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Marc 1

    • 1 Chapitre 1. Introduction. Jean-Baptiste et J√©sus-Christ

      1 à 13 Ministère de Jean. Baptème et tentation de Jésus.

      Comparer Matthieu Matthieu 3 à Matthieu 4.11 ; Luc Luc 3 à Luc 4.13.

      Ce livre contient : l'Evangile, la bonne nouvelle de Jésus-Christ, qui en est l'objet.

      - Matthieu Matthieu 1.1 ouvre son livre par un titre analogue ; mais, conformément à son but, qui était d'annoncer aux Juifs la messianité de Jésus-Christ, il l'appelle "fils de David, fils d'Abraham."

      - Marc, qui donne à son livre une destination plus universelle, nomme Jésus Fils de Dieu, lui attribuant ainsi dès l'abord sa dignité divine.

      Tischendorf omet ces mots Fils de Dieu, d'après Sin. Irénée, Origène, etc. ; mais comme ils se lisent dans tous les autres manuscrits et toutes les versions anciennes, il faut les conserver.

      - Plusieurs interprètes modernes, à la suite de Bengel, font des mots du verset 1 : Commencement de l'Evangile de Jésus-Christ Fils de Dieu, le titre de tout le livre. (Comparer un titre analogue Osée 1.2, dans la version grecque.) C'est la construction la plus simple.

      Le second verset se lie à ce qui suit et commence le récit de l'apparition de Jean-Baptiste. D'autres appliquent ces mots au seul ministère de Jean-Baptiste ; deux constructions sont dans ce cas possibles :

      1¬į consid√©rer les versets 2 et 3 comme une parenth√®se et traduire¬†: le commencement de l'Evangile...fut Jean baptisant et pr√™chant. (verset 4)

      2¬į Sous-entendre le verbe √™tre, entre le verset 1 et le verset 2¬†: Le commencement de l'Evangile...fut selon ce qui est √©crit.

      Avec le

      v. 4 commencerait une nouvelle proposition.

      - L'Eglise primitive consid√©rait le minist√®re de Jean Baptiste comme le point de d√©part de l'Ňďuvre de notre r√©demption. (Actes 1.22) Marc voudrait exprimer cette id√©e.

      2 Le texte reçu, avec A et des majuscules, porte ici dans les prophètes, contrairement aux témoignages les plus décisifs.

      C'est une correction très ancienne (Irénée l'a déjà), jugée nécessaire parce que l'évangéliste va citer deux prophètes. (versets 2,3)

      Faut-il, pour cela, lui attribuer un d√©faut de m√©moire¬†? Ne peut-on pas admettre que, ayant l'intention de citer la proph√©tie si connue d'Esa√Įe, il √©crive d'abord le nom de ce proph√®te, puis que, se souvenant d'une autre pr√©diction qui convient √©galement √† son but, il cite cette derni√®re en premier lieu¬†?

      Malachie 3.1. Voir, sur cette prophétie, Matthieu 11.10, note ; Luc 7.27, note.

      4 Sur ce désert, voir Matthieu 3.1, 3e note.

      - Jean ne pr√™chait pas seulement un bapt√™me, il pr√™chait la loi qui devait r√©veiller dans les √Ęmes le sentiment du p√©ch√© et leur faire d√©sirer ce bapt√™me, qui d√®s lors √©tait v√©ritablement pour elles un bapt√™me de repentance, mot qui d√©signe non seulement la douleur et l'humiliation du p√©ch√©, mais le changement de dispositions morales qui en r√©sulte. (Comparer Matthieu 3.2 1ere note.)

      Ce bapt√™me de repentance devait avoir pour r√©sultat la r√©mission ou le pardon des p√©ch√©s. Non que Jean lui m√™me procur√Ęt √† ceux qu'il baptisait le pardon de leurs p√©ch√©s, mais il annon√ßait la venue tr√®s prochaine de Celui qui a l'autorit√© de les pardonner et qui baptise du Saint-Esprit. (Voir, sur le bapt√™me de Jean compar√© √† celui de J√©sus-Christ, Matthieu 3.11, 4e note.)

