TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

Jean 18

    • 1 Quatri√®me partie. Ch. 18 √† 20

      La mort et la résurrection du Fils de Dieu consommant l'incrédulité des Juifs et la foi des disciples.

      La Passion

      Chapitre 18.

      1 à 11 Jésus se livre à ses ennemis.

      Grec¬†: J√©sus sortit au del√† du torrent. C'est, selon toute apparence, alors seulement qu'il quitta la salle o√Ļ il avait c√©l√©br√© La P√Ęque et prononc√© tous les discours qui pr√©c√®dent, jusqu'√† Jean 17. On peut, il est vrai, sous-entendre¬†: (il sortit) de la ville. Le circonstanciel qui suit¬†: au del√† du torrent fait croire que l'√©vang√©liste pensait √† la sortie de la ville plut√īt qu'√† celle de la salle (de Wette)¬†; mais il n'en r√©sulte pas que J√©sus e√Ľt quitt√© la salle avant la fin des entretiens. (Voir Jean 14.31, note.)

      Le torrent du Cédron est un ravin sans eau, un "ouadi" suivant l'expression usitée en Palestine.

      Le mot grec, qui ne se trouve qu'ici dans le Nouveau testament, mais que les Septante appliquent au Cédron dans 2Samuel 15.23 ; 1Rois 2.37, désigne un ruisseau "qui coule en hiver," ou à la suite de pluies exceptionnelles. De nos jours on ne voit un peu d'eau dans le Cédron qu'à la suite de chutes d'eau extraordinairement abondantes, qui sont loin de se produire tous les hivers.

      Il est possible que dans les temps anciens, o√Ļ la contr√©e √©tait moins aride, le vallon moins combl√© par les d√©bris, et o√Ļ les eaux du temple, avec le sang des victimes et les d√©tritus de toute sorte, se d√©versaient dans ce ravin, on y vit couler plus souvent un ruisseau aux ondes bourbeuses. Celles-ci lui auraient valu son nom de C√©dron, le "noir√Ętre." (Job 6.16)

      D'autres dérivent ce nom de la couleur du terrain.

      Le texte présente deux variantes qui proviennent de la confusion que les copistes ont faite du nom propre Cédron avec le substantif cèdre. Sin., D portent : le torrent du cèdre, B, C : le torrent des cèdres.

      - Le jardin o√Ļ J√©sus se rend est appel√©, dans les synoptiques, Geths√©man√©. (Matthieu 26.36. Note¬†; Luc 22.39)

      L'enclos que la tradition désigne comme l'emplacement de ce jardin est situé au bas de la pente du mont des Oliviers, à peu de distance du lit du Cédron.

      2 Cette remarque de l'évangéliste prépare le récit de la trahison de Judas. Pendant ses séjours à Jérusalem, Jésus s'était réuni souvent avec ses disciples dans ce lieu solitaire. (Comparer Luc 21.37 ; 22.39)

      - C'est à ce moment que se place le combat moral du Sauveur raconté par les synoptiques et omis par Jean. La critique négative explique cette omission en prétendant que les profondes souffrances morales de Jésus en Gethsémané ont paru à notre évangéliste incompatibles avec le caractère divin du Christ, tel qu'il nous le représente.

      Que faut-il taire alors de la scène si semblable à celle de Gethsémané qu'il nous raconte au Jean 12.20-23 de son évangile ?

      Et pourquoi omet-il l'histoire de la transfiguration, si propre à faire ressortir la gloire du Christ ? Pourquoi encore passet-il sous silence l'institution de la cène et tant d'autres traits rapportés par les premiers évangiles ? Précisément parce qu'il savait que ces traits de la vie de Jésus étaient trop connus de toute l'Eglise pour qu'il fut nécessaire de les répéter.

      3 Il faut remarquer ces mots : de la part des principaux sacrificateurs et des pharisiens, qui nous montrent ces deux classes d'hommes comme les instigateurs de toute cette scène. Judas ne faisait que servir de guide à la troupe envoyée par eux.

      - La cohorte était probablement un détachement de la légion romaine qui occupait la citadelle Antonia et non, comme le prétendent plusieurs exégètes, la garde lévitique du temple. (Matthieu 27.27 ; Actes 21.31)

      Le sanh√©drin avait obtenu du gouverneur que cette cohorte, command√©e par le tribun lui-m√™me, (verset 12) pr√™tait main forte √† ses huissiers, non qu'il s'attend√ģt √† une r√©sistance s√©rieuse de la part de J√©sus et de ses disciples, mais parce qu'il redoutait que l'arrestation du proph√®te galil√©en ne suscit√Ęt quelque tumulte parmi le peuple. (Matthieu 26.5)

      - Ces lanternes, ces flambeaux et ces armes trahissent les précautions exagérées de la peur chez les ennemis du Sauveur.

      4 Il le savait, non seulement parce qu'il le concluait de ce qui se passait sous ses yeux, mais par sa science divine. (Jean 2.25 ; 6.64 ; 19.28)
      5 C'est au moment o√Ļ J√©sus s'avan√ßa (grec sortit) hors du cercle de ces disciples ou de l'int√©rieur du jardin, que Judas, qui pr√©c√©dait la troupe, (Matthieu 26.47) lui donna son perfide baiser.

      On a prétendu (de Wette) que puisque ce signal convenu avait déjà été donné, il devenait inutile pour Jésus de faire cette question : Qui cherchezvous ? et de se désigner lui-même par ce mot : C'est moi.

