TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

Luc 6

    • 1 Chapitre 6.

      1 à11 Deux violations du sabbat.

      Comparer Matthieu 12.1-8, notes, et Marc 2.23-28, notes.

      Ce mot étrange : sabbat second-premier, ne se retrouvant nulle part ni dans l'Ancien ni dans le Nouveau Testament, ni dans la littérature classique, reste à peu prés inintelligible.

      Toutes les explications qu'on s'est efforcé d'en donner, depuis les Pères de l'Eglise jusqu'à nos jours, ne reposent que sur des hypothèses sans preuves historiques.

      On peut voir plusieurs de ces tentatives d'explication dans le Commentaire de M. Godet sur ce passage, ou dans celui de Meyer, qui n'en expose pas moins de dix, sans en accepter aucune.

      La plus vraisemblable, due √† Scaliger, est expos√©e ainsi par de Wette, qui parait l'adopter¬†: "Le premier sabbat apr√®s le second jour de la P√Ęque. Depuis ce second jour jusqu'√† la Pentec√īte, on comptait, d'apr√®s L√©vitique 23.15, sept sabbats, dont le premier serait celui que Luc mentionne. Ce temps convient au r√©cit, car la moisson m√Ľrissait √† cette √©poque, et c'√©tait au second jour de P√Ęque qu'on en offrait les pr√©mices."

      Mais cette interprétation, assez obscure en elle-même, est une pure supposition. Il en est une autre citée par M. Godet, et qui a du moins le mérite de la simplicité et de la clarté : l'année civile chez les Juifs commençait en automne (au mois de tischri), l'année religieuse au printemps (au mois de nisan) ; il y avait ainsi chaque année deux premiers sabbats, l'un inaugurant l'année civile, l'autre inaugurant l'année religieuse.

      On aurait appelé ce dernier second-premier.

      Weiss objecte √† toutes ces explications que si le terme de sabbat second-premier avait √©t√© un terme consacr√©, usuel, comme le supposerai le fait que Luc l'emploie sans l'expliquer √† ses lecteurs, il serait √©trange qu'il ne se rencontr√Ęt ni dans les Septante, ni dans Philon, ni dans Jos√®phe, ni dans le Talmud.

      Cette objection n'est pas sans valeur, et elle a poussé maint interprète à chercher l'origine de ce terme dans une incorrection du texte. On a pensé que Luc, ayant à raconter deux faits qui s'étaient passés en deux sabbats successifs, (verset 6) avait pu écrire ici : au premier sabbat, et que quelque copiste inintelligent, se souvenant du sabbat mentionné, (Luc 4.31) aurait écrit en marge le mot second, qui aurait ensuite passé dans le texte.

      Le mot second-premier manque, en effet, dans Sin., B, plusieurs versions Cependant Tischendorf lui-même le conserve.

      3 1Samuel 21.

      - Pas même lu ! Il y a, dans ce terme, une ironie que Marc rend par une expression semblable : "N'avez vous jamais lu ?"

      4 Voir, sur cette réponse de Jésus, Matthieu 12.4, note, et sur sa valeur comme argumentation, Marc 2.26, note.

      - D'après Matthieu, (Matthieu 12.5 et suivants) Jésus ajoute ici d'autres raisons qui devaient justifier pleinement ses disciples.

      5 Voir, sur cette parole, Matthieu 12.8, note, et Marc 2.28, note.

      - Il faut remarquer ce verbe à l'imparfait : Et il leur disait indiquant une pensée nouvelle et importante, qui s'ajoute aux précédentes.

      - Dans D, on lit à la suite du verset 4 "Le même jour, Jésus, voyant quelqu'un qui travaillait pendant le sabbat, lui dit : O homme ! si tu sais ce que tu fais, tu es heureux ; mais si tu ne le sais pas, tu es maudit et transgresseur de la loi."

      Ces paroles ne sont pas authentiques et le fait qu'elles rapportent n'est gu√®re vraisemblable¬†; un homme qui aurait travaill√© publiquement e√Ľt √©t√© arr√™t√© et puni¬†; et il n'est pas probable que J√©sus e√Ľt approuv√© une infraction directe au commandement mosa√Įque, m√™me si celui qui s'en rendait coupable avait su ce qu'il faisait, c'est-√†-dire s'il s'√©tait √©lev√©, par une vraie spiritualit√©, au-dessus de la lettre de la loi et jusqu'√† la libert√© chr√©tienne.

      6 Voir, sur ce second récit, Matthieu 12 ; 9-14, notes, et surtout Marc Matthieu 3.1-6, notes.

      C'est ce dernier évangéliste qui dépeint la scène de la manière la plus vive et la plus complète.