      5 Voir Matthieu 3.6, note.

      Le texte re√ßu fait dire ici √† l'√©vang√©liste¬†: "tous √©taient baptis√©s par lui," ce qui est une erreur¬†; car, parmi cette foule qui affluait au Jourdain, plusieurs, sans doute, √©taient peu pr√©par√©s √† recevoir le bapt√™me de la repentance, et ceux-l√†, Jean ne les baptisait s√Ľrement pas.

      - Ces mots : confessant leurs péchés, n'impliquent pas que chacun de ces nombreux Israélites faisait au prophète le récit détaillé de ses fautes, mais bien que tous se reconnaissaient pécheurs et s'humiliaient devant Dieu. Sans une telle confession, il n'y a point de vraie repentance.

      6 Voir Matthieu 3.4, note.

      Plus la corruption du siècle est grande, plus il importe que les serviteurs de Dieu donnent l'exemple du renoncement à eux-mêmes. Ils prêchent par leur vie plus encore que par leurs paroles.

      8 Voir Matthieu 3.11.

      Le premier et le troisième évangile rapportent avec plus de détails la prédication de Jean-Baptiste ; le récit de Marc, plus abrégé que le leur et s'en rapprochant beaucoup dans les termes qu'il emploie, renferme des traits caractéristiques qui lui sont propres.

      Ainsi ce mot : en me baissant, (verset 7) qui peint si bien l'humble attitude de Jean devant le Seigneur ; ainsi encore, en annonçant que Jésus baptisera de l'Esprit-Saint, Marc n'ajoute pas : et de feu.

      - Cette proph√©tie de Jean, relative au bapt√™me de l'Esprit-Saint que devait administrer le Sauveur, montre que le pr√©curseur √©tait initi√© √† la nature spirituelle de son r√®gne¬†; aucun signe ext√©rieur n'en marquera l'av√®nement¬†; l'√Ęme fid√®le seule reconna√ģtra la grandeur de J√©sus-Christ au-dessus de tous ses serviteurs et la n√©cessit√© absolue de ce bapt√™me de l'Esprit, sans lequel tout resterait mort en elle.

      11 Voir, sur le baptême de Jésus, Matthieu 3.13-17 ; Luc 3.21,22, notes.

      Ici encore, Marc, dans son récit abrégé, conserve des traits qui lui sont propres : dans le Jourdain ; il vit les cieux se fendre ou se déchirer, expression énergique qui peint la scène ; enfin, dans Marc comme dans Luc, la voix divine s'adresse directement à Jésus : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je me complais.

      Cette rédaction rend très probablement la forme originaire de la parole divine. Jésus lui-même dut recevoir ce solennel témoignage qu'il était le Fils bien-aimé du Père, puisqu'il s'était abaissé en acceptant ce baptême des pécheurs et qu'il avait été, en retour, rempli de l'Esprit de Dieu sans mesure.

      Aussi est-ce lui qui est le sujet du verbe : il vit les cieux se fendre. Jean fut cependant le témoin de la manifestation divine. (Comparer Jean 1.32)

      13 Voir Matthieu 4.1-11, notes.

      Marc raconte en ces quelques lignes l'histoire de la tentation dont Matthieu et Luc donnent tous les détails. Et pourtant il est faux d'affirmer, comme on l'a fait, que le récit de Marc serait incompréhensible sans les deux autres. Il contient, au contraire, tous les traits principaux de ce drame moral, pour autant qu'il nous est possible de le comprendre : la solitude du désert, les quarante jours, l'action de Satan, le secours des anges. Il renferme même plus d'un trait original.

      Ainsi cette expression énergique : l'Esprit le pousse (grec le jette dehors) au désert ; ainsi encore cette mention des bêtes sauvages, qui donne à toute la scène un caractère unique de solitude, d'abandon et de danger.

      Marc, de même que Luc, rapporte que Jésus fut tenté durant tout le temps de son séjour au désert, tandis que Matthieu place la tentation au terme des quarante jours. Au cours de ses méditations solitaires Jésus fut assailli de pensées contraires à la volonté divine, de suggestions de Satan, qui se résumèrent et se concentrèrent dans les trois assauts suprêmes que Matthieu et Luc nous ont racontés.