      Ainsi on met le r√©cit de Jean en contradiction avec celui des premiers √©vangiles. Mais on oublie que J√©sus ne pouvait pas laisser croire qu'il √©tait la dupe et la victime d'une indigne ruse¬†; il voulait, au contraire, prouver, d√®s l'abord, qu'il se livrait volontairement, h√©ro√Įquement √† la mort. Il voulait, en outre, prot√©ger ses disciples du danger pr√©sent. (versets 8,9) Voil√† pourquoi il s'avance au-devant de ses ennemis et se nomme √† eux.

      Pourquoi cette remarque, qui para√ģt superflue apr√®s le verset 3¬†? Les interpr√®tes l'expliquent de diverses mani√®res. Les uns y voient une preuve de l'impudence du tra√ģtre qui pouvait se tenir l√† en un tel moment (L√ľcke, Tholuck), d'autres (Meyer), le signe de ce qu'il y avait de tragique dans sa situation¬†; (Jean 17.12, note) de telles remarques sont tr√®s fr√©quentes dans notre √©vangile¬†; d'autres encore, parce que ces mots se trouvent entre la r√©ponse de J√©sus et l'effet redoutable qu'elle eut, (verset 6) pensent qu'ils doivent servir √† expliquer cet effet, Judas aurait √©t√©, lui le tout premier, saisi de crainte, et son impression se serait communiqu√©e aux autres. (Luthardt, Weiss, Godet.)

      Il nous semble que l'opinion de Meyer est la plus simple et la plus vraisemblable.

      6 Les exégètes se divisent sur la question de savoir si ce fut là un effet naturel psychologiquement explicable par la situation, en ce moment tragique, ou si ce fut un miracle par lequel Jésus prouvait qu'il avait la puissance de rester libre, et qu'il se livrait volontairement, parce que son heure était venue. (Jean 17.1)

      Sans aucun doute, ce fut la majesté divine de son regard et de sa parole qui eut cet effet. (Comparer Jean 2.13-17 ; 7.44-46)

      Mais que cet effet f√Ľt accidentel, ou voulu de celui qui le produisit, c'est ce que le texte ne dit pas et ce qu'il est vain de conjecturer.

      9 On le voit, Jésus veut se livrer seul au danger et en préserver ses disciples.

      Quoi qu'en dise Meyer, ces mots : laissez aller ceux-ci, font supposer que les huissiers avaient déjà mis la main sur quelques-uns d'entre eux.

      Aussi Jean voit-il dans cette d√©livrance un dernier accomplissement de la parole de son Ma√ģtre. (Jean 17.12) Non qu'il limite le sens de cette parole √† une pr√©servation toute corporelle, mais il sait bien que si les disciples avaient d√Ľ, alors, subir le jugement et le supplice de leur Ma√ģtre, la foi de plusieurs aurait d√©failli et ne se serait pas relev√©e comme celle de Pierre.

      De leur sauvegarde mat√©rielle d√©pendait donc √† ce moment le salut de leur √Ęme.

      10 Voir, sur ce récit, Matthieu 26.51 ; Marc 14.47 ; Luc 22.50.

      Cette action de Pierre d√©note chez lui un grand courage, beaucoup d'amour pour son Ma√ģtre, la r√©solution de tenir la parole qu'il avait donn√©e peu auparavant, (Jean 13.37) mais aussi un z√®le charnel, qui courait le risque de compromettre la cause de J√©sus¬†; aussi J√©sus repousse-t-il ce moyen de la d√©fendre. (verset 11)

      - Notre évangéliste consigne ici les noms de Simon Pierre et de Malchus, que les synoptiques avaient prudemment passés sous silence.

      Un tel fait, ainsi que ce petit détail : l'oreille droite, montre le témoin oculaire et la vérité historique du récit.

      "Comment, demande M. Godet, se persuader qu'un chr√©tien s√©rieux du second si√®cle, √©crivant loin de la Palestine, ait affich√© la pr√©tention de conna√ģtre le nom d'un domestique de la maison sacerdotale, et de plus le r√īle jou√© par un parent de ce domestique¬†? (verset 26) Un si pitoyable charlatanisme est il compatible avec le caract√®re de l'auteur du quatri√®me √©vangile¬†?"

      11 Donc, à la vue du danger que le faux zèle de Pierre allait faire courir à sa cause, Jésus l'arrête et le désapprouve.

      Que de maux épargnés à l'Eglise et à l'humanité si l'on n'avait pas si souvent oublié ou méprisé ce saint enseignement !

      Après avoir ainsi réprouvé l'emploi des armes charnelles dans son règne, Jésus accepte humblement toute la volonté de Dieu, la coupe qu'il lui a donnée.

      Cette image douloureuse de ses souffrances et de sa mort, la coupe, est certainement ici un écho de la prière de Jésus en Gethsémané. (Comparer Matthieu 26.39,46, note.)

      12 12 à 27 Jésus devant Anne. Reniement de Pierre.

      Jean nomme avec une intention marquée tous ceux qui coopérèrent à l'arrestation de Jésus : la cohorte, le tribun, les huissiers, puis il ajoute (grec) : prirent ensemble Jésus et le lièrent.