      Le texte reçu avec A, majuscules, porte : il arriva aussi.

      7 Le pronom le devant observaient est omis par A, majuscules Son authenticité parait garantie par Sin., B. D, etc.

      - Le texte grec dans Sin., A, D, etc., a le verbe au présent : "pour voir s'il guérit."

      L'id√©e est que les adversaires voulaient voir si J√©sus avait en g√©n√©ral l'habitude de gu√©rir au jour du sabbat, ce qui e√Ľt √©t√© plus grave. B et la plupart des majuscules portent le verbe au futur¬†: s'il gu√©rira, ne se rapportant qu'au cas actuel.

      - Le texte reçu avec A, majuscules porte : trouver un sujet d'accusation. Les autres : trouver à l'accuser (infinitif).

      9 Le texte reçu avec quelques minusc. porte : "Je vous demanderai quelque chose : Est-il permis ? etc. ;" A et quelques majuscules ont : "Je vous demanderai : Qu'est-ce qui est permis ?" Dans le vrai texte, la question est plus simple.

      Voir, sur ces dernières paroles, Marc 3.4, note.

      D'après cet évangéliste, Jésus dit : "de sauver une vie, ou de la tuer." Ce dernier terme, si énergique, se trouve également dans plusieurs documents du texte de Luc : A, majuscules, versions.

      La leçon du texte reçu : perdre ou faire périr est autorisée par Sin., B, D, l'Itala et d'autres versions.

      10 Grec : fut rétablie.

      Le texte reçu ajoute : saine comme l'autre.

      Il peut y avoir quelque doute sur les mots¬†: comme l'autre, omis seulement par Sin., B, mais l'√©pith√®te saine est s√Ľrement inauthentique. Les deux expressions paraissent emprunt√©es √† Matthieu.

      11 Grec : remplis de démence, de folie.

      La fureur et la haine leur √ītent le bon sens. Et la cause en est une manifestation √©clatante de la puissance et de l'amour du Sauveur. Ils croient n'ob√©ir qu'√† leur z√®le pour la loi de Dieu, mais ce z√®le s'est corrompu et chang√© en passion.

      Matthieu dit : "Ils tinrent conseil contre lui, afin de le faire périr." Marc ajoute : "Ils tinrent conseil avec les hérodiens."

      12 L'apogée du ministère galiléen

      Jésus proclame le royaume de Dieu

      12 √† 19 Choix des douze ap√ītres. Gu√©risons.

      Ces mots : en ces jours-là, se rapportent à ce qui précède immédiatement.

      D'une part, Jésus était parvenu au faite de son activité et de sa puissance divine. (versets 17,18 ; comparez Luc 7 tout entier.)

      D'autre part, la haine de ses adversaires et leurs desseins meurtriers h√Ętaient la crise qu'il pr√©voyait d√©j√† comme in√©vitable.

      Dans ces graves circonstances, il va choisir parmi ses disciples les douze ap√ītres et les √©tablir comme ses t√©moins et ses ambassadeurs, (Actes 1.8¬†; 2Corinthiens 5.20) charg√©s de continuer apr√®s lui son Ňďuvre dans le monde.

      Il se prépare à cet acte solennel par la prière dans un lieu écarté. Il (grec) sortit dans la montagne (Marc 3.13, note) pour prier ; et là (grec) il était passant la nuit, ou veillant la nuit, dans la prière de Dieu.

      Nous avons vu (Luc 5.16, note) combien notre évangéliste raconte fréquemment que Jésus se retirait dans la solitude pour prier. Mais ici on sent qu'il donne à la mention de ce fait une importance particulière ; les termes qu'il emploie sont solennels, inusités. Celui-ci : passer la nuit en veillant dans la prière, ne se trouve pas ailleurs, non plus que cet autre : la prière de Dieu, qui indique un état de recueillement et de supplication intense dans la communion de Dieu.

      Le mot que nous rendons par pri√®re signifie aussi le lieu o√Ļ l'on prie, (Actes 16.13,16) une maison de pri√®re¬†; et c'est ainsi que quelques interpr√®tes ont voulu l'entendre dans notre passage. Ce sens serait beau¬†: J√©sus aurait fait de la solitude de la montagne une maison de Dieu o√Ļ l'on prie, (Gen√®se 28.17) et o√Ļ il aurait pass√© toute la nuit. Mais le premier sens indiqu√© est plus probable.

      13 Comparer, sur cette élection des douze, Matthieu 10.2-4, notes, et Marc Marc 3.3-15, notes.

      Luc ajoute seul que J√©sus leur donna le beau titre d'ap√ītres, envoy√©s aupr√®s de notre humanit√© pour continuer son Ňďuvre par la pr√©dication de l'Evangile.

