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Lévitique 18

    • 1

      1 à 5 Exhortation générale.

      2

      Je suis l'Eternel. Cette formule imposante par laquelle se désigne ici trois fois le législateur, s'est déjà rencontrée Exode 6.2,6 ; 20.1 ; Lévitique 11.44. Elle renferme à la fois une garantie d'infaillibilité pour les lois qui suivent et d'accomplissement pour les promesses et les menaces qui les accompagnent.

      Votre Dieu : dont la législation doit être sacrée pour vous.

      3

      Ils doivent fuir les mŇďurs des Egyptiens du milieu desquels ils sortent, et des Canan√©ens au-devant desquels ils marchent. En Egypte, les unions entre proches parents √©taient fr√©quentes, pour ne rien dire du d√©sordre des mŇďurs qui y √©tait extr√™me. La corruption des Canan√©ens √©tait maintenant arriv√©e √† ce comble annonc√© dans Gen√®se 14.16. Que l'on regard√Ęt en arri√®re ou en avant, un avertissement √©nergique √©tait motiv√©.

      5

      Vivra par elles. Ces mots font contraste avec la menace : être retranché du milieu de son peuple. Ils renferment, avec la notion du salut, celle de la prospérité terrestre. Dans Romains 10.5 et Galates 3.12, ils sont cités uniquement en rapport avec l'idée de salut.

      6

      6 à 23 Unions illicites.

      Règle générale :

      Sa proche parente. L'hébreu dit : chair de sa chair, ce qui rappelle Genèse 2.23 ; comparez l'expression française : être du sang de...

      Les faits condamnés dans chacune de ces défenses peuvent être des mariages formels connus ou secrets, ou aussi des actes isolés et commis une seule fois.

      7

      Et la nudit√© de ta m√®re. Et est certainement explicatif : c'est-√†-dire en d√©couvrant celle de ta m√®re. D√©shonorer une femme, c'est d√©shonorer son mari (20.11). Cette d√©fense n'√©tait pas aussi superflue qu'il pourrait para√ģtre¬†; car une pareille union √©tait permise chez les Perses, les M√®des, les Indous et les Ethiopiens.

      8

      Il s'agit ici d'une seconde ou d'une autre femme qui n'est pas la mère de celui auquel s'adresse la loi. Comparez 1Corinthiens 5.4 ; Genèse 35.22 ; Lévitique 20.11.

      La peine de mort est édictée contre ce péché-là, du moins quand il s'agit de la femme légitime du père et non d'une simple concubine, Le passage 19.20 et suivants, comparé à 20.11, semble statuer une différence assez sensible entre la gravité relative de ces deux offenses.

      9

      Ce verset condamne l'union non seulement avec une sŇďur n√©e des m√™mes p√®re et m√®re, mais du m√™me p√®re ou de la m√™me m√®re uniquement.

      Née au dehors : soit de la mère, avant son mariage avec le père et lorsqu'elle n'appartenait pas encore à la maison ; soit du même père, mais avec une femme qui n'était pas sa femme légitime et qui restait en dehors de la famille. Comparez le cas d'Amnon 2Samuel 13.12.

      Les mariages entre fr√®res et sŇďurs √©taient permis chez les barbares, les Perses, les Egyptiens, mais non chez les Grecs et les Romains. Toutefois, √† Ath√®nes et √† Sparte, on pouvait √©pouser sa demi-sŇďur. Le fait que, dans la Gen√®se (Gen√®se 20.12¬†; 29.27), nous rencontrons chez les patriarches des mariages avec une demi-sŇďur et avec deux sŇďurs simultan√©ment, prouve que dans ce domaine la loi de Mo√Įse a r√©ellement innov√©.

      10

      Ce verset condamne l'union avec une petite-fille, qu'elle soit fille d'un fils ou d'une fille. L'union du petit-fils avec l'a√Įeule, implicitement prohib√©e par ce verset, n'est pas mentionn√©e, parce que Mo√Įse juge superflu de la sp√©cifier.

      11

      Il est difficile de distinguer ce cas de l'un de ceux qui étaient prévus au verset 9. Peut-être faut-il rapporter ces mots au cas d'un fils d'un premier mariage du père épousant une fille d'un second mariage du même père ; tandis qu'au verset 9 il s'agit d'un fils du second mariage épousant une fille née du premier ? Ou faudrait-il retrancher les mots : née de ton père, qui font toute la difficulté ?

      12

      Union avec une tante paternelle ou maternelle. Le ch√Ętiment de ceux qui ne tiendraient pas compte de cette d√©fense se trouve 20.19. De tous les peuples de l'antiquit√©, les Romains seuls d√©fendaient les unions entre neveu et tante. Elles sont √©galement prohib√©es chez les Mahom√©tans. D'autre part, le mariage d'un oncle avec une ni√®ce n'est pas prohib√© par Mo√Įse, sans doute parce que dans ce cas il n'y a pas, comme dans le pr√©c√©dent, d√©saccord entre la sup√©riorit√© dont un oncle jouit √† l'√©gard d'une ni√®ce en vertu de son sexe et (probablement) de son √Ęge, et l'autorit√© qu'un mari doit avoir sur sa femme.

      14

      Du fr√®re de ton p√®re. Ces mots sont expliqu√©s par les suivants. Il s'agit de l'union avec une tante par alliance. D'apr√®s 20.20, ceux qui violent cette d√©fense restent charg√©s de leur p√©ch√© et leur union sera st√©rile. Voir Exode 6.20, note. Cependant l'union avec la veuve d'un oncle maternel n'est pas d√©fendue. D√©j√† avant Mahomet, les Arabes consid√©raient comme d√©fendus les mariages entre neveux et tantes de cette esp√®ce. Le Coran a sanctionn√© cette mani√®re de voir, en sorte qu'il est plus exigeant que Mo√Įse.