      M. Luthardt fait observer que cette expression peint l'effet de la terreur que tous ces gens venaient d'éprouver ; (verset 6) ils croient devoir réunir toutes leurs forces pour s'assurer d'un seul homme ; et, en outre, ils le lient. Jésus lié est resté dans le souvenir de son Eglise comme l'image touchante du sacrifice complet de la volonté.

      13 Voir, sur Anne (en hébreu Chanan, en grec Annas ou Ananos), Luc 3.2, note.

      Jean indique ici la raison (car) de cette comparution de J√©sus devant Anne, omise par les premiers √©vangiles¬†: c'est qu'il √©tait beau-p√®re de Ca√Įphe, le souverain sacrificateur, et qu'ayant lui-m√™me rev√™tu longtemps cette charge, on crut que cette marque de d√©f√©rence √©tait due √† son √Ęge et √† son influence.

      Il devait donc, pendant qu'on assemblait le sanh√©drin chez Ca√Įphe, pr√©parer l'audience qui allait suivre et peut-√™tre, en interrogeant J√©sus, lui arracher quelque parole dont on p√Ľt profiter. (verset 19)

      - Sur cette expression : sacrificateur de cette année-là, voir Jean 11.49, note, et, quant à la différence du récit de Jean avec celui des synoptiques, comparez verset 16, note.

      14 Comparer Jean 11.49-51.

      Notre √©vang√©liste rappelle cette parole inique de Ca√Įphe pour montrer ce que J√©sus avait √† attendre d'un juge dont le parti √©tait ainsi pris d'avance. La proph√©tie involontaire de Ca√Įphe allait s'accomplir.

      15 Les manuscrits se partagent entre un autre (Sin., B, A) et l'autre disciple (avec l'article). Même en admettant la première leçon, Il n'y a pas lieu de penser que ce disciple soit un inconnu, citoyen de Jérusalem (Augustin, Calvin, Grotius) ou Jacques, frère de Jean (Godet).

      C'est notre évangéliste lui-même, qui, selon son habitude, évite de se nommer. (Jean 20.2,3,4,8. Voir l'introd.)

      Le verbe à l'imparfait : suivait Jésus, peint la situation.

      16 Comment Jean était connu dans la maison du souverain sacrificateur, c'est ce qu'on ignore et sur quoi il n'y a que des conjectures.

      Mais ici se pose une question plus importante. Quel est ce souverain sacrificateur dans la maison duquel les deux disciples viennent d'entrer¬†? Est ce Anne chez qui J√©sus a d'abord √©t√© conduit (verset 13) et qui portait encore ce titre¬†? ou bien est-ce Ca√Įphe, que l'√©vang√©liste vient de d√©signer express√©ment comme le "souverain sacrificateur de cette ann√©e l√†¬†?" (versets 13,14)

      La solution de cette question nous permettra de fixer le lieu de l'interrogatoire que va subir Jésus, (versets 19-23) et celui des divers reniements de Pierre, que notre récit fait commencer ici même. (verset 17)

      Apr√®s les mots¬†: ils l'emmen√®rent √† Anne, (verset 13) il ne peut √™tre question que de ce beau-p√®re de Ca√Įphe et de son palais C'est l√† que J√©sus fut interrog√© par Anne lui-m√™me et c'est l√† que Pierre le renia.

      Selon les synoptiques, au contraire, J√©sus fut conduit directement chez Ca√Įphe, dont le palais fut le th√©√Ętre de tous ces faits.

      Pour sauvegarder leur exactitude et faire dispara√ģtre le d√©saccord qu'il y a entre leur relation et le r√©cit de Jean, on a pr√©tendu que, dans tout ce r√©cit, (versets 13,15,19,23,24) le titre de souverain sacrificateur n'est donn√© qu'√† Ca√Įphe seul, qui en avait la charge¬†; et que, par cons√©quent, nous sommes ici dans son palais et qu'il est seul acteur dans cette sc√®ne.

      Mais comment expliquer alors le fait mentionn√© au verset 24 √† la suite de l'interrogatoire¬†? (versets 19-23) L'ancienne ex√©g√®se intercalait ce verset 24 imm√©diatement apr√®s le verset 13, ou prenait le verbe pour un plus-que-parfait, comme le traduit Ostervald¬†: "Or Anne l'avait renvoy√© √† Ca√Įphe," etc.

      C'est l√† ce qu'Ebrard appelle, avec raison, une ex√©g√®se de casse-cou. Il faut donc laisser toute cette sc√®ne chez Anne, o√Ļ l'a plac√©e notre √©vang√©liste, voulant r√©tablir ainsi un fait omis par les synoptiques.

      Seulement, il faut bien se garder de conclure de l√† que Jean nie ou ignore le jugement de J√©sus devant le sanh√©drin, sous la pr√©sidence de Ca√Įphe, jugement que les premiers √©vangiles racontent en d√©tail.

      En effet, Jean n'attribue aucune action officielle, aucune sentence à Anne, qui n'eut, avec Jésus, qu'un entretien privé. (verset 13, note.)

      Tout, au contraire, dans notre r√©cit, suppose et affirme le jugement officiel par Ca√Įphe. On conduit J√©sus premi√®rement √† Anne, (verset 13) et ce mot fait attendre ce qui eut lieu ensuite. Anne renvoie J√©sus √† Ca√Įphe. le souverain sacrificateur, son vrai juge. (verset 24)

      Enfin, apr√®s sa condamnation, J√©sus est emmen√© de chez Ca√Įphe au pr√©toire. (verset 28)

      Mais comment expliquer que les synoptiques aient non seulement confondu l'interrogatoire chez Anne avec la comparution devant Ca√Įphe, mais plac√© le reniement de Pierre dans le palais de Ca√Įphe, tandis qu'il avait eu lieu dans celui d'Anne¬†? Une telle erreur n'est elle pas invraisemblable¬†?