      L'expression employée n'implique pas qu'il le leur donna à ce moment même. (Comparer verset 14 : Simon qu'il nomma Pierre.) Mais cela parait naturel.

      14 Pierre, en hébreu Céphas. (Jean 1.43, note ; Matthieu 16.18, note.)

      Aussi, celui que l'on conna√ģt sous ce nom.

      - Voir, sur cette liste des ap√ītres, Matthieu 10.4, note et comparez Marc 3.16-19¬†; Actes 1.13

      15 Voir, sur ce nom de Zélote que Luc seul emploie, ici et Actes 1.13, la note sur Matthieu 10.4.
      16 Le nom de Jude, fils de Jacques, est propre √† Luc. L'existence d'un ap√ītre de ce nom est confirm√©e par Jean 14.22. (Comparer Matthieu 10.3,4, note.)

      On a traduit parfois frère de Jacques, mais cela est contraire au texte.

      Les √©vang√©listes n'omettent jamais de rappeler que Judas trahit ou livra son Ma√ģtre¬†; mais ce passage est le seul o√Ļ le nom odieux de tra√ģtre lui soit donn√©.

      - Il faut remarquer encore que Matthieu, dans sa liste des ap√ītres, les nomme deux par deux¬†: Pierre et Andr√©, Jacques et Jean, etc. Ce groupement r√©pondait √† la r√©alit√© historique, chaque paire ainsi r√©unie √©tait li√©e en effet, soit par des liens de parent√©, soit d'une autre mani√®re. Le texte re√ßu a voulu imiter cette division dans notre √©vangile¬†; mais, selon le vrai texte, tous les noms sont li√©s les uns aux autres par la m√™me particule¬†: Pierre et Andr√© et Jacques et Jean, etc.

      17 Grec : un lieu plain, ou en plaine.

      Ce mot ne d√©signe point la plaine par opposition √† la montagne, mais bien un plateau situ√© sur le penchant de la montagne, par opposition au sommet, d'o√Ļ J√©sus descendait.

      C'est ce que montre clairement le terme choisi : il s'arrêta sur un plateau. Ce mot ne serait point approprié à l'idée, si Jésus était réellement descendu jusque dans la plaine.

      Ainsi dispara√ģt la pr√©tendue contradiction entre Matthieu et Luc, d'o√Ļ l'on a voulu conclure que les deux √©vang√©listes ne rapportaient pas le m√™me discours. (Voir Matthieu 5.1, note.)

      19 Quel auditoire se trouve là réuni pour entendre le discours de Jésus ! Une foule nombreuse (Sin., B) de ses disciples, c'est-à-dire de ceux qui s'assemblaient fréquemment autour de lui pour l'entendre, une grande multitude de peuple, accourue de toutes les contrées environnantes, soit pour l'entendre, soit pour être guéris de leurs maladies ; plusieurs de ces malheureux qui étaient en proie à la puissance des ténèbres : et ils étaient guéris.

      Ceux même qui ne pouvaient pas attirer sur eux l'attention du Sauveur, au milieu de cette foule, cherchaient à le toucher, et ils éprouvaient qu'une puissance divine sortait de lui et les guérissait tous.

      (Comparer Marc 5.28,29 ; Luc 5.17 ; Matthieu 14.36, et, en général, sur le grand nombre de guérisons opérées par le Sauveur, Marc 1.34, note.)

      20 20 à 49 Le discours sur la montagne.

      Matthieu et Luc marquent, chacun √† sa mani√®re, avec une certaine solennit√©, ce moment o√Ļ J√©sus commence un discours prolong√©, Matthieu dit¬†: "Et ouvrant la bouche, il les enseignait en disant¬†;" Luc¬†: "Et lui, levant ses yeux sur ses disciples, disait".

      L'un et l'autre font ainsi attendre une instruction importante du Sauveur. La situation, d'ailleurs, l'exigeait. Jésus, parvenu au faite de son activité messianique, entouré de foules immenses attirées auprès de lui par son enseignement et ses miracles, pouvait-il ne pas saisir une telle occasion de les initier plus complètement à la vérité divine qu'il était venu révéler ?

      Ce discours a donc été réellement prononcé par Jésus. Il n'est pas une composition de Matthieu et de Luc, dans laquelle chacun d'eux aurait fait entrer des enseignements donnés par Jésus en diverses occasions.

      Comparer Matthieu 5.2, note, au sujet de certains éléments du discours que Luc place dans des situations différentes. (Luc 11.9-13 ; 12.22-34,58,59 ; 13.24 ; 16.17,18)

      Pour expliquer ces divergences, il faut admettre que nos évangélistes nous ont conservé les rédactions du discours sur la montagne qui avaient cours dans leurs milieux respectifs.