      14 Le ministère de Jésus en Galilée.

      L'activité de Jésus

      14 à 20 La prédication du Royaume de Dieu. Vocation des premiers disciples.

      Comparer Matthieu 4.12-25 ; Luc 4.14,15.

      - Voir au sujet de ce retour de Jésus en Galilée, et du motif indiqué, Matthieu 4.12,13, notes, et Jean 3.24, note.

      Le texte reçu porte : "l'Evangile du royaume de Dieu." Les mots soulignés ne sont pas authentiques, mais la pensée qu'ils expriment se retrouve au verset suivant.

      Matthieu (Matthieu 4.23) dit : "l'Evangile du royaume."

      Marc résume la prédication de JésusChrist par cette belle expression : l'Evangile de Dieu, c'est-à-dire la bonne nouvelle du salut dont Dieu est l'auteur. (Comparer verset 1 et Romains 1.1,16) Les paroles qui suivent diront comment l'homme pécheur s'approprie les richesses de cet Evangile.

      15 Le temps qui était alors accompli était la grande époque déterminée par Dieu, annoncée par les prophètes, espérée et désirée par les croyants de l'ancienne Alliance, le temps du salut. (Comparer Galates 4.4)

      - C'est alors que le Sauveur commença à fonder sur la terre le règne ou royaume de Dieu. (Voir sur ce terme Matthieu 3.2, note.)

      Le moyen d'entrer dans ce royaume spirituel est, pour l'homme pécheur, de se repentir ou se convertir (termes qui ne rendent ni l'un ni l'autre la pensée de l'original, exposée dans Matthieu 3.2, 2e note) et de croire à l'Evanqile.

      Cette double exp√©rience de l'√Ęme humaine¬†: le sentiment profond et douloureux du p√©ch√©, et la foi du cŇďur qui embrasse tous les tr√©sors de gr√Ęce offerts par l'Evangile, est ordinairement simultan√©e¬†; c'est une m√™me Ňďuvre de l'Esprit de Dieu en elle.

      - Marc seul a conservé ce résumé si riche et si complet de la prédication de Jésus-Christ, qui renferme en germe tous les enseignements de l'Evangile.

      20 Voir, sur ce récit, Matthieu 4.18-22, notes.

      Marc seul a conservé ce trait caractéristique, que les deux fils de Zébédée laissent leur père dans la barque avec les ouvriers.

      Faut-il en conclure que cet abandon de leur p√®re pouvait ainsi mieux se justifier aux yeux des fils et leur para√ģtre moins dur¬†?

      Faut-il admettre au contraire que le métier de Zébédée s'exerçait en grand et que le sacrifice de ses fils dut lui être d'autant plus onéreux ? Ces questions et d'autres semblables ne trouvent aucune réponse dans le texte.

      21 21 √† 39 S√©jour √† Caperna√ľm et tourn√©e d'√©vang√©lisation en Galil√©e.

      Voir sur Caperna√ľm ou, ainsi que portent les manuscrits les plus anciens, Capharnaoum, Matthieu 4.13, note, et sur la synagogue des Juifs, Matthieu 4.23¬†; Luc 4.15, notes.

      Matthieu Matthieu 8.5 et Luc Luc 4.31 marquent d'une mani√®re plus pr√©cise cette arriv√©e de J√©sus √† Caperna√ľm, o√Ļ il accomplit la gu√©rison qui va suivre. (verset 23 et suivants)

      22 Matthieu place cette remarque sur l'autorit√© de l'enseignement de J√©sus-Christ √† la suite du sermon sur la montagne, (Matthieu 7.28,29, note) o√Ļ l'application n'en est pas moins appropri√©e. Luc Luc 4.32 fait une observation semblable √† la m√™me occasion que Marc.
      23 Comparer Luc 4.33-37.

      - Grec¬†: Et aussit√īt √©tait dans leur synagogue un homme en un esprit impur, c'est-√†-dire qui √©tait en la puissance de cet esprit.

      (Comparer Marc 5.2¬†; et, d'autre part, Marc 12.36¬†; Luc 4.1,14, o√Ļ la m√™me expression d√©signe l'action du Saint-Esprit.)