      La solution est des plus simples¬†: ces deux dignitaires, le beau-p√®re et le gendre, habitaient le m√™me palais, n'ayant qu'une seule cour. Ce n'est point l√† une supposition, mais un fait qui ressort avec √©vidence du r√©cit de Jean. En effet, au verset 18 nous voyons Pierre se chauffer pr√®s d'un feu dans la cour d'Anne o√Ļ il est entr√©¬†; et au verset 25, apr√®s que J√©sus a √©t√© conduit chez Ca√Įphe, nous retrouvons ce disciple aupr√®s du m√™me feu dans la m√™me cour.

      Ce fait indubitable est constat√© m√™me par de Wette, ainsi que par beaucoup d'autres interpr√®tes. M. Godet, tout en admettant la double comparution de J√©sus devant Anne d'abord, puis devant Ca√Įphe, pense que, d'apr√®s notre r√©cit, m√™me en pr√©sence d'Anne, J√©sus fut interrog√© par Ca√Įphe¬†; (versets 19-23) la mention de Ca√Įphe, au verset 13, fixerait d√®s ce moment l'attention du lecteur sur lui et rel√©guerait Anne √† l'arri√®re-plan.

      Mais si c'est Ca√Įphe qui a pr√©sid√© √† l'interrogatoire, (versets 19-23) il serait peu naturel que l'√©vang√©liste ajout√Ęt, sans autre¬†: (verset 24) "Anne donc l'envoya li√© √† Ca√Įphe, le souverain sacrificateur."

      Le titre de souverain sacrificateur est donn√© √† Anne. (Actes 4.6¬†; comparez Luc 3.2, note.) Et dans notre √©vangile m√™me, ce terme, au pluriel, les souverains sacrificateurs, est appliqu√© √† toute la classe des pr√™tres d'ordre sup√©rieur qui constituaient une portion notable du sanh√©drin, et qui tiennent le r√īle principal dans le proc√®s de J√©sus. (Jean 12.10¬†; 18.35¬†; 19.6,21)

      Il n'y a donc rien d'anormal à ce que dans notre passage, et notamment dans les versets 19,22, ce titre désigne Anne.

      17 Voir, sur le reniement de Pierre : Matthieu 26.69-75 ; Marc 14.66-72 ; Luc 22.55-62, notes.

      Cette servante, qui remplissait l'office de portière, savait sans doute que Jean était disciple de Jésus, (verset 15) et comme c'est à sa demande qu'elle laisse entrer Pierre, elle en conclut que ce dernier doit l'être aussi, de là sa question : N'es-tu pas, toi aussi ?

      Il y a du mépris dans les mots : disciple de cet homme.

      - Jean place le premier reniement pendant la comparution de J√©sus devant Anne¬†; les deux autres eurent lieu apr√®s qu'il eut √©t√© conduit √† Ca√Įphe. (versets 25-27)

      Luc confirme indirectement le récit de Jean en rapportant "qu'environ une heure" s'écoula entre les deux premiers reniements et le dernier. (Luc 22.59)

      Cette circonstance aggrave singulièrement le péché de ce pauvre disciple, puisqu'il eut, entre la première attaque et la troisième, tout le temps de la réflexion.

      18 Jean, si exact en tous ces détails distingue ici les serviteurs de la maison et les huissiers du sanhédrin.

      Même cette remarque qu'il faisait froid, dénote le témoin oculaire.

      Pierre se m√™lait √† cette foule, moins, sans doute, pour se chauffer que pour n'√™tre pas aper√ßu, et peut-√™tre aussi pour apprendre quelque chose de ce qui se passait dans le palais √† l'√©gard de son Ma√ģtre.

      19 Par cette particule donc l'évangéliste reprend son récit du verset 13.

      C'est donc Anne qui interroge J√©sus (verset 16, note) et, en effet, il n'y a pas le moindre rapport entre ses questions et l'interrogatoire que Ca√Įphe fit subir au Sauveur devant le Sanh√©drin. (Matthieu 26.59 et suivants¬†; Marc 14.55 et suivants¬†; comparez verset 16, notes.)

      - Les questions posées à Jésus par Anne concernent d'abord ses disciples, leur nombre, leur caractère, peut-être aussi la manière dont il se les était attachés, puis sa doctrine, c'est à dire les principes qu'il professait dans son enseignement.

      La r√©ponse de J√©sus peut jeter quelque lumi√®re sur la nature et le but de ces questions qui avaient s√Ľrement une intention insidieuse.

      20 Cette réponse de Jésus indique assez clairement qu'il remarquait, dans les questions qu'on lui adressait, l'intention de lui faire avouer qu'il formait avec ses disciples quelque société secrète, dans laquelle il enseignait des principes subversifs de l'ordre religieux social ou politique.