      Matthieu a recueilli la relation qui s'était formée dans les églises judéo-chrétiennes, Luc celle des églises de la gentilité. Et chacune de ces relations répond à la tendance de l'évangile qui la renferme.

      Celle de Matthieu appuie sur la "justice," elle expose la polémique de Jésus contre l'interprétation que les pharisiens donnaient de la loi et contre leurs pratiques religieuses : (Luc 5.17-6.18) elle convient à l'évangile destiné aux Hébreux.

      La relation de Luc pr√©sente la charit√© comme la disposition essentielle de ceux qui font partie du royaume de Dieu¬†: elle s'accorde admirablement avec l'√©vangile universaliste, l'√©vangile de la gr√Ęce. L'accord de ces relations avec le but des √©crits qui nous les ont transmises ne doit pas cependant nous amener √† cette conclusion que les √©vang√©listes les auraient compos√©es de leur chef, en fa√ßonnant √† leur guise une r√©daction premi√®re. Elles sont bien plut√īt le produit inconscient des milieux dans lesquels les paroles du Sauveur s'√©taient conserv√©es par tradition orale d'abord.

      Cette explication laisse aux auteurs de nos évangiles le caractère de témoins fidèles et respectueux, qu'ils revendiquent, et elle dispense les interprètes de se livrer à des recherches aussi vaines que subtiles pour reconstituer le discours original dans sa teneur exacte. Elle permet aussi d'écarter une opinion qui remonte aux Pères de l'Eglise et d'après laquelle nous aurions deux discours différents dans nos deux évangiles.

      Ceux qui défendent ce point de vue se fondent, d'abord, sur le verset 17 mal compris, admettant que, dans Luc, nous avons un discours de la plaine et dans Matthieu un autre, prononcé sur la montagne ; ensuite, sur les notables différences des deux rédactions.

      Mais nous avons vu (verset 17, note) que le premier de ces arguments repose sur une erreur ; et, quant au second, il est largement contrebalancé par les parties communes aux deux discours. Peuton admettre, en effet, que Jésus aurait répété deux fois de suite une instruction qui commence par les béatitudes, qui se poursuit par des enseignements à peu près identiques et se termine par la même parabole ?

      On pr√©tend que l'un des discours (Luc) √©tait surtout destin√© aux disciples de J√©sus, l'autre (Matthieu) √† tout le peuple. Mais cette id√©e n'est justifi√©e ni par nos deux r√©cits ni par le contenu des discours. Luc (verset 20) dit que J√©sus l√®ve les yeux sur ses disciples au moment de prendre la parole, mais il est √©vident qu'il entend par ce terme tous ceux qui s'√©taient assembl√©s autour de J√©sus pour l'√©couter. (verset 17) Le Sauveur voulait leur faire du bien √† tous, quel que f√Ľt le degr√© de leur d√©veloppement moral, et jamais il ne professa, √† la mani√®re des philosophes, une doctrine √©sot√©rique, destin√©e aux seuls initi√©s.

      21 Voir, sur ces deux premières paroles, Matthieu 5.3,6, notes.

      D'après le premier évangile, Jésus dit : "pauvres en esprit" et parle d'une "faim et d'une soif de la justice."

      Ces mots indiquent clairement qu'il s'agit d'une pauvret√© spirituelle √† laquelle J√©sus promet des biens qui ne sont pas de ce monde. Il d√©clare heureux ceux qui ressentent cette pauvret√©-l√†, parce qu'ils √©prouvent le besoin de sa gr√Ęce.

      En désignant de la sorte ceux qui sont qualifiés pour être admis dans le royaume de Dieu, il révèle toute la spiritualité de ce royaume qui, disait-il, "est au dedans de vous." (Luc 17.21)

      Ce caractère spirituel est moins apparent dans la rédaction que Luc nous a conservée des béatitudes. En effet, quand Jésus, d'après Luc, déclare heureux les pauvres, ceux qui ont faim, ceux qui pleurent ; et que, d'autre part, il prononce un malheur sur les riches, sur ceux qui jouissent des prospérités de la terre, il a l'air de dire que la pauvreté et la souffrance sont par elles-mêmes des titres au royaume de Dieu, et que la possession des biens et des joies de cette vie est en soi un malheur, et presque une malédiction.