      Impur, parce qu'il appartenait au royaume des ténèbres, du mal.

      Voir, sur les démoniaques, Matthieu 8.28, note.

      Par le mot aussit√īt plac√© en t√®te, le narrateur marque que J√©sus, apr√®s avoir d√©ploy√© sa puissance dans l'enseignement, eut √† la montrer sans retard dans un acte de gu√©rison.

      24 Selon le texte reçu, les paroles du démoniaque commenceraient par cette exclamation : ha ! ou laisse ! laisse-nous en repos.

      Ce mot est tiré de Luc Luc 4.34.

      Les deux questions qui suivent expriment le même sentiment, celui de ne vouloir rien avoir à faire avec Jésus, venu pour perdre, détruire le royaume des ténèbres. Les démoniaques savent cela, (comparez Matthieu 8.29) parce qu'ils savent que Jésus est le Saint de Dieu, celui que Dieu a sanctifié, (Jean 10.36) le SAINT par excellence. (Actes 4.27 ; Apocalypse 3.7)

      - C'est donc le contraste absolu qu'il y a entre cette sainteté de Jésus et les esprits impurs qui fait le tourment de ces derniers et il faut remarquer que celui-ci ne parle pas seulement en son propre nom, mais au nom de tous ses semblables : toi et nous ; nous savons.

      Le texte reçu avec A, B, C, D porte : Je sais.

      Les uns rejettent cette leçon comme empruntée à Luc ; les autres pensent que la leçon : nous savons est une correction destinée à accorder ce verbe avec les nous qui précèdent.

      25 Jésus adresse la parole au démon et le distingue positivement ainsi de l'homme que ce démon faisait parler : sors de lui. Si donc cette influence démoniaque n'avait été qu'un préjugé populaire, Jésus aurait évidemment partagé ce préjugé.

      - Le silence que J√©sus impose au d√©mon se rapporte surtout √† la confession que ce dernier vient de faire¬†: Tu es le Saint de Dieu. Le Sauveur rejette ainsi un t√©moignage qui lui vient du royaume des t√©n√®bres, (comparez Actes 16.18) et dont on devait bient√īt tirer parti contre lui. (Marc 3.22)

      26 Dernier paroxysme du mal, avant la guérison, dernier effort de la fureur du démon qui se sent vaincu. (Comparer Marc 9.26 ; Luc 9.42)
      27 Le texte reçu porte : "Qu'est-ce que ceci ? quelle est cette nouvelle doctrine ? Il commande avec autorité, etc."

      Cette leçon est imitée de Luc. Le rapport avec le verset 22 oblige de rattacher avec autorité à enseignement.

      Quelques-uns traduisent : "Un enseignement nouveau en autorité" ou "par l'autorité qui s'y déploie."

      Les spectateurs font un rapprochement entre l'autorit√© de la parole et la puissance qui se montre dans l'acte. Ils concluent avec raison que la manifestation de cette puissance, qui d√©livre les √Ęmes du royaume des t√©n√®bres, suppose un enseignement nouveau, une nouvelle r√©v√©lation. R√©v√©lation et r√©demption, proph√©tie et miracle √©taient pour des Isra√©lites dans un rapport intime.

      28 Suivant les uns, dans les pays voisins de la Galil√©e¬†; suivant d'autres, dans la contr√©e galil√©enne qui environne Caperna√ľm.

      - Le récit de cette guérison est un des morceaux communs à Marc et à Luc qui ne se trouvent pas dans Matthieu.

      31 Comparer Matthieu 8.14-17 ; Luc 4.38-44.

      - Ce dernier √©vang√©liste, aussi bien que Marc, indique que J√©sus op√©ra cette gu√©rison √† la demande de ses disciples. Tandis que Marc dit qu'ils lui parl√®rent d'elle aussit√īt, Luc remarque qu'ils l'interrog√®rent ou le consult√®rent au sujet de la malade. Ainsi ils s'habituaient √† avoir recours √† lui dans toutes leurs d√©tresses.

      - Le texte reçu porte : à l'instant la fièvre la quitta. La plupart des critiques omettent le mot à l'instant, d'après Sin., B, C.