      15

      Ce verset défend l'union avec la belle-fille ; Lévitique 20.12 édicte la peine de mort pour ce crime, appelé une chose monstrueuse, un renversement des lois naturelles, expression très forte qui ne se retrouve plus que 18.23 à propos des unions avec les animaux.

      C'est la femme de ton fils : elle l'était de son vivant et le demeure.

      16

      Ce verset condamne l'union avec la belle-sŇďur, femme d'un fr√®re. L√©vitique 20.21 appelle cela une impuret√©, une tache, et d√©clare qu'une telle union sera st√©rile. Cependant le Deut√©ronome (Deut√©ronome 25.5) ordonne qu'un mariage de cette nature ait lieu lorsqu'il n'y a pas d'enfant du premier mariage de la veuve, et cela afin de conserver le nom du d√©funt. Nous avons donc ici la r√®gle g√©n√©rale, tandis que le Deut√©ronome statue une exception pour un cas particulier et dans un but sp√©cial.

      17

      Début du verset : défense d'épouser une femme et sa fille, soit simultanément soit successivement. D'après 20.14 c'est un crime qui mérite la peine du feu.

      La fin du verset défend également à un homme d'épouser la petite-fille de sa seconde femme.

      18

      Il est d√©fendu d'√©pouser simultan√©ment deux sŇďurs, comme le fit Jacob √† cause des rivalit√©s qui en r√©sulteraient (Gen√®se 29.30 et suivants). Cette d√©fense se retrouve chez les Arabes. L√©vitique 20.1-27 n'√©dicte aucune peine contre ce p√©ch√©.

      L'union avec la sŇďur de l'√©pouse d√©funte n'est point interdite, tandis qu'au verset 16 le mariage avec la veuve du fr√®re est interdit. Cette diff√©rence provient de ce que dans l'intuition ancienne, o√Ļ les familles se groupaient parle nom, on est bien plus rapproch√© de la veuve d'un fr√®re que de la sŇďur d'une √©pouse d√©funte. Le code anglais va ici plus loin que la loi de Mo√Įse. Remarquons enfin, avant de quitter ce sujet, que la Bible ne d√©fend pas le mariage entre cousins germains, que prohibaient les anciens Romains.

      19

      Voir 15.24. D'après 20.18, tous deux seront retranchés.

      20

      20.10. La peine de mort est prononc√©e sur tous deux¬†; comparez Jean 8.5. Chez la plupart des peuples de l'antiquit√©, ce crime √©tait puni de peines p√©cuniaires¬†; chez d'autres, de peines corporelles en Egypte, de mille coups de b√Ęton pour homme, de la mutilation du nez pour la femme.

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      Moloch, plus exactement Molec (roi)¬†; chez les Ammonites Milcom¬†; une des formes du dieu Baal¬†; divinit√© tr√®s populaire chez les peuples s√©mitiques. Voir sur ce culte J√©r√©mie 7.31¬†; 32.35¬†; Ez√©chiel 16.20¬†; 23.37. Sacrifier un enfant √† Moloch, c'est profaner le nom de l'Eternel auquel il appartient et dont on d√©clare la b√©n√©diction impuissante, en recherchant √† un pareil prix le secours d'une autre divinit√©. Faire passer pourrait s'entendre d'une simple lustration √† travers le feu¬†; mais plusieurs passages parlent en faveur d'une compl√®te combustion¬†; ainsi J√©r√©mie 7.31. Cependant il semble r√©sulter de Ez√©chiel 16.20¬†; Psaumes 106.37¬†; Esa√Įe 57.5, que l'on commen√ßait par √©gorger les enfants avant de les br√Ľler. Il est difficile de comprendre ce qui am√®ne cette d√©fense au milieu de toutes celles qui pr√©c√®dent et suivent. D'apr√®s une antique tradition, le but serait la prohibition des mariages mixtes avec les femmes ammonites qui auraient exig√© que le premier enfant n√© d'un tel mariage f√Ľt consacr√© √† Moloch.

      22

      D'apr√®s 20.13, les deux coupables doivent √™tre punis de mort. De m√™me chez les Grecs et d'apr√®s la loi du Coran. Ces monstruosit√©s n'en subsist√®rent pas moins en Isra√ęl (Juges 19.22¬†; 1Rois 14.24).

      23

      Ce crime énorme est également puni de mort (20.15 ; Voir Exode 22.19, note). C'était chez les Egyptiens une pratique appartenant à quelques-uns de leurs cultes, en particulier à celui du Dieu Mendès.

      Chose monstrueuse. Nous rendons ainsi le mot tével qui ne se retrouve plus que 20.12 et qui vient probablement d'une racine signifiant mélanger.

      24

      24 à 30 Exhortation à se séparer absolument en toutes ces choses des peuples cananéens.

      Dans les versets 24 √† 28, les menaces sont dirig√©es contre Isra√ęl comme peuple, si ces p√©ch√©s viennent √† se g√©n√©raliser chez lui¬†; dans les versets 29 et 30, elles s'adressent plut√īt aux individus coupables.

      25

      Le pays de Canaan est pr√©sent√© ici comme capable de s'indigner moralement et de vomir ses habitants corrompus √† ce point. Le pass√© a vomi signifie, comme le montre le futur vomira, verset 28, que le d√©cret divin est irr√©vocablement prononc√© et peut √™tre envisag√© d√©j√† comme r√©alis√©. La terre est donn√©e aux Isra√©lites, et par cons√©quent d√©j√† √īt√©e √† ses ma√ģtres actuels.

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