      Cette interpr√©tation para√ģt autoris√©e encore par ce mot maintenant, ici-bas, qui oppose la condition terrestre actuelle √† la vie √† venir. Elle semble conforme √† d'autres enseignements de notre √©vangile, comme la parabole du mauvais riche et de Lazare (Luc 16.19 et suivants) Mais un examen plus attentif montre qu'une telle conception n'est certainement pas dans la pens√©e du Sauveur, ni dans celle de notre √©vang√©liste.

      Les b√©atitudes telles que Luc nous les a conserv√©es, ne diff√®rent pas d'une mani√®re essentielle de celles de Matthieu. Elles doivent √™tre interpr√©t√©es √† la lumi√®re de ces derni√®res. Elles rev√™tent une forme abr√©g√©e, parce qu'elles sont des paroles adress√©es directement aux auditeurs sp√©ciaux que J√©sus avait devant lui sur la montagne. Ceux-ci, quelle que f√Ľt leur position mat√©rielle, √©taient venus √† lui press√©s par les besoins de leur √Ęme et le d√©sir d'un secours d'en haut. Le Ma√ģtre r√©pond √† leurs aspirations.

      D'ailleurs il ne faut pas oublier que la pauvret√© et la souffrance, sans donner encore aucun droit aux glorieuses promesses de l'Evangile, sont tr√®s souvent dans la main de Dieu un moyen d'√©clairer, d'humilier les √Ęmes, de les d√©prendre de l'idol√Ętrie des choses visibles, pour les faire soupirer apr√®s les biens √©ternels¬†; et que d'autre part, les richesses, les prosp√©rit√©s et les joies de la terre exercent sur les √Ęmes une influence fatale, qui les aveugle sur leurs vrais int√©r√™ts et les endurcit.

      C'est pourquoi Jésus peut prononcer un quadruple malheur ! sur ceux qui possèdent des richesses. (Comparer Jacques 2.5 ; 5.1 et suivants) Mais encore ici, il ne s'adresse pas à tous les riches, pris d'une manière abstraite.

      Grec : vous rirez, comme au verset 25. Le rire est l'expression de la joie, (Psaumes 126.2) comme les pleurs sont l'expression de la tristesse. Matthieu, suivant de plus près les gradations de la pensée du Sauveur, déclare "heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés." (Matthieu 5.4, note.)

      22 Matthieu 5.11, note.

      Il y a une gradation dans tous ces actes qui procèdent de la haine. Ils vous excluront de leurs sociétés, de leurs synagogues, de leurs églises, même bien souvent de vos droits civils. (Jean 9.22,34 ; 12.42 ; 16.2)

      Rejeter le nom de quelqu'un comme mauvais, c'est mépriser ce nom au point de ne vouloir pas même le prononcer, comme s'il était le résumé de tout ce qu'il y a de plus méchant.

      Ce nom est suivant les uns le nom individuel du croyant, suivant d'autres la désignation collective des disciples comme Nazaréens ou chrétiens. (Jacques 2.7) Le premier sens est plus naturel dans notre contexte.

      - Et tout cela, à cause du fils de l'homme ! (Matthieu dit plus simplement et plus directement : à cause de moi.)

      C'est lui qui est l'objet de toute cette haine, parce qu'il est le témoin vivant de la vérité. Et voilà pourquoi il déclare heureux ceux qui, par la même cause, souffrent avec lui.

      23 Matthieu 5.12, note.

      Voir, sur cette joie recommandée et promise aux disciples persécutés, Actes 5.41, et sur ces mêmes traitements infligés aux prophètes, Luc 11.47,48 ; Matthieu 23.34 ; Actes 7.52.

      24 Comparer verset 21, note.

      Luc oppose à ses quatre béatitudes quatre malheurs ! qui y correspondent exactement, et que Matthieu a omis.

      Le premier concerne les riches, qui sont malheureux parce qu'en mettant leur confiance dans les richesses, (Marc 10.24) en en faisant leur dieu, ils ont reçu actuellement leur consolation et qu'ils n'en auront point d'autre quand ils verront s'évanouir leurs illusions ; comparez Luc 16.25.

      Le mot que nous traduisons par mais signifie seulement, excepté, et désigne les personnes mentionnées dans ce verset comme exceptées, exclues de la catégorie précédente.

      25 C'est l'opposé du verset 21 ;

      Luc ne dit pas seulement "vous qui êtes rassasiés" mais "vous qui êtes remplis," de telle sorte qu'il ne reste en vous aucune place pour des biens d'une autre nature. Et l'homme peut être ainsi comblé sans être véritablement rassasié.

      - Le texte reçu omet maintenant : ce mot se trouve dans Sin., B et plusieurs majuscules

      Le rire est l'expression d'une joie bruyante qui éclate au dehors.

      Le mot : maintenant oppose l'état actuel à l'avenir indiqué par ces verbes au futur : vous mènerez deuil, vous pleurerez.