      32 Ils attendirent, pour lui amener leurs malades, que le soleil f√Ľt couch√©, c'est-√†-dire que le sabbat f√Ľt pass√©, parce qu'ils estimaient que c'e√Ľt √©t√© violer le repos de ce jour. (Comparer Jean 5.10)

      - Il faut remarquer que les évangélistes distinguent les malades (grec ceux qui se portaient mal) d'avec les démoniaques. (Voir sur ces derniers Matthieu 8.28, note, et comparez sur cette distinction Marc 1.34 ; Matthieu 8.16)

      33 La ville de Caperna√ľm. (verset 21)

      Toute la ville signifie la plupart de ses habitants, (comparez Matthieu 3.5) qui se pressaient √† la porte de la demeure o√Ļ J√©sus se trouvait.

      34 Il est inexact de traduire : "ne permettant pas aux démons de dire qu'ils le connaissaient."

      Il leur impose silence pour les empêcher de parler de lui, parce qu'ils le connaissaient, et que, dés lors, ils lui auraient rendu un témoignage que Jésus rejette. (Comparer verset 25, note.)

      - Ce passage (versets 32-34) montre combien de miracles Jésus accomplit qui ne sont pas racontés dans les évangiles. Jean, Jean 20.30 en fait lui-même l'observation et plusieurs autres passages des évangiles font allusion à de nombreuses guérisons qui ne sont qu'indiquées. (Matthieu 4.23 ; 8.16 ; 9.35 ; 12.15 ; 14.36 ; 15.30 ; Marc 3.10 ; 6.56 ; Luc 4.40 ; 6.19, etc.)

      Toute l'activité de Jésus a été de même infiniment plus riche que ne le rapportent nos récits évangéliques.

      35 Marc et Luc ont seuls ce récit. (versets 35-39) Le premier a conservé divers traits qui lui sont particuliers.

      - Il sortit de sa demeure o√Ļ il avait op√©r√© les gu√©risons qui pr√©c√®dent. (verset 33) Il se retire dans un lieu d√©sert pour y retremper son √Ęme dans la communion de Dieu, son P√®re¬†: l√† il priait.

      Cette mention des prières de Jésus qui revient assez fréquemment dans les évangiles, éclaire d'une vive lumière les rapports de Jésus avec son Père durant le temps de son abaissement sur la terre. Il avait besoin de la prière : combien plus ses pauvres disciples !

      37 Ceux qui étaient avec lui (Simon), c'étaient ses condisciples nommés au verset 29.

      Ils allèrent à sa recherche (grec ils le poursuivirent) dans l'intention de le ramener vers la foule qui l'avait entouré la veille : tous te cherchent. Jésus se laisse troubler dans sa retraite et son recueillement ; et s'il ne se rend pas à leurs désirs, c'est pour porter ailleurs son activité dévouée. (verset 38)

      38 Sorti de sa demeure (verset 35) avec l'intention de quitter pour quelque temps Caperna√ľm afin de pr√™cher dans les diverses bourgades de la Galil√©e. Tel est le premier sens qui s'offre √† l'esprit d'apr√®s le contexte et qui est admis par plusieurs interpr√®tes.

      D'autres pensent que ce mot signifie : c'est pour cela que je suis sorti, issu du sein du Père et venu dans le monde, (Jean 8.42) c'est-à-dire pour prêcher l'Evangile en tous lieux.

      Mais ce verbe sans complément n'a jamais cette signification. Elle ne lui a été attribuée que pour mettre notre passage en harmonie avec Luc (Luc 4.43) qui dit : "C'est pour cela que j'ai été envoyé."

      La même préoccupation a donné naissance à une variante très répandue qui porte : "C'est pour cela que je suis venu."

      39 Prêcher la vérité divine et faire du bien en détruisant le royaume des ténèbres, telle était la double activité de Jésus ; comparez Matthieu 4.23.
      40 40 à 45 Guérison d'un lépreux.

      Voir, sur cette guérison, Matthieu 8.2-4, notes, et comparez Luc 5.12-16.

      - Matthieu la place immédiatement après le sermon sur la montagne, tandis que Luc (Luc 5.12-16) la met après la pêche miraculeuse.