      De l√†, ces termes multipli√©s pour exprimer la parfaite franchise, la libert√© et la publicit√© de son enseignement. Il a parl√© ouvertement, librement, au monde, devant tout le peuple, il a toujours enseign√© (grec) en synagogue, c'est-√†-dire en pleine synagogue, et dans le temple, o√Ļ tous les Juifs s'assemblent. (Le texte re√ßu porte¬†: o√Ļ les Juifs s'assemblent de toutes parts, quelques majuscules¬†: s'assemblent toujours.)

      Il n'y a donc eu, dans tout son minist√®re, rien de secret qu'on p√Ľt suspecter, car m√™me quand il parlait dans le cercle intime de ses disciples, tous pouvaient avoir acc√®s jusqu'√† lui et il enseignait alors les m√™mes v√©rit√©s qu'en public.

      - Il faut remarquer encore que Jésus garde le silence sur la question concernant ses disciples, soit afin de ne point les compromettre, soit parce que ce qu'il venait de dire rendait une réponse inutile.

      21 En effet, interroger ses auditeurs, les t√©moins de tout son minist√®re, c'√©tait le plus s√Ľr moyen de conna√ģtre la v√©rit√©.

      Et comment Jésus aurait-il pu faire, devant ce sadducéen, une exposition de sa doctrine, qui ne se laissait point enfermer dans quelques formules ? Il y a donc, dans cette réponse, un refus tacite.

      "Bonne leçon, observe de Wette pour tous les inquisiteurs en matière de foi et d'opinion."

      22 Le mot que nous traduisons par un soufflet signifie aussi un coup de b√Ęton ou de verge¬†; (Marc 14.65) mais nous pr√©f√©rons le premier sens, qui nous para√ģt analogue √† Matthieu 5.39 et Actes 23.2.

      Cette action et ces paroles trahissent, dans cet huissier, un vil adulateur qui pensait se rendre agréable au souverain sacrificateur.

      23 Grec : Témoigne touchant le mal.

      Quelle dignité, quel calme, quelle douceur dans ces paroles, en présence d'un odieux outrage ! Elles sont le meilleur commentaire de Matthieu 5.39.

      24 Donc (cette particule doit √™tre maintenue, d'apr√®s B, C, Itala) Anne, n'ayant rien obtenu de J√©sus qui p√Ľt le faire accuser, et n'√©tant pas comp√©tent pour prononcer une sentence, l'envoya li√© (verset 12) √† Ca√Įphe, qui seul avait le droit de le juger, et qui, dans l'intervalle, avait assembl√© le sanh√©drin durant la nuit. (Voir Luc 22.66, note.)

      En rapportant cet envoi de J√©sus √† Ca√Įphe, l'√©vang√©liste distingue nettement sa comparution devant Anne de l'audience officielle qui allait avoir lieu en pr√©sence du sanh√©drin.

      Les interpr√®tes qui confondent ces deux actions, et qui s'efforcent de d√©placer notre verset, ou traduisent¬†: Anne l'avait envoy√© √† Ca√Įphe, (comparez verset 16, note) introduisent ainsi une v√©ritable confusion dans le r√©cit de Jean.

      Cet évangéliste ne raconte pas le jugement de Jésus devant le sanhédrin, parce qu'il le suppose connu par les récits de ses trois devanciers et qu'il en a déjà indiqué clairement le résultat. (Jean 11.50-53, comparez ci-dessus verset 14)

      25 Comparer verset 16, note, et verset 18, note.
      26 Dans notre récit, comme dans les synoptiques, la première question fut adressée à Pierre par une servante, (verset 17) les auteurs de la seconde attaque sont ici indiqués d'une manière vague : Ils lui dirent donc ; (verset 25) l'auteur de la troisième l'est, au contraire, avec beaucoup de précision : c'est l'un des serviteurs de la maison, parent de celui que Pierre avait blessé, ce qui rendait plus dangereuse encore la situation de ce disciple, cette circonstance fait aussi mieux comprendre sa crainte et son reniement.

      Heureusement pour lui, cet homme n'√©tait pas s√Ľr de le reconna√ģtre, comme l'indique sa question¬†: Ne t'ai-je pas vu dans le jardin¬†? Jean a seul conserv√© ce d√©tail qui d√©note le t√©moin oculaire. (Voir, sur le reniement de Pierre, les r√©cits et les notes indiqu√©s au verset 17, et sur les diverses questions qui lui furent adress√©es, Luc 22.58, note.)

      27 Jean ne raconte ni les imprécations de Pierre contre lui-même, qui donnent à sa chute tant de gravité, ni sa repentance par laquelle commença le relèvement.

      Il suffit à son but d'avoir remis ces trois reniements à leur vraie place par le récit de la comparution devant Anne, et surtout d'avoir montré l'accomplissement de la triste prédiction de Jésus à son disciple. (Jean 13.38)

      28 18 :28 à 19 :16 Jésus devant Pilate.

      Isra√ęl a rejet√© et condamn√© √† mort son Messie, son Sauveur, et, comme depuis que ce peuple est sous la domination romaine, il a perdu le droit d'ex√©cuter des sentences capitales, (verset 31) il a la honte de le livrer √† l'autorit√© pa√Įenne alors repr√©sent√©e par Pilate.