      26 Opposition directe avec le verset 22.

      D'après le vrai texte, cette exclamation malheur ! n'est pas suivie des mots à vous.

      C'est que Jésus n'adresse point ces paroles à ses auditeurs actuels, qui ne risquent guère de se trouver dans une telle position, (comparez verset 22) mais aux pharisiens et aux chefs théocratiques du peuple, honorés de tous, et qui recherchaient avidement cette influence et cette popularité.

      Ce qui n'empêche pas que, de nos jours, les disciples de Jésus-Christ ne sauraient trop méditer ces paroles, dans le sens de Galates 1.10.

      28 J√©sus a annonc√© √† ses disciples qu'ils seront ha√Įs et outrag√©s, (verset 22) puis il a prononc√© des mal√©dictions sur le monde ennemi de Dieu. Ses auditeurs auraient pu conclure de l√† qu'il leur √©tait permis de ha√Įr leurs ennemis.

      Jésus, en se tournant vers eux, prévient leur pensée par ces mots : Mais je vous dis, à vous qui écoutez. Il revient, des riches absents, à ses auditeurs réels.

      (D'autres prennent ces mots : vous qui écouter dans un sens moral : vous qui êtes dociles à mes enseignements. Ce sens est moins simple.)

      J√©sus √©nonce ce pr√©cepte profond qui d√©passe les forces de l'homme naturel¬†: aimer ceux qui nous ha√Įssent. Ce commandement de l'amour, qui ne peut √™tre accompli que sous la loi nouvelle de l'Evangile, est motiv√© d'une mani√®re diff√©rente dans Matthieu, (Matthieu 5.44,45) o√Ļ il se trouve directement oppos√© √† l'esprit de la loi ancienne, et rattach√© √† l'amour des enfants de Dieu pour leur P√®re c√©leste. (Voir les notes.)

      C'est sans doute ainsi que Jésus présenta ce contraste profond dans le sermon sur la montagne.

      29 Matthieu 5.40, note.

      Dans le premier √©vangile, J√©sus nomme ces deux v√™tements dans l'ordre inverse¬†: si quelqu'un veut t'√īter la tunique, laisse-lui aussi le manteau.

      Il suppose un créancier ("si quelqu'un veut plaider contre toi") qui saisit d'abord la tunique, de moindre valeur, puis, s'il n'est pas assez payé, réclame le manteau.

      - Jésus qui, jusqu'ici, parlait d'une manière générale, au pluriel (vous), passe brusquement au singulier (tu), afin d'obliger chacun de ses auditeurs à s'appliquer individuellement ces paroles. Il en est de même dans Matthieu.

      30 Matthieu 5.42, note.

      La seconde partie de ce verset est un peu différente dans le premier évangile, qui dit : "et ne te détourne point de celui qui veut emprunter de toi."

      31 voir Matthieu 7.12, note.
      34 Matthieu 5.46,47, notes.

      Cette question deux fois r√©p√©t√©e¬†: (versets 32,33) quel gr√© vous en saura-t-on¬†? signifie proprement¬†: quelle gr√Ęce vous en revient-il¬†? De la part de Dieu¬†; car il serait directement contraire √† l'esprit de ces paroles d'attendre quelque gr√Ęce ou quelque bienfait de la part des hommes, pour prix de la charit√© qu'on leur t√©moigne.

      Dans Matthieu, J√©sus dit¬†: "Quelle r√©compense en aurez-vous¬†?" Le sens est le m√™me au fond, bien que l'expression de Luc dise plus clairement que, de la part de Dieu, tout est gr√Ęce.

      - Selon le premier évangile, Jésus se plaçant au point de vue des Juifs, dit : "les péagers mêmes ;"

      Luc, écrivant pour des étrangers, exprime la même idée par un terme plus général : les pécheurs, les hommes mauvais, corrompus.

      35 Matthieu 5.44,45, notes.

      Mais (grec excepté, même mot qu'au verset 24, ce faux amour écarté) voici la conduite que vous devez tenir.

      - Aimer, faire le bien, prêter, sans rien espérer, c'est agir dans l'esprit et l'amour de Dieu lui-même, c'est prouver à nous-mêmes et aux autres que nous sommes ses enfants.

      Tel est l'exemple divin que Jésus nous propose, même dans nos rapports avec les ingrats et les méchants.

      Matthieu donne pour preuve de cette miséricorde de Dieu égale pour tous "qu'il fait lever son soleil et répand les pluies du ciel" sur tous indistinctement.

      - Le verbe que nous traduisons par espérer signifie ordinairement désespérer.