      Encore ici, Marc a en propre divers traits qu'il faut remarquer. B, D omettent les mots : et se jetant à ses genoux.

      41 Emu de compassion. Marc seul a noté cette sympathie profonde que Jésus éprouve pour le lépreux.
      42 Les trois synoptiques rapportent la gu√©rison imm√©diate (aussit√īt) du l√©preux.

      Matthieu, au point de vue légal, dit : sa lèpre fut purifiée ;

      Luc, au point de vue humain : la lèpre le quitta ;

      Marc combine les deux pensées et dit : la lèpre le quitta, et il fut purifié.

      43 Tandis que Matthieu et Luc rapportent une simple d√©fense faite au l√©preux de raconter sa gu√©rison (comparez sur les causes de cette d√©fense Matthieu 8.4, note), Marc se sert d'expressions difficiles √† concilier avec la compassion que J√©sus vient de t√©moigner √† ce malheureux¬†: (verset 41) grec lui ayant parl√© s√©v√®rement ou lui ayant fait de s√©v√®res menaces, il le jeta aussit√īt dehors.

      On a dit (Meyer, Lange) que Jésus agissait ainsi parce que le lépreux avait violé la loi en s'introduisant dans une maison ou une synagogue (verset 39) et qu'après avoir donné essor à sa compassion et délivré le malade, il voulait aussi relever et sanctionner l'ordre légal.

      Cela n'est pas très satisfaisant et ne concilie pas le contraste entre les deux manières d'agir. On retrouve la même défense sévère avec menace adressée à des aveugles que Jésus venait de guérir (Matthieu 9.30) et qui n'avaient transgressé aucune loi.

      Ne pourrait-on pas en conclure que le sentiment d'indignation, le frémissement (sens de l'original) que Jésus éprouvait dans ces occasions, n'était pas causé par les malades qui allaient divulguer ses miracles, mais bien par l'opposition et l'inimitié des adversaires, toujours aux aguets pour en prendre occasion de l'accuser ?

      Dans le cas du lépreux, le sacrificateur pouvait être irrité contre Jésus pour avoir permis à cet homme atteint d'une maladie contagieuse et légalement impure de s'approcher de lui.

      44 Voir Matthieu 8.4 ; note.
      45 Grec¬†: "√† divulguer la parole," par o√Ļ les uns entendent la parole que J√©sus lui avait adress√©e, (verset 41) tandis que d'autres prennent ce mot dans son sens h√©bra√Įque¬†: la chose, l'affaire.

      On a propos√© aussi de l'entendre, comme Marc 1.2.2, de la parole du royaume, de la bonne nouvelle, de la mis√©ricorde de Dieu manifest√©e en J√©sus. Mais le pauvre l√©preux pouvait-il √™tre imm√©diatement transform√© en pr√©dicateur de l'Evangile, et le contexte ne montre-t-il pas qu'il s'agit du fait que J√©sus lui avait d√©fendu de divulguer¬†? On comprend que le l√©preux gu√©ri e√Ľt beaucoup de peine √† contenir l'effusion de sa reconnaissance et de sa joie¬†; mais il aurait fait beaucoup mieux, pour lui-m√™me et pour la cause de J√©sus, d'ob√©ir simplement √† l'ordre qu'il avait re√ßu.

      Marc seul rapporte la d√©sob√©issance du l√©preux et les cons√©quences f√Ęcheuses qu'elle eut pour le minist√®re de J√©sus dans ces contr√©es. On peut se demander pourquoi J√©sus ne pouvait plus se montrer ouvertement dans une ville¬†?

      On a r√©pondu que c'√©tait parce que, ayant touch√© un l√©preux, il √©tait l√©galement souill√©. On a dit encore que, √† cause de ces foules qui venaient √† lui de toutes parts, il ne voulait pas occasionner de la rumeur ou exciter une vaine curiosit√© dans la ville. Ne serait-ce pas surtout parce qu'il voulait √©viter tout ce qui pouvait accro√ģtre le mauvais vouloir de ses adversaires et provoquer, avant le temps, des pers√©cutions contre lui¬†?

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