      Le pr√©toire (Matthieu 27.27) √©tait √† Rome le lieu o√Ļ le pr√™teur rendait la justice. Dans les provinces, on appelait de ce nom le palais du gouverneur. A J√©rusalem, c'√©tait, selon les uns, l'ancien palais d'H√©rode dans la partie occidentale de la ville haute¬†; selon d'autres, un √©difice attenant √† la citadelle Antonia, o√Ļ logeait la garnison romaine, √† l'angle nord-ouest du temple. Bien que le Gouverneur r√©sid√Ęt √† C√©sar√©e, il venait √† J√©rusalem durant les grandes f√™tes, afin de pr√©venir les troubles qui s'y produisaient souvent.

      - C'√©tait le matin, car la nuit s'√©tait √©coul√©e d'abord chez Anne, puis devant le sanh√©drin, o√Ļ J√©sus venait d'√™tre condamn√© √† mort. Pilate, sans doute pr√©venu d√®s la veille, consentit √† donner cette audience matinale. (Comparer sur ce proc√®s devant Pilate Matthieu 27.11-30,Marc 15.1-20¬†; Luc 23.1-25, notes.)

      Dans le récit qu'il fait de celle-ci, Jean est plus complet que les synoptiques, et il a seul conservé plusieurs traits d'une grande importance.

      M. Godet r√©sume ces transactions dans les termes suivants¬†: "Les Juifs demandent √† Pilate de confirmer sans examen leur sentence. (verset 30) Celui-ci s'y refuse¬†: c'est la premi√®re phase des n√©gociations¬†: versets 38-32. Alors ils articulent une accusation politique¬†: il s'est fait roi. Pilate juge cette accusation non fond√©e¬†; puis il fait deux tentatives infructueuses pour d√©livrer J√©sus avec l'appui du peuple, c'est la seconde phase¬†: verset 33 √† 19¬†: 6. Les Juifs avancent alors un grief religieux¬†: Il s'est fait Fils de Dieu. A l'ou√Įe de cette accusation, Pilate s'efforce de plus en plus de d√©livrer J√©sus, c'est la troisi√®me phase¬†: versets 7-12. A ce moment, les Juifs voyant leur proie pr√™te √† leur √©chapper, mettent de c√īt√© toute pudeur et emploient le moyen odieux de l'intimidation personnelle pour faire plier la conscience du juge. Sur cette voie, ils se laissent entra√ģner jusqu'au reniement de leur plus ch√®re esp√©rance, celle du Messie¬†: ils s'inf√©odent √† C√©sar¬†; c'est la quatri√®me phase¬†: versets 12-16."

      Les chefs du peuple, qui venaient livrer J√©sus √† Pilate, refusent d'entrer dans le pr√©toire, afin de ne pas se souiller. Effrayante hypocrisie dans ces ministres de la religion, qui, la haine au cŇďur, vont commettre le plus odieux des crimes et se font scrupule d'entrer dans une maison pa√Įenne o√Ļ il y avait du levain¬†!

      - C'est ici le passage principal de notre évangile sur lequel se fondent les interprètes qui admettent que Jean, contrairement aux synoptiques, place la mort de Jésus au 14 Nisan. (Voir Jean 13.1, note.)

      Nous voyons, en effet, les Juifs craindre de se souiller et de ne pouvoir manger la P√Ęque.

      Cette expression manger la P√Ęque signifie ordinairement manger l'agneau pascal.

      Ceux qui pensent que nous sommes au 15 Nisan s'efforcent d'étendre cette expression à la célébration de la fête tout entière. Mais les passages cités (Deutéronome 16.2,3 ; 2Chroniques 30.22 ; 35.7-9) sont peu concluants.

      29 Donc, en conséquence de ce que les chefs du peuple ne voulaient pas entrer dans le prétoire.

      Cette condescendance pour des scrupules qui devaient lui para√ģtre absurdes et peu respectueux pour lui, montre, d√®s l'abord, chez ce gouverneur, une certaine crainte qu'il avait des Juifs, √† cause des accusations qu'ils pouvaient porter √† Rome contre lui¬†; et c'est cette crainte qui finit par triompher de sa conscience. (Jean 19.12-16)

      Voir, sur Pilate, Matthieu 27.2, note.

      30 Rien n'était plus naturel que la question de Pilate, (verset 29) mais les membres du sanhédrin le trouvent encore trop exigeant, ils entendent que le gouverneur les croie sur parole et ratifie leur sentence sans examiner leur cause.
      31 Puisque vous ne voulez pas produire vos raisons, chargez-vous seuls de la cause et juger vous-mêmes l'accusé selon votre loi, bien entendu dans les limites de votre compétence.

      Le sanhédrin n'avait plus le droit de mettre à mort, mais il pouvait excommunier, condamner à la peine du fouet, à la prison.

      Pilate saisit avec empressement l'occasion de se débarrasser de l'affaire, mais il n'autorise nullement les Juifs à mettre à mort Jésus sous leur responsabilité. La situation est autre Jean 19.6.

      La concession de Pilate ne fait pas le compte des Juifs. Ils ont condamn√© J√©sus √† mort ils ont dans l'esprit le dessein arr√™t√© de l'ex√©cuter sans d√©lai, ils sont donc forc√©s de se r√©cuser, quelque p√©nible qu'il leur soit d'avouer tout haut et de reconna√ģtre devant Pilate leur d√©pendance. (Comp verset 19¬†: I5.)