      Quelques-uns appliquent ici ce sens : sans désespérer de rien, sans regarder comme perdu ce que vous donnez, puisque vous êtes assurés de la récompense céleste qui sera grande.

      Mais la signification reçue : n'espérant rien en retour de qui vous demande, est plus conforme au parallélisme avec le verset 34. Une var. dans Sin. et les versions syr. porte : "ne désespérant personne" (par un refus).

      36 La miséricorde de Dieu, tel est le modèle sublime que Jésus propose à ses disciples.

      Le but vers lequel ils doivent tendre constamment, c'est de devenir les fils de ce Père, en étant miséricordieux comme lui ; et ce sera là leur grande récompense.

      - Matthieu (Matthieu 5.48) conclut la première partie de son discours par une pensée analogue, mais exprimée en termes différents : "Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait."

      Comme cet évangéliste venait de rappeler la bonté ou la miséricorde de Dieu envers tous, c'est bien aussi cette perfection spéciale qu'il nous exhorte à imiter et à atteindre (voir la note) ; en sorte qu'au fond la pensée est la même dans les deux évangiles.

      37 Matthieu 7.1-3, note.

      Luc fait découler très logiquement cette disposition contraire à l'esprit de jugement de sa source naturelle, la miséricorde. (verset 36)

      Et tandis que Matthieu se borne à dire : "Ne jugez point," Luc ajoute : ne condamnez point, donnant à entendre par là que, dans tous les jugements sévères que nous portons sur nos frères, il y a une disposition méchante à les condamner, tandis que nous devrions être désireux de pouvoir toujours les absoudre, lorsqu'ils sont accusés.

      Tel est bien le sens de ce dernier mot, que nos versions ordinaires rendent par pardonner. (Luc 23.16) Il ne s'agit point, en effet, d'offenses personnelles, mais des torts supposés du prochain, soit envers Dieu, soit envers les hommes.

      - La r√©compense promise √† l'accomplissement de ces saints devoirs, c'est de n'√™tre pas jug√©s, condamn√©s mais absous par Dieu luim√™me. En effet, la mesure de son jugement est puis√©e dans le cŇďur m√™me des hommes. (verset 38, comparez Matthieu 7.2, note.)

      38 Cet esprit mis√©ricordieux (versets 36,37) est aussi toujours dispos√© √† donner¬†; et par l√† m√™me il s'attire, de la part de Dieu, les plus riches dons de sa gr√Ęce.

      Cette dernière pensée est illustrée par une image frappante, dont les épithètes multipliées sont destinées à dépeindre la richesse de la libéralité divine.

      - L'expression : dans votre sein, est empruntée à la forme du costume oriental qui, très ample sur la poitrine et resserré par une ceinture, fournit une sorte de poche d'une capacité assez grande. (Ruth 3.15 ; voir aussi le Voyage en Terre-Sainte de M. Félix Bovet, 7e édit., p. 205.)

      39 Il est difficile de trouver une liaison entre cette parabole et les pensées qui précèdent.

      Ceux qui veulent maintenir l'unité et la suite de cette partie du discours dans la relation de Luc appliquent l'image de l'aveugle conduisant un aveugle à la prétention de juger le prochain (verset 37) et la rapprochent de la comparaison employée au verset 41. (Comparer Matthieu 7.5, note.)

      Matthieu cite cette image dans une autre circonstance, (Matthieu 15.14) o√Ļ 1'application en est des plus naturelles. (Comparer Matthieu 23.16¬†; Jean 9.40,41)

      40 D'autres traduisent¬†: "chacun sera form√© (1Corinthiens 1.10, note) comme son ma√ģtre." L'ordre des mots dans le grec rend la traduction ordinaire plus probable.

      - Pour trouver un rapport entre ce verset et le pr√©c√©dent, on admet que, des deux aveugles qui tombent dans la fosse, l'un est le ma√ģtre (conducteur), l'autre le disciple.

      Pour qu'ils n'y tombassent pas, il faudrait que le disciple fut sup√©rieur ou plus clairvoyant que le ma√ģtre, ce qui n'est pas le cas ordinairement. Ce rapport n'est pas tr√®s √©vident¬†; mais J√©sus a souvent employ√© cette m√™me comparaison dans des discours o√Ļ l'application en est lumineuse. (Matthieu 10.24,25¬†; Jean 13.16¬†; 15.20)

      42 Matthieu 7.3-5, note.

      Cette image est destinée, dans le premier évangile, à faire sentir la folie de ceux qui jugent les défauts des autres tout en étant aveuglés sur les leurs propres. L'application est directe.

      Dans Luc, l'image a le même sens, qu'on la rapporte au verset 37 ou au verset 39.

