte, et passant la petite cha√ģne d'o√Ļ descend ce torrent, elle redescend de l'autre c√īt√© le wadi El-Arisch, le torrent d'Egypte, qui se jette dans la M√©diterran√©e.

      Thamar : cette localité est mentionnée par l'historien Eusèbe ; elle se trouvait sur la route d'Hébron au golfe oriental de la mer Rouge, à une Journée d'Hébron, par conséquent à l'entrée du Ghor iduméen.

      Kadès (Nombres 20.1-2) ; dans l'oasis montagneuse située juste au point de séparation des eaux des deux grands wadis que nous venons d'indiquer.

      20

      L'entr√©e de Hamath : Cette expression ne peut d√©signer que le point o√Ļ la vall√©e du L√©ont√©s s'ouvre sur la M√©diterran√©e.

      Il est par cons√©quent vrai de dire que les fronti√®res de la Canaan trac√©es par Ez√©chiel sont form√©es par des vall√©es, au nord celles du L√©ontes et de la CŇďl√©-Syrie, √† l'est celle du Jourdain, au sud celles des deux wadis, qui lient en quelque sorte la mer Morte et la M√©diterran√©e. La le√ßon du texte h√©breu encore ici se justifie donc parfaitement.

      21

      21 à 23 Le verset 21 se rapporte au partage du pays entre les tribus et les 22 et 23 à la distribution du territoire de chaque tribu entre les familles qui la composent.

      Les √©trangers. Il ne s'agit pas de simples passagers mais de pa√Įens √©tablis qui sont devenus membres d'Isra√ęl comparez 44.5-9. La loi ordonnait d√©j√† de traiter de telles personnes avec humanit√©, L√©vitique 19.34¬†; elle autorisait aussi dans certains cas l'admission dans l'assembl√©e de l'Eternel de leurs descendants √† la troisi√®me g√©n√©ration (Deut√©ronome 23.7-8). Ici, d√®s la premi√®re g√©n√©ration, de tels pa√Įens sont mis sur le pied d'une parfaite √©galit√© avec les Isra√©lites et tirent au sort avec eux dans la tribu o√Ļ ils sont √©tablis. Cet √©l√©ment dans la composition de l'Isra√ęl nouveau renferme un principe d'une incalculable port√©e¬†; comparez Eph√©siens 2.19, o√Ļ saint Paul √©crit aux pa√Įens croyants : Ainsi vous n'√™tes plus √©trangers et gens du dehors, mais concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu.

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