      32 J√©sus avait pr√©dit, √† diverses reprises, qu'il serait √©lev√© sur la croix, crucifi√©, et cela par la main des pa√Įens. (Jean 3.14¬†; 8.28¬†; 12.32¬†; Matthieu 20.19)

      S'il avait été condamné par le sanhédrin, jouissant encore du droit de vie ou de mort, ou s'il avait été exécuté comme Etienne, contre l'ordre établi et à la faveur d'un mouvement séditieux, il aurait été lapidé, car c'était, d'après le Talmud le supplice réservé aux faux prophètes.

      Le supplice de la croix, au contraire √©tait d'institution romaine. Or, l'√©vang√©liste voit, avec raison, dans ce fait que les Juifs doivent se reconna√ģtre incomp√©tents, une direction divine par laquelle la parole de J√©sus √©tait accomplie.

      33 Grec : Toi, tu es le roi Les Juifs ?

      Le ton de ces paroles était sans doute celui de l'étonnement et de l'ironie.

      Mais cette question de Pilate que rien ne motive dans ce qui précède ne se comprend qu'en admettant que les Juifs, malgré leur prétention du verset 30, ont fini par articuler leur accusation (comparez Matthieu 27.11, 1e note) qui, en effet, est tout entière rapportée par Luc 23.2.

      Le chef principal de cette accusation était que Jésus se disait être Messie, Roi.

      L'iniquité du procédé des Juifs consistait à transformer le grief religieux pour lequel ils avaient condamné Jésus, (Matthieu 26.63-65, notes) en une accusation politique, qu'ils renforçaient encore de cette calomnie. "Il défend de payer le tribut à César." (Luc 23.2)

      34 La question de Jésus a été diversement interprétée.

      Meyer pense que J√©sus faisait simplement usage du droit qu'a tout accus√© de conna√ģtre ses accusateurs, car il ne pouvait supposer que Pilate prit le titre de roi dans un autre sens que son sens politique. Mais quel eut √©t√© le but d'une telle question¬†? demanderons-nous avec M. Godet. D'ailleurs, si J√©sus voulait simplement se renseigner sur ses accusateurs, pourquoi demande-t-il √† Pilate¬†: Est-ce de toi-m√™me que tu dis cela¬†?.

      D'autres pensent que Jésus voulait rendre suspecte, aux yeux de Pilate, une accusation qui venait de ses ennemis.

      Mais tout cela ne rend pas bien compte de la double question du Sauveur. Jésus fait évidemment ici une distinction importante : dans le sens politique qu'un Romain devait donner à ce titre de roi, il pouvait simplement le nier, mais, dans la signification théocratique et religieuse que les Juifs donnaient au nom de Messie, Roi, il se serait bien gardé de le refuser, car il se serait mis en contradiction avec ses propres paroles. (Matthieu 26.64, note, comparez versets 36,37)

      C'est pourquoi il demande à Pilate s'il est arrivé par lui-même à le soupçonner d'aspirer à la royauté ; en ce cas, il aurait répondu par une simple dénégation, certain que ce titre de roi ne pouvait impliquer que des visées politiques. Mais si cette question a été suggérée à Pilate par le sanhédrin, la franchise fait à Jésus un devoir de s'expliquer sur ce titre de Messie, qu'il a réellement revendiqué, et sur le sens dans lequel il l'a pris.

      Tel est, pensons-nous avec MM. Weiss et Godet, le vrai sens de la double question, qui prend ainsi une grande importance et para√ģt pleine de sagesse.

      35 Cette r√©ponse du fonctionnaire romain trahit quelque m√©pris pour le nom de Juif et signifie¬†: Est-ce que je puis entendre la moindre chose √† vos subtiles distinctions juda√Įques¬†?

      Laissons cela, et puisque c'est ta nation et ses prêtres qui t'accusent, réponds nettement : qu'as-tu fait ? quel est ton crime ?

      36 Trois fois Jésus prononce avec solennité ce mot mon royaume, (comparez Matthieu 3.2, 2e note) ou mieux encore, ici, ma royauté ; et c'est pour déclarer trois fois que cette royauté n'est pas de ce monde, pas d'icibas.

      Par son origine, par sa nature, par son esprit, par son but, elle n'a rien de commun avec les royautés de ce monde ; elle n'émane point de l'humanité déchue et corrompue, ni d'aucune force qui soit en elle ; mais elle vient d'en haut, du ciel.

      La preuve que J√©sus en donne, c'est qu'il r√©pudie, pour √©tablir cette royaut√©, toutes les armes charnelles et terrestres¬†; ses serviteurs n'ont point combattu pour sa cause¬†; il n'agira que sur les cŇďurs, par la puissance de la v√©rit√© divine. (verset 37)

      - Mais quels sont ces serviteurs ?

      Ceux qu'il aurait eus, dont il n'aurait pas manqu√© de se pourvoir, si son r√®gne √©tait de ce monde¬†; ainsi r√©pondent quelques ex√©g√®tes (L√ľcke, de Wette, Tholuck)¬†; mais, selon d'autres (Meyer, Weiss, Godet), J√©sus entend par l√† les serviteurs qu'il a r√©ellement, ses adh√©rents, ces multitudes qui l'acclamaient quelques jours auparavant, lors de son entr√©e √† J√©rusalem, et qui, en effet, avaient voulu le proclamer roi. (Jean 6.15)

      Qui dira ce que Jésus, avec son pouvoir sur les masses, aurait pu faire d'elles, s'il avait voulu exciter leur enthousiasme et leurs passions nationales ? L'une et l'autre de ces interprétations sont admissibles.