      44 Matthieu 7.16-20, note.

      Dans le premier évangile, la liaison de ces paroles avec ce qui précède, est différente.

      L√† J√©sus avait dit¬†: "Gardez-vous des faux proph√®tes¬†!" Et c'est √† leur sujet qu'il indique le signe certain auquel on pourra les reconna√ģtre¬†: les fruits.

      Luc applique cette comparaison à l'homme aveuglé et hypocrite qui veut corriger son frère, tandis qu'il a lui-même des défauts plus graves. (versets 41,42)

      Comment peut-il pr√©tendre faire du bien √† son fr√®re, tant qu'il produit de mauvais fruits¬†? Le mot grec, traduit par mauvais, signifie proprement g√Ęt√©, pourri.

      Cet arbre est une image de la corruption morale de l'homme.

      "On voit souvent en Palestine, derrière les haies d'épines et de ronces, des figuiers tout enguirlandés des jets grimpants de ceps de vigne." Godet.

      45 J√©sus explique l'image qui pr√©c√®de¬†: c'est du cŇďur que proc√®dent les sources de la vie, c'est-√†-dire le bien ou le mal.

      Le texte re√ßu avec A, C, majuscules r√©p√®te, dans le second membre de la phrase, le mot du premier¬†: mauvais tr√©sor de son cŇďur, qui exprime bien l'id√©e dont il s'agit.

      - Matthieu, qui n'a pas ces paroles dans le sermon sur la montagne, les reproduit ailleurs. (Matthieu 12.35)

      Les paroles, et d'une mani√®re g√©n√©rale tous les actes que nous accomplissons, proc√®dent du cŇďur. Ici cette pens√©e se rattache encore √† l'avertissement donn√© √† l'homme qui a la pr√©tention d'enseigner son fr√®re. (versets 41,42)

      Dans Matthieu (Matthieu 12.34) la même sentence se retrouve, mais appliquée à des hommes qui abusaient de la parole pour blasphémer contre le Saint-Esprit.

      Il est un grand nombre de ces sentences courtes et pénétrantes que Jésus dut prononcer à plus d'une reprise.

      46 Matthieu 7.21, note.

      Là, Jésus insiste sur ce reproche sévère, et cite des exemples de la manière dont on peut encourir cette terrible responsabilité.

      49 Voir, sur cette conclusion de tout le discours, Matthieu 7.24-27, note.

      Nous ferons remarquer quelques traits propres à Luc.

      Il a seul ces mots solennels : Tout homme qui vient à moi et entend. (verset 47) C'est à chacun de ses auditeurs qu'incombe la responsabilité des effets produits par la parole divine. Quelle autorité il y a dans cette pensée ! Comme Jésus avait la conscience que ses paroles étaient les paroles de Dieu même !

      A Luc encore appartient cette double expression : (verset 48) qui a creusé et foui profondément (grec creusé et approfondi).

      "Il y a sur les terrains en pente qui entourent le lac de G√©n√©zareth des coteaux o√Ļ une couche de terre (Luc) ou de sable (Matthieu) peu √©paisse recouvre le rocher. L'homme prudent creuse √† travers ce terrain meuble et creuse m√™me profond√©ment jusqu'au roc..." Godet.

      Malheur à qui s'arrête à la superficie !

      - Les √©l√©ments qui menacent cette maison sont, selon Luc, une inondation, formant un torrent descendant des montagnes. Matthieu est plus complet et plus pittoresque¬†: c'est la pluie qui tombe, les torrents qui d√©bordent, les vents qui soufflent et se pr√©cipitent sur cette maison. Tout cela n'a pas m√™me pu l'√©branler, parce qu'elle √©tait bien b√Ętie.

      Le texte reçu avec A, C. D, majuscules porte conformément à Matthieu : car elle avait été fondée sur le roc.

      - L'homme imprudent b√Ętit sur la terre (Luc)¬†; Matthieu, plus expressif¬†: sur le sable.

      - Luc peint la ruine (grec d√©chirure) soudaine de cette maison par ce mot¬†: aussit√īt.

      Les évangélistes ont tous deux cette remarque finale : Grande est cette destruction !

      "Une √Ęme perdue, une seule, c'est une grande ruine, aux yeux de Dieu. Voil√† la solennelle pens√©e sous l'impression de laquelle J√©sus laisse ses auditeurs en terminant ce discours. Chacun d'eux, √† l'ou√Įe de cette derni√®re parole, entend, en quelque sorte, le fracas de cet √©difice qui s'√©croule et doit se dire¬†: Ce d√©sastre sera le mien, si je suis incons√©quent ou hypocrite." Godet.

  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.