      Mais ce qui ne l'est pas, c'est d'entendre par ces serviteurs les anges, comme le font Bengel et Stier, sans doute d'après Matthieu 26.63. Jésus aurait-il exprimé une telle pensée en présence de Pilate ?

      37 Pilate conclut des paroles qui précèdent que Jésus s'attribue réellement une royauté quelconque, dont il ne comprend pas la nature et il s'écrie avec étonnement : Tu es donc roi ?

      Parle-t-il encore avec ironie, ou avec mépris ? ou bien, impressionné par les paroles et la dignité du Sauveur, est-il devenu plus sérieux, comme semble l'indiquer la suite de ces transactions ? Les interprètes sont partagés sur ce point, difficile à décider.

      Tu le dis est une affirmation directe qui signifie : oui, comme tu le dis. (Matthieu 26.25,64)

      Jésus ajoute avec solennité : Je suis roi, et il explique dans quel sens il l'est, en rendant témoignage à la vérité.

      C'est à cette grande vocation que se rapporte dans l'original le mot deux fois répété : c'est pour cela. Jésus affirme donc avec solennité que c'est pour rendre témoignage à la vérité divine, que lui-même a révélée, qu'il est né et qu'il est venu dans le monde.

      Le premier de ces termes indique sa naissance humaine, le second sa venue d'en haut, du ciel, o√Ļ il existait avant sa naissance.

      Telle est, dans notre √©vangile, la signification de cette expression¬†: venir dans le monde. (Jean 9.39¬†; 11.27¬†; 16.28) Il est donc contraire au langage de cet √©vangile d'entendre ces mots de l'entr√©e de J√©sus dans son minist√®re, comme le veulent quelques interpr√®tes. C'est pr√©cis√©ment parce que le Sauveur est venu du ciel, o√Ļ il a contempl√© la v√©rit√© en Dieu m√™me, qu'il peut en rendre t√©moignage. (Jean 3.11,32¬†; 1.7)

      Etre roi par la vérité, c'est la seule royauté véritable ; on le comprend si l'on entend ce mot de vérité dans son sens le plus profond, le plus absolu ; qui renferme la réalité éternelle des choses, l'harmonie avec Dieu, la sainteté. Les disciples de Jésus sont appelés à la haute destination de prendre part, avec lui, à cette royauté.

      Etre de la v√©rit√©, c'est en d√©pendre, se sentir en harmonie avec elle (Jean 3.21) se soumettre avec joie √† son influence, (Jean 7.17) comme √™tre de Dieu, (Jean 8.47) c'est lui appartenir par le cŇďur. J√©sus d√©signe ainsi ceux que le P√®re attire √† lui¬†; (Jean 6.44,65) et ceux-l√† √©coutent sa voix (Jean 10.4,16) et la reconnaissent avec bonheur.

      "Par ces paroles, Jésus s'est expliqué clairement sur sa royauté ; il a déclaré, d'une part, qu'il est roi, et avec quelle destination il l'est ; d'autre part, quels sont les sujets de son royaume ; et ainsi il a pleinement résolu la question posée par Pilate." Meyer.

      38 Pilate, dans cette question qu'il jette avec une superbe indifférence, sans attendre de réponse, manifeste toute la présomptueuse légèreté de l'homme du monde, en même temps que la sagesse à courte vue de l'homme d'Etat, qui ne croit qu'au règne de la violence et de la ruse.

      - Après cela, Pilate, ne voyant plus en Jésus qu'un exalté fort peu dangereux, le déclare innocent quant à l'accusation politique formulée contre lui.

      Mais au lieu de le renvoyer libre, par crainte des Juifs, qu'il ne veut pas s'ali√©ner davantage, il recourt √† divers exp√©dients pour le d√©livrer. Le premier fut de renvoyer J√©sus √† H√©rode¬†; (Luc 23.6 et suivants) le second fut d'offrir aux Juifs de leur rel√Ęcher J√©sus, en prenant occasion du privil√®ge qu'ils avaient de demander, √† la f√™te de P√Ęque, la lib√©ration d'un prisonnier. (versets 39,40)

      40 Voir, sur cet incident relatif à Barabbas, Matthieu 27.15-21 ; Marc 15.6-15 ; Luc 23.17-19, notes ; comparez Actes 3.14.

      Marc est celui qui le raconte avec le plus de d√©tails. Selon lui c'est le peuple qui prit l'initiative, en r√©clamant le prisonnier que le gouverneur rel√Ęchait √† la f√™te, et qui excit√© par ses chefs demanda la libert√© de Barabbas.

      Mais Pilate, désireux de libérer un accusé dont il reconnaissait l'innocence, saisit avec empressement l'occasion qu'on lui offrait ainsi.

      - Sur le titre roi des Juifs, que Pilate donne à Jésus, voir Marc 15.10, note.

      Les Juifs manifestent, encore ici, les mauvaises passions qui les animent en réclamant, par leurs cris, Barabbas, qu'ils préfèrent à Jésus. L'évangéliste juge leur attitude par cette simple remarque, que la situation rend tragique : Or Barabbas était un brigand.

      - Le mot¬†: cri√®rent de nouveau, √©tonne dans le r√©cit de Jean o√Ļ les chefs du peuple n'ont point encore fait entendre ces cris passionn√©s. Jean suppose connues les relations de ses devanciers. (Voir Marc 15.8¬†; Luc 23.5,10)